Reportage de Paul Moreira : Islam, Antéchrist Et Jambon Beurre


http://islamophobie.net/art_read.php?ai=717
Enquête sur les réseaux islamophobes planétaires
Le tueur d’Oslo appartenait à une mouvance islamophobe planétaire. Aux États-Unis et en Europe, un réseau de propagandistes professionnels et d’activistes liés aux extrêmes droites répand la haine contre les musulmans. Son nom : Stop the Islamization. Paul Moreira a infiltré cette étrange et influente coalition.

 Musulmans parqués dans les mosquées à 10 personnes au mètre carré,  Sylvie François (fausse personne mais vrai mensonge assumé du bloc identitaire comme de Riposte Laique) la pauvre française de souche qui se fait harceler par des intégristes qui voudraient la voiler, et qui n’arrive pas à acheter son cochon (le reportage montre la boucherie « au cochon d’or situé à 2 pas d’une mosquée) … Les origines néo nazies des mouvements identitaires islamophobes … Le superbe discours (en caméra cachée) dans les locaux du bloc identitaire sur le métissage et les métèques.
Le reportage rappelle ce que sont les antisémites et islamophobes : des menteurs, des racistes qui sèment la haine grâce à la peur. Merci à Paul Moreira qui signe un reportage sérieux qui colle à ce que l’on vit chaque jour sur le terrain.
Vous voulez agir contre l’islamophobie ? Adhérez

Cette video est vraiment à regarder :

http://www.metacafe.com/fplayer/7176653/reportage_islam_ant_christ_et_jambon_beurre.swf

(Merci à abuNawfal pour cette vidéo)

Syrie : un officier supérieur parle


mercredi 7 septembre 2011

« L’armée de la Syrie n’est que l’armée des services de sécurité syriens (jaych amni). » Mon interlocuteur a prononcé ces mots gravement. On l’appellera Mohammed, c’est un officier supérieur sunnite.

Comment en est-on arrivé là ?

Il faut remonter aux années 1960 où, en quatre coups d’Etat, se mettent en place les cadres de l’actuel système politique syrien : la ruralisation des villes et du régime, l’arrivée au pouvoir de la minorité alaouite et la domination du parti et des civils par l’armée. Le dernier putsch, celui de Hafez Al-Assad, père de l’actuel président, en 1970, va parachever la construction du système autoritaire. Il instaure un maillage complet de la société syrienne autour de l’armée et des organes de la Sûreté, du parti et de la bureaucratie. Le régime utilise aussi les liens de solidarité familiaux, claniques, communautaires et régionaux pour se constituer une clientèle (qui est évidemment rémunérée par les postes de la fonction publique). Le croisement des liens communautaires et de l’obsession du contrôle sécuritaire produit la prédominance alaouite dans les hautes charges de l’armée et des organes de sécurité. Le ciment de l’édifice sécuritaire, c’est la culture de la peur que la révolte vient de mettre à bas. Sous M. Bachar Al-Assad (depuis 2000), le parti, la bureaucratie et l’armée sont passés directement sous le contrôle des services de sécurité, eux-mêmes entièrement aux mains de la famille Assad. Les Syriens considèrent même que le parti est le sixième service de sécurité.

- Z. : « Combien d’hommes travaillent dans l’armée et les services de sécurité ? »

- M. : « Leur nombre total dépasserait 700 000 personnes : 400 000 hommes dans les forces armées régulières, 100 000 hommes dans la police et les services de renseignement, et plusieurs dizaines de milliers employés à temps partiel par les organes de la Sûreté. »

Ce sont ces derniers qui forment les bataillons de chabbiha et de francs-tireurs. Les chabbiha sont des ruraux et sans doute des prisonniers de droit commun libérés au début de la révolte. On estime à plus de 100 000 le nombre d’Alaouites dans les services de sécurité, sans compter l’armée et la Garde présidentielle, forte de plusieurs dizaines de milliers d’hommes, qui est totalement alaouite. Les Alaouites représenteraient en 2011 quelque 10 % de la population. La moitié des fonctionnaires serait employée dans l’appareil de sécurité.

