Pourquoi cette inertie ?


Quand je vois que l’on descend facilement dans la rue pour soutenir telle ou telle cause que je partage, je suis toujours surpris de constater que les événements en Syrie mobilisent si peu de personnes.

Que certaines personnes aient des avis divergents sur la façon (armée ou diplomatique) de régler ce conflit, je le vois bien.

Toutefois, les opposants à une intervention armée ou une aide en armement m’étonnent un peu. Je m’explique.

– Pourquoi je ne les vois pas organiser quoi que ce soit pour dénoncer les massacres ? (une petite manif pour dire STOP, juste STOP, ça va pas leur bouffer leur soirée)

– Pourquoi je les vois pas dénoncer un régime tyrannique (je crois que sur ce point on ne tergiverse pas) ?

– Pourquoi je ne les vois pas faire pression sur les détenteurs du droit de veto pour que ceux-ci condamnent le régime de Damas ? (j’ai bien dit pression diplomatique pas lâcher de bombe nucléaire sur la tronche de bachar)

– Pourquoi je ne les vois pas dénoncer les livraisons d’armes à al assad par la Russie (oh pardon, ces armes sont livrées légalement dans le cadre de contrats antérieurs à la révolte alors que si certains pays occidentaux faisaient pareils on se serait prompt à les dénoncer, moi en tête) ?

– Pourquoi je ne les vois pas dénoncer la présence de l’Iran, du Hezbo, d’Irakiens auprès d’al assad (c’est pas de l’ingérence étrangère peut-être) ?

De la part de l’extrême-droite, je le comprends, mais là y a un truc qui m’échappe …

Israël à l’Europe: payez, puis taisez-vous!


Jurek Kuczkiewicz
Mis en ligne il y a 2 heures

Israël vient de prendre des mesures de rétorsion à l’égard de l’Union européenne. De quoi l’UE serait-elle «coupable»? D’avoir décidé que ses programmes de coopération avec l’État hébreu, et donc l’argent européen, ne pouvaient plus financer des projets israéliens situés en territoire palestinien occupé.

Rappelons quelques faits. Un: l’occupation israélienne de la Palestine, État reconnu depuis peu par l’Assemblée des Nations unies, est illégale aux yeux des lois internationales, comme l’a rappelé la Cour internationale de justice en 2004. Ceci n’est pas que du droit: l’occupation représente un carcan épouvantable, qui empoisonne la vie quotidienne des Palestiniens.

Deuxièmement, la Cisjordanie fait l’objet d’une annexion partielle rampante, par le biais de colonies illégales: c’est du vol de terres, sur lesquelles les Israéliens vont jusqu’à détruire, comme à Jérusalem-Est et dans ses environs, des habitations palestiniennes.

En dépit de l’occupation, Israël est le pays partenaire de l’UE qui bénéficie du statut le plus privilégié en matière de coopération, notamment économique et scientifique. La décision récente de la Commission européenne n’a pas consisté à couper ces programmes de coopération: elle permettra seulement d’éviter que cet argent ne finance l’occupation.

Rappelons par ailleurs que l’Union européenne fournit, bon an mal an, un demi-milliard d’euros à l’Autorité palestinienne depuis 1993: soit la moitié de son budget. Et ceci pour quoi? Pour l’aider à fonctionner en dépit de l’occupation israélienne…

En annonçant ses mesures de rétorsion, Israël adresse à l’Europe un message très simple: «Payez, puis taisez-vous». Ceci est évidemment inacceptable. Et il faut rendre hommage à l’Union européenne et à son exécutif bruxellois, si souvent critiqués pour leur pusillanimité diplomatique, d’avoir enfin mis leurs actes en conformité avec leurs paroles.

Israël, quant à lui, joue un jeu extrêmement dangereux. Par de telles réactions, l’État hébreu administre une nouvelle preuve du mépris dans lequel il tient toute légalité qui ne lui serait pas profitable. Ce faisant, il creuse obstinément son propre isolement. Cet isolement est hélas exalté en Israël par les éléments les plus extrémistes. Ceux-là dégainent systématiquement l’accusation d’antisémitisme contre tous ceux qui, au nom de la loi ou de la compassion, ne veulent plus contribuer à une occupation condamnable. C’est-à-dire à «payer et se taire».

Avec les «printemps arabes», Al-Jazira a perdu sa crédibilité


Publié le 26 juillet 2013 par Baudouin Loos

Qu’est-il donc arrivé à Al-Jazira ? La grande chaîne arabe d’information en continu diffusée depuis Doha, au Qatar, qui s’était rendue célèbre en affichant depuis sa création en 1996 une revigorante liberté de ton n’est plus que l’ombre d’elle-même. Il est bien loin le temps où les Arabes se réjouissaient de voir et entendre des débats contradictoires impossibles sur leurs chaînes nationales. Pour d’innombrables téléspectateurs, la chaîne par satellite a perdu toute crédibilité et n’est plus qu’un organe de propagande au service de l’islamisme promu par le Qatar.

