Les relations se dégradent entre Israël et l’Égypte


lundi 23 avril 2012, par La Rédaction

D’abord plutôt indifférente, la révolution de la place Tahrir ayant été marquée par l’absence quasi totale de la rhétorique anti-israélienne, l’opinion égyptienne manifeste depuis une hostilité croissante à la paix avec Israël.
La rupture du contrat gazier entre Israël et l’ Égypte constitue une nouvelle étape dans la dégradation progressive des relations entre les deux pays depuis la révolution égyptienne de février 2011. Un incident frontalier ayant occasionné la mort de plusieurs soldats égyptiens en août 2011, tués par l’armée israélienne lancée à la poursuite d’auteurs d’un attentat terroriste sur une route du sud d’Israël, avait déclenché de violentes manifestations, qui avaient culminé par le sac de l’ambassade israélienne au Caire en septembre. Depuis, les diplomates israéliens n’assurent plus qu’une présence symbolique quatre jours par semaine dans la capitale égyptienne, où ils n’arrivent plus à trouver à louer de locaux.
Le traité de paix entre Israël et l’Égypte, signé par Begin et Sadate en 1979 à la Maison-Blanche, n’a jamais été guère plus qu’une « paix froide » entre les deux voisins. Outre la coopération sécuritaire, et quelques contrats tels que l’accord gazier, les deux pays n’ont jamais établi de réelles relations commerciales ou culturelles.
Trahison de la cause arabe Si l’armée égyptienne, principale bénéficiaire d’un accord qui lui assure depuis 1979 une colossale aide militaire américaine, a toujours défendu le traité, l’opinion égyptienne n’a jamais vu de réels avantages à cette paix. La rétrocession du Sinaï par Israël n’a engendré des bénéfices que pour les puissants investisseurs, proches de Moubarak ou généraux à la retraite, qui ont depuis développé des stations balnéaires dans la péninsule.
Les islamistes, opposants historiques au régime Moubarak, n’ont cessé de dénoncer la normalisation des relations avec Israël comme une trahison de la cause arabe. Aujourd’hui majoritaires au Parlement égyptien et aux portes du pouvoir, les islamistes ont multiplié les assurances qu’ils ne remettraient pas en question la paix avec Israël, mais en les assortissant de déclarations ambiguës. En coulisse, les Américains tentent de sauvegarder un traité qui a longtemps constitué un élément essentiel de leur politique au Moyen-Orient.
Mais l’époque de l’étroite coopération entre le Mossad et les services de sécurité égyptiens est révolue, et les deux voisins se regardent désormais avec une méfiance accrue. Israël a lancé au printemps dernier des travaux de construction d’une barrière de sécurité le long de sa frontière désertique avec le Sinaï. La région sud, longtemps l’une des plus sûres d’Israël, connaît depuis plusieurs mois des états d’alerte réguliers. Les vacanciers israéliens, qui se rendaient régulièrement sur les plages du Sinaï égyptien, ont presque totalement déserté la péninsule, les autorités israéliennes déconseillant à présent formellement à leurs ressortissants de se rendre en Égypte.
L’armée égyptienne, avec l’accord tacite d’Israël, a quant à elle considérablement renforcé son dispositif militaire dans le Sinaï, ce qu’interdisait expressément le traité de paix de 1979, qui prévoyait que seules des forces de police réduites soient stationnées dans cette région.
Dimanche dernier, le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a expliqué avoir mis en garde Nétanyahou contre le danger que représente à présent l’Égypte, et demandé que le commandement sud de l’armée israélienne soit renforcé de trois divisions. « La question égyptienne est un danger plus préoccupant que l’Iran », aurait affirmé dans une réunion le chef de la diplomatie israélienne.
Le maréchal Tantaoui, le chef de la junte au pouvoir en Égypte depuis la chute de Moubarak, a répliqué indirectement lundi au cours de manœuvres dans le Sinaï en faisant savoir : « Si quelqu’un s’approchait des frontières de l’Égypte, nous lui casserons la jambe. »

(23 avril 2012 – Adrien Jaulmes « Le Figaro »)

repris ici

Moureaux : « J’ai eu la nette impression d’avoir été trompé, manipulé »


DAVID COPPIsamedi 21 avril 2012, 07:36

Après la polémique sur « Questions à la Une », Philippe Moureaux s’explique. « J’ai ouvert la voie à des interprétations qui ne sont pas les miennes. »

Le bourgmestre de Molenbeek revient sur la polémique de la semaine : l’islam, « Questions à la Une », la RTBF et la référence à « Goebbels ».

