Et les Syriens dans tout ça ?


Pierre Coopman

Un blog de La Revue nouvelle, par Pierre Coopman

 

La peur du fanatique musulman sur les ondes de la RTBF (billet d’humeur)

Photo : ActionSyrie.

Photo : ActionSyrie.

Le 16 avril 2013,

(A paraître également dans la prochaine édition de La Revue nouvelle – mai 2013)

Est-ce parce qu’ils sont de dangereux écervelés que plusieurs dizaines de Belges sont partis se battre en Syrie ? L’affaire fait grand bruit. Elle est sérieuse. Bart De Wever, le bourgmestre d’Anvers, connu entre autres pour cette réplique légendaire,  « enlève ce disque, idiot », n’a plus de temps à consacrer à éteindre la musique. Il a convoqué ses homologues de Courtrai et de Vilvorde. La ministre de l’Intérieur, Joëlle Milquet, a jugé utile de mobiliser une « task force », ainsi que l’Organe  de coordination pour l’analyse de la menace, au cas où des compatriotes jihadistes venaient à rentrer au bercail avec une formation à l’anti-occidentalisme et au maniement des explosifs.

Car, puisque l’on imagine aisément que ces volontaires sont jeunes et barbus, ou converties et voilées (comme la Carolo Muriel Degauque, morte en Irak), il faut de se demander : Et dieu dans tout ça ?  Le 31 mars 2013, une émission de service public ayant cette question comme titre a « analysé la menace », qui, peu en doutent, doit bien avoir un quelconque rapport avec allah. Trois invités s’exprimaient. L’enseignant Pierre Piccinin, jeune aventurier (durant ses congés scolaires) des champs de bataille ultra-médiatisés, s’est conjugué à la première personne. Christophe Lamfalussy, journaliste à  La Libre Belgique, a tenté de cerner les tenants et les aboutissants de la « menace » dans toute sa complexité. Georges Dallemagne, député fédéral, a centré son raisonnement sur les dangers de l’« endoctrinement ».

Criminels en partance

Rien n’a été oublié lors de cette émission radiophonique fort intéressante. L’on a même glissé subrepticement que le régime syrien est une menace pour son peuple. Mais telle n’était pas la question du jour. Il ne s’agissait pas de s’intéresser aux « Syriens dans tout ça », mais plutôt, à mots couverts, aux voyages inconsidérés de la chair à canon mahométane portant passeport belge. Georges Dallemagne a parlé « d’incriminer le fait de partir sur un conflit à l’étranger ». L’animateur de l’émission, Jean-Pol Hecq, ne lui a pas demandé si cela signifie tous les types de conflits ou seulement ceux où les recrues seraient musulmanes. Si la Chine redoublait sa répression au Tibet, monsieur Dallemagne considérerait-il également qu’il faut criminaliser les jeunes combattants belges boudhistes en partance pour Lhassa ? Ne doutons pas que le député CDH répondrait rationnellement à cette question.

Pierre Piccinin est l’homme de la connaissance par l’expérience vécue. Subodorant qu’il n’est pas un fanatique musulman, on ne l’a jamais criminalisé lorsqu’il est rentré en Belgique après un bivouac volontaire avec les rebelles d’Alep. En 2012, il n’a admis la vraie nature du régime syrien qu’après son arrestation par les agents de Bachar, alors qu’il était possible de la connaître depuis des années en se documentant aux bonnes sources. Malgré sa versatilité, concédons qu’il  fut le seul, durant cette émission de la RTBF, à évoquer l’éventualité d’un volontarisme sincère, d’une envie d’aller risquer sa peau par solidarité avec les Syriens, sans que le but recherché ne soit directement de revenir commettre un attentat dans le métro bruxellois ou de traumatiser Anvers – cette ville qui résonne encore au son du tube électro de Sam Sparro – en y abreuvant les microsillons de sang jihadiste.

Limité par les contraintes de l’animation radiophonique, Pierre Piccinin a pu instiller une comparaison maladroite, parce que trop brève, avec la guerre civile espagnole des années 30. Afin de mieux s’expliquer, il aurait dû avoir le temps de développer les arguments de Jean-Pierre Filiu, dans Le Monde du 4 avril 2013 :

« Comme la République espagnole, la Syrie révolutionnaire souffre de la cobelligérance active des uns, de la passivité complice des autres et de l’intolérance partisane des derniers», écrit Jean-Pierre Filiu. « La Russie et l’Iran sont aussi impliqués dans les crimes de masse de la dictature syrienne que l’étaient l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste aux côtés des franquistes espagnols. (…) La « non-intervention » des démocraties occidentales en 2011 est aussi fatale pour les démocrates de Syrie qu’elle le fut pour ceux d’Espagne en 1936 (…) Quant aux staliniens dénoncés par Orwell à Barcelone dès 1938, ils n’ont rien à envier aux djihadistes d’aujourd’hui en Syrie. Leur hiérarchie implacable et leur discipline aveugle leur permettent de compenser progressivement leur caractère ultraminoritaire (…) Leur soutien sans faille par un parrain étranger, l’URSS en Espagne, des « mécènes » du Golfe en Syrie, leur confère un avantage terrible sur les formations locales, dramatiquement sous-équipées. Et leur projet totalitaire vaut négation des aspirations à la libération, hier du peuple espagnol, désormais du peuple syrien.»

