«Il nous faut des armes», le cri de désespoir de l’Armée syrienne libre


 

avril 17, 2012

SYRIE-Idleb: défection spectaculaire de l’Armée Syrienne SOUS-TITRES FRANCAIS

Le capitaine Hajj Mouhammad Hassan de la 3ème division annonce la formation dans la banlieue d’Idleb, de la brigade Al-Tahrir de l’Armée Syrienne Libre:

[…] Dans le but de vaincre les gangs d’Assad et protéger les manifestants pacifiques, et pour atteindre les objectifs de notre révolution.

Vive la Syrie libre et digne.

Et victoire à notre révolution […]

Publiée le 11 avril 2012 par

Défection de combattants à Idleb pour rejoindre l’Armée Syrienne Libre Cliquez sur CC pour l’affichage des sous-titres

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Le 14 avril, le cargo allemand “The Atlantic cruiser” était stoppé en Méditerranée. Des transfuges syriens avaient dénoncé une tentative de livraison d’armes iraniennes au régime d’al-Assad. Le navire avait quitté Port Saïd en Egypte pour la destination de Tartous en Syrie:

[…] Un cargo allemand avec des armes iraniennes à destination du régime syrien a été stoppé à 80 kms au large du port syrien Tartus, affirme aujourd’hui l’hebdomadaire allemand Der Spiegel sur son site internet […]

Le cargo avait été loué à la firme ukrainienne White Wale Shipping à Odessa. L’ONU enquête sur des transferts d’armes de l’Iran vers la Syrie qui ont été opérés ces derniers mois en violation des sanctions internationales contre Téhéran. La résolution 1747 du 24 mars 2007 instaure notamment un embargo sur les achats d’armes iraniennes.

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Par Rania Abouzeid, Traduit par Felix de Montety. Slate.fr le 17 avril 2012:

«Il nous faut des armes», le cri de désespoir de l’Armée syrienne libre

Pour obtenir chaque boîte de balles qu’ils font passer de l’autre côté de la frontière pour combattre Bachar al-Assad, les rebelles syriens sont obligés de négocier pendant des heures. Et leur frustration commence à se voir.

Dans la fraîcheur d’une pièce vide d’Antioche, une ville du sud de la Turquie, «Fouad», un Syrien maigre comme un clou, qui a l’air d’avoir dix ans de plus que ses 25, se penche en avant. «J’ai besoin de munitions», dit-il à Abu Mohammad, un marchand d’armes turc râblé. «Je payerai 5,50.» Il évoque le prix en livres turques, équivalent à 3 dollars par balle.

Abu Mohammad sourit, l’air satisfait. Il place avec attention sa tasse de café sur la petite table qui se trouve devant lui. «Elles sont à 7 l’unité», dit-il. «Si tu en trouves à 5,50, je te les achète.» Fouad remue la tête, aspire une nouvelle bouffée de cigarette, et cède lentement sur le prix, après s’être plaint qu’une balle il y a encore un mois ne coûtait que 3 livres. «Et les armes? On m’a dit qu’il y a un stock de 4000 balles et des tas d’armes, mais qu’elles sont proches d’un village alaouite (dans le sud de la Turquie).»

Difficulté d’acheter clandestinement des armes

Abu Mohammad confirme l’information, mais dit qu’il va être difficile d’acheter clandestinement des armes dans les surplus militaires turcs. Et encore plus difficile de les transporter en dehors du village, qui est habité par des coreligionnaires, sympathisants supposés du président syrien Bachar el-Assad.

«Tu sais, je n’ai rien contre toi», dit Abu Mohammad. «Je suis sunnite aussi, je veux juste t’aider.» Fouad esquisse à son tour un rictus. Le commerçant turc sort son téléphone de sa veste en cuir et appelle un de ses associés, passant de l’arabe au turc. Après quelques minutes, son téléphone retourne dans sa poche. «Je te trouverai ce dont tu as besoin», affirme-t-il à Fouad. «Mais tu sais, c’est beaucoup de travail.»