Les derniers événements en Egypte semblent avoir achevé de convaincre beaucoup de sceptiques. La couverture des manifestations monstres du 30 juin contre le président issu des Frères musulmans, Mohamed Morsi, suivies par le populaire coup d’Etat du 3 juillet a en effet été tronquée, de l’avis même de plusieurs collaborateurs de la chaîne sur place.

« Il y a eu onze démissions au bureau du Caire en protestation contre la partialité de la chaîne, nous confirme de Doha un ancien de la télévision resté proche de ses confrères. Le plus haut gradé des démissionnaire est le producteur Ossama Radhi, un Egyptien, qui est considéré comme un pilier de la chaîne. L’atmosphère n’a jamais été aussi tendue. Les journalistes sont divises en deux clans qui se disputent sur Facebook (les pro et les anti-Frères musulmans), à tel point que le directeur général par intérim, l’Algérien Mustapha Soueg, a dû adresser une lettre interne afin de les exhorter à être sereins dans leurs polémiques sur ce qui se passe en Egypte. »

L’un des démissionnaires, Wasam Fadhel, a expliqué sa démission sur Facebook : « Al-Jazira ment ouvertement. Ils diffusent de vieux enregistrements de la place Tahrir vide, et disent que les images ont été tournées peu auparavant, et ils passent ces images pendant des heures. (…) Malheureusement, je travaillais dans un endroit que je pensais crédible, mais je comprends enfin que sa crédibilité était fondée sur une position politique détestable ».

Mais il y a bien eu évolution. Al-Jazira a changé. « La chaîne a perdu une partie de sa crédibilité avec le conflit en Libye, nous explique Akram Belkaïd, l’un des meilleurs journalistes et observateurs algériens, quand elle s’est résolument rangée aux côtés des rebelles. Beaucoup de ses spectateurs habituels au Maghreb n’ont pas admis ce parti-pris. Déjà, son silence à propos de la répression au Bahrein avait eu un impact négatif. Mais la chaîne bénéficiait de l’aura de ses couvertures des événements tunisiens et égyptiens. La couverture de la chute de Ben Ali et de Moubarak aura été ses derniers grands moments de journalisme “objectif”

Après la Libye, il y a eu le conflit syrien. C’est peu dire qu’Al-Jazira est aux côtés des insurgés alors que, dans le monde arabe, il existe un fort soutien à Assad (notamment au Maghreb). Là aussi, Al-Jazira apparaît partiale et non professionnelle Pour finir, elle a tenté jusqu’au bout de défendre Morsi, n’hésitant pas à donner des consignes en ce sens à ses reporters en Egypte. »

Mais pourquoi Al-Jazira a-t-elle donc viré sa cuti ? « Je défends la chaîne, très professionnelle, jusqu’en 2011, jusqu’à la fin de la révolution en Egypte, confie un ex-correspondant de la chaîne dans une grande capitale européenne. Après, il y a eu des directives d’en haut. Du palais. Il fallait privilégier l’islamisation de la société arabe. Les méthodes ont fondamentalement changé, on nous disait ce qu’il fallait dire, c’est devenu très difficile de travailler. Ils ont donc dû engager des jeunes, malléables, beaucoup d’anciens sont partis. »

Pour notre interlocuteur préférant l’anonymat, une réunion à Doha a été décisive. « Il y a d’abord eu la ‘démission’ du directeur Wadhah Khanfar, une forte personnalité palestinienne, en septembre 2011. En janvier 2012, ils ont réuni les chefs de bureau. Le nouveau directeur, cheikh Hamad ben Jassem al-Thani, de la famille de l’émir, leur a indiqué qu’ils mèneraient dorénavant la chaîne comme ils le voulaient, qu’elle était de toute façon devenue incontournable. »

Pour un résultat, donc, qui est dénoncé un peu partout. La chaîne, qui disait rassembler 50 millions de téléspectateurs tous les soirs, déçoit ses plus ardents défenseurs. Comme l’intellectuel tunisien Anouar Moalla, consultant dans la communication. « Je ne comprends plus cette chaîne, surtout depuis le départ de son directeur, Wadhah Khanfar. Certains pensent que c’est une dérive incontrôlée. D’autres y voient une évolution préméditée, planifiée de longue date. Porteuse, pendant des années, des espoirs des élites et des populations arabes, elle offre aujourd’hui le spectacle d’un lamentable échec. L’école de journalisme honnête et professionnel qu’elle était n’est plus aujourd’hui que l’outil performant d’une vaste conspiration, pour perpétuer la malédiction qui poursuit le monde arabe depuis des siècles. »

