Syrie: inquiétudes de l’Occident pour Homs, la répression sanglante sans répit


anniebannie : comme en Palestine, le régime dira qu’il ne tue que des terroristes

le 10.12.11 | 13h11

Les pays occidentaux ont mis en garde contre une nouvelle opération d'envergure contre la ville assiégée de Homs, un haut lieu de la contestation en Syrie où la répression sanglante menée par les forces du régime ne connaît aucun répit avec la mort de 14 civils.

Les pays occidentaux ont mis en garde contre une nouvelle opération d’envergure contre la ville assiégée de Homs, un haut lieu de la contestation en Syrie où la répression sanglante menée par les forces du régime ne connaît aucun répit avec la mort de 14 civils.
Ces nouvelles violences interviennent alors que le monde marque la journée internationale des droits de l’Homme et à la veille d’une grève générale à laquelle ont appelé les militants pro-démocratie au début d’une campagne de désobéissance civile à travers le pays.
Sur le plan diplomatique, la Ligue arabe, qui a imposé des sanctions économiques à la Syrie, a prévu en fin de semaine prochaine deux réunions au Caire, l’une du Comité ministériel en charge du dossier suivie d’une autre extraordinaire de l’ensemble des chefs de la diplomatie, selon un responsable.
Elles visent à discuter des conditions posées par le régime de Bachar al-Assad qui a exigé une levée des sanctions en échange de sa signature du protocole sur l’envoi d’observateurs arabes chargés de rendre compte des violences et de tenter de mettre fin à la répression.
Selon un bilan de l’ONU fourni le 1er décembre, plus de 4.000 personnes ont été tuées par les forces de sécurité depuis le début le 15 mars de la révolte populaire contre le régime mais le pouvoir semble toujours décidé à étouffer la contestation.
Ses soldats appuyés par des chars et ses forces de sécurité ont ainsi été envoyés dans plusieurs villes pour des opérations de ratissage, des perquisitions et des intimidations, selon les militants pro-démocratie, l’une des rares sources à l’intérieur du pays où les médias étrangers ne peuvent circuler librement.
C’est surtout la province de Homs (centre), l’un des plus importants foyers de contestation, qui est la cible d’une répression violente depuis des semaines avec la mort de dizaines de civils, dont des femmes et des enfants.
« Toutes les informations, les vidéos, ainsi que les militants sur le terrain affirment que le régime se prépare à commettre un massacre collectif pour faire taire la révolution à Homs, et en faire un exemple pour les autres régions », a affirmé le Conseil national syrien, qui regroupe la majorité des courants de l’opposition, dans un communiqué vendredi.
« La France est profondément inquiète des informations faisant état d’une opération militaire d’envergure que les forces de sécurité syriennes seraient en train de préparer contre Homs », a déclaré le ministère des Affaires étrangères, en appelant « l’ensemble de la communauté internationale (à) se mobiliser pour sauver le peuple syrien ».
Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont fait aussi part de leurs préoccupations, Washington se disant « profondément inquiet quant à la tournure des événements à Homs » et Londres appelant Damas à en « retirer immédiatement ses forces ».
Samedi encore, trois civils y ont été abattus par les forces de l’ordre, alors que deux ont péri à Deraa (sud), quatre lors de funérailles à Idleb (nord-ouest), et trois dans des tirs de mitrailleuses lourdes à Hama (centre), a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
Selon l’OSDH et une source médicale libanaise, une Syrienne de 23 ans, blessée au ventre par balles dans la ville frontalière syrienne de Tall Kalakh, a succombé dans un hôpital au Liban. Et à la frontière turco-syrienne, un médecin syrien a été tué par les forces de sécurité.
De plus, trois hommes arrêtés par les forces du régime il y a trois semaines à Harasta, près de Damas, ont péri « sous la torture », a ajouté l’OSDH.
Entre-temps, les militants ont appelé employés, ouvriers et étudiants à « une grève générale dimanche« , suivie dans la semaine de la fermeture de routes importantes et d’autoroutes, de sit-in, de grèves dans les universités, dans les transports et la fonction publique ou encore de coupures volontaires des communications sur téléphones portables.
« Nous poursuivons notre Révolution pacifique et notre lutte civile jusqu’à la victoire. La grève de la dignité est un pas vers la désobéissance civile (…) pour couper les moyens financiers du régime avec lesquels il tue nos enfants », ont-ils écrit sur internet.

source

RIP Khaled Al-Hakim


Le docteur Ibrahim Nahel Othman (alias Khaled Al-Hakim, membre du comité de coordination des médecins de Damas) a été tué par les forces de sécurité de Bachar Al-Assad sur les frontières turques pour avoir aidé à soigner les blessés de la révolution.

