Steve Jobs n’était qu’un simple mortel


Apple a annoncé sobrement sur son site le départ de ce « génie créatif et visionnaire ». (capture d’écran).

Steve Jobs, le co-fondateur d’Apple, n’est plus. Avec son décès à l’âge de 56 ans, disparaît l’un des pionniers de la révolution technologique de la fin du 20e et début du 21e siècle. Retour sur la success story d’un homme devenu une légende…vivante.

© ap
© ap
© reuters
© photo news
© ap
© epa

Est-ce un signe? Au lendemain de la présentation de l’iPhone 4S, la première Keynote en son absence, Steve Jobs a tiré sa révérence. Un départ qu’Apple a salué par ces mots. « Apple a perdu un génie visionnaire et créatif, et le monde a vu partir un extraordinaire être humain. Ceux d’entre nous qui ont eu la chance de connaître et de travailler avec Steve ont perdu un ami cher et un véritable mentor. Steve laisse derrière lui une entreprise que lui seul aurait pu fonder et son esprit fera à jamais partie des fondements d’Apple ».

Au travers de ce message, la société de Cupertino ne s’y trompe pas. Elle vient de perdre son emblème historique, véritable icône associée à jamais à cette pomme croquée à pleine dent, dont ce végétarien raffolait et qui lui rappelait son enfance passée dans les pommeraies  d’Oregon. À l’exception de son meilleur ami/ennemi Bill Gates, jamais un dirigeant n’aura autant incarné une société, fondée avec son ami Steve Wozniak au milieu des années septante et qui fera de lui, à 27 ans à peine, le membre le plus jeune du Fortune 400, le club mondial des personnes les plus riches de la planète.

Orphelin
Si aujourd’hui Jobs a fait de son bébé la première capitalisation boursière du marché américain, ex-aequo avec ExxonMobil, ils n’ont pas toujours fait cause commune. Cet orphelin de San Francisco, adopté par Paul et Clara Jobs peu après sa naissance, fut débarqué en 1985 de sa propre société pour avoir mal estimé les ventes du Macintosh, le premier ordinateur grand public lancé en 1984 mais distancé par l’IBM PC, et fait naître chez ses collaborateurs une certaine rancoeur en raison d’un management agressif  et exigeant de plus en plus critiqué.

Le divorce
Comble du comble, Jobs sera éjecté par John Sculley, celui-là même qu’il avait débauché de Pepsi, le convainquant qu’il valait mieux saisir une chance de sauver le monde que de passer le reste de ses jours à vendre de l’eau sucrée. Placardisé par Sculley, Jobs se dévêtira dans la foulée de son costume de président honorifique en même temps qu’il ravalera son égo, lui qui était définit comme le plus grand égotiste de la Silicon Valley. La vente d’un cinquième de ses actions lui rapportera 20 millions de dollars et en dépit d’avoir été « Steved » (de l’expression « to be Steved » qui signifie « être viré de sa propre entreprise »), il débauchera cinq cadres de son ancienne boîte, provoquant l’ire de Sculley. Bien qu’ébranlé par cette éviction, Jobs créera NeXT en 1986, mais surtout, réalisera, sans le savoir, un coup fumant en rachetant à LucasFilm les studios d’animation Pixar, évitant à George Lucas de vendre le label Star Wars pour payer son divorce.

Révolution en marche
Vingt ans plus tard, Jobs revendra la boîte (dont il est l’actionnaire majoritaire à hauteur de 50,7%) créatrice de Toy Story, de Monsters & Cie ou du Monde de Nemo pour quelques 7,4 milliards de dollars à Disney. Entre-temps, ce père de quatre enfants avait réintégré, par la grande porte, son bureau du 1, Infinite Loop de Cupertino où il fut appelé à la rescousse pour « apporter une grande expérience et du tissu cicatriciel ». Apple, dont l’action avait atteint en 1996 son niveau le plus bas depuis 12 ans, aspirait contre 430 millions de dollars le NeXT de son désormais super conseiller qui empochait au passage 1,5 millions d’actions. La révolution était en marche.

iMac G3
« La solution pour Apple n’est pas dans la réduction des coûts. La solution pour Apple est dans l’innovation », dira-t-il à son retour, point de départ d’une nouvelle ère du design Apple. Le Mac du 20e anniversaire est la première oeuvre de Jon Ive, embauché pour redynamiser le design des ordinateurs Apple. Il préfigurait l’iMac G3, commercialisé en août 1998, et qui marquera définitivement le renouveau de la marque avec la combinaison, dans un seul et même boitier, d’un écran 15 pouces et d’une unité centrale. Livré avec un clavier et une souris s’accordant à la couleur du boîtier, l’iMac G3 réunit ce que Jobs avait retenu de sa première période Apple (l’importance du design) et de sa période NeXT (primauté du logiciel sur le matériel).

