Le Mossad israélien est bien l’auteur de l’assassinat d’un scientifique nucléaire iranien.


lundi 16 janvier 2012, par La Rédaction

Le Mossad israélien est bien l’auteur de l’assassinat d’un scientifique nucléaire iranien. C’est en tout cas ce qu’affirme le Sunday Times, qui cite une source des services secrets israéliens. D’après le quotidien britannique, l’État hébreu serait également derrière les attaques menées ces deux dernières années contre cinq autres scientifiques iraniens, dont trois ont perdu la vie. Le récit de la dernière opération est digne d’un vrai film d’espionnage.

Il est huit heures, mardi dernier, lorsque les agents du Mossad, qui surveillent les allées et venues du scientifique depuis une maison à proximité, apprennent que celui-ci s’apprête à quitter son domicile en voiture. Or, les agents israéliens, qui espionnent par ailleurs les communications des forces de sécurité iraniennes, constatent également une activité anormale aux alentours du QG des services secrets iraniens, situé au centre-ville : un nombre non négligeable de voitures et d’individus sortent de l’édifice en courant. La police se précipite vers les rues avoisinantes. Le plan israélien a-t-il été démasqué ? Si les agents sont confondus, ils sont morts.

« Go ! » lance sans hésiter le commandant de l’opération à ses agents, qui se tenaient prêts dans un garage. La moto quitte immédiatement sa cachette, et se faufile à travers les rues embouteillées de Téhéran. À 8 h 20, elle prend en filature la Peugeot 405 du scientifique, conduite par son garde du corps. Le visage camouflé par un masque antipollution, le passager de la moto prend le soin de vérifier que Mostafa Ahmadi Roshan est bien assis à droite du véhicule avant d’y attacher la bombe magnétique. La moto accélère. Neuf secondes plus tard, la bombe explose. Le scientifique meurt sur le coup. Grièvement blessé, son garde du corps décédera à l’hôpital.

Mostafa Ahmadi Roshan, ingénieur en chimie de 32 ans, était l’un des jeunes scientifiques en charge du programme nucléaire iranien. S’il était loin d’être le plus brillant d’entre eux, ce père d’un enfant avait la confiance du régime islamique, car il venait d’une famille religieuse et qu’il était membre des Basiji, milice de jeunes volontaires contrôlée par l’armée idéologique du régime, les Gardiens de la révolution.

Selon la source israélienne, citée par le Sunday Times, les assassinats sont les signes précurseurs, et pas une alternative, à une frappe militaire contre l’Iran, afin de rendre difficile la reconstruction des sites nucléaires s’ils sont bombardés. Sur ce sujet, l’omerta règne dans la classe politique israélienne. Seule exception : le brigadier général Yoav Mordechai, porte-parole de Tsahal, a écrit sur sa page Facebook qu’il ignorait l’identité des assassins du scientifique, mais qu’il ne « verserait pas la moindre larme pour lui ».

Une réaction qui tranche avec celle de l’autre pays accusé par Téhéran, les États-Unis, qui, dans un discours d’une force inhabituelle, ont formellement démenti toute implication dans l’attaque. « Les États-Unis n’ont absolument rien à voir là-dedans », a dit Tommy Vietor, porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC), le cabinet de politique étrangère du président Barack Obama. « Nous condamnons avec force tous les actes de violence, dont les actes de violence comme ceux-ci », a-t-il dit.

Washington peine en effet à masquer ces derniers jours son exaspération vis-à-vis des actions unilatérales entreprises par l’État hébreu. D’autant plus que les États-Unis ont découvert en 2007-2008 qu’Israël avait recruté des militants de Jundallah, une organisation sunnite pakistanaise qui commet des attentats en Iran en se faisant passer pour des agents américains de la CIA, comme le relève le magazine américain Foreign Policy.

Ainsi, le gouvernement américain s’inquiéterait de la préparation par Israël, malgré ses objections, d’une action militaire contre l’Iran. Washington ayant retiré ses soldats d’Irak, Tel-Aviv n’a désormais plus besoin de l’aval américain pour survoler le ciel irakien avant de frapper les installations nucléaires iraniennes.

Selon le Wall Street Journal, le président Barack Obama, le secrétaire à la Défense Leon Panetta et d’autres responsables de haut rang ont ainsi fait passer dernièrement une série de messages privés aux Israéliens pour les mettre en garde contre les conséquences d’une telle attaque. En outre, Washington a mis en place un plan d’urgence pour préserver ses établissements dans la région, notamment son ambassade à Bagdad. Et l’inquiétude américaine n’a fait qu’augmenter après la nouvelle de l’assassinat de Mostafa Ahmadi Roshan.

Dès le lendemain de l’attaque, Barack Obama a appelé le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, officiellement pour lui rappeler « le soutien indéfectible des États-Unis à la sécurité d’Israël ». Pourtant, les deux pays ont annoncé dimanche le report de Austere Challenge 12, un exercice militaire conjoint important, prévu au printemps, officiellement pour des raisons budgétaires. Le même jour, le vice-Premier ministre israélien, Moshe Yaalon, a fait part de sa « déception » face aux « hésitations » de l’administration Obama sur un durcissement des sanctions contre le programme nucléaire iranien.

Également ministre des Affaires stratégiques, le responsable israélien a imputé le manque de fermeté du président américain à des considérations électorales à dix mois du scrutin présidentiel aux États-Unis. Des déclarations pour le moins étonnantes, le président américain s’étant montré particulièrement dur ces derniers temps dans le dossier nucléaire iranien, notamment pour satisfaire l’électorat juif, mais surtout républicain évangélique, en prévision des élections.

(16 janvier 2012 – Par Armin Arefi)

La mort de Jacquier était un « crime d’État »


16/01/2012

Un journaliste suisse, témoin de la mort de Gilles Jacquier en Syrie, a donné hier sa version des circonstances du drame qui a coûté la vie au grand reporter de France 2.
« Je dirais même qu’il s’agit d’un crime d’État. Avec du recul, on se pose beaucoup de questions », a indiqué le journaliste Sid Ahmed Hammouche, témoignant de ce qu’il a vu dans les colonnes du quotidien suisse La Liberté pour lequel il travaille. M. Hammouche se trouvait dans le même convoi qui amenait mercredi à Homs plusieurs journalistes, dont le reporter de France 2. Ce dernier a été tué lors de la chute d’un obus de mortier sur le groupe de reporters, lors d’un voyage encadré par les autorités syriennes.

