SYRIE: L’INDIFFERENCE TUE


SYRIE : L’INDIFFERENCE TUE
Chaîne humaine
Dimanche 16 septembre 2012 à 13:00
Point de départ: BOZAR
Arrivée: Place du Luxembourg

Pourquoi
La violence du régime syrien dans la répression de la contestation qui secoue le pays depuis plus d’un an nous révolte. Les avions de l’armée syrienne choisissent délibérément comme cibles les populations civiles les plus fragiles, notamment les hôpitaux. Ils visent aussi les médecins, les familles de civils et les journalistes.Nous admirons le courage et la détermination de la société syrienne qui lutte pour la liberté, la démocratie.Nous sommes convaincus que ce qui se passe aujourd’hui en Syrie fait partie, malgré ses spécificités, du même processus qui a commencé en Tunisie en décembre 2010 et qui est en train de faire tomber, l’une après l’autre, les dictatures du monde arabe.

Nous savons aussi que ce processus sera long, difficile, contradictoire et que son résultat final n’est pas garanti d’avance. Par contre, nous n’acceptons pas que ce constat puisse justifier un manque de réaction et de mobilisation de la communauté internationale aux côtés des démocrates syriens.

Le silence et le peu de solidarité de la société civile européenne aux événements syriens nous interpelle et est à la base de notre initiative. Il est temps de nous organiser au niveau de nos sociétés civiles pour mettre fin à ce silence ; nous voulons que nos dirigeants passent plus décidément à l’action et que l’Europe assume un rôle plus actif pour mettre fin à cette tragédie.

Ce que nous demandons à l’UE et à ses Etats membres

• D’augmenter l’aide humanitaire aux réfugiés et aux déplacés syriens, non seulement dans les pays limitrophes mais également et surtout à l’intérieur de la Syrie
• De mettre en place une aide humanitaire d’urgence pour la population syrienne
• De faciliter l’accès en Europe des demandeurs d’asile syriens, de leur fournir un accueil adéquat et de faciliter leurs mouvements à l’intérieur de l’UE
• D’augmenter les fonds mis à disposition par l’UE pour soutenir les défenseurs des droits de l’Homme syriens
• De renforcer la politique des sanctions et frapper toute entreprise ou tout individu qui contribue au maintien de ce régime
• De soutenir activement les appels du Haut Commissaire aux Droits de l’Homme des Nations Unis pour que les crimes perpétrés en Syrie soient référés à la Cour Pénale Internationale
• D’accentuer les pressions sur les puissances impliquées dans le conflit (en particulier la Russie et l’Iran) afin d’arrêter tout soutien militaire au régime syrien

Qui sommes-nous?
Nous sommes un groupe de citoyens, d’horizons culturels, professionnels et politiques différents, animés de la même volonté de ne pas rester silencieux face au massacre du peuple syrien; par notre initiative, nous voulons répondre à l’appel de nos amis de la société civile syrienne pour une mobilisation plus forte de la société civile européenne à leurs côtés.

Des citoyens concernés et consternés.

A Alep, le massacre d’un peuple


Par Jean-Philippe Rémy envoyé spécial à Alep
voir galerie photos ici
La ville d’Alep sous les bombes, le stade ultime de la répression de Bachar el-Assad L’ancien poumon économique de la Syrie agonise depuis des semaines sous les bombes de l’armée de Bachar el-Assad. Le stade ultime de la répression conçue par le pouvoir

Les bombardements sont tellement intenses qu’on ramasse pêle-mêle, dans les rues, des cadavres, des gens choqués et des oiseaux morts. Chaque jour, désormais, les bombes gouvernementales tuent, blessent, mutilent la moitié d’Alep. Jeudi, 11 personnes ont encore été tuées lors d’un raid aérien d’un hélicoptère. Le degré de destruction est tel que les mots, pour le définir, ont commencé à nous faire défaut. A quel moment a-t-on atteint ce seuil, cette impression que toutes les règles avaient volé en éclats?Etait-ce devant un hôpital où arrivaient des enfants en charpie comme leurs mères, déchirées par les mêmes bombes? Ou face à cet immeuble de cinq étages, annihilé par une seule explosion, avec ses habitants enterrés sous les décombres et les survivants en train de devenir fous? Ou en regardant, médusés depuis un bout de trottoir, des avions larguer leurs bombes là-bas, au bout de la rue, petit fuseau noir glissant dans l’air d’Alep, comme à l’exercice, pour y faire exploser d’autres gens, d’autres appartements?