Le monde en « i »
Une combinaison gagnante qui va lancer la marque et, en quelques années, envahir l’univers multimédia. En 2001, sortait le premier iPod, ce baladeur numérique à disque dur (les déclinaisons utilisent une mémoire flash) dont la gestion s’effectue depuis le logiciel iTunes qui contient la plate-forme iTunes Store, devenu rapidement incontournable dans le département de l’achat en ligne de musique et d’autres contenus. Une révolution chez Apple, qui va voir son core business profondément modifié, et dans le monde de la musique. L’iPhone, lancé en 2007, va ensuite définitivement changer la face d’Apple, devenu bien plus qu’un fabricant d’ordinateurs.

Santé et bourse
Si la santé financière d’Apple est au beau fixe, celle de son illustre créateur vacille. En 2003, une tumeur maligne au pancréas est diagnostiquée. Une forme rare de cancer pancréatique qui emportera, deux ans plus tard, Jef Raskin, le père du Mac. De rumeurs en communiqués officiels, de congés maladies en séjours à l’hôpital, la société se pose des questions sur l’état de santé de sa tête pensante. De son sauveur. S’il reste tantôt discret, tantôt rassurant, tantôt en aveu d’une transplantation du foie en 2009, chacune de ses apparitions déclenche son lot de questions et crispe la valeur des actions boursières, qui fluctuent en fonction du bulletin médical de son charismatique dirigeant.

Devenu trop maigre pour être bien portant, flottant dans son traditionnel et célèbre col roulé sombre sur blue-jean clair, Steve Jobs multiplie les absences et confie à Tim Cook la gestion quotidienne du groupe. Sa dernière apparition surprise au WWDC de San Francisco à l’occasion du lancement de l’iPad 2 en mars dernier a dissipé les derniers doutes sur son état de santé.  Et sa démission le 24 août dernier a fait figure de premier avis nécrologique, que la diffusion de photos volées, le montrant mourant, viendra renforcer. En nous quittant, Jobs rappelle qu’il appartient à cette espèce de « mere mortals », comme il aimait définir les utilisateurs Apple lors de ses célèbres discours. Oui, Steve Jobs est un simple mortel. On l’avait presque oublié.

L.S., correspondant à Los Angeles.

Un registre de condoléances est ouvert au public à l’adresse suivante: rememberingsteve@apple.com

© photo news
© photo news
06/10/11 01h49

Pour les videos voyez sur le site

mailIcon print | Plus de Favoris |

Les opposants syriens pourchassés jusqu’à Paris


LEMONDE | 03.10.11 | 14h39   •  Mis à jour le 04.10.11 | 08h02

voir diaporama ici

Loin de Rastan, dont l’armée syrienne a repris le contrôle ce week-end au prix de dizaines de morts et de cinq jours de bombardements à l’arme lourde. Loin d’Istanbul où l’opposition syrienne au régime de Bachar Al-Assad a mis en place un Conseil national de 190 membres. Si loin, mais si semblable. Le sort de la révolution syrienne, qui a débuté le 15 mars dernier, se joue aussi à Paris, théâtre d’une guerre de l’ombre menée par les moukhabarat, les redoutés et pléthoriques services de renseignement syriens. Dans un rapport publié mardi 4 octobre, Amnesty International s’inquiète de ces pratiques de fichage et d’intimidation, qui peuvent aller jusqu’à l’agression brutale.

La scène se répète tous les week-ends sur la place du Châtelet. A 17 heures, plusieurs dizaines de Syriens et de sympathisants à leur cause se rassemblent autour de la fontaine. Ils déploient drapeaux, affiches et photos dénonçant la dictature et la répression en Syrie. L’atmosphère paraît chaleureuse, fervente. Tout ce que risquent ces manifestants, se dit-on, est l’indifférence.

Un œil plus exercé remarquera le manège des mouchards qui tournent à pied ou en voiture, filmant l’assistance avec leurs téléphones portables. Le 26 août dernier, Azad Namo s’occupait de la sono. « J’ai entendu une insulte. Soudain, des mains ont empoigné mon visage par derrière. Je me suis débattu, une femme a tenté de me mordre. Quand j’ai chuté au sol, au moins cinq personnes, deux jeunes hommes, deux jeunes femmes et une femme plus âgée, me donnaient des coups de pied, de poing. » Azad, photographe de formation, a quitté la Syrie en 2008 à la suite d’un séjour en prison de deux mois et demi pour avoir célébré le Nouvel An kurde. Militant de la cause de ce peuple, il est aussi un membre de la Déclaration de Damas, une coalition d’opposants.

