Le père du soldat kidnappé met les Israéliens en colère


La vérité finit toujours par l’emporter. C’est plus ou moins long mais c’est presque inéluctable. Dans le cas de l’affaire Gilad Shalit, du nom de ce soldat sioniste capturé, fait prisonnier (et non kidnappé) par la résistance palestinienne, il aura fallu attendre un peu plus de cinq ans.

Et cette vérité sort de la bouche de Noam Shalit, le père du terroriste sioniste qui ose comparer l’action des Palestiniens à celle de la Haganah, la milice qui deviendra l’armée de l’Etat sioniste.

Alors bien sûr, Noam Shalit qui se lance en politique et ne cache plus ses sympathies pour le parti travailliste provoque la colère de la droite sioniste qui lui reproche finalement de rappeler les méthodes qui caractérisent le sionisme.

Les palestiniens auraient aussi de quoi s’indigner d’’être comparés à cette engeance sioniste dont la nature criminelle s’est affirmée très tôt et qui a combattu pour «sa liberté» aux dépends de celle du peuple palestinien.

Le crime originel que rappelle involontairement M. Shalit.

The Age (Australie) 17 mars 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le père d’un soldat israélien maintenu en captivité par le Hamas pendant plus de cinq années, a déclaré qu’il enlèverait des soldats israéliens s’iI était un Palestinien.

Noam Shalit, qui a dit en début d’année qu’il soutiendrait le parti travailliste aux prochaines élections, a provoqué l’indignation de la droite israélienne par ses propos. Son fils, Gilad, a été libéré dans le cadre d’un échange de prisonniers en octobre 2011.

M. Shalit a déclaré que l’enlèvement de soldats israéliens par le Hamas était comparable aux techniques utilisées par l’organisation paramilitaire israélienne Haganah contre les Britanniques, expliquant que “nous avons aussi kidnappé des soldats britanniques quand nous combattions pour notre liberté.” Parlant avec à un journaliste de la télévision dans la cuisine du domicile de la famille Shalit, décor régulier de cinq années de campagne pour la libération de leur fils, M. Shalit a été soumis à un feu roulant de questions pour l’amener à clarifier ses positions politiques.

L’ancien ingénieur a finalement résumé les thèmes de campagne qui lui tiennent à cœur par la “responsabilité mutuelle. Et par le fait de ne pas laisser de soldats en arrière, ni n’importe quel Israélien qui est en difficulté”

Il a dit aussi qu’il serait prêt à négocier avec le Hamas s’il était député, une chose que le gouvernement israélien, comme la Grande Bretagne et les Etats Unis, refuse de faire.

“Je suis pour discuter avec quiconque veut discuter avec nous,” a-t-il dit.

Caroline Donati : « La contestation en Syrie ne faiblit pas »



INTERVIEW DANS « LE SOIR » DE CE 16 MARS

BAUDOUIN LOOS

Ce 15 mars, il y a un an, débutaient les manifestations contre le régime syrien. Nous avons interrogé Caroline Donati, arabisante, journaliste à Mediapart et experte de la Syrie à propos de laquelle elle a publié un livre qui fait autorité (1).

Comment analysez-vous la situation après un an de troubles?

Ce qui apparaît à première vue, c’est que le régime est en train de s’imposer sur le plan militaire en multipliant les opérations pour écraser les foyers de la contestation. Le régime croit qu’il gagne. Il a la main, grâce à ses soutiens externes (Iran, Russie, Chine, NDLR) et aux hésitations voire l’hypocrisie du reste de la communauté internationale, comme les Européens ou les Américains qui répugnent à intervenir par crainte de lendemains incertains. Le voisin turc appuie les contestataires de manière purement verbale, presque à contrecoeur, il ne tient nullement à s’impliquer. Le contexte régional joue aussi à son avantage : les menaces israéliennes contre l’Iran, allié de Damas, et les pressions internationales contre ce pays renforcent le soutien au régime d’acteurs comme le Hezbollah libanais ou le camp « anti-impérialiste » à travers le monde. La crise syrienne s’est régionalisée, internationalisée. Cela nourrit la « théorie du complot » sur laquelle le régime s’appuie pour gagner les faveurs à l’intérieur comme à l’extérieur de ceux qui condamnent les ingérences. Mais je voudrais souligner que l’Armée syrienne libre (ASL) a tout de même réussi à défier le pouvoir jusqu’aux portes de Damas ; certes l’ASL perd le contrôle de villes où elle était présente, mais elle n’a jamais prétendu pouvoir les tenir. En revanche, ses opérations de harcèlement contre l’armée loyale au régime continuent, voir se multiplient, on reçoit des vidéos édifiantes. La répression toujours plus grande provoque une mobilisation elle-même croissante, on l’a encore vu récemment à Alep, la grande ville du Nord plutôt épargnée jusqu’ici, où le quartier kurde d’Achrafieh a connu une importante manifestation il y a quelques jours. Eteindre la contestation par la répression, à l’instar de ce qui se passa dans les années 1980, ne semble plus possible. Pensez que vendredi dernier, il y a eu quelque six cents manifestations à travers le pays.