Vous assumez votre comparaison avec la désinformation à la Goebbels ?

Mais je n’ai pas voulu faire une telle comparaison. J’aurais dû être plus explicite, car j’ai ouvert la voie à des interprétations qui ne sont pas les miennes. Je n’ai jamais dit que ces journalistes étaient des Goebbels, mais précisé que la technique de la désinformation a eu un maître, celui-là.

De ma part, ce fut une réaction épidermique, avec ce que cela peut avoir de dangereux. Eh oui !, je suis encore un homme politique qui « réagit », au lieu juste de « calculer ». Et en voyant l’émission, j’ai eu la nette impression d’avoir été trompé, manipulé, comme d’autres personnes sollicitées d’ailleurs.

Par mon intervention, j’ai aussi voulu lancer un cri d’alerte par rapport à une évolution particulièrement dommageable consistant, pour ce qui concerne les musulmans, à ne parler que des aspects religieux problématiques, extrémistes, et pas du reste, de l’essentiel.

Reste, donc, que cela n’a rien à voir avec la période nazie…

… Ce n’est pas les années 30 que j’aurais dû évoquer, mais les années 20, avec, comme à l’époque, sur fond de crise, une exacerbation permanente de l’opposition entre les populations d’origine étrangère et de cultures différentes. L’émission me donne l’impression de reculer d’au moins un an dans les efforts que nous faisons pour créer plus de cohésion sociale, de « synergies ».

Vous avez dit tout à l’heure réagir sans calcul. Même électoral ?

C’est d’un ridicule ! Cela fait partie des égouts de la politique. Les gens qui me connaissent savent que ce n’est pas moi.

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La lecture mondiale en solidarité avec le peuple syrien


samedi 21 avril 2012, par La Rédaction

A l’occasion de la journée mondiale de la lecture, et en collaboration avec le Festival international de Littérature de Berlin (ilb)

l’Association e-arabesque vous invite à la lecture mondiale en solidarité avec le peuple syrien

le 23 avril de 19h à 20h à Paris
devant le Mur pour la Paix,
Champ de Mars – Ecole militaire

Cette même lecture militante se fera en plusieurs langues dans une centaine de lieux dans le monde, le même jour. Le slogan de cet événement sera : « La Littérature contre Assad »

Programme :

Une minute de silence en hommage aux martyrs syriens
Lecture en français de l’appel du festival de Berlin
Lecture en arabe et en français de l’appel écrit par l’auteure syrienne Samar Yazbek
Lecture en français par Marie Christine Barrault d’un extrait de “Feux croisés, Journal de la révolution syrienne”, écrit par Samar Yazbek.

(21 avril 2012 – Avec les agences de presse)

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Prisonniers palestiniens : au-delà des statistiques


vendredi 20 avril 2012, par La Rédaction

Le département des statistiques de l’Autorité palestinienne à Ramallah a publié, à l’occasion de la journée nationale des prisonniers, le 17 avril 2012, les chiffres récents concernant les prisonniers détenus dans les geôles de l’occupation.

Les forces de l’occupation ont arrêté, depuis 1967, jusqu’au mois de mars 2012, 800.000 Palestiniens. Depuis le début de l’Intifada al-Aqsa, plus de 70.000 Palestiniens ont été arrêtés. Depuis la date du 18 octobre 2011, jour de l’échange entre les prisonniers palestiniens et le soldat sioniste Shalit, 2000 Palestiniens ont été arrêtés, soit l’arrestation de 10 Palestiniens par jour.

124 prisonniers sont détenus avant la signature des accords d’Oslo, 50 sont détenus depuis plus de 20 ans et 23 prisonniers sont détenus depuis plus de 25 ans.

Selon le département, 4700 prisonniers palestiniens et arabes sont détenus dans 17 prisons et centres de détention, dont six prisonnières, 185 enfants, 27 membres du conseil législatif.

Plus de 20.000 Palestiniens ont subi la détention administrative depuis 2002, dont 320 toujours détenus.

527 prisonniers sont condamnés à la prison à vie, voire à plusieurs perpétuités, et 822 Palestiniens sont en état d’arrestation, en attente de « jugement ».