Jour après jour, la campagne de destruction se grave dans la chair de la ville. Un obus de mortier qui fait éclater une salle à manger avec ses occupants semble tout à coup un désastre de seconde catégorie. Non loin, des bombes de 500 kg larguées par des jets, ou d’énormes barils d’explosifs largués par des hélicoptères, écrasent ou décapitent des immeubles entiers.

On passe un matin dans une rue. Quelques heures plus tard, elle est bloquée par les éboulis. On y dégage des gens à la pelleteuse. Déjà, un autre obus ou une bombe tombe non loin. Le massacre et le vacarme sont permanents. Le massacre est partout, mais il se fait au goutte-à-goutte, comme pour ajouter une forme de raffinement à la torture. Et chaque jour, le feu du ciel s’intensifie, comme si les cerveaux de cette destruction commençaient à trouver le temps long.

Voici donc le stade ultime de la répression conçue par le pouvoir syrien. Pendant des mois, les manifestants sont descendus dans la rue. Pendant des mois, ils ont été tués ou torturés. Et certains ont fini par prendre les armes. L’Armée syrienne libre (ASL) a fini par prendre la moitié d’Alep, fin juillet. Depuis, on se bat dans la capitale économique. La punition est-elle conçue pour être à la mesure de l’affront?

On ne pourra prétendre qu’il s’agit d’un effet logique de la bataille en cours, dans laquelle l’ASL affronte les forces gouvernementales du sud-ouest au nord-est de la ville sur plusieurs lignes de front. A moins de considérer que l’armée loyaliste est engagée sur un front d’une autre nature, situé dans la troisième dimension de l’espace aérien, et lui donne la liberté d’écraser sous les bombes la moitié d’Alep.

Pour ce combat-là, l’armée régulière consacre le soin qu’on réserve aux grands crimes, comme seuls les Etats parviennent à en échafauder et à en commettre. Il faut un certain calme d’esprit, beaucoup de logistique et de détermination pour détruire bombe après bombe la moitié d’une ville de plus de 2 millions d’habitants, parce qu’un petit nombre de rebelles (ils affirment être 9000, cela semble déjà exagéré) s’y trouvent, et parce que, chaque vendredi, des manifestants continuent d’y appeler le président Bachar el-Assad à quitter le pouvoir.

Pendant que ces bombes tombaient, nous avons essayé de chercher des comparaisons ailleurs, dans la liste des villes détruites par des armées conçues, à l’origine, pour veiller à leur sécurité. Nous avons pensé aux moyens déments de l’armée russe écrasant Grozny, avec ses avions, ses chars et ses obus. Aux habitants de Sarajevo, pilonnés sous les yeux de la planète. Aux quartiers de Mogadiscio rayés de la carte. Ou Guernica? Guernica dans nos mémoires, en raison de son bombardement, et aussi parce que Picasso a immortalisé cette chose si difficile à dire: cette douleur, cette horreur, cette destruction-là?

Lorsque les mots font défaut, la folie n’est plus très loin. Lorsqu’un pouvoir doté d’armes de destruction aussi banalement massives que des escadrilles de bombardiers et d’hélicoptères, de canons, de mortiers, d’obusiers, de mitrailleuses lourdes les utilise contre sa population, cela donne Alep, en train d’être ravagée, et d’y perdre la raison. L’armée syrienne a déjà procédé à des opérations comparables dans d’autres villes, au Liban ou sur son propre territoire. En 1982, à Hama, une insurrection menée à l’origine par les Frères musulmans s’est soldée par le même traitement: des quartiers entiers effacés de la carte. Il n’y avait alors pas d’activistes filmant avec des téléphones portables les rues pulvérisées, avant de mettre en ligne leurs images défiant la compréhension. Il n’y avait pas de témoins extérieurs dans cette Syrie fermée où tous les coups étaient permis.

A Alep, ce n’est pas le cas. Mais les nouvelles qui en filtrent sont énigmatiques. Les témoignages sont rares. On ne connaît pas, avec exactitude, le nombre de victimes. Est-ce parce qu’Alep est devenue si mortifère qu’elle tue jusqu’à l’envie de savoir? Ou parce que le conflit dure depuis trop longtemps pour le reste de la planète, absorbée par d’autres vitesses, d’autres soucis?

