Le conditionnement des chabbiha en Syrie… selon Ali Farzat


Comme des milliers de ses concitoyens, le caricaturiste Ali Farzat a eu affaire, dans un passé qui n’est pas si lointain, à des chabbiha. Tout le monde parle aujourd’hui de ces wouhouch, ces « bêtes »… comme ils aiment à se définir eux-mêmes. Mais rares sont ceux qui les connaissent aussi bien que lui et sont capables, d’un simple trait de crayon ou de plume, d’en dévoiler la réalité.

Dans un dessin récemment publié, il montre le conditionnement auquel ils sont soumis afin d’être en mesure de mener à bien les « missions » – les massacres – que le régime leur confie sous la supervision occulte des moukhabarat, ou qu’il les laisse mener à leur convenance.

Sur le dos du combattant abondamment barbu : chabbiha…

Précédemment, il avait consacré à ceux que ses concitoyens engagés dans la « révolution contre Bachar Al Assad » qualifient plutôt de mourtaziqa (mercenaires) à la solde du régime, plusieurs dessins aussi cruels, qui donnaient à voir quelques unes de leurs autres qualités…

Il ne nous en voudra pas d’en réunir ici un florilège. Ils disent mieux que de longs discours l’aversion que ces créatures inspirent. Ils expliquent surtout le refus obstiné des Syriens descendus dans les rues pour renverser le système en place de regagner leurs maisons… ou ce qu’il en reste, avant d’être parvenus à leur fin.

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Il est étrange mais sans doute aussi significatif qu’Ali Farzat, dont personne ne peut mettre en doute l’adhésion sans réserve à la démocratie, qui a chèrement payé – dans tous les sens du terme… – son désir de liberté, et qui puise son inspiration davantage dans les écrits d’Abou Nouwas que ceux d’Ibn Taymiyya, n’ait pas encore trouvé dans les « terroristes », « jihadistes » et autres « salafistes », aussi utiles que les vétos russe et chinois pour justifier la paralysie internationale, une source équivalente d’inspiration. Il leur a toutefois consacré quelques caricatures qui montrent comment il les considére : comme des hommes dangereusement enfermés dans leurs certitudes…

et sur lesquels il ne compte pas pour instaurer la démocratie…

En noir « Démocratie », en rouge « Dimacratie » (dimâ’ : le sang)

Mais, pressé d’indiquer qui, à son avis, est le premier responsable du « terrorisme » actuel en Syrie, il renvoie à ce dessin qui exprime sans détour le fond de sa pensée.

« Le régime syrien » (sur la feuille de papier : « Cherche le terroriste »)

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Egypte : Morsi revendique un rôle central pour son pays dans le monde arabe


mercredi 5 septembre 2012, par La Rédaction

Le président islamiste égyptien Mohamed Morsi a revendiqué mercredi un rôle central pour son pays dans le monde arabe, estimant que l’Egypte avait été longtemps « marginalisée ».

L’Egypte doit « retrouver sa place naturelle dans le monde arabe, pour aider les peuples arabes à se bâtir un avenir brillant », a-t-il affirmé dans un discours.

L’Egypte « a malheureusement été absente des travaux des Arabes pendant un certain temps », a-t-il ajouté en ouvrant une réunion ministérielle de la Ligue arabe au Caire.

« Nous allons sortir de cette marginalisation qui a prévalu au cours des dernières décennies, et revenir au rôle naturel de l’Egypte », a-t-il ajouté, faisant allusion à l’époque de son prédécesseur Hosni Moubarak, président pendant trente ans avant d’être poussé à la démission par une révolte populaire en février 2011.

M. Morsi, issu du mouvement des Frères musulmans, a été élu en juin dernier à la tête du plus peuplé des pays arabes, avec près de 82 millions d’habitants. Il est le premier président du pays à ne pas venir de l’armée.

Le chef de l’Etat égyptien a déjà fait une entrée remarquée sur la scène internationale, avec en particulier la semaine dernière une visite en Chine suivie d’une escale en Iran.

Depuis Téhéran, ferme allié de Damas, il a fait sensation en condamnant sans ménagement le pouvoir « oppressif » en Syrie.