Pirater la Palestine : une occupation numérique


samedi 10 décembre 2011 – 17h:10

Helga Tawil-Souri – Al Jazeera

Israël contrôle toutes les infrastructures de communication numérique de la Palestine, pouvant limiter ou stopper l’utilisation des téléphones fixes, des mobiles et de l’Internet à tout moment.
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Israël a stratégiquement situés les points de raccordement pour les lignes fixes, les téléphones mobiles et les accès Internet en dehors des territoires palestiniens, de façon à forcer tout le trafic généré par les Palestiniens à être acheminé par des commutateurs israéliens – Photo : EPA

A la suite de l’arrêt quasi-complet du réseau Internet et du téléphone en Cisjordanie et dans la bande de Gaza la semaine dernière, l’Autorité palestinienne (AP) tente de comprendre comment, pourquoi et par qui la Palestine a été piratée. Que l’AP ne parvienne jamais à une conclusion définitive est tout à fait possible, même si elle parvient à mobiliser l’aide de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT) pour mener une enquête. Le ministre palestinien des Communications a laissé entendre qu’un Etat pouvait être à l’origine de l’attaque délibérée – et il faut comprendre qu’il désignait Israël.

Mais peu importe par qui l’attaque a été menée, et le fait que l’infrastructure palestinienne ait été piratée est en effet de la responsabilité du régime israélien car c’est à lui que revient en dernier ressort le véritable contrôle des télécommunications palestiniennes. En vérité, cette panne majeure illustre à la perfection la précarité permanente qui est celle des télécommunications palestiniennes (les lignes téléphoniques fixes, les téléphones cellulaires et les services Internet), et le régime d’occupation numérique sous lequel vivent les Palestiniens.

Les actuelles infrastructures de télécommunications palestiniennes sont le résultat de la relation de pouvoir asymétrique entre l’AP et Israël, ainsi que des contraintes et des échecs des Accords d’Oslo. De la même façon dont la souveraineté accordée à l’AP sur les questions de politique intérieure et d’administration civile a été une mascarade, la souveraineté sur les télécommunications n’est qu’une façade. Considérons par exemple le fait que le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou (comme d’autres avant lui) a souligné que tout futur Etat palestinien n’aura pas de contrôle sur l’attribution des fréquences. Si la vision de l’avenir de la Palestine n’inclut aucune souveraineté sur les télécommunications, la situation actuelle va exactement dans cette voie.

Un événement beaucoup moins médiatisé que cette dernière cyber-attaque a été l’interruption des communications pour les téléphones fixes, les téléphones portables et les connexions Internet dans la bande de Gaza en août dernier, après qu’un bulldozer militaire israélien qui creusait près du checkpoint de Nahal Oz [colonie israélienne à proximité de Gaza – N.d.T] ait rompu l’une des lignes de fibres optiques reliant Gaza au reste du monde. La capacité de stopper les télécommunications que ce soit par des régimes dictatoriaux – comme nous l’avons vu en Egypte en janvier 2011 – ou par des régimes d’occupation, dépend de la façon dont une infrastructure est gérée et contrôlée. En d’autres termes, la conception, la construction et la propriété d’une infrastructure de communication est en soi une décision profondément politique.

Contrôler les infrastructures

Les relations technologiques entre Palestiniens et Israéliens, comme leurs relations politiques et économiques, sont essentiellement faites de contrôle et restrictions venant des Israéliens et de dépendance pour les Palestiniens. Après 1967, le régime israélien s’est approprié, puis a contrôlé et géré le système de télécommunication dans les territoires occupés, et des restrictions juridiques et militaires strictes ont été imposées sur les infrastructure et leur utilisation. Malgré le fait que les Palestiniens aient versé des impôts directs et indirects en plus d’autres impôts au gouvernement Israélien, le fournisseur d’Etat de télécommunication, Bezeq, n’était ni rapide ni efficace dans le service fourni aux usagers dans les secteurs palestiniens.

Quoi qu’il ait existé comme infrastructure de télécommunication avant l’occupation israélienne, cela a été rarement maintenu ou amélioré et ce qui a été mis en place dans les secteurs palestiniens a été fait de façon à rendre n’importe quel futur réseau palestinien dépendant d’Israël. Par exemple, tous les emplacements de commutation pour le trafic de télécommunication ont été construits en dehors des secteurs qui pourraient par la suite être placés sous contrôle palestinien. Ceci signifie que des appels téléphoniques entre la ville de Gaza et celle de Rafah sont transmis via Ashqelon, et que des appels entre Naplouse et Jénine le sont par Afula. Tous Les appels téléphoniques internationaux seront pareillement acheminés par Israël.

Il faudra attendre 1995 et le second tour des Accords d’Oslo pour que les Palestiniens se voient promettre des communications téléphoniques directes au national et à international, ainsi qu’à l’accès Internet. Mais tandis que les accords stipulaient que la partie palestinienne avait le droit de construire et d’exploiter un système de télécommunications distinct et indépendant, les mêmes accords ajoutaient des conditions qui feraient qu’un système indépendant serait rendu impossible. Les Palestiniens ne pourraient adopter leurs propres standards et importer certains équipements que lorsque le réseau palestinien serait totalement indépendant d’Israël. Cela tournera au blocage complet. Jusqu’à aujourd’hui, le réseau palestinien n’est pas indépendant. Jusqu’à aujourd’hui – malgré la « mort » d’Oslo – Israël légitime les restrictions imposées en se référant à ces accords et par ce processus, maintient le réseau palestinien en complète dépendance.