No more heroes

Pour de nombreuses personnes, musulmanes ou non, les massacres en Syrie sont insupportables. Leur révolte face aux atrocités commises s’exprime par mille variantes : la colère, le dépit, la fuite, le déni, la félonie, la lâcheté, la neurasthénie, etc. Pourquoi, à l’échelle de la Belgique et d’autres pays occidentaux, une des variantes du sentiment de révolte, l’héroïsme aveugle, potentiellement terroriste, n’ est-elle la réaction que de quelques jeunes musulmans ? Ou sont donc passés les Brigades internationales, les Brigades Abraham Lincoln, la colonne Durruti, les républicains, les volontaires venus du monde entier, les communistes, les marxistes, les socialistes ou les anarchistes, les anti-fascistes modérés, etc. ?

Répondre à cette question revient à dresser un constat : « Nous vivons une époque épique mais nous n’avons plus rien d’épique »  (Léo Ferré). Que l’on ne s’étonne pas, dés lors, que la place que nous avons laissée vacante , celle où s’exprimait l’héroïsme et le sens du sacrifice pour une cause, soit occupée par ceux dont les idées nous font peur, nous rebutent, ou qui même, nous  « menacent », quand elles dérivent vers le terrorisme.

Après deux années d’abstention coupable, nous sommes en majorité lâches face à la tragédie syrienne (70 000 morts, plus d’un million de réfugiés) à l’exception de ces jeunes, sans doute inconscients, quelles que soient les apories et les menaces de leur idéologie fanatique. Après deux années de narcolepsie de la communauté internationale , nous craignons devoir informer madame Milquet, messieurs Dallemagne et De Wever, qu’il n’existe plus de voie sans risque quand il s’agit de la Syrie. Mais que nos édiles se rassurent, l’été sera musical à Anvers et dans de nombreuses villes du pays. Nous comptons sur la formation anti-jihadiste renforcée de la police fédérale pour qu’aucun DJ ne soit contraint d’arrêter ses microsillons. Que l’Oronte charrie d’éventuels cadavres de jeunes belges, et des centaines de milliers d’autres cadavres syriens, ne devrait pas perturber les festivités du Zomer Van Antwerpen 2013… Beste landgenoten, chers compatriotes, passez un agréable printemps et un bel été, de préférence aux bords de l’Escaut et loin de Damas.

Pierre Coopman

A réécouter (pour édification personnelle)  : Et dieu dans tout ça, le 31 mars 2013

Aller à la source

Décision israélienne: pas de marathon à Bethléem pour les sportifs de Gaza…


JERUSALEM, 18 avr 2013 (AFP)

Israël a refusé d’autoriser 26 coureurs de la bande de Gaza à se rendre en Cisjordanie afin de participer au premier marathon de Bethléem prévu dimanche, a annoncé jeudi le ministère israélien de la Défense.
« La requête de 26 habitants de Gaza comptant participer au marathon de Bethléem a été examinée par les autorités compétentes et il a été décidé de rejeter cette requête car elle ne correspondait pas aux critères fixés pour passer de la bande de Gaza à la Cisjordanie », affirme un communiqué du COGAT, le département du ministère qui
co-gère les affaires civiles avec les Palestiniens. Il précise que les Gazaouis ne sont autorisés à se rendre en Cisjordanie que pour « des raisons humanitaires
exceptionnelles, notamment pour les cas médicaux urgents ».
Selon Gisha, une ONG israélienne qui milite pour la liberté de mouvement des Palestiniens, l’un des membres de ce groupe est le coureur olympique Nader al-Masri. Il s’était inscrit avec quatre autres personnes pour courir les 42,2 kilomètres du marathon, tandis que six autres Gazaouis s’étaient inscrits pour le semi-marathon, soit 21,1 kilomètres. Le groupe compte également au moins une femme et quatre entraîneurs.
La plupart de ces coureurs s’étaient inscrits pour participer au marathon annuel de l’ONU à Gaza le 10 avril mais celui-ci avait été annulé au dernier moment, le Hamas islamiste au pouvoir dans l’enclave côtière ayant affirmé qu’il ne laisserait pas femmes et hommes courir côte à côte.
La présidente de Gisha, Sari Bashi, elle-même marathonienne, a lancé un appel pour les coureurs qui ne disposent plus que de 24 heures pour pouvoir sortir de la bande de Gaza, avant que le point de passage d’Erez ne ferme pour la fête juive de shabbat.
Etidal Abdelghani, vice-directrice générale du Comité olympique palestinien, qui sponsorise l’événement avec l’Autorité palestinienne, a accusé Israël de n’avoir donné « aucune raison » à ce rejet. « Ceci prouve qu’Israël est toujours une force d’occupation et essaye d’empêcher les mouvements dans différents domaines, notamment le sport, ce qui va à l’encontre de tous les accords internationaux sur le sport », a-t-elle déclaré
à l’AFP.
Cette course, dont le départ est fixé devant l’église de la Nativité, est le premier événement de ce genre en Cisjordanie avec plus de 400 participants inscrits, dont la moitié sont Palestiniens, selon les organisateurs. Le parcours de la course, intitulée « Right to Movement Palestine Marathon » et créée par deux coureuses danoises,
traverse les collines de Bethléem ainsi que plusieurs camps de réfugiés. »

source

Pour Amira Hass


mercredi 17 avril 2013 – 05h:30

Lawrence Davidson


La Palestine et la résistance.