Il devient même malaisé de trouver des défenseurs de la chaîne qatarie. Salam Kawakibi, un politologue syrien exilé et proche des rebelles, tient néanmoins à apporter ses nuances. « La critique est nécessaire, nous écrit-il. Cependant, il semble qu’Al-Jazira devienne une cible facile pour certains dès qu’elle s’éloigne de leurs vues politiques. (…) Même si, dans le cas syrien, elle a mis l’accent sur les composantes islamistes de la contestation, il est très injuste de la condamner. C’est un organe médiatique professionnel avec des penchants politiques et sociétaux précis qui ne sont pas les miens. Et alors? Vous en connaissez des médias puissants et neutres? Il est d’ailleurs à observer que plusieurs de ses détracteurs actuels ne critiquaient pas quand la chaîne épousait leurs causes respectives. »

BAUDOUIN LOOS

Publié dans “Le Soir” du 25 juillet 2013.

Père Paolo Dall’Oglio par Amélie Duhamel


“Demandez-moi comment il se fait que je sois devenu, moi, religieux chrétien, italien de surcroît, un emblème de la révolution syrienne ? Mon père ! C’est moi qui conduis l’entretien, pas vous.” La rencontre au café Paris-London en septembre 2012 avec Paolo Dall’Oglio, 58 ans, fondateur du monastère de Mar Moussa (Syrie), chassé du pays en juin 2012 par le régime, démarrait fort. C’est que le journaliste est susceptible lorsqu’il aborde un personnage pour en tracer la silhouette, surtout si celui-ci manifeste quelque attrait pour l’art de la manipulation.

//Mar Moussa (Syrie)Mar Moussa (Syrie)

Il est vrai que ce géant à la barbe en bataille, dont la seule présence domine tout l’espace autour de lui, est devenu un symbole fort de la lutte anti-Assad. A Paris, dans les cercles d’exilés, sur la Toile, dans les sites activistes, chez la plupart des révolutionnaires syriens, hommes, femmes, croyants ou non, chrétiens ou musulmans, civils ou religieux, barbus, voilées ou pas, ce jésuite a pris place parmi les opposants les plus actifs.

En mars 2011, dès les événements de Deraâ où l’armée tira sur la foule venue réclamer la libération de gamins ayant tagué sur les murs d’un édifice “Bachar dégage”, le père Paolo proclame son soutien aux manifestants pacifiques. Qui, chaque semaine, prennent l’habitude de se rendre tout droit au monastère dès la prière et le rassemblement du vendredi achevés, pour discuter avec l’ecclésiastique qui s’est donné pour mission, lors de la prononciation de ses vœux en 1977, la réconciliation des fils d’Abraham.

Une mission qu’il assume avec d’autant plus d’obstination depuis le début des événements qu’il est convaincu que les chrétiens, comme tous les Syriens, appartenant ou non à une minorité ethnique ou confessionnelle, n’ont d’avenir que dans la chute de ce régime. “Depuis le début des événements, je ne cesse, s’agace-t-il, d’alerter le Vatican et de demander à ses diplomates de faire quelque chose pour empêcher la guerre civile en Syrie. Les chrétiens ont beaucoup plus à craindre du repli identitaire dans lequel Assad tente de les enfermer en agitant l’épouvantail islamiste que dans la lutte pour le renversement de la dictature et la participation à la construction de l’avenir. Malheureusement, certains hauts dignitaires de l’Eglise – et pas seulement des chrétiens –, relayés par des religieux, s’obstinent à nier la révolution et à la réduire à du terrorisme. Mais c’est tout le contraire, s’insurge le père Paolo, ce sont la répression, les bombes et le terrorisme d’Etat qui font le lit du terrorisme islamique, pas la révolution !”.

//Paolo Dall'OglioPaolo Dall’OglioFils d’un résistant devenu une figure importante de la démocratie chrétienne en Italie, Paolo Dall’Oglio ne s’était pourtant pas destiné à suivre les traces de son père. A 16 ans, l’adolescent instable vit une “crise d’athéisme” et annonce à ses parents et à ses sept frères et sœurs qu’il quitte l’école. Il part travailler dans un chantier naval à Fiumicino, près de Rome, où il embrasse les idéaux gauchiste. “C’est là que j’ai découvert la fraternité ouvrière et le travail manuel”, affirme-t-il. Trois ans plus tard, le voilà rentré au bercail, plus dévot que jamais, allant jusqu’à se lever à l’aube chaque jour pour prier à l’église. “J’ai repris mes études comme un engagement”, dit-il. Il obtient son bac puis part avec trois amis à la découverte du Moyen-Orient. “Immédiatement, avoue-t-il, l’efficacité de l’appel du muezzin m’a séduit : les hommes abandonnaient leur tâche, leur métier et couraient s’agenouiller dans la mosquée. Nous découvrions avec fascination que le monothéisme était polymorphe et nous voulûmes remonter à la source. Jérusalem devint notre nouvelle destination.”

