La bataille d’Alep – Chroniques de la révolution syrienne


  • Madame, Monsieur,
    Chers Amis,
    J’ai l’honneur de vous annoncer la sortie aux Editions L’Harmattan et L’Harmattan Vidéo du livre « La bataille d’Alep – Chroniques de la révolution syrienne » et du documentaire en DVD, édité sous le même titre.Acheter le livre :
    http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=391512jnsfillesAcheter le documentaire :
    http://www.harmattantv.com/videos/film-(vod-dvd)-2527-Syrie-la-bataille-d-Alep-DOCUMENTAIRES.html

    • Film de Pierre Piccinin da Prata et Eduardo Ramos Chalen
    • Durée : 50 min – 2012 – Syrie
    • En mars 2011, à la faveur du « Printemps arabe », le peuple syrien a réclamé la fin du régime et la démocratisation des institutions. Le gouvernement a répondu aux manifestations par la répression et la violence, tout en promettant des élections libres. Le 7 mai 2012, ces élections ont eu lieu. Tous les mouvements d’opposition au pouvoir en étaient exclus, qualifiés de « terroristes ». Dans les semaines qui ont suivi, la plupart des villes et villages de Syrie se sont insurgés. La révolution commençait. En juillet 2012, les révolutionnaires, organisés en « Armée syrienne libre », ont ouvert deux fronts : à Damas, la capitale, au sud, le 17 juillet, et l’autre à Alep, le poumon économique de la Syrie, au nord, le 20 juillet. Le documentaire, tourné au cœur des combats, montre, au plus près des événements, la souffrance d’un peuple qui se débat, seul, face à la machine de guerre d’un des régimes dictatoriaux les plus féroces encore en exercice : les bombardements sur les populations civiles et les hôpitaux tenus par la rébellion, les lignes de front, où les combattants de la liberté luttent avec des armes dérisoires contre les avions et les tanks du régime, les réfugiés, abandonnés par la Communauté internationale. Pour ce faire, démarche journalistique exceptionnelle, les auteurs ont pris le risque de vivre jour et nuit à l’intérieur d’Alep, avec la population, sous les bombardements. Pour Pierre Piccinin da Prata et Eduardo Ramos Chalen, il s’agit, avant tout, de faire écho à un cri d’angoisse et de désespoir, celui de tout un peuple qui meurt dans l’indifférence générale des opinions publiques occidentales.
      www.pierrepiccinin.eu

    Toutes les informations sur le livre et le documentaire :
    http://0z.fr/lltf8

    « Si j’ai écrit ce livre, c’est pour tous ceux que j’ai laissés là-bas et qui souffrent quotidiennement, et pour lesquels je témoigne, après m’être rendu à six reprises sur le terrain syrien, depuis le début du Printemps arabe.

    Pour ces deux jeunes filles que j’ai photographiées à Alep, et pour leur famille, du quartier de Bab al-Hadid.

    C’est un quartier pauvre, un des plus pauvres d’Alep. Je le traversais en août, pour gagner la ligne de front à Jdédié, lorsqu’un hélicoptère de combat a tiré plusieurs roquettes au hasard, sur les maisons. C’est là que j’ai pris la photographie de couverture.

    Je l’ai choisie car elle me semble résumer le drame qui se joue en Syrie : le désarroi des malheureux et le cri de colère d’un peuple qui se bat seul, abandonné par les démocraties occidentales, contre une féroce dictature, prête à tout pour garder le pouvoir.

    J’espère que le témoignage que j’ai produit dans ce livre amènera l’opinion publique à s’intéresser un peu plus à cette révolution, qui se passe pour le moment comme dans une boîte dont personne ne veut soulever le couvercle.

    C’est pour cette raison que j’ai décrit les événements à la manière d’un roman, qui donne des visages à la révolution. Le livre se lira comme un récit d’aventures. Mais c’est bien la terrible réalité de la guerre qu’il relate, celle d’un pays de la Méditerranée, pas très éloigné de nous.

    Si je réussis à toucher l’opinion, j’aurai apporté ma contribution, modeste, à l’aide dont le peuple syrien à besoin et qu’il réclame aujourd’hui, d’une manière désespérée. »

    Pierre PICCININ da PRATA

Israël-Palestine : vers une troisième Intifada ?


19 décembre 2012 – Armin Arefi – Le Point

Pendant que la colonisation israélienne s’accélère, un nouveau groupe palestinien appelle à un soulèvement contre l’État hébreu. Décryptage.