«Ne t’inquiète pas, tu seras payé pour ta peine», dit Fouad, en se tournant vers un syrien aux cheveux blancs également présent dans la pièce. «Ces Turcs, dit-il dédaigneux, ils parlent beaucoup, n’est-ce pas? Depuis Erdogan (le Premier ministre turc) jusqu’en bas, tous, ils parlent, ils parlent, ils parlent, mais pour le moment, ils ne font que parler. Si Dieu le veut, celui-là est différent.»

Le marché noir s’est asséché

Abu Mohammad ne relève pas la pique. C’est un marché de gros, et peu d’options se présentent aux contrebandiers professionnels comme Fouad. Un civil qui fournit des armes aux bandes informes de rebelles syriens de l’Armée syrienne libre (ASL), qui opèrent de l’autre côté de la frontière, dans la province d’Idlib. «C’est comme si le marché noir s’était asséché, remarque le contrebandier, après la brève rencontre. Au Moyen-Orient! Vous y croyez?»

Un point de vue largement partagé aussi bien par les déserteurs, les marchands d’armes et les réfugiés, le long de la frontière turco-syrienne. Pendant des mois, les opposants d’Assad ont acheté des armes au marché noir dans les pays limitrophes de leur État en ébullition: en Turquie, au Liban, en Irak, en Jordanie, et même en Syrie. Principalement auprès de membres du régime corrompu ou de sympathisants militaires restés parmi les loyalistes. Mais cela devient de plus en plus difficile. L’argent ne semble pas être le principal problème, c’est de trouver des stocks qui l’est.

Aucune décision occidentale

La communauté internationale débat depuis plusieurs mois s’il faut ou non armer l’Armée syrienne libre. Une bande informe de déserteurs et de thuwars (combattants révolutionnaires) civils. Juste avant la réunion le 1er avril des «Amis de la Syrie», un groupe de pays soutenant les forces anti-Assad, les États-Unis et la Turquie se sont entendus pour mettre en place une structure destinée à permettre le transfert de matériel non-létale aux rebelles. Mais cette aide, tout comme la conversation avec le marchand d’armes turc, tient, pour le moment, plus du discours que de l’action.

Les monarchies du Golfe, les ennemies les plus constantes d’Assad, n’ont pas non plus ouvert leurs armureries aux rebelles. Fin février, le ministre des Affaires étrangères saoudien, le prince Saud al-Faisal a nourri les espoirs de l’Armée syrienne libre en déclarant qu’armer les opposant d’al-Assad était «une excellente idée». Cependant, plus d’un mois plus tard, les aides saoudiennes ne sont toujours pas parvenues sur le front.

Les débats internationaux reflètent la profonde fragmentation de l’opposition syrienne. Le Conseil national syrien (CNS), le représentant politique des forces anti-Assad, a longtemps offert aux rebelles un soutien timide et tardif, mais il a récemment changé de ton pour ouvertement réclamer des armes. La plupart des unités de l’Armée syrienne libre opèrent avec peu de coordination et de direction de la part du colonel Riad al-Asaad, chef des rebelles, et de ses officiers. Tous enfermés dans un camp de réfugiés inaccessible aux journalistes dans le sud de la Turquie.

Colère contre l’opposition exilée en Turquie

Et pourtant, la colère et le ressentiment de nombreux activistes et de combattants sur le terrain sont dirigés contre les soi-disant chefs de l’opposition, tous en exil. L’importance de cette colère a sans doute été la mieux exprimée dans une courte vidéo dans laquelle un groupe d’hommes en civil se tient devant un olivier, portant des écharpes pour ne pas révéler leurs identités. Cette séquence ne prétend pas montrer des membres de l’Armée syrienne libre, mais aucun des neuf hommes qu’on y voit ne porte une arme. Quant à leur porte-parole, il déclare:

«Au nom de Dieu, le miséricordieux, le compatissant… Nous, les hommes libres d’Idlib, annonçons la formation de la  brigade de ceux qui veulent des armes. Nous n’avons pas d’armes. Nous demandons au Conseil national et au commandant de l’Armée libre de tenir leurs promesses et d’arrêter de promettre monts et merveilles aux révolutionnaires sur le terrain sans leur envoyer des armes, parce que vos promesses nous tuent.»

Le colonel Ahmad Hijazi, le chef d’État major de l’Armée syrienne libre, dit qu’il peut comprendre ce ressentiment. «Je ne les blâme pas, dit il. Les gens sont en colère et ils dirigent leur frustration contre nous. Mais que pouvons-nous faire? (…) Les gouvernements étrangers doivent soutenir l’Armée libre.»