A-t-on une vision sociologique de la contestation ?

Au départ, la contestation provenait surtout des ruraux, des « rurbains » – les marginalisés par le néolibéralisme – la périphérie des villes. Mais elle a progressivement gagné les couches urbaines, y compris à Alep, notamment avec ce qui s’est passé à Homs, même si la bourgeoisie reste silencieuse. Au sein de celle-ci, une partie soutient discrètement la contestation, une autre reste coite, tétanisée par la peur du chaos au même titre qu’une grande partie des alaouites et chrétiens. Or, l’opposition réunie au sein du Conseil national syrien (CNS), représentant du mouvement intérieur, n’a pas réussi à formuler un projet politique et économique cohérent ni même rassurer les minoritaires, alaouites, chrétiens et kurdes.

Justement, le CNS est très critiqué…

On ne peut nier qu’il existe des problèmes au sein du CNS, dont la direction est minée par des querelles politiques, du clientélisme et de l’inexpérience. Beaucoup de temps a été perdu. Pour le reconnaître, la communauté internationale a exigé du CNS qu’il s’élargisse, ce qu’il a fait, en intégrant des factions politiques sans réelle légitimité sur le terrain, au détriment des forces de l’intérieur . Le CNS n’est pas assez en phase avec l’intérieur et résiste mal aux tentatives d’ingérence (par exemple du Qatar, NDLR).

L’ASL ne fait pas le poids militairement, et les Occidentaux se tâtent…

Oui, l’armement de l’ASL est pour le moment composé d’armes emmenées par les déserteurs, achetées au marché noir et/ou en provenance de la contrebande. Pour le moment, aucun acteur étatique n’aide directement l’ASL qui a aussi démenti les affirmations américaines, en particulier la présence d’al-Qaida. La communauté internationale refuse d’armer la contestation à l’exception de l’Arabie Saoudite et le Qatar, qui cherchent à peser sur l’après-Assad avec tous les dangers que cela comporte. J’ajoute un phénomène peu souligné : malgré les difficultés sur le terrain, l’ASL poursuit activement sa structuration, en coopération avec le mouvement civil. Il existe une ferme volonté en ce sens de la société d’éviter un chaos sur le modèle irakien ou libanais.

Propos recueillis par BAUDOUIN LOOS

(1) L’Exception syrienne. La Découverte, Paris 2009.

Le cocon doré du couple Assad révélé par ses e-mails


Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 15.03.12 | 06h36   •  Mis à jour le 15.03.12 | 15h18

Bachar Al-Assad et Asma Al-Assad, le 26 février 2012.

Bachar Al-Assad et Asma Al-Assad, le 26 février 2012.REUTERS/SANA

Bachar Al-Assad a suivi les conseils de l’Iran en réprimant la contestation, et s’amuse de ses propres promesses de réformes pendant que sa femme continue ses achats frénétiques de bijoux et autres produits de luxe, selon des e-mails piratés sur leurs comptes privés auxquels le Guardian a eu accès.
L’un des quelque 3 000 e-mails transmis au journal britannique par un opposant syrien anonyme montre qu’une fille de l’émir du Qatar, un des dirigeants arabes les plus critiques envers le régime de Damas, a incité Bachar Al-Assad et sa famille à quitter la Syrie le 30 janvier, en lui offrant notamment l’exil à Doha. « Je pense honnêtement que c’est un bon moment pour partir et recommencer une vie normale. Je suis sûre que vous avez beaucoup d’endroits où aller, notamment Doha », est-il écrit dans ce message censé être adressé à Asma Al-Assad, la femme du président syrien.