Israël a délégué la responsabilité de l’infrastructure des télécommunications dans les territoires sous occupation à l’Autorité Palestinienne en 1995. L’AP a attribué à Paltel (la Société des télécommunications en Palestine) une licence pour construire, exploiter et posséder des lignes téléphoniques, un réseau cellulaire GSM, des données de communications, des services de radiomessagerie et des téléphones publics. La dépendance à l’égard d’Israël pour la plupart des connexions domestiques et pour toutes les connexions internationales n’a cependant pas pris fin avec l’avènement de Paltel. Aucun aspect des télécommunications palestiniennes ne sera jamais placé sous le plein contrôle de Paltel ou de l’AP.

Allocation stratégique des ressources

Israël continue de déterminer la forme que peuvent prendre les télécommunications palestiniennes, l’attribution des fréquences, les lieux même où l’infrastructure peut être construite, combien de bande passante peut être allouée pour l’utilisation d’Internet et jusqu’aux types d’équipements pouvant être importés et installés. Malgré l’apparition de sociétés de télécommunications palestiniennes (Jawwal, la filiale cellulaire de Paltel, sa filiale internet Hadara, et à partir de 2009 Wataniya [1], un second fournisseur cellulaire dans la Cisjordanie), les appels locaux à partir de postes fixes dans la bande de Gaza sont toujours acheminés par Israël. De nombreux appels locaux intérieurs à la Cisjordanie sont dans le même cas.

Les appels vers l’international depuis ou vers les territoires palestiniens, sur les réseaux terrestres ou cellulaires, sont commutées via Israël – l’indicatif international attribué à la Palestine par l’UIT reste essentiellement symbolique.

La majorité du trafic Internet des Palestiniens est acheminé à travers des commutateurs extérieurs aux TPO [Territoires Palestiniens sous Occupation]. Même à partir des téléphones cellulaires omniprésents, les appels doivent atteindre la colonne vertébrale du réseau israélien. Paltel, Jawwal, Hadara et Wataniya comptent sur les autorisations israéliennes pour la localisation, le nombre et la capacité des routeurs et des échanges. Le spectre des signaux et les équipement qu’ils peuvent utiliser sont limités par les restrictions israéliennes, et l’attribution de leur bande passante est décidée par le ministère israélien de la Communication et non pas le ministère palestinien.

Les infrastructures de téléphonie fixe et cellulaire ainsi que pour Internet doivent être isolées, bien que dépendantes, à l’intérieur des réseaux israéliens. […]

Dans le domaine de l’Internet, ce sont les autorités israéliennes qui déterminent de combien de bande passante Hadara peut disposer au total. De même, ce sont des fournisseurs israéliens qui revendent à Hadara sa capacité en débit, et ce à des taux sensiblement plus élevés que ceux pratiqués par les ISP (Internet Service Providers) à l’intérieur Israël. Pour les Palestiniens, c’est avec plus de lenteur, et en payant plus cher qu’un Israélien, qu’il peuvent surfer sur l’Internet. La combinaison des coûts plus élevés, des vitesses plus lentes et des limitations imposées sur les plans techniques génère une saturation de la bande passante. Dans la bande de Gaza, par exemple, Hadara attend toujours l’autorisation d’acquérir et d’installer un commutateur Internet permettant au trafic Internet de contourner Israël. Les réseaux Internet sont continuellement ’shutdown’ [à l’arrêt] pour diverses raisons, que ce soit en raison de l’incapacité ou du retard de la société Hadara à payer ses fournisseurs israéliens, ou pour des raisons « sécuritaires » israéliennes ou suite à un coup de pelleteuse, supposé par inadvertance, d’un bulldozer militaire. Mais l’intégralité de l’infrastructure des télécommunications est ouverte au « piratage » israélien (de l’Etat ou de l’armée).

Les signaux sont captés et piratés par l’armée israélienne. L’exemple le plus notoire a été pendant la guerre de 2008-09 contre la bande de Gaza, lorsque l’armée israélienne a envoyé des centaines de milliers de messages texto et de messages vocaux aux utilisateurs de téléphones cellulaires et fixes dans le territoire assiégé, les mettant en garde contre des attentats imminents. Mais ces pratiques se sont trouvées en Cisjordanie aussi, et pendant deux périodes de violence accrue comme sur une base quotidienne.

Ce n’est pas seulement l’utilisateur final mais aussi les infrastructures de télécommunications elles-mêmes qui sont soumis à la logique de l’occupation. Bien que l’ancien Premier ministre israélien Ariel Sharon, lors du désengagement de Gaza, ait déclaré qu’Israël laisserait intacte l’infrastructure de lignes terrestres dans les zones palestiniennes, l’armée d’occupation a coupé l’axe principal de connexion nord-sud dans la bande de Gaza et est allé jusqu’à enterrer certaines parties de ces lignes sous les décombres de la colonie juive de Kfar Darom. Dans certains cas, la destruction a été très large et invalidante, le cas le plus évident étant lors de l’assaut sur ​​Gaza durant l’hiver 2008-09, lorsque les dommages au réseau de Paltel dans la bande de Gaza ont été estimés à plus de 10 millions de dollars US. Ce sont à la fois la destruction volontaire d’équipements et l’interdiction d’en importer et d’installer de nouveaux qui limitent le développement d’infrastructures de haute technologie.