Les deux policiers en civil affectés à la protection du rassemblement du 26 août, autorisé par la préfecture, sont vite débordés par l’irruption des casseurs. Pendant qu’Azad se faisait agresser, plusieurs manifestants sont pris simultanément à partie par des « infiltrés », qui crient des slogans à la gloire du président syrien.

Shevan Amhani est également roué de coups. Agé de 31 ans, il vit en France depuis 11 ans, où il est responsable d’exploitation dans une société de transports. Ce jeune cadre à l’allure soignée n’avait jamais milité avant la révolution. Depuis qu’il participe à des rassemblements, il reçoit des courriels où ses interlocuteurs, toujours anonymes, le menacent : « Même là où tu es, on t’aura. »

Le président syrien Bachar Al-Assad à Damas, le 20 juin 2011.

Le président syrien Bachar Al-Assad à Damas, le 20 juin 2011.AP

Neuf perturbateurs sont finalement appréhendés. Un policier confie à Azad qu’au moins deux d’entre eux détiennent des passeports diplomatiques. Shevan, Azad et Georgette Alam, elle aussi agressée, se rendent au commissariat du 2e arrondissement pour porter plainte. Le commissaire leur demande d’identifier leurs agresseurs : « Je ne voulais pas, raconte-t-il. Mais il a insisté. Quand je suis monté dans le fourgon, ils m’ont insulté et menacé en arabe. Ils me filmaient avec leur téléphone. J’en ai reconnu quatre qui m’avaient personnellement frappé. » Les agresseurs demandent à porter plainte à leur tour. Quelques heures plus tard, tout le monde est relâché.

Shevan, Azad et Georgette se font raccompagner par Salem Hassan, un militant kurde et membre fondateur de la Déclaration de Damas, et Mohamad Taha, cheville ouvrière du Comité de coordination de Paris pour le soutien à la révolution syrienne. Arrivés rue Lafayette, une voiture rouge pile à leur hauteur. Quatre hommes en descendent, armés de battes de base-ball. « Ils disaient : « Alors, fils de putes, vous faites des manifestations ? », se souvient Mohamad Taha. D’autres sont arrivés. Je me suis retrouvé immobilisé au sol, pendant qu’un homme cognait ma tête contre le trottoir. » Il a cru mourir quand il a vu la voiture rouge manoeuvrer pour l’écraser. Dans un sursaut, il se dégage et gagne un café, où Georgette et les autres ont pu se réfugier. Une vingtaine de personnes les assiègent. « Un film d’horreur, complète Mohamad. Soudain, j’ai compris ce que vivaient les Syriens au jour le jour. Je n’aurais jamais imaginé qu’il y avait des chabiha (milice de civils armés pro-régime) à Paris. J’ai reconnu au moins deux agresseurs du Châtelet. Ils nous avaient suivis. » Seuls deux assaillants ont pu être interpellés.

« PRÉTEXTE DE L’IMMUNITÉ DIPLOMATIQUE »

Shevan, Mohamad et Salem, sérieusement blessés et couverts de sang, passent la nuit à l’hôpital Lariboisière. Au petit matin, ils vont porter plainte au commissariat du 9e, d’où ils voient, médusés, deux de leurs agresseurs sortir, libres. Depuis, la peur s’est installée, même si les militants démocrates continuent de se mobiliser par des manifestations et en diffusant les informations et vidéos qu’ils reçoivent du pays. Georgette passe son temps à consulter son rétroviseur quand elle se gare dans un parking.

« Je n’avais pas conscience de prendre un risque ici », assure cette gérante d’un restaurant oriental de 43 ans, installée à Paris depuis 1985. Mohamad, lui, sursaute dès qu’on l’approche de trop près. La famille d’Azad Namo a appris ses mésaventures parisiennes par une visite des hommes au blouson de cuir. « Mon frère m’a appelé pour me dire : « S’il te plaît, toi tu es loin, ne nous fais pas d’ennuis. »« , raconte Azad. Les vieux parents du pianiste Malek Jandali, réfugié aux Etats-Unis, ont été violemment battus à Homs. Le frère de Radwan Ziadeh, un chef de file de l’opposition en exil, a été arrêté le 30 août à Damas.