« Dès l’arrivée à l’hôtel, j’ai senti une bizarre atmosphère chez les militaires qui nous attendaient », raconte le journaliste suisse, qui a atterri dans la nuit de vendredi à samedi au Bourget dans l’avion qui ramenait la dépouille mortelle du journaliste français. « Nous sommes partis vers Homs avec les militaires devant. Les journalistes étaient au milieu et derrière, à nouveau, l’escorte. À un grand rond-point, les militaires se sont arrêtés. Il y avait des gens qui ont invité les journalistes à sortir des voitures. Ils disaient subir le terrorisme et les obus ou tirs de roquette », poursuit-il. Lorsqu’un premier obus explose, « des gens crient de sortir des voitures et de nous diriger vers l’impact », se rappelle M. Hammouche. À la deuxième explosion, « les militaires se retirent et nous laissent seuls » et « ils nous incitent à aller vers l’impact ».

Après une trentaine de minutes et quatre tirs, « les taxis et les ambulances évacuent les blessés » et « la circulation est rapidement rétablie », ce qui étonne le journaliste suisse, disant ressentir « quelque chose de malsain ». C’est alors qu’il apprend par un autre journaliste que le reporter de France 2 a été tué.
À l’hôpital de Homs, M. Hammouche s’étonne de voir la télévision d’État syrienne. Il les empêche de filmer le corps de Gilles Jacquier, car, selon lui, ils sont « là pour instrumentaliser la mort de Jacquier ».
Gilles Jacquier, grand reporter, est le premier journaliste occidental tué en Syrie depuis le début de la révolte populaire contre le régime du président Bachar el-Assad il y a dix mois. Les autorités syriennes ont annoncé jeudi la création d’une commission d’enquête sur les circonstances de la mort du journaliste français, tandis que la justice française a ouvert vendredi une enquête sur la mort de Gilles Jacquier.
(Source : AFP)

“Bienvenue en Palestine” Plainte contre Israel


Madame Monsieur,
Plainte contre Israel
 
Le 8 juillet 2011 débutait la mission internationale et citoyenne “Bienvenue en Palestine”.

 

Cette mission regroupant des centaines de ressortissants de tous pays du globe, avait pour objectif  de se rendre en Palestine (et plus particulièrement à Bethléem en Cisjordanie), du 8 au 16 juillet 2011, afin de dénoncer le blocus de la Cisjordanie par l’armée d’occupation israélienne, et d’ainsi soutenir pacifiquement le peuple palestinien persécuté, en participant, aux côtés d’associations palestiniennes, à une série d’activités culturelles organisées par celles-ci.

Les participants de la mission « Bienvenue en Palestine » furent contraints, pour se rendre en Cisjordanie, de transiter par l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv. Une fois à l’aéroport, ils ont déclaré aux services de l’immigration qu’ils comptaient se rendre en Cisjordanie, ce qui n’a évidemment rien de répréhensible. Pourtant, ils furent littéralement pris d’assaut et encerclés par plusieurs dizaines d’agents de  sécurité de l’aéroport, de policiers et de militaires israéliens, munis d’armes de guerre.

Malgré le pacifisme et la bonne volonté de ces citoyens, des dizaines d’entre eux furent bloqués à l’aéroport, ensuite transportés dans des conditions déplorables (fourgons à bestiaux), avant d’être détenus sans aucune raison ni aucune charge. En tout, une centaine de personnes furent mises derrière les barreaux de prisons israéliennes, parmi lesquelles pas moins de soixante Belges  
Durant plusieurs jours, ils ont été humiliés, menacés, frappés pour certains d’entre eux, privés de nourriture, d’eau potable, de médicaments,…

D’où la volonté d’un certain nombre de citoyens belges de porter plainte contre ces agissements.

C’est ainsi que le 9 janvier 2012, s’est tenu un entretien avec le Procureur fédéral-adjoint Philippe MEIRE, lequel est le Procureur dirigeant la section « compétence universelle » du Parquet fédéral. A l’occasion de cet entretien, auquel assistait une participante à la mission « Bienvenue en Palestine », fut déposée la plainte contre les dirigeants israéliens. L’entretien fut extrêmement cordial et notre impression commune fut que le Procureur fédéral semble réellement prêt à aller au bout des choses.

Par ailleurs, nous comptons déposer encore d’autres plaintes (éventuellement sur d’autres bases juridiques).
Afin d’expliciter notre démarche, une conférence de presse se tiendra le mardi 17 janvier 2012 à 10h30 au local de « ESG »  Rue du Chevreuil, n°4 à 1000 Bruxelles.

 
Je vous prie de croire, Madame/Monsieur en l’assurance de mes sentiments bien dévoués.

Maître Sébastien COURTOY – Maître Stéphanie DUMONT (collaboratrice

Maître Sébastien COURTOY

Avenue du Commandant Lothaire 11

1040 Bruxelles

Fax 02/736.17.20

G.S.M 0477/955082

Nadia.boumazoughe@yahoo.fr

0485549579

Responsable de la mission  pour  Bruxelles

Bienvenuepalestine.com

Aux pro-Palestiniens : la critique d’Israël bientôt interdite en Belgique ?


Bruxelles le 15 janvier 2012

 

Ce 31 décembre 2011, le gouvernement n’a pas prolongé le mandat de Jozef De Witte en tant que directeur du Centre pour l’égalité des chances. C’est ce qu’a confirmé –en primeur- la porte-parole de la ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet à la rédaction de Joods Actueel.

Afin de porter à la connaissance du grand public les enjeux qui entourent la nomination de la nouvelle direction du Centre, nous avons décidé dans l’urgence de porter une contre-candidature à celle de Michael Freilich, seul candidat en lice actuellement.

Afin de vous présenter ce candidat et débattre avec vous de la stratégie à suivre, nous vous invitons à une Assemblée libre ce vendredi 20 janvier 2012 à 19h30, rue du Chevreuil, n°6, 1000 Bruxelles.

Nous ne saurions trop insister sur votre présence étant donné l’importance pour la solidarité palestinienne des enjeux en question.