Occupation numérique

Les mécanismes de l’occupation numérique s’exercent par la perturbation de la vie quotidienne,et pas seulement durant des moments de violence de niveau exceptionnel. Une journée « normale », un appel téléphonique initialisé par un Palestinien est acheminé à travers Israël, ses signaux sont brouillés lorsque un drone passe au-dessus de lui (parfois aussi souvent que toutes les 15 minutes), son service de téléphonie peut être arrêté ou piraté et sa connexion Internet surveillée. Et malgré toutes ces interruptions, l’utilisateur palestinien doit payer près de deux fois plus que son homologue israélien. Ce genre de limitations est combiné avec des mesures « juridiques » et militaires qui pénalisent encore plus les infrastructures de télécommunications palestiniennes. Il s’agit notamment de la confiscation ou de l’interdiction d’équipements, de la concurrence illégale venant des fournisseurs israéliens (plus notoirement dans le domaine de la téléphonie cellulaire), d’une bande passante limitée, des restrictions sur les lieux où les équipements peuvent être installés, du retard pour les approbations, et de la destruction délibérée de matériel et d’infrastructures.

Paltel est devenu l’une des plus grandes et prospères sociétés palestiniennes – par des pratiques qui ont été à la fois critiquées et saluées comme monopolistiques et néo-libérales. Par sa capitalisation boursière, Paltel représente aujourd’hui plus de la moitié de la valeur cotée à la Bourse palestinienne et elle contribue à environ un tiers des recettes fiscales de l’AP. Ses revenus représentent près de 10% du PIB palestinien. L’essentiel de la croissance de Paltel s’est faite grâce à ses filiales cellulaires et d’Internet, respectivement Jawwal et Hadara. Et Israël a eu beaucoup à gagner de ces deux dernières.

Paltel, Jawwal et Hadara n’ont d’autre choix que d’acheter de la capacité en télécommunications sur le marché israélien. Cette infrastructure palestinienne est obligée de s’appuyer sur l’épine dorsale israélienne et ses fournisseurs, ce qui signifie que les entreprises israéliennes en tirent des avantages financiers. Les entreprises israéliennes accumulent des revenus générés par les Palestiniens de différentes façons, par exemple en surfacturant les appels entre téléphones cellulaires qui transitent par le réseau terrestre israélien. Comme tous les appels internationaux, tous les appels vers la Cisjordanie, de nombreux appels internes à la bande de Gaza et le trafic Internet sont acheminés par Israël, et les opérateurs israéliens en profitent pour surfacturer. Comme un dirigeant Paltel s’en est plaint devant moi dans une interview en 2006 : « Paltel est l’un des plus gros clients de Bezeq ». Cela n’a pas changé. En fait, la croissance continue du secteur palestinien des télécommunications a certainement contribué à remplir les poches de Bezeq et d’autres entreprises israéliennes de télécommunications.

Le centre du pouvoir

Dans les territoires palestiniens, c’est le régime israélien et son appareil (le gouvernement, les forces de police, les militaires, les services de renseignement, l’industrie high-tech, le tout avec des liens incestueux de l’un à l’autre) qui est le centre du pouvoir. L’AP, Paltel, les filiales de Paltel et d’autres entreprises palestiniennes de haute technologie sont secondaires. C’est l’appareil d’Etat israélien qui décide si, quand et où les Palestiniens peuvent installer, gérer et entretenir leurs infrastructures, tout comme c’est l’appareil israélien d’occupation qui limite et détruit cette infrastructure. Que l’infrastructure palestinienne soit piratée est finalement de la responsabilité du régime israélien.

Enfin, ce que les événements de la semaine dernière ont également mis en évidence n’est pas « du piratage ». le vrai piratage [hacking] puise ses racines historiques dans l’intrusion dans les ordinateurs, dans l’accès aux contrôles administratifs et à d’autres pratiques analogues, sous l’égide idéologique et politique d’idéaux en faveur de la liberté d’expression, de la poursuite de la performance technologique, de la volonté de « libérer » et conserver les codes « ouverts ». Le bouclage du réseau palestinien est plutôt un acte de cyber-terrorisme – dont l’intention de porter atteinte à la sécurité d’un réseau numérique est explicitement malveillante et destructrice.

Dans le cas de la Palestine, la mauvaise intention n’est pas simplement de prendre pour cible délibérée un réseau numérique, mais d’attaquer ainsi le droit à la souveraineté.

Notes :

[1] Wataniya est une société qui appartient majoritairement à un fils de Mahmoud Abbas, l’ex-président palestinien. L’attribution de nouvelles fréquences par les Israéliens pour ouvrir un nouveau service de téléphonie cellulaire dans les TPO avait été conditionné à l’abandon par l’AP du rapport Goldstone après la guerre israélienne génocidaire contre la bande de Gaza à l’hiver 2008-2009 – Voir l’article de Ramzy Baroud [N.d.T]

09 novembre 2011 – Al Jazeera – Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.aljazeera.com/indepth/op…
Traduction : Claude Zurbach

Source

Tentative d’arrestation d’un chef militaire israélien à Bruxelles


David CRONIN

Ce matin, j’ai tenté d’arrêter un stratège militaire israélien coupable de développer des armes destinées à tuer des Palestiniens.



