Syrie. Le régime aurait utilisé une arme chimique à Homs
Syrie. Le régime aurait utilisé une arme chimique à Homs
Des rebelles syriens, dans les quartiers nord d’Alep, le 13 novembre 2012.
(JAVIER MANZANO / AFP)
C’était une « ligne rouge » à ne pas franchir, selon les avertissements de Washington. Pourtant, le régime syrien aurait bien utilisé une arme chimique contre des opposants, selon Le Monde daté du 20 janvier, sans déclencher d’intervention internationale en Syrie. Le site d’informations Foreign Policy (en anglais) précise que le ministère américain des Affaires étrangères avait été informé de la manoeuvre. Francetv info détaille ce que l’on sait de l’affaire.
De quelle arme chimique s’agit-il ?
Le gaz employé n’est pas nommé par Le Monde, « faute d’échantillon » à analyser. Il s’agirait d’une « arme chimique incapacitante, non létale », précise le quotidien, qui cite des sources au sein de services de renseignements occidentaux. Pourtant, Foreign Policy, s’appuyant sur un télégramme diplomatique, affirme avec une quasi-certitude qu’il s’agit d' »Agent 15″, un gaz paralysant qui provoque notamment de graves troubles respiratoires, des nausées et peut entraîner la cécité et la mort.
Où et quand ?
Le régime aurait tiré quatre roquettes chargées de gaz sur Homs, l’un des centres nerveux de l’opposition, le 23 décembre. Dès le lendemain, l’opposition avait dénoncé l’usage de grenades dont « s’échappait une fumée blanche ». C’est la première date à laquelle cette arme aurait servi.
Un test de Bachar Al-Assad ?
« La décision de l’employer a été prise tout au sommet » de l’Etat syrien, selon Le Monde. L’objectif, d’après les multiples sources anonymes du quotidien était de tester la réaction des Occidentaux. Car les Etats-Unis, suivis de la France et d’autres puissances occidentales avaient mis en garde Damas. L’emploi d’armes chimiques était « une ligne rouge » dont le franchissement aurait « des conséquences », avait menacé Barack Obama, sans plus de précision. Dans la foulée, en août 2012, François Hollande affirmait qu’il s’agirait d’une « cause légitime d’intervention directe ».
Washington informé par un diplomate ?
La porte-parole du Département d’Etat américain, Victoria Nuland, interrogée sur les révélations de Foreign Policy, n’a pas contesté l’existence d’un télégramme diplomatique, envoyé par le consul américain à Istanbul, Scott Frederic Kilner, informant le ministère des Affaires étrangères de l’utilisation de gaz. Mais elle en a écarté la conclusion : « Nous avons vérifié les informations obtenues, et n’avons trouvé aucun élément crédible permettant de corroborer ni confirmer que des armes chimiques ont été employées ».
Francetv info
Court-métrage : « Birdboy » hors compétition…
Entre onirisme et violence, rêverie et cauchemar, réflexion et contemplation, « Birdboy » nous rappelle que l’Espagne peut briller autrement que par les talents -aussi géniaux soient-ils- qui en foulent les gazons chaque week-end (cf le Ballon d’Or et autres récompenses à base de cuir et de crampons). Des nominations et des récompenses à n’en plus finir pour ce court-métrage à l’intensité et à l’atmosphère exceptionnels.
Pourtant, malgré ce succès auprès de la critique, « Birdboy » -réalisé par Pedro Rivero- n’a pas été assez remonté. Pourtant, ce court d’animation est un petit bijou qui a su donner une dimension supplémentaire (tout en respectant son esprit) à la mouture originale d’Alberto Vazquez, dessinateur génial et auteur de la bande-dessinée « Psiconautas » dont « Birdboy » est la fidèle adaptation.
Dans de tels cas, mieux vaut ne pas trop en dire et laisser parler les images -d’un esthétisme remarquable- par elles-mêmes.
