Gaza: première visite de famille en prison


En mai Fatma Abu Khatlah a emmené ses deux fils voir leur père dans une prison israélienne. Pour le petit Mohanned c’était la première fois qu’il allait voir son père, détenu depuis 2008 et condamné à une peine de 9 ans et demie de prison.
Le programme de visites familiales organisé par le CICR pour les détenus palestiniens depuis 1967, a été suspendu pour les habitants de Gaza en 2007 et a repris en juillet 2012. Au début, seuls les conjoints et les parents avaient le droit de rendre visite à leurs proches, mais depuis mai 2013 les enfants de moins de 8 ans sont aussi autorisés à rendre visite à leurs pères.

Les visites des familles sont émotionnellement essentielles pour les détenus et leurs familles. En 2012, le CICR a facilité la visite à des proches détenus dans des établissements israéliens de plus de 110 000 membres de leurs familles.

GRÂCE : une lettre d’Ali Aarrass


Posted on juillet 4, 2013 | No comments

Farida Aarrass at Belgian embassy LondonGRÂCE !

 

La libération des détenus serait une décision plein de sagesse, dont les plus heureux seraient les épouses et les enfants. Heureux de voir leur père enfin rentrer à la maison, ce serait une bonne nouvelle. Espérons la libération des détenus politiques.

 

Un Etat digne et vraiment démocratique ne devrait avoir aucun détenu d’opinion derrière les barreaux. Il faudrait qu’ils libèrent ceux qui sont encore en prison afin d’engager les réformes en toute sérénité.

 

Pour ce qui me concerne, je refuse la grâce vu que celle-ci n’intervient qu’après l’accomplissement d’un crime, hors je n’en ai commis aucun !

 

La libération de ces détenus montrerait, que le plat de résistance de la réforme promise par le roi, est justement la réforme de la justice.

 

Au Maroc, il y a des gens en prison qui ne devraient pas y être, et d’autres en liberté qui devraient être en prison.

Je ne me suis jamais intéressé à la politique, mais il m’arrive de lire des choses qui me font sauter au plafond !

 

Aujourd’hui les faits ont prouvé que les vrais obscurantistes sont quelques responsables des services secrets et sécurité de l’Etat, qui commettent des crimes odieux indicibles. S’il y a des réels extrémistes qui constituent un danger pour la sécurité et la transition démocratique, ce sont justement ces sécuritaires hors la loi. Ceux qui commettent ces crimes barbares et dégradants, pour la dignité de l’homme et contraire à toute éthique, méritent d’être trainés en justice !

 

En ce qui concerne la presse et sa fonction, en tant que quatrième pouvoir, et celle des associations civiles, c’est de défendre la dignité humaine, les libertés et la vérité. Par conséquent, la société civile et la presse devraient défendre sans condition les victimes de ce terrible bagne et réclamer ensemble justice, contre ceux qui m’ont enlevé, torturé et injustement condamné.

Le meilleur moyen d’éviter de tomber dans le déni de la transition démocratique est bien sur de rompre avec les comportements inquisiteurs et les méthodes barbares.

 

« Mon emprisonnement, est le prix que je paie pour que la Belgique devienne un état de droit »

 

Ali Aarrass

Égypte : L’armée suspend la Constitution, démet Mohamed Morsi


LE CAIRE (Reuters) – L’armée a repris mercredi la place qu’elle a longtemps occupée au centre du jeu politique en Egypte, annonçant la mise à l’écart du président Mohamed Morsi et la suspension temporaire de la Constitution afin de trouver une solution à la crise que traverse le pays.

 

L’annonce de ces mesures d’exception a été faite à la télévision nationale par le général Abdel Fatah al Sissi, chef de l’état-major, à l’issue d’une rencontre avec les dirigeants de l’opposition et des communautés religieuses ainsi qu’avec les représentants des mouvements de jeunesse.

 

Ces décisions mettent fin à une année d’exercice du pouvoir par les Frères musulmans et ouvrent une période de transition politique qui doit conduire à de nouvelles élections présidentielle et parlementaires dans un délai restreint.

 

L’armée, qui se tenait en retrait des coulisses du pouvoir depuis quelques mois, a démontré qu’elle demeurait un acteur institutionnel majeur lors de cette journée à rebondissements.

 

Les militaires avaient donné au chef de l’Etat jusqu’à 17h00 pour répondre aux attentes des centaines de milliers de manifestants réclamant son départ depuis plusieurs jours.