PIRATÉS ENTRE JUIN 2011 ET DÉBUT FÉVRIER

Le Guardian, qui a présenté dans son édition de mercredi un condensé de ces e-mails dressant le portrait d’un dirigeant totalement coupé des réalités, se dit convaincu de leur authenticité.

Les messages électroniques ont été piratés entre juin 2011 et début février, période où la répression du mouvement contestataire a dégénéré en une quasi-guerre civile qui a déjà fait plus de 8 000 morts, selon l’ONU.

Pendant ce temps, Asma, d’origine britannique, passait commande d’une lampe Armani au magasin Harrods de Londres, de bijoux et de colliers à Paris et de meubles à Damas. « Si nous sommes forts ensemble, nous triompherons de cela ensemble », écrit-elle à son mari en référence au soulèvement en Syrie dans un e-mail daté de décembre conclu par un tendre « Je t’aime. ».

Les courriels montrent que Bachar Al-Assad a apparemment reçu à plusieurs reprises des conseils de l’Iran. Peu avant un discours qu’il a prononcé en décembre, son conseiller en communication lui dresse ainsi une liste de thèmes à aborderà partir, écrit-il, de « consultations avec un certain nombre de personnes, en plus du conseiller politique et médiatique de l’ambassadeur iranien »« Je pense que le discours doit être fort et violent, parce que les gens veulent voir un président puissant qui défend le pays » et parce qu’il faut montrer aux « Etats amis » qu’on les a écoutés, dit le conseiller.

Le texte suggère également de « laisser filtrer davantage d’informations sur nos capacités militaires » pour convaincre l’opinion publique que le régime est prêt à tenir tête à une opération militaire.

« LA MEILLEURE RÉFORME DONT POURRAIT RÊVER UN PAYS »

Bachar Al-Assad semble tourner en dérision ses promesses d’ouverture politique. En juillet dernier, répondant à sa femme qui lui disait qu’elle serait libre à 17 heures, il ironise ainsi : « C’est la meilleure réforme dont pourrait rêver un pays. On va            l’ adopter au lieu de ces lois de pacotille sur les partis, les élections, la presse… »

Un autre message, censé émaner de Khaled Al-Ahmed, présenté comme le conseiller de Bachar Al-Assad pour les opérations dans les villes rebelles de Homs et Idlib, incite le président à « renforcer sa politique sécuritaire pour restaurer le contrôle et l’autorité de l’Etat ». Le conseiller avertirait aussi le président syrien que des journalistes européens « sont entrés dans la zone en traversant la frontière libanaise illégalement ».

Le Guardian dit avoir fait le maximum pour s’assurer de l’authenticité des e-mails, notamment en contactant une dizaine de personnes dont la correspondance apparaissait dans le document. « Ces vérifications nous laissent penser que ces messages sont authentiques, mais il n’a pas été possible de vérifier chacun d’entre eux », précise le journal britannique.

Quelques réflexions sur la thèse des partisans de Bachar (1)


« C’est plus compliqué que ça : tu ne connais rien à la géopolitique du Moyen Orient »

Petite expérience : discutez avec un pro-Bachar, qu’il soit syrien ou pas d’ailleurs, et évoquez avec lui n’importe quel sujet qui critiquerait, même un peu, le gouvernement syrien (crimes, régime dictatorial, moukhabarat, prisons, tortures, les sujets ne manquent pas…). Prenons deux trois exemples simples pour fixer les idées :
– Pourquoi les manifestants sont-ils sévèrement réprimés ?
– Pourquoi le régime pratique-t-il la torture ?
– Pourquoi n’est-on pas libre de nos opinions en Syrie ?
Peu importe en fait, vous pouvez même demander :
– pourquoi Bachar a le cou un peu long ?

Laissez aller la discussion, qui devrait logiquement commencer par un  “c’est plus compliqué que ça”. Au bout de cinq minutes, faites le point sur les points abordés. Vous devriez avoir une liste proche de celle-ci :

Complot mondial.
Les mensonges des médias.
Le sionisme israélien.
L’impérialisme américain.
Les fausses démocraties occidentales.
Le terrorisme fréfro-djihadisto-alqaïdo-salafiste.
Bachar assure l’unité du pays.
Bachar n’est pas un dictateur et il est aimé de son peuple.