En l’absence d’une telle aide, les déserteurs de l’armée syrienne ne font qu’attendre. Le camp qui abrite les officiers de l’ASL ressemble à tous ceux que la Turquie a mis en place pour les milliers de civils qui ont fui la Syrie. Des rangées de tentes blanches sont soigneusement alignées le long de gravier blanc. Mais à la différence des autres, le camp des officiers est isolé des villes et villages voisins. Il se situe au cœur d’une plaine agricole fertile à Apaydin, à 19 km d’Antioche.

Manque d’influence du commandement de l’Armée syrienne libre

Des soldats turcs montent la garde à l’entrée du camp, comme ils le font à l’entrée d’autres camps de réfugiés, vérifiant les papiers de quiconque souhaite entrer. Les coupures d’électricité sont communes ici, rendant les communications par internet impossible pendant plusieurs heures. L’Armée syrienne libre a beau prétendre diriger depuis le camp «un centre de commande et de contrôle» de l’effort militaire anti-Assad, il est incertain qu’il soit possible de contrôler quoi que ce soit dans ces conditions. Ses détracteurs, comme la «brigade de ceux qui veulent des armes», disent qu’elle n’a pas proposé grande chose aux hommes qui combattent et meurent en son nom en Syrie.

Comment ses commandants justifient-ils leur manque apparent d’influence sur le terrain? Dans une des nombreuses tentes identiques du camp des officiers, Hijazi remue, mal à l’aise, sur sa chaise de plastique. Il n’aime pas cette question. Son camarade officier le commandant Maher Nuami, qui est assis sur le seul lit de la tente, non plus… «C’est un sujet sensible», dit finalement Hijazi. Ils ne diront pas si l’Armée syrienne libre a envoyé des émissaires en Arabie saoudite, au Qatar ou en Libye, laquelle a récemment promis cent millions de dollars à l’opposition syrienne, mais insistent sur le fait qu’ils n’ont reçu aucune aide sur le terrain de la part de ces États.

L’occident craint l’explosion de la poudrière

Il y a de nombreuses raisons aux réticences arabes et occidentales. La Syrie se tient sur à peu près toutes les lignes de fracture qui traversent le Moyen-Orient. C’est un chaudron multi-religieux, multi-ethniques, à la frontière d’États arabes qui sont des poudrières, ainsi que d’Israël.

Les officiers comprennent les difficultés géopolitiques, et les inquiétudes concernant l’après Assad et font leurs propres -terrifiantes- prédictions. Selon le commandant Nuami, si la communauté internationale ne les arme pas et ne leur fournit pas de soutien logistique, «tout» ce que le monde s’inquiète de voir arriver, arrivera. «Nous savons de quoi ils ont peur, dit-il. Ils s’inquiètent à propos de la frontière avec Israël et craignent un massacre d’alaouites.» «Les gens trouveront des armes, d’une façon ou d’une autre, donc aidez nous», continue-t-il.

«Si vous nous donnez des armes, nous saurons les contrôler. Nous voulons la chute du régime, pas celle de l’État. Si la communauté internationale nous aide, nous les aiderons. Si elle ne le fait pas, notre peuple ne peut rien garantir.»

L’important, trouver des armes

Hijazi dit que l’Armée syrienne libre reçoit des dons, principalement de particuliers, et les distribue aux officiers sur le terrain, mais que cela n’est pas du tout suffisant. «C’est comme si vous aviez soif et que l’on vous donnait le contenu d’un bouchon d’eau.» L’argent va à des hommes comme le capitaine Alaaeddine, commandant de la brigade de Salahedine al-Ayoubi, qui opère dans la ville de Jisr al-Choughour au nord du pays, à la frontière avec la Turquie. Le capitaine, un homme de trente ans, a déserté il y a presque un an en quittant Damas, où il était stationné, pour venir défendre ses amis et sa famille. Le commandement de l’Armée syrienne libre lui a récemment confié, à lui et à trois autres officiers d’autres unités, 22.000 dollars à se partager.