 

A l’expiration de ce délai, et alors qu’aucun accord n’avait été trouvé, les choses se sont accélérées.

 

L’armée a d’abord pris position dans plusieurs lieux stratégiques du Caire, près du palais présidentiel et devant le siège de la télévision nationale.

 

Elle a ensuite apporté son soutien à la « feuille de route » mise au point par l’opposition, les dignitaires religieux et les organisations de la jeunesse.

 

Enfin, forte de l’appui d’une large partie de la population, elle a informé Mohamed Morsi qu’il n’était plus président de l’Egypte, un an après avoir été démocratiquement élu.

RÉVISER LA CONSTITUTION

Dans son allocution télévisée, Abdel Fatah al Sissi a précisé que le président de la Haute cour constitutionnelle allait devenir chef de l’Etat par intérim en remplacement de Mohamed Morsi. La prestation de serment est attendue jeudi.

Il reviendra au nouveau président, doté du pouvoir de gouverner par décrets, de désigner un gouvernement de technocrates pendant la période de transition.

Au cours de cette période, une commission sera chargée de réviser la Constitution, a ajouté le général Al Sissi.

Par ailleurs, le militaire a annoncé la création d’un comité de réconciliation nationale incluant les mouvements de la jeunesse, en pointe dans la contestation contre Mohamed Morsi.

Ces dispositions ont été approuvées par les dirigeants religieux, le grand cheikh de la mosquée Al Azhar et le patriarche de l’Eglise copte, Théodore II, ainsi que par le chef de file de l’opposition Mohamed ElBaradeï.

Ce dernier est lui aussi intervenu à la télévision pour appeler de ses voeux une élection présidentielle anticipée. Selon lui, la révolution du Nil qui avait été confisquée par les Frères musulmans dont était issu Mohamed Morsi a été relancée par les militaires.

Le calendrier des prochaines échéances électorales sera déterminé par le gouvernement intérimaire, a indiqué un porte-parole de l’armée.

Le parti Nour, deuxième formation islamiste d’Egypte, a annoncé qu’il soutenait la feuille de route afin d’éviter un conflit au pays.

LIESSE SUR LA PLACE TAHRIR

L’annonce d’Abdel Fatah al Sissi a été accueillie par des cris de joie et des scènes de liesse sur la place Tahrir au Caire où se rassemblaient les anti-Morsi. « Le peuple et l’armée sont unis comme les doigts de la main », chantaient les manifestants.

« Nous avions chassé un dictateur, nous en avons chassé un deuxième. Nous recommencerons si cela est nécessaire. Nous avons de l’expérience maintenant », expliquait un manifestant installé dans un café près de la place Tahrir.

De son côté, Mohamed Morsi a dénoncé sur son compte Facebook un « coup d’Etat militaire » et ses partisans, réunis dans la banlieue du Caire, ont réagi avec colère, certains arrachant des pavés et dénonçant les annonces d’Al Sissi comme « nulles ».

Pro et anti-Morsi se sont affrontés à Alexandrie dans la soirée où des coups de feu ont été entendus, selon des témoins.

Un responsable de la police locale a indiqué que des renforts avaient été appelés et que les forces de l’ordre contrôlaient la situation.

Des heurts entre les deux camps auraient fait quatre morts à Marsa Matrouh dans le nord du pays où se sont déployées des forces de sécurité, a indiqué le gouverneur de la région.

Par ailleurs, la chaîne de télévision Egypt25 des Frères musulmans a été suspendue de diffusion et ses dirigeants ont été arrêtés, a rapporté l’agence de presse Mena.

Mohamed Morsi se trouvait, lui, dans une caserne de la Garde républicaine sans que l’on sache s’il était détenu ou restait libre de ses mouvements.

Selon des témoins, les soldats ont dressé des barrières et ont installé des fils de fer barbelés autour de la caserne.

Dans la journée, Mohamed Morsi et de hauts responsables des Frères musulmans s’étaient vu interdire tout déplacement hors d’Egypte.

Dans un message adressé à ses partisans, le chef de l’Etat a appelé à résister pacifiquement « au coup d’Etat militaire » et à ne pas avoir recours à la violence contre les soldats.

Les Etats-Unis se montrent pour l’instant discrets face aux événements en Egypte, ni la Maison blanche, ni le département d’Etat n’ayant fait de commentaire sur le rôle des militaires dans ce basculement politique.

