Egypte: les islamistes en conflit avec l’armée sur la Constitution


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le 08.12.11 | 15h20

L'armée égyptienne a annoncé jeudi qu'un "conseil consultatif" allait commencer à préparer la rédaction de la Constitution, malgré la farouche opposition des Frères musulmans pour qui cette prérogative revient au Parlement, en passe d'être dominé par les islamistes.

L’armée égyptienne a annoncé jeudi qu’un « conseil consultatif » allait commencer à préparer la rédaction de la Constitution, malgré la farouche opposition des Frères musulmans pour qui cette prérogative revient au Parlement, en passe d’être dominé par les islamistes.
Ce conseil de 30 membres, composé d’intellectuels et de personnalités politiques, va discuter de la mise en place de l’instance qui sera chargée de rédiger la future loi fondamentale, a déclaré l’armée dans un communiqué.
Sans attendre cette annonce, les Frères musulmans ont vivement dénoncé la volonté de l’armée d’utiliser le gouvernement, dont elle a la tutelle, et ce conseil consultatif non élu pour « marginaliser » le Parlement.
La confrérie a annoncé qu’en conséquence elle refusait de participer à ce conseil consultatif.
Les Frères musulmans font valoir que c’est au Parlement en cours d’élection qu’il reviendra de nommer la commission qui rédigera la Constitution de l’Egypte post-Moubarak.
Ils dénoncent également les propos rapportés par la presse d’un membre du conseil militaire, le général Mokhtar el-Moulla, affirmant que le futur Parlement ne « serait pas représentatif de tous les Egyptiens ».
Le général, dans ces déclarations à des journaux anglo-saxons très commentées en Egypte, estime en conséquence qu’il ne faut pas laisser aux seuls parlementaires le soin de composer la commission qui rédigera la Constitution.
Une telle perspective réduirait considérablement la capacité des islamistes d’influer sur l’élaboration de la future Constitution, une étape cruciale dans la définition de l’équilibre des pouvoirs après la chute de Hosni Moubarak en février.
Elle pourrait répondre aux craintes des milieux libéraux et laïques, des chrétiens d’Egypte et des militaires face à la possibilité de voir les islamistes définir la future loi fondamentale suivant leurs principes politico-religieux.
En revanche, les Frères musulmans et leur formation politique, le parti de la Liberté et de la Justice (PLJ), y voient, outre une « marginalisation du Parlement », une tentative de pérenniser le pouvoir des militaires, à la tête du pays depuis la chute de Hosni Moubarak, en leur permettant d’influer sur les clauses de la future constitution.
Le PLJ est arrivé en tête de la première phase, terminée mardi, des élections législatives qui doivent se poursuivre jusqu’en janvier.
Les formations islamistes dans leur ensemble, comprenant également les fondamentalistes salafistes, ont remporté 65% des voix lors de ce scrutin, face aux formations libérales et laïques.
Les diverses formations islamistes ont remporté au total 113 sièges sur 168 en lice pour les deux tours de la première phase de l’élection, selon les résultats rapportés par la presse jeudi, les Frères musulmans se taillant la part du lion avec 80 sièges.
Ces résultats concernent un tiers des gouvernorats d’Egypte, dont les grandes villes du Caire et d’Alexandrie, où était organisé le vote. Les autres régions doivent élire leurs députés à partir du 14 décembre et jusqu’au 11 janvier.
Les partis islamistes comptent sur leur forte implantation dans les nombreuses régions rurales qui vont voter dans les prochaines semaines pour consolider leurs gains.
L’élection des députés du plus peuplé des pays arabes, avec plus de 80 millions d’habitants, sera suivie de la fin janvier à la mi-mars par celle des sénateurs.
Il s’agit de la première élection en Egypte depuis la chute du président Moubarak, balayé par le « Printemps arabe ».
La participation, de 52% au premier tour, a marqué le pas au second tour, avec officiellement 39% d’électeurs qui se sont rendus aux urnes lundi et mardi.

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La chasse aux migrants fait des orphelins


Week-end 7 jours
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le 09.12.11 | 01h00

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Par téléphone. Il ne leur reste plus que ce moyen pour entendre la voix de leurs petits. Depuis mercredi soir, Michelle Gono, Aminattou Diolo, Yango Christelle Yalande, Koumassok Barrack Sarrah Beauté et Kotin Mbibo Laure sont abandonnées à la rudesse du désert du Sahara dans la localité de Tin Zaouatine, à Tamanrasset.

