Israël, sous pression, hâte le cas de Khader Adnane devant la Cour suprême


RAMALLAH (Territoires palestiniens) – La Cour suprême d’Israël a décidé lundi de hâter l’examen de l’appel de Khader Adnane, un prisonnier palestinien en grève de la faim depuis 65 jours pour protester contre sa détention sans inculpation, a annoncé son avocat.

La Cour devait examiner l’appel jeudi mais l’audience a été avancée de 48 heures à mardi à 13H00 GMT à la suite d’une demande de l’avocat de M. Adnane.

Cette décision survient alors qu’Israël est sous discrète pression de la communauté internationale pour faire un geste humanitaire en faveur du détenu palestinien engagé dans la plus longue grève de la faim de l’histoire du conflit.

Son avocat, Jawad Boulos, avait saisi la semaine passée la plus haute institution judiciaire d’Israël du cas de Khader Adnane en raison de la dégradation de l’état de santé du détenu. La Cour avait indiqué qu’elle examinerait l’affaire le 23 février. Un nouvel appel a été fait lundi pour avancer l’audience et la Cour a fixé une nouvelle date à cet effet, a indiqué une porte-parole de la Cour.

Détenu sans charge ni procès, Khader Adnane, 34 ans, a été arrêté le 17 décembre dernier par l’armée israélienne près de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, où il a été porte-parole du Jihad islamique. Il est en grève de la faim depuis le 18 décembre et est actuellement hospitalisé –enchaîné à son lit– dans un établissement de Safed, dans le nord d’Israël. Il a pu recevoir ces derniers jours la visite de sa famille et de députés arabes israéliens.

Les autorités pénitentiaires israéliennes ont assuré que l’état du détenu est constamment sous surveillance.

– Grève de la faim de solidarité –

Khader Adnane, boulanger de métier, affirme qu’Israël n’a aucune preuve contre lui et accuse ses interrogateurs de l’avoir maltraité. Un haut responsable palestinien a exhorté lundi la communauté internationale à faire pression sur Israël pour que l’Etat hébreu libère M. Adnane.

J’ai envoyé aujourd’hui des messages à la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, et la chef de la diplomatie de l’Union européenne, Catherine Ashton, et parlé aux représentants de l’UE et de la Chine, a déclaré à l’AFP le négociateur en chef palestinien, Saëb Erakat. Je leur ai demandé d’intervenir au sujet de M. Adnane, a-t-il ajouté. Ils doivent faire pression sur Israël pour le libérer.

L’ONU et l’Union européenne ont fait part de leurs inquiétudes quand à son état de santé. Des associations de défense des droits de l’Homme, dont Amnesty International, Human Rights Watch (HRW) et l’Association pour les droits civiques en Israël (ACRI), ont dénoncé son sort, appelant les autorités israéliennes à le juger ou à le relâcher.

Mais lundi, un porte-parole du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a qualifié Khader Adnane de terroriste dangereux, en dépit du fait qu’il n’a jusqu’ici pas été inculpé.
Cet homme est impliqué dans la planification d’activités terroristes contre Israël, a déclaré Ofir Gendelman à l’AFP. Il a affirmé sur Twitter qu’un juge militaire et une cour d’appel militaire le considèrent comme un terroriste dangereux du Jihad islamique.

Les détenus palestiniens en Israël ont décidé d’observer une grève de la faim de 24 heures en solidarité avec Khadner Adnane, selon l’association des prisonniers palestiniens. Des marches et des manifestations sont également prévues mardi dans les Territoires palestiniens.

Selon la loi israélienne, héritée du mandat britannique, un suspect peut être retenu jusqu’à six mois sans inculpation en détention administrative, renouvelable indéfiniment, par les autorités militaires. Quelque 300 Palestiniens sont actuellement en détention administrative, selon le service pénitentiaire.

(©AFP / 20 février 2012 21h08)
http://www.romandie.com/news/n/_Israel_sous_pression_hate_le_cas_de_Khader_Adnane_devant_la_Cour_supreme200220122102.asp

Le Crif ordonne la censure, l’université Paris 8 obéit


20 février 2012

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Julien Salingue, membre fondateur du Cercle des chercheurs sur le Moyen-Orient, réagit à la décision de l’université Paris 8 de retirer son autorisation  au colloque «Israël, un État d’apartheid?» prévu les 27 et 28 février prochains et auquel il devait participer: «Comme l’an passé à l’ENS, la direction d’un établissement public d’enseignement supérieur a cédé aux injonctions» du Conseil représentatif des institutions juives de France.