Mercredi, il a renouvelé devant la Ligue arabe son appel au départ du régime du président Bachar al-Assad, et plaidé pour une relance de l’unité arabe.

« Notre capacité en tant qu’Arabes à relever les défis actuels est largement liée à notre capacité à développer la coopération arabe », a-t-il encore déclaré.

« Nous devons être capables de réformer les mécanismes de la coopération arabe de manière à relancer, chez nous tous, l’unité arabe », a-il ajouté devant les ministres des Affaires étrangères des pays membres de la Ligue.

M. Morsi, qui a effectué sa première visite à l’étranger en tant que président en Arabie saoudite en juillet, doit se rendre la semaine prochaine en visite officielle à Bruxelles et à Rome, puis doit aller aux Etats-Unis à partir du 23 septembre.

(05 Septembre 2012 – Avec les agences de presse)

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Les Héroïnes de roman


La situation actuelle en Syrie a conduit une ancienne détenue politique,
contrainte par les circonstances à taire sa véritable identité,

à exhumer un texte, une brève nouvelle
jadis rédigée en prison.

Elle souhaite le faire partager

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La porte de ma cellule s’ouvrit dans un fracas assourdissant.

« Lève-toi ! Viens tout de suite ! »

J’étais nez à nez avec le responsable des interrogatoires.

« Et alors ? Ca fait six mois que tu es là, et, vrai ou faux, on n’a rien obtenu de toi. Tu crois que si tu ne dis rien, on va te libérer ? Je te le jure, la prison t’avalera morceau par morceau… Tu es une militante. Tu es sensée. Tu es cultivée. Mais il te manque un truc ! Il te manque la culture des maquerelles…! Et puisque c’est ainsi, je vais t’envoyer chez les « droits communs », à Qatana, pour compléter ta formation ! Qu’est-ce que tu en dis ? Je te le jure, je vais te jeter comme une chienne. Je vais te briser les os. Je vais te laisser croupir jusqu’à ce que tes copains, les mecs, sortent de Palmyre, et alors tu sortiras avec eux ! Va entre-temps te cultiver à Qatana ! Va te battre aux côtés de ton prolétariat : prostitution, hachich, meurtre… Je te le jure, même les démons ne sauront plus où te chercher ! Allez dégage ! Emmenez-la… »

Je suis retournée à la cellule. Je riais sous cape. J’en avais enfin fini avec les interrogatoires et la torture. Et surtout, avec les cris arrachés aux autres détenus qu’on torture. Je ne pensai pas un moment à ce qu’il m’avait dit. A Qatana ? Impossible. Il n’y avait jamais eu de précédent. Certes, il y avait bien là-bas quelques prisonnières politiques, mais c’était des sœurs musulmanes. Nous, en revanche, c’était impossible ! Ses propos, certainement, n’étaient qu’une menace. Le flot de ses paroles m’avait cassé la tête. En fait, c’est sûr, ils allaient me libérer. Et pourquoi pas après tout ? Ils n’avaient aucune preuve contre moi.

J’ai respiré profondément et je me suis allongée. Mais à peine étais-je sur le sol que le geôlier a fait intrusion dans mon royaume.

« Allez. Debout ! Prépare tes affaires ! »

Ils m’ont mis les menottes. Ils m’ont bandé les yeux. Ils m’ont embarquée dans un fourgon. Et ils m’ont emmenée à Qatana…

J’imaginais que j’allais de nouveau dévorer des yeux le monde des vivants : le soleil, le ciel, les arbres, le visage des passants, les enfants en tenue d’école… Mais rien de tout cela ne m’intéressait. Une seule chose me préoccupait et absorbait entièrement mes pensées : allais-je vraiment rencontrer ces femmes, que je ne connaissais que par les livres ? Non… Je n’y croyais pas. Le monde des romans est une chose. La réalité en est une autre…

J’avais la chair de poule. Allais-je vraiment me retrouver face à face avec ces femmes-là et plonger dans leur monde ? Elles et moi dans un seul lieu ? Dans un même temps ?

Une voix m’extirpa du tourbillon de mes pensées.