Souhail CHICHAH

Aziz MADRANE

Nordine SAIDI

Quand les soldats US urinent sur les dépouilles des combattants afghans


Une vidéo montrant des forces américaines en Afghanistan en train d’uriner sur des combattants talibans morts au combat, pourrait retarder les efforts pour l’organisation de pourparlers de paix au moment où l’administration Obama lance une nouvelle série de contacts diplomatiques.

Il n’y a pas à dire, les Marines savent « gagner les coeurs et les esprits »… On attend avec impatience l’explication que va nous fournir Obama…

La vidéo, qui a été postée sur YouTube et d’autres sites Web, montre quatre hommes en uniforme de camouflage des Marines urinant sur trois cadavres. L’un d’eux plaisante : « Bonne journée, mon pote. » Un autre fait une blague obscène.

Ceci est susceptible d’attiser encore plus le déjà solide sentiment anti-américain en Afghanistan, après une décennie de guerre qui a vu tant d’autres cas d’abus, et cela pourrait aussi compliquer les efforts pour la réconciliation alors que les troupes étrangères se retirent progressivement.

L’administration du président américain Barack Obama, espérant pouvoir organiser des pourparlers, lance une nouvelle série de navettes diplomatiques avec un objectif immédiat de boucler un accord avec les Talibans pour que ceux-ci ouvrent une représentation dans l’État du Qatar.

Marc Grossman, représentant spécial d’Obama pour l’Afghanistan et le Pakistan, entame un tour diplomatique ce week-end qui comprend des entretiens avec le président afghan Hamid Karzaï à Kaboul et avec de hauts responsables en Turquie, en Arabie saoudite et dans les Émirats arabes unis.

La vidéo ne va pas aider ses efforts pour renforcer la confiance entre les parties belligérantes.

« Cet acte aura un impact très, très mauvais sur les efforts de paix », a déclaré Arsala Rahmani, le négociateur en chef de Karzaï.

« En voyant de telles pratiques, les Talibans peuvent facilement recruter des jeunes et leur dire que leur pays a été attaqué par des chrétiens et des juifs et qu’ils doivent le défendre », a-t-il dit dans ce qui correspond aux premiers commentaires livrés par un responsable afghan.

Le Corps des Marines des États-Unis a déclaré qu’il allait enquêter. L’ISAF, force internationale d’assistance à la sécurité en Afghanistan, a qualifié les actes montrés dans la vidéo de « hautement répréhensibles » et « dégoûtants ».

« Le comportement décrit dans cette vidéo est répréhensible et n’est pas en harmonie avec les valeurs des forces armées américaines, » a éructé le porte-parole de l’ISAF, le Lieutenant colonel Jimmie Cummings.

« Illégale, contre l’humanité »

La vidéo n’avait pas encore atteint les rues de Kaboul jeudi, mais les Afghans qui avaient déjà visionné la bande ont été horrifiés.

« Selon l’Islam et le droit international, c’est inhumain et c’est interdit », a déclaré Sayed Abdul Samad, un homme âgé avec une longue barbe blanche et un turban blanc.

Le sentiment anti-américain s’est traduit en violences à plusieurs reprises en Afghanistan ces dernières années. Les protestations suite à des informations sur des profanations du livre saint musulman, ont déjà déclenché des émeutes meurtrières à deux reprises.

« Ils ont commis un crime. Nous ne voulons pas d’eux dans notre pays », a déclaré Feda Mohammad, un homme d’âge moyen en jeans, une veste et un chapeau de laine, quand on lui parle de la bande vidéo. « Nous n’aimons pas les étrangers dans notre pays et ils doivent partir. »

Comme plusieurs autres habitants de la ville, Qaisullah, un commerçant de 44 ans, qui vit près de la mosquée Shah-e-dushamshera dans la capitale, a dit que les soldats visibles dans la vidéo devaient être punis.

« Le gouvernement doit discuter avec le gouvernement américain des poursuites contre ces soldats, pour qu’à l’avenir nul ne puisse plus se moquer des Afghans », a-t-il dit.

« Je n’ai pas vu la vidéo mais je dirais que cela va nuire à notre pays et aux pourparlers de paix. Cela commence juste avec des images à la télévision, mais on va se retrouver avec des manifestations partout dans le pays et peut-être dans le monde », a déclaré Qaisullah.

Le bureau de Karzaï a refusé de faire des commentaires et le porte-parole des Talibans n’étaient pas joignable.

Aux États-Unis, deux responsables militaires, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat ont déclaré la vidéo semble être authentique, mais Reuters n’a pas pu encore faire toutes ses vérifications.

L’armée américaine a intenté des poursuites contre les soldats de la 5e brigade Stryker pour le meurtre de civils afghans non armés, alors qu’ils étaient déployés dans la province de Kandahar en 2010.

Au Pentagone, le capitaine John Kirby a déclaré que le ministère de la Défense avait été « profondément troublé » par la vidéo.

Près d’un an d’efforts déployés en arrière-plan par les négociateurs américains semblaient porter leurs premiers fruits alors que les Talibans acceptent des contacts indirects qui pour les responsables américains pourraient devenir de véritables pourparlers sur l’avenir politique de l’Afghanistan.

À Kaboul, Grossman va demander l’approbation de Karzaï – dont le soutien à un effort des Etats-Unis est réservé car il craint d’être marginalisé – pour aller de l’avant avec une série de mesures considérées comme un préalable indispensable à des négociations qui pourraient donner aux Talibans un rôle important dans le gouvernement de l’Afghanistan.

L’objectif est de faire avancer les négociations au-delà des discussions sur des « mesures de confiance » réciproques.

« Nous essayons d’avoir des contacts au sujet de mesures de confiance afin de permettre des négociations entre les Afghans et les Talibans », a déclaré un haut responsable à Washington, mais qui a refusé d’être identifié.

L’initiative diplomatique inclut un éventuel transfert de prisonniers Talibans de la prison de Guantanamo Bay.

Une percée pourrait marquer une étape importante pour l’administration Obama, qui s’active pour obtenir un minimum de stabilité en Afghanistan tout en allant vers un dégagement progressif d’une guerre longue et coûteuse.

Les Etats-Unis et leurs alliés se sont fixés pour but de retirer leurs troupes d’ici la fin 2014.