L’avocate des victimes des deux tabassages du 26 août, Me Seve Aïdin, met en garde : « Je ne pourrais pas comprendre que les agresseurs présumés ne soient pas traduits en justice sous prétexte de l’immunité diplomatique. » Contrairement à Washington et Londres, le Quai d’Orsay n’a pas convoqué l’ambassadeur de Syrie pour lui exprimer son indignation. Paris a nié que les Syriens impliqués, réputés appartenir à la belle-famille de Maher Al-Assad, le frère du président, détiennent des passeports diplomatiques. Volonté de discrétion, crainte de représailles sur l’ambassadeur de France à Damas, agressé la semaine dernière par des manifestants pro-régime ? « Nous avons de très bonnes raisons de croire que l’ambassade syrienne à Paris est impliquée », assure Neil Sammonds, le coordinateur de l’enquête d’Amnesty International, qui énumère 30 cas dans huit pays, révélant le caractère systématique de la surveillance et du harcèlement.

La pratique n’est pas nouvelle. Déjà en 1982, une manifestation, entre le boulevard Saint-Germain et le siège de l’Unesco, contre le massacre de Hama avait été sauvagement attaquée par des dizaines d’agents syriens, venus spécialement de Damas. Rencontré samedi à la manifestation place du Châtelet, Salim Al-Awabdeh s’en souvient très bien : il porte encore des blessures aux mains.

Christophe Ayad

Les Indignés convergent vers Bruxelles


Rédaction en ligne

mercredi 05 octobre 2011, 09:16

De « 300 à 500 » marcheurs se sont fixé rendez-vous dans la capitale pour organiser une journée anticapitaliste et une rencontre avec la population.

Plusieurs marches pacifiques d’Indignés convergent en ce moment même vers Bruxelles. Venus d’Espagne, du Luxembourg, de France, d’Allemagne, du Royaume-Uni ou des Pays-bas, « 300 à 500 » marcheurs se sont fixé rendez-vous dans la capitale le 8 octobre.

Les Indignés ont l’intention d’y organiser une journée anticapitaliste le 12 octobre. Le 15, ils comptent partir à la rencontre de la population lors d’un grand rassemblement. Son parcours reste à fixer en accord avec la police. L’objectif est notamment de manifester devant les institutions européennes.

« Pas de message commun, pas de porte-parole », insiste un des leurs, le Bruxellois Amaury Ghijselings. « Chacun aura l’occasion de formuler des solutions pour changer de cap et poser les bases d’une autre société ».

(P.Ma)

Chomsky parle de “Occupy Wall Street” et de l’effondrement imminent d’Israël


Dr. Ashraf Ezzat – Pyramidion


Dans un interview à Russia Today, l’éminent intellectuel, Professeur Noam Chomsky, a commenté d’importants événements politiques mondiaux.
(JPG)

Noam Chomsky

Chomsky partage avec clarté ses réflexions sur les manifestations à Wall street et prédit que la pauvreté et le chômage vont se développer dans les mêmes proportions que pendant la grande dépression ; il parle de l’énorme montant que les dépenses de la campagne présidentielle de 2012 vont atteindre et dit que ceux qui sont au Congrès ou à la Maison Blanche ne méritent plus leur place mais l’achètent et il explique que l’assassinat d’Osama Bin Laden marque un tournant dans la politique américaine : a l’époque de Bush on enlevait et torturait celui que la CIA considérait comme une menace aux USA, sous Obama, on est passé à « aussitôt vu aussitôt abattu » en violation de toute légalité.

Il précise que le meurtre d’Osama Bin Laden a été commis d’une manière qui a fortement irrité et peut-être impliqué l’armée pakistanaise, ce qu’il trouve extrêmement dangereux.

Quant au printemps arabe, Chomsky dit que les USA et ses alliés occidentaux n’ont pas soutenu les révolutions tunisiennes et égyptiennes, au contraire ils s’y sont opposés en soutenant les dictateurs jusqu’à la dernière minute, puis ils ont changé de politique après leur chute.

En raison du fait qu’il met tous ses espoirs dans le seul soutien des USA « l’état sioniste risque de s’effondrer si se soutien lui était retiré totalement ou partiellement —tout à fait comme l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid », dit Chomsky qui rappelle que les Africanders s’étaient sentis assez en sécurité pour ignorer l’embargo de l’ONU et le retrait des entreprises de leur pays pendant les années 1980, tout le temps que l’administration de Reagan les soutenait. Mais dès que les USA lui ont retiré leur soutien, le régime d’apartheid s’est effondré.