L’argent est allé en partie vers une commande d’armes et de munitions de 90.000 dollars qu’un intermédiaire turc, «Mehmet», essaie d’obtenir pour le capitaine. Alaaeddine ne veut pas révéler la source du reste des fonds. «Nous avons nos réseaux», est tout ce qu’il accepte de dire. Il raconte aussi qu’il ne connait pas l’origine des armes qu’il achète.

«C’est dur de voir nos hommes sans munition»

Lors d’une soirée du milieu du mois de mars, Alaaeddine, son adjoint le sergent Ahmad Mokbat et Mehmet, un contrebandier professionnel, se réunissent dans une maison sûre à Antioche autour d’un dîner, afin de discuter des derniers détails avant que Mehmet ne parte accomplir sa mission. Les deux déserteurs syriens ont traversé la frontière quelques jours plus tôt pour finaliser la transaction. La première de cette ampleur qu’ils aient tenté de mettre en place. «Nous sommes comme face à un puits sans eau, déclare Mokbat, maussade. C’est dur de voir nos hommes sans munition. C’est très dur.»

«Il y a toujours les lance-pierres», plaisanta Mehmet dans une tentative vaine de réduire la tension ambiante. Son téléphone sonne à la fin du dîner, il est temps qu’il parte. Mokbat sort une grosse liasse de billets, la dernière de l’acompte, de sa veste en cuir et un pistolet de l’arrière de son pantalon. Mehmet prend l’argent, mais refuse l’arme. «Pourvu que tu réussisses, si Dieu le veut», dit Alaaeddine tandis que Mehmet ferme la porte derrière lui.

Les loyalistes face à l’opposition

Le besoin de réserves se fait pressant. Ce matin, à cinq heures, des troupes fidèles au régime syrien se sont attaquées aux hommes d’Alaaeddine. A Jannoudiye, sa ville natale, un hameau du nord de la Syrie, à peine à dix kilomètres de la frontière turque. Le capitaine dit qu’il va appeler les chefs d’autres unités de rebelles plus importantes des environs, à Idlib et al-Zawiya, pour «commencer quelque chose» et attirer l’attention des forces de sécurité dans une tentative désespérée de soustraire une partie de la pression qui pèse sur son petit groupe d’hommes mal équipés.

Cela n’a pas ralenti les loyalistes. Alaaeddine passe la majorité de la soirée au téléphone, recevant des nouvelles de ses hommes. Les nouvelles ne sont pas bonnes. À neuf heures du soir, les rebelles battent en retraite et sont presque à court de munitions. Il dit que des civils sont utilisés comme boucliers humains par les soldats fidèles à Assad, lesquels les font marcher devant les chars (une information confirmée par Human Rights Watch). Des familles entières, dont certaines parentes du capitaine, ont fui vers les collines, où elles passent une nuit dans le froid. «Jannoudiye est tombée», dit Alaaeddine, en manipulant un chapelet rouge.

«Ne perds pas espoir, mon frère» dit Mokbat, mais lui aussi devient lugubre. Deux appels à Mehmet ne reçoivent aucune réponse. Mokbat s’interroge:

«Je ne comprends pas. Où sont les moudjahidine? Cela me surprend beaucoup. Pourquoi nos frères arabes, chrétiens et musulmans, restent-ils silencieux?»

Selon les officiers de l’Armée syrienne libre, la prétendue présence de combattants étrangers en Syrie, confirmée par le régime Assad, est extrêmement exagérée. Un libyen isolé aurait été volontaire pour combattre avec leur unité récemment, mais serait reparti après quelques jours. Mokbat se souvient:

«Il a dit: “vous êtes fous, c’est du suicide, vous n’avez pas d’armes”. Il avait raison. J’aimerais que la révolution revienne en arrière, c’était mieux avant. On tirait en l’air, on ne se préoccupait pas des munitions. Maintenant on doit bien réfléchir avant d’utiliser la moindre balle.»

Retour bredouille

Cinq heures plus tard, Mehmet n’est toujours pas de retour. Il ne reviendra qu’une semaine plus tard, les mains vides [… Lire la suite sur slate.fr]

Le scandale Moureaux


La RTBF a pris connaissance, ce mardi, avec stupeur et indignation des qualificatifs et comparatifs utilisés par le bourgmestre de Molenbeek Philippe Moureaux concernant l’émission Questions à la une du 11 avril dernier.