« Ça y est. On est arrivé. Allez, hop, descends ! »

Quoi ? Déjà arrivés ? Quelle vitesse ! Ça n’avait duré que quelques secondes… Impossible…

La voix revint à la charge, plus forte :

« Eh bien ? Tu n’as pas entendu ? Allez, descends ! »

Je suis descendue.

Un policier bedonnant m’attendait.

« Alors ? Tu crois que c’est le foutoir dans le pays ? »

Il a tamponné mon acte d’esclavage. Et il m’a livrée aux couloirs de la prison de Qatana.

Combien de portes en fer ? Combien de grilles ? Je ne sais comment je me suis retrouvée soudain dans une cour. Je reculai, terrorisée, et mon dos heurta la porte.

Des femmes accoururent à ma rencontre. J’étais figée, comme une idiote. Je serrais contre moi le sac où j’avais placé mes affaires, le malaxant de toutes mes forces, comme pour me protéger de je-ne-sais-quoi.

Leurs voix se collaient à moi :

« Elle a l’air d’une « politique » ! Regardez comme elle est habillée ! Sûr que c’est une « politique » ! »

Vous avez raison… Comment le nier ? J’étais arrivée en août, habillée d’un pantalon d’hiver en feutre. J’étais blême et hirsute. Et je m’accrochais au petit sac qui contenait tout mon avoir : un verre, une assiette, des cigarettes et une serviette.

Les femmes s’agglutinaient autour de moi. Je ne distinguais plus les mains, les visages et les voix :

« Moi je suis hachich ! »

« Moi, c’est vol ! »

« Elle, c’est prostitution ! »

« Moi, je suis meurtre ! »

« N’aie pas peur ! On ne va pas te manger… Tiens, prends une chaise, mets-toi à l’aise ».

« Tu veux un café ? Ou plutôt un thé ? Tu préfères un verre d’eau ? Ça fait combien de temps que t’es en prison ? »

« Il n’y a personne avec toi ? »

Les questions se succédaient comme des rafales de mitraillette. Et moi, terrifiée, je me balançais d’un pied sur l’autre. Je ne voulais ni les toucher, ni leur parler. Je ne voulais même pas de leur hospitalité !

J’essayais de m’éloigner d’elles. J’aurais voulu crier : « Foutez-moi la paix ! » Mais les mots me restaient dans la gorge. Ils m’étranglaient. Je pétrissais mon sac avec tout ce qui me restait de force. Je le broyais. Je m’accrochais à lui comme un noyé à un fétu de paille.

Les « héroïnes de roman » allaient et venaient autour de moi dans un brouhaha assourdissant. Leur déluge de mots me submergeait. Leurs paroles résonnaient dans ma tête et dans mon corps. Quand, soudain, antipathique et tonitruante, une voix me fit reprendre mes esprits :

« Allez, ouste ! On ne veut pas de ça chez nous ! Il ne nous manquait plus qu’une mécréante ! Foutez-la dans une autre cellule ! »

Ma peur de ces femmes, les héroïnes de roman, s’est immédiatement évanouie. Le sac m’est tombé des mains. Je me suis tournée dans la direction d’où provenait la voix. J’ai alors tout compris.

La voix était celle de sœurs musulmanes. Leur cellule était fermée. La promenade n’était pas mixte. La moitié de la journée était réservée aux sœurs musulmanes, l’autre moitié aux femmes de droit commun. Mais, à travers le grillage de leur porte en fer, les sœurs voyaient tout.

Elles appelèrent le policier. Il se dirigea vers elles, précédé par une autre voix, peut-être plus forte et plus odieuse encore :

« Mets-la avec les droits communs ! Sa place n’est pas avec nous ! »

Les héroïnes de roman continuaient à tourner autour de moi. J’entendais leurs chuchotements :

« La pauvre… Elle est toute seule. Si seulement il y avait quelqu’un avec elle… Elles vont la rendre folle, la pauvre… »

Je vacillais, ne saisissant au vol que des bribes de mots, observant le spectacle.