La brutalité est pourtant simple: des avions multiplient les rotations à longueur de journées depuis les aéroports et pistes d’atterrissage de la ville pour aller détruire des quartiers voisins, sans rencontrer le moindre obstacle. L’armée de l’air agit, comme le pouvoir central, en toute impunité. Pendant ce temps, l’ASL tient des fronts qui ressemblent de plus en plus à des champs de ruines. Un commandant, dans le centre-ville, résume avec un sourire: «Notre chance, c’est la nullité du pouvoir, pas notre propre force.»

L’ASL n’est pas constituée d’anges. On nous a parlé de pillages dans la zone industrielle de Sheikh Najjar, sous son contrôle. Nous n’avons pas pu le vérifier. Chaque déplacement est devenu d’une infinie complexité. Un soir, nous avons vu passer une photocopie intimant l’ordre aux combattants de la principale brigade (liwa al tahwid) de «ne prendre que les armes et les voitures» des chabiha, les miliciens tueurs du pouvoir, ou encore de «ne pas voler de meubles» dans les appartements désertés. Une forme d’aveu, en creux. Cela change-t-il le calvaire de la ville? Celui que vivent les hommes, les femmes et les enfants tués en faisant la queue devant des boulangeries, par exemple. Le 30 août, Human Rights Watch avait recensé au moins dix massacres par bombes de civils attendant leur tour pour acheter du pain. Cela n’a pas cessé depuis.

Il faut comprendre pourquoi les habitants d’Alep continuent à se masser dans des endroits si exposés qu’ils donnent des frissons dans le dos et l’envie de s’enfuir aussitôt. Ils n’ont tout simplement pas le choix. Car le pain est vendu à un prix plancher dans ces boulangeries subventionnées: 8 livres syriennes, moins d’un dixième d’euro. Le pain est l’un des rares bienfaits que le pouvoir consentait aux plus modestes. Et le besoin, depuis que la guerre civile est entrée dans Alep, n’en est que plus pressant. Il n’y a plus de travail, plus de clients, plus de rentrées d’argent, ou si peu.

Dans les rues, il y a des gens qui ne sont pas des clochards, mais fouillent les tas d’immondices à la recherche de nourriture. Il y a des femmes qui n’auraient pas adressé la parole à un étranger, mais en sont réduites à essayer de vendre quelques cigarettes à même le sol. A Alep, il faut s’interroger sur sa façon de vivre comme on se demanderait comment mourir. N’est-ce pas, aussi, à devenir fou?

Ou parfaitement lucide. Comme ce commandant sur le front du quartier de Salahaddine, le cheikh Walid Chlech, qui nous demandait, en connaissant la réponse, ce que «nous» pouvions faire pour arrêter le massacre. Allez parler du Conseil de sécurité, des règles et ruses de la diplomatie internationale à un homme qui est à la merci, à chaque seconde, d’un obus de char bien placé dans le quart de ruelle où il se bat le jour, la nuit, devant des façades d’immeubles par où la mort sort sans se lasser. Allez lui dire que la France aurait bien aimé faire plus, mais que le gouvernement a ses obligations, la rébellion ses divisions et que la crise économique éprouve l’Europe.

La question, au bout du compte, n’avait rien d’un piège rhétorique, qui obligerait à choisir son camp au milieu des décombres. La seule chose à retenir est qu’au fond le cheikh était bien obligeant de nous la poser, car il aurait tout aussi bien pu ajouter: si vous êtes venus jusqu’ici vous faire tirer dessus en pure perte, autant rentrer chez vous. A quoi bon, vos mots, vos interrogations, et vos gouvernements, si c’est pour nous laisser mourir?

Que peut le cinéma? A propos de la Syrie / Jour 1


Hors les murs Bozar

Cinéma

Séance cinéma: 3/5 €
Les conversations (excepté la table ronde) sont accessibles aux détenteurs d’un ticket.

 

 

VE 14.09 18:00

Que peut le Cinéma?