Amr Dalsh et Asma Alshari, Jean-Philippe Lefief et Pierre Sérisier pour le service français

source

« CE QUE M’ONT DIT LES AGENTS DE LA NSA » PAR JEAN-PAUL NEY


nsa-jean-paul-ney-infosdefense

« NOUS SOMMES EN GUERRE MÊME CONTRE VOUS, ET ÇA, VOUS AVEZ DU MAL À COMPRENDRE »

 

Bien avant les révélations de Snowden sur PRISM, il y a plus de treize ans, notre rédacteur en chef, Jean-Paul Ney, effectuait un voyage d’études sur le renseignement aux États-Unis. Des entretiens et et des visites prolifiques: Agents fédéraux, militaires et surtout des ingénieurs de la NSA, l’agence de sécurité nationale américaine, des entretiens officiels, d’autres plus officieux. Fin février 2000, il rentre à Paris avec une documentation conséquente, un premier article est publié par VSD, puis il s’attaque à un ouvrage qui sera publié en 2005 aux éditions du Cherche Midi: Souriez on vous espionne. Cette semaine, dans une série d’articles publiés sur InfosDéfense, il reprend ses notes qu’il n’a jamais publié, le « OFF » devient « ON », treize ans après, Jean-Paul Ney fait partie de ceux qui n’accusent pas, mais qui analysent avec une pertinence géopolitique et non-partisane. 

Nous sommes en 1994 et la France vient de conclure un accord de vente de quarante quatre Airbus. Un avion affrété par le gouvernement français file droit vers l’Arabie Saoudite, à l’intérieur, des hommes clefs du gouvernement ainsi que quelques pontes de la firme Airbus, mais surtout Edouard Balladur, très confiant de signer un juteux contrat. Quelques personnes triées sur le volet sont au courant d’une telle transaction, et pour cause : La commande que doit signer l’Arabie Saoudite se monte à 30 milliards de francs, un contrat historique… Le secret est donc bien gardé et il ne reste que quelques poignées de mains et de visites et des signatures pour que la vente soit validée.

“En Dieu nous croyons, tous les autres nous écoutons” Mot d’ordre des opérateurs d’interception de la NSA dans les années 1970

Un contrat qui ne sera jamais signé, un contrat qui repartira dans cet avion et ce, aussi vierge de signature qu’il en est venu. En effet, au dernier moment les autorités de Riyad ont décliné l’offre de la France, sans aucune autre explication. Edouard Balladur est prié de remonter dans l’avion. Quelques temps après, la raison de cette annulation devient officielle : Le contrat vient de passer chez Boeing qui a révisé son offre à la baisse au dernier moment . Comment Boeing aurait eu connaissance d’un tel accord ? Qui aurait fait bénéficier Boeing de cette information ? Qui aurait eu accès au secret et comment ? Mais surtout quelle en est la raison principale ? Chez Airbus deux personnes étaient au courant de cet accord, aucune fuite possible.

C’est alors le branle-bas de combat à Matignon et à l’Elysée. La DST est convoquée pour une réunion de crise. L’affaire éclate au grand jour et la presse -tout en pointant le doigt sur la très puissance NSA- avance un seul mon : Echelon. Ce fait bien « réel » n’a pas eu cependant l’effet qu’il aurait du produire. Bien au contraire, il reste à ce jour l’un des nombreux dossiers mystérieux classés dans le dossier Echelon, le système d’interception de données à l’échelle du globe que pilote en silence depuis plus de vingt ans l’agence nationale de sécurité américaine. Au milieu des années 2000, les États-Unis on timidement reconnu l’existence d’un tel système, ses partenaires anglo-saxons (la Grande-Bretagne, la Nouvelle-Zélande et l’Australie) suivent le pas et le puzzle se reconstitue passivement depuis une dizaine d’années maintenant.