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Dans un courrier daté du 17 février 2012, le président de l’université Paris 8 a informé les organisateurs du colloque «Des nouvelles approches sociologiques, historiques et juridiques à l’appel au boycott international: Israël, un État d’apartheid?», prévu les 27 et 28 février prochains, qu’il retirait l’autorisation qu’il avait accordée à cette initiative.

Prétextant de possibles «troubles à l’ordre public», la direction de l’université a donc décidé d’annuler deux journées de conférences-débats réunissant des spécialistes venus, entre autres, de France, d’Italie, de Belgique et de Grande-Bretagne. Universitaires, journalistes, membres du Tribunal Russel sur la Palestine… n’ont donc pas droit de cité à Paris 8, héritière de l’université de Vincennes. Les fondateurs de cette dernière apprécieront. Michel Foucault et Gilles Deleuze doivent se retourner dans leur tombe.

Cette décision a de quoi surprendre ceux qui, comme moi, ont suivi de près l’organisation du colloque. L’université avait en effet non seulement accordé son autorisation mais également soutenu l’initiative en lui attribuant un financement du Fonds de solidarité et de développement des initiatives étudiantes (FSDIE). Le programme et les intervenants du colloque étaient alors connus. Que s’est-il passé depuis?

Il y a 3 jours, le Crif publiait sur son site un «communiqué» dans lequel il dénonçait l’organisation du colloque. Invoquant la «provocation à la discrimination nationale, raciale ou religieuse», le Crif demandait la censure du colloque, diffamant au passage l’un des intervenants, Omar Barghouti, en affirmant que «les thèses prônées par ce dernier ont été jugées à plusieurs reprises comme constituant un délit de provocation à la discrimination précitée», alors que Barghouti n’a jamais été condamné.

Le CRIF ne se contentait pas d’appeler à la censure, mais menaçait: «De par sa nature, ce colloque pourrait être susceptible de provoquer des troubles manifestes à l’ordre public».

Comme l’an passé à l’ENS, certains «amis d’Israël» ont donc décidé d’exercer des pressions sur une institution universitaire, foulant au pied la liberté d’expression et les libertés académiques. De toute évidence, le débat n’est pas le point fort du Crif et de ses affidés, pour qui certaines questions ne méritent même pas d’être posées dans l’espace public.

Suite

Pour Khader Adnan


Le Palestinien Khader Adnan (33 ans) a été arrêté de force le 17 décembre 2011. Les autorités israéliennes ont décrété une ordonnance de détention administrative de 4 mois sans accusations formelles et sans procès. L’appel contre sa détention administrative a été rejetée par un tribunal militaire israélien le 13 Février.

Depuis son arrestation, Khader refuse tout alimentaire et traitement médical pour protester contre les mauvais traitements, la torture et la privation, jusqu’à ce qu’il soit libéré. Aujourd’hui il commence son 65ème jour, un jour pour chaque année de l’occupation de la Palestine.

Après 65 jours de grève de faim Khader Adnan est dans le coma, et le risque de subir une crise cardiaque ou une défaillance d’organes totale est immense.

Violation 4ème Convention de Genève

Les autorités militaires israéliennes gardent systématiquement les civils palestiniens en détention administrative pendant 6 mois, renouvelable pour une durée illimitée et sans aucune accusation formelle ou procès. Cette pratique signifie une violation de la 4ème Convention de Genève. À ce moment plus de 4200 palestiniens sont emprisonnés pour “des raisons de sécurité”, dont 315 en détention administrative.

Agir maintenant!

L’UE et ses États membres doivent appeler Israël à libérer immédiatement tous les prisonniers en détention administrative et à adopter les règlements militaires relatifs à la détention administrative, conformément aux critères internationaux.

Vu l’urgence de la situation de Khader Adnan, nous demandons une action immédiate de la Belgique pour sauver la vie de Khader. Nous demandons que la Belgique fasse pression sur Israël pour mettre fin à sa détention arbitraire avant qu’il ne soit trop tard.

RDV sur les marches de la Bourse ce vendredi 24 février à 17h30.