Elles sont cinq Subsahariennes à avoir subi le même sort, en se résignant à laisser leurs enfants derrière elles, à Oran, afin de leur épargner un voyage pénible et le néant qui les attend au bout. A une quarantaine de kilomètres des frontières algériennes, ces mères, dont une qui vient d’accoucher, sont livrées à elles-mêmes. «On nous a jetées en plein désert !» lâche une de celles que nous avons réussi à joindre par téléphone. «Nous n’avons pas de toit ; on dort à même le sol et nous n’avons rien à manger, sinon du pain et l’eau du robinet», raconte une autre mère, également jointe par téléphone. Le ton est digne mais l’inquiétude palpable. «Nous ne savons pas si nous allons rentrer chez nous, nous n’avons rien chez nous», explique-t-elle. Une fausse note confère quelque chose de poignant à son accent chantant. «Nous voudrions rejoindre nos enfants, au nord.» C’est-à-dire à Oran, où elle a été arrachée à son enfant et à son mari. Lorsque Michelle Gono se présenta, le 11 novembre dernier, au service de maternité du Centre hospitalier universitaire d’Oran pour accoucher de son deuxième enfant, elle ne se doutait pas qu’elle allait être traînée, elle et son nouveau-né Jouana, en direction du siège de la sûreté de wilaya, dès le lendemain de son accouchement.
Cachot
La petite Jouana ouvrira les yeux dans le cachot de la sûreté de wilaya où mère et fille patientaient avant la tenue de leur procès, le 17 novembre. Un communiqué du Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (Snapap), qui a rapporté les faits, précise que quelques jours plus tard, Aminattou Diolo a vécu le même scénario, alors qu’elle emmenait son fils Ahmed Neam, âgé de 5 mois, à l’hôpital d’Oran. Arrêtée, conduite au commissariat central, elle passera devant le tribunal le jour même. Ahmed Neam, qui présentait des difficultés respiratoires n’aura même pas eu le temps d’être ausculté. Suite à une dénonciation d’un voisin, Yango Christelle Yalande, Koumassok Barrack Sarrah Beauté et Kotin Mbibo seront, à leur tour, arrêtées au domicile d’un Malien où elles se sont rendues avec leurs enfants, en bas âge. Le domicile est perquisitionné «sans mandat», précise le communiqué. Les cinq femmes écopent de six mois de prison avec reconduite à la frontière. Le procès aurait prit 45 secondes pour chacune d’elles, selon le communiqué du Snapap. Quand un officier de police arriva pour embarquer les mères vers un long périple de plus de 2000 km, elles l’ont supplié pour que leurs enfants soient confiées, sur place, à des familles de leur ethnie. Ce n’est que lorsqu’elles menacèrent de se suicider qu’il cédera. «L’erreur a été de ramener à la frontière les mères sans leurs enfants, reconnaît Mustapha Khiati, président de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche. Il faut tout faire pour que ces enfants puissent retrouver leurs parents.»
Orphelin
Joint par téléphone, l’un des pères des enfants témoigne de la précarité dans laquelle il se retrouve aujourd’hui. Un gazouillement se fait entendre au bout du fil en même temps que celui-ci s’excuse : il doit nourrir son fils. Une dizaine de minutes plus tard, il déclare : «Je ne peux pas m’en sortir avec le bébé. Je ne peux plus travailler et j’ai un loyer à payer.» Le Camerounais d’origine vend des habits traditionnels africains dans les rues oranaises afin de payer un loyer qui représente le double des prix du marché. «Je n’ai pas l’habitude de m’occuper d’enfants, je travaille. Il pleure tout le temps, je n’arrive même à comprendre ce qui ne va pas», raconte-t-il, désemparé. «Je suis coincé chez moi sans personne pour m’aider, le matin. Je tente de le laver, de lui donner à manger mais je n’ai plus de lait ni de couches pour bébés.» En situation régulière, le père de famille ne se voit pourtant pas vivre en Algérie. «Ce n’est pas facile de rester en Algérie, je ne peux pas. Nous ne sommes pas les bienvenus.» Et pour cause, il raconte les brimades, le danger incessant et les dénonciations multiples. «On peut déchirer mon passeport à tout moment. Je ne considère même pas que j’ai des papiers.» Voilà sept ans qu’il erre de pays en pays. Il dit connaître presque tous les pays de l’Afrique de l’Ouest, mais pour lui, pas question de rentrer  chez lui. «Je suis orphelin de père et de mère. Je ne suis pas le bienvenu.»
Camion à bestiaux
Sa voix laisse deviner une émotion vive, il cherche ses mots, hésite avant de déclarer : «Ma femme est en plein désert, on sait ce que les rebelles peuvent faire…» De Mostaganem à In Salah, en passant par Relizane, Tiaret, Laghouat et Ghardaïa, les cinq femmes ont traversé plus de 1300 km avant de rejoindre Tamanrasset dans un camion à bestiaux, entassées avec une soixantaine de migrants. Fouad Hassam, président du Snapap et représentant de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (Laddh) à Oran, souligne que le Malien chez qui trois Subsahariennes ont été arrêtées a été expulsé et reconduit aux frontières. Fouad Hassam, qui est aussi chargé du dossier migration, précise que les femmes n’ont pas pu faire appel, conformément à la loi, puisqu’elles ont été expulsées sept jours après leur procès. Or, la loi leur donne droit de déposer un recours pendant les quinze jours qui suivent leur jugement. En règle générale, les Subsahariens ont «peur de faire intervenir des avocats ; ils préfèrent se faire discrets et n’osent pas défier les autorités». Par ailleurs, Fouad Hassam rapporte le refus d’un pédiatre privé de soigner un des enfants des familles subsahariennes. Il indique que Jouana, âgée aujourd’hui de trois semaines, est malade. «Le CHU est devenu un calvaire pour les Subsahariens. Beaucoup de migrants, admis sur le territoire en bonne et due forme, font l’objet de bavures policières. On déchire leur passeport. De facto, ils se retrouvent dans une situation irrégulière», dénonce-t-il.

Pendant ce temps à Genève…

L’ambassadeur, représentant permanent de l’Algérie auprès de l’Office de l’ONU et des organisations internationales en Suisse, Idriss Djazaïry, a prôné hier «une vision politique» globale de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) à même de gérer les flux de migration à travers le monde. Les travaux de la 100e session du Conseil de l’OIM ont été l’occasion pour M. Djazaïry, également président du conseil de cette organisation pour 2011, de souligner que cette réunion constituait «une excellente opportunité pour apporter la vision politique nécessaire au dialogue sur les défis et les opportunités de la mobilité humaine et les priorités dans la gestion de la migration».

M. Djazaïry a rendu hommage à la contribution de l’OIM lors de la crise libyenne, notamment à travers l’évacuation de plus de 200 000 travailleurs migrants fuyant la violence vers les pays voisins d’Afrique du Nord. Outre la contribution de la migration mondiale au développement humain à la fois des pays d’origine comme ceux de destination, la déclaration a mis en relief la nécessité pour les Etats de rechercher constamment les meilleurs moyens de valoriser les apports des communautés émigrées en matière de savoir-faire, d’expérience professionnelle et d’investissement et de protéger leurs transferts de toutes natures vers leur pays d’origine.

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L’opposition syrienne veut refonder l’unité nationale


par Zénobie, jeudi 8 décembre 2011

Dans la Syrie de demain, « la Constitution protégera les minorités et leurs droits », déclarait M. Burhan Ghalioun, le président du Comité national syrien — qui rassemble les forces d’opposition au régime — dans un message vidéo adressé au peuple syrien, le 5 novembre 2011, à l’occasion de la fête musulmane de l’Aid Al-Kabir (1). Alors que les observateurs se focalisent sur la guerre civile, ce discours du principal opposant au régime de M. Bachar Al-Assad témoigne d’un autre processus en cours : ce qui se joue en Syrie n’est pas seulement un changement de régime, mais aussi et surtout une véritable refondation de l’unité nationale. C’est pourquoi le régime crie au risque de guerre civile, et provoque en sous-main des tensions confessionnelles. En effet, la redéfinition de l’unité nationale sur la base de l’égale intégration de toutes les composantes de la nation démasquera l’imposture d’un pouvoir qui se prétend nationaliste arabe, séculier, et garant de l’unité nationale — c’est-à-dire de la protection des minorités contre le « danger islamiste ».

Pour comprendre les enjeux de cette refondation, il faut remonter dans le temps. Dans les années 1930, le nationalisme arabe en Syrie, qui s’est d’abord construit comme un outil politique de combat contre la présence coloniale française, a pensé l’unité nationale en des termes négateurs de la réalité sociale et anthropologique : tout ce qui était perçu comme facteur de division (la communauté ethnique, confessionnelle, la tribu, les solidarités régionales, sur lesquelles avait abondamment joué la tutelle française) a été ramené à de l’obscurantisme, au profit d’une unité arabe syrienne — l’apposition des deux adjectifs étant en soi très ambiguë.

Les liens anthropologiques premiers, ainsi sommés de disparaître, s’adaptèrent alors en se dissimulant derrière le discours nationaliste, en se repliant dans les coulisses de la scène politique. Mais ils restèrent bien vivaces. Et, lorsque le parti Baas, formation nationaliste arabe par excellence, accéda au pouvoir en 1963, et surtout en 1966 et en 1970 (avec le coup d’Etat de Hafez Al-Assad), c’est une minorité qui accédait de fait au sommet de l’Etat. C’est évidemment au nom du nationalisme arabe que cette minorité alaouite instaura son contrôle communautaire sur l’Etat et la société, et que le clan Assad dénia (et dénie toujours) à quiconque le droit de réclamer une part dans le pouvoir. Ainsi, la mention même des communautés, devenue crime contre l’Etat, interdit de dénoncer la mainmise alaouite ; de dénoncer les faveurs accordées par le pouvoir alaouite à certaines communautés minoritaires aux dépens de la majorité sunnite de la population. Toute contestation politique porterait ainsi, selon le régime, la marque de la sédition confessionnelle orchestrée de l’étranger.

