Amira Hass: Condamner l’occupation israélienne ne suffit pas  


Par Amira Hass, 8 septembre 2017, Haaretz

Européens, vos dénonciations sont perçues par Israël comme dénuées de caractère urgent. Ce que vous devez faire, c’est appliquer des sanctions douloureuses.

Aux Pays-Bas, à la Belgique et à la France : Il ne suffit pas de condamner uniquement par des mots la politique de destruction menée par Israël, qui détruit des infrastructures et des habitations financées avec l’argent de vos contribuables. C’est une bonne chose que vous soyez en colère, mais le tempo de l’accumulation de votre colère est de loin inférieur au rythme effréné et dangereux des bulldozers de l’Administration civile et des Forces de défense des colonies en Cisjordanie.

Vos condamnations sont perçues comme dénuées de caractère urgent. Vous devez entreprendre des actions réelles. Oui, des sanctions ouvertes et déclarées, qui emprunteront la voie d’une sévérité accrue. Des sanctions douloureuses. Ce peut être la dernière chance de faire bouger l’Israélien moyen, y compris les hommes d’affaires, les touristes, les juges, les universitaires, les fermiers et les consommateurs de football étranger de leur indifférence et de leur complaisance criminelle.

Cessez de vous effrayer du chantage affectif israélien. Israël met en jeu le souvenir de nos familles assassinées en Europe afin d’accélérer l’expulsion des Palestiniens de l’ensemble du territoire cisjordanien et de les déporter dans les enclaves de l’Autorité palestinienne. Telle est l’intention qui sous-tend toutes les démolitions et confiscations ainsi que les interdictions de bâtir, d’élever du bétail et d’irriguer les champs. Tous ceux qui planifient et appliquent cette lente politique d’expulsion pensent déjà à la grande expulsion, cette fois vers la Jordanie. Et que ferez-vous alors ? Vous publierez des condamnations tout en envoyant des réservoirs d’eau et des tentes aux personnes qui auront été expulsées ?

Le 24 août, le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, et le vice-Premier ministre et ministre de la Coopération au développement, Alexander De Croo, publiaient une condamnation officielle de la confiscation des caravanes devant servir de classes pour les quatre premières années primaires dans le village palestinien de Jubbet Adh-Dhib, ainsi que la confiscation des panneaux solaires destinés à l’école du camp de Bédouins d’Abu Nuwwar.

Les Belges faisaient remarquer qu’ils étaient de ceux qui avaient financé ces équipements. « [La Belgique] continuera à travailler avec ses partenaires, comme par le passé, afin de demander aux autorités israéliennes de mettre un terme à ces démolitions », peut-on lire dans la déclaration du ministre des Affaires étrangères.

L’un de ces partenaires n’est autre que les Pays-Bas, dont le Parlement a consacré pas mal de temps à discuter des démolitions commises par les Israéliens, plus de temps, quoi qu’il en soit, que n’en a consacré la Knesset. Voici ce que les ministres du cabinet hollandais ont rapporté le mois dernier aux parlementaires hollandais à propos de la confiscation des panneaux solaires de Jubbet Adh-Dhib en juin : « Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a promis par courrier de restituer les panneaux solaires aux Pays-Bas. » Le cabinet du Premier ministre n’a ni confirmé ni dénié ce rapport.

Après la confiscation, le village a été condamné à ne recevoir que deux heures d’électricité par jour, produite par un générateur. Ces vingt dernières années, le village a soumis au moins quatre requêtes à l’Administration civile pour être raccordé au réseau d’électricité et toutes ces requêtes ont été rejetées. L’expérience enseigne qu’Israël ne donne pas de permis – ou si peu – de construction dans la Zone C (qui couvre environ 60 pour 100 de la Cisjordanie). La tentative des Hollandais pour recevoir un permis de l’Administration civile pour un seul projet – un cas test, donc – n’a pas abouti à des résultats positifs. En tant que force occupante, Israël n’a pas le droit de détruire ou de confisquer des propriétés, excepté par nécessité de temps de guerre.

La France elle aussi a annoncé fièrement qu’elle était une partenaire dans la construction humanitaire en Zone C et à Abu Nuwwar. La France a elle aussi condamné les récentes démolitions et a demandé qu’on lui renvoie les équipements confisqués. En six mois, Israël a détruit 259 structures palestiniennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, explique la condamnation émise par la France. Au cours de la même période, le gouvernement israélien a approuvé la construction de plus de 10 000 unités de logement dans les colonies – trois fois plus que pour toute l’année précédente.