« Cela fait 35 ans que les USA et Israël rejettent une accord politique qui est virtuellement soutenu par le monde entier. Il y a environ deux mois, il y a eu une réunion de l’oligarchie israélienne —ceux qui dirigent l’économie israélienne, » explique Chomsky,  » et ils ont conseillé au gouvernement d’accepter une résolution de ce genre parce que sinon Israël sera, comme ils disent transformée en Afrique du Sud ; elle sera encore plus isolée, à cause des boycotts, des refus de charger leurs navires, et leur économie s’écroulera. »

Dexia continue à financer la colonisation


La compagnie d’eau d’une colonie israélienne a reçu des crédits de +/- 470.000 euro en 2009

Durant l’Assemblée Générale de Dexia, le 11 mai 2011, la plate-forme « Palestine occupée – Dexia impliquée » a posé une question rélative à un prêt que Dexia Israël a accordé à une compagnie israélienne de distribution d’eau active dans le territoire palestinien occupé. Sur demande du président de Dexia, Jean-Luc Dehaene, nous publions ici les preuves nécessaires.

Bruxelles, le 14 septembre 2011

Recommandé

A : M. Jean-Luc Dehaene, président du Conseil d’Administration
CC : M. Pierre Mariani, administrateur-délégué de Dexia SA

Adresse : Place Rogier 11, 1210 Bruxelles

Afzender : ‘Palestine occupée – Dexia impliquée’ – p/a 53, Chaussée De Haecht, 1210 Bruxelles

Sujet : Les preuves pour les prêts de Dexia à la compagnie d’eau Yuvalim Bashomron en 2003

Monsieur le Président,

Durant l’Assemblée Générale de Dexia, le 11 mai 2011, vous avez demandé la preuve que Dexia-Israël a octroyé un prêt à une compagnie israélienne de distribution d’eau active dans le territoire palestinien occupé. Ci-dessous nous vous communiquons les données relatives à ces prêts. En annexe, veuillez trouver des extraits en hébreu.

En mai 2009, Dexia-Israël a octroyé deux prêts à la compagnie qui distribue l’eau potable à la colonie israélienne Ariël et qui se charge (qui devrait se charger) également de l’évacuation des eaux usées. Cette compagnie se dénomme Yuvalim Bashomron 2003 Inc (anciennement Mie Ariel Inc).

Les compagnies de distribution d’eau en Israël sont des sociétés publiques. Yuvalim Bashomron appartient à l’administration communale de la colonie Ariël. Donc contrairement à ce que vous affirmiez, Dexia Israël finance toujours des colonies illégales en territoire palestinien occupé.

Il s’agit de prêts respectivement de 1.950.000 NIS (environs 400.000 euros) et de 370.000 NIS (environs 70.000 euros), comme vous pouvez le lire aux points 5 et 6  du tableau ci-inclus.

Nous sommes persuadés que vous êtes parfaitement au courant de l’illégalité des colonies israéliennes et que vous connaissez le code éthique de Dexia concernant les droits de l’homme.

Dans le cas particulier qui nous occupe, les nuisances pour les Palestiniens sont évidentes. De la colonie Ariël, les eaux usées se déversent sans épurations sur les terres palestiniennes environnantes et s’infiltrent dans la nappe aquifère. Comme Yuvalim Bashomron est la seule compagnie de traitement des eaux, Dexia est co-responsable de la pollution des terres et de la nappe aquifère la rendant dangereuse à la consommation. En mars 2010, après une plainte de l’ONG Adam Teva Vedin, la Cour Suprême israélienne a déclaré la compagnie Yuvalim Bashomron comme responsable.

Ainsi, Dexia finance non seulement les colonies illégales mais met la vie des Palestiniens en danger. Nous attendons votre réaction.

Enfin nous vous rappelons que lors de l’A.G, sus mentionnée vous avez assuré que la vente de Dexia Israël serait finalisée avant la fin de l’été, nous devons constater que Dexia (maintient) s’accroche encore toujours à sa filiale en Israël. Nous voulons d’ores et déjà vous informer que l’action suivante pour dénoncer ce fait est en pleine préparation, et nous vous recommandons de retenir la date du 15 octobre 2011.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’assurance de notre considération la plus distinguée.