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12 janvier 2012 – Ma’an News – Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.maannews.net/eng/ViewDet…
Traduction : Info-Palestine.net

Manifestations du 14 janvier – Les Tunisiens entre « tristesse et fierté »


samedi 14 janvier 2012, par La Rédaction

« Peuple tunisien, réveille-toi ! Le destin est entre tes mains. » Devant le ministère de l’Intérieur, avenue Bourguiba, dans le centre de Tunis, une affiche recouvre l’annonce du spectacle du comique Lotfi Abdelli. Des barrières empêchent l’accès à un large périmètre autour du ministère, où l’an dernier les Tunisiens s’étaient rassemblés pour demander le départ de Ben Ali. En ce 14 janvier, ils sont des milliers à s’être rendus sur l’artère principale de la capitale tunisienne. Des enfants se font prendre en photo, sourire aux lèvres et drapeau tunisien dessiné sur le visage. Un an plus tôt, à la suite d’un mouvement de contestation qui avait commencé après l’immolation par le feu de Mohamed Bouazizi le 17 décembre 2010, le président Ben Ali s’envolait pour l’Arabie saoudite avec sa famille.
« Je ne suis pas là pour faire la fête », souligne Faten, 27 ans, responsable en webmarketing, alors qu’elle prend en photo une inscription où il est noté « ni les Américains, ni les Français, ni les pays du Golfe, ni l’Iran ne récupéreront notre révolution. Elle est celle du peuple ». L’émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani, était, ce 14 janvier, l’invité de marque des autorités tunisiennes, en compagnie d’autres leaders arabes, dont le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, et le chef du Conseil national de transition libyen, Mustapha Abdel Jalil.
« Je suis venue pour lutter contre la nouvelle dictature de la troïka (accord passé entre le Congrès pour la République de Moncef Marzouki, président de la République, le mouvement islamique Ennahda et le parti social-démocrate Ettakatol, NDLR). On a voté pour une constituante, pour l’écriture d’une Constitution qui doit garantir nos droits et ceux de nos enfants », rappelle la jeune femme. À ce moment-là, des jeunes passent. Sur une pancarte peinte en noir, une inscription blanche demande « Où est la Constitution ? »
« Nous sommes venus manifester pour rappeler les objectifs de la révolution qui étaient le travail, la dignité et la liberté », lance Omar, 26 ans. « Ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui ne défendent pas la volonté du peuple, mais leurs intérêts politico-politiques », regrette cet ancien étudiant en MBA qui, un an plus tôt, était « à Paris, derrière deux ordinateurs, deux téléphones et le poste de télévision ». « On est là pour fêter le 14 janvier, pas pour faire une campagne électorale », renchérit Nesrine Marzouk, employée à temps partiel dans un cybercafé, qui avoue s’être réapproprié l’hymne national après le départ de Ben Ali. Voile bleu marine, tee-shirt orné d’un drapeau tunisien, cette jeune femme diplômée en anglais des affaires se dit « déçue par les partis politiques présents » ce jour-là.
« Nous n’avons pas envie que cette rue soit associée à tel ou tel parti. Elle appartient au peuple tunisien », souligne Maher Farhat, tee-shirt rouge siglé des jeunesses d’Ettakatol, présent depuis 7 heures du matin. Pourtant, sur le parvis de l’hôtel International, le parti de Mustapha Ben Jaâfar, président de l’Assemblée constituante, a monté une tente « pour recueillir les impressions des Tunisiens, savoir ce qu’ils pensent de la situation actuelle et essayer de passer un message d’espoir », explique le jeune homme de 28 ans. « La jeunesse doit s’engager. Ce qui a permis à Ben Ali de rester au pouvoir pendant 23 ans, c’est le désengagement des jeunes pour la chose publique, que ce soit dans le tissu associatif ou en politique », analyse-t-il.
Sous la tente blanche, des tableaux ont été installés. Les passants viennent y écrire ou dessiner, à l’image de Biled Sabri. Pinceau à la main, ce chômeur de 21 ans « peint ses sentiments sur la révolution ». Des sentiments teintés de « tristesse et de fierté ». Bonnet noir sur la tête, jean large et barbe de plusieurs jours, il rappelle que la date de la révolution tunisienne, « ce n’est pas le 14 janvier, ni le 17 décembre, que cela a commencé en 2008, avec le soulèvement du bassin minier ».
Tout en écrivant « Tunisie » en arabe, il regrette que la situation économique de son pays n’ait pas évolué depuis un an. Fin 2011, la Banque centrale tunisienne a tiré la sonnette d’alarme, le taux de croissance devrait être « quasi nul », et le taux de chômage supérieur à 18 %. « On a au moins acquis une chose : on peut parler et critiquer les politiciens, même à l’extérieur, dire dégage sans risquer quoi que ce soit », savoure Biled Sabri, alors que d’autres barrent un « 404 », symbole de la censure sur Internet.
« On est libre maintenant, vous voyez », interpelle une jeune femme lourdement voilée. De ses mains gantées, elle pointe du doigt une cinquantaine d’hommes en train de prier au milieu de l’avenue. « Cela était impossible avant », souligne-t-elle. Un bruit de pétard retentit. Des cris se font entendre. Sur les visages, l’inquiétude s’installe une demi-seconde. Il ne s’agit que d’un feu d’artifice.
Devant le théâtre municipal, le parti islamiste Ennahda fait son show. Discours, musique, chants, ils sont des centaines à s’être rassemblés. Des drapeaux tunisiens et du parti flottent dans les airs.
Dans la foule, des militants du PCOT (Parti communiste des ouvriers de Tunisie), casquettes à l’effigie du parti vissées sur la tête, distribuent des tracts. Non loin, des tambours battent à plein régime. Étiquette jaune sur la bouche, des militants d’Amnesty International défilent. « On veut attirer l’attention des gens sur les droits de l’homme. Nous n’avons pas eu de garantie concernant la torture. En tant que président de la République, Moncef Marzouki vient de signer notre charte, mais ni son parti politique ni les deux autres de la troïka ne l’ont fait », regrette Ahlem Bachourel, militante de l’ONG. « Il faut oser dire que ce sont nos droits, que nous voulons l’égalité pour tout le monde et le respect des droits de l’homme. »

(14 janvier 2012 – Avec les agences de presse)

Révolutions arabes, un an après : Un goût d’inachevé


Cela fait un an que la révolution tunisienne a ouvert le bal à ce qu’on appellera le Printemps arabe. En un an, quatre autocrates au pouvoir depuis des décennies ont été évincés et des monarques ont pour la première fois été inquiétés. Mais d’autres combats restent à mener : les droits de l’Homme, le statut de la femme, la sécularisation et les libertés.