Ainsi donc, la destruction des communautés palestiniennes, l’évacuation de la famille Shamasneh de sa maison à Jérusalem et les plans du ministre de la Défense Avigdor Lieberman visant à démolir Sussia et Khan al-Akhmar représentent l’autre face de la médaille de la construction de colonies.

Voilà comment Israël applique une expulsion graduelle. Sans sanctions, il peut prendre une profonde aspiration et sa foi dans sa capacité à appliquer le plan est solide. Qui donc sait mieux que vous, et que votre voisin allemand en particulier, à quoi mènent les plans d’expulsion limitée, et quelle disposition d’esprit criminelle ils mettent en place dans une société qui planifie ce genre de chose ?

Traduction: Jean Marie Flémal  » pour la Palestine «

Source: Haaretz 

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Tunisie : les Musulmanes peuvent enfin épouser des non-musulmans


En Tunisie, le mariage des femmes musulmanes avec des hommes non-musulmans n’est plus interdit. Une avancée majeure vers plus d’égalité.

C’est la bonne nouvelle du jour : les Tunisiennes musulmanes peuvent désormais se marier à des non-musulmans. Une circulaire datant de 1973 encadrait jusqu’à présent l’union des Tunisiennes de confession musulmane. Celle-ci vient d’être annulée. Explications.

Depuis le 14 septembre, les Tunisiennes musulmanes pourront dorénavant épouser des non-musulmans dans leur pays. Les circulaires ministérielles empêchant ces unions viennent d’être abolies par le président Béji Caïd Essebsi lui-même, suite à une plainte déposée auprès du tribunal administratif par des organisations de la société civile.

Ces circulaires étaient en effet jugées discriminatoires et contraire à la Constitution qui garantie l’égalité entre les hommes et les femmes. Il s’agissait également d’une « violation du droit fondamental de tout être humain à choisir son conjoint » selon le Collectif pour les libertés individuelles.

Jusqu’à présent, les Tunisiennes qui souhaitaient se marier à des non-musulmans devaient être en mesure de fournir le certificat de conversion à l’islam de leur futur mari. Alors que, de leur côté, les hommes musulmans avaient le droit d’épouser une femme de confession judaïque ou chrétienne, selon les préceptes du Coran.

Saïda Garrach, porte-parole de la présidence de la République tunisienne a affirmé sur Facebook :

« Tous les textes liés à l’interdiction du mariage de la Tunisienne avec un étranger, à savoir la circulaire de 1973 et tous les textes semblables, ont été annulés. Félicitations aux femmes de Tunisie pour la consécration du droit à la liberté de choisir son conjoint. »

Une très belle avancée au nom de l’égalité dans le pays considéré comme pionnier dans le monde arabe en matière de droits des femmes.

Un Etat colonial, mais aussi un regime corrompu jusqu’à la moelle


Un Etat colonial, mais aussi un regime corrompu jusqu’à la moelle

Il y a un ou deux ans je publiais un post sur l’immense rideau qui fermait, a certains moments, la rue Balfour, lieu de la residence du Premier Ministre et de sa famille. « Qu’ont-ils a cacher? » je demandais naïvement, et plus naïvement encore, je répondais « rien… en fait, ils ne veulent pas voir le peuple, c’est tout. » Grace au travail de plusieurs journalistes, mais aussi de la police criminelle, le rideau s’est dechire, et on sait ce qu’ils cachent.

Commencons par l’aperitif: ils cachaient des centaines de caisses de champagne rose [sic] qu’adore Madame Sarah, et des centaines de boites de cigares-batons-de chaise dont raffole Monsieur Benjamin. Cadeaux du milliardaire Arnon Milchan, mais pas tout a fait gratuits comme on peut l’imaginer: Milchan sera temoin a charge dans le dossier 1000, dans lequel Netanyahou est suspecte de corruption.
Mais avant même que le premier ministre ne soit mis en examen, c’est sa femme qui occupe la justice: elle vient d’être inculpée de fraude aggravée, suite a une longue série de dépenses importantes (nourriture, boissons, catering de luxe) inscrites sur le compte de la résidence officielle, mais qui étaient destinées a leur villa de Césarée et accessoirement au père de Madame Netanyahou.