En 1974, cet hypersensible qui se croit condamné à souffrir de la maladie d’amour se décide à vouer  ce trop-plein de passion au Christ. Il entre à la Compagnie de Jésus. “Pour moi, renoncer à la femme en tant que relation fut difficile. Mais, ajoute-t-il, le jour où je compris que l’ascèse ne résoudrait jamais la question de l’abstinence sexuelle, cette vulnérabilité dans laquelle je me trouvais, blessure qui demande toujours plus d’amour mystique, commença à me plaire. La sexualité serait toujours l’espace de ma faiblesse ou de ma victoire.”

Pendant ses trois années de noviciat, Paolo ne cesse de penser à l’islam. En 1977, il prononce ses vœux à Bifkaya, dans la montagne chrétienne du Liban où il séjourne. Puis retour en Italie où il étouffe. En 1980, étudiant en langues orientales à Naples, il reçoit une bourse du ministère israélien de la Culture pour aller apprendre l’hébreu en Israël. “Un séjour que j’ai vécu comme une déchirure à cause de mes positions clairement favorables aux Palestiniens. Mais j’y ai découvert la complexité. J’ai découvert que la paix était un projet à bâtir, pas un état originel à retrouver.” Puis ses études le conduisent à Damas. C’est le début de sa lune de miel avec l’islam.

En 1982, Paolo Dall’Oglio découvre Deir Mar Moussa, un monastère abandonné depuis un siècle et demi, construit dans la roche en haut d’une montagne aride. Il décide de lui redonner vie et consacre toute son énergie à la nouvelle mission qu’il s’est fixée : ce lieu sera dédié à l’harmonie islamo-chrétienne et ouvert à tous. Il parvient à faire financer la restauration de l’admirable chapelle du XIIe siècle et de ses fresques. Son projet emporte l’adhésion de bataillons de volontaires italiens et syriens qui viennent l’aider sur le chantier. Dix ans plus tard, après de multiples embûches venues de toutes parts, Paolo s’y établit avec une dizaine de moines et moniales. En une décennie, le lieu acquiert une notoriété qui paraît presque excessive. Les touristes s’y pressent, et pas seulement pour se recueillir. La curiosité, l’attrait pour la beauté du site y sont pour beaucoup. Qu’importe, Paolo Dall’Oglio se réjouit du succès de son entreprise et jouit de son prestige quand bien même il s’en défende avec indignation.

Sur la terrasse de pierre dominant le désert, après l’office du matin qu’il célèbre en arabe, on sert le petit déjeuner: du thé avec du pain, de l’huile, des olives, des fromages, des légumes et des fruits. Presque tout est produit par la communauté. Vêtu d’un caftan foncé et affublé d’une barbe poivre et sel qui lui donnent l’allure d’un musulman pieux, ce fils spirituel de Louis Massignon qui parle admirablement l’arabe, le français, l’anglais et l’italien, tient palabre, entouré des curieux qui s’empressent autour de lui. De sa voix puissante, il parle de tout, retraçant avec humour l’histoire de l’Eglise chrétienne à l’aide d’un concombre qu’il tranche pour illustrer les schismes. Recevant avec délicatesse des personnes venues lui demander de l’aide. Débattant fougueusement d’un sujet philosophique avec des étudiants. Entamant sérieusement une discussion théologique avec des imams. Ferraillant fraternellement avec des moukhabarat venus en mission dénicher quelque infraction à lui coller sur le dos. Témoignant avec conviction à propos de Myrna, une femme de Damas qui, paraît-il, obtient des grâces et pleure de l’huile depuis qu’elle a rencontré la Vierge dans sa maison de Soufaniya qu’elle a vouée à Marie…

Paolo Dall’Oglio écrit, se fait connaître des médias, des milieux intellectuels religieux et laïcs et reçoit un monde fou unanimement impressionné par son charisme. L’extraordinaire bibliothèque qu’il a constituée et enfouie au plus profond de la montagne attire les érudits. On vient de tous les continents : ambassadeurs, ministres, évêques, gens de lettres, cheikhs, journalistes, étudiants, arabisants se pressent à Mar Moussa.

Ce défilé de personnalités ne plaît pas du tout aux autorités syriennes qui, de toute façon, sont exaspérées par ce prêtre depuis qu’il a lancé en 2003 son Chemin d’Abraham, sorte de pèlerinage interreligieux pour le Proche-Orient qui relierait Urfa (Turquie) à Hébron (Cisjordanie), en passant par Mar Moussa. Une initiative trop libre, trop œcuménique, trop incontrôlable pour la dictature qui, en 2010, lui interdit toute activité relative à cette entreprise et tente de le discréditer en le faisant passer pour un sioniste, voire un agent d’Israël, accusations infâmantes pour la plupart des Syriens. En mai 2012, il traverse la ligne rouge tracée par le régime : “A la suite d’un kidnapping de personnes, je suis allé à Qusayr, une ville encerclée et bombardée, pour essayer d’établir une médiation. Je ne supportais plus de rester spectateur.” C’en est trop pour le régime. Le 16 juin, Paolo est expulsé manu militari. Il doit rejoindre le Liban sous la protection du nonce apostolique.