La cité du silence
Février 2000, Fort Meade, siège de la NSA, État du Maryland. 26 degrés, un temps magnifique, du jamais vu pour un mois de février dans le Maryland. Fredrick Thomas Martin roule au ralenti. Notre véhicule file le long de la route 32. Une route emplie de mystère qui a été surnommée « la route du silence » (silent road) par les quelques habitants des environs. Et pour cause : Elle longe le gigantesque complexe de l’Agence Nationale de Sécurité américaine, la surpuissante NSA. Une bifurcation à droite se présente à nous, un panneau indique – NSA EMPLOYEES ONLY -. Fredrick prend la bretelle de droite. Les arbres cachent le paysage. Une barrière se présente à nous, des gardes ornés du brassard ‘MP’, la police militaire, contrôlent nos identités : « ce n’est pas le moment de sortir ton appareil photo, ils sont de la police militaire de la NSA. Un jour un gars a voulu faire des photos à quelques mètres de là, il n’a pas eu le temps d’en prendre une seule… » ajoute avec humour Fredrick, notre guide. Fredrick Thomas Martin – ingénieur et ex-numéro 2 d’une cellule informatique de la NSA – affiche un grand sourire: « Tu dois être le seul français, le seul européen, jusqu’ici aucun journaliste étranger n’a pénétré cette enceinte ».

Notre rédacteur en chef Jean-Paul Ney et Fredrick Martin au siège de la NSA (février 2000). Photo (c)R.Clough/NSA

Notre rédacteur en chef Jean-Paul Ney et Fredrick Martin au siège de la NSA (février 2000). Photo (c)R.Clough/NSA

Nous nous enfonçons lentement au cœur de la « cité du silence », l’un de ces nombreux surnoms donnés à l’agence d’espionnage électronique américaine. Ville fantôme, notre voiture roule et les immeubles défilent, pas un chat à l’extérieur. Plus loin, c’est une petite ville où la NSA a loué des dizaines d’immeubles, des bâtiments couleurs briques marqués de gros chiffres blancs : 881, 126, 800 : « Ici dans ces bâtiments, beaucoup de cerveaux travaillent améliorer en permanence la sécurité de nos composants électroniques » nous explique notre guide. Nostalgique, Fredrick montre du doigt l’immeuble qui fut le tout premier centre opérationnel de la NSA en 1960, puis le deuxième bâtiment de 1980, l’immense bloc noir et vitré de plusieurs étages, le centre névralgique. A ses pieds, un gigantesque parking l’entoure sur trois flancs. Des milliers de voitures y sont parquées. Un amas blanc rappelle les récentes chutes de neige. Quelques rares soldats en uniformes circulent, une petite blonde nous sourit : « Là c’est le bâtiment ou nous produisons nos propres microprocesseurs ultra sécurisés, oui, nous fabriquons nous mêmes ce qu’il y a dans nos machines… » ajoute Fredrick.

Je jette un œil dans le rétroviseur, une voiture nous suit depuis notre entrée dans le complexe « la police militaire… » renchérit Fredrick. Puis sans pointer le doigt, il me montre où sont positionnées une des quelque trois cent caméras disséminés autour du Fort Georges G. Meade, en effet, les caméras poussent comme des champignons. Contrôles, et barrières en béton délimitent le Fort, sans doute pour le badaud qui se serait égaré… La cité de ceux « qui servent en silence » semble définitivement imprenable.

L’Internet ‘privé’ du renseignement américain
Quelques jours avant cette impressionnante visite, Fredrick me parle de son ouvrage sur Intelink, le premier intranet durci et sécurisé de la communauté du renseignement américain. Les touts premiers pas d’un réseau qui, en 1994, va compter à l’avenir dans le partage de l’information, le fameux « need to know », les ingénieurs de la communauté du renseignement veulent casser la culture du cloisonnement pour implanter celle du « need to share », le besoin de partager ses informations en toute sécurité. Aujourd’hui, Intelink est le pilier central du partage et de l’exploitation du renseignement, l’année prochaine il va fêter ses 20 ans. A ce propos, nous publions le document de présentation qui résume ce réseau, un document réalisé pour les 15 ans d’Intelink. « En 1994, Steve Schanzer, le patron de l’ISS (Intelligence Systems Secretariat, le bureau des systèmes de renseignement) et son adjoint ont eu une idée, pourquoi ne pas créer un Internet privé ? J’ai été convoqué et j’ai travaillé sur le projet surtout à la CIA, il fallait implémenter Intelink dans leurs systèmes mais surtout dans leurs têtes ! » Un travail que Fredrick va abattre presque sans difficultés, le terrain étant vierge… En 1999, il publie ses travaux dans son livre.