Yitzhak Ben-Israel, ancien chercheur dans l’armée d’Israël et au Ministère de la défense se tenait devant la salle de réunion d’un hôtel de luxe bruxellois quand je suis arrivé. Je suis passé devant lui et me suis dirigé vers le bureau pour m’enregistrer afin d’assister à une conférence intitulée « Technologie et terrorisme » que ce personnage devait animer.

« Bonjour, dis-je à la femme derrière le bureau, mon nom est Cronin. »

– Cronin ?, dit un homme en costume sombre qui venait de s’approcher, vous êtes David ? (Je n’avais pas donné mon prénom).

– C’est juste, répondis-je. »

La femme et lui jetèrent un coup d’œil rapide sur la liste et m’affirmèrent que mon nom n’y figurait pas. Quand j’ai expliqué que j’avais envoyé un e-mail exprimant le souhait d’être présent à la conférence, ils m’ont répondu qu’il s’agissait d’un événement privé.

« Mais cela est financé par l’Union européenne. Et cela a été annoncé publiquement sur Internet, » insistai-je.

La conversation continua inutilement pendant un moment jusqu’à ce que l’homme me dise :

« Vous voulez la police ? La police est là. » (Je n’avais nullement demandé la police). Je me suis retourné et deux hommes venaient d’arriver.

« Faites-vous partie de la sécurité de l’hôtel ? », demandai-je.

– Non, nous sommes les services de renseignement belges, me répondit l’un des deux fonctionnaires.

– Cet homme, juste là, c’est Ben-Israel, lançai-je en le montrant du doigt, je suis venu pour lancer une arrestation citoyenne à l’encontre de cet homme. M. Ben-Israel, vous êtes accusé de crimes contre l’humanité. Je vous demande de vous rendre par vous-même aux deux officiers de police ici présents. »

Un des officiers me demanda de m’identifier. « Mon nom est David Cronin, je suis journaliste indépendant, dis-je, je crois sincèrement que M. Ben-Israel a développé des armes dont le but est de tuer des Palestiniens. »

J’ai essayé d’entrer dans les détails, mais les deux policiers était déjà en train de me faire descendre les escaliers. Dans le hall de l’hôtel, ils m’ont demandé mes papiers et ont noté mes coordonnées. Je leur ai demandé qu’ils enregistrent une déclaration de ma part où j’aurais pu expliquer pourquoi Ben-Israel devait être arrêté. Bien qu’ils aient accepté d’écouter mes arguments, ils ont refusé de prendre une déclaration formel et à la place ils voulaient me faire visiter le poste de police.

QUI EST BEN-ISRAEL ?

Général en retraite, Ben-Israel, est impliqué dans le développement des armes les plus horribles de l’arsenal israélien. Il y a des preuves flagrantes qu’il a fourni son expertise à une équipe israélienne qui a adapté les armes étasunienne DIME (Dense Inert Metal Explosive) pour une utilisation sur Gaza. En 2006, Ben-Israel a indiqué qu’il était au courant des test de DIME, une arme qui arrache les membres et cause de sévères brulures. Il fit l’éloge de cet arme dans une interview à la télévision italienne, déclarant : « une des idées est de permettre de frapper les cibles sans entraîner de dommages sur d’autres personnes. »

Des témoignages, rassemblés dans les hôpitaux de Gaza que Israël a attaqué fin 2008-début 2009, affirment la présence de métaux inhabituels dans les corps des victimes de bombardements. Ceci indique que le DIME a pu être utilisé durant cette assaut qui a duré trois semaines, l’opération plomb durci.

Ben-Israel a reçu trois récompenses en Israël pour avoir aidé à inventer des armes. En 1972, il a été honoré pour son rôle dans la réalisation du système de bombe de l’avion F-4E fourni à Israël par l’entreprise d’armement McDonnell Douglas. Quatre ans plus tard, il gagna un prix similaire pour sa contribution à l’élaboration d’une nouvelle technologie pour l’armée israélienne : le système C4 conçue pour permettre au commandement militaire de diriger plusieurs opération en même temps. Et en 2002, il remporta le Prix de la défense d’Israël pour un « projet introduisant un nouveau concept de conflit armé ».

LA JOUISSANCE D’ASSASSINER

Membre de la Knesset (parlement israélien) entre 2007 et 2009, il a été un fervent supporteur de l’Opération plomb durci. Dans un article d’opinion, paru en 2009 sur le site Ynet, il s’est réjoui de la manière dont Israël s’était passé des règles du combat armé qu’il avait l’habitude de jouer (selon lui) : « Avant, c’était comme si le côté faible (Hamas, Hezbollah) pouvait attaquer les citoyens de manière ininterrompue, pendant qu’Israël hésitait à utiliser sa puissance militaire substantiel (avion de chasse, tank et missiles guidés) par peur de blesser des civils. Mais l’opération récente a montré que même les mosquées utilisées par les groupes terroristes ne sont plus un obstacle pour Israël. »

Il est écœurant de voir que quelqu’un qui se réjouit de l’assassinat massif de civils puisse être un invité à une conférence sponsorisée par l’Union européenne.