Passons maintenant aux choses serieuses qui se passent derriere le rideau de la rue Balfour, et en particulier au dossier 3000: des centaines de millions de dollars de pots de vin et de commissions dans l’achat de sous marins allemands. Si Netanyahou n’est pas – encore – interroge, tout son entourage l’a été, y compris son ancien chef de cabinet et plusieurs anciens ministres, sans oublier les chefs de la marine militaire. Plusieurs sont déjà inculpes, certains ont accepte de temoigner a charge, en echange d’une promesse de peine plus legere. L’odeur qui transpire a travers le rideau de la rue Balfour est nauseabonde, celle d’une corruption generalisee.
Face a ce qui apparait comme une veritable avalanche d’affaires sordides, loin de demissioner, Netanayahou contrattaque: devant ses supporters qui sont prets a tout entendre et a tout accepter, il denonce un complot des elites – justice, police et surtout media – contre… le peuple, dont il est evidement le representant, ayant été democratiquement elu. « Les élites refusent le verdict populaire » répètent a tour de rôle ses proches, en particulier la ministre de la justice [sic] Ayelet Shaked pour qui la démocratie est un cheque en blanc et une impunité totale a ceux que la majorité a élu: droit, separation des pouvoirs, « checks and balances » comme le disent les Americains – elle n’en a jamais entendu parler. C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle elle a fait de la Cour Supreme sont ennemi numero un, avec pour objectif declare de lui enlever son role de cour constitutionnelle, et la reduire a une simple cour d’appel.

Netanyahou se voit comme un nouveau Sultan: avec ses frasques, son bling bling, mais aussi la centralite qu’il donne a la Sultane Sarah et surtout a celui qu’il considere comme le prince heritier, son fils Yair. Ce jeune homme de 26 ans, dont l’intelligence n’est pas la qualite la plus remarquable, n’a jamais travaille de sa vie, et ne fait qu’accompagner son père dans ses voyages officiels. Il est actif, hyperactif peut-on dire, dans la defense aggressive de son Sultan de père, et surtout de la Sultane. Dans le cadre de cette campagne, il vient de publier une caricature ouvertement antisémite qui a mis, une fois de plus, son père dans l’embarras.
Alors que les dirigeants israéliens étaient connus pour leur train de vie modeste et l’absence de frasques dans leurs façons de mener les affaires de la nation, les Netanyahou sont l’exact oppose: demandez aux Jerusolomitains ce qu’ils pensent des convois officiels et tonitruants qui accompagnent plusieurs fois par jour le premier ministre dans ses déplacements publics et prives, a coup de sirènes, de klaxons, et de fermetures de rues. J’avais rencontre ce type de convois en Turquie, a l’epoque de la dictature militaire… Et qu’on ne nous raconte pas que se sont les services de securite qui l’exigent: le President de l’Etat, Reuven Rivline, ne fait pas tout ce bruit quand il se deplace, et il n’hesite pas a aller a pied et a serrer les mains des passants. Mais le Chef de l’Etat, pourtant nationaliste de droite, ne se considere pas comme le Sultan…

Les frasques de Netanyahou et de sa famille resteraient du domaine des faits divers s’ils n’étaient pas le décor d’un regime pourri par la corruption et qui, pour pouvoir poursuivre ses mefaits, a besoin de se defaire de cette democratie (ethnique et coloniale) dont Israel a su faire son image de marque internationale. Une course contre la montre se deroule devant nos yeux: le système judiciaire et la police criminelle qui veut en finir avec la pourriture Netanyahou, et les projets de ce dernier et de sa ministre de la justice, de briser les ailes de ces institutions. Si Netanyahou gagne ce bras de fer, on pourra dire sans hesitation qu’Israel est entre dans une nouvelle ere, dans un nouveau regime.

Afrique : la grande muraille verte repousse le désert du Sahara  


L’Afrique est touchée de plein fouet par la désertification. La grande muraille verte veut reboiser les terres arides et repousser le désert, sur 7 800 km.

C’est un projet colossal qui a été initié par l’Union Africaine en 2008. Créer une immense barrière végétale, d’un bout à l’autre du continent, afin de freiner l’avancée du désert. Un projet ambitieux, en demi-teinte, avec ses réussites et ses limites.