Synopsis :
« Un terrible accident va changer la vie de la petite Dinki pour toujours. Désormais le destin de Dinki pourrait bien dépendre des ailes de son excentrique ami Birdboy, un garçon-oiseau déraciné qui se cache dans la forêt, abandonné à son imagination… »
L’Armée syrienne libre dépassée par les jihadistes
LOOS,BAUDOUIN
Page 11
Jeudi 17 janvier 2013
SYRIE Les dérives de certaines factions de l’ASL sont en cause
Plus que jamais, la violence entre l’armée syrienne et les groupes rebelles donne le ton en Syrie. Ce mercredi encore, deux attentats suicides à la voiture piégée ont causé mercredi la mort de 22 personnes à Idlib, une ville du nord-ouest de la Syrie tenue par les forces gouvernementales, a indiqué l’agence officielle Sana, qui a accusé des« terroristes ». Quoi qu’il en soit, depuis des mois, une évolution se confirme en Syrie : l’Armée syrienne libre (ASL), composée de citoyens et de déserteurs, s’efface peu à peu devant les groupes jihadistes.
De récents reportages dans le nord du pays attestent du caractère tangible de ce phénomène qui pourrait changer la face du conflit. Barak Barfi, un chercheur arabe publié sur le site theatlantic.com à Alep, rapportait ainsi le 14 janvier sous le titre « La face sombre de l’opposition syrienne » la mauvaise réputation que l’ASL s’est taillée ces derniers mois. Et de prendre un exemple local connu, celui d’un certain Ahmad Afash, chef de la brigade de l’ASL du village d’Anadan, au nord d’Alep, dont le nom est devenu le symbole même des dérives de l’armée rebelle.
« Afash vole tout, depuis les graines jusqu’aux voitures, témoigne un combattant de l’ASL. Il justifie cela en disant que personne ne lui donne d’argent pour sa brigade. » Un chef de l’ASL, Abou Aharr, reconnaît dans l’article que « trop de gens sont venus nous rejoindre pour de mauvaises raisons ».
Résultat ? « Ces problèmes expliquent pourquoi les Syriens se dirigent de plus en plus vers les brigades islamistes, comme Jabhat al-Nosra », écrit Barak Barfi. Les Etats-Unis ont placé ce groupe dans la liste des organisations terroristes en raison de ses liens avec l’organisation Al-Qaïda, mais les Syriens n’en ont cure ou, pire, s’en offusquent.
Dans le quotidien arabe à capitaux saoudiens diffusé à Londres Al-Hayat, un reportage publié le 14 janvier, cite des commerçants d’Alep qui ont été pillés par des bandes de l’ASL se féliciter de la présence de Jabhat al-Nosra « parce qu’eux ne volent pas ».
Mais le succès des jihadistes ne se limite pas à leur réputation de probité. Leur apport militaire ne fait pas de doute. Un des principaux chefs de l’ASL, le colonel Abdouljabbar Okaïdi, l’a admis récemment à l’agence Reuters :« Nous ne partageons peut-être pas leur philosophie, mais ce sont des combattants acharnés et loyaux (…) et au bout du compte, ils combattent le régime à nos côtés. Et nous n’avons pas vu leur extrémisme. »
Enfin, le meilleur armement des jihadistes explique également leur succès, comme nous le confie l’historien belge Pierre Piccinin de retour de la région d’Idlib : « Les brigades de l’Armée syrienne libre (ASL) ont fondu comme neige au soleil pour une raison claire : les brigades islamistes disposent d’armes flambant neuves, des armes légères certes, surtout, alors que l’ASL semble condamnée à tirer les dernières cartouches de ses vieilles armes. Les jeunes qui veulent rejoindre la rébellion armée se dirigent maintenant vers les groupes islamistes, où ils trouvent armes et entraînement. » (1)
Dans Al-Hayat, un chef de Jabhat al-Nosra se réjouit sans détour de cette asymétrie dans l’armement : « Cela poussera la Syrie dans les mains de Dieu. Tout cela s’accomplira quand les rebelles découvriront que l’Occident les a trompés. » Une « découverte » déjà largement effective, si l’on en croit divers témoignages dont celui de Pierre Piccinin.