Sécurité et droits de l’homme : La situation pourrait empirer

Un an après le déclenchement du Printemps arabe, les violences l’ayant accompagné n’ont pas cessé. Si la situation sécuritaire et celle des droits humains se sont améliorées dans certains pays, elles risquent d’empirer dans d’autres. C’est la crainte exprimée par Amnesty International à travers son rapport publié lundi : «Une année de rébellion : la situation des droits humains au Moyen-Orient et en Afrique du Nord». Précurseur du Printemps arabe, la Tunisie est le pays qui se porte le mieux un an après l’immolation de Bouazizi.

La situation des droits de l’homme s’est beaucoup améliorée, mais trop lentement, note l’organisation qui a appelé à la rédaction d’une Constitution garantissant la protection des droits humains et l’égalité devant la loi. Pour l’organisation, cela ne saurait tarder. Le président provisoire tunisien, Moncef Marzouki, est un défenseur des droits et des libertés ayant été reconnu par le passé comme prisonnier d’opinion par Amnesty. Fait rassurant, des groupes de défense des droits de l’homme tunisiens se sont joints aux organisations internationales en publiant une déclaration, le 7 janvier, appelant le gouvernement à ne pas extrader l’ancien Premier ministre libyen Al Baghdadi Ali Al Mahmoudi aux nouvelles autorités libyennes. Ces dernières n’ayant jamais condamné la violence perpétrée dans la lutte anti-El Gueddafi.

Dans le même rapport, Amnesty leur reproche de ne pas contrôler les rebelles toujours armés et la détention arbitraire de 7000 personnes dans des centres de fortune. Les récents combats meurtriers entre milices font craindre une guerre civile et une sécession au président du CNT, Moustafa Abdel Jalil, alors que les combats pour la chute du régime auraient fait 50 000 victimes, selon les estimations des ONG et de l’ONU. La situation en Egypte n’est pas plus rassurante. Amnesty pointe du doigt les militaires.

électrocution

La violente répression des manifestations a fait au moins 84 morts d’octobre à décembre 2011 seulement. Des preuves par l’image de la présence de snipers, de tirs à balles réelles et de tabassages contre les manifestants civils accablent les militaires. Aussi, le nombre de civils traduits devant la justice militaire a été plus élevé en un an qu’en trente ans de régime Moubarak et la torture en détention se poursuit, selon Amnesty. La situation est plus alarmante dans les pays où les dirigeants contestés se maintiennent au pouvoir en usant d’une répression féroce, à l’image du président syrien. Des vidéos publiées quotidiennement sur les réseaux sociaux montrent les traces de torture sur les corps sans vie des personnes arrêtées remis à leur famille.

Brûlures, électrocution, fractures multiples, doigts coupés et peau arrachée, certaines images sont souvent retirées d’internet vu leur cruauté. Au bord de la guerre civile, selon les observateurs, l’annonce de la création d’une armée libre, constituée de déserteurs, n’arrange pas les choses. Entre les exactions de l’armée, les ripostes de l’armée libre et les pratiques des shabiha – une forme de baltaguya lourdement armée qui détiendrait réellement le pouvoir -, le nombre de morts depuis le début de la crise dépasserait bientôt les 6000. Tout comme Assad, le président yéménite, Ali Abdallah Saleh, est accusé d’avoir recours à la stratégie du chaos.

A la répression des manifestants s’ajoute le spectre d’une guerre civile féroce entre les partisans du président Saleh – ceux qui défendent la légitimité constitutionnelle -, les différents partis politiques formant l’opposition, les tribus Houthi du Nord en conflit avec les séparatistes du Sud, Al Qaîda qui s’est renforcée depuis la crise en déclarant la région de Zindjibar Etat islamique ainsi que l’armée principale et celle formée par les déserteurs. Le nombre de personnes ayant trouvé la mort depuis une année est estimé à 2700, alors qu’on compte 27 000 blessés. Aussi, la forte répression qui a permis à la monarchie, aidée par la complaisance internationale et plus de 2000 hommes saoudiens et émiratis, d’étouffer la contestation à Bahreïn a fait une quarantaine de morts, dont quatre en prison, et une soixantaine de disparus.

Les autorités ont procédé à 1400 arrestations, selon le Centre bahreïnien des droits de l’homme. Plusieurs condamnations à mort et à perpétuité ont été prononcées contre des manifestants et des personnels médicaux ayant soigné les blessés par des tribunaux militaires avant la levée de l’état d’urgence instauré en mars 2011.

Liberté d’expression : La propagande bien enracinée

Premier signe de changement dans les pays arabes : la parole libérée. Les manifestants ont brisé le mur du silence imposé par des régimes autocratiques en scandant «Dégage!» à leur dirigeant. Un an après, quel est l’état de la liberté d’expression ? En une année, 17 journalistes ont été fauchés durant l’exercice de leurs fonctions selon WAN-IFRA. Un à Bahreïn et en Tunisie, 2 en Egypte et en Syrie, 5 en Libye et 6 au Yémen où les journalistes n’ont jamais bénéficié d’une aussi grande liberté d’expression, selon le journaliste yéménite Nasser Arrabyee, qui qualifie la situation même d’anarchique. Le journaliste déplore l’absence totale de neutralité et de déontologie.

Les réseaux sociaux et le blogging semblent, eux, bien se porter. La célèbre blogueuse anti-pouvoir, Afrah Nacer, a même intitulé l’un de ses posts : «Président Saleh, merci d’avoir laissé libres les médias sociaux». En Tunisie, si Ammar 404 (la censure d’internet) chôme désormais, les professionnels des médias sont en sit-in depuis lundi, et des cas d’agression par des fanatiques islamistes sous l’œil des policiers passifs ont été signalés. La raison de leur colère ? La décision prise en catimini par le Premier ministre, Hamadi Jbali, de nommer les nouveaux directeurs des médias publics, et qui ne sont autres que ceux qui assuraient la machine propagandiste de l’ancien régime. «Après le diktat du violet, celui du bleu !», «Ennahda sur les pas du RCD» ou encore «Ennahda veut du tbendir», pouvait-on lire dans la presse tunisienne. Cependant, «la révolution n’a pas eu lieu, elle est toujours en cours», précise le militant subversif, Aziz Amami. Le combat pour la liberté d’expression continue également en Jordanie qui traverse une crise sans précédent depuis le début de la contestation. Dans ce contexte, la liberté de la presse et les conditions de travail des journalistes se sont beaucoup détériorées.

