Bavure Diplomatique


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mar, 04/09/2012 – 23:45

Il y a plus d’un an, dans le métro Parisien, un jeune étudiant Africain subissait un tabassage en règle par les forces de l’Ordre. Son crime ? Avoir oublié de valider son passe Navigo…

L’affaire remonte à plus d’un an. Un soir d’été à la station Châtelet. Avec quelques amis, Virgile (1) s’en va prendre le dernier métro. Pendant que ses potes achètent leurs tickets, lui se voit proposer de passer à l’œil par un couple. Qu’importe, son pass Navigo traîne dans sa poche. Et le jeune étudiant gabonais de le sortir quand des gardiens de la paix viennent le contrôler.

Tous surpris que le suspect ait ses papiers (et son titre de transport), les policiers ne se laissent pas démonter. Fouille en règle, mains contre le mur, palpations. Toujours rien à prendre sur l’Africain, en règle comme ses copains, désireux de ne pas rater le dernier train.

Le ton monte un peu quand les poulets refusent de le laisser repartir, puis le bousculent pour finalement le mettre au sol. Et attendre un prompt renfort de lacrymogène, de coups, dont un fort nécessaire au visage…

 la video

«Le policier qui m’a frappé voulait même utiliser son Taser, confie Virgile à Bakchich, mais l’un de ses collègues l’a raisonné». Pas au point de le relâcher. D’abord conduit dans un local de la RATP – le temps de quelques nouvelles douceurs assénées au visage -, le jeune homme, les lèvres en sang, est finalement emmené à la brigade ferroviaire pour une garde-à-vue de 24 heures.

Durant son transfert se noue un étrange dialogue entre les agents de l’ordre : «On aurait dit qu’ils accordaient leurs version».

Le lendemain, plainte est déposée contre l’étudiant pour… coupset blessures, une demande de prolongation de garde-à-vue tombe même.

Mauvaise pioche : Virgile dispose d’un passeport diplomatique gabonais, qui n’autorise pas une privation de liberté sans que soit averti le consulat. Alerté, le procureur demande la libération rapide du garçon, qui ne se prive pas de porter plainte.

Un an après, vient enfin le procès. Ou plutôt les procès. Le 26 octobre, Virgile comparaitra, en tant qu’auteur supposé de violence contre les forces de l’ordre. Le 2 novembre, Virgile sera en revanche partie civile : la version du policier qui l’a frappé à terre n’a apparemment pas eu l’heur de convaincre l’inspection générale des services, qui a prôné son renvoi en justice.

A croire que ses blessures n’avaient rien de diplomatique…

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