Comme je l’ai écrit il y a quelques jours, un autre crime commis par Ben-Israël est qu’il siège au conseil d’administration de l’Université Ariel située dans une colonie en Cisjordanie. Les représentants européens savent que ces établissements violent la 4ème convention de Genève de 1949 qui interdit à une puissance occupante de transférer ses populations civiles dans des territoires qu’elle occupe.

Ben-Israel parut quelque peu perplexe quand je me suis confronté à lui aujourd’hui. Il n’a certainement jamais rencontré telle tentative auparavant qui le déclarait responsable de ses crimes. Hé bien, il faudrait qu’il s’habitue à ce genre d’action ! Lui ou d’autres membres de la politique d’Israël et de son élite militaire doivent s’attendre à faire face à la justice. Partout où qu’ils aillent.

David CRONIN

Traduit de l’anglais par Cédric Rutter

Source : Electronic Intifada

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Syrie: la répression fait 24 nouvelles victimes, dont 4 enfants


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le 09.12.11 | 15h05

Les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants vendredi en Syrie, faisant 24 nouvelles victimes civiles, dont quatre enfants, en particulier à Homs où l'oposition accuse le régime de Bachar al-Assad de préparer "un massacre", suscitant l'inquiétude de Washington.

Les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants vendredi en Syrie, faisant 24 nouvelles victimes civiles, dont quatre enfants, en particulier à Homs où l’oposition accuse le régime de Bachar al-Assad de préparer « un massacre », suscitant l’inquiétude de Washington.
Malgré le déploiement massif des forces de l’ordre, de nombreuses manifestations ont eu lieu à travers le pays sous le slogan « la grève de la dignité », en prévision d’une grève générale dimanche, selon des militants et l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
Dix civils ont été tués à Homs (centre), dont deux enfants de 10 et 12 ans, et un autre, un adolescent de 14 ans, près de cette ville, cinq près de Damas, quatre à Hama (centre), deux dans la province d’Idleb (nord-ouest) et deux, dont une fillette, à Deraa (sud), où la contestation est née il y a près de neuf mois, a précisé l’OSDH.
Cette association basée au Royaume-Uni a également fait état de nouveaux « violents affrontements » entre déserteurs et forces gouvernementales, à Douma et à Saqba, à 10 km de la capitale.
Le Conseil national syrien (CNS), qui réunit la majorité des courants de l’opposition, a dit craindre un « massacre » à Homs, cible d’une répression violente depuis des semaines.
« Toutes les informations, les vidéos, ainsi que les militants sur le terrain affirment que le régime se prépare à commettre un massacre collectif pour faire taire la révolution à Homs, et en faire un exemple pour les autres régions », a affirmé le CNS dans un communiqué.
« Le régime prétexte des incidents confessionnels pour justifier » ses actes, a ajouté le CNS, affirmant qu’à Homs, les forces de l’ordre incendiaient des mosquées, torturaient et tuaient des jeunes, enlevait des femmes et des enfants, et que des milliers de soldats encerclaient la ville.
Les Etats-Unis ont fait part de leur « profonde inquiétude » quant à ces informations. La porte-parole du département d’Etat, Victoria Nuland, a souligné que M. Assad serait tenu responsable de tout décès provoqué par les forces gouvernementales et Londres a demandé à Damas de « retirer immédiatement » ses forces de Homs.
A Damas, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jihad Makdessi, a lancé un « appel au monde extérieur et à nos frères du monde arabe pour aider la Syrie (à faire cesser) l’acheminement d’armes » dans le pays », afin d’aider à « trouver une sortie honorable à la crise ».
« Nous voulons que les autres, tous les autres, soutiennent l’évolution de la Syrie, pas la confrontation armée en Syrie », a-t-il insisté, affirmant que M. Assad était « horrifié » et « attristé » par les violences meurtrières qui secouent le pays depuis près de neuf mois.
Il a précisé que Damas étudiait une réponse de la Ligue arabe à sa demande de levée des sanctions de l’organisation avant la venue d’observateurs arabes.
A Bagdad, le ministre irakien des Affaires étrangères, Hoshyar Zebari, a affirmé que son pays allait développer ses relations avec l’opposition syrienne, à l’exception de l’opposition armée. « La situation nous oblige à jouer les bons offices », a-t-il expliqué.
La Turquie a en revanche annoncé qu’elle allait suspendre un accord de libre échange avec la Syrie, déjà suspendu par Damas, et prendre des dispositions pour éviter la Syrie dans ses relations commerciales avec le Proche-Orient.
La Russie a confirmé que la responsable des droits de l’Homme de l’ONU, Navi Pillay, serait entendue par le Conseil au sujet de la Syrie, une demande formulée par Paris, Londres et Berlin. Cette audition est prévue lundi à 19H00 GMT.
Les Européens, France en tête, plaident depuis des mois – mais en vain – pour que le Conseil de sécurité condamne la répression en Syrie. Lors d’une conférence de presse, Mme Pillay a estimé que des vies auraient pu être sauvées si une action avait pu être entreprise plus tôt au Conseil de sécurité.
La répression a fait selon les Nations unies, au moins 4.000 morts, dont plus de 300 enfants, un bilan crédible, ont affirmé vendredi le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon et Navi Pillay.
Dans un entretien mercredi à la chaîne américaine ABC News, M. Assad a dit n’accorder aucun crédit au bilan avancé par l’ONU, estimant que l’organisation n’était pas crédible.
« Il s’agit de dépositions de première main auprès de témoins, beaucoup de ces informations provenant de l’intérieur du pays par Skype », a insisté Mme Pillay, rappelant que plus de 220 témoins avaient été interrogés.
« Le président syrien ne peut pas balayer tout cela d’une affirmation sans fondement », a-t-elle ajouté, tout en exhortant le président syrien à laisser une commission d’enquête entrer dans le pays. « Il est très important que nous allions là-bas et vérifions sa version », a-t-elle dit.
Elle a encore souligné que les défections de plus en plus nombreuses dans les rangs des forces armées faisaient planer la menace « d’une véritable guerre civile », rappelant que « près de 1.000 » membres des forces de l’ordre syriennes avaient été tués dans les violences depuis la mi-mars.