« On vous écoute, et alors ? »
Après avoir laissé Fredrick, je rencontre Ted à quelques pas de la Maison Blanche un agent fédéral, ex-FBI passé à la CIA puis à la NSA, redoutable ingénieur, jeune d’apparence, pas l’air d’un geek, discret. Nous nous asseyons sur un banc, et rapidement, les écureuils viennent près de nous « tu as vu ? ils n’ont pas peur. Regarde celui-ci, il file droit vers les grilles de la Maison Blanche, regarde ! il entre… C’est un peu comme nous, on fabrique des systèmes qu’on va placer un petit peu partout, des trucs minuscules, discrets. Je suis un écureuil, j’ai l’air totalement inoffensif et je passe partout, c’est ça mon job. » Je note sur mon carnet : Ted, écureuil, Maison Blanche, NSA, dispositifs électroniques passifs. Je commence à poser mes questions.

– Qui écoutez-vous ?

Ton pays, la France, l’Allemagne, les institutions, les entreprises…

Les entreprises ? Alors c’est de l’espionnage économique ?

Oui, mais au début ce n’était pas volontaire, on avait des stations disséminées sur le globe et qui nous captaient ce que nos satellites interceptaient. Il faillait trier tout cet amas d’information, ce n’était pas facile, Internet, c’était encore les débuts. Je te parle du milieu des années 80 jusqu’à la fin des années 90. Comme les écouteurs avaient des marqueurs bien précis, des cibles, on jetait le reste. Jusqu’au jour où un type a retranscrit des conversations évoquant des contrats d’armement, il pensait à du terrorisme, ce n’était pas le cas. Le rapport a finit dans les mains d’un analyste de la CIA qui l’a immédiatement transmis au département d’État, il était question d’une vente et de pots-de-vin, une entreprise américaine était en lice pour ce contrat. Comme il y avait triche, le département d’État a exploité ce renseignement et ils ont transmis cette information à ladite entreprise, qui a de son côté contacté le pays en question pour leur faire clairement comprendre que nous savions. Le pays tricheur a été écarté.

– C’était qui ?

La France. Nous sommes en guerre même contre vous, et ça, vous avez du mal à comprendre, c’est une guerre économique, vos espions font de même, voire pire. Nous sommes partenaires politiques, ennemis commerciaux.

– Mais tout le monde fait ça non ?

La corruption ? Oui, c’est une pratique courante, les entreprises américaines aussi, mais franchement, la France et la Russie sont des champions du monde.

– Vous écoutez Internet, les conversations, jusqu’où irez-vous ?

Oui nous écoutons le monde, on vous écoute, et alors ? L’information est une donné vitale, ce sera le cas de plus en plus avec Internet qui se développe, ses services et les téléphones mobiles, ce que nous faisons déjà avec les opérateurs téléphoniques, nous le ferons en masse avec Internet et les téléphones mobiles, ce n’est pas bien compliqué et c’est très facile, que ce soit légal ou illégal, avec ou sans accord d’une juridiction ou d’un opérateur. C’est comme ça, pour des questions de sécurité il ne doit pas y avoir un seul lieu secret où des gens pourraient se retrouver, discuter et planifier des actes criminels contre nos intérêts et celui de nos citoyens dans le monde.

– Internet c’est clairement une menace ? une cible ?

Oui, de plus en plus de gens l’utilisent, y cachent des données, les cryptent. Les pays utilisent le réseau pour communiquer via des tunnels sécurisés, nous pouvons tout écouter, absolument tout, le problème ce n’est pas de placer des dispositifs, de pirater un signal ou de dupliquer une carte SIM, encore moins d’intercepter les communications qui transitent par des satellites de communication, le problème c’est le traitement de ces données. Un jour, tout le monde sera connecté à Internet, dans 10 ou 20 ans, les gens l’utiliseront couramment, on consultera Internet à grande vitesse sur des téléphones portables, ça c’est déjà demain, mais nous, à la NSA, nous devons penser à après demain. C’est dans ce sens que la majorité de ces interceptions sont passées dans des filtres spécialisés. La course à l’interception de toute donnée, nous savons la faire et la gagner, celle du traitement, de l’analyse et de la diffusion en temps réel, c’est autre chose.

…/… Suite dans quelques jours.

Un important groupe juif américain annonce un plan pour lancer une campagne contre le mouvement BDS


dimanche 30 juin 2013 – 06h:00

Alex Kane – Mondoweiss


Un représentant d’un important groupe américain juif a déclaré à Haaretz la semaine dernière qu’une campagne contre le mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions est sur le point d’être lancée.