Le reportage de l’équipe de Questions à la Une pose la question, sur base de plusieurs études et de faits d’actualité, de la réislamisation des communautés arabo-turques et de la radicalisation partielle d’une petite minorité de ses membres. Il montre que des écrits et des paroles circulent, par exemple, sur la place et le rôle des femmes tels que vus par certains et donne la parole à des acteurs culturels et politiques qui montrent que la question est bien d’intérêt public, le fait d’une minorité, et qu’elle suscite débat dans la communauté musulmane elle-même.

Le travail a été réalisé en respectant tous les points de vue y compris celui de Philippe Moureaux. Il a été fait sur base des critères journalistiques et déontologiques conformes à la pratique professionnelle d’usage et fidèles à la ligne éditoriale de l’émission Questions à la Une, les mêmes que ceux que l’émission applique depuis sept ans et qu’elle a mis en œuvre au cours de ces années pour aborder plus de trois cents sujets d’actualité. Pour rappel, le reportage de ce mercredi 11 avril a, par ailleurs, été prolongé d’un débat avec des interlocuteurs totalement pertinents sur ces dossiers.

La RTBF et son directeur de l’information ne peuvent en aucun cas admettre les accusations gratuites de pure manipulation et d’usage de méthode « à la Goebbels » telles que proférées par le bourgmestre de Molenbeek sur la chaine Maghreb TV.

Cette prise de position est particulièrement déplacée au regard d’une émission qui fait partie d’une rédaction où l’information est réalisée en toute autonomie et indépendance. Elle est également outrancière en comparaison à une période de l’histoire où la liberté de la presse était réduite à néant et où les droits d’expression des médias et de la population étaient totalement bafoués, interdits et cruellement réprimés.

La RTBF, la direction de l’information et l’équipe de Questions à la Une rappellent les conclusions du reportage de Frédéric Deborsu : « La population arabo-turque est en constante augmentation en Belgique. Elle est variée, très souvent conviviale, parfois repliée sur elle-même mais pour de nombreux musulmans, l’intégration est parfaitement réussie. Mais le pouvoir politique doit désormais se retrousser les manches pour éviter les dérapages et favoriser le vivre ensemble« .

Même réaction du côté de la Société des journalistes de la RTBF

Dans un communiqué, la Société des journalistes (SDJ) de la RTBF dit également « avoir pris connaissance avec stupéfaction » des propos tenus par Philippe Moureaux ».

« Ces accusations sont graves et non fondées« , dit-elle, « Elles sont de nature à jeter le discrédit sur l’ensemble des journalistes de la RTBF et leur travail d’information. La SDJ estime que cette question sensible –l’augmentation du fait religieux dans la communauté arabo-turco-musulmane en Belgique – mérite mieux que les propos outranciers et inadmissibles tenus par Philippe Moureaux« .

Un soutien unanime du Comité Permanent de la RTBF

Autre réaction, celle du Comité Permanent de la RTBF qui « tient à manifester son soutien à la rédaction » et qui parle de « critiques injustifiées et excessives« .

Les critiques de Philippe Moureaux

« C’est une émission tout à fait scandaleuse« , a-t-il dit lors d’une interview téléphonique diffusée sur Maghreb TV, en se disant « tout à fait furieux » du fait que son intervention avait été « caviardée« , « avec uniquement comme plaisir de montrer des images désagréables, de donner la parole à des islamophobes bien connus« .

« Il n’y a pas une seule image positive qui a été retenue« , a ajouté le bourgmestre de Molenbeek, la commune où une partie de l’émission a été tournée.

« Présenter ça (le fait que certaines femmes portent le voile intégral dans la commune en dépit d’une interdiction déjà ancienne, ndlr) comme une image qui montre la montée de l’islamisme, c’est tout simplement de la manipulation« , a-t-il poursuivi.

Molenbeek compte quelque 94 000 habitants, dont une grande partie est d’origine maghrébine.