A ces hommes, il faut ajouter plus de 60 000 civils employés par le ministère de la défense (notamment dans l’établissement du logement militaire, mouassassat al-iskan al-askari, dirigé par un cousin d’Al-Assad). Ces hommes, comme d’autres agents de l’Etat, sont obligés, sous peine de perdre leur poste, de venir assister le pouvoir dans la répression : ce sont eux qu’on voit munis de bâtons électriques ou de barres de fer, souvent placés à la sortie des mosquées. Ils sont aussi mobilisés dans les manifestations de soutien au régime…

- Z. : « Mais cette armée est bien chargée de la défense du territoire ? »

Mohammed sourit, sa main qui allait prendre la tasse de café s’arrête, comme suspendue. Il la pose sur la table et me regarde.

- M. : « Certes, mais on peut s’interroger depuis les années 1990 : une grande partie du budget national est affectée à l’armée. Or, il n’y a plus de réel renouvellement de matériel pour la majorité des divisions et unités militaires. Alors, où va l’argent ? De plus, une brigade a été créée à la frontière avec Israël (liwa nitaq al-hita) mais elle n’est dotée d’aucune capacité militaire, elle n’a même pas de chars… Enfin, la direction militaire semble très occupée ailleurs comme, par exemple, écarter de l’armée et du service militaire les Damascènes : ainsi, un jeune Sunnite damascène peut payer une sorte de salaire mensuel à un officier responsable pour valider son service en restant chez lui ou en travaillant à Damas »…

- Z. : « En ce qui concerne les appartenances confessionnelles au sein de l’armée ? »

- M. : « On est arrivé à cette situation hautement symbolique où il n’y a plus que deux appartenances réelles : l’alaouite et la sunnite (fi alawi wa fi sunni) mais par sunnite, il faut entendre toutes les autres communautés » [sunnite, druze, chrétiennes, etc., soit 90% de la population, NDLR]. « En principe, poursuit mon interlocuteur, quand un commandant de division, de brigade ou autre unité militaire est sunnite, son adjoint est alaouite et vice-versa. »

C’est d’ailleurs le même principe qui dirige l’attribution des postes de ministres dans le gouvernement, chaque ministre non-alaouite étant chapeauté d’un adjoint alaouite qui détient la réalité de la décision politique. On notera que la récente nomination d’un chrétien à la tête du ministère de la défense, vise sans doute à impliquer plus encore les chrétiens du côté du régime.

- M. : « La décision dans l’armée (comme dans la Sûreté) revient toujours aux officiers alaouites, les sunnites n’ont pas de poids. Un lieutenant alaouite pistonné par la Sûreté peut exercer un pouvoir complet (kamel al-sulta) dans son secteur et avoir plus d’importance que son supérieur sunnite. Par exemple, ces officiers alaouites pistonnés, quelle que soit leur ancienneté dans l’armée, auront à leur disposition une belle voiture neuve et les officiers supérieurs sunnites poursuivront leurs déplacements à bord de vieilles Jeep… Les sanctions prévues pour les officiers en cas de faute grave ne sont pas appliquées avec la même sévérité aux uns et aux autres… De plus, les officiers sunnites peuvent faire l’objet d’enquêtes ou de surveillances internes pour s’assurer de leur loyauté au régime. D’ailleurs, il est très difficile pour un sunnite de s’élever au grade de général [amid], il est généralement mis à la retraite avant… »

- Z. : « Le principe confessionnel apparaît-il sous d’autres formes dans l’armée ? »

Mohammed prend sa tasse de café avant de répondre.

- M. : « Le principe confessionnel est généralisé mais relève du non-dit. L’armée syrienne est composée de sept divisions (firaq), chacune dirigée par un général de division (liwa). La quatrième division, commandée par Maher, frère de Bachar Al-Assad [et qui dirige aussi la Garde présidentielle], est la plus importante, elle compterait de 40 000 à 50 000 hommes, tous alaouites, et c’est la section qui reçoit l’équipement militaire le plus sophistiqué. C’est cette division qui a été impliquée dès le début dans la répression à Deraa. »

Mohammed boit une gorgée de café et ajoute :

-  « Tous les officiers des services de sécurité viennent de l’armée. Dans la nomination des officiers, et leur promotion, c’est la Sûreté (amn) qui donne à l’Etat-major les noms des officiers à promouvoir… D’ailleurs, dans la répression de la révolte, toutes les décisions sont prises par les officiers de la Sûreté. Même lorsqu’il s’agit de déplacer un tank… L’armée syrienne incarne, si on veut, le pouvoir exécutif (al-sultat al-tanfiziyya) de la sûreté et pas de l’Etat-major. »

- Z. : « Et les officiers et soldats tués pendant la révolte ? »