Malcom Hoenlein, haut responsable à la Conférence des présidents des organisations juives américaines, a déclaré à la journaliste Judy Maltz que son organisation projette de lancer une contre-attaque contre le BDS sur les campus en août. « Ce sera une campagne importante, sur Internet et les médias sociaux, dans laquelle nous espérons toucher chaque étudiant sans exception en Amérique. L’objectif est d’informer d’une manière créative et de rallier le public, » a dit Hoenlein lors d’un entretien publié en début de semaine. Hoenlein était en Israël, en visite à Jérusalem pour la fête d’anniversaire et la Conférence du Président israélien Shimon Peres.

Ces propos sont le dernier signe que l’establishment juif a jeté tout son poids dans la lutte contre BDS.

Hoenlein, vice-président exécutif d’une organisation qui sert d’organe coordinateur pour 51 groupes américains juifs, a dit aussi à Haaretz que les communautés juives à travers le monde n’avaient pas fait suffisamment pour combattre BDS, et il a critiqué la récente décision de Stephen Hawking de boycotter la Conférence israélienne qui fêtait Peres. (1)

En même temps qu’il dévoilait la prochaine campagne pour combattre les groupes BDS, Hoenlein cherchait à contester l’impact du mouvement. « Ce n’est encore qu’un groupe très limité de personnes. Elles obtiennent de la résonance et une publicité parce que attaquer Israël fait l’information. Soutenir Israël ne fait pas l’information. Mais le fait est que la plus grande partie des campus ont rejeté le mouvement BDS », a-t-il déclaré encore à Haaretz.

Ces messages ne collent pas exactement. Pourquoi une importante organisation juive consacrerait-elle des ressources à un groupe insignifiant ? Une campagne lancée par la première organisation américaine juive dans le pays va probablement appeler plus d’attention sur le mouvement BDS florissant.

JPEG - 8.7 ko

Plus important encore pourtant que ces contradictions, c’est ce que pointe la prochaine campagne : l’impact lent mais régulier du mouvement et l’accent croissant du lobby pro-Israël sur BDS, particulièrement sur les campus universitaires. La récente vague de résolutions de désinvestissements des conseils étudiants sur les campus de Californie – dont trois ont été des succès – est manifestement parvenue jusqu’aux bureaux des gens comme Hoenlein.

Il est vrai que le mouvement BDS n’a pas encore réalisé de progrès importants imposant des coûts élevés à l’État pour ses violations du droit international. Pourtant, des boycotts remarqués de personnalités culturelles et des décisions de désinvestissements, telle la récente initiative des Méthodistes unifiés, montrent que BDS continue d’avancer.

Le récent boycott par Hawking qui a si inquiété Hoenlein est un avertissement à Israël, comme Noam Sheizaf, du Magazine +972, l’écrit, « l’occupation a un prix ». Le boycott par Hawking a fait également monter certaines questions chez les défenseurs d’Israël, qui en sont arrivés à l’idée que le mouvement BDS était une menace qu’il fallait prendre au sérieux – et dès maintenant, avant qu’il ne soit trop tard.

Larry Derfner, de +972, a récemment rassemblé ce qu’il appelle la «  sagesse du consensus » des opposants au BDS et montré que le mouvement BDS, il marche (2). Il met l’accent sur l’aveu de Thomas Friedman que le mouvement « est en train de faire monter le sentiment puissant dans l’opinion internationale, spécialement en Europe et sur les campus universitaires, qu’Israël est un État paria en raison de son occupation de la Cisjordanie ». Derfner souligne aussi un récent article de Haaretz sur ce qu’a déclaré un groupe d’hommes d’affaires israéliens de premier plan au Premier ministre Benjamin Netanyahu. « Si nous ne faisons pas de progrès vers une solution à deux États, il y aura des développements négatifs pour l’économie israélienne. », ont-ils dit au Premier ministre. « Les investissements étrangers ne viendront pas dans un tel État. Personne n’achètera les produits d’un tel État ».

L’inquiétude qui monte à propos de BDS parmi les establishments juifs et israéliens a maintenant soulevé une impulsion revigorée aujourd’hui contre le mouvement. La nouvelle campagne de la Conférence des présidents va rejoindre l’effort anti-BDS de plusieurs millions de dollars d’Israel Action Network, le premier véhicule de l’establishment juif pour combattre BDS.