Si c’est le cas, arrêtez la discussion avant de vous voir affilié aux premiers éléments de la liste.

Ce systématisme dans les réponses s’explique par la stratégie mise en place par le gouvernement, suivi par les pro-Bachar et qui peut se résumer à :
– La meilleure défense, c’est l’attaque.
– Plus c’est gros, mieux ça passe.

Évidemment, votre question de départ ne trouvera pas de réponse, si ce n’est que ce que vous insinuez par votre question complètement illégitime fait partie d’un complot contre la Syrie, dont vous êtes très certainement partie prenante (je vous avais bien dit d’arrêter la discussion).

Alors, oui, la Syrie a une position géostratégique particulière. Et certes, la géopolitique, c’est compliqué. Et au Moyen Orient encore plus, d’accord. Sauf qu’ici, c’est complètement hors sujet :
Les Syriens sont descendus pour demander plus de liberté et de dignité, pour que cessent les injustices qui les touchent au quotidien. Pourquoi se retrouve-t-on avec une histoire pas croyable de complot mondial, de gangs armés, de salafistes, de sionistes, et de je ne sais quelle autre invention sortie tout droit des mensonges du gouvernement syrien ?
Faire compliqué et faux quand on peut faire simple et vrai sert surtout à ne pas parler des revendications des syriens. Stratégie de diversion pour parler de tout sauf des crimes du régime.

Lire l’article ici

et les parties suivantes là :

http://syrianfacts.wordpress.com/2011/09/04/quelques-reflexions-sur-la-these-des-partisans-de-bachar-2/

http://syrianfacts.wordpress.com/2011/09/04/quelques-reflexions-sur-la-these-des-partisans-de-bachar-3/

http://syrianfacts.wordpress.com/2011/09/04/quelques-reflexions-sur-la-these-des-partisans-de-bachar-4/

SYRIE : le profil du régime des Assad


Ajoutée par le 12 mars 2012

Voici la première vidéo d’une série de six vidéos qui traitent de six aspects différents de la crise qui touche actuellement la Syrie. Elles ne prétendent pas, à cause du format vidéo, à une quelconque exhaustivité mais sont plutôt à voir comme une invitation à approfondir les thèmes des vidéos, dont il sera question dans une série d’articles sur le site syrianfacts.

La première vidéo traite du profil du régime syrien. En effet, beaucoup ignore tout de la nature de ce régime qui dirige la Syrie depuis plus de 40 ans. D’autres n’imaginent pas à quel point ce régime est cruel et puissant.
Il est d’usage de dire que le régime syrien est alaouite. Ceci n’est pas totalement faux, mais il convient d’apporter des explications afin de clarifier une formulation peu précise.

Le régime syrien est un régime dont la tête est le clan Assad, dont le coeur est alaouite, et où le reste du régime est plus dilué, bien qu’à majorité alaouite.

L’histoire de la Syrie baathiste débute le 8 mars 1963, c’est la révolution baathiste, conduite par le Comité Militaire et dont les membres les plus importants sont Mohamed Omran, Salah Jedid et Hafez Al-Assad, tous alaouites. La Syrie est dirigée par le Commandement National du Conseil de la Révolution.
Lorsque Hafez Al-Assad prend le pouvoir par un coup d’état, en 1970, il ne prétend pas faire la révolution mais s’inscrit au contraire dans le cadre de la révolution de 1963 dont il dit vouloir accomplir les objectifs, raison pour laquelle Hafez parle de « mouvement rectificatif ». Hafez continuera les purges initiées à l’ère Jedid pour ne s’entourer que d’hommes loyaux. Jedid a éliminé toute concurrence sunnite, druze ou ismaéliens, Hafez neutralise ses concurrents alaouites, dont Jedid ou Omran, assassiné au Liban en mars 1972.

De fait, tous les postes clés, les postes qui comptent, sont dirigés par des alaouites proche de Hafez Al-Assad. D’une Syrie baathiste, on passe à la une Syrie assadienne.
La dictature de Hafez se structure autour de l’armée, de réseaux de cooptation, du parti Baath qui, vidé de sa fonction officielle, ne sert que de porte voix au discours officiel et de la mise en place du Ministère de l’Information qui se charge de la propagande d’Etat, en particulier de discréditer les adversaires de Hafez Al-Assad : ils sont systématiquement accusés d’être des ennemis de la révolution, de la nation arabe, des alliés des sionistes, etc… En bon dictateur, Hafez Al-Assad se confond avec l’Etat et toute critique envers sa personne est vue comme une trahison à la Syrie.