source

GAZA, ON N’OUBLIE PAS !


Trois ans après l’agression militaire israélienne:

Actions de commémoration et de soutien

GAZA, ON N’OUBLIE PAS !

Il y a trois ans, Israël a déclenché son assaut meurtrier contre la bande de Gaza alors même qu’il l’occupait et lui imposait son blocus. Plus de 1.400 Palestiniens, la plupart des civils, ont été tués.

De nombreuses organisations des droits de l’homme aussi bien qu’une mission spéciale des Nations Unies, dirigée par le juge sud-africain Richard Goldstone, ont accusé Israël d’avoir commis des crimes de guerre. Ces attaques ont provoqué des manifestations tout autour du monde en solidarité avec les Palestiniens gazaouis.

Trois ans après cette agression militaire dévastatrice, la perpétuation de ce blocus illégal constitue une punition collective de la population et sape la crédibilité du droit international humanitaire.

Dans le cadre d’une action citoyenne et pacifique, nous organisons une marche symbolique et une veillée de commémoration à Bruxelles, pour :

  • ·         La fin du blocus de Gaza
  • ·         La démolition du Mur de l’apartheid
  • ·         La fin de l’occupation israélienne illégale de toute la Palestine!
  • ·         Le droit de retourner en Palestine pour tous les Palestiniens!
  • ·         Le soutien à la résistance du peuple palestinien
  • ·         La libération de tous les prisonniers palestiniens
  • ·         Le soutien à la campagne  « Boycott Désinvestissement et Sanctions »

Mardi 27 décembre 2011

Le départ de la Marche se fera au croisement de l’avenue de Stalingrad et du boulevard du Midi (statue mégaphone) à 18 heures. Elle s’achèvera avec des prises de parole et une petite animation sur la Place du Jeu de balle vers  20h30.

Nordine Saïdi
Mouvement Citoyen Palestine
http://mcpalestine.canalblog.com

Conférence par un membre de Breaking the Silence


Nous avons le plaisir de vous annoncer la conférence qui sera donnée
par un membre de l'association Breaking the Silence dans le cadre des
Midis du Centre de droit international, le LUNDI 12 DECEMBRE DE 12H30
A 14H.

La séance aura lieu dans la salle Henri Janne à l'Institut de
Sociologie (44, Avenue Jeanne - 14è niveau).

Le nombre de places étant limité, il est impératif de s'inscrire avant
(cdi@ulb.ac.be).
Merci de noter qu'il n'est pas prévu de sandwichs, mais que des
boissons seront offertes.

Breaking the Silence est une organisation de vétérans de l'armée
israélienne qui ont servi dans les Territoires palestiniens occupés
depuis la Seconde Intifada. Ces soldats  se sont engagés à exposer à
l'opinion publique israélienne la réalité de la vie quotidienne dans
les Territoires Occupés. Leur objectif principal est de stimuler un
débat sur le coût moral et humain à payer à cause de l'occupation.
Breaking the Silence a été finaliste du prix Sakharov du Parlement
Européen en 2010.

Le déroulement de la conférence sera le suivant:

- Introduction par Agnès Bertrand-Sainz (chargée de cours à Institut
d'études politiques de Lille)

- Exposé par Simcha Levental (en anglais)

 La présentation se concentrera  sur la réalité quotidienne dans les
Territoires occupés comme décrite par des centaines de soldats
interviewés par Breaking the Silence (plus de 750 à ce jour). Elle
portera sur les témoignages de soldats qui ont servi à Gaza et en
Cisjordanie et tout particulièrement sur l'expérience de Simcha
Levental.

- Débat avec l'assistance.

Coquelicots pour la complainte de Bethléem


J’avais posté ce poème il y a  3 ans

Tahar BEKRI, poète tunisien a écrit “

“Si ton char tue ma prière

Si le canon est ton frère

Si tes bottes rasent mes coquelicots

Comment peux-tu effacer ton ombre

Parmi les pierres ?