Le nombre des prisonniers décédés en prison s’élève à 201 martyrs, depuis 1967, à cause de la torture, de l’assassinat ciblé ou de la négligence médicale, ou suite à des coups violents ou des tirs de balles, ayant entraîné la mort. 76 prisonniers sont décédés depuis 2000.

L’année 2007 fut la plus meurtrière à l’intérieur des prisons, avec le décès de 7 martyrs, à cause de la négligence médicale.

Au-delà de ces statistiques qui démontrent le vrai visage de l’Etat sioniste et de ses prisons, les nouvelles en provenance des prisons indiquent que les prisonniers palestiniens et arabes (les prisonniers égyptiens et jordaniens notamment) poursuivent la grève de la faim commencée le 17 avril dans un climat de terreur : en effet, les autorités carcérales sionistes ont procédé à des transferts collectifs, touchant toutes les prisons, afin de punir les grévistes. Des centaines de prisonniers ont été transférés d’une prison à l’autre dans une tentative de déstabiliser les grévistes de la faim, mais en vain. Ceux-ci ont poursuivi le mouvement. D’autre part, les autorités carcérales ont voulu casser le mouvement en dépêchant, à la veille du 17 avril, un comité pour rencontrer les prisonniers et écouter leurs demandes. Mais les prisonniers ont refusé de répondre à cette manœuvre sioniste de dernière minute.

La répression des prisonniers grévistes prend de plus en plus d’ampleur. Le commandant de la région sud les a menacés disant qu’il utiliserait tous les moyens pour faire cesser la grève. D’après le représentant des prisonniers dans la prison de Ascalan, Nasser Abou Hamid, les forces spéciales ont investi les cellules et confisqué tous les objets personnels, y compris les vêtements et les couvertures. De plus, elles ont coupé l’arrivée d’eau chaude et retiré les appareils électriques, les ustensiles de cuisine, les cahiers et crayons. Dix prisonniers ont été transférés dont le frère de Nasser, Mohammad Nawara, Shadi Barghouty, Wael Abou Dalal, ces derniers n’ont même pas été autorisés à prendre leurs vêtements.

Par ailleurs, les prisonniers Thaer Halahla et Bilal Diab, du mouvement du Jihad islamique, en grève de la faim depuis plus de 50 jours maintenant, ont refusé la proposition sioniste consistant à les libérer contre leur déportation à Gaza. Leur état de santé s’est gravement détérioré. Les autres prisonniers grévistes depuis plusieurs jours, que ce soit plus de 30 jours comme sheikh Jaafar Izzidine, Hassan Safadi, Omar Abou Shalal, ou depuis une semaine, comme Abdallah Barghouty, réclament leur libération immédiate (pour les détenus administratifs) ou la fin de leur isolement et la possibilité de voir leurs familles.

Du côté de la solidarité populaire avec le mouvement des prisonniers, la région de Jénine poursuit les manifestations et les rassemblements de solidarité, en présence du prisonnier libéré sheikh Khodr Adnan, et plusieurs rassemblements ont eu lieu en Cisjordanie et notamment dans al-Qods. Dans Gaza, le comité des déportés de l’Eglise de la nativité, ont déclenché une grève de la faim devant les bureaux du CICR, en signe de solidarité avec les prisonniers grévistes.

A Jénine, le prisonnier libéré Khodr Adnane, qui a mené la plus longue grève de la faim pour réclamer la fin de sa détention administrative, a déclaré que tous les prisonniers grévistes sont unis et déterminés pour poursuivre leur mouvement, ils ont uniquement besoin de la solidarité et du soutien de la part des peuples libres dans le monde, car les prisonniers palestiniens luttent pour la dignité de tous les peuples, et notamment des peuples arabes et musulmans.

(20 avril 2012 – « Baladi »)

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SYRIE : Soral, le nouveau BHL !