- M. : « Il est difficile de savoir ce qui se passe exactement. Aucun militaire syrien ne doute de la capacité de la Sûreté à liquider ceux qui refuseraient d’exécuter un ordre. Dans la logique sécuritaire du régime, la Sûreté préfèrerait certainement abattre quelques alaouites pour pousser ou faire croire à un conflit confessionnel, c’est bien plus rentable pour le régime que d’abattre un sunnite ! Ceci dit, il n’est pas impossible que les militaires envoyés sur le terrain de la répression soient tous alaouites, on peut même penser que ce sont des éléments alaouites des quelque 100 000 agents de police et de la Sûreté que l’on a habillés en soldats pour les envoyer abattre du « sunnite ». Ce serait bien dans la logique de ce régime confessionnel qui ne dit pas son nom. Mais la mort de militaires ou de membres des services de sécurité peut aussi être liée à des actes de vengeance individuels, à des initiatives locales. Ainsi à Deraa en mars dernier, les gens ont repéré un sniper sur le toit d’un immeuble, ils ont brûlé l’immeuble pour se débarrasser du sniper… A Jisr al-Choghour, des habitants ont attaqué le poste de police avec un bulldozer. La répression est si violente, si barbare, qu’elle peut produire des réactions inattendues ! »

Il reste tout de même que l’on n’a aucune image de la mort de ces militaires alors que pour ce qui est des manifestants, on les voit tomber quasiment en direct…

J’ai dû penser tout haut, Mohammed me regarde avec un air ironique cette fois-ci.

- Z. : « Que faut-il penser de “l’armée syrienne libre” (al-jaych al-suri al-hurr) et peut-on envisager une éventuelle fracture au sein de l’armée ? »

- M. : « Il s’agit de dissidences individuelles et pas de la scission d’une unité militaire complète ! Ces dissidences isolées ne peuvent pas délivrer un quelconque message fort au pouvoir. La composition communautaire de chaque unité militaire empêche toute homogénéité pour les sunnites (mais pas pour les alaouites comme la quatrième division le prouve). La répartition des postes de commandement dans l’armée est organisée de telle sorte que même si un ordre dissident venait d’un officier du groupe sunnite, il serait bloqué à divers niveaux par des officiers et sous-officiers alaouites ou alliés du régime. Il ne faut pas attendre de cette armée le moindre soutien aux manifestants. Je le répète c’est une armée de barbouzes, jaych amni », dit-il en prononçant distinctement chaque syllabe…

- Z. : « Alors, quelles sont les perspectives de la révolte ? »

- M. : « Difficile à dire sinon qu’elles sont sombres. En même temps, le régime s’est perdu lui-même. Si les manifestants sont bien décidés à ne pas se soumettre, le régime n’est pas prêt non plus à céder quoi que ce soit. Les Assad n’arrivent pas à imaginer qu’un jour ils ne seront plus là ! C’est pourquoi la répression est allée en s’aggravant. Aujourd’hui, l’armée et le régime ont déclaré une véritable guerre aux manifestants pacifiques et aux civils syriens en lançant contre eux les hélicoptères, les blindés et la marine de guerre… La seule possibilité du côté militaire ne pourrait venir que d’une scission, peu probable, au sein de la direction des services de sécurité, qui pourrait alors entraîner d’autres secteurs de l’armée… »

Mohammed pose sa tasse de café, son regard se perd dans le vague.

En attendant, le régime diffuse un numéro de téléphone pour que les citoyens puissent dénoncer ceux qui le critiquent. Délation de triste mémoire…

Zénobie

Un chirurgien français à Gaza témoigne


Un chirurgien français
à Gaza témoigne

08/09/2011

Rue de la Station 58/2 – Fontaine-l’Evêque

 

CHRISTOPHE OBERLIN
chirurgien et prof’ d’univ’ à Paris : mais qu’est-ce que ce type va faire à Gaza ?

La Bande de Gaza est, presque en permanence, dans l’actualité médiatique. Pas de jour, pratiquement, sans que les média ne parlent de « tirs de roquettes » vers Israël et/ou de bombardements israéliens (invariablement qualifiés de « ripostes » ou de « représailles », tandis que les gazaouites, eux, n’ont évidemment aucun motif motif légitime d’en vouloir à qui que ce soit, puisque par définition ce sont les vilains terroristes…).

Et pourtant, sur les conditions réelles de vie de cette population d’un million et demi de personnes, entassée dans un territoire minuscule presque hermétiquement clos, on ne sait pratiquement rien.