Aux antipodes de la pensée nationaliste arabe et séculière par lui instrumentalisée et dévoyée, le régime des Assad a réussi au cours des décennies à renforcer la conscience minoritaire dans le pays en faisant croire aux communautés alaouite, chrétienne et druze, notamment, qu’il était le seul garant de leur sécurité. Et lorsque éclata l’intifada syrienne, en mars 2011, il lui a suffi de crier au danger islamiste pour que les vieux réflexes de peur remontent à la surface des consciences minoritaires. C’est ainsi que les manifestants pacifiques, impitoyablement abattus dans la rue, ont été diabolisés parce qu’ils sortaient des mosquées — l’espace public par excellence des villes orientales et musulmanes, le seul que le régime ne peut se permettre de fermer et d’où musulmans et chrétiens, laïcs et pratiquants lancent des mouvements de contestation. Quel que soit le contenu politique de leur révolte, les villes et villages mobilisés sont essentialisés comme musulmans et renvoyés à l’identité sunnite de la majorité de leur population (2).

On se souvient que, dans l’entre-deux-guerres, lorsque les nationalistes arabes manifestaient pour demander l’indépendance et l’unité (d’une Syrie alors divisée par les Français sur des bases communautaires et régionales), les Français et ceux des minoritaires qui leur étaient alliés, renvoyaient déjà ces manifestations anticoloniales à l’identité musulmane de la majorité des manifestants.

Aujourd’hui encore, des chrétiens, des Druzes et des Alaouites éclairés, dont le niveau d’éducation est pourtant élevé, se trouvent soudainement incapables d’analyser un événement politique, une réalité sociologique en pleine mutation. Ils se réfugient devant la télévision Al-Dounia, porte-parole du régime et propriété de M. Maher al-Assad. Du jour au lendemain, les grandes chaînes arabes (Al-Jazira, Al-Arabiya), qui ont renouvelé l’information sur la scène arabe, sont devenues des télévisions honnies. La conscience minoritaire est bien l’une des clés du soutien intérieur (et régional) au régime des Assad. C’est pourquoi la guerre confessionnelle incarne à ses yeux le salut politique.

Rupture générationnelle

Ce qui se passe en Syrie, sous l’action des manifestants, constitue une véritable rupture générationnelle, intellectuelle, politique et idéologique ; une rupture dont l’importance est similaire à celle qu’a connue la société entre 1918 et 1928, entre la fin de l’Empire ottoman et la mise en place de l’Etat moderne. Comme tous les observateurs l’ont constaté, l’opposition a témoigné depuis neuf mois de son extraordinaire lucidité politique dans des circonstances à tout le moins défavorables. Au fil des mois de résistance, les manifestants ont construit une conscience politique, élaboré une organisation clandestine (avec les comités de coordination) et mobilisé leur énergie pour maintenir la voie pacifique choisie depuis le début (en dépit de provocations, de dérapages et d’incidents).

La refondation de l’unité nationale se trouve donc facilitée par le fait que les révolutions arabes dans leur ensemble ont signé la fin des idéologies du XXe siècle, nationalisme arabe comme islamisme, tous deux construits sur le schéma commun de l’oumma (arabe ou islamique), utopique projection d’une nation transfrontalière. Tous les courants politiques, islamistes inclus, savent désormais qu’ils se meuvent dans des frontières et que certaines valeurs comme la liberté, la dignité et la démocratie sont devenues incontournables pour leurs opinions publiques. Les projets de société qui remporteront demain les élections en Syrie porteront la marque identitaire de la société syrienne, confessionnellement diverse, arabe et musulmane dans une culture sociale qui englobe aussi toutes les communautés minoritaires.

Comme beaucoup de pays de la région, la Syrie n’a pas su se construire une unité nationale, qui donnerait aux minorités le sentiment de participer à l’Etat au-delà de leurs frontières communautaires. L’esprit et une solidarité de corps (la asabiyya) hérités des Empires musulmans s’opposaient au modèle d’un Etat-nation bâti sur une société de citoyens. La révolte syrienne a compris que, sur ce point, une rupture idéologique était indispensable.

Cette rupture porte aussi une inversion du rapport au temps historique dans la mesure où les deux anciennes utopies dominantes (oumma islamiyya, oumma arabiyya) supposaient, dans une vision circulaire, que l’avenir résidait dans des formes de retour à une unité mythique des origines. De même que la oumma islamiyya, en reprenant les termes d’une nation musulmane originelle (et toujours mythique), devait apporter le bonheur sur cette terre, il suffisait au nationalisme arabe d’arriver au pouvoir pour que le progrès s’épanouisse par lui-même. L’impensé social et économique qui a plombé les régimes nationalistes arabes réside en partie dans cette vision de l’histoire. Aujourd’hui, l’opposition syrienne autant que la nouvelle génération ont compris qu’il faut prendre le risque de construire le destin national en affrontant la réalité sociale et en regardant l’avenir ; en sachant que la révolution dans les mentalités est toujours plus longue à construire que la révolution politique…

L’opposition syrienne cherche son salut en évitant deux pièges : le piège confessionnel et le piège de la lutte armée. Elle a retenu les leçons de la guerre civile du Liban (1975-1990) et des violences confessionnelles en Irak à partir de 2003. Elle redoute d’autant plus le piège confessionnel dans lequel le pouvoir cherche à la faire tomber que la terreur et la barbarie du régime, ouvertement orchestrées par des acteurs alaouites, provoquent des réactions de rejet communautaire chez nombre de civils.

D’autre part, l’opposition syrienne a aussi tiré les leçons de la révolution libyenne, tant pour ce qui est de la lutte armée que pour ce qui est du soutien de l’étranger. Un certain nombre de voix, notamment, mais pas uniquement, chez les manifestants venus des secteurs traditionnels et des tribus, en appellent aux armes, à la fois pour venger les morts et pour mettre fin au bain de sang qui dure depuis neuf mois. Sans parler des milliers de militaires patriotes et déserteurs qui se sont donné pour mission de défendre le peuple contre l’armée du régime, et qui accomplissent cette mission avec les seuls moyens qu’ils maîtrisent : la force armée. C’est pourquoi le Conseil national syrien a conclu le 1er décembre un accord avec l’Armée syrienne libre, encadrant les interventions des militaires. Il a également rejeté toute intervention étrangère, et se limite à demander un espace d’exclusion aérienne afin de protéger les civils.

Le double piège, celui de la lutte armée et de la guerre confessionnelle, n’est donc pas seulement un effet de la propagande du régime : c’est un effet des évolutions du terrain, d’une barbarie chaque jour renouvelée et de l’absence de soutien effectif à la révolution en cours.

Le véritable défi pour la révolution syrienne réside dans sa capacité à déjouer ce double piège, qui accréditera sa capacité à refonder l’unité nationale. Avec la patience de celui qui a tout l’avenir devant lui.