Confessions «arrachées»

Le journaliste écrivain Basil Okoor déplore «la forte pression des services de sécurité sur la presse. Les libertés sont au plus mal, on a enregistré un recul de plus de dix ans. Un simple agent de sécurité peut dominer la presse. Les journalistes font face à toutes sortes de pressions, même si les menaces ne sont pas directes. On reçoit des coups de fil de parties voulant s’ingérer et tentant de monter la population contre le mouvement de contestation, qui continue malgré une couverture timide par les médias importants, et contre certaines parties de la société». Une situation de crise due à l’absence de volonté politique de réforme et de changement selon le journaliste.

L’état de la presse n’est pas plus réjouissant en Egypte où des titres prêtent désormais allégeance aux militaires au pouvoir, allant jusqu’à faire dans la désinformation. Certaines unes lors des affrontements ayant accompagné le premier scrutin de l’Egypte post-Moubarak ont été qualifiées de scandaleuses par les défenseurs de la vérité. Une situation pourtant bien meilleure que celle de la presse en Syrie. Depuis le début de la crise, la télévision officielle a innové en matière de propagande à la nord-coréenne. Des figurants «jouant» des militaires morts qui se lèvent avant l’arrêt du tournage aux confessions «arrachées» de «fauteurs de troubles», la TV syrienne a poussé le ridicule à l’extrême.

Mais face à cet état des lieux peu glorieux, les chaînes d’information continue ont connu leur heure de gloire en ce Printemps arabe, à l’instar d’Al Jazeera et d’Al Arabya, les principales chaînes d’information dans le Monde arabe ayant couvert les soulèvements. Il est à noter cependant que ces chaînes ont essuyé de vives critiques quant à leur ligne éditoriale très proche des positions politiques des pays les finançant, à savoir le Qatar et l’Arabie Saoudite. La chaîne iranienne Al Manar est montée à l’assaut afin de défendre les intérêts chiites dans la région et une chaîne, Al Mayadeen (les places publiques), du Libano-Tunisien Ghassen Ben Jeddou, devrait bientôt intégrer le paysage médiatique arabe. Celle qui risque de faire le plus parler d’elle dans les prochains jours, c’est la chaîne syrienne Al Raï TV (l’opinion), qui s’est faite la tribune des voix censurées par les autres chaînes. Les El Gueddafi se sont souvent exprimés sur cette chaîne dont le directeur affirme être en possession d’enregistrements ultraconfidentiels compromettants que l’ex-guide libyen lui aurait remis.

Mehdia Belkadi

Bachar Al Assad sur la place des Omeyyades : une apparition surprise soigneusement préparée


Le président Bachar al-Assad a fait, mercredi 11 janvier au matin, une « apparition surprise » dans une manifestation organisée par ses partisans, dont la chaîne Dounia TV a rendu compte en direct. Elle se déroulait devant la Bibliothèque Al Assad, en bordure de la Place des Omeyyades, à moins de 500 mètres en contrebas des bureaux de la Présidence. Les compte-rendus officiels de ce rassemblement indiquent qu’une foule considérable de citoyens – ou de menhebbakjiyeh, selon le sobriquet donné par les révolutionnaires syriens à ceux qui clament à temps et à contretemps leur amour pour le chef de l’Etat – s’étaient là réunis, ignorant qu’ils auraient la surprise et l’honneur d’accueillir sur l’estrade Bachar Al Assad en personne.

Bachar Al Assad sur la place des Omeyyades

Malheureusement pour la propagande officielle, des images prises depuis le bâtiment de l’Office de la Radio et de la Télévision Arabe Syrienne, qui fait face à la Bibliothèque de l’autre côté de la place, viennent contredire l’aspect improvisé de son apparition. Elles permettent en effet de constater, en offrant sur le rassemblement un autre point de vue, que la place en question était très loin d’être remplie.

Puisqu’il n’y aurait eu aucun sens à organiser une manifestation aussi restreinte s’il s’était agi de démontrer la réalité du soutien massif dont Bachar Al Assad se prévaut, c’est que l’objectif de ce rassemblement était ailleurs : mettre en scène, au lendemain d’un nouveau « discours historique », la proximité et l’osmose du chef de l’Etat avec la population syrienne. Comme cela avait déjà été le cas le 6 novembre dernier, lors de la prière organisée à Raqqa le jour de la fête du Sacrifice, la limitation du nombre des figurants répondait au souci des concepteurs de l’opération de ne prendre aucun risque avec la sécurité. On n’oubliera pas que, arrivés à Damas en même temps que les observateurs arabes, le 23 décembre, des « groupes terroristes » sévissent désormais dans la capitale, prêts à se faire exploser à tout moment avec leur charge…

Largement diffusées, des photos ont montré que, accompagnée des deux plus jeunes enfants du couple présidentiel, Zin (8 ans) et Karim (6 ans), la femme du chef de l’Etat, Asma Al Akhras, avait participé aux premiers rangs de la foule à cette manifestation.

Asma Al Akras

Selon le site All4Syria, qui semble tenir ces photos pour authentiques, il est probable que la présence de l’épouse du chef de l’Etat, si ce n’est celle de son mari, lui a été suggérée par les conseillers en communication britanniques recrutés pour améliorer son image. Celle-ci avait été durablement écornée par l’article que la revue Vogue avait consacré à cette « Rose du désert », à ses tenues coûteuses et à ses chaussures Louboutin, à la veille de l’insurrection en Syrie. Supprimé de son site par la revue, cet article a été pieusement conservé sur un site non officiel du président Al Assad. Ce sont peut-être eux, également, qui lui ont suggéré, pour rectifier l’image de femme insensible qu’elle avait donné d’elle en plusieurs occasions depuis le début des évènements, d’interdire le licenciement des agents de ses diverses fondations et organisations suspectés d’avoir participé à des manifestations. Sa présence était sans doute aussi nécessaire pour mettre un point final à un certain nombre de rumeurs. Les unes laissaient entendre qu’elle avait fui la Syrie pour chercher refuge en Angleterre, son pays natal. D’autres suggéraient qu’elle avait récemment été répudiée par son mari, en raison des divergences qui les opposaient au sein du couple sur la réponse à apporter aux revendications des protestataires. Les dernières rapportaient qu’elle avait préféré s’éloigner de son époux, afin de se prémunir à temps contre le sort récemment réservé à certaines femmes de dictateurs, en Tunisie et en Egypte en particulier.

source

Sortie du Président après la cérémonie :

Une ignominieuse guerre des médias ?