Comment naître et grandir à Gaza ? Comment faire des études, à Gaza ? Comment se soigner à Gaza ? Comment élever des enfants à Gaza ? Comment fait-on fleurir le désert à Gaza ? (contre toute attente, des Arabes savent le faire !).

Et surtout comment survivre avec le bruit obsédant des F-16 et des drones israéliens, avec l’idée qu’une bombe peut tomber à chaque instant, avec les snipers israéliens qui tirent si on s’approche trop des frontières ? Et l’indifférence du monde qui se dit civilisé ?

Et quand on est professeur d’université à Paris, chirurgien spécialiste de la micro-chirurgie, de la chirurgie de la main, qu’est-ce qui peut bien vous pousser à aller régulièrement à Gaza, au prix de mille difficultés de tous ordres ?

C’est pourtant ce que fait Christophe OBERLIN depuis une dizaine d’années. Par la porte (israélienne) ou par la fenêtre (égyptienne), il faut qu’il entre (au besoin par un tunnel !) avec son équipe, pour soigner et pour former des médecins palestiniens aux meilleurs techniques.

En échange, ils peuvent lui expliquer comment pratiquer l’art de guérir presque sans moyens, et même comment rire à Gaza. Pourtant, « l’humour n’est pas une qualité très répandue au sein du Hamas« , prétend Christophe OBERLIN.

Ces dix ans d’expériences humaines et professionnelles très variées, Christophe OBERLIN les a racontées dans un langage simple et direct, sans pathos ni langue de bois, dans son livre « CHRONIQUES DE GAZA« , paru récemment (Editions Demi-Lune).

Il vient en Wallonie pour en parler et en débattre, à l’invitation de la « Plate-forme Charleroi-Palestine« .
Il sera :

  • le vendredi 16 septembre à 20 h à l’Université de Liège (3 place Cockerill). * (plan ICI)
  • le samedi 17 septembre à 14h à la « Maison des 8 heures », place Charles II à Charleroi (plan ICI)
    (avec la participation d’élèves infirmièr(e)s de la Haute Ecole Provinciale Condorcet de Tournai qui ont effectué un stage dans un hôpital de Bethléem au cours de leur formation).

Renseignements : 0473-286 375 ou 071-946 913.
P.A.F. : 3 €
Page FaceBook de l’événement :
http://www.facebook.com/event.php?eid=211412858918590

 

AUCHAN : ATTENTION AUX MANGUES « DOMINICAINES » !


mercredi 7 septembre 2011



Ci-dessous un flagrant-délit de mensonge par Auchan qui affiche comme provenant de la République Dominicaine des mangues exportées par Israël. Réagissez !

« En théorie, la loi française est très sévère à l’égard des marchands qui trompent les consommateurs, lesquels sont particulièrement bien protégés. C’est là un acquis en France que chacun doit jalousement protéger. Pourtant, la triche sur étiquette le mauvais étiquetage est devenu monnaie courante dans la grande distribution lorsqu’il s’agit de produits exportés par Israël. Comme s’il y avait quelque chose à se reprocher… », constate le consommateur qui a trouvé ceci chez Auchan, à Vigneux-sur-Seine (91) :

« Car il y a quelque chose à se reprocher : l’agriculture israélienne prospère sur des terres confisquées aux Palestiniens. Vendre les produits agricoles israéliens n’est de fait pas très glorieux. Et provoque la colère légitime de tous ceux qui veulent mettre un terme aux spoliations ; ce qui ne fait pas l’affaire de la grande distribution qui n’assume pas ses choix. »

- Contactez Auchan

Vous serez certainement nombreux à vous indigner de ces pratiques. Il ne suffit pas d’être indigné, il faut exprimer très clairement votre indignation. Appelez le service consommateurs au 03 5930 5930 (appel non surtaxé), du lundi au samedi de 9h à 20h (prix d’un appel local) ou encore celui de la centrale d’achat : 03 28 37 67 00.

Si vous vivez près d’un Auchan et que vous y faites vos courses, demander à parler au responsable. Prenez par ailleurs cinq minutes pour vous rendre à l’accueil pour y laisser un mot par écrit. Chaque magasin dispose d’imprimés destinés à recueillir les réclamations des clients.