Mario Franssen
woordvoerder | porte-parole
‘Israël koloniseert – Dexia financiert’ | ‘Palestine occupée – Dexia impliquée’


83 organisations ont signés la plate-forme :

COBI – Coördinatie Boycot Israël (initiateur-initiatiefnemer), ABP, Action pour la Paix, ACV – Brussel-Halle-Vilvoorde, Algemene Centrale ABVV – Centrale Générale FGTB, Alliance for Freedom and Dignity (AFD), Artistes contre le Mur, Attac Vlaanderen, Attac Wallonie-Bruxelles, BBTK-SETCa, BDS-ULB, Brugs Palestina Comité, BRussells Tribunal, CNAPD – Coordination Nationale d’Action pour la Paix et la Démocratie, Conseil Consultatief Nord-Sud-Ville de Nivelles, Comac, Comité de Solidarité avec le Peuple Palestinien de Braine-L’Alleud, Comité Verviers Palestine, Coordination des Associations pour une Paix Juste au Proche-Orient (PJPO) du Brabant Wallon, PJPO Ittre, PJPO Mazerine, PJPO Nivelles, Divers & Actief, ECOLO, Egalité, FGTB Charleroi/Sud-Hainaut, FOS – Socialistische Solidariteit, Friends of the Earth Vlaanderen en Brussel, GAPP – Gents ActiePlatform Palestina, Gemeentes/Communes: Chapelle-Lez-Herlaimont,, Ciney, Ittre, Landen, Mouscron, Vielsalm, Viroinval, Geneeskunde voor het Volk – Schaerbeek, Génération Palestine, GROEN!, Groupe Palestine Santé, Initiatief Cuba Socialista (ICS), intal, intal-CDR regio Heist-op-den-Berg, Jesjoeroen-Jodendom tegen zionisme, Jong Groen!, Kif Kif, La Braise Culture asbl – Charleroi, LAP – Leuvense Actiegroep Palestina, LBC-NVK, LCR, LEF, Marianne Charleroi, Mouvement Chrétien pour la Paix, Mouvement Citoyen Palestine, Netwerk Vlaanderen, N-Z-Studenten Leuven, OWW: Hasselt, Heist-Goor – Hulshout vzw, Herk-de-Stad, Kessel-Lo, Leuven, Overpelt, Palestina Solidariteit, Pax Christi Charleroi, Plate-forme Charleroi-Palestine (22 associations), Peterschap Palestijnse Kinderen, PTB-PVDA, Recht op Migratie, Recht op Terugkeer, Reseau Financement Alternatif asbl, SCI, Solidarité Socialiste, SP.A, Steungroep voor Rechtvaardigheid en Vrede in Guatemala, The Palestinian Community in Belgium, UCOS, ‘t Uilekot, Une Autre Gauche, UPJB, Via Velo Palestine, Vrede vzw, Vredesactie, Vrouwen in ‘t Zwart Leuven, vzw Dialoog

44 communes et 2 provinces ont voté une motion :
Kapellen, Bierbeek, Blankenberge, Leuven, Watermaal-Bosvoorde, Affligem, Anderlues, Saint-Gilles, Landen, Ixelles, Linkebeek, Overpelt, Marchin, Zemst, Limbourg, Ans, Herent, Herzele, Nivelles, Seraing, Florennes, Ittre, Lommel, Sambreville, Anderlecht, Lessines, Pont-à-Celles, Saint-Josse-ten-Noode, Soumagne, Thuin, Le Roeulx, Couvin, Herstal, Doische, Momignies, Chapelle-lez-Herlaimont, Mouscron, La Louvière, Molenbeek, Ottignies-Louvain-la-Neuve, Ciney, Floreffe, Vielsalm, Viroinval

Namur, Henegouwen

Vertaald door:

Philippe Dehenau

20110913_brief_dehaene_nav_av_dexia_water_FR.pdf 115.73 Ko

« On commence à sortir des rôles clichés »


C.M.(BW)

Page 36

Samedi 1er octobre 2011

C’est une évidence : les artistes issus de la communauté maghrébine n’ont pas attendu les Barons pour briller à tous les étages artistiques. De Sidi Larbi Cherkaoui en danse contemporaine à Mohamed Ouachen, qui vient d’être nominé aux Prix de la Critique pour son seul en scène Rue du Croissant, certains artistes se sont depuis longtemps affranchis de leurs origines dans des projets qui ne s’attachent plus à la couleur de leur peau mais porte haut les couleurs de l’art, tout simplement.

Bruxelles connaît une formidable diversité de la population qui ne se retrouve pas sur les planches en particulier. Ni, dès lors, dans le public. Mais cela change : de plus en plus de compagnies racontent des histoires reflétant leur quotidien. C’est le cas, entre autres, de La vie c’est comme un arbre et Fruit étrange(r), deux spectacles qui ont démarré en catimini et ont fait des cartons inattendus, jusqu’à être accueillis, en cette rentrée, dans des grands lieux, du KVS à Bozar.