Gilles Jacquier

Un confrère de plus est décédé en faisant son métier. C’était en Syrie hier. A Homs, épicentre de la contestation, une ville dont des quartiers entiers sont en révolte ouverte avec le régime. Gilles Jacquier était de ceux qui honorent notre profession.

Pourquoi est-il mort ? On s’attend à des accusations croisées du régime et des révoltés. Si l’on en juge par la question de savoir à qui profite le crime, on devrait tourner un regard inquisiteur vers le régime : Damas pourra exciper de cet acte pour montrer au monde « les méthodes ignobles des barbares qui s’attaquent à d’innocents journalistes ». Au demeurant, les rares collègues qui parviennent à se rendre en Syrie risquent de se poser des questions avant d’y retourner. En Syrie, on n’aime pas les témoins…

Mais sans preuves, point d’accusation. Même si l’on peut se demander pourquoi la nonne proche du régime qui supervisait l’invitation des journalistes avait renoncé à les accompagner à Homs ce mercredi.

On restera donc dans l’expectative. Avec des relents nauséeux, car ce conflit devient de plus en plus atroce. En atteste la démission spectaculaire d’un des observateurs envoyés par la Ligue arabe. Cet Algérien n’en pouvait plus. « Le régime ne commet pas un seul crime de guerre, mais une série de crimes contre son peuple, déclarait-il ce mercredi. J‘avais l’impression de donner à ce régime une plus grande chance de continuer à tuer et que je ne pouvais rien faire pour l’en empêcher. »
BAUDOUIN LOOS

Des parlementaires français dénoncent (enfin) l’apartheid israélien


lundi, 9 janvier 2012


Les officines sionistes françaises ne savaient plus à quel saint se vouer, lundi, à la suite de la publication, par la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée Nationale, d’un rapport dénonçant enfin, et de manière parfaitement explicite, le régime d’apartheid imposé par Israël au peuple palestinien.

Le rapport, « La géopolitique de l’eau », est disponible sur le lien suivant : http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i4070.asp

La mission parlementaire d’information, qui a remis son rapport le mois dernier, était composée de 11 députés de tous partis : Lionnel Luca (UMP, Alpes-Maritimes, Président de la mission) ; Jean Glavany (PS, Hautes-Pyrénées, rapporteur) ; Nicole Ameline (UMP, Calvados) ; Jacques Bascou (PS, Aude) ; Claude Birraux (UMP, Haute-Savoie) ; Alain Bocquet (PC, Nord) ; Gilles Cocquempot (PS, Pas-de-Calais) ; Jean-Claude Guibal (UMP, Alpes-Maritimes) ; Jean-Pierre Kucheida (PS, Pas-de-Calais) ; Renaud Muselier (UMP, Bouches-du-Rhône), et Jean-Marc Nesme (UMP, Saône-et-Loire).

La lecture du document, d’un peu plus de cent pages, est réellement instructive, tant la question de l’eau et des ressources en eau pour l’humanité est un enjeu fondamental pour l’avenir de la société.

Un chapitre consacré au Tibet rappelle, par exemple, que cette région, au-delà de ce qu’en retient généralement le public avec les apparitions régulières du dalaï-lama à la télévision, est tout simplement le siège des ressources en eau de 3 milliards d’êtres humains, Chinois et Indiens confondus.

Le chapitre consacré, sur une vingtaine de pages, au Proche-Orient, remet lui aussi les pendules à l’heure, en démontrant par A + B que depuis les origines, l’Etat d’Israël n’a eu de cesse de s’emparer des ressources en eau de la région et d’en priver les populations non juives.

Tandis que les habitants de la bande de Gaza sont aujourd’hui ceux du monde qui ont le moins d’eau propre disponible par habitant, leurs frères et sœurs de Cisjordanie en ont pour leur part 10 fois moins que les colons juifs qui volent leurs terres.

Comment nommer un tel crime, une telle situation ? « APARTHEID ! », répondent les auteurs du rapport, dont voici les conclusions, concernant Israël.

« Encadré n°3 : L’eau, révélatrice d’un nouvel apartheid au Moyen Orient Mise en place en 1948 par le premier ministre F. Malan, l’apartheid a vu le développement différencié des groupes ethniques en Afrique du Sud pendant un demi siècle.

Cette politique consistait à la fois en une ségrégation raciale et spatiale (cloisonnement des populations noires et « coloured » dans des espaces confinés appelés bantoustans) mais aussi en une ségrégation citoyenne, les libertés d’une partie de la population (restriction du droit d’aller et venir, du droit de se rassembler dans les lieux publics, violences policières) étant bafouées. L’odieux régime de l’apartheid a pris fin en Afrique du Sud au début des années 90, avec la libération de Nelson Mandela et des prisonniers politiques, le compromis courageux entre M. de Klerk et Mandela et les premières élections libres de 1994 confiant massivement le pouvoir à l’ANC African National Congress, le parti de Mandela.

Bien sûr, comparaison n’est pas forcément raison : la Palestine n’est pas l’Afrique du Sud, et les années 2010 ne sont pas celles d’avant 1990. Pourtant, il est des mots et des symboles qui par leur force peuvent avoir une vertu pédagogique.

Or, tout démontre, même si bien peu nombreux sont ceux qui osent employer le mot, que le Moyen-Orient est le théâtre d’un nouvel apartheid. La ségrégation y est raciale mais comme on n’ose pas le dire, on dira pudiquement « religieuse ». Pourtant, la revendication d’un état « Juif » ne serait-elle que religieuse ?