(2) La Syrie compte quelque 70 % à 80 % d’habitants sunnites.

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Le manifeste antisioniste de Philip Weiss


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Mounadil al Djazaïri
Le blog de Philip Weiss est une référence incontournable pour tous ceux qui s’intéressent au conflit qui met aux prises les Palestiniens avec les imposteurs sionistes.

On n’est pas forcément d’accord avec lui, et c’est normal, mais on ne lui retirera pas sa probité intellectuelle et, bien sûr, sa compétence de journaliste qui sait de quoi il parle.

Il nous livre aujourd’hui ce que j’estime être le meilleur manifeste antisioniste produit depuis bien longtemps par un Occidental. Un manifeste qui a une forme et un contenu particuliers puisque c’est d’abord celui d’un Juif qui s’adresse à d’autres Juifs à qui il entend faire saisir des enjeux qu’il estime fondamentaux.

C’est bien entendu aussi celui d’un homme, d’un démocrate, qui parle à tous les hommes.

Israël n’est plus une bonne chose pour les Juifs

par Philip Weiss, Mondweiss (USA) 7 décembre 2011 traduit de l’anglais par Djazaîri

Israël n’est plus une bonne chose pour les Juifs. Telles sont les dernières nouvelles à New York.

C’est arrivé la semaine dernière, ou il y a deux ans. Le sentiment s’est profondément enraciné dans la communauté juive américaine qu’Israël nous fait du tort, nuit à notre place dans le monde et à notre avenir. Les restrictions sur la démocratie, aux droits des femmes, l’intransigeance vis-à-vis des Palestiniens quand Obama demandait qu’on avance, l’indifférence au printemps Arabe – Israël est une société dont en tant que Juifs, nous ne reconnaissons plus le caractère juif et, le pire de tout, son militarisme expose les Juifs Américains à l’accusation de double allégeance. Et nous n’aimons pas ça : Nous sommes Américains.

La goutte qui a fait déborder le vase a d’évidence été la stupide campagne de communication qui ciblait Noël et les mariages mixtes –  une campagne de com que Netanyahou a annulée. Même des lobbyistes Israéliens de droite avaient été stupéfaits du degré de nullité de cette campagne de communication. Mais elle était l’expression d’authentiques attitudes israéliennes. Et c’est pourquoi elle est si effrayante : les Juifs Américains s’éveillent au fait que la société israélienne n’est en rien comme la nôtre. Hillary Clinton n’a pu se lancer dans une critique des restrictions religieuses pour les femmes en israël que parce qu’elle sait que c’est ce que ressentent les Américains Juifs. L’ambassadeur Gutman parlait pour de nombreux Américains Juifs raisonnables quand il a dit que les politiques israéliennes font du tort aux Juifs en excitant l’antisémitisme.

Nous sommes pour l’intégration. Nous vivons en Amérique parce que nous voulons être des Juifs dans une société plurielle.  C’est en gros l’esprit de la vie juive en Amérique. Et maintenant ces sionistes – des séparatistes en qui nous n’avons jamais vraiment eu confiance quand nous débattions avec eux en Europe orientale – s’avèrent avoir tout doucement confisqué la judéité pour l’emmener dans un lieu de ténèbres sordides. Et leur plat est cuit ; Israël a produit un « apartheid sur stéroïdes », ainsi qu’un leader Juif l’écrivait en automne dernier dans The Nation (une publication de gauche, NdT) ; il  n’en voulait aucune part.

Pourtant, les séparatistes, les néoconservateurs, dont Elliott Abrams – qui a dit que les Juifs devaient rester à part dans toutes les sociétés où ils vivent excepté Israël, l’exact opposé du credo intégrationniste – essayent d’emmener notre pays encore plus loin, vers une attaque contre l’Iran ! Ce vendredi, le Secrétaire à la défense a affirmé de manière catégorique que ce n’est pas dans l’intérêt de l’Amérique :

[Attaquer l’Iran] ne détruirait pas en fin de compte, c’est ce que je pense, sa capacité à produire une arme atomique, mais ne ferait que la retarder – premier point. Plus préoccupant à mes yeux seraient les conséquences imprévisibles, qui pourraient être que finalement une attaque aurait un effet boomerang et que le régime, qui est faible actuellement, pourrait soudainement être capable de se ressaisir, être en mesure de bénéficier de soutien dans la région et que, au lieu d’être isolé il pourrait tout à coup obtenir un plus grand soutien dans une région qui le boit pour l’instant comme un paria. Troisièmement, les Etats Unis seraient évidemment accusés et nous pourrions être la cible de représailles iraniennes, frappant nos bateaux, frappant nos bases militaires. Quatrièmement – une telle attaque aurait des conséquences économiques – de graves conséquences économiques  qui pourraient secouer une économie très fragile en Europe et une économie fragile, ici aux Etats Unis.

Et enfin, je pense que les conséquences pourraient être d’avoir une escalade qui non seulement prendrait beaucoup de vies humaines mais, je le pense, pourrait consumer le Moyen orient dans une confrontation et un conflit que nous regretterions.

Peut-on être plus clair? Et pourtant le lobby de la droite dure israélienne nous pousse à attaquer l’Iran. Mais nous, Juifs, sommes Américains !

Il y a un siècle, une des réussites assez douteuses de Louis Brandeis avait été d’entremêler identité juive américaine et sionisme. Brandeis s’était converti au sionisme (afin d’obtenir un siège à la Cour Suprême ; Wilson voulait un Juif représentatif, pas un riche Juif Allemand), et avait déclaré qu’un bon Juif Américain devait être un sioniste, que l’amour pour deux idées de la patrie était très bien.

La réussite de Brandeis est en train maintenant de s’inverser. Qui peut aimer cette « patrie » ? Les valeurs israéliennes sont incompatibles avec les valeurs juives américaines. Même Jeffrey Goldberg [journaliste sioniste] dit que l’occupation est un «désastre moral.» . Eh bien, imaginez-vous qu’elle dure depuis 44 ans !  Avec ses bus et ses routes ségrégés, avec ses campagnes de communication contre Noël et les mariages mixtes, avec le refus de mettre fin à l’occupation – israël est une société différente de la nôtre.

Ici, nos enfants épousent des non Juifs et fêtent même Noël, et c’est très bien. Ici, l’intolérance n’est absolument pas cool.

JStreet [lobby juif regroupant des sionistes modérés] l’avait vu venir il y a deux ans – Dans notre équipe, nous sommes maries à des non Juifs et certains ont des seders bouddhistes, avait dit Jeremy Ben-Ami. Cette prise de conscience s’étend maintenant dans la communauté juive au sens large. Nous sommes des intégrateurs, nous apprécions notre privilège dans la société américaine et nous comprenons qu’il comporte des obligations. Et la rage des néoconservateurs après la déclaration de Leon Panetta est simplement le reflet de l’isolement croissant des néoconservateurs. Norman Finkelstein le dit depuis des mois maintenant : les Juifs Américains sont libéraux, leur route les éloignera d’Israël pour cause de différences profondes. Donna Nevel l’a dit aussi : les Juifs Américains croient en la justice sociale.