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Amira Hass vit à Ramallah, en Palestine occupée

Amira Hass est journaliste au quotidien israélien Haaretz. Elle documente ce qui se passe en Palestine occupée et, d’année en année, en est arrivée à voir le calvaire des Palestiniens à travers leurs yeux. Le 3 avril 2013, Hass a publié une chronique dans son journal intitulée : « Ce que lancer des pierres signifie vraiment pour les Palestiniens » :

On comprendrait qu’on donne des cours de résistance dans les écoles palestiniennes : comment construire des villages défendus par des « tours et des palissades » ; …. comment se comporter quand des soldats font irruption chez vous ; … comment filmer les violences des représentants du régime pour les diffuser ; … comment identifier les soldats qui vous ont jeté menotté au fond d’une jeep pour pouvoir les poursuivre en justice.

C’est comme cela que Hass écrit depuis 1991. Elle et Gideon Levy, un autre reporter d’Haaretz, font partie des quelques rares journalistes israéliens qui disent la vérité sur l’occupation israélienne. Et, pour autant que je sache, ils sont les seuls à être régulièrement traduits en anglais.

Dans cet article particulier, Hass s’attache à remettre dans son contexte la principale action de résistance de la jeunesse palestinienne, lancer des pierres :

Lancer des pierres est le droit et le devoir de tous ceux qui vivent sous le joug d’une puissance étrangère. Lancer des pierres est une action concrète de résistance en même temps qu’un acte symbolique. Persécuter ceux qui lancent des pierres – jusqu’aux enfants de 8 ans- fait partie, même si ce n’est pas dit clairement, de l’arsenal des qualifications nécessaires à un occupant étranger au même titre que tirer, torturer, voler la terre, restreindre la libre circulation et s’approprier la plus grande partie des ressources en eau.

La violence des soldats de 19 ans, de leurs commandants de 45 ans et des bureaucrates, juristes et autres hommes de loi se calque sur la réalité. Leur travail est de protéger les fruits de violence générés par l’occupation étrangère -les ressources, les profits, le pouvoir et les privilèges.

Hass conclut son article en demandant pourquoi il n’y a pas en Palestine d’enseignement de la résistance et sa réponse est que l’Autorité Palestinienne a décidé de « s’adapter à la situation existante ». Ce qui fait que l’AP craint la résistance autant que les occupants israéliens.

Les réactions à son analyse

La sincérité de Hass a suscité une vague de protestations de la part des nationalistes et des expansionnistes israéliens. Hass et son journal ont reçu des quantités de lettres d’injures haineuses et des groupes de droite et des organisations de colons ont demandé qu’elle soit poursuivie pour « incitation à la haine ». Une Israélienne, la mère d’un enfant gravement blessé par une pierre, a accusé Hass d’encourager les Palestiniens à aller jusqu’à la violence meurtrière dans leur lutte. « Personne sur terre ne se libérera en semant la mort » a-t-elle dit. Malheureusement c’est historiquement faux. C’est même le contraire qui est vrai. Il est en effet très rare qu’un groupe obtienne sa liberté autrement qu’en utilisant des « instruments de mort ». En fait la résistance armée pour se libérer d’une « domination coloniale étrangère et de régimes racistes » est un droit reconnu par le Premier Protocole Additionnel des Conventions de Genève. Le fait qu’Israël ait choisi, sans surprise, de ne pas signer cet accord ne change rien à l’affaire.

La critique la plus intéressante peut-être de l’analyse de Hass a été faite le 4 avril 2013 par Cellu Rozenberg, un historien et « spécialiste de sécurité nationale ». Elle a aussi paru dans Haaretz sous le titre « La maison de verre d’Amira Hass ». Dans sa critique, Rozenberg déforme parfois les propos de Hass comme par exemple quand il écrit que « dire que lancer des pierres est le droit de tout être humain… est sans fondement et sans valeur, du moins du point de vue moral », alors que Hass a écrit en réalité ceci : « lancer des pierres est le droit et le devoir de tous ceux qui vivent sous le joug d’une puissance étrangère. »

Mais ne nous attardons pas sur cette erreur et concentrons-nous sur un argument plus important. Selon Rozenberg :

* Lancer des pierres est un acte potentiellement mortel et il est inacceptable de lancer des pierres à des civils.

* Rozenberg dit que pour Hass cette forme de résistance violente est légitime aussi bien en Palestine occupée qu’en Israël parce que les Palestiniens sont soumis à une « violence institutionnelle » (sous des formes diverses) dans les deux territoires. Selon Rozenberg, « cette position est inacceptable et dangereuse car elle implique le rejet de l’entreprise sioniste. »

* Selon Rozenberg, ce que dit Hass revient à dire que « le Sionisme et l’établissement de l’état d’Israël sont un crime contre les Palestiniens. » Ce faisant il attribue à Hass la même position que le Hamas.