La ségrégation est spatiale également : le mur élevé pour séparer les deux communautés en est le meilleur symbole. La division de la Cisjordanie en trois zones, A, B et C en est une autre illustration :

L’armée israélienne a transféré à l’Autorité palestinienne la responsabilité des affaires civiles, c’est-à-dire la fourniture de services à la population, dans les zones A et B. Ces deux zones, qui contiennent près de 95 % de la population palestinienne de Cisjordanie, ne représentent que 40 % du territoire. La zone C reste entièrement placée sous l’autorité de l’armée israélienne. Cette zone représente 60 % du territoire de la Cisjordanie, avec toutes les réserves foncières et l’accès aux ressources aquifères, ainsi que toutes les routes principales.

La ségrégation est aussi hautaine et méprisante (« ces gens-là ne sont pas responsables »…répètent à l’envie certains responsables israéliens), vexatrice et humiliante (les passages aux check point sont restreints ou relâchés sans prévenir) voire violente (la répression des manifestations fait régulièrement des morts…).

C’est donc bien d’un « nouvel apartheid » qu’il s’agit.

Et dans cette situation, l’eau est ainsi un élément particulier du conflit entre Palestiniens et Israéliens, au point qu’elle constitue le « 5ème volet » des accords d’Oslo. La Déclaration d’Oslo du 13 septembre 1993 reconnaît les droits des Palestiniens sur l’eau en Cisjordanie. L’accord intérimaire de Taba du 28 septembre 1995 prévoit un partage des eaux jusqu’à la signature d’un accord permanent. Mais ce partage est incomplet : il ne porte que sur les aquifères ; le Jourdain en est exclu, les Palestiniens n’y ayant plus accès. Ensuite il gèle les utilisations antérieures et ne répartit que la quantité d’eau encore disponible, c’est dire 78 mètres cubes de l’aquifère oriental. Il est donc très défavorable aux Palestiniens qui n’exploitent que 18 % des aquifères ; soit 10 % de l’eau disponible sur le territoire.

C’est pourquoi sans règlement politique global, on voit mal comment ce qui est devenu un véritable « conflit de l’eau » pourrait trouver une solution. Quelles sont donc les caractéristiques de ce « conflit de l’eau » ? Du point de vue « hydrique », il concerne avant tout le fleuve Jourdain, où sont réunis tous les éléments prompts à déclencher une « crise de l’eau » : depuis le début du conflit, guerre après guerre, les « extensions territoriales » d’Israël, qu’on le veuille ou non, s’apparentent à des « conquêtes de l’eau », que ce soit des fleuves ou bien des aquifères.

Or, l’eau est devenue au Moyen-Orient bien plus qu’une ressource : c’est une arme.

Pour comprendre la nature de cette « arme » au service de ce « nouvel apartheid », il faut savoir, par exemple, que les 450 000 colons israéliens en Cisjordanie utilisent plus d’eau que 2,3 millions de Palestiniens. Sachons aussi entre autres multiples exemples que :
la priorité est donnée aux colons en cas de sécheresse en infraction au droit international ;
le mur construit permet le contrôle de l’accès aux eaux souterraines et empêche les prélèvements palestiniens dans la « zone tampon » pour faciliter l’écoulement vers l’ouest ;
les « puits » forés spontanément par les Palestiniens en Cisjordanie sont systématiquement détruits par l’armée israélienne ;
à Gaza les réserves d’eau ont été prises pour cible en 2008-2009 par les bombardements.
et comme les zones A et B ne sont pas d’un seul tenant, mais fragmentées en enclaves entourées par des colonies israéliennes et par des routes réservées aux colons, ainsi que par la zone C, cette configuration entrave le développement d’infrastructures performantes pour l’approvisionnement en eau et l’évacuation des eaux usées. La plupart des Palestiniens résident dans les zones A et B, mais les infrastructures dont ils dépendent se trouvent dans la zone C ou la traversent. Les déplacements des Palestiniens dans la zone C sont limités ou interdits ; l’armée israélienne autorise rarement les travaux de construction ou d’aménagement.

On peut citer plusieurs exemples de stations d’épuration programmées par le ministère palestinien de l’Eau et qui sont « bloquées » par l’administration israélienne.

Les Israéliens reprochent aux Palestiniens l’existence de puits non contrôlés responsables de pompages excessifs et d’une salinisation des aquifères. Ils citent l’exemple de Gaza où l’aquifère est en passe d’être perdu. Ils reprochent également l’absence de traitement des eaux. Seuls 31 % des Palestiniens sont raccordés. Mais le Comité n’a approuvé que 50 % des projets palestiniens, avec d’énormes retards, alors que son autorisation doit encore être suivie d’une autorisation administrative pour la zone C. L’appropriation des ressources par les colonies et par le tracé du mur est également troublant. La surexploitation des aquifères est avérée.

Les Israéliens se fondent sur la théorie de la première appropriation pour défendre leurs droits et refusent toute gestion partagée dans une vision sécuritaire de l’eau. Israël propose des solutions, parfois intéressantes, mais où il garderait la maîtrise de l’eau. Il a semblé à la mission que le pays préférerait abandonner les aquifères, en finissant de développer le dessalement, plutôt que de mettre en place une gestion partagée. Il n’y aura pas de partage de l’eau sans solution politique sur le partage des terres.

Pourtant, un comité conjoint sur l’eau (Water joint committee) a été créé par les accords d’Oslo II. Il a compétence pour toutes les questions d’eau relative aux seuls Palestiniens sur le territoire de la Cisjordanie. Ce n’est donc pas un organisme de gestion partagée et encore moins de bassin. Il fonctionne en outre sur le mode du consensus ce qui donne de facto un pouvoir de veto à Israël »

(extrait du rapport « Géopolitique de l’eau », Assemblée Nationale, décembre 2011)

Ayant fini de réveillonner, le député sioniste du très bling bling 16ème arrondissement de Paris Claude Goasguen ne s’est réveillé que ce lundi matin 9 janvier, pour s’époumoner et rameuter contre le rapport de ses collègues. Qu’il braille donc. Nous serions pour notre part plutôt enclins à le féliciter pour avoir fait la promotion du document, et s’être ainsi tiré une balle dans le pied. C’est quand il veut pour la deuxième.

CAPJPO-EuroPalestine

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