L’expansion du Sahara, le plus grand désert du monde, se poursuit chaque année. Elle est estimée à environ 2 km par an et met en péril les zones vertes du continent africain et des pays entiers tels que la Tunisie, dont 75% des terres cultivables sont menacées par la désertification.


En cause, notamment, les activités humaines, l’effet de serre engendré par la pollution qui provoque des sécheresses chaque année, et une végétation détruite pour les besoins domestiques sur des sols déjà pauvres. Selon certains experts, le continent africain aurait perdu environ 650 000 km² de terres productives en 50 ans, soit l’équivalent de la France.

Il est important de faire la différence entre la désertification et le désert : la désertification n’est pas le désert qui avance ou qui gagne du terrain à proprement parler. Il a en fait pour origine des sols surexploités par l’activité humaine qui finissent par s’assécher et par ne plus être fertiles, à tel point qu’ils en viennent à ressembler au sable du désert. C’est en fait l’érosion qui fabrique du sable. Comme ce phénomène de désertification se produit souvent dans des régions en bordure de désert, on pourrait avoir l’impression que le désert avance, ce qui n’est pas tout à fait exact.

Pour contrer cette véritable catastrophe environnementale, un projet de barrière de forêt de 7 800 km de long et 15 km de large, impliquant 11 États africains, a été initié il y a plus de 8 ans afin d’endiguer la progression du Sahara qui anéantit toute végétation sur son passage.

Tout a commencé dans le Nord du Sénégal qui plante, depuis, près de 2 millions d’acacias du Sénégal chaque année, une espèce d’arbre qui s’adapte particulièrement bien au climat aride. Et certains résultats positifs commencent déjà à être visibles, notamment au niveau de la faune, avec certains oiseaux disparus qui réapparaissent.

Des jardins maraîchers ont également fait leur apparition, avec des fruits et des légumes qui étaient jusqu’alors inconnus et qui ne nécessitent pas tous d’être arrosés. Une nouvelle source de revenus pour les locaux dont la raréfaction des ressources en eau est un problème majeur.

Hamed N’Dongo, un berger de Widou, au Sénégal, explique :

“Avant, on ne trouvait plus rien dans la brousse. Maintenant, on retrouve des choses importantes. Tout ce qui nourrit, on le trouvera dans la grande muraille verte.”

Le Sénégal fait figure d’exception et d’exemple, alors que d’autres pays, parmi les 11 États concernés, n’ont même pas encore entamé le programme de reboisement, tel que le Mali ou le Soudan actuellement en proie à la guerre.

Espérons que la grande muraille verte d’Afrique continue son expansion et devienne une référence en terme de programme de reboisement.

Regards croisés sur l’occupation et la colonisation des Territoires palestiniens


Michel Staszewski:

Je vous serais reconnaissant de bien vouloir diffuser au maximum l’annonce suivante :

 

 

 

 

 

 

Regards croisés sur l’occupation et la colonisation des Territoires palestiniens
Conférence-débat organisée par l’Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB)
avec Suheir Owda (palestinienne)
et Oren Rimon (israélienne)
Débat animé par Baudouin Loos journaliste au Soir et spécialiste du Proche-Orient

Le samedi 23 septembre 2017 de 14 à 18h30
au Centre Communautaire Maritime*
rue Vandenboogaerde 93 à 1080 Bruxelles**

L’Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB) est engagée depuis plusieurs décennies dans la défense du droit des Palestiniens à disposer, à l’instar des Israéliens, d’un État indépendant et souverain.
Alors que la bande de Gaza, véritable prison à ciel ouvert, subit un blocus inhumain depuis le départ des colons israéliens en 2005, la Cisjordanie, Jérusalem-Est et le plateau syrien du Golan sont occupés par Israël depuis la guerre de 1967.
Cette année 2017 marque donc les cinquante ans de cette occupation. Occupation aggravée par une colonisation galopante puisque plus de 500.000 colons juifs israéliens sont aujourd’hui installés en Cisjordanie occupée, à Jérusalem-Est et sur le plateau syrien du Golan, en contravention flagrante avec le droit international.
C’est dans le cadre des manifestations diverses organisées par le monde associatif pour rappeler ces cinquante ans d’occupation et de colonisation, et appeler la Communauté internationale à tout faire pour y mettre fin, que l’UPJB organise une conférence-débat avec, comme invitées :