« C’est une population qui mérite le plus grand respect. Et ce n’est pas parce qu’il y a quelques personnes qui ont des comportements que nous n’aimons pas que l’on peut condamner une population. L’antisémitisme a fait un moment ses succès sur ce genre de méthodes. C’est comme ça que Goebbels (Joseph Goebbels, le ministre de la Propagande et de l’Information de l’Allemagne nazie de 1933 à 1945, ndlr) essayait aussi d’attaquer les Juifs, comme maintenant certains attaquent les musulmans« , a déclaré le sénateur-bourgmestre.

« Je me rends compte que je n’ai servi que de faire-valoir à des racistes et à des islamophones« , a conclu Philippe Moureaux dans cette interview postée lundi sur Youtube.
RTBF et Belga

La révolution islandaise


Sans nouvelles d’Islande : Pourquoi ?
Si quelqu’un croit qu’il n’y a pas de censure actuellement, qu’il nous dise pourquoi on a tout su au sujet de ce qui se passe en Grèce et pourquoi les journaux n’ont absolument rien dit sur ce qui se passe en en Islande:
– le peuple a fait démissionner un gouvernement au complet,
– les principales banques ont été nationalisées et il a été décidé de ne pas payer la dette qu’elles avaient contractée auprès de banques de Grande Bretagne et de Hollande, dette générée par leur mauvaise politique financière
– une assemblée populaire vient d’être créée pour réécrire la Constitution.
Et tout cela, pacifiquement.
Toute une révolution contre le pouvoir qui a conduit à cette crise.

Voilà pourquoi rien n’a été publié pendant deux ans :
Que se passerait-il si les citoyens européens en prenaient exemple ?

Brièvement, voici l’histoire des faits :

2008 : La principale banque du pays est nationalisée
La monnaie s’effondre, la bourse suspend son activité.
Le pays est en banqueroute.
2009 : Les protestations citoyennes contre le Parlement font que des élections anticipées sont convoquées et qu’elles provoquent la démission du Premier Ministre et, en bloc, de tout le gouvernement.
La situation économique désastreuse du pays persiste.
Par le biais d’une loi, il est proposé à la Grande Bretagne et  à la Hollande le remboursement de la dette par le paiement de 3.500 millions d’euros, montant que paieront mensuellement toutes les familles islandaises pendant les 15 prochaines années à un taux d’intérêt de 5%.

2010 : le peuple descend à nouveau dans la rue et demande que la loi soit soumise à référendum.
En janvier 2010, le Président refuse de ratifier cette loi et annonce qu’il y aura une consultation populaire.
En mars, le référendum a lieu et le NON au paiement de la dette remporte 93% des voix.
Pendant ce temps, le gouvernement a entamé une investigation pour régler juridiquement les responsabilités de la crise.
Les détentions de plusieurs banquiers et cadres supérieurs commencent.
Interpol lance une enquête et tous les banquiers impliqués quittent le pays.
Dans ce contexte de crise, une assemblée est élue pour rédiger une nouvelle Constitution qui reprend les leçons apprises de la crise et qui se substitue à l’actuelle qui est une copie de la constitution danoise.
Pour ce faire, on a recours directement au peuple souverain.
On élit 25 citoyens sans filiation politique parmi les 522 qui se sont présentés aux candidatures. Pour  cela, il faut être majeur et recueillir le soutien de 30 personnes.
L’assemblée constituante commence ses travaux en février 2011 afin de présenter,  en partant des avis collectés dans les diverses assemblées qui ont eu lieu dans tout le pays, un projet de Grande Charte.
Elle doit être approuvée par l’actuel parlement ainsi que par celui qui sera constitué après les prochaines élections législatives.
Voici, en bref, l’histoire de la Révolution Islandaise :

–        Démission en bloc de tout un gouvernement
–        Nationalisation de la banque
–        Référendum pour que le peuple puisse se prononcer sur les décisions  économiques fondamentales
–        emprisonnement des responsables de la crise et réécriture de la constitution par les citoyens
Nous a-t-on parlé de cela dans les médias européens ?
En a-t-on parlé dans les débats politiques radiophoniques ?
A-t-on vu des images de ces faits à la TV ?
Bien sûr que non !
Le peuple islandais a su donner une leçon à toute l’Europe en affrontant le système et en donnant une leçon de démocratie au reste du monde.