Ouverture et hommage à Omar Amiralay, par Oussama Mohammad

VE 14.09 18:00

Omar Amiralay est né en 1944 à Damas. Refusant la fiction, il a tourné de nombreux documentaires critiques à l’égard de la réalité de son pays et du Proche-Orient. Disparu en février 2011, juste avant que n’éclosent les premières manifestations en Syrie, Omar Amiralay est un des cinéastes les plus influents du monde arabe. Nombreux sont ses films qui ont contribué à sa renommée internationale : Film Essay on the Euphrates Dam (1970), Everyday life in a Syrian Village (1972), The Chickens (1977), A Flood in Baath Country (2003)

Oussama Mohammad est né en 1954, à Lattakieh en Syrie. Etoiles de jour (1988), son premier long-métrage, a été considéré comme l’une des critiques les plus virulentes de la société syrienne contemporaine sous le régime Baas, une charge contre l’ordre patriarcal : il n’a jamais pu être montré en Syrie. En 1992, il a co-écrit le scénario de La Nuit avec Mohammad Malas et co-réalisé, avec Omar Amiralay et Mohammad Malas le documentaire collectif Ombre et Lumière (Nouron wa Zila, 1994). C’est en 2002 qu’il a réalisé son second long métrage Sacrifices.

Que peut le Cinéma?

Déluge au pays du Baas de Omar Amiralay
Syrie, 1970, N&B, vidéo, 46’.

VE 14.09 20:00

Il y a 33 ans, Omar Amiralay était un inconditionnel de la modernisation de son pays, la Syrie, au point de consacrer son premier film, Essai sur le barrage de l’Euphrate,à un barrage qui était la fierté du parti Baas au pouvoir. Aujourd’hui, il regrette cette erreur de jeunesse. L’effondrement d’un barrage et la révélation d’un rapport officiel prédisant le même sort à tous les barrages construits sous le règne du parti Baas l’incitent à retourner sur les lieux de son premier tournage. Il a choisi un village dont les habitants, et jusqu’à son point d’eau, portent tous le même nom « El Machi ».

Gouvernée par un chef de tribu, membre du Parlement, et régentée par son neveu, directeur de l’école et responsable du parti, cette entité « El Machienne » est à l’image d’un pays que le parti Baas façonne depuis quarante ans, sans partage.

Réalisateur : Omar Amiralay
Image : Meyar Al-Roumi
Montage : Chantal Piquet
Etalonnage : Guillermo Fernandez
Mixage : Georges Lafitte
Contact : AMIP

Que peut le Cinéma?

Aujourd’hui l’urgence I
Présentation de films réalisés en Syrie par de jeunes cinéastes syriens activistes, choix de Hala Alabdalla

VE 14.09 22:00

Née en 1956 à Hama, Hala Alabdalla a signé de nombreux documentaires et collaboré à la production des films parmi les plus importants en Syrie, notamment ceux d’Omar Amiralay, d’Ossama Mohamed et de Mohammad Malas. Elle travaille aujourd’hui entre la France et la Syrie, dirigeant la société de production syrienne Ramadfilm. Son premier documentaire : Je suis celle qui porte les fleurs vers sa tombe (2006), est une œuvre d’art unique reconnue internationalement. Elle a ensuite réalisé Hé! N’oublie pas le cumin (2008). Elle achève en ce moment  son nouveau film Comme si nous attrapions un cobra.

Hama 82-11 « Stories » of Syria

Syrie, 2011, couleurs, vidéo, 26’.

En 1982, Le régime syrien a commis des massacres à Hama, en Syrie, qui ont causé des milliers de morts. A l’époque tout est a été passé sous silence et pas la moindre photo n’en a échappé.

« Hama 1982-2011» tente de parler de ces massacres partant d’aujourd’hui pour montrer que le régime n’a pas changé depuis 1970, et continue à décimer son peuple.

En 2011 à Hama, la ville révoltée, les gens racontent pour la première fois leurs souvenirs de 82, la douleur demeure dans les mots et les larmes… Nous voyons des images d’aujourd’hui, de la résistance et de la souffrance, mais aussi un vent de liberté qui laisse s’échapper pour la première fois les histoires d’il y a 30 ans…

Hommage à Bassel Chéhadé

Bassel Chéhadé, jeune réalisateur syrien, a été assassiné à Homs le 28 mai 2012. Boursier du programme Fulbright en 2011, il achevait un master aux Beaux-Arts de l’Université de Syracuse en section cinéma, mais avait décidé de retourner en Syrie  quand a débuté la révolution.