Il y a quelques années, Walt et Mearsheimer avaient évoqué les risques graves posés par le lobby israélien à la présence juive aux Etats Unis. Les néoconservateurs les avaient diffamés en les taxant d’antisémites, comme ils diffament Howard Gutman en ce moment. Mais gardez courage M. Gutman, le point de vue de Walt et Mearsheimer est aujourd’hui des plus communs et il a de nombreux échos au cœur de la vie juive. David Remnick se dresse pour dire que la communauté juive américaine ne sera plus longtemps la vache à lait d’un Israël de droite : « Désolé, ça ne peut pas marcher comme ça. La communauté juive n’est pas qu’un bon petit déjeuner au Regency.» Tom Friedman affirme qu’Obama est pris en «otage» par le puissant lobby israélien. Le rédacteur en chef de Haaretz, Amos Schoken affirme que le « lobby juif » aux Etats Unis est pour l’apartheid. A l’assemblée générale des Jewish Federations à Denver, une femme d’Encounter a reconnu que toute l’histoire pro-Israël qu’on a fait gober aux enfants n’était que de la «masturbation intellectuelle.»

L’article de Ben Smith dans Politico d’aujourd’hui, «Une fissure avec Israël dans les rangs du parti démocrate,» est l’annonce que ces bouleversements atteignent maintenant la classe politique. La communauté juive, qui est l’épine dorsale du parti Démocrate, est en train de se diviser sur le soutien à Israël, et la campagne pour l’élection présidentielle cette année fera à la fin émerger cette question dans le champ de bataille politique, avec des Juifs dans deux camps sur ce sujet, et avec les non Juifs invités à dire ce qu’ils pensent.

Et les meilleurs parmi les Américains s’exprimeront en faveur des droits des Palestiniens. Quand Jews Say No ! s’est exprimé contre la tuerie de Gaza qui a massacré 400 enfants innocents en 22 jours d’efficacité meurtrière ; quand Jewish Voice for Peace a soutenu le boycott, ils l’ont fait en tant que membres d’une communauté juive qui participe ouvertement à une société plurielle.

Hannah Arendt l’avait prédit il y a 60 ans, quand elle avait écrit qu’en commençant son existence par la violence, Israël était sur une voie qui l’amènerait à devenir une petite tribu guerrière comme Sparte :

“Leurs relations avec la communauté juive dans le monde deviendront problématiques, dans la mesure où leurs intérêts en matière de défense pourraient à tout moment être en conflit avec ceux d’autres pays où de nombreux Juifs vivaient. Les Juifs de Palestine [les sionistes, NdT] pourraient finir par se couper eux-mêmes du plus large corps de la communauté juive mondiale et son isolement pourrait aboutir à un peuple entièrement nouveau. »

Cette séparation s’est désormais produite. Parce que, soucieux de la vie juive en tant que partie intégrante de la société occidentale, nous sommes de plus en plus nombreux à avoir besoin de nous séparer d’un ethos de séparation. Nous l’avons compris, Israël n’et pas bon pour les Juifs.

Lumière crue sur l’occupation


lundi 05 décembre 2011, 11:38

Montrer la réalité de l’occupation : telle est la mission que se sont assignée les membres d’une organisation israélienne fondée en 2004, « Breaking the Silence » (Briser le silence).

Lumière crue sur l'occupation

Des gens compétents : tous sont d’anciens soldats ou gradés de l’armée israélienne qui ont peu ou prou participé à l’occupation des territoires palestiniens. Les Halles de Schaerbeek accueillent actuellement ce collectif (1). « Quand j’étais à Hébron avec mon unité pour protéger les colons juifs installés au centre de la ville, j’avais intégré la perspective militaire de la mission que je devais remplir, je trouvais cela normal. Après mon service, j’ai commencé à réfléchir, à rencontrer d’autres ex-soldats et j’ai compris que ces irruptions dans les maisons palestiniennes pour des fouilles au milieu de la nuit, ces hommes qu’on oblige à rester des heures les mains attachés, la terreur qu’on inspire aux enfants, les couvre-feu, etc., toutes ces humilitations, ces atteintes à la dignité des personnes bafouaient les valeurs promues dans notre société. » L’homme qui nous parle s’appelle Simcha Levental. Il est l’un des deux ex-soldats présents aux Halles pour expliquer le sens des photographies exposées (il s’exprime en anglais mais les visiteurs peuvent disposer d’un interprète). Elevé dans un milieu ultra-ortodoxe qu’il a quitté, Simcha Levental, 29 ans, garde un souvenir amer de son service militaire. « Les soldats sont là pour servir l’occupation. Vous savez, il y a deux lois à Hébron : israélienne pour les colons et militaire pour les Palestiniens. Ceux-ci sont réduits à l’état d’objets dont les soldats font ce qu’ils veulent. En revanche, j’ai vu un jour un colon ouvrir le feu à l’aveugle dans un village palestinien, il s’en est tiré avec une engueulade de l’armée ! ». L’exposition permet aussi de visionner plusieurs vidéos, dont une en provenance de l’armée, qui montre des exactions contre des civils palestiniens à un barrage militaire. Mais la partie sans doute la plus éprouvante se tient en marge de l’exposition. Il s’agit d’une « installation vidéo » que l’on doit au cinéaste Avi Mograbi, où le spectateur est cerné par huit écrans qui diffusent en même temps des extraits (ou rushes) de films du réalisateur israélien sur le sujet de l’occupation. Le son, fort, et les images, qui se bousculent, transforment l’exercice en une véritable épreuve dont on ne sort pas indemne.

BAUDOUIN LOOS

http://www.lesoir.be/culture/arts_plastiques/2011-12-05/lumiere-crue-sur-l-occupation-881514.php

(1) L’exposition se tient aux Halles de Schaerbeek, rue Royale Sainte-Marie 22A jusqu’au 17 décembre sauf le lundi (de 13 à 18 heures). Toute cette semaine à partir de ce mardi 6 décembre, des événements auront lieu en soirée (et une table ronde samedi matin) : théâtre, film, documentaire sonore et conférence, en lien avec l’exposition, permettront des rencontres avec entre autres les réalisateurs Avi Mograbi et Simone Bitton, et la journaliste Amira Hass (Haaretz). Informations : www.halles.be.

Trois réponses aux textes de la Journaliste Marie-Cécile Royen,


Le Vif l’Express du 2 au 8 décembre 2011.
Trois réponses aux textes de la Journaliste Marie-Cécile Royen,
“Pourquoi les Juifs de Belgique ont peur” et “Camille, sale juive”


Madame,

Toute forme de racisme doit bien entendu être sanctionnée.
Le racisme est un poison, l’expression de la plus grande bêtise humaine.
Ceci dit, le titre de votre magazine me paraît déjà suspect.
A moins que, lors des prochaines parutions, vous vous posiez les mêmes questions au sujet des Arabes, des Africains, des Turcs, des Roms… de Belgique qui, selon moi, ont plus de raisons de se plaindre de racisme et de ségrégation!
Vous n’êtes certainement pas sans savoir que beaucoup d’enfants d’origine maghrébine ou turque sont refusés d’inscription dans certaines établissements “dits huppés” de la capitale (cf les difficultés pour appliquer la réforme d’inscription voulue par la Ministre de l’enseignement).
Des Africains se voient refuser la location de certains appartements. Des Belges bien blancs refusent de se faire soigner par des infirmières noires, etc.
Pourquoi n’avez-vous pas consacré votre magazine au racisme, en général?
Ou, à tout le moins, pourquoi n’avez-vous pas établi plusieurs graphiques comparatifs, en fonction des catégories culturelles/religieuses en Belgique? (suivant les régions).