A cela, il faut ajouter les toutes puissantes moukhabarat qui ont pour mission le contrôle de l’ensemble de la société syrienne. 12 branches qui surveillent les moindres faits et gestes des syriens… et qui se surveillent entre elles ! Il n’est pas rare que les différentes branches interfèrent entre elles. Ainsi, il est possible d’avoir à demander une autorisation pour ouvrir un commerce aux moukhabarat de l’Armée de l’Air…
Un point méconnu : les moukhabarat ouvrent également à l’étranger. Les ambassades sont utilisées pour espionner les syriens expatriés. C’est ce qui explique que le mur de la peur, ce fameux mur tombé avec le début des révoltes en Syrie, touche l’ensemble des syriens.

Le régime des Assad est, pour finir, un régime sans foi ni loi. La différence entre la Constitution et la réalité des syriens est énorme. Par ailleurs, les membres du régime ne connaissent pas non plus de morale capable de les freiner dans leur folie.

Le récit de Moustapha Khalifé permet de voir tous ce qui caractérise le régime des syriens, et vous y retrouverez ce qui a été dit dans la vidéo :
Un homme qui critique la personne du président Hafez, à Paris, devant une connaissance syrienne qui s’avère être un indic. En Syrie, il est accusé, sans aucun jugement, d’être des frères musulmans…bien qu’il soit chrétien. Cela lui vaudra des années de prison, un calvaire où les traitements absolument inhumains, les insultes à la religion, et autres caractéristiques du régime des Assad apparaissent clairement.

15 mars : 1er anniversaire du début de la Révolution syrienne


COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Au 1er anniversaire du début des révoltes en Syrie, Amnesty fera du bruit en soutien aux victimes de la répression syrienne

 

 

Le 15 mars prochain, cela fera un an, jour pour jour, qu’ont débuté les révoltes en Syrie. A cette occasion, les militants d’Amnesty International se rassembleront devant l’Ambassade syrienne à Bruxelles, afin d’exprimer leur soutien aux victimes de la répression, mais aussi de mettre en lumière les recommandations de l’organisation.

Symbolisant les milliers de victimes syriennes, un bandage géant signé par de nombreuses personnes sera affiché face à l’ambassade, accompagné du retentissement de sirènes. Les directeurs respectifs des sections francophone et flamande d’Amnesty International Belgique prendront également la parole. Sophie Aujean, spécialiste de la Syrie au sein de l’organisation, sera aussi présente.

Outre son soutien aux victimes, au 1er anniversaire de la répression sanglante que connaît la Syrie, Amnesty International porte différents messages. D’une part, l’organisation demande à la communauté internationale d’imposer un embargo sur les armes à destination de la Syrie, de geler les avoirs à l’extérieur du président Bachar el-Assad et des autres principaux responsables du régime, mais aussi de déférer la situation syrienne devant la Cour pénale internationale.

D’autre part, Amnesty International exhorte les autorités syriennes à mettre fin aux arrestations arbitraires, à la détention au secret de prisonniers d’opinion – la dissidence pacifique doit être autorisée –, à l’usage excessif de la force contre des zones résidentielles, et à l’utilisation systématique de la torture ou d’autres mauvais traitements. L’organisation publie d’ailleurs, ce 14 mars, un rapport intitulé « I wanted to die » : Syria’s torture survivors speak out, qui rend compte de 31 méthodes de torture ou de mauvais traitements décrites par des témoins ou des victimes elles-mêmes. Pour la réalisation d’un tel rapport, Amnesty International a interrogé des dizaines de Syriens ayant fui leur pays pour la Jordanie. Enfin, Amnesty International demande que les organisations humanitaires puissent entrer en Syrie, immédiatement et sans entrave.