Mais Rozenberg est de mauvaise foi. Il déforme les propos de Hass et fait semblant d’ignorer que Hass appelle les Palestiniens à faire une distinction entre les occupants armés et ceux qui ne le sont pas. Hass précise aussi dans son article qu’il y a des limites et des « règles » à intégrer quand on est dans la résistance « y compris les problèmes et les limites de l’usage des armes ». Cela la distingue sans aucun doute du Hamas. Malgré tout, Rozenberg met en lumière la question qui est au coeur de la lutte palestinienne : l’existence d’Israël est-elle légitime ou est-ce un « crime » ?

Nation versus Idéologie

Si Israël est une entreprise criminelle, alors il n’a pas plus le droit d’exister que n’importe quelle autre organisation criminelle. Mais il faut noter que Rozenberg, comme tout bon sioniste, fait l’amalgame entre deux choses différentes : le pays d’Israël, et la doctrine et l’appareil d’état sionistes qui dirigent ce pays. Est-ce qu’ils ne sont qu’une seule et même chose ? Et si ce n’est pas le cas, alors peut-on accuser seulement l’une des deux d’être criminelle ?

Les sionistes affirment avec vigueur que le pays d’Israël est né de la vision sioniste et que par conséquent il est inséparable de cette idéologie. Mais ce n’est pas comme cela que l’histoire fonctionne. L’Afrique du Sud est née d’une vision européenne raciste et l’apartheid a longtemps été considérée comme son système. Mais il s’est avéré que ce n’était qu’une situation temporaire et depuis 1994 l’Afrique du Sud fonctionne avec un autre système. La Russie, qui s’est constituée au 15ième siècle grâce à une idéologie*, s’est transformée en un état très différent en 1917 et en quelque chose d’autre encore en 1991. Si l’histoire des états-nations prouve quelque chose, c’est que les idéologies qui animent les états durent moins longtemps que les pays avec lesquels elles se sont identifiées au départ.

Et donc que peut-on dire d’Israël ? On peut dire que ce pays, qui est maintenant un membre reconnu de la communauté des nations modernes, a le droit d’exister. Mais en même temps, on peut affirmer que son actuel appareil d’état raciste qui pratique le nettoyage ethnique et la discrimination institutionnalisée ainsi que l’idéologie sioniste qui justifie ces pratiques, sont de plus en plus intolérables dans le monde moderne et par conséquent ne peuvent revendiquer aucun droit à l’existence.

Imaginer une nation israélienne dotée d’un système de gouvernement tout à fait différent, un gouvernement qui garantirait les mêmes droits à tous ses citoyens, n’a rien d’extravagant. Cet objectif est poursuivi de mille manière (le BDS en est une) et finira par aboutir. Et je le dis clairement, pour être acceptable, un système de gouvernement doit être universel. Cela est vrai pour tous les pays qui marginalisent un groupe ou un autre, les non-Juifs en Israël, les Sunnites dans l’Iran Shiite, les Shiites dans l’Arabie Saoudite ou le Barhein sunnite, les Tamils au Sri Lanka, les Musulmans au Myanmar, les Amerindiens aux Etats-Unis, et., etc. (la liste est si longue que ça en est déprimant). Il faut mettre la pression à tous les gouvernements pour qu’ils fassent des réformes pour garantir l’égalité démocratique.

On peut penser que c’est de l’idéalisme naïf, mais le cas de l’Afrique du Sud montre qu’il n’en est rien. Et quelles sont d’ailleurs les alternatives pour un militant ? Accepter sans rien faire les crimes planétaires ? Mettre la tête dans le sable de notre petit coin de paradis ? Collaborer avec les exploiteurs et les oppresseurs pour accumuler des profits ? Il y a beaucoup de possibilités. Et pourquoi ne pas suivre l’exemple d’Amira Hass et faire le choix de travailler à rendre ce monde meilleur ?

* Lawrence Davidson est professeur d’histoire à West Chester University à West Chester PA.

Note :

* Le panslavisme, défini par un idéologue croate Vinko Pribojević dès le XVe siècle, est une doctrine politique, culturelle et sociale qui valorise l’identité commune que partageraient les différents peuples slaves (Polonais, Tchèques, Slovaques, Slovènes, Croates, Serbes, Monténégrins, Macédoniens, Bosniaques, Bulgares, Russes, Biélorusses, Ukrainiens, Cachoubes, Sorabes et Ruthènes) et qui préconise leur union politique sur la base de cette identité.

15 avril 2013 – CounterPunch – Pour consulter l’original :
http://www.counterpunch.org/2013/04…

Traduction : Info-Palestine.eu – Dominique Muselet

Combattants djihadistes en Syrie ? Un autre point de vue


Comité Belge pour soutenir la Révolution syrienne

12:32 (Il y a 5 heures)

 

Lentement mais sûrement la Révolution syrienne commence à être considérée comme un mouvement rebelle terroriste dans les médias occidentaux en décrivant les combattants comme salafistes, djihadistes, islamistes et autres termes extrêmes.