Première partie

Seconde partie

PARTIE 2 CENSURÉE donc les images choquantes ont été « floutées. »

A l’image de celui qu’il critique toujours comme pour mieux l’imiter, Alain Soral suit la voie de BHL en nous expliquant la Vérité sur la Syrie et la Révolution en cours sur la base de ce qu’il a vu au terme d’un voyage de quelques jours.
Alain Soral n’a rien vu mais a tout compris. Il n’a pas vu de manifestations à Damas centre et à Hama et en déduit donc que tout est calme en Syrie. Manque de méthodologie ou malhonnêteté ? Qu’il parte donc à Homs et plus particulièrement à Alrastan au lieu de se promener à Damas centre, où la police secrète est omniprésente, ou à Hama, après la tempête. Qu’il parte donc à Deera, ou dans la banlieue de Damas !
Plus étonnant encore : sans jamais voir de « gangs armés », il nous confirme leur existence en nous renseignant de moult détails à leur sujet… soit exactement les mensonges de la dictature des Assads.
Ce n’était vraiment pas la peine de partir là-bas pour nous répéter ce que tu disais déjà ici !
Alors, manque de méthodologie ou malhonnêteté ?

Alain Soral se vante de dire ce qui n’est pas dit dans les grands médias et en fait un argument. Ceci est problème grave de méthodologie (explications dans la vidéo) qu’il partage avec Meyssan, Colon et la bande des « antis ». A toujours partir de la version officielle des grands médias, ces derniers en sont autant les esclaves que ceux qu’ils dénoncent.
Ceci est d’autant plus vrai que les images qui nous parviennent de Syrie sont issues de citoyens syriens qui filment, avec leur portable, en risquant leur vie, les crimes du régime syrien.

Surtout que, à y regarder de plus près, Soral n’a rien dit de nouveau en présentant Damas comme étant calme, ainsi que Hama après le passage de l’armée. Tout le monde le savait déjà ! Autant partir à Alep centre ville ! Ce qui prouve d’ailleurs la réalité des révoltes populaires en Syrie : si tout ceci n’était que mensonges et complot pour porter atteinte au régime des Assad, quitte à mentir, autant affirmer que les révoltes populaires existent aussi à Damas centre et Alep centre.

Et que dire des nombreuses personnalités, qui aiment la Syrie, qui ne sont pas pro-occidental, qui sont antisioniste, qui sont réellement pro-palestiniens, et qui –évidemment- soutiennent la Révolution syrienne ? Ta posture d’anti-Empire et d’antisioniste ne suffira pas cette fois.

La bonne question est en fait de savoir qui défend encore, malgré sa barbarie, le régime des Assads : une certaine partie de l’extrême droite française, une partie des chiites et évidemment les syriens pro-Bachar. Ou l’on découvre qu’Alain Soral est un proche (directement ou indirectement) du régime syrien, au plus haut niveau.

Vive la révolution syrienne !

http://syrianfacts.wordpress.com/

Le piège de la lecture confessionnelle. Répression et cooptation comme clefs de compréhension de la crise syrienne.


Publié le 20 avril 2012 by

Les Assad n’ont absolument pas peur de l’indécence de leur accusation. C’est vraiment l’hôpital qui se moque de la charité! Ce clan qui a porté au pouvoir une partie des alaouites accuse les manifestants d’être sectaires…Pourtant, quoi de plus naturel que la majorité des manifestants soient sunnites, à l’image de la population syrienne? Au moins les manifestants sont plus représentatifs de la société que le clan qui les dirige. Le présent article n’entend pas revenir sur la prétention du régime de défendre les minorités. Cette posture n’a pas plus de valeur que celle de résistant à l’impérialisme américain et à la résistance israélienne (lien).
Les lignes qui suivent cherchent à mettre en garde contre le piège d’une lecture ethno-confessionnelle de la crise syrienne. Il est d’autant plus malheureux de voir des intellectuels tomber dans ce piège que cela fait exactement le jeu du régime syrien. Nous montrerons que les véritables facteurs explicatifs sont la répression du régime syrien doublé de la cooptation qui lui a permis de s’immiscer dans tous les réseaux du tissu social (claniques, familiaux, professionnelles, religieux, ethniques, communautaires, etc.)

Lire la suite de cet article très complet ici

Khader Adnane : les grévistes palestiniens ont juré de ne pas renoncer


Les forces d’occupation israéliennes ont libéré mardi soir le gréviste palestinien, Khader Adnane, ayant observé une grève de la faim de 66 jours.

Dans un discours adressé à une foule qui l’a accueilli en grande pompe dans son village Aarabe, en Cisjordanie occupée, Adnane a assuré que les détenus palestiniens ont juré de ne pas renoncer à la stratégie de la grève de la faim. Il a également révélé qu’il a été menacé par les forces de l’occupation sioniste, de nuire à ses amis et aux membres de sa famille. Le détenu libéré a en outre affirmé que sa grève et la grève de tous les prisonniers, visent à rejeter toutes les formes de détention, dont la détention administrative.