Du point de vue du pouvoir Assad, c’est une belle bourde. Car aussitôt hors de Syrie, le père Paolo endosse le costume d’ambassadeur de la révolution syrienne. “J’ai été invité par la Ligue arabe à participer à la réunion de l’opposition syrienne au Caire. J’ai rencontré les ministres des Affaires étrangères du Canada, de l’Italie et de la France, des dizaines d’élus, de diplomates, de hauts fonctionnaires, je suis allé partout où j’ai pu pour alerter sur la situation que vivent les Syriens et demander de l’aide aux gouvernements.

Le 9 septembre 2012, au cours d’une conférence de presse commune tenue avec le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius au Quai-d’Orsay, le père Paolo Dall’Oglio raconte son combat, aussi à l’aise sous les ors de la République que sous les fresques de sa petite église: “A Qusayr, j’ai assisté aux funérailles de dix civils bombardés par l’armée régulière. Derrière Abou Qassem Az-Zouhouri, un homme dont deux fils avaient été tués par l’armée du régime, l’assistance criait : ‘Wahed, wahed, wahed, ash-shaab s-Suri (‘un, un, un, le peuple syrien est un). Personne en dehors des fanatiques du régime ne prône l’explosion communautaire du pays. Et d’étayer son propos : “La veille de cet enterrement, un jeune soldat de l’Armée syrienne libre, un paysan sunnite portant la barbe en signe de piété, m’a confié: ‘Abouna (mon père), ce n’est pas pour l’argent ou la gloire que je combats. Si je reste vivant, je ne désire qu’une chose, retourner dans mon village et labourer la terre en homme libre dans un pays libre.’ Honneur à ces hommes grâce à qui la Syrie pourra peut-être connaître la démocratie et demeurer à l’écart des luttes confessionnelles.”

marmo_260amarmo_260bMaintenant qu’il a dû abandonner le monastère à ses compagnons, il poursuit l’œuvre de Mar Moussa dans le Kurdistan irakien, tout en continuant inlassablement de réclamer une aide internationale aux insurgés, sans craindre de brocarder la pusillanimité des gouvernements : “Je suis d’accord, tonne-t-il, avec ceux qui estiment qu’il ne faut pas vendre d’armes aux révolutionnaires. Il faut les donner.” En septembre, dans la salle des fêtes de la mairie du XXe à Paris, une centaine de personnes étaient venues l’écouter. A la question qu’il posa “Qui est déjà venu à Mar Moussa ?”, un quart de l’assistance leva le doigt. “La semaine dernière à Bruxelles, c’était déjà comme ça”, observe une femme dans l’assistance. Paolo a ses fans et pour la Syrie de la “résurrection, euh… révolution, dit Paolo en s’esclaffant, je me trompe tout le temps de mot”, c’est un atout de taille.


 

Amélie Duhamel

27/12/2012

A lire

Mar Moussa, par Guyonne de Montjou, Albin Michel (2006), 18 €.

Amoureux de l’islam, croyant en Jésus, par Paolo Dall’Oglio, préface de Régis Debray. Ed. De l’Atelier (2009), 18 €.

source

La communauté internationale confirme qu’elle interviendra en Syrie à partir de 200 000 morts


syrie

Damas – Le conflit en Syrie vient de franchir un triste record, celui de plus de 100 000 morts depuis le début des combats entre pro régime et opposants à Bachar al-Assad.

De son côté, la communauté internationale a annoncé dans une conférence de presse qu’elle n’interviendra qu’à partir de 200 000 morts, comme les statuts de l’association de la communauté internationale l’exigent.

« C’est vrai que c’est un très gros nombre, 100 000, même s’il faut bien sûr recompter » a commenté pour sa part un représentant de la communauté internationale. « Mais dans l’immédiat, nous ne pouvons hélas rien faire, nous ne pouvons légalement agir qu’à partir de 200 000 morts », soulignant qu’une fois atteint ce stade, la communauté internationale mettra en place une très forte pression diplomatique sur le régime de Damas ainsi que sur les rebelles pour qu’une solution pacifique et durable puisse être rapidement trouvée.

«.Bachar al-Assad doit savoir que nous serons extrêmement inflexibles et que nous ne laisserons pas le massacre de population civile impuni au delà de 200 000 victimes.

De même, les rebelles doivent savoir que nous sommes très très attentifs aux exactions, et ce de chaque côté. Il y a des choses qu’on ne peut pas humainement tolérer » a conclu la communauté internationale.