- Contactez la DGCCRF

Une telle anomalie ne plaira certainement pas aux services chargés de faire respecter la loi et protéger les droits des consommateurs. A condition que les consommateurs le fassent savoir. Appeler ce service de la consommation et de la répression des fraudes au 3939 ou envoyer un message : formulaire contact sur leur site selon votre région

-  Contacter UFC-Que Choisir en déclarant un litige sur leur site : UFC-Que Choisir

- Contacter la DDPP (direction départementale de la protection des populations) : DDPP

Merci de nous envoyer une copie de vos signalements à info@europalestine.com

http://www.al-kanz.org/2011/09/06/a…

CAPJPO-EuroPalestine

Pour la Syrie : deux manifs le 9 et le 12 septembre


Le vendredi 9 septembre, de 16h à 17h30,
En face du United Nations Office Brussels
Rue Montoyer, 14

1000 Brussels

Nous demandons au Conseil de sécurité des Nations Unies

une protection internationale pour les civils Syriens

qui se font massacrer depuis le 15 mars dernier.

Le lundi 12 septembre, de 16h à 18h,

Face à l’ambassade de Russie

Avenue de Fré 66,

1180 Bruxelles

Des manifestations sont organisées simultanément le 12 septembre

devant les ambassades de Russie de par le monde,

pour réaffirmer notre solidarité avec les manifestants pacifiques en Syrie

et rappeler au peuple russe que les Syriens demandent  liberté d’expression, démocratie et dignité.

Les Russes ont mené ce même combat pour se libérer et comprennent la lutte du peuple syrien.


Pour le Comité

Hasan Addaher

0483.401.410

(pour le français: 0494.54.98.82)

Cinéma ATTAC ce jeudi soir


Le jeudi 15 septembre à 21 heures 30, à l’Arenberg

le Cinéma d’Attac présente

en avant-première

LES NOUVEAUX

CHIENS DE GARDE

 

de Gilles BALBASTRE et Yannick KERGOAT

 

Un documentaire explosif

sur l’industrie de l’information,

les médias aux ordres et la presse de connivence,

d’après le livre de Serge Halimi…

 

Dès 20 heures 30 précises,

LE GRAND DÉBAT:

 «À QUOI SERVENT LES JOURNALISTES…?»

en présence des réalisateurs

Dr. Nawal El Saadawi


Arab Women’s Solidarity Association-Belgium asbl

جمعية تضامن المر أة العر بية ـ بلجيكا

a le plaisir de vous proposer une

Rencontre-débat avec l’écrivaine et militante pour les droits des femmes

Dr. Nawal El Saadawi

« Droits des femmes et révolutions du monde arabe »

le 26 septembre 2011 à 18h30

au Centre Amazone

10, rue du Méridien 1210 Bruxelles (local A017)

PAF : 5 € (boissons et petits sandwichs inclus)

 Traduction de l’intervention (anglais-français) : Faten Makarem

 

 

Réservation obligatoire pour le 21/09 au plus tard au 02.229.38.10 ou sur awsabe@gmail.com

AWSA-Belgium est une antenne d’AWSA International, fondée en 1982 en Egypte par le Dr. Nawal El Saadawi. S’inscrivant en droite ligne dans les objectifs tels que définis par AWSA International, l’association milite pour la promotion des droits des femmes originaires du monde arabe tant dans les pays d’origine que d’accueil. Suivant le principe de la laïcité, AWSA-Be organise et soutient des initiatives qui visent la participation des femmes dans tous les domaines de la vie publique ou privée ainsi que leur libération de toute domination politique, sociale, économique et religieuse.

Afin d’atteindre ses objectifs, AWSA-Be propose des activités socioculturelles variées: conférences, débats, rencontres littéraires, soirées de solidarité, chorale de chant arabe, expositions, visites de café en faveur d’une mixité sociale et de genre, cours d’arabe, soirées de promotion d’artistes femmes, ateliers sur différentes thématiques comme les droits des femmes, la laïcité, le féminisme, les identités, etc.. Elle participe aussi à de nombreux évènements culturels, festivals et autres manifestations pour soutenir la paix, l’égalité et la justice dans le monde.

Plus d’infos: www.awsa.be

 

Avec le soutien de la COCOF

 

Arab Women’s Solidarity Association – Belgium ASBL
www.awsa.be

0881.718.815
363-0002517-35

Bureau : Local A 133, Amazone asbl, 10 rue du Méridien, 1210 Bruxelles.
Tél : 02/ 229 38 10

Siège social : avenue de l’Eternité, 6, 1070, Bruxelles.

