Quand haine et bêtise s’enchaînent


LOOS,BAUDOUIN; BUSSARD,STEPHANE

Page 9

Jeudi 13 septembre 2012

USA L’ambassadeur américain en Libye est mort asphyxié

new york

de notre envoyé permanent

Le choc des images et du calendrier. Alors que les proches des victimes des attentats du 11 Septembre 2001 commémoraient la tragédie qui frappa l’Amérique voici onze ans, des islamistes radicaux prenaient d’assaut, mardi soir, le consulat américain de Benghazi en Libye ainsi que l’ambassade des Etats-Unis au Caire. Dans cette irruption de violence apparemment liée à la diffusion d’un extrait de film réalisé par un Israélo-Américain dépeignant Mahomet comme un grand séducteur, un homosexuel et un pédophile, l’ambassadeur américain en Libye Christopher Stevens a été tué ainsi que trois autres collaborateurs. Il est mort d’une asphyxie due à l’inhalation de fumées malgré les efforts fournis pendant 90 minutes par un médecin pour le ranimer.

Mercredi matin, dans la Roseraie de la Maison-Blanche, aux côtés de Hillary Clinton, le président Barack Obama a été ferme pour dénoncer le raid de Benghazi : « Les Etats-Unis condamnent dans les termes les plus forts cette attaque scandaleuse et choquante. » Il a aussi mis en garde : « Justice sera faite. » Les capitales occidentales, Londres et Paris en particulier, ainsi que l’ONU et l’Otan ont vivement condamné l’attaque perpétrée par des islamistes radicaux au moyen de lance-grenades. La secrétaire d’Etat américaine a attribué la tragédie à un « petit groupe de sauvages » et assuré Tripoli que l’amitié des Etats-Unis serait préservée. Washington a renforcé la sécurité de ses ambassades et envoyé des marines en Libye.

De leur côté, les autorités libyennes ont pointé du doigt les fidèles de l’ancien régime de Kadhafi et le réseau Al-Qaïda. Le président du Congrès libyen, Mohammed Magarief, a présenté ses excuses au peuple américain.

Le décès du diplomate américain arabophone et francophone de 52 ans, qui avait déjà travaillé pour le Département d’Etat à Jérusalem, Damas, au Caire et à Riyad, a suscité une vive émotion aux Etats-Unis. Jusqu’à dimanche, les drapeaux américains sont en berne sur les édifices publics.

Jusqu’ici, seuls cinq ambassadeurs des Etats-Unis ont été tués lors d’attentats terroristes, dont le dernier en date, Adolph Dubs, en 1979 en Afghanistan. Christopher Stevens, qui avait déjà officié en qualité d’ambassadeur auprès des rebelles libyens au début du Printemps arabe, venait d’être nommé envoyé spécial en Libye en mai dernier. Basé à Tripoli, il se rendait à Benghazi pour ouvrir un centre culturel.

Rompant avec une tradition d’unité du pays après une telle tragédie et se distinguant des républicains du Congrès, le candidat à la présidence des Etats-Unis Mitt Romney a mis fin sans tarder à la trêve électorale décrétée tacitement pour l’anniversaire des attentats du 11 Septembre. Il a fustigé mardi soir déjà la réaction de la Maison-Blanche alors qu’il n’était pas au courant de la mort de l’ambassadeur Stevens : « Il est scandaleux que la première réaction de l’administration Obama ne consistait pas à condamner les attaques contre nos missions diplomatiques, mais de sympathiser avec ceux qui ont fomenté ces mêmes attaques. » Mercredi, il n’en démordait pas, évoquant le message envoyé sur Twitter par l’ambassade américaine du Caire qui condamnait implicitement le film et « les efforts continus d’individus mal avisés pour heurter les sentiments religieux de musulmans (…) et les tentatives d’offenser les croyants de toutes religions ».

Si l’Amérique s’est beaucoup penchée sur la dérive islamiste de mardi soir, elle a beaucoup moins parlé de ce qui était à l’origine des violences : un film, très médiocre, L’innocence des musulmans, réalisé par un Israélo-Américain de 52 ans, Sam Bacile, dans lequel ce dernier décrit le prophète Mahomet comme un coureur de jupons, un homosexuel, pédophile et un voyou sanguinaire. Le film, « qui est politique et non religieux » selon son auteur, et qui souligne que « l’islam est un cancer », a été financé à hauteur de 5 millions de dollars par une centaine de donateurs juifs anonymes.

Même si pour l’heure, les extraits du film n’ont pas provoqué une vague d’indignation semblable à celle causée par la publication des caricatures de Mahomet en 2005 au Danemark, les protestations se sont multipliées mercredi en Tunisie, Egypte et Maroc.

Le film a un promoteur de renom : Terry Jones, le pasteur chrétien intégriste qui avait déjà provoqué des dizaines de morts en Afghanistan en 2010 et 2011 après avoir menacé de brûler, puis avoir effectivement bouté le feu à un Coran.

anniebannie: pas un mot sur les morts libyennes. Intéressant article de Max Blumenthal sur l’auteur du film.

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