Oren Rimon, une jeune Israélienne qui, après beaucoup d’autres, a signé la lettre des Shministim (élèves de terminale) annonçant leur refus de servir dans l’armée en raison du fait qu’il s’agit d’une armée d’occupation et non de défense comme veut le laisser entendre son anagramme : Tsahal, « armée de défense d’Israël ».
« Dans la société israélienne, on peut vivre sa vie entière sans voir l’occupation. Des années de militarisme dans le système d’éducation, dans la culture et dans la rue, ont provoqué l’absence de tout esprit critique. Refuser de servir dans l’armée vous coupe de l’ensemble de la société. La majorité des Israéliens ont fait leur service miltaire l’armée est donc considérée comme l’armée du peuple. Nous sommes tous nés avec une arme à la main, et la plupart d’entre nous apprennent plus tard comment s’en servir.
Lorsque j’ai reçu mon premier appel de l’armée, j’a rejoint un groupe de jeunes appelés Shministim. Ensemble nous avons écrit une lettre déclarant notre refus de remplir nos obligations militaires. Certains d’entre nous ont été condamnés à plusieurs périodes de prison par un tribunel militaire.
En tant que membres de la société israélienne, refuser de servir dans une armée d’occupation et résister à cette occupation, relève de notre responsabilté citoyenne »

Notre autre invitée sera Suheir Owda, Palestinienne de Qalqilya (Cisjordanie), née sous occupation.
Elle est coordinatrice pour la santé de la Communauté à la clinique de la Palestinian Medical Relief Society (PMRS) à Qalqilya. Elle coordonne l’équipe mobile qui se déplace dans les zones marginalisées où il n’y a pas de services de santé, et donne également des cours d’éducation à la santé dans les écoles à des groupes de femmes et de jeunes. Suheir nous parlera de la vie sous occupation et de son ressenti de n’avoir jamais connu autre chose.
Un événement à ne pas manquer.
Entrée libre.

* Avec le soutien de l’Echevinat de la Jeunesse et de la Cohésion sociale de Molenbeek et de la
** métro Ribaucourt / Bus 89,14,13

Traversée en mer, camps, gaz lacrymogènes: Cette jeune femme a filmé son exode depuis la Syrie (VIDEO)


International Non, ceci n’est pas un film mais bien l’odyssée d’un migrant à travers les yeux de Rania, jeune Syrienne de 20 ans. Les images sont parfois dures mais elles reflètent la réalité de milliers de Syriens abandonnant leur foyer dans l’espoir d’obtenir un avenir meilleur.«Je veux un futur. J’ai 20 ans et je n’ai rien eu d’autre que ça… » A travers la caméra, on vit la route semée d’embuches de Rania. Fatiguée de la terreur que suscite la guerre dans son pays, cette jeune Kurde a fait le choix de quitter la Syrie pour rejoindre l’Europe. Avant de partir, Rania a rencontré un Norvégien qui lui a tendu une caméra et lui a demandé de tout filmer. The Guardian a publié ce « documentaire » poignant : « Escape from Syria : Rania’s odyssey ». Solidarité, violence, espoir, angoisse… De la boue des camps à la traversée en bateau de la Méditerranée en passant par les tirs des policiers… tout a été enregistré. Ce montage n’occulte rien, ni les larmes, ni les rires, ni la peur.Un reportage brut et authentique de 22 minutes. Aujourd’hui, la vidéo a été vue plus de 7 millions de fois.

Une jeune femme comme les autres

Rania Mustafa Ali est originaire de Raqqa, capitale auto-proclamée de l’Etat Islamique récemment tombée. A la veille du départ, elle jette un dernier coup d’oeil aux messages laissés par les radicalistes sur les murs de Kobane : «Vraiment ? Est-ce ça l’Islam ? Bombarder et tuer les gens ». Mais rien ne la fera changer d’avis : « Même si la traversée de la mer est effrayante, la vie ici est plus effrayante encore ». Ce qu’elle emporte dans son sac à dos : 300 dollars pour le passeur, un smartphone, un pc, quelques vêtements, des livres, des photos de familles et… ses DVD de Game of Thrones.