Spectacle plein de spontanéité, La vie c’est comme un arbre est avant tout une belle histoire de persévérance, de soif inextinguible de se faire entendre, et au final de communion magique avec le public. Créée en 2005 dans un cadre amateur, la pièce de Rachid Hirchi et Mohamed Allouchi a aujourd’hui rassemblé plus de 8.000 spectateurs, bien plus que la moyenne de certains théâtres. « Au début, on n’avait pas l’intention de faire dans le grand public, confessent les auteurs, mais quand on a vu l’engouement que ça suscitait, on s’est dit qu’on tenait quelque chose. »

En 1964, trois jeunes sans emploi broient du noir dans un bar de Tanger. Ils ne rêvent que d’Europe et finissent par obtenir un permis. Commence alors un voyage burlesque, peuplé de personnages croquignolets, jusqu’en Belgique, entre les mines de charbon et les filons d’amour. « C’est un spectacle qui parle aussi bien aux Italiens qu’aux Africains, à tous ceux qui sont venus chercher l’Eldorado en Europe », lance le comédien Reda Chebchoubi. « Avec le bouche-à-oreille, il y a maintenant un vrai mélange dans le public, rétorque Issam Akel. Avec l’affiche, les gens ont des a priori. Ils se disent : ça va être l’histoire de trois bougnouls. Mais quand ils se déplacent, ils changent d’avis. On a eu des jeunes, des vieux, de Molenbeek ou d’Uccle. »

La troupe se compose de gens de théâtre comme Mohamed Ouachen, et d’autres issus du cinéma ou de la télé. Et puis, il y a ceux – conducteur de tram, étudiant ou employé administratif – qui assouvissent là une passion. La troupe a d’ailleurs trouvé un nom qui lui va bien : Les Voyageurs sans bagage. « On a envie de voyager avec cette pièce mais on n’a pas toujours les bagages officiels. On les construit au fur et à mesure », résume Issam Akel.

Facettes multiples

C’est une réalité. Pour échapper au sempiternel rôle d’Arabe de service que leur offrent le cinéma ou le théâtre, les comédiens d’origine maghrébine sont amenés à créer leur propre projet. Des projets souvent autobiographiques. Comme s’il fallait évacuer certains sujets avant de passer à autre chose. « Encore aujourd’hui, beaucoup d’artistes d’origine maghrébine sont cantonnés dans des rôles clichés. Ça ne fait pas longtemps qu’on commence à voir des acteurs comme Tahar Rahim ou Roschdy Zem dans des premiers rôles et des personnages à facettes multiples, reconnaît Rachid Hirchi. Je me souviens que les premiers sketchs de ces artistes abordaient le refus de discothèque. On parle de choses proches de nous. Dans notre pièce, on parle de l’immigration, c’est vrai, mais c’est aussi un large pan de l’histoire belge. »

Et Mohamed Ouachen d’enchaîner : « On ne pourra jamais dire qu’on fait trop de pièces sur l’immigration. S’il y a cent spectacles qui en parlent, tant mieux. Tant que les artistes en parlent avec des sensibilités différentes. Il y a bien eu des tonnes de films sur la seconde guerre mondiale ! »

Le 12 octobre au C. C. de Berchem-Sainte-Agathe. Du 10 au 13 novembre au KVS.

Les Barons ne sont pas les Arabes de service


MAKEREEL,CATHERINE

le Soir Page 36

Samedi 1er octobre 2011

Après le succès des « Barons » au cinéma, Nabil Ben Yadir passe à la scène avec « Guantanamouk ». L’occasion de faire le point sur ces artistes d’origine maghrébine qui cartonnent au théâtre.

C’est sur un ring de boxe dans une maison de jeunes de Schaerbeek que, gamins, ils se sont rencontrés. Plus tard, Nabil Ben Yadir et Mourade Zeguendi se sont retrouvés dans les rues de Molenbeek, mais sur le ring du cinéma cette fois, avec Les Barons, un film que personne n’attendait mais qui a mis K-O tous les records d’audience. L’un derrière (dans le rôle de Mounir), l’autre devant la caméra, ils ont fait un carton avec cette fresque drôle et tendre d’un quartier populaire de Bruxelles. Aujourd’hui, les deux trentenaires n’ont pas envie de déposer les gants, bien au contraire.