Cette révolution est restée pacifiste pendant six mois, mais les crimes du régime rendus possible par les armes iraniennes et russes d’une part et par le silence hypocrite de l’Occident d’autre part, ont contraint les Syriens à se défendre.

Bachar al Assad a réussi son alliance secrète avec l’Etat juif qui contrôle les médias occidentaux pour répandre les expressions négatives sur les révolutionnaires syriens. Je ne suis pas ici pour nier qu’il y ait des islamistes en Syrie qui combattent au nom du Jihad, mais comme de nombreux Syriens, lorsque quelqu’un vient à mon secours contre un régime qui tue mes enfants, violent mes filles et mes sœurs et jette leurs corps dans les poubelles, j’approuve leur engagement.
Depuis deux ans, activement ou passivement, le monde soutient les crimes contre les Syriens, avec l’excuse de la sécurité d’Israël. De nombreux Syriens se demandent aujourd’hui si Bachar devra tuer 6 millions de Syriens avant que le monde se sente enfin coupable, complice ou responsable.

Pourquoi les Allemands sont-ils frileux quant à l’aide à apporter à l’opposition syrienne ? L’Europe protège Bachar en niant l’accès aux armes pour les Syriens en légitime défense.
En tout état de cause, si Israël décide de considérer la révolution syrienne comme ennemi, cela n’empêchera pas les Syriens de se battre jusqu’au bout pour leur liberté.  Au niveau stratégique à long terme, les Israéliens se piègent eux-mêmes, une guerre contre le terrorisme en Syrie serait la pire chose pour tout le monde. Les Syriens sont décidé à mener cette guerre pour la liberté jusqu’à sa victoire, quel que soit le prix à payer. Après 43 ans de dictature de la famille Assad, ce régime a tout volé, et en premier lieu la dignité et les rêves d’une vie meilleure.
Une dernière chose que je voudrais avancer ici à propos de l’hypocrisie des media et des politiciens belges qui commencent à appeler terroristes ceux qui vont en Syrie pour lutter contre les crimes du régime d’Assad, alors que je me rappelle par exemple que les pilotes belges qui sont allés au Royaume-Uni pendant la seconde guerre mondiale sont considérés comme des héros alors qu’ils se battaient à partir d’un autre pays contre Hitler.

C’était une autre histoire et les Syriens écrivent désormais une nouvelle histoire.

Mr D. Reynders en particulier, dans l’émission mise au point du dimanche 14 avril, traite de « terroristes » les Belges qui tentent de rejoindre l’opposition en Syrie tandis que d’autres gouvernements européens rencontrent et négocient avec les représentants de cette même opposition. Pendant qu’il parlait, 20 enfants sont morts sous les bombardements de l’armée de Bachar Al Assad.

Il y a suffisamment d’hommes prêts à combattre aujourd’hui en Syrie. Ce sont des armes dont la résistance a besoin. Des Syriens désireux de partir combattre se retrouvent bloqués en Turquie. Il est difficile de croire que des jeunes belges, sans entraînement et certains ne parlant pas l’arabe, aient pu utilement rejoindre la résistance syrienne et qui plus est, s’y retrouveraient empêchés de quitter le pays.

Hasan Addaher

Info@15marsrevolution.com

0491.36.46.00

Gaza vue par ses enfants


Asmaa Seba El Mourabiti , photographe professionnelle Belge a passé trois mois à Gaza dans le cadre d’un projet artistique et photographique qui avait pour but de donner la possibilité à des enfants, âgés de 6 à 11 ans, des camps de réfugiés, de s’exprimer à travers l’image.

Parmi ces enfants, certains sont devenus orphelins après les bombardements de 2008, qui ont fait plus de 1450 morts, dont plus de 450 enfants , d’autres ont subi des traumatismes en voyant des membres de leur famille tués devant leurs yeux, et tous continuent à vivre dans des conditions précaires et dans un environnement très oppressant. C’est dans ce contexte que chacun d’entre eux a reçu un appareil photo qu’il a gardé pendant 3 mois.

Pendant 3 semaines les enfants ont participé à des ateliers de photographie et chaque semaine la photographe leur a donné, pour les guider, un sujet à exprimer à travers l’objectif, cette méthode a permis de développer de formidables clichés, véritables témoignages de la vie de ces enfants dans la bande de Gaza.

Vingt-quatre photographies ont été sélectionnées dans le cadre d’une exposition urbaine dans le centre de Gaza.

L’exposition a voyagé à Istanbul, Amman et elle est désormais à l’Espace Magh à Bruxellespour le début d’un périple européen

.

Et pour l’expo à l’Espace Magh…

Du 17/4/2013 au 30/4/2013
De 11 h à 19 h
Entrée libre
Rue du Poinçon 17, 1000 Bruxelles
info@espacemagh.be

Campagne Addameer « Fin à la détention administrative »


Appel à l’action : joignez-vous à la campagne mondiale d’Addameer pour la fin de la détention administrative

jeudi 31 janvier 2013 – 09h:41

Addameer


Addameer appelle les militants et les personnes de conscience à manifester leur solidarité avec tous les prisonniers politiques et à participer à la prochaine campagne mondiale de l’organisation de soutien aux prisonniers et de défense des droits de l’homme Addameer contre la détention administrative.