La Rédaction

« Le plus blessant pour les Syriens, c’est le manque de solidarité » – Entretien avec Salam Kawakibi


24 juillet 2013

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 La lettre que vous pouvez lire ci-dessous m’est parvenue il y a quelques jours, comme à d’autres journalistes. Elle a été écrite par trois spécialistes de la Syrie, Florence Ollivry, Marion Coudert et Nicolas Camoisson, et relayée par Salam Kawakibi, syrien lui-même. Il est le directeur adjoint de l’Arab Reform Initiative, un réseau d’instituts de recherches sur le monde arabe. Chaque jour, sur son profil Facebook, il publie des photos venues de Syrie. Les photos d’un drame que les médias, surtout depuis le déclenchement des événements égyptiens, ont comme occulté. Alors que les civils syriens meurent, souffrent, fuient, subissent une guerre d’une violence inouïe. Voici sa lettre, et à suivre, un entretien que nous avons réalisé hier. Un entretien qui se termine par cette réflexion amère: « Ce qui est le plus choquant et profondément blessant pour les Syriens en ce moment, c’est le manque de solidarité ».

1463245271« Chers amis,

 

En ce mois de juillet 2013, la situation  en Syrie est gravissime. Homs est sous les bombardements depuis 10 jours, 4000 personnes civiles sont piégées dans la ville. Les blessés y meurent faute de soin. Alep n’est plus que l’ombre d’elle-même. La famine y fait des ravages.

 

Par exemple, la ville d’Azaz, près d’Alep qui comptait 70 000 habitants est aujourd’hui réduite à 7000 personnes et est régulièrement bombardée de façon arbitraire.

 

Les enfants meurent de faim dans un pays qui était connu pour son abondance et la diversité de sa cuisine. Plus de 7000 enfants sont morts sous les violences depuis deux ans et vous connaissez le nombre de morts officiels qui s’élève à 100 000.

 

On parle aussi de 4 millions de personnes déplacées en Syrie et de 1,75 millions de réfugiés dans les pays voisins qui sont à la limite, eux aussi, de la rupture. Les femmes détenues à la prison d’Adra sont entrées en grève de la faim depuis 10 jours pour dénoncer l’arbitraire de leur incarcération et les tortures dont elles sont victimes.

 

L’aide humanitaire massive en direction de la Syrie n’atteint que très peu ses objectifs, malgré les efforts des ONG. Toutes les lois internationales de la guerre, de la protection des populations civiles sont délibérément violées depuis deux ans. La Syrie est une vaste prison où la torture est le maître mot.

 

Cet appel est une initiative personnelle car nous savons que vous vous sentez tous concernés. Mais nous avons bien conscience aussi que nous pensons tous être impuissants face cette situation. Pourtant, quelles que soient nos opinions politiques et nos sensibilités, nous devons nous mobiliser pour dénoncer la destruction en cours d’un pays à l’immense culture, d’un peuple doux et tolérant qui se débat aujourd’hui dans une immense solitude contre des agressions venant de toutes parts. Certes, bien des causes dans le monde mérite notre soutien, mais ce qui est en cours en Syrie est d’une telle sauvagerie que nous avons le devoir de ne pas abandonner ce peuple. »

                                                                                                Florence Ollivry, Marion Coudert et Nicolas Camoisson – Salam Kawakibi

Quelle est la situaton humanitaire en Syrie ?

Les secours arrivent plus sur le papier que dans la réalité. La situation est dramatique, elle a été comparée à la crise rwandaise. Il n’y a pas seulement des millions de déplacés et de réfugiés à l’étranger, et des dizaines de milliers de victimes, mais nous avons toute une génération qui ne va plus à l’école depuis deux ans. Toute une génération d’enfants qui n’ont pas été normalement vaccinés. On assiste au retour de la tuberculose, qui avait été éradiquée depuis une vingtaine d’années. Il y a des villes entièrement détruites. Homs aurait été détruite à plus de 60%. Quand on sait que c’est la troisième ville du pays, on mesure le drame. Certains villages n’existent plus. Ils ont disparus de la carte. Comme dans les récits sur la seconde guerre mondiale.

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Ce sont les combats où il y a une volonté de raser certains villages ?

En grande partie, ces disparitions de villages est due à une politique d’épuration ethnique qui a été pratiquée dans une zone géographique bien précise. Le dernier épisode en date, c’est la ville de Qousseir, où tout a été détruit et d’où les habitants, chrétiens et musulmans, ont dû partir. Il y a une tentative de modifier la carte démographique en brûlant les registres du cadastre dans de nombreuses localités pour couper court à toute revendication de propriété à l’avenir. C’est une expropriation par la guerre. On ne bombarde pas seulement les habitations, mais on brûle les traces.

Au niveau humanitaire, la solidarité sur place existe-t-elle encore ?
Jusqu’ici, on a vu une grande solidarité sur le terrain, mais on constate une fracture à présent. Chez les citoyens de tous les bords, on ressent une grande peur de l’avenir, de la façon dont il va falloir traiter avec celui qui a été accusé d’être derrière sa propre souffrance. Le régime a établi un scénario dès le premier jour de la contestation et on voit que, deux ans-et-demi, il a presque réussi à réunir tous les ingrédients pour qu’une guerre civile éclate.