Le risque existe-t-il donc de voir l’ASL et les jihadistes comme Jabhat al-Nosra finir par se combattre ? Impossible de l’exclure. Sakr Idlib, un combattant rebelle cité par Reuters dans le reportage repris plus haut, le dit clairement :« Nous craignons qu’après la chute du régime, ils essaient d’imposer leurs vues au peuple syrien. Leur objectif est que la Syrie devienne un Etat islamique et l’Armée syrienne libre est à l’opposé de cela. »
Le chercheur belge Thomas Pierret entend cependant nuancer : « Si on désigne par jihadiste tout islamiste qui porte une arme, alors il faut y inclure une bonne portion de l’ASL. Le commandement unifié de cette dernière, créé en décembre, inclut des représentants de groupes islamistes – et pour certains salafistes – comme Suqur al-Sham, Liwa al-Islam et Liwa al-Tawhid. »
(1) L’interview de Pierre Piccinin sur http://blog.lesoir.be/baudouinloos/
Tunisie – Amira Yahyaoui : « Le bras de fer commence maintenant. »

À Siliana, le 30 novembre 2012, une femme proteste contre la répression des émeutes qui ont éclaté en raison de la pauvreté et du chômage qui frappent la région. © Amine Landoulsi/AP/Sipa
Cyberactiviste, Amira avait rejoint, sous Ben Ali, le site satirique TUNeZINE, fondé par son cousin Zouheir Yahyaoui, premier martyr du Web en 2005. Depuis Paris, où elle est étudiante et exilée, la fille du juge Mokhtar Yahyaoui – qui avait notamment adressé une lettre à Ben Ali pour dénoncer l’absence d’indépendance de la justice – participe en 2010 à l’organisation de la manifestation contre la censure.
Après la chute de Ben Ali, Amira tente une incursion en politique. Elle se présente aux élections de l’Assemblée constituante en tête de la liste indépendante « Sawt Mostakel ». Elle n’obtiendra aucun siège. Peu importe. Invitée à représenter la société civile tunisienne au Forum de Davos ou encore au Women’s Forum, elle reçoit en juin 2012 le prix Trailblazer du Global Leadership Award pour son travail visant à améliorer les droits des femmes et la participation des citoyens. Pour le Point.fr, Amira Yahyaoui revient sur la situation en Tunisie, deux ans après la révolution.
Enfants palestiniens dans les prisons israéliennes
Près de 200 enfants palestiniens se trouvent actuellement dans les prisons israéliennes. Ils sont privés de certains droits de l’enfant, tels que le contact avec les parents, l’assistance d’un avocat au cours de l’interrogatoire et le droit de visite. Ceci après une arrestation effectuée souvent en pleine nuit et accompagnée fréquemment de violence verbale et physique, où les enfants sont emmenés menottés et les yeux bandés. Après des interrogatoires de plusieurs heures et ou des détentions dans une cellule d’isolement, un aveu est arraché par l’intimidation et les menaces (lire également http://www.addameer.org/etemplate.php?id=296 <http://www.addameer.org/etemplate.php?id=296> )
Pour protester contre les conditions d’arrestation et de détention, je vous invite à signer et diffuser la pétition de l’asbl Palestina Solidariteit adressée au ministre belge des Affaires étrangères Reynders et à Ahston la haute représentante de l’Union Européenne pour les Affaires étrangères: http://www.change.org/petitions/eu-high-representative-external-action-put-pressure-on-israel-to-respect-the-rights-of-children-in-captivity <http://www.change.org/petitions/eu-high-representative-external-action-put-pressure-on-israel-to-respect-the-rights-of-children-in-captivity>
Je vous remercie d’avance.
Le journaliste belge Yves Debay tué en Syrie
(18/01/2013)
Les Affaires étrangères ne pouvaient pour l’instant pas confirmer le décès du journaliste belge
BRUXELLES Le correspondant de guerre Yves Debay a été tué en Syrie, rapporte vendredi la chaîne d’information al-Arabiya sur son site internet sur base d’une annonce du Centre d’information d’Alep.
Le journaliste couvrait les combats entre les forces d’opposition et l’armée syriennes dans la ville du nord-ouest du pays. Les Affaires étrangères ne pouvaient pour l’instant pas confirmer le décès du journaliste belge.
En 1957, Yves Debay s’engage dans l’armée belge dans une unité de reconnaissance.
Deux ans plus tard, il est promu commandant de char. En 1985, il décide de mettre un terme à sa carrière dans l’armée pour se mettre à l’écriture, en réalisant un documentaire sur l’armée française en 1986. Il devient ensuite correspondant pour le nouveau magazine Raids pour lequel il couvre la guerre civile au Liban, les deux guerres du Golfe, la guerre en Yougoslavie et la guerre en Afghanistan de 2001.
En 2005, il créé le magazine Assault en France.
© La Dernière Heure 2013