Un chemin semé d’embuches

La veille du départ en bateau, la jeune fille admet avoir peur, être « terrifiée« . Une fois dedans, la chaleur est intenable, les remous menacent l’embarcation de couler avec à son bord 52 personnes, alors qu’elle ne peut en contenir que 15.  « Comme d’habitude, le passeur est un bâtard ! », lance l’un des hommes à bord. Les enfants pleurent autour de Rania qui peine elle-même à retenir son angoisse. Heureusement, un navire les secourt avant que l’irréparable n’arrive. Débarquement à Athènes, direction la Macédoine. C’est malheureusement encore une arnaque. Rania perd 50 euros de son budget déjà serré.

Au bout de trois jours de train, de bus et de marche, Rania arrive enfin au camp d’Idomeni, à la frontière de la Macédoine. Une rumeur circule : les forces de l’ordre viendront le lendemain déloger les migrants et les renvoyer en Turquie. Dans la peur, un exode humain se déroule sous les yeux des organisations humanitaires. Il traverse une large rivière. Les handicapés et les blessés sont portés à bout de bras pour atteindre l’autre rive. Un spectacle effarant mais qui soulage la plupart des familles.

Une fois le premier village atteint, la liesse retombe. Les policiers les y attendent et les refoulent. Une nouvelle tentative désespérée de passer la frontière grecque décourage Rania. Les yeux brûlés par les gaz, la jeune Syrienne s’effondre en sanglots. « Je ne suis pas venue ici pour me faire brûler les yeux et frapper ainsi. Comme si je n’étais pas un être humain.»

Finalement, en mai 2016, Rania et son ami Ayman se font passer pour des touristes à l’aide de fausses cartes d’identité bulgares. Ils prennent l’avion direction Vienne en Autriche. Après un périple de plusieurs mois, ils sont enfin en sécurité mais ne perçoivent toujours pas leur avenir.

L’Eliodomestico : une solution open source pour désaliniser l’eau de mer


Pour rendre accessible l’eau potable au plus grand nombre, Gabriele Diamanti a créé Eliodomestico, un objet à énergie solaire qui désalinise l’eau de mer.

Et s’il on pouvait désaliniser l’eau de mer simplement ? Telle est la promesse d’Eliodomestico, un dessalinisateur solaire. Cette invention révolutionnaire a été créée par le designer italien Gabriele Diamanti. En 2015, encore 663 millions de personnes n’avaient pas accès à une source d’eau amélioré (eau ménagère, réservoir public, puits, source ou eaux pluviales) selon l’OMS. Eliodomestico pourrait bien changer la donne. Mais comment ça fonctionne ?

Source : Gabriele Diamanti

L’objet qui ressemble à un genre d’appareil à fondue maxi format en terre cuite repose sur le principe d’évaporation de l’eau. Il suffit de verser de l’eau de mer dans le réservoir du dessus, qui se met à chauffer grâce à l’énergie solaire. L’eau s’évapore, la pression augmente et la vapeur est poussée vers le bas de l’appareil par le biais d’un tuyau, avant se condenser. Le sel, lui, reste bloqué dans la partie supérieur de l’appareil. L’eau douce condensée est récupérée et stockée dans le contenant du bas, qui est portable. C’est simple comme bonjour.

Et l’appareil permet de désaliniser jusqu’à cinq litres d’eau pour la rendre « potable (…) saine et sans bactérie » comme l’annonce le designer italien.

Source : Gabriele Diamanti

En réalité, Gabriele Diamanti s’est simplement inspiré du cycle de l’eau naturel pour concevoir l’Eliodomestico : évaporation, condensation, précipitation et ruissellement. Le designer a tenu à mettre à disposition les plans de son invention en open source afin que celle-ci soit accessible aux populations les plus démunies.

Source : Gabriele Diamanti

Cette accessibilité est l’une de ses priorités, Gabriele a conçu l’Eliodomestico à partir de matières premières disponibles partout. Ainsi, pour réaliser son propre dessalinisateur solaire, il faut simplement se munir de terre, d’acier recyclé ou bien de céramique. Et l’assemblage se fait assez simplement.

Pour en savoir plus, c’est par ici et .

Voilà donc un solution d’avenir pour remédier au manque d’eau douce à travers le monde.