 

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Dans une vidéo, les Brigades de l’unité nationale affirment qu’elles « poursuivront leur lutte armée jusqu’à ce qu’elles expulsent l’occupation et libèrent toute la Palestine ».

Capture d’écran Youtube

C’est la dernière riposte en date d’Israël au changement de statut de la Palestine à l’ONU. L’ONG israélienne La Paix maintenant a révélé mardi que l’État hébreu était sur le point d’approuver de nouveaux projets massifs de colonisation à Jérusalem-Est et en Cisjordanie. Mercredi, « la commission de planification (municipale) va donner son accord au vaste projet de Givat Hamatos A« , pour lequel des appels d’offres devraient être publiés dans les prochains mois, a déclaré à l’AFP Hagit Ofran, porte-parole de l’association anti-colonisation.

Les nouvelles constructions, situées près de Bethléem, couperaient délibérément cette ville palestinienne de Jérusalem. Ainsi, d’après la militante, ce plan « est susceptible à lui seul de faire capoter la possibilité d’une solution à deux États (palestinien et israélien) ». L’ONG ajoute que le ministère israélien du Logement se prépare à lancer, dès la semaine prochaine, des appels d’offres pour des centaines de logements dans les implantations de Givat Zeev, de Karnei Shomron et d’Efrat, en Cisjordanie. Une accélération de la colonisation en territoire palestinien qui n’a pas plu au principal allié de l’État hébreu. Mardi, le département d’État américain s’est dit « profondément déçu qu’Israël persiste à poursuivre ce schéma d’actions de provocation« , estimant que cela allait « à l’encontre de la paix ».
Colonisation de Jérusalem-Est : une politique « délibérée »

L’État hébreu s’était déjà attiré de nombreuses critiques occidentales lorsque, au lendemain de l’accession de la Palestine au statut d’État observateur non membre à l’ONU, il avait annoncé en représailles son souhait de construire 3 000 nouveaux logements à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, notamment dans la zone E1, située près de la ville sainte. Un projet déjà hautement controversé, car il couperait en deux la Cisjordanie et l’isolerait de Jérusalem-Est.

« Outre la question des mesures de rétorsion, il existe chez le gouvernement israélien une politique délibérée s’opposant à tout gel officiel ou officieux de la colonisation à Jérusalem, cette ville étant considérée comme la capitale (unifiée et indivisible) d’Israël« , explique au Point.fr Denis Charbit, professeur de sciences politiques à l’Université ouverte d’Israël. « Ainsi, ces constructions renforcent l’assise de la terre d’Israël dans les zones occupées. » Mais le chercheur israélien voit également dans ces nouveaux projets une manoeuvre électorale en vue des législatives anticipées du 22 janvier prochain.

Manoeuvre électorale

« D’un côté, le Likoud [parti de droite du Premier ministre, Netanyahou, NDLR], engagé dans une coalition de droite [avec les ultranationalistes d’Israël Beitenou, NDLR], souhaite montrer qu’il n’oublie pas son engagement à soutenir la colonisation« , soutient Denis Charbit. « De l’autre, ajoute le chercheur, Benyamin Netanyahou cherche à piéger le centre et la gauche israélienne, qui ne peuvent se permettre de s’opposer à la colonisation à Jérusalem, celle-ci faisant consensus en Israël. Ainsi, le Premier ministre israélien veut ramener le débat aux questions sécuritaires, où il a le vent en poupe, au contraire des sujets sociaux. »

Le jeu demeure tout de même dangereux. Comme l’a rappelé lundi la dirigeante du parti Meretz (gauche laïque israélienne), Zehava Galon, « le Premier ministre est prêt à tout pour tenter d’arracher des voix au Foyer juif [parti d’extrême droite proche des colons, NDLR], même au prix d’une crise internationale ou d’une troisième Intifada » palestinienne.

Hasard du calendrier, le même jour est né à Hébron, en Cisjordanie, un nouveau mouvement palestinien. Baptisée « Brigades de l’unité nationale« , en référence à la réconciliation inachevée du Fatah et du Hamas, cette formation, composée de jeunes membres de toutes les factions palestiniennes – Fatah, Hamas, Jihad islamique et Front populaire de libération de la Palestine -, appelle ni plus ni moins à l’avènement d’une troisième Intifada (soulèvement en arabe).