Palestine :: Récolte d’argent pour un terrain de jeux pour enfants


Dans le camp de réfugiés d’Aïda, les enfants ont été coupés de leurs espaces de jeu par le Mur de l’Apartheid. Une association, Lajee Center, récolte des fonds pour racheter un nouveau terrain de jeu sécurisé. Chaque mètre carré du terrain vaut 73,5 euros…
Le camp de réfugiés d’Aïda est un espace minuscule mesurant moins de 200 mètres sur 400 et largement surpeuplé : près de 5000 palestiniens y vivent. Le camp est entouré dans sa quasi totalité par le Mur de l’Apartheid inauguré en 2002 par Ariel Sharon, ainsi que par six tours de guet. Les incessantes incursions de militaires israéliens rappellent aux habitants que l’occupation est plus que jamais d’actualité. Le camp souffre aussi régulièrement de pénurie d’eau.
Plus de la moitié de la population sont des enfants et c’est sur cette jeune génération que les pressions et les dangers sont les plus intenses. Les enfants du camp d’Aïda aspirent à pouvoir jouir des droits fondamentaux reconnus pour tous les enfants du monde, parmi lesquels le « Droit de jouer ». Or, le mur de l’apartheid a privé les habitants d’immenses champs d’oliviers, de deux terrains de football et de tous les terrains de jeux. Les enfants d’Aïda n’ont plus rien… nulle part où jouer, où rêver, où se rencontrer…
Depuis qu’il a été établi en 2000, le Lajee Center a du mal à assurer les droits fondamentaux des enfants.
Un endroit sécurisé pour jouer est l’un des objectifs spécifiques pour lequel le Lajee Center a toujours lutté. En janvier 2012, il a conclu un accord pour l’achat d’un terrain à proximité du camp. Ce lopin de terre représente une opportunité unique pour créer un jardin et un parc pour les enfants d’Aïda; il sera livre d’accès à tous les réfugiés du camp qui désirent s’y détendre. Le Lajee Center doit saisir cette occasion.
Ce terrain mesure 2000 mètres carrés, il est minuscule en comparaison à l’espace que les réfugiés ont perdu quand ils ont été contraint de quitter leur village, mais c’est tout ce qu’ils ont pour l’instant. Il va sans dire que le combat qu’ils mènent aujourd’hui pour la création de ce jardin n’affecte en rien leur combat fondamental pour leur droit au retour dans leurs villages d’origines.
Le Lajee Center dispose jusqu’à fin 2012 pour obtenir l’argent nécessaire à l’achat du terrain. Dans ce laps de temps, le Lajee Center doit récolter un total de 150.000 dinars jordaniens (environ 159.050 euros). Ils ont déjà réussi à amasser environ 40.000 dinars jordaniens (42.792 euros). Mais le chemin est encore bien long. Chaque mètre carré du terrain coûte environ 75 JD (73,5 euros), de sorte que chaque euro récolté les rapprochera de leur but. Grâce à votre soutien, quel que soit le montant, les rêves des enfants d’Aïda pourraient devenir une réalité.Contact : Les Amis Belges du Lajee Center

Julien Versteegh : +32(0)488/44.57.18
soutienlajeecenter(a)gmail.comPour faire un don :
BE13 523-0440150-39
Lajee Center – 39/C4 Rue Félix De Cuyper, 1070, Bruxelles
Avec la mention : « Plaine de jeux »


Manifestation hier, lundi, devant le Ministère des affaires étrangères, en Palestine ? non, à Bruxelles


Plusieurs scènes se succèdent ici :

– Kaoutar, encore au sol, est invitée par les ambulanciers à monter dans leur camionnette pour d’autres soins. Elle refuse et leurs demande d’aller voir les autres prisonniers, rangés le long du ministère. Certains ayant été blessés au visage.

– Un homme s’approche pour donner de l’eau à Kaoutar, mais les policiers l’en empêchent, et le font prisonnier à son tour.

– Une scène étonnante où deux policiers profitent d’un moment d’inattention (Kaoutar au sol), créent une brèche, et avec d’autres tentent de kidnapper Nadia. Aidée, par ses compagnons, elle arrive à s’en défaire, et peut continuer à manifester… pacifiquement (joyeux anniversaire Nadia!)

ça y est, j’ai compris, nos policiers ont fait un stage en Israël :