Il  était passionné de randonnée, connaissait les moindres recoins de la Syrie. Il avait voyagé en Syrie, en Turquie, au Kurdistan, en Iran, au Pakistan et en Inde. Doué, plein d’énergie, d’enthousiasme et de joie de vivre, il pensait que l’art pouvait accroître la solidarité.

source

QUE PEUT LE CINEMA? A propos de la Syrie


Cela se passe au Beaux-Arts, Rue Ravenstein 23, 000 Bruxelles, Info & Tickets 02 507 82 00
et à la Cinémathèque pour le 4ème jour le lundi  17 septembre.

En principe Table ronde le dimanche 16/09 à 11h, aux Beaux-Arts. Mais comme c’est le dimanche sans voitures ce jour-là, il se peut que cela change.

Voir sur : http://www.halles.be/fr/program/343/Que-peut-le-Cin%C3%A9ma
et : http://www.bozar.be/activity.php?id=12647&selectiondate=2012-09-14

QUE PEUT LE CINEMA? A propos de la Syrie
Avec le soutien du réalisateur Costa-Gavras

À l’initiative des Halles de Schaerbeek et sous les auspices du cinéaste Costa-Gavras, BOZAR CINEMA et CINEMATEK se penchent sur le cinéma syrien. La célébration du 7e art venu de ce pays ensanglanté pourrait sembler futile. Et pourtant, elle est au contraire tout à fait de circonstance. En effet, les réalisateurs dissidents se servent depuis toujours du cinéma pour remettre en question la propagande du régime, qui contrôle de très près la production cinématographique officielle. Et le succès qu’ils ne rencontrent pas dans leur patrie est en revanche au rendez-vous dans les festivals internationaux. En outre, depuis le début de la guerre civile au printemps 2011, on a constaté une véritable explosion de la créativité cinématographique. À l’aide de caméras compactes et de smartphones, et grâce à des sites tels que YouTube et Facebook, les jeunes activistes et blogueurs ont transformé ce média en arme de guérilla. Le monde ne peut plus prétendre qu’il n’a rien vu car, avec le live streaming, il est désormais possible de suivre la révolution en direct depuis son salon.

Pendant trois jours, nous mettons à l’honneur des classiques syriens, des nouvelles productions et des débats.
Nous rendons hommage à Omar Amiralay, le père du documentaire critique en Syrie, à travers son film Déluge au pays du Baas (2003) et une conférence. Les réalisateurs Oussama Mohammad et Hala Alabdalla dressent un état des lieux du cinéma syrien en 2012. Nous projetons aussi une série de courtes vidéos (animations et reportages) fraîchement sorties de Syrie. Le dimanche matin, nous assisterons à un débat entre des spécialistes de la région, dont Mohammad Ali Atassi, Ziad Majed et Amer Matar. Le soir, ne manquez pas le concert de la chanteuse Noma Omran, l’une des meilleures interprètes contemporaines du maqâm syrien. Le lundi, CINEMATEK clôture ce long week-end en beauté avec des films d’Omar Amiralay et d’Oussama Mohammad.

Avec le soutien de la fondation Bernheim, du Ministre-Président de la Fédération Wallonie-Bruxelles et Euromed. Remerciements à Simone Süsskind, Alessio Cappellani et Leila Shahid.

Dates Vendredi 14 > Dimanche 16.09.2012
Lieu Palais des Beaux-Arts / Studio
Accès Rue Ravenstein



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Quand haine et bêtise s’enchaînent


LOOS,BAUDOUIN; BUSSARD,STEPHANE

Page 9

Jeudi 13 septembre 2012

USA L’ambassadeur américain en Libye est mort asphyxié

new york

de notre envoyé permanent

Le choc des images et du calendrier. Alors que les proches des victimes des attentats du 11 Septembre 2001 commémoraient la tragédie qui frappa l’Amérique voici onze ans, des islamistes radicaux prenaient d’assaut, mardi soir, le consulat américain de Benghazi en Libye ainsi que l’ambassade des Etats-Unis au Caire. Dans cette irruption de violence apparemment liée à la diffusion d’un extrait de film réalisé par un Israélo-Américain dépeignant Mahomet comme un grand séducteur, un homosexuel et un pédophile, l’ambassadeur américain en Libye Christopher Stevens a été tué ainsi que trois autres collaborateurs. Il est mort d’une asphyxie due à l’inhalation de fumées malgré les efforts fournis pendant 90 minutes par un médecin pour le ranimer.