Menaces des Brigades de l’unité nationale

Dans une vidéo de quatre minutes, révélée par le quotidien israélien Jerusalem Post, ses membres encagoulés menacent de frapper avec « une main de fer » l’État hébreu s’il ne cesse ses « agressions contre le peuple palestinien« . Brandissant un coran, ils avertissent les soldats de Tsahal qu’ils n’hésiteront pas à les kidnapper s’ils continuent à arrêter ou tuer leurs concitoyens (un jeune Palestinien de Hébron, âgé de 16 ans, a été abattu par balle la semaine dernière par une garde-frontière israélienne). Leurs revendications sont précises : les membres des Brigades de l’unité nationale réclament :

- la suppression des check-points israéliens en Cisjordanie,
- la libération des prisonniers palestiniens détenus en Israël,
- ainsi qu’un retrait israélien total de la Palestine.

Ce dernier point fait l’objet d’une précision sans ambiguïté. Le groupe promet de ne pas céder « un centimètre de la Palestine, de la mer (Méditerranée) à la rivière (du Jourdain) ». Une menace à prendre au sérieux ? « De tels mouvements ponctuels se créent régulièrement en territoire palestinien« , analyse Olivier Danino (*), spécialiste des groupes palestiniens à l’Institut français d’analyse stratégique (Ifas). « Ce nouveau groupe se démarque toutefois du Hamas et du Fatah en affirmant que la solution ne passera que par la force. »

Le pragmatisme du Hamas

Depuis la seconde Intifada, achevée en 2004, le Fatah, parti laïque dirigeant l’Autorité palestinienne au pouvoir en Cisjordanie, a abandonné la lutte armée au profit de négociations avec Israël sur la base de deux États. Mais son échec a fini de discréditer le mouvement de Mahmoud Abbas auprès des Palestiniens. De son côté, depuis sa prise de pouvoir de la bande de Gaza en 2007, le Hamas, parti islamiste rival, s’est inscrit dans une stratégie plus pragmatique, alliant lutte armée limitée et quête de crédibilité politique. « Les membres du Hamas ont fait en sorte de maintenir le calme avec Israël pour pouvoir appliquer leur politique à Gaza« , souligne Olivier Danino. Les islamistes n’en restent pas moins flous quant à leurs intentions réelles sur la question des frontières définitives d’un futur État palestinien.

Lors de sa récente visite à Gaza, le chef politique du Hamas, Khaled Mechaal, qui a pourtant soutenu la démarche onusienne de Mahmoud Abbas, a ainsi appelé – lui aussi – à « libérer toute la Palestine (…), de la mer (Méditerranée) au fleuve (Jourdain) ». En tout cas, la stratégie semble fonctionner. Désormais soutenus ouvertement par l’émir du Qatar, mais aussi par les Frères musulmans au pouvoir en Égypte, les islamistes de Gaza sont parvenus, au terme de la guerre de Gaza, à se hisser au rang de principal interlocuteur du peuple palestinien face à Israël.

« Aujourd’hui, le Hamas, qui se cherche une reconnaissance internationale, souhaite obtenir une ouverture des frontières de la bande de Gaza, ainsi que la fin du blocus« , explique Olivier Danino. « Des intérêts qui ne correspondent pas au déclenchement d’une troisième Intifada. » De retour de Cisjordanie, le chercheur dit ne pas avoir ressenti les prémices d’un nouveau soulèvement palestinien. Toutefois, il note que « la colonisation israélienne crée inévitablement des tensions supplémentaires, en montrant aux Palestiniens que l’accession de leur pays à l’ONU ne change rien sur le terrain« .
(*) Olivier Danino, auteur de Le Hamas et l’édification de l’État palestinien (éditions Karthala).

19 décembre 2012 – Le Point.frhttp://www.lepoint.fr/monde/israel-palestine-vers-une-troisieme-intifada-19-12-2012-1603697_24.php


«Les islamistes syriens sont connus pour leur modération»


anniebannie : Réactions typiques de lecteurs du Figaro; je peux m »en passer; quant à Riad Seif j’ai confiance en lui

Par Georges Malbrunot Publié le 14/12/2012 à 18:10 Réactions (71)

«Les Syriens ne veulent plus d’une intervention étrangère», explique Riad Seif, Crédits photo : Michael Gottschalk/dapd

INTERVIEW – Riad Seif, l’inspirateur de la Coalition nationale, met en garde contre la tentation d’un pouvoir affaibli de recourir «aux armes de plus en plus sophistiquées».