Où ? Face à l’ambassade de Syrie                     Quand ? Le jeudi 15 mars de 11h à 12h

        Avenue Franklin Roosevelt 3

        1050 Bruxelles

 

 

Contact : Emilie Lembrée : elembree@amnesty.be0494/14 36 54

Syrie. Un nouveau rapport dénonce le recours systématique et généralisé à la torture et aux mauvais traitements en détention


AMNESTY INTERNATIONAL

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Les personnes visées par la vague d’arrestations ayant fait suite au soulèvement syrien se sont retrouvées projetées dans le cauchemar éveillé de la torture systématique, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport publié mercredi 14 mars.

L’ampleur du recours à la torture et à d’autres formes de mauvais traitements en Syrie a atteint un niveau qui n’avait pas été vu depuis des années, et qui rappelle la sombre période des années 70 et 80.

Diffusé la veille de la date anniversaire des premières manifestations de masse en Syrie, ce document, intitulé ‘I wanted to die’: Syria’s torture survivors speak out, recense 31 méthodes de torture et d’autres formes de mauvais traitements attribuées aux forces de sécurité, à l’armée et aux bandes armées progouvernementales connues sous le nom de shabiha, telles que les ont décrites des témoins ou des victimes à des délégués d’Amnesty International en Jordanie, en février 2012.

« Ce qu’ont traversé les nombreuses personnes visées par la vague d’arrestations qui a marqué l’année écoulée est très similaire à ce que les détenus enduraient sous l’ancien président Hafez el Assad – le cauchemar éveillé de la torture systématique », a déclaré Ann Harrison, directrice adjointe par intérim du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

« Les témoignages que nous avons recueillis nous ont donné un aperçu choquant d’un système de détention et d’interrogatoire qui, un an après le début des manifestations, semble avoir pour but premier de dégrader, d’humilier et de terrifier ses victimes afin de les contraindre au silence. »

 

Méthodes employées

Amnesty International a indiqué que la torture et les autres formes de mauvais traitements infligées aux détenus suivaient généralement un modèle établi.

De nombreuses victimes ont dit que les violences physiques avaient commencé dès leur arrestation, puis qu’elles avaient été sauvagement frappées – à coups de bâton, de crosse de fusil, de fouet, de poing, de câble tressé – à leur arrivée dans les centres de détention, une pratique parfois nommée haflet al istiqbal (accueil).

Les nouveaux détenus doivent généralement retirer tous leurs habits sauf leurs sous-vêtements et sont parfois laissés dehors pendant des périodes pouvant aller jusqu’à 24 heures.

 

Interrogatoires

Selon les témoignages recueillis par Amnesty International, c’est lors des interrogatoires que le danger est le plus grand.

Plusieurs personnes ayant connu la torture ont fait part de leur expérience du dulab (pneu) : la victime est forcée à grimper à l’intérieur d’un pneu – souvent suspendu – et frappée, parfois à l’aide de câbles ou de bâtons.

Amnesty International a signalé que les informations faisant état du recours au shabeh étaient en augmentation : la victime est suspendue en hauteur, à un crochet, une poignée ou un encadrement de porte, ou par des menottes aux poignets, de sorte que ses pieds se trouvent juste au-dessus du sol ou que ses orteils touchent à peine terre. Elle est alors souvent rouée de coups.

« Karim », 18 ans, étudiant originaire d’al Taybeh (gouvernorat de Deraa), a dit à Amnesty International que les personnes chargées de son interrogatoire ont utilisé des tenailles pour arracher des lambeaux de peau de ses jambes alors qu’il était détenu dans des locaux des services de renseignement de l’armée de l’air, à Deraa en décembre 2011.

La torture à l’électricité semble être fréquemment utilisée lors des interrogatoires. D’anciens détenus ont décrit trois méthodes : asperger d’eau la victime ou le sol, puis infliger des décharges à la victime en utilisant l’eau comme conducteur ; la « chaise électrique », où des électrodes sont apposées sur le corps ; et l’utilisation d’aiguillons électriques.

La torture liée au genre ainsi que d’autres crimes de violence sexuelle sont semble-t-il devenus plus fréquents au cours de l’année écoulée. « Tareq » a raconté à Amnesty International que lors de son interrogatoire à l’antenne du Renseignement militaire de Kafr Sousseh (Damas) en juillet 2011, on l’a forcé à regarder « Khalid », un autre détenu, se faire violer :

« Ils ont baissé son pantalon. Il avait une blessure en haut de la jambe gauche. Puis le fonctionnaire l’a violé contre le mur. Khalid pleurait, se cognant la tête contre le mur. »

 

Crimes contre l’humanité

Amnesty International a déclaré que ces témoignages de victimes de la torture ne faisaient que confirmer que des crimes contre l’humanité sont bel et bien commis en Syrie.