Notes de la traduction :

(1)

- Stephen Hawking rejoint le boycott universitaire d’Israël – Réactions – Mattew Kalman – The Guardian
- Stephen Hawking et le Big Bang du boycott, un tournant pour l’image de l’entité sioniste – Mounadil al-Djazaïri – Daily Express
- Stephen Hawking fait une manifestation pacifique – The Boston Globe

(2) – En français sur Info-Palestine : La sagesse du consensus : le boycott d’Israël, ça marche – Larry Derfner – +972

Lire aussi :

- BDS : appel de la société civile palestinienne du 9 juillet 2005
- Un changement radical s’est opéré dans l’opinion aux États-Unis sur le conflit – Pamela Olson – Mondoweiss

Alex Kane est rédacteur en chef adjoint pour Mondoweiss et rédacteur en chef Monde pour AlterNet. Suivez-le sur Twitter @ alexbkane.

source  traduction JPP

Agression antisémite à Aartselaar: les victimes choquées par l’attitude de la police


S.Ta Publié le lundi 01 juillet 2013 à 06h06 – Mis à jour le lundi 01 juillet 2013 à 11h

Belgique La plainte a finalement été déposée à Anvers. Même De Wever a dû s’en mêler.

Cindy Meul est rapidement sortie de l’hôpital. Si son nez est cassé, le reste des blessures physiques est finalement superficiel. Psychologiquement, c’est une autre histoire. « Le lendemain de sa sortie, elle sera de nouveau hospitalisée pour une quinzaine de jours tellement elle est traumatisée par l’agression », explique son avocat Mischaël Modrikamen. Sa compagne Ruth se rend alors à la police d’Aartselaar pour déposer plainte. La réception de la police la perturbe encore aujourd’hui : « Comme je ne parle pas néerlandais, on n’a pas voulu prendre ma plainte. Ils m’ont dit qu’ici on parlait néerlandais, qu’ici on était en Flandre. » Choquée, le soir elle appellera même l’ambassade d’Israël pour tenter de trouver de l’aide. La communauté juive d’Anvers va d’ailleurs se mobiliser pour tenter de faire connaître cette affaire. « Je suis plus choquée par l’attitude de la police que par l’agression », explique-t-elle.

Mais l’ancienne championne de tennis ne se décourage pas, elle se rend alors à Anvers, espérant enfin être entendue. Après quelques péripéties, la police d’Anvers acceptera d’enregistrer sa plainte. Nous sommes déjà le 17 juin, soit plus de 15 jours après les faits. Entre-temps, Cindy Meul, hospitalisée, recevra des convocations pour être entendue à Aartselaar. Manifestement, le jeune couple suspecté de l’agression aurait déposé une plainte contre elle pour coups et blessures.

À Anvers, Ruth rédige sa plainte en hébreu. « Ils m’ont demandé de ne pas faire trop long car un traducteur ça coûtait de l’argent. »

La semaine dernière, le bourgmestre d’Anvers Bart De Wever, mis au courant des faits, invite les deux femmes à se présenter à son bureau de l’hôtel de ville. « Il a engueulé la police car la plainte n’avait toujours pas été traduite, 7 jours après son dépôt », explique encore Me Modrikamen.

L’avocat bruxellois relève également d’autres problèmes majeurs dans l’attitude de la police d’Aartselaar : « Ils ont dit que Cindy Meul était en état d’ébriété. Qu’est-ce qui leur permet d’affirmer de telles choses ? Ils n’ont même pas fait de prise de sang. Ils affirment aussi que l’altercation a eu lieu dans le hall alors que les traces de sang et le miroir cassé attestent qu’elle a eu lieu dans l’appartement », précise-t-il en montrant des photos.

Enfin, pour que cette histoire soit complète, il faut également savoir que, durant les quelques semaines qui ont précédé l’agression, à chaque fois que les voisins indélicats venaient tambouriner sur leur porte durant la nuit, 5 minutes après la police débarquait sur place et « reprochait aux deux femmes de faire du tapage nocturne. C’est incroyable, ils viennent frapper à la porte et ils appellent la police en plus », conclut Modrikamen.

Cerise sur le gâteau, la propriétaire de l’appartement a mis son grain de sel dans cette histoire : « Elle m’a dit qu’elle comprenait pourquoi nous voulions partir, elle a été très gentille. Peu de temps après notre déménagement, elle me réclamait, via un courrier de son avocat, une somme de 22.750 euros pour avoir rompu le bail.