Ancien député, détenu à quatre reprises par le régime de Damas, Riad Seif est l’inspirateur de la Coalition nationale, qui vient d’être reconnue comme «le représentant légitime» du peuple syrien par plus de cent pays, réunis à Marrakech. Le dirigeant de l’opposition met en garde contre la tentation d’un pouvoir affaibli de recourir «aux armes de plus en plus sophistiquées», et assure que l’islamisme syrien est «modéré».

LE FIGARO.- Comment convertir les acquis de Marrakech en victoire contre le régime de Bachar el-Assad?

Riad SEIF. – Cette large reconnaissance internationale ajoutée à la récente unification des groupes armés sur le terrain nous donnent beaucoup d’espoir. En se regroupant, nos forces sont plus puissantes. Cette unification nous permettra de recevoir des armes de qualité contre les tanks et contre les avions. Les craintes des Occidentaux que ces armes tombent entre de soi-disant mauvaises mains ne sont plus justifiées. D’autre part, en recourant aux missiles Scud, Bachar el-Assad avoue sa faiblesse. Il est possible que le régime ne puisse plus utiliser ses avions. Il s’affaiblit de plus en plus. Et plus il s’affaiblira, plus il sera contraint d’utiliser des armes sophistiquées.

Y compris à Damas?

Oui, il a dû retirer des militaires du nord, et surtout des régions est du pays pour défendre la capitale. Mais une attaque contre le pouvoir peut aussi venir du sud. L’heure de la victoire approche. Et même ses alliés russes semblent faire le même constat.

C’est pourquoi vous ne réclamez plus une intervention militaire extérieure?

Les Syriens ne veulent plus d’une intervention étrangère. Ils pensent que les conditions d’une victoire sont sur le point d’être réunies. Ce que nous demandons, c’est une zone de protection aérienne et des armes de qualité contre les tanks et les avions.

L’opposition refuse de clarifier ses relations avec Jabhat al-Nosra, que les Américains viennent d’inscrire sur la liste des organisations terroristes. N’est-ce pas jouer avec le feu?

La Coalition nationale est opposée à toute action terroriste, mais nous ne devons pas oublier que le régime dès le début de la révolution a fabulé en créant des films dans lesquels il accusait ses opposants d’être responsables de ses crimes. J’ai rencontré moi-même en prison des détenus qui m’ont dit avoir dû jouer dans des vidéos bidons. S’il y a de l’extrémisme aujourd’hui dans nos rangs, il est très limité. Il ne faut pas oublier que la répression a tué plus de 50.000 personnes et que des massacres ont été commis. Malgré toutes ces atrocités, rien ne prouve que Jabhat al-Nosra est un mouvement terroriste. La majorité de ses éléments respectent les ordres qui leur sont donnés. Ils ne font de mal à personne. D’une manière générale, les islamistes syriens sont connus pour leur modération. Mais dès le départ, le régime a utilisé les alaouites pour se protéger, ce qui a contribué à créer des ressentiments chez les sunnites contre les alaouites.

À Marrakech, Moaz al-Khatib, le président de la Coalition, a tendu la main aux alaouites, mais il n’a eu aucun mot de compassion à l’égard de la centaine d’alaouites qui venait d’être tués à Aqrab. Est-ce ainsi que l’on prône la réconciliation?

Il n’y a jamais eu de massacres commis par les sunnites contre les alaouites. Et il est très probable que ce sont les chabihas (miliciens pro-régime, NDLR) eux-mêmes qui aient commis ce massacre à Aqrab. Je connais Moaz al-Khatib depuis des années, et sa philosophie c’est la paix entre les communautés.

Croyez-vous à une désagrégation du pouvoir, qui se replierait ensuite sur son fief alaouite?

Il y a un consensus international pour ne jamais accepter la division de la région en mini états. La division de la Syrie est une ligne rouge très claire à ne jamais dépasser. Le peuple, et même la majorité des alaouites, n’accepteront jamais ces scénarios.

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Risque de crise humanitaire en Syrie


LE MONDE | 19.12.2012 à 14h02 Par Fuat Keyman, Hany El Banna, Anthony Giddens

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La Turquie a maintenu ses frontières ouvertes depuis le jour où les premiers Syriens ont commencé à fuir les violences et les attaques du régime syrien dans leur pays, en mai 2011.