L’organisation a demandé plusieurs fois que le dossier syrien soit confié au procureur de la Cour pénale internationale (CPI) mais des considérations politiques ont jusqu’à présent empêché que cela ne se fasse, la Russie et la Chine ayant à deux reprises bloqué au Conseil de sécurité des Nations unies des projets de résolution édulcorés ne faisant pas référence à la CPI.

Faute d’une saisine de la CPI, Amnesty International a annoncé qu’elle souhaitait voir le Conseil des droits de l’homme de l’ONU prolonger le mandat de la Commission d’enquête sur la Syrie et renforcer sa capacité à effectuer un suivi, recueillir des informations et les faire remonter, dans le but d’ouvrir, à terme, des poursuites contre les responsables présumés de crimes de droit international et d’autres violations flagrantes des droits humains.

L’organisation a également déclaré qu’elle voulait voir la communauté internationale assumer ses responsabilités, en enquêtant sur les crimes contre l’humanité et en ouvrant des poursuites dans le cadre de leur système de justice – selon des procédures équitables et sans requérir la peine de mort –, et demandé la création d’équipes internationales d’enquêteurs et de procureurs afin d’augmenter les chances d’arrestation.

« Nous continuons à penser que la CPI est le meilleur moyen de véritablement amener les responsables à rendre des comptes pour les graves violations commises contre le peuple syrien », a ajouté Ann Harrison.

« Si certains facteurs politiques rendent cette éventualité peu probable dans un futur proche, les Syriens responsables de la torture – y compris ceux qui occupent des fonctions élevées – ne doivent pas se bercer d’illusions ; ils auront à répondre des crimes commis sous leur responsabilité. Il est donc crucial que la Commission d’enquête soit renforcée et autorisée à poursuivre son travail. »

 

Complément d’information

Amnesty International a recueilli les propos de dizaines de Syriens ayant gagné la Jordanie pour fuir la violence, dont 25 personnes ayant déclaré avoir été torturées ou soumises à d’autres formes de mauvais traitements en détention avant de franchir la frontière. Le rapport inclut les témoignages de 19 d’entre elles. Plus de la moitié des cas décrits se sont produits dans le gouvernorat de Deraa, où ont eu lieu les premiers homicides de manifestants, en mars 2011. Les autres affaires se sont déroulées dans les gouvernorats de Damas, de Rif Dimashq, de Hama, d’Homs, de Lattaquié, d’al Suwayda et de Tartus.

 

 

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Emilie Lembrée
Attachée de presse
Responsable du Programme Droits des Femmes
Amnesty International Belgique francophone
9, Rue Berckmans - 1060 Bruxelles
Tel: +32 (0) 2 543 79 86
Fax: +32 (0) 2 537 37 29
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www.amnesty.be
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Source

Déferlement de critiques contre la campagne Kony 2012


Déferlement de critiques contre la campagne Kony 2012

Auteur d’une efficace campagne Internet destinée à traîner le criminel de guerre ougandais Joseph Kony devant la justice internationale, l’ONG américaine Invisible Children s’est attirée les foudres de spécialistes de la région des Grands Lacs.

Par Guillaume GUGUEN (texte)

Il aura fallu attendre ce jeudi 8 mars, et le mot-clé #journéedelafemme, pour que l’Ougandais Joseph Kony ne soit plus le sujet le plus discuté sur Twitter. À la surprise de nombreux internautes, le criminel de guerre trustait depuis lundi la première place des conversations les plus populaires sur le site de micro-blogging. Devant le nouvel iPad d’Apple et les candidats à l’investiture républicaine pour la présidentielle américaine, c’est dire…

Un succès que le chef rebelle de l’Armée de résistance (Lord’s Resistance Army, LRA) doit – bien malgré lui – à Invisible Children, une ONG américaine à l’origine d’un court film documentaire dénonçant ses exactions dans la région des Grands Lacs. Ce jeudi, soit trois jours après sa publication le 5 mars sur Internet, la vidéo, baptisée « Kony 2012 » avait été visionnée par quelque 32,6 millions de personnes sur YouTube.

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