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Plus de 4793 Palestiniens sont actuellement détenus par Israël ; 10 sont des femmes, 193 sont des enfants, et 178 le sont en détention administrative, une politique décrépite dont se sert Israël pour garder en détention indéfiniment des Palestiniens sur la base d’une information tenue secrète, sans les inculper ni leur permettre de passer en jugement.

Non seulement ces prisonniers sont détenus arbitrairement, mais l’usage par Israël de la détention administrative viole plusieurs règles internationales, notamment en expulsant des Palestiniens du territoire occupé vers Israël, en refusant les visites régulières des familles et en refusant de tenir compte de l’intérêt supérieur des enfants détenus comme l’exige le droit international.

Nous avons besoin de votre soutien pour briser leurs chaînes et le silence sur la détention administrative

Aujourd’hui, Israël a externalisé la sécurité dans les prisons où sont détenus les Palestiniens vers une entreprise danoise/britannique, la société G4S. En plus du service pénitentiaire israélien, G4S est responsable des conditions extrêmes qu’ont subi les prisonniers durant les grèves de la faim historiques de 2012 et auxquelles ont participé des milliers de Palestiniens, et notamment ces deux grévistes de la faim qui ont frôlé la mort pour protester contre leur détention arbitraire, Khader Adnan et Hana Al-Shalabi. G4S est aussi complice dans la détention par Israël de près d’un tiers du Conseil législatif palestinien depuis 2006 et de dizaines de défenseurs des droits de l’homme arrêtés chaque année pour leur participation à la résistance populaire.

Le gouvernement d’Israël doit libérer tous les détenus administratifs et, dans l’attente, tous les détenus administratifs doivent être assurés de leurs droits en conformité avec le droit international.

Addameer soutient la Campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre G4S pour que cette société cesse sa complicité contre les détenus en détention administrative et pour mettre la pression sur le gouvernement israélien pour qu’il libère les prisonniers. Addameer appelle toutes les organisations et personnes de la solidarité et toutes les organisations des droits de l’homme à travers le monde à se joindre à notre Campagne pour la fin de la détention administrative, qui sera lancée le 17 avril 2013.

Agissez !

Vous pouvez faire pression sur le gouvernement israélien pour la libération des prisonniers :

  • en participant à une journée de mobilisation de masse dans votre ville, le 17 avril, Journée annuelle des Prisonniers palestiniens ;
  • en organisant une semaine « Fin à la détention administrative », du 17 au 24 avril 2013, dans votre ville ou université, en vous servant du matériel de la prochaine campagne d’Addameer ;
  • en vous joignant à la campagne BDS contre G4S dans votre ville ;
  • en sensibilisant sur la détention administrative dans votre communauté, en utilisant l’ensemble du matériel à venir pour les militants.

Pour vous engager dans la Campagne « Fin à la détention administrative », contactez Addameer sur :

Association Addameer de soutien aux prisonniers et de défense des droits de l’homme

P. O. Box : 17338, Jerusalem
Tel : +972 (0)2 296 0446 / 297 0136
Fax : +972 (0)2 296 0447
Email : info@addameer.ps
Website : http://www.addameer.org ; Facebook ; Twitter ; YouTube

Addameer – traduction : Info-Palestine

La grammaire intérieure du jet de pierre, article d’Amira Hass


08 avril 2013 Par Joelle Marelli


L’article qui suit a suscité une tempête en Israël. Différents groupes réclament des poursuites judiciaires contre elle.

La grammaire intérieure du jet de pierres

Amira Hass

Haaretz, 3.4.2013

 Lancer des pierres est un droit et un devoir de naissance pour qui se trouve sous domination étrangère. Lancer des pierres, essentiellement, est une métaphore de la résistance. La poursuite des lanceur de pierres, qui comprend l’arrestation de gamins de huit ans, fait inséparablement partie, même si ce n’est pas toujours écrit, de la description du rôle des représentants de la domination étrangère – non moins que les tirs, les tortures pendant les interrogatoires, la spoliation des terres, les entraves à la liberté de mouvement et même la distribution de l’eau. La violence de soldats âgés de dix-neuf ans, de commandants âgés de quarante-cinq ou de bureaucrates et de juristes, cette violence est réelle. Ils sont enrôlés pour défendre les fruits d’une violence impliquée par le fait même de la domination étrangère – ressources, bénéfices, privilèges, jouissance de la force.

La résistance et le fait de se tenir debout (soumoud) face à la violence physique et surtout institutionnelle : c’est la phrase fondamentale de la grammaire intérieure de la vie palestinienne dans ce pays. Jour après jour, heure après heure, instant après instant. Sans répit, sans trève. Et, malheureusement, non seulement en Cisjordanie (y compris Jérusalem-Est) et dans la bande de Gaza, mais aussi dans les frontières de la souveraineté israélienne (avec quelques différences dans les modes de violence et de résistance). Mais des deux côtés de la Ligne verte s’entassent des couches sédimentaires de suffocation, de souffrance, d’amertume, d’angoisse, de colère et d’interrogation: comment les Israéliens peuvent-ils être aveugles au point de croire que leur violence pourra durer toujours ?