Le Jihad islamique a pour sa part souligné que la ténacité de Khader Adnan a fait plier l’occupation, et a tracé une nouvelle victoire contre l’occupation.

L’expérience de Khader Adnane, 34 ans, a en effet inspiré 1200 autres détenus. Sa stratégie de grève de la faim a relancé le dossier très controversé de la détention administrative. L’occupation israélienne garde en prison plus de 300 Palestiniens sans jugement pour des périodes indéfiniment renouvelables de six mois.
Les grévistes coupés du monde extérieur

Entre-temps, le ministère palestinien des Prisonniers a révélé mercredi que les services pénitentiaires israéliens ont renforcé les pressions contre les grévistes. Les grévistes ont été placés, depuis mardi, à l’isolement. Ils sont désormais privés d’électricité, de radio, de télévision et même des journaux.

Le ministère rappelle que 201 prisonniers palestiniens ont trouvé la mort dans les prisons israéliennes depuis 1967. Les prisonniers sont morts de torture, de négligences médicales, de meurtres prémédités…

Près de 2000 Palestiniens ont été arrêtés depuis l’accord d’échange de prisonniers d’octobre 2011 entre le Hamas et l’occupation, soit une moyenne de plus de 10 arrestations par jour.

Israël  détient actuellement près de 4700 Palestiniens en prison, dont six femmes, 185 mineurs et 27 membres du Conseil législatif palestinien. Plus de 20 000 Palestiniens ont été en détention administrative – sans inculpation ni jugement – depuis 2002, dont 320 prisonniers sont encore en prison à ce jour. A cela s’ajoute 822 personnes en détention préventive.

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La police belge aux ordres de l’Etat israélien?


Entretien : MBs

Mis en ligne le 17/04/2012

« Les conventions internationales contre le racisme et la discrimination raciale sont violées

Des manifestations se sont tenues ce lundi à Bruxelles et à Charleroi pour protester contre l’interdiction d’entrer sur son sol formulée dimanche par Israël aux militants de l’opération « Bienvenue en Palestine ». A l’aéroport de Zaventem, plusieurs compagnies (en particulier Brussels Airlines) avaient refusé d’embarquer une centaine de personnes pour Tel Aviv. Entre 100 et 120 manifestants avaient fait entendre leur voix dans le hall des départs et la police belge était intervenue. Bilan : plusieurs arrestations pour trouble à l’ordre public.

Sébastien Courtoy est avocat de la plateforme « Bienvenue en Palestine ». Il a répondu aux questions de La Libre.

La police est intervenue à l’aéroport de Zaventem pour refouler les militants de « Bienvenue en Palestine » qui devaient s’envoler vers Tel-Aviv à destination de Bethléem. Diriez-vous que la police belge est aux ordres du gouvernement israélien

Bien sûr, oui. C’est un constat. Je peux comprendre que l’Etat d’Israël soit souverain et puisse refuser (pour de mauvaises raisons en l’occurrence) l’accès à son territoire d’une série de personnes. En revanche, il est inimaginable que la police belge refuse aux citoyens belges de quitter le territoire belge ! Sur place, j’ai constaté que quand les militants de « Bienvenue en Palestine » ont voulu franchir la frontière, ils se sont fait crosser par la police, ce qui est une violation de la libre circulation des personnes, garantie non seulement par le Traité de Rome, mais qui est aussi un droit constitutionnel.

Je ne vois pas très bien quel serait l’intérêt de la Belgique de mettre des coups de matraque sur ses citoyens, donc c’est effectivement l’Etat israélien qui tient les commandes. Des faits similaires se sont déjà produits par le passé. Et, au lieu de nous aider cette fois-ci, la Belgique fait le boulot à la place de l’Etat israélien. C’est navrant

Aucun pays ne peut donc interdire à une personne de quitter son territoire. Mais ne peut-il pas, en revanche, en interdire l’accès ?