Le policier n’en menait pas large, hésitant entre le pouvoir de l’argent et celui de la politique, entre les héroïnes de roman, autour de moi, et les sœurs musulmanes, qui depuis leur cellule lui dictaient ce qu’il devait faire.

Et moi, où étais-je là-dedans ? Dans quel monde étais-je tombée ?

Le soir, quand on m’eut installée de force dans l’une des cellules des sœurs musulmanes, je me recroquevillai sur mon lit. Mon pauvre sac m’accompagnait comme un ami, il me conseillait, me soutenait, me protégeait.

Dans l’obscurité de la nuit, le sommeil m’a fui. J’ai entrepris de compter les secondes, attendant impatiemment les premières lueurs de l’aube, pour me précipiter vers les héroïnes de roman. Oui, les héroïnes de roman. Pour me serrer contre elles. Pour leur faire mes excuses. Evidemment, pour leur faire mes excuses. Et peut-être, peut-être, pleurer sur la poitrine de l’une d’entre elles…

Prison de Qatana
17 août 1984

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Bavure Diplomatique


Par

mar, 04/09/2012 – 23:45

Il y a plus d’un an, dans le métro Parisien, un jeune étudiant Africain subissait un tabassage en règle par les forces de l’Ordre. Son crime ? Avoir oublié de valider son passe Navigo…

L’affaire remonte à plus d’un an. Un soir d’été à la station Châtelet. Avec quelques amis, Virgile (1) s’en va prendre le dernier métro. Pendant que ses potes achètent leurs tickets, lui se voit proposer de passer à l’œil par un couple. Qu’importe, son pass Navigo traîne dans sa poche. Et le jeune étudiant gabonais de le sortir quand des gardiens de la paix viennent le contrôler.

Tous surpris que le suspect ait ses papiers (et son titre de transport), les policiers ne se laissent pas démonter. Fouille en règle, mains contre le mur, palpations. Toujours rien à prendre sur l’Africain, en règle comme ses copains, désireux de ne pas rater le dernier train.

Le ton monte un peu quand les poulets refusent de le laisser repartir, puis le bousculent pour finalement le mettre au sol. Et attendre un prompt renfort de lacrymogène, de coups, dont un fort nécessaire au visage…

 la video

«Le policier qui m’a frappé voulait même utiliser son Taser, confie Virgile à Bakchich, mais l’un de ses collègues l’a raisonné». Pas au point de le relâcher. D’abord conduit dans un local de la RATP – le temps de quelques nouvelles douceurs assénées au visage -, le jeune homme, les lèvres en sang, est finalement emmené à la brigade ferroviaire pour une garde-à-vue de 24 heures.

Durant son transfert se noue un étrange dialogue entre les agents de l’ordre : «On aurait dit qu’ils accordaient leurs version».

Le lendemain, plainte est déposée contre l’étudiant pour… coupset blessures, une demande de prolongation de garde-à-vue tombe même.

Mauvaise pioche : Virgile dispose d’un passeport diplomatique gabonais, qui n’autorise pas une privation de liberté sans que soit averti le consulat. Alerté, le procureur demande la libération rapide du garçon, qui ne se prive pas de porter plainte.

Un an après, vient enfin le procès. Ou plutôt les procès. Le 26 octobre, Virgile comparaitra, en tant qu’auteur supposé de violence contre les forces de l’ordre. Le 2 novembre, Virgile sera en revanche partie civile : la version du policier qui l’a frappé à terre n’a apparemment pas eu l’heur de convaincre l’inspection générale des services, qui a prôné son renvoi en justice.

A croire que ses blessures n’avaient rien de diplomatique…

Maroc Témoignages des jeunes détenus politiques : Viol et torture dans les commissariats


Suite à la manifestation contre « La cherté de la vie et l’augmentation des prix » organisée le 22 juillet 2012 et qui a été réprimée et dispersée à coups de matraques, 6 militants du mouvement du 20 février furent arrêtés (cliquez sur le lien pour en savoir plus) : Samir BradellyAbderrahman AssalTraek RouchdiYoussef Oubella, Nour Essalam Kartachi et Laïla Nassimi, cette dernière étant poursuivie en liberté provisoire.