Mercredi matin, dans la Roseraie de la Maison-Blanche, aux côtés de Hillary Clinton, le président Barack Obama a été ferme pour dénoncer le raid de Benghazi : « Les Etats-Unis condamnent dans les termes les plus forts cette attaque scandaleuse et choquante. » Il a aussi mis en garde : « Justice sera faite. » Les capitales occidentales, Londres et Paris en particulier, ainsi que l’ONU et l’Otan ont vivement condamné l’attaque perpétrée par des islamistes radicaux au moyen de lance-grenades. La secrétaire d’Etat américaine a attribué la tragédie à un « petit groupe de sauvages » et assuré Tripoli que l’amitié des Etats-Unis serait préservée. Washington a renforcé la sécurité de ses ambassades et envoyé des marines en Libye.

De leur côté, les autorités libyennes ont pointé du doigt les fidèles de l’ancien régime de Kadhafi et le réseau Al-Qaïda. Le président du Congrès libyen, Mohammed Magarief, a présenté ses excuses au peuple américain.

Le décès du diplomate américain arabophone et francophone de 52 ans, qui avait déjà travaillé pour le Département d’Etat à Jérusalem, Damas, au Caire et à Riyad, a suscité une vive émotion aux Etats-Unis. Jusqu’à dimanche, les drapeaux américains sont en berne sur les édifices publics.

Jusqu’ici, seuls cinq ambassadeurs des Etats-Unis ont été tués lors d’attentats terroristes, dont le dernier en date, Adolph Dubs, en 1979 en Afghanistan. Christopher Stevens, qui avait déjà officié en qualité d’ambassadeur auprès des rebelles libyens au début du Printemps arabe, venait d’être nommé envoyé spécial en Libye en mai dernier. Basé à Tripoli, il se rendait à Benghazi pour ouvrir un centre culturel.

Rompant avec une tradition d’unité du pays après une telle tragédie et se distinguant des républicains du Congrès, le candidat à la présidence des Etats-Unis Mitt Romney a mis fin sans tarder à la trêve électorale décrétée tacitement pour l’anniversaire des attentats du 11 Septembre. Il a fustigé mardi soir déjà la réaction de la Maison-Blanche alors qu’il n’était pas au courant de la mort de l’ambassadeur Stevens : « Il est scandaleux que la première réaction de l’administration Obama ne consistait pas à condamner les attaques contre nos missions diplomatiques, mais de sympathiser avec ceux qui ont fomenté ces mêmes attaques. » Mercredi, il n’en démordait pas, évoquant le message envoyé sur Twitter par l’ambassade américaine du Caire qui condamnait implicitement le film et « les efforts continus d’individus mal avisés pour heurter les sentiments religieux de musulmans (…) et les tentatives d’offenser les croyants de toutes religions ».

Si l’Amérique s’est beaucoup penchée sur la dérive islamiste de mardi soir, elle a beaucoup moins parlé de ce qui était à l’origine des violences : un film, très médiocre, L’innocence des musulmans, réalisé par un Israélo-Américain de 52 ans, Sam Bacile, dans lequel ce dernier décrit le prophète Mahomet comme un coureur de jupons, un homosexuel, pédophile et un voyou sanguinaire. Le film, « qui est politique et non religieux » selon son auteur, et qui souligne que « l’islam est un cancer », a été financé à hauteur de 5 millions de dollars par une centaine de donateurs juifs anonymes.

Même si pour l’heure, les extraits du film n’ont pas provoqué une vague d’indignation semblable à celle causée par la publication des caricatures de Mahomet en 2005 au Danemark, les protestations se sont multipliées mercredi en Tunisie, Egypte et Maroc.

Le film a un promoteur de renom : Terry Jones, le pasteur chrétien intégriste qui avait déjà provoqué des dizaines de morts en Afghanistan en 2010 et 2011 après avoir menacé de brûler, puis avoir effectivement bouté le feu à un Coran.

anniebannie: pas un mot sur les morts libyennes. Intéressant article de Max Blumenthal sur l’auteur du film.