Je voudrais ajouter ceci: il suffit d’aller consulter des sites “juifs” ou d’écouter Radio Judaïca pour réaliser à quel point certains juifs sont eux aussi racistes et surtout négationnistes vis-à-vis des arabes et des Palestiniens en particulier.  “Les Palestiniens n’ont aucun droit, n’ont jamais occupé cette terre, sont des terroristes… Les Gazaouis n’ont aucune raison de se plaindre...”, propos tenus et ressassés par le gouvernement israélien. Si les chaînes satellitaires que vous citez, notamment Al Manar tiennent des propos racistes ( je ne  les connais que de nom), elles n’en ont pas le monopole. Radio Judaïca, qui elle, est une radio belge, est une radio de pure propagande qui distille en permanence son venin à l’adresse des Palestiniens et des mensonges éhontés.

Votre dossier d’autre part est émaillé de nombreuses contrevérités, approximations ou erreurs qui entretiennent “volontairement?” la confusion  d’un lecteur non averti.  Le ton et les termes (souvent mensongers) ne sont pas innocents. Ce n’est intellectuellement pas honnête de recourir à de tels procédés pour une journaliste.

Un exemple:
“La critique  obsessionnelle de l’Etat d’Israël par une certaine droite déjantée!, une partie de la gauche tiers-mondiste! et l’extrême gauche stalinienne! offrent une caution intellectuelle à certains débordements”. Etc etc etc

La critique de l’Etat d’Israël n’est pas obsessionnelle mais est justifiée par des faits avérés.

Israël est un Etat raciste qui pratique l’apartheid (contrairement à ce que vous affirmez: … Cela n’empêche pas une nuée d’ONG et d’ASBL – de prôner le boycott à l’égard des produit d’Israël, comme si ce pays entretenait un régime d’apartheid). Cf les conclusions du Tribunal Russell, suite aux constatations sur le terrain.
Des milliers de citoyens à travers le monde (ne faisant pas nécessairement partie des catégories idéologiques citées) manifestent contre cette politique d’apartheid et encouragent la campagne BDS parce que les femmes et les hommes politiques de notre pays et l’UE  ne prennent aucune sanction vis-à-vis des violations systématiques des Droits de l’Homme à l’égard des Palestiniens et de la non observance du Droit International.

La campagne BDS s’arrêtera lorsque Israël appliquera le Droit International. Elle ne vise pas une population; elle vise la politique d’un Etat; adhérer à cette campagne ne peut donc être assimilé à de l’antisémitisme!L’antisémitisme  que vous dénoncez ne doit pas constituer une arme pour occulter une politique colonialiste inacceptable.
Dans le même ordre d’idées, il est ODIEUXd’instrumentaliser la “Shoah” et donc ses victimes. Cette horreur que fut la “Shoah” permettrait donc à Israël  de continuer à être au-dessus des lois?Pourquoi des Belges de confession juive, qui dénoncent le racisme, soutiennent-ils(elles) un Etat raciste?
La vraie responsabilité revient à l’Etat d’Israël qui se veut être “l’Etat de tous les Juifs” (oubliant bien sûr les 20 % d’Israéliens arabes).

A quand l’Italie, l’Etat de tous les Chrétiens et dehors ceux qui ne le sont pas…?

L’Etat d’Israël voudrait en fait pouvoir continuer sa politique colonialiste raciste sans la moindre entrave.
“Les lois qui nous sont favorables doivent être appliquées.  Les autres bien entendu ne nous concernent pas. Si vous critiquez notre politique raciste, vous êtes antisémite!”

La lecture de votre dossier donne entièrement raison à ce constat.

Après lecture de ce  courriel, vous me taxerez donc, probablement,  d’antisémite.Bien à vous,Mireille Péromet
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Michel Staszewski 
A propos  de votre dossier « Pourquoi les Juifs de Belgique ont peur »Je suis, juif, professeur d’histoire dans une école secondaire d’un quartier populaire de Bruxelles où, parmi une population scolaire très multiculturelle, les élèves d’origine arabo-musulmane sont les plus nombreux. A l’occasion de cours concernant le nazisme et la Seconde Guerre mondiale, une minorité d’élèves (qui ne sont pas tous d’origine arabe ou musulmane) émettent des propos qui trahissent leurs préjugés à l’encontre des juifs : ils seraient riches et contrôleraient secrètement le monde.
A l’examen, il apparaît que ces mêmes élèves croient aussi souvent que les juifs de Belgique sont titulaires d’une double nationalité : la belge et l’israélienne.  Le problème est que l’Etat d’Israël et ceux qui soutiennent la politique de ses dirigeants font tout pour entretenir la confusion :  Israël est présenté comme « l’Etat des Juifs » et le sionisme, idéologie officielle de cet Etat (curieux pour un Etat qui se dit démocratique),  comme le « mouvement de libération nationale du peuple juif ». Le comble de la confusion est atteint quand l’« Observatoire européen de l’antisémitisme et de la xénophobie » définit comme antisémite l’affirmation que l’Etat d’Israël a un caractère raciste.
Tout juif que je suis, je refuse pour ma part de fermer les yeux sur le racisme d’Etat qui règne en Israël, non seulement dans les territoires que cet Etat occupe et colonise depuis des dizaines d’années mais également dans l’Etat d’Israël lui-même, où les habitants palestiniens, qu’ils bénéficient ou non de la citoyenneté israélienne sont continuellement et gravement discriminés. La troisième session du Tribunal Russel sur la Palestine, réunie récemment en Afrique du Sud, a clairement établi que l’Etat d’Israël se rend coupable du crime d’apartheid. Quand donc Le Vif fera-t-il savoir à ses lecteurs que tous les juifs de Belgique ne sont pas sionistes et ne pensent pas comme Vivianne Teitelbaum que tous les antisionistes sont forcément des antisémites ?

Michel Staszewski

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Objet : Journalisme & Ethique?

Date : samedi 3 décembre 2011 18:08

De : Rudi Barnet

À : Marie-Cécile ROYEN

Madame

Je découvre vos articles “Pourquoi les Juifs ont peur” et “Camille, “sale juive” (Le Vif du 2/12 2011).

Triste, affligeant!

Comme tout citoyen respectueux de ses semblables, je déplore ce qui est arrivé aux petites Océane et Camille… Comme sont déplorables les insultes que subissent quotidiennement les petites Fadila, Arthur ou Chang (“Sale Marocaine” “Sale Belge” ou “Sale Chinois”).

Le racisme est une honte!…Toute forme de racisme!