Les détenus sont aujourd’hui poursuivis « officiellement » pour rassemblement non autorisé, outrage à agent public et pour coups et blessures. Inculpations sans fondements pour cacher un procès politique en premier lieu.

Lors de leur audience devant le juge le 31 août dernier, ils ont affirmé avoir subi des agressions physiques et morales très graves. A travers leurs témoignages, les détenus nous ramènent à une époque sombre de l’histoire du Maroc, époque des procès politiques et des PV signés sous la torture : Introduction d’objets dans leur anus, insulte, humiliation arrachage des ongles et des cils… une histoire à faire rougir de honte tout marocain digne et fier. Présent lors du procès le blogueur Larbi rapporte :

La preuve que les détenus ont subi des sévices physiques et psychi: un a été oblige de signerun pv s’engageant « a se retirer de #feb20 » !

— Larbi.org (@Larbi_org) Septembre 2, 2012

Devant leur familles en larmes et l’ensemble des présents abasourdis par de tels faits, ils ont relaté les détails du traitement inhumain subi depuis leur arrestation. Ci – dessous leur récit dans une lettre ouverte adressée à l’opinion publique agrémenté des détails de leur témoignages :

Après la manifestation réprimée du 22.07.2012 pour dénoncer la hausse des prix, la cherté de la vie et les détentions politiques, nous avons été kidnappés individuellement, par la police civile. Ils nous ont embarqué dans une fourgonnette, nous ont bandé les yeux et ont commencé à nous rouer de coups de poing, de pieds et de matraque. Tout cela était agrémenté d’humiliations et d’insultes.

Une fois arrivés au commissariat de police, ils nous ont dépouillés de nos vêtements et ont introduits des objets durs dans nos anus, ils ont également arraché nos cils, rapporte Nour Essalam Kartachi pour nous obliger à scander « Vive le Roi ». Samir Bradelly rapporte également au juge que cette scène lui a rappelé les vidéos de la Syrie où on leur demandait de dire « la ilaha illa bachar».

Ensuite, lors des interrogatoires et pour nous intimider, la police nous a raconté tous les détails de nos vies antérieures.

Après notre refus de signer le PV, sans l’avoir lu, ils ont essayé de nous arracher les ongles avec une tenaille rapporte Tarek Rouchdi. La police lui a dit : «Mal Rabbek Kats7ab Rassek F l’Espagne ?  Hmazal Ma Wsalna Lih», traduction « (juron) Te crois-tu en Espagne? On n’en est  pas encore là» 

Ils ont refusé de nous soigner, notamment Samir Bradelly qui avait une plaie profonde sur la tête, qui nécessitait plusieurs points de suture. Il a demandé de l’aide plusieurs fois mais en vain, il en a conclu qu’il allait passer la nuit ainsi, obligé de rester éveillé sans reposer sa tête sur le sol pour éviter une inflammation.

Après une grève de la faim, la police a enfin accepté à nous amener à un petit hôpital de quartier. Le plus gravement blessé, Samir a été soigné seulement avec de la Betadine. Pour les autres, le médecin s’est contenté de nous demander les noms sans administrer de soin.

Cependant, notre périple n’était pas terminé pour autant. Une fois arrivés au sein de la prison d’Oukacha, plusieurs prisonniers ont été enrôlés pour nous provoquer, nous agresser et nous harceler.

Laila quant à elle est poursuivie en état de liberté provisoire. Elle a constamment mal au dos à cause du tabassage, elle a rapporté avoir été matraquée sur sa poitrine et rouée de coups également.

A la fin nous :

  • Réaffirmons notre attachement à toutes nos revendications pour lesquelles nous sommes sortis en tant que militants du mouvement du 20 février.
  • Exigeons notre libération immédiate et sans conditions.
  • Affirmons notre solidarité inconditionnelle avec tous les détenus d’opinion.
  • Saluons ceux qui nous ont apporté leur soutien ou exprimé leur solidarité avec nous.
  • Invitons tous les militants libres de rester fidèles aux protestation dans la rue et à défier ce cordon de répression qui étouffe les masses populaires de ce pays.

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