Avec son acolyte, le réalisateur Nabil Ben Yadir change complètement de terrain, empoignant un nouveau défi là où on l’attend encore moins qu’avant : au théâtre ! Il a coécrit et met en scène Guantanamouk, qui abordera Guantanamo bien sûr, mais aussi la question de l’identité, à travers l’histoire d’un homme qui adore les Etats-Unis et leur culture, mais atterrit à Guantanamo.

Une histoire inspirée d’une anecdote : « Je suis parti aux Etats-Unis il y a quelque temps et je me suis fait arrêter et contrôler par les services américains à l’aéroport de Miami, se souvient l’auteur et metteur en scène. Ils m’ont dit : Tiens, tu t’appelles Ben Yadir, comme Ben Laden. J’ai répondu : Je m’appelle Ben Yadir comme Ben Affleck ou Ben Stiller. J’avais envie de raconter l’histoire d’un mec amoureux de l’Amérique, sauf qu’elle ne l’aime pas, et qui va se retrouver sur une plage paradisiaque sauf que c’est une prison. C’est une pièce sur l’identité aussi, sur l’écart entre ce que vous êtes et comment les gens vous voient. »

Loin de se sentir paralysé par le succès des Barons, Nabil Ben Yadir veut éviter que ce succès ne paralyse le regard des gens. D’où ce changement de cap à 180 degrés. « Si c’est pour faire les Barons au théâtre, je préfère rester chez moi. Par contre, avec Guantanamouk, j’aimerais attirer au théâtre les jeunes de Molenbeek et tous ceux qui se sont reconnus dans les Barons mais qui n’auraient pas forcément eu l’idée d’aller au théâtre. »

Si l’artiste souhaite décomplexer une communauté face au théâtre, il n’entend pas endosser les habits de porte-parole. « Je ne suis pas là pour dénoncer ou parler des quartiers. Quand on s’appelle Mourade ou Nabil et qu’on fait une pièce de théâtre, on devient du coup un porte-parole. Pourquoi ne serait-on pas simplement un artiste ? Quand je vois Josse De Pauw sur scène, je ne vois pas un mec qui va me donner une leçon, je vois un artiste. Avec Guantanamouk, je ne veux pas parler de moi mais redonner une voix, une vie, à ces hommes, dont tout le monde se fout. Ces hommes, en position de fœtus et combinaison orange, dont l’image est entrée dans l’inconscient collectif. Ce lieu dont Obama semble soudain avoir perdu les clefs. De même, mon prochain film ne parlera pas de moi mais de la Belgique et se tournera en français et en flamand, à Anvers, Bruxelles et Charleroi. »

Quand on lui dit que ses Barons ont jeté un coup de projecteur sur d’autres artistes d’origine maghrébine qui dépeignent leur réalité au théâtre, il s’en réjouit, forcément. « Il y a un besoin d’exceller dans l’art avec des sujets qu’on maîtrise, de toucher les gens avec ce qu’on connaît. Finalement, Jamel Debbouze et Gad Elmaleh ont toujours raconté leur vie sur scène. Beaucoup de ces artistes sont autodidactes, comme moi, et n’ont pas forcément Molière ou Shakespeare comme références. Pourtant, j’adorerais voir un Ben Hamidou ou un Mohamed Ouachen jouer Hamlet. »

Lui qui fait aujourd’hui ses premiers pas dans la mise en scène, espère faire de cette virginité une force : « Je veux transformer cette naïveté en liberté pour casser les codes. J’arrive dans un monde plus fermé que le cinéma. Le théâtre fonctionne par familles, sans se mélanger. Nous, on vient jouer en français dans un théâtre flamand, avec un artiste bruxellois (Mourade Zeguendi), un artiste flamand (Zouzou Ben Chikha) et un bassiste londonien (Dr. Das du groupe Asian Dub Foundation). » Le tout dans un style qui s’annonce plutôt décalé et que l’équipe espère jouer un jour aux Etats-Unis ou à Cuba. « Les Barons vont bien à Brooklyn en décembre, alors pourquoi pas ? »

Du 5 au 14 octobre au KVS, Bruxelles. Les 31 janvier et 2 février au Manège, Mons. Aussi à Anvers et Rotterdam.

Syrie, dans l’enfer de la répression


Syrie, dans l’enfer de la répression par magazinelavie
Sofia Amara, 43 ans, est la première journaliste indépendante à avoir pu filmer – en août 2011 – la révolte du peuple syrien et sa sanglante répression. Son documentaire Syrie, dans l’enfer de la répression, sera diffusé le 11 octobre à 20h40 sur Arte.

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