Mais il est pervers d’épingler, comme vous le faites, le cas de ces deux jeunes filles, écartant ainsi celui de ces centaines, voire des milliers, de citoyens qui sont injuriés chaque jour dans les rues de Bruxelles.

C’est le racisme qu’il faut épingler… Et la Communauté juive de Belgique n’est certainement pas la plus touchée par ce fléau.

A quand un dossier aussi important sur la peur des  autres communautés religieuses et/ou culturelles?

Visiblement, faisant fi de l’éthique journalistique, vous vous êtes muée en militante des positions du CCOJB… cette officine du régime israélien qui prétend fallacieusement représenter la Communauté juive de notre pays et qui tente en permanence d’amalgamer religion juive et politique israélienne.

En mêlant constamment la défense de leur communauté avec celle d’un régime criminel, ces gens tentent de manipuler l’opinion et portent une lourde responsabilité dans le développement des conflits inter-religieux en Belgique… Vous et votre hebdomadaire êtes complices de cette opération de propagande orchestrée par le gouvernement israélien actuel.

En avez-vous conscience?

Il suffit d’être un démocrate attaché aux Droits de l’Homme – ce que je suis – pour condamner le régime des Lieberman, Barak et consorts, et ne jamais, en même temps, accepter un quelconque propos raciste… Tel, simple exemple, celui de Mr Rubinfeld déclarant sur “Radio Judaïca”, au moment de “Plomb Durci” : “Ceux qui sont contre Israël sont des animaux, des chiens enragés, des hyènes ! » (sic).

Comme vous voyez, le racisme n’est pas toujours là où on le croit.

N’ayant guère d’espoir de vous voir prendre la peine de vous informer sur les tenants et aboutissants du drame palestinien, je me contenterai de vous joindre deux courts textes (pas le moindre antisémitisme là-dedans) : “La Dernière Colonie de Peuplement” et “Pense-bête à l’intention du journaliste chargé du Moyen-Orient”.. En espérant, quand même, qu’ils vous seront utiles.

Rudi Barnet

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Tunisie: réunion de l’Assemblée constituante, la rue réclame des actes


TUNIS | L’Assemblée constituante tunisienne s’est réunie en plénière mardi pour examiner un projet d’organisation des pouvoirs publics, dont l’adoption permettra la formation d’un exécutif, une « urgence » selon plusieurs députés qui ont pointé l’aggravation de la situation dans le pays.
AFP | 06.12.2011 | 12:40

L’Assemblée constituante tunisienne devait examiner mardi un projet de « mini-constitution » permettant la formation d’un gouvernement, une « urgence absolue » selon plusieurs élus qui ont souligné la situation explosive dans la rue.

Les 217 députés doivent examiner un texte de 26 articles sur l’organisation des pouvoirs publics qui permettra le démarrage effectif des institutions de l’Etat, un mois et demi après les élections du 23 octobre, et alors que la situation économique et sociale se dégrade de jour en jour.

Mais plus d’une heure après le début de la séance, l’examen du texte n’avait pas encore commencé.

A l’extérieur, quelque 300 personnes manifestaient dans le calme en scandant notamment les slogans de la révolution tunisienne: « Liberté et dignité ». Plusieurs élus se sont dits conscients de « l’urgence ».

« Le peuple en a marre d’attendre! Commençons à travailler, assez d’atermoiements », a lancé un député du parti islamiste Ennahda, Amar Larayedh, peu après le début de la séance.

La chef du Parti démocrate progressiste (PDP), opposition, Maya Jribi, a quant à elle mis en garde contre « les risques d’explosion sociale et la détérioration de la situation sécuritaire dans le pays ».

Sit-in, grèves et éruptions de violences se multiplient en Tunisie, où tous les indicateurs sont au rouge: croissance nulle voire négative en 2011, et un taux de chômage qui dépassera les 18%, selon le gouverneur de la Banque Centrale tunisienne Mustapha Kamel Nabli.

Le tout sur fond de vacance du pouvoir.

« Entre un gouvernement démissionnaire et un gouvernement qui n’est pas encore formé, qui gère le pays ? », s’est interrogé un élu d’Ennahda, Abdelkarim Harouni. Le gouvernement sortant de Béji Caïd Essebsi, formé fin février dans le sillage de la chute du régime de Ben Ali le 14 janvier, n’est plus qu’en charge des affaires courantes.

L’élection du président de la République et la formation d’un gouvernement ne pourront intervenir qu’après l’adoption du texte sur l’organisation des pouvoirs publics, qui définit notamment les prérogatives de chacun.

Laborieusement élaboré en commission, le projet a fait l’objet d’âpres discussions pendant quinze jours, particulièrement entre les trois vainqueurs du scrutin, les islamistes d’Ennahda et les deux partis de gauche CPR (Congrès pour la République) et Ettakatol.

La présidence doit normalement revenir à Moncef Marzouki, dirigeant du CPR, et le gouvernement à Hamadi Jebali, numéro 2 d’Ennahda. Mais au vu de la tournure des débats, la formation d’un exécutif pourrait encore prendre plusieurs jours.

« Nous sommes fatigués d’attendre. A la limite on s’en fout de qui sera au gouvernement. Qu’ils se partagent le gâteau, nous on veut du travail! » a déclaré à l’AFP Nizar Jeridi, un chômeur de 23 ans.

Venu du bassin minier, une région déshéritée du centre en proie à de régulières éruptions de violence, il campe avec plusieurs autres chômeurs depuis près d’une semaine devant l’Assemblée. Ils resteront « jusqu’à la formation d’un gouvernement qui puisse prendre des décisions urgentes », a affirmé un autre chômeur Ali Jedlaoui.

« Nous sommes conscients de l’urgence de la situation, et de la tension dans la rue et le pays. Il faut donner un coup de fouet au processus », a déclaré à l’AFP le porte-parole du CPR Abdelawab Matar, peu avant l’ouverture de la séance.

Mais en fin de matinée, la séance a été suspendue et la reprise des travaux était prévue à 16H00 (15H00 GMT).

source

Egypte: fin de la première phase des législatives, amertume de ElBaradei


La première phase des élections législatives égyptiennes se termine mardi après une large victoire des islamistes au premier tour, qui ont écrasé le camp libéral dix mois après la chute du président Hosni Moubarak. ( © AFP Odd Andersen)

LE CAIRE (AFP)

Les bureaux de vote, ouverts depuis lundi matin, doivent fermer à 19H00 locales (17H00 GMT), mais les électeurs étaient nettement moins nombreux à se rendre aux urnes que lors du premier tour la semaine dernière.

Cette première phase du vote concernait le tiers des gouvernorats du pays, dont les deux plus grandes villes d’Egypte, Le Caire et Alexandrie.

Une des figures de proue du camp libéral, Mohamed ElBaradei, a pris acte sur un ton amer de la défaite de cette mouvance, pourtant en pointe lors de la révolte contre le régime Moubarak du début de l’année.

« Laissez (les islamistes) gouverner et qu’ils aient leurs chances, les gens découvriront que les slogans ne suffisent pas », a-t-il affirmé au quotidien indépendant Al Chourouq.