Ce n’est pas déjà une guerre civile ?
Jusqu’à maintenant, il n’y a pas eu de guerre civile en Syrie, c’est une guerre contre les civils. Mais tous les ingrédients sont là pour qu’elle voit le jour dans les prochaines semaines. Si rien ne se passe pour l’éviter.

Sur base communautaire ?
Les actions militaires, du côté du régime, ont pris une dimension communautaire. Quand on voit les scènes de tortures qui ont été tournées exprès et diffusées sur le net portait les empreintes d’une seule communauté, même si ce n’est pas vrai, mais il y avait une volonté du régime de prendre en otage la communauté alaouite. Le régime utilise cette dimension pour provoquer des réactions au sein de la société syrienne contre la minorité alaouite, pour que cette dernière s’accroche encore plus à la soi-disant protection du régime. Il y a une instrumentalisation de la question communautaire qui est faite de façon minutieuse et diabolique. Et moi, je crains qu’elle ne soit en train de donner, hélas, des fruits.

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Côté rébellion, il y a des infiltrations tout aussi radicales ?
Justement, je vous parle d’un scénario établi très tôt et qui selon moi est en cours de réalisation. Dès le début, il  y a deux ans, le régime annonçait le danger extrémiste et les infiltrations radicales. A l’époque, c’était faux, mais c’est devenu une réalité. Il y a des groupes radicaux infiltrés de plusieurs façons sur le territoire syrien. On peut parler d’infiltration par l’Irak, par la Turquie. Il y a une radicalisation au sein même du mouvement de la rébellion, mais c’est explicable compte tenu de l’indifférence de la communauté internationale et de l’abandon des Syriens à leur destin. De l’autre côté, il y a aussi une radicalisation artificielle, introduite de l’extérieur, qui n’a rien à voir avec la nature des pratiques religieuses des Syriens. Il y a ce qu’on appelle des Moudjaidines étrangers qui sont là pour des objectifs qui n’ont rien à voir avec la liberté ou la démocratie. Certains sont là parce que c’est un espace ouvert pour faire la guerre après l’avoir déjà faite en Afghanistan ou en Irak. Il y a aussi des exactions pratiquées par ces Moudjahidines à l’égard des habitants syriens qui vivent dans les zones contrôlées par l’Armée libre. Les zones où le pouvoir n’exerce plus sa domination. Dans le but de déstabiliser toute alternative au régime. Ils rendent un vrai service au régime.

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Vous dénoncez l’inaction occidentale, quelles promesses n’ont pas été tenues ?

Déjà, la première erreur fatale qui a été commise dès le début, c’est que les Occidentaux ont encouragé l’opposition syrienne à aller encore plus loin dans ses revendications en annonçant la fin du régime dans l’espace de quelques semaines, la fin de sa légitimité. Toutes ces déclarations qui n’ont pas été suivies d’actions ou de décisions concrètes n’ont fait que piéger encore plus l’opposition politique syrienne. Une opposition  qui est immature, qui n’a jamais pu pratiquer la politique durant cinq décennies de répression et de contrôle de l’espace public. C’était déjà une erreur très grave. Ensuite, on a vu toute une série de réunions, avec les Amis de la Syrie, avec des chiffres avancés sur le plan humanitaire, avec des engagements des pays occidentaux pour soutenir l’opposition syrienne et renforcer le processus politique nécessaire pour résoudre la question. Il est bon de rappeler que personne, côté rébellion, n’a évoqué une intervention militaire pour arrêter la tuerie en Syrie. Ce n’était ni la revendication de l’opposition ni une promesse avancée par quiconque. Cet argument n’a donc pas lieu de revenir sans arrêt, comme une justification à l’inaction. Les gens n’étaient pas dupes, ils savaient qu’il n’y aurait pas d’intervention militaire, que la donne régionale ne le permettait pas. En revanche, une intervention politique et humanitaire claire était attendue, et on ne l’a pas eue.
Intervention politique de quelle nature ?
En intervenant auprès des maîtres de cette tuerie. Autrement dit, l’Iran et la Russie. Ils n’attendaient que cela, d’être remis dans le jeu diplomatique. Les pays occidentaux ont complètement écarté cette possibilité par rapport à l’Iran, et qu’ils ont à moitié accepté vis-à-vis de la Russie. On sait que Moscou a des intérêts, mais avant tout se sent toujours humiliée sur la scène internationale, et veut imposer sa présence sur les dossiers importants comme pouvait l’avoir l’ancien empire russe. Et cela n’a jamais été pris en compte.
1719185779Les Russes sont les seuls à avoir respecté en Syrie leurs engagements ?
Ils se sont engagés à fournir des armes, des experts et de l’aide financière au régime. Comme les Iraniens, et ils ont toujours respectés ces engagements. Les Iraniens envoient des Pasdarans, des milices à base communautaire en provenance d’Irak, du Pakistan ou du Liban via le Hezbollah comme bras armé de leur diplomatie. Les Russes envoient des experts, des armes et aussi soutiennent économiquement et financièrement la machine à tuer du régime. Ils n’ont jamais hésité ou parlé à mi-mot. Il y a beaucoup de cynisme et de criminalité dans leur comportement, mais au moins il n’y a pas d’hypocrisie comme on l’entend dans le discours occidental.
3909243893Assad est plus fort aujourd’hui qu’en décembre 2012 ?
Au niveau militaire, on est plutôt face à un statu quo qui continue à éprouver les Syriens. Il n’y a pas de réelle avancée, pas de victoire importante d’un côté ou de l’autre. Assad, maintenant, sait que l’Occident a compris qu’il y a maintenant un danger de radicalisation. C’est du pain béni pour lui. Sur ce point, sur la communication,  il est en position de force. Mais sur le terrain, on ne peut pas le dire.
Le Congrès américains s’apprête à donner un feu vert à l’administration Obama pour des livraisons d’armes  à la rébellion. C’est trop tard ? Trop peu ?