Elle fournit maintenant des abris et une aide humanitaire à plus de 120 000 réfugiés syriens, dépensant plus de 300 millions de dollars (227,6 millions d’euros).

Les Syriens, traumatisés par la perte de leurs proches, la destruction de leurs maisons et le terrible carnage de la guerre civile, ont été accueillis et hébergés dans d’excellentes conditions.

Cependant, dix-huit mois plus tard, il ne semble pas y avoir de fin au conflit en Syrie, et l’ONU signale maintenant que le nombre de personnes en Syrie nécessitant une aide humanitaire pourrait passer de 2,5 millions à 4 millions d’ici au début de l’année 2013.

LA TURQUIE NE DOIT PLUS ASSUMER SEULE CETTE CHARGE

Dans ce contexte de crise humanitaire aiguë et alors que chacun d’entre nous a sa propre perspective de la crise syrienne, nous croyons à l’unisson que l’on doit faire davantage pour aider les Syriens qui n’ont pas d’autre choix que de fuir.

Face à l’afflux croissant de civils, on comprend que la Turquie commence à ressentir le poids certain de cette aide humanitaire essentielle dispensée sur son territoire. Répondre à cette crise implique des efforts d’une ampleur sans précédent.

La Croix-Rouge estime que la Turquie aurait besoin de plusieurs millions de dollars d’aide étrangère pour faire face. La Turquie ne doit plus assumer seule cette charge.

Nous croyons que la communauté internationale et les pays donateurs, particulièrement les pays du Golfe, doivent de toute urgence augmenter leur aide à la Turquie ainsi qu’à tous les pays voisins qui accueillent des réfugiés syriens.

A l’approche de l’hiver rigoureux, cet impératif est plus important que jamais.

488 MILLIONS DE DOLLARS

Il est inacceptable que le plan d’action régional des Nations unies en faveur des réfugiés syriens de 488 millions de dollars ne soit financé qu’à hauteur d’un tiers.

La communauté internationale doit maintenant financer les opérations de prise en charge les réfugiés syriens. Tous les pays d’accueil de réfugiés doivent autoriser les ONG humanitaires internationales à opérer à l’intérieur de leurs frontières.

Nous appelons la Turquie à se joindre à la Jordanie et au Liban en permettant à ces ONG de soutenir l’effort turc et de déployer leurs compétences et ressources techniques.

L’Office d’aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO), les agences onusiennes, le Comité international de la Croix-Rouge et les ONG des pays possédant une expertise dans l’assistance aux réfugiés sont prêts à répondre aux besoins.

Cependant, des obstacles politiques, légaux et bureaucratiques entravent la pleine coopération entre la Turquie et les ONG humanitaires.

Sauf exception, les ONG turques et internationales n’ont pas accès aux camps de réfugiés en Turquie !

Autoriser les agences humanitaires de l’ONU et les ONG internationales à opérer en Turquie pourrait atténuer l’impact que le nombre croissant de réfugiés a sur les communautés d’accueil.

Cela permettrait aussi de débloquer des fonds européens supplémentaires. Enfin, cela apporterait des expertises techniques pour aider à surmonter les traumatismes.

La Turquie craint peut-être que des acteurs extérieurs suivent des agendas politiques ou qu’ils constituent une menace pour la souveraineté turque.

PRINCIPES INTERNATIONAUX DES CONVENTIONS DE GENÈVE

Cependant, ces organisations humanitaires professionnelles ont une longue expérience d’actions menées en toute impartialité et neutralité dans de nombreuses crises de réfugiés telles que celle des réfugiés somaliens au Kenya ou bien encore celle des réfugiés libyens en Tunisie.

Ces organisations sont guidées par les valeurs universelles et les principes internationaux des Conventions de Genève.

Il est temps que le monde soutienne la Turquie et qu’elle reçoive l’aide de ses amis de la société civile internationale et des bailleurs de fonds, afin de fournir l’asile aux milliers d’autres Syriens qui attendent encore avant de fuir la guerre civile dans leur pays.

C’est notre espoir et notre souhait qu’ils puissent continuer à trouver un lieu sûr en Turquie.

Fuat Keyman, professeur à l’université de Sabanci; Hany El Banna, fondateur de l’ONG Islamic Relief ; Anthony Giddens, ex-directeur de la London School of Economics

Fuat Keyman, Hany El Banna, Anthony Giddens