En principe pas, non. Seulement une fois que quelqu’un est sur place, il peut le refouler. La menace brandie par l’Etat israélien auprès des compagnies était d’ailleurs justement de mettre les frais de rapatriement à charge de ces compagnies, plus amendes, et plus menace d’interdiction d’encore atterrir sur les aéroports d’Israël. Un Etat peut édicter tout ce qu’il veut, certes, mais il y a ici une violation flagrante des règles de droit international. Comment un Etat peut-il a priori refuser l’accès à son territoire à des personnes qu’il n’a jamais interrogées pour savoir quel est le but de leur voyage, qu’il n’a jamais fouillées pour voir si elles transportent quelque chose de dangereux, etc. ? Les conventions internationales contre le racisme et la discrimination raciale sont violées !

Selon certaines sources, le ministère des Affaires extérieures aurait “fait exécuter cette décision”. Avez-vous entendu cela ?

Non, mais j’en ai la conviction en effet. Car quelques jours avant le départ avorté de dimanche, en Belgique et dans les autres pays concernés, des représentants du ministère des Affaires étrangères ont convoqué les « chefs » des délégations (là, ils pouvaient être reçus par le ministre, c’est marrant) pour dire qu’ils avaient reçu de l’Etat israélien une liste de persona non grata. Pourquoi l’Etat israëlien s’en cacherait-il, d’ailleurs, puisque tout lui est permis ?

Les compagnies aériennes peuvent-elles légalement être menacées de sanctions ?

Oui. Mais il y aurait une autre solution : arrêter tout commerce avec le pays à l’origine de la menace. Bien sûr, si tout le monde ne voit que son intérêt personnel et ferme les yeux, les compagnies font ce qu’elles ont fait : refouler des gens sans raison. Mais Brussels Airlines aurait pu décider de ne plus desservir Israël Ou alors de transporter les personnes et de les rapatrier : c’était payable.

Etait-ce de la provocation de passer par Israël ?

S’il est impossible d’atterrir en Palestine, c’est parce que tous les aéroports payés avec l’argent des impôts européens ont été détruits là-bas de façon à ce que tous les arrivées et départs soient filtrés par Israël ! Alors la vraie question n’est ni provocation ni terrorisme, mais est : qu’est-ce que l’Etat israélien a à cacher pour refouler ainsi des observateurs étrangers ?

Si un autre Etat qu’Israël avait agi de la même façon, que se serait-il passé ?

Je ne suis pas activiste. Simplement avocat, depuis douze ans. Mais je dis qu’aucun autre Etat n’aurait pu se permettre cela. Vous savez, on ne s’attaque jamais qu’au plus faible. Depuis quatre ou cinq ans, on a des procès d’islamistes en Belgique : on dirait qu’il n’y a d’extrémistes que chez les musulmans…

source : La Libre

« Bienvenue en Palestine »: 47 étrangers en instance d’expulsion d’Israël


AFP

Mis en ligne le 16/04/2012

Un total de 79 militants de la cause palestinienne se sont vu refuser l’accès au territoire israélien ce week-end pour une période de cinq ans.
Quarante-sept militants étrangers, dont 24 femmes et 23 hommes qui ont participé à l’opération « Bienvenue en Palestine » étaient en instance d’expulsion d’Israël lundi soir, a indiqué une porte-parole des services israéliens d’immigration Sabine Hadad.

« Il reste 47 personnes qui attendent leur expulsion, parmi eux figurent 37 Français, 8 Britanniques, un Italien et un Canadien », a affirmé la porte-parole, précisant que onze manifestants avaient déjà été expulsés dans la journée de lundi.

« Ceux qui restent seront rapatriés par les mêmes compagnies aériennes qui les ont transportés en Israël dès qu’il y aura des places disponibles pour eux », a-t-elle ajouté sans être en mesure de préciser à quel moment ces procédures d’expulsions seront achevées.

Un total de 79 militants de la cause palestinienne se sont vu refuser l’accès au territoire israélien ce week-end pour une période de cinq ans.

Dans un communiqué, les organisateurs français de l’opération « Bienvenue en Palestine » ont annoncé que la cinquantaine de participants encore en Israël « entamaient une grève de la faim, en solidarité avec la journée des prisonniers palestiniens du mardi 17 avril d’une part, et pour exiger à nouveau leur droit élémentaire à circuler librement vers la Cisjordanie occupée, notamment vers Bethléem ».