Souvent, lancer des pierres, dans les faits, dérive du désœuvrement, de l’excès d’hormones, de l’imitation, de la bravade, de la concurrence. Mais dans la grammaire intérieure des rapports entre le dominant étranger et le dominé, le lancer de pierre est le prédicat du sujet : Je n’en peux plus de toi, le dominant. Après tout ces jeunes pourraient choisir d’autres manières de dissiper l’excès d’hormones, sans risquer d’être arrêtés, condamnés à de lourdes amendes, voire blessés ou tués.

Même si le droit et le devoir sont de naissance, il faut apprendre à développer les modes de résistance et de la station debout, les règles et les limites (un exemple : la distinction entre citoyen et homme armé, entre enfant et porteur d’uniforme. Un autre exemple : les limites de l’arme et ses échecs dans le passé). Il serait logique que dans les écoles palestiniennes on donne aux élèves des cours élémentaires de résistance : comment réaliser des actions massives de terrain[1], en zone C ; comment se conduire en cas d’irruption de soldats au domicile privé ; comparer différentes luttes anticoloniales dans différents pays ; comment se servir de caméras vidéo pour documenter la violence des représentants du régime ; méthodes pour fatiguer le système militaire et ses représentants ; journée hebdomadaire de participation au travail sur les terres situées par-delà le mur de séparation ; comment mémoriser les éléments d’identification du soldat qui t’a jeté menotté sur le sol de la jeep pour pouvoir porter plainte par la suite ; quels sont les droits lors d’un interrogatoire et comment les faire reconnaître en temps réel ; comment surmonter la peur devant les enquêteurs ; essais d’actions de masse destinées à faire respecter la liberté de mouvement. À dire vrai, cela ne ferait pas de mal aux adultes de suivre aussi de tels cours, au lieu peut-être des exercices de marche au pas, de dispersion de manifestations et de recherches de posts suspects sur Facebook.

L’engagement des élèves des écoles, il y a deux ans, dans le programme de boycott des produits en provenance des colonies semblait un pas dans la bonne direction. Mais ça s’est arrêté là, sans suite, sans élargir le contexte. Et pourtant des cours comme ceux-là conviendrait comme un gant à la tactique qui a présidé à la démarche auprès de l’ONU. Révolte civile en diplomatie et sur le terrain. Alors pourquoi ces cours sont-ils absents du cursus d’études des enfants palestiniens ? L’opposition prêtée par avance aux Etats donateurs et les représailles de la part d’Israël comptent parmi les moyens de la domination étrangère – et font partie de la Hasbara. Mais il y a aussi l’inertie, la paresse, l’intérêt personnel de certaines couches sociales, des calculs erronés, une mauvaise compréhension de la situation. Le système de raisonnement de l’Autorité palestinienne a créé depuis presque vingt ans un principe fondamental – l’adaptation à ce qui existe. Et c’est ainsi qu’est née la contradiction, le conflit entre la grammaire intérieure de l’Autorité palestinienne et celle de son peuple.

Traduit de l’hébreu par Joëlle Marelli


[1] L’auteure se réfère implicitement aux villages de tentes récemment construits par des Palestiniens sur des terres confisquées par les autorités israéliennes, actions collectives qu’elle compare à des actions similaires effectuées par des groupes juifs sionistes à l’époque du Mandat britannique.

Les manifestations continuent en Syrie


SYRIE – MALGRE LES BOMBARDEMENTS LOYALISTES ET LES COMBATS, LA REVOLTE DES MANIFESTATIONS PACIFIQUES SE POURSUIT… – INFORMATION CHRONIQUE – Des dizaines de milliers de syriens ont pris la rue ce 12 avril 2013, bien décidés à maintenir leur activisme pacifique pour leur part contre le régime du clan Assad. D’Alep à Damas, d’Hassakah à Homs, de Kafrzita à AlBukamal, de Khirbet Ghazaleh à Daraa, de Shahba à Bayda, d’Idlib à Hama, etc… les manifestants ont à nouveau appelé à la chute du régime syrien. Malgré la hausse violente des affrontements ces dernières semaines, avec les offensives du Printemps menées par la rébellion et qui ont entrainé une réaction sanglante du régime et de ses miliciens, les manifestants restent là, inflexibles.

En Syrie, plusieurs brigades islamistes rejettent la tutelle d’Al-Qaïda


Rédaction en ligne
Mis en ligne il y a 29 minutes

Plusieurs brigades de la rébellion syrienne ont rejeté l’adhésion du Front jihadiste Al-Nosra au réseau extrémiste Al-Qaïda, estimant que la priorité était de combattre le régime et appelant à un islam «modéré».

«Ici, en Syrie, nous avons lancé le jihad (guerre sainte) contre le régime (…) pas pour prêter allégeance à X ou Y et pas pour qu’on impose sur nos frères et notre peuple des choses malgré eux», a fait savoir vendredi le Front islamique de libération de la Syrie dans un communiqué.