Les Frères musulmans, les fondamentalistes salafistes et la formation Wassat (islamistes modérés), ont obtenu au total 65% des voix au premier tour de ces législatives, dont le second tour se tenait lundi et mardi pour un tiers des gouvernorats d’Egypte.

L’ensemble des libéraux atteignent 29,3%, mais, répartis sur six listes, ils ne présentent pas une force homogène, et une grande partie des duels du second tour se jouent entre candidats islamistes.

M. ElBaradei, ancien chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et prix Nobel de la Paix à ce titre s’en est aussi pris violemment à l’armée au pouvoir, soulignant l' »échec » des militaires à gérer le pays.

« Nous vivons aujourd’hui dans un système fasciste avec des tribunaux militaires et la loi d’urgence, et s’il y avait un autre round de la révolution, elle sera chargée de colère et de violence », a-t-il déclaré.

« La situation va de mal en pis après l’échec du Conseil militaire dans la gestion de la période de transition », a poursuivi M. ElBaradei, estimant que les jeunes Egyptiens, moteur du soulèvement du début d’année, « sont complètement désabusés car rien n’a changé ».

L’ex-secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, qui affiche lui aussi ses ambitions pour la présidence en Egypte, a invité les islamistes du monde arabe à respecter les principes de la modernité et de la démocratie.

« Ceux qui ont été élus doivent comprendre qu’ils doivent vivre avec leur siècle », a-t-il déclaré lors d’une conférence à Dubaï.

Il a toutefois ajouté que les succès électoraux remportés par des islamistes en Tunisie ou en Egypte étaient la conséquence normale du jeu démocratique. « Nous ne pouvons pas parler de démocratie, puis en contester les conséquences. La démocratie, c’est ce que veut le peuple », a-t-il dit.

Les Frères musulmans, dont le parti Liberté et Justice (PLJ) est crédité de 36% des voix au premier tour, ont quand à eux mis en garde contre tout « trucage » du scrutin.

« Nous descendrons dans la rue s’il y a trucage (dans les résultats) des élections ou manipulation de la Constitution », a affirmé le guide de la confrérie Mohamed Badei dans une interview télévisée.

M. Badei a réaffirmé que les Frères « ne voulaient pas le monopole du pouvoir » mais qu’ils privilégiaient la « participation ».

La confrérie avait déjà affirmé qu’elle souhaitait un futur gouvernement de coalition, sans révéler si elle allait s’allier aux salafistes, qui la talonnent dans les résultats électoraux avec 24% des voix, ou à leurs rivaux libéraux.

La commission électorale, qui avait annoncé un taux de participation « historique » de 62% au premier tour, a ramené lundi ce chiffre à 52%, en invoquant des raisons techniques.

Après les neuf gouvernorats qui ont déjà voté pour leurs députés, les autres régions se rendront aux urnes à partir de la semaine prochaine jusqu’au 11 janvier.

Cette élection est la première depuis la démission de M. Moubarak et se poursuivra ensuite jusqu’en mars pour l’élection de la Choura (chambre haute consultative).

© 2011 AFP

Un antisémitisme sans Juifs, ni antisémites (c’est possible)


José Apezarena est un journaliste bien connu en Espagne. C’est un spécialiste de la famille royale espagnole mais son travail ne permet pas de le comparer à un Stéphane Bern espagnol car, sauf le respect que je dois à S. Bern, M. Apezarena est avant tout un professionnel du journalisme comme on peut le constater sur la page Wikipedia qui lui est consacré.

José Apezarena anime un blog dans lequel il attire à juste titre notre attention sur une démarche caractéristique des sionistes quand ils veulent asseoir leur emprise sur les élites d’une nation.

L’antisémitisme dans une Espagne sans Juifs ni antisémites

Par José Apezarena, El Confidencial (Espagne) 29 novembre 2011 traduit de l’espagnol par Djazaïri

La vérité, c’est que quand j’ai lu l’invitation, j’en suis resté pantois.

Il s’avère que demain, se tiendra à Madrid un séminaire da caractère international sur l’antisémitisme, et que c’est la quatrième fois qu’il est organisé.

Il est sous le patronage des communautés juives d’Espagne et il s’ajoute ainsi aux efforts d’organismes européens pour parler d’un phénomène qui, à ce qu’il semble, n’est pas éradiqué.

Ce qui m’a étonné, c’est que pour ce que j’en sais, l’Espagne est un cas particulier d’antisémitisme.

Selon la fédération [juive], les Juifs représentent 0,1 % de la population, les niveaux d’antisémitisme sont, d’après des études sociologiques, parmi les plus élevés d’Europe, mais la majorité des dirigeants et des communicateurs considèrent qu’il n’y a pas de préjugé anti-juif [en Espagne].

Nous pouvons donc conclure qu’on aurait en Espagne un antisémitisme (presque) sans Juifs et sans antisémites. Un paradoxe, pour le moins.

Par conséquent, l’objectif de ce séminaire est de retourner l’invisibilité et la négation du problème [c.à.d. de créer le problème, note de Djazaïri] de l’antisémitisme en Espagne. A voir comment ils vont faire.

La large victoire des islamistes confirmée en Égypte


Le Point.fr – Publié le 04/12/2011 à 11:56 – Modifié le 04/12/2011 à 12:08

Selon les résultats officiels du premier tour des législatives, les partis religieux auraient remporté 65 % des voix.

Les islamistes sont d'ores et déjà les grands gagnants des premières élections post-Moubarak en Égypte. Les islamistes sont d’ores et déjà les grands gagnants des premières élections post-Moubarak en Égypte. © Ahmad Radi / Landov/Maxppp

Les listes des partis islamistes, dont les Frères musulmans, ont remporté plus de 65 % des voix au premier tour des législatives en Égypte, selon des chiffres fournis par Youssri Abdel Karim, secrétaire général de la Haute Commission électorale. Les listes de l’influente confrérie, du parti salafiste Al-Nour et du parti Wassat (islamistes modérés) ont remporté 65,25 % des voix pour cette première phase des législatives marquant la rupture avec l’ère Moubarak, selon ces données officielles.

Les Frères musulmans ont remporté 36,62 % (3,5 millions de voix), Al-Nour 24,36 % (2,3 millions) et le Wassat 4,27 % (environ 416 000 voix) lors de ce premier tour organisé dans un tiers des gouvernorats, notamment les deux plus grandes villes, Le Caire et Alexandrie. Youssri Abdel Karim a précisé que la Haute Commission électorale n’annoncerait le nombre de sièges attribués à chaque liste qu’après la fin, le 10 janvier, des élections de l’Assemblée du peuple (chambre des députés) dans tous les gouvernorats.

Le cycle électoral se poursuivra du 29 janvier au 11 mars avec l’élection de la Choura (chambre haute consultative). Au deuxième tour, qui commence lundi, ces mouvements islamistes tenteront d’améliorer encore leur score pour confirmer leur domination du futur Parlement. Mais une rude bataille est attendue au sein même de ce camp, avec un duel notamment entre les candidats des Frères musulmans et d’Al-Nour pour une partie des sièges attribués au scrutin uninominal.

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