La police dément la version des deux victimes. Une enquête a été ouverte par la ministre de l’Intérieur Joelle Milquet. Ce sera donc à la justice de trancher dans cette affaire.

Syrie : la dynamique citoyenne qu’Al-Assad ne parvient pas à liquider


Jean-Pierre Filiu
Universitaire
Publié le 30/06/2013 à 18h27

En ce 30 juin, l’Egypte retient son souffle face aux manifestations rivales des opposants et des partisans du président islamiste Mohammed Morsi. En Syrie, c’est déjà le deuxième jour de l’offensive du régime Assad contre les quartiers révolutionnaires de Homs.

Avions, batteries et chars lâchent leurs bombes sur ces bastions déjà en ruines, dont la propagande gouvernementale a déjà annoncé la « reconquête » plusieurs fois par le passé.

La mosquée Khaled Ben Walid, le plus important monument de Homs, a été frappée par les tirs du régime, comme avant elle la mosquée des Omeyyades d’Alep ou la mosquée Omar de Deraa.

Des cortèges chaque vendredi depuis 2 ans

Ce déferlement de violence aveugle, sur fond de valse-hésitation occidentale sur l’armement de l’insurrection, rejette au second plan la dynamique citoyenne de la révolution syrienne.

Cette dimension, à la source du soulèvement populaire de mars 2011, est pourtant déterminante pour comprendre la capacité de résistance de millions de Syriennes et de Syriens face aux campagnes de liquidation de Bachar al-Assad, mais aussi face aux divisions de l’opposition syrienne.

Le 28 juin, comme tous les vendredis depuis plus de deux ans, des cortèges ont rassemblé des milliers de manifestants pacifiques sur le thème de « une révolution ardente pour une opposition paralysée ».

video ici

Défilé de la population à Alep le 28 juin 2013

Au-delà des images de combats et de massacres qui saturent nos écrans, c’est bel et bien une toile de militantisme citoyen qui préserve encore l’unité de la Syrie, et qui garantit à bien des égards l’avenir de sa population.

Le mouvement pacifiste syrien vient de diffuser une carte interactive des centaines d’associations et de coordinations locales qui inscrivent la soulèvement syrien dans la durée et en profondeur.


Capture d’écran de la carte interactive mise au point par Bizava Astiyane suri, un mouvement pacifiste syrien

Chaque entrée renvoie à la page Facebook pertinente, avec un descriptif rapide. On y trouve aussi bien les différentes instances de gestion municipale, que l’assistance aux détenus, les initiatives d’agitprop symbolique ou les reporters-citoyens.

C’est peu de dire que cette dimension civile de la révolution syrienne est passée sous silence dans la couverture médiatique de la tragédie en cours.

Les « pires errements » des médias

La désinformation baasiste, systématique depuis mars 2011, a d’ailleurs atteint ces derniers jours des sommets.

  • La mort d’un franciscain syrien, le 23 juin, accompagnée du pillage du monastère où il était reclus, non loin de Homs, a suscité une émotion légitime en France.

L’extrême droite n’a pas craint d’affirmer à cette occasion que le soutien occidental aux révolutionnaires syriens « aide à tuer les Chrétiens ». D’autres sites comme RiposteLaïque.com allaient plus loin en assénant que trois franciscains, et non un seul, avaient été assassinés, et que les rebelles avaient mis en scène leur décapitation.

Tant pis pour ces prêcheurs de haine, la Custodie de Terre sainte démentait catégoriquement la mort de trois franciscains. Et il s’avère que les images du supplice ainsi diffusées soient l’œuvre d’une manipulation encore plus contournée.

  • La mort de quatre personnes dans une explosion, le 27 juin, en plein quartier chrétien de Damas, a été prestement attribué à un « kamikaze » de l’opposition.

Cette thèse, relayée par les médias du régime Assad, a été reprise telle quelle par la presse internationale, entre autres en France. Or il semblerait que le dit « kamikaze » soit un employé de la télévision d’Etat, qui plus est de confession chrétienne, et que l’explosion soit due à la chute d’un obus de mortier, volontaire ou accidentelle.

Ces deux exemples ne font qu’illustrer la persistance d’une « guerre des images », où l’interdiction par la dictature syrienne de toute couverture de presse indépendante laisse libre cours aux pires errements.

En guise de conclusion, je vous renvoie à cet entretien diffusé le 29 juin par le site canadien Tolérance sous le titre « Le soulèvement syrien est condamné à la victoire ».

source

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