Je crains que cela ne serve à augmenter les probabilités de tuer encore plus de civils syriens. Je ne vois pas un processus militaire aboutissant à un résultat salutaire pour els Syriens. Il faut un processus politique. Or, personne ne veut véritablement s’y engager. On parle de Genève 2, mais ni les Américains ni les Russes ne sont pressés. Personne n’est capable, maintenant, de vous dire de quoi il s’agit. Certains diplomates vous parlent même de repousser la rencontre en septembre ou octobre à cause des vacances… C’est de l’irresponsabilité. Si on parle de fournitures d’armes, c’est pour dire qu’on a fait à la fin ce qu’on a pu, mais sans trouver de solution politique. Livrer des armes sans un processus politique clair, ferme et avec un agenda précis, ce n’est que renforcer les risques de morts pour les Syriens.

Avant de clore l’entretien, Salam Kawakibi désire ajouter ces mots…

J’ajouterais une chose. Ce qui est le plus choquant et profondément blessant pour les Syriens en ce moment, c’est le manque de solidarité. Pas des Etats occidentaux, parce que ce n’est pas très surprenant en fonction de leurs calculs et de leurs intérêts, mais c’est le manque de solidarité de la part de la société civile occidentale. Elle a été souvent beaucoup plus active dans des situations semblables sur l’Irak, la Palestine ou même le Vietnam. Maintenant on observe vraiment un scepticisme de la part de l’opinion européenne à l’égard du mouvement contestataire en Syrie. Et cela rejoint mes craintes sur la communication orchestrée par le régime de Damas.

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Lâcher prise


Lâcher prise, ce n’est pas se montrer indifférent, mais simplement admettre que l’on ne peut agir à la place de quelqu’un d’autre.

Lâcher prise, ce n’est pas couper les liens, mais prendre conscience que l’on ne peut contrôler autrui.

Lâcher prise, ce n’est pas être passif, mais au contraire chercher principalement à tirer une leçon des conséquences inhérentes à un événement.

Lâcher prise, c’est reconnaître son impuissance, au sens où l’on admet que le résultat final n’est pas toujours entre ses mains.

Lâcher prise, c’est ne plus blâmer ou vouloir changer autrui et, au lieu de cela, choisir de consacrer son temps à donner le meilleur de soi-même.

Lâcher prise, ce n’est pas prendre soin des autres en faisant preuve d’une totale abnégation, mais se sentir concerné par eux.

Lâcher prise, c’est ne pas « assister « , mais encourager.

Lâcher prise, c’est ne pas juger, et accorder à autrui le droit d’être humain, c’est à dire lui accorder le droit à l’erreur.

Lâcher prise, c’est ne pas s’occuper de tout ce qui arrive, et laisser les autres gérer leur propre destin.

Lâcher prise, c’est ne pas materner les autres, et leur permettre d’affronter la réalité.

Lâcher prise, ce n’est pas rejeter, c’est au contraire accepter.

Lâcher prise, c’est ne pas harceler, reprocher, sermonner ou gronder, et tenter de déceler ses propres faiblesses et de s’en défaire.

Lâcher prise, c’est ne pas adapter les choses à ses propres désirs, et prendre chaque jour comme il vient et l’apprécier.

Lâcher prise, c’est ne pas critiquer ou corriger autrui, mais s’efforcer de devenir ce que l’on rêve de devenir.

Lâcher prise, c’est ne pas regretter le passé, et vivre et grandir dans le présent pour l’avenir.

Lâcher prise, c’est craindre moins et aimer davantage.

PM

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