Si mon église est ton abattoir

Si tes balles assiègent ma croix

Si mon calvaire est ton bougeoir

Si les barbelés sont tes frontières

Comment peux-tu aimer la lumière ?

Si ta haine par-dessus le toit de ma maison

Confond minaret et mirador

Si ta fumée sature mon horizon

Si tes haut-parleurs assourdissent mes cloches

Comment peux-tu honorer le levant ?

Si tes griffes mordent mon sanctuaire

Si tes casques sont tes oeillières

Si tu arraches mon olivier

Ses rameaux pour ton fumier

Comment peux-tu retenir la puanteur des cendres ?

Si Jenine en arabe est foetus et embryon

Que tu enterres vivant oublieux de l’Histoire

Si la poudre est ton encensoir

Si tes fusées blessent ma nuit sombre

Tes dalles se consolent-elles d’être mes décombres ?

Si le mensonge est ton épine dorsale

Si tu nourris tes racines de mon sang

Si tu caches mon cadavre

Pour étrangler le cri de la terre

Comment peux-tu prétendre qu’elle est ta terre ?”

Ce beau poème a le mérite insigne de coller hélas à l’actualité palestinienne.

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Sortir la cause des prisonniers palestiniens de l’oubli


BAUDOUIN LOOS

vendredi 09 décembre 2011, 09:45

Un ministre palestinien présidait cette semaine une délégation à Bruxelles en vue de plaider la cause des 5.000 prisonniers palestiniens détenus dans les geôles israéliennes.

Un boulot malaisé et ingrat. Voilà ce qu’a accepté de faire Issa Qaraqe’, quand il a pris la charge de ministre des Prisonniers au sein de l’Autorité palestinienne. Malaisé et ingrat car il s’agit, entre autres tâches, de tenter de sensibiliser la communauté internationale sur le sort d’environ 5.000 personnes toujours pensionnaires des prisons israéliennes, un sujet qui n’est sans doute pas très mobilisateur en Europe (1).

“ Je reçois en tout cas une écoute certaine ici à Bruxelles, confie le ministre au Soir alors qu’il préside une délégation d’une dizaine de personnes dont des représentants d’ONG spécialisées. Les parlementaires européens, des hauts fonctionnaires de la Commission, les services de Mme Catherine Ashton, les deux chambres du Parlement belge et plusieurs associations nous ont reçus et écoutés. Mon message consiste à plaider pour qu’ils fassent pression sur Israël – au besoin en reconsidérant les accords d’association qui incluent une clause sur les droits de l’homme – pour que cet Etat respecte les droits des prisonniers d’une part (ceux de Gaza n’ont droit à aucune visite familiale, par exemple), les libère de l’autre. Israël se considère au-dessus du droit international, cela concerne tout le monde. “

L’affaire Gilad Shalit – ce soldat israélien enlevé par des militants palestiniens en 2006 qui vécut plus de cinq ans dans des caves à Gaza avant, grâce à un marché entre le Hamas et Israël, d’être libéré contre mille prisonniers palestiniens – a marqué à la fois la société israélienne et la palestinienne. “ Nous aurions préféré que sa libération soit l’objet d’un accord politique et non d’un troc, assure Issa Qaraqe’, qui a lui-même fait dix ans de prison ans les années 80. Le très mauvais message que ce marché donne c’est que la seule façon de faire libérer nos prisonniers consiste à kidnapper des soldats israéliens. “

Le problème du ministre palestinien consiste à contrer un argument israélien massue. “ Israël réussit souvent à imposer sa version : les prisonniers palestiniens ne sont que des terroristes, et cela refroidit toute velléité de s’en mêler. Mais, parmi ces prisonniers, vous avez de nombreux jeunes qui ont lancé des pierres vers des colons ou contre des soldats israéliens dans les territoires occupés ou bien encore par exemple vous avez les cas d’Abdallah Abou Rahmeh, avec nous dans cette délégation, qui a passé un an et demi en prison pour avoir mené une lutte parfaitement pacifique (et d’ailleurs finalement victorieuse) contre le mur érigé par Israël à Bil’in, sa commune. “

Le plus souvent, explique notre interlocuteur, les Palestiniens sont jugés par des cours israéliennes militaires pour qui le seul témoignage d’un soldat est suffisant pour condamner. Et puis, “ sur les enfants, on exerce souvent des chantages “, complète Khaled Kuzmar, de la branche palestinienne l’ONG Defence for Children International : “ Par exemple, pour un jet de pierre, le tarif pout monter à dix ans de prison, alors on lui dit qu’on passera l’éponge s’il collabore avec l’armée et dénonce ses amis. Des choses difficiles à prouver devant une cour israélienne militaire où 99% des condamnations concernent des innocents “.

(1) Selon les chiffres du ministre, parmi les cinq mille prisonniers, il y a 11 femmes, 230 mineurs, 240 détenus administratifs (ni inculpés ni jugés), 23 parlementaires dont 20 du Hamas. Le plus ancien détenu, Karim Younès, a passé 30 ans en prison. 124 d’entre eux étaient déjà en prison avant les accords intérimaires d’Oslo (1993).

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