«Prêter allégeance à des gens qui ne savent rien de notre situation ne peut pas servir notre peuple et notre nation, d’autant plus que la plupart de nos villes sont occupées, que la bande criminelle continue de détruire le pays et que notre peuple continue de verser son sang», indique le communiqué, en référence au régime de Bachar al-Assad, engagé dans une guerre brutale contre les rebelles depuis deux ans.

«O Moujahidine, le Front islamique de libération de la Syrie vous appelle à unifier vos rangs (…) et à suivre le chemin de la modération qu’a toujours connu la Syrie», poursuit le communiqué.

Les mouvements islamistes regroupés sous l’ASL affirment avoir une interprétation «modérée» de l’islam comparé aux factions salafistes.

L’annonce d’Al-Nosra a été rejetée par l’opposition syrienne, tandis que le régime, qui assimile la rébellion à du «terrorisme», en a profité pour réclamer à l’ONU d’inscrire le groupe sur sa liste noire d’individus et d’organisations affiliés à Al-Qaïda.

LeSoir

« Le rêve américain » : de la nourriture chargée dans des bennes à ordures pendant que des centaines d’américains affamés sont retenus par la police


Vous avez dit « Le rêve américain » ?

Voilà ce que devient l’Amérique capitaliste:

5 avril 2013 par Sarah Carlson
Des centaines de pauvres gens attendant dehors devant une épicerie fermée pour saisie afin de pouvoir obtenir ce qui reste ne représente pas l’image du « rêve américain ». Pourtant le 23 mars, devant un supermarché d’Augusta, Georgie, c’est exactement ce qui s’est passé.
Des résidents ont envahi le parking avec des sacs et des paniers, espérant obtenir des aliments pour bébés, des conserves, des nouilles et autres denrées non-périssables. Mais l’église locale n’est jamais venue chercher la nourriture, comme c’était organisé avec le gérant du magasin avant son expulsion. Au moment où les gens arrivaient pour la nourriture, qui était toujours dans le bâtiment – comme c’est le cas dans toute expulsion – arriva le propriétaire du bien, la banque SunTrust.
La banque ordonna que la nourriture soit chargée dans des bennes à ordures et emportée sur une décharge au lieu d’être distribuée. Les gens qui s’étaient rassemblés ont dû être maîtrisés par la police en voyant détruire de la nourriture en parfait état. Le shérif local Richard Roundtree a déclaré que  » La possibilité d’une émeute était extrêmement probable ».

« Ici les gens ont des enfants qui ont faim et soif », a dit un habitant du lieu, Robertstine Lambert à Fox54 à Augusta. « Pourquoi jeter quand on pourrait faire une distribution ? »
La banque SunTrust essaie de noyer le poisson et de ne pas prendre la responsabilité de ses actes. Leur agent de relations publiques Mike McCoy, a déclaré, « Nous travaillons avec les fournisseurs des magasins ainsi qu’avec la police pour éliminer le contenu qui reste et pour sécuriser le bâtiment ». Il a dit aussi pourtant que la nourriture n’a jamais appartenu à la banque SunTrust.
Pas besoin d’enjoliver ce qui s’est passé. Teresa Russell, adjointe au bureau de police du comté de Richmond, a dit que le propriétaire du bâtiment avait ordonné que la nourriture soit emportée à la décharge. Certains ont même suivi le camion à la décharge et ont été refoulés.
Dans le comté de Richmond, il y a environ 20 expulsions par jour et la zone entourant le supermarché est l’une des plus pauvres de l’état. Selon les dernières données disponibles, le taux de pauvreté est de 41 %. De nombreuses personnes sur ce parking savaient probablement trop bien comment fonctionnent les expulsions et avaient un besoin désespéré d’une aide alimentaire.
Cette histoire n’est pas une exception bizarre. Elle pue le capitalisme à plein nez et elle est remarquablement similaire au scandale H&M (chaîne de magasins de prêt-à-porter) qui éclata en 2010 quand des vêtements furent déchiquetés avant d’être jetés, pour être sûr que la valeur de la marchandise ne soit pas dépréciée.
Dans une société capitaliste, le but d’une production de nourriture n’est pas de nourrir les gens, la construction de maisons n’est pas pour donner un abri, la fabrication de vêtements n’est pas faite pour leur tenir chaud, et les soins de santé ne sont pas dispensés en premier lieu pour garder les gens en bonne santé. Toutes ces choses, qui devraient être considérées comme des droits basiques ne sont rien d’autre que des marchandises – qui doivent s’acheter et se vendre – dont on tire un profit. Si pas de profit possible, en raison souvent d’une surproduction reliée au marché, les marchandises sont considérées comme inutiles par les capitalistes et détruites.
Dans le cas présent, il semble que la banque s’en fichait tout simplement. Pour les banques qui ont tiré profit des expulsions et des saisies, il n’est pas surprenant qu’elles ne montrent aucun remord à laisser des gens aux sacs vides regarder avec incrédulité de la nourriture qui pourrait nourrir leur famille, jetée à la place dans une décharge.
Traduit par le BBB.

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