Selon Olivia Zémor, l’une des organisatrices françaises, « les mesures draconiennes prises par le gouvernement et les services secrets israéliens pour empêcher le millier de volontaires de rejoindre la Palestine se sont transformées en désastre diplomatique et politique pour (le Premier ministre Benjamin) Netanyahu et sa clique ».

Seule une demi-douzaine d’activistes pro-palestiniens ont réussi à gagner leur destination, la ville de Bethléem, en Cisjordanie, a précisé Mme Zémor. M. Netanyahu s’est félicité dimanche de l’efficacité des services de sécurité contre l’opération qui menaçait, selon les dirigeants israéliens, la sécurité de l’aéroport Ben Gourion.

Cette initiative, du 15 au 22 avril, lancée pour la troisième année consécutive, consiste à tenter de faire venir en Cisjordanie des sympathisants du monde entier via Tel-Aviv, afin de dénoncer le contrôle par Israël des accès aux Territoires palestiniens occupés.

Sur quelque 1.500 participants espérés, dont 500 à 600 Français, moins d’une centaine est arrivée jusqu’à Tel-Aviv, la grande majorité ayant été bloquée à l’embarquement à la demande des autorités israéliennes.

Une dirigeante de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Hanane Achraoui, a rendu hommage dans un communiqué aux militants de cette opération qui « ont courageusement défié les politiques israéliennes de siège, d’apartheid et de discrimination en tentant d’entrer en Palestine ce week-end ».

« De telles actions de résistance populaire et non violente dévoilent les pratiques coloniales et oppressives du gouvernement israélien », a ajouté Mme Achraoui en exhortant les pays concernés à « protéger leurs ressortissants de la persécution et à empêcher leurs compagnies aériennes de devenir des instruments de la coercition israélienne ».

Les Etats-Unis ont pour leur part défendu le droit de leur grand allié dans la région d’expulser les militants. « Israël est un pays souverain et comme tel, il a le droit de contrôler les flux de personnes et de biens » à ses frontières, a estimé à Washington un porte-parole du département d’Etat, Mark Toner.

source : La Libre

Air France : « Etes-vous de confession juive ? »


anniebannie : Ne pas rater les commentaires, excellents

lundi 16 avril 2012, par Alain Gresh

Des centaines de militants européens et étrangers souhaitaient se rendre en Palestine pour exprimer leur solidarité avec le peuple palestinien. Ils ne venaient ni poser des bombes, ni attaquer des bâtiments publics. Israël a décidé de leur interdire l’accès aux territoires palestiniens : une nouvelle preuve que ceux-ci sont, purement et simplement, des territoires occupés.

Pour cette violation du droit de circuler librement, le gouvernement israélien a bénéficié de la complaisance des gouvernements européens, qui ont tout fait pour mettre en œuvre l’interdiction. Et les compagnies européennes y ont contribué, au nom de la convention de Chicago (lire la justification d’Air France, « Air France, Easyjet ou Lufthansa annulent des billets vers Israël », 15 avril.)

Laissons les aspects politiques et diplomatiques de cette affaire pour aborder un autre point : si Air France est tenue d’appliquer la convention de Chicago, peut-elle le faire en violant la Déclaration universelle des droits de l’homme et les lois françaises ? Il est interdit, en effet, de discriminer une personne en fonction de sa couleur ou de sa religion. C’est pourtant ce qui s’est passé, en particulier à Nice, où la compagnie a refusé un embarquement en arguant que la personne n’était ni israélienne ni juive ! (voir le document ci-dessous).

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Source : Europalestine, « Le racisme d’Israël et d’Air France au grand jour ».

Il ne s’agit pas d’une simple bavure, puisque Jean-Charles Tréan, directeur du service de presse et des études, précise, en réponse à une question que je lui ai posée : « C’est dans ce cadre que le Chef d’Escale de Permanence à Nice pour le vol AF 4384 du 15 avril 2012 a, sur demande des autorités israéliennes, posé, en leur nom, les deux questions citées. Cela a d’ailleurs permis d’identifier le fait que la passagère concernée n’était pas admise sur le territoire israélien. » On est en présence d’un cas flagrant de discrimination qui devrait être porté devant les tribunaux.

Précisons, pour la petite histoire, que des diplomates français ont aussi été interdits de voyager (« Israeli official : 40% of names on Shin Bet fly-in blacklist were not activists », Haaretz, 16 avril). Et ne vous attendez pas à des protestations de la France.

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