Comment les opposants syriens se mobilisent depuis Paris


LEMONDE.FR | 05.09.11 | 14h49

Depuis Paris, la communauté syrienne garde un œil, voire deux, rivés sur la contestation qui gonfle dans son pays. Chacun a un père, un ami, une sœur, un proche directement confronté aux manifestations et à la répression sanguinaire, qui sont le quotidien de la Syrie depuis bientôt six mois. Chacun reste en contact régulier avec les siens restés au pays, reçoit des informations, des images parfois difficilement supportables. Pour manifester leur soutien, certains d’entre eux se rassemblent presque tous les jours, vers 17 h 30, sur la place du Châtelet. Musique pop arabe, exposition de dessins satiriques critiquant le régime de Bachar Al Assad, drapeaux agités, pétitions signées…

Comment communiquer avec un pays où Internet et les appels téléphoniques sont étroitement surveillés ? Comment agir depuis la France ? Quatre opposants, particulièrement engagés depuis le début de la « révolution syrienne », livrent leur témoignage :

Abdul Raouf Darwich, 62 ans, maître de conférences en mathématiques et président du Collectif du 15 mars pour la démocratie en Syrie.

Abdul Raouf Darwich, opposant syrien depuis 1982, préside le collectif du 15 mars.

Abdul Raouf Darwich, opposant syrien depuis 1982, préside le collectif du 15 mars.Angela Bolis


« J’ai quitté la Syrie il y a 37 ans. Je n’y ai jamais remis les pieds. Je suis parti parce que je voulais faire des études, or je n’avais aucune chance d’avoir une place dans une université sans piston d’un proche de la famille Assad. Là-bas, ton poste dépend de tes liens de proximité avec le régime.

Après quatre ans en Algérie, je suis venu en France et j’ai suivi des études de statistiques à l’université Paris 6. J’ai toujours été contre le régime, mais un peu comme tout le monde, sans agir. En 1982, après le massacre de Hama [où la répression d’une insurrection a fait plusieurs dizaines de milliers de morts], je suis passé du côté de l’opposition active. En France, on se rencontre entre opposants, on discute de ce qu’il faudrait faire pour sortir la Syrie de ce régime tyrannique… Mais on ne peut pas faire grand chose.

Dès le premier jour des manifestations, on a créé le Collectif du 15 mars pour la démocratie en Syrie. Avec un principe : qu’il soit indépendant de tout parti politique. On est une quarantaine de membres actifs, sans compter les sympathisants. On fait des tracts, on organise des manifestations, on fait passer nos messages dans la presse, on essaie de sensibiliser les pouvoirs publics français… Ici, notre rôle, c’est d’alerter l’opinion sur ce qui se passe en Syrie.

On reçoit sans cesse des informations de l’intérieur. Les gens prennent des risques considérables pour nous contacter. Ils peuvent être facilement identifiés et localisés : la compagnie Syriatel appartient en effet à Rami Makhlouf, le cousin de Bachar Al-Assad, qui transmet les informations directement aux services de renseignement.

On sait qu’il y a plus de 15 000 détenus, plus de 3 000 disparus, plus de 2 500 personnes tuées, plus de 20 000 réfugiés en Turquie, Liban, Jordanie. Les bandes armées du régime, les Chabbiha, arrivent dans les villages et tirent aveuglément sur la population. Des blessés ont été achevés dans les hôpitaux, des cliniques de campagne sont créées avec des médecins volontaires. Mais ils manquent de médicaments, de nourriture. Il y a des coupures d’électricité et d’eau pour faire pression sur la population.

Dans la région de Lattaquié, une grande ville côtière, beaucoup de gens ont fui et se cachent dans les montagnes, sous tente, pour échapper aux services de renseignement. Car, quand ils ne trouvent pas la personne recherchée, ils arrêtent des membres de sa famille. Et on sait ce qui se passe quand on est capturé par ces services. Il suffit de voir ce qu’ils ont fait à l’enfant de Hamza, devenu célèbre : ils l’ont rendu mort à sa famille, il était méconnaissable, il avait des balles partout dans le corps, de nombreuses traces de tortures, le sexe coupé.

On reçoit des vidéos trop terribles pour que je puisse en parler. C’est la grande différence avec le massacre de 1982 : les hommes politiques étrangers étaient au courant, mais il n’y avait pas d’images, donc ils préféraient fermer les yeux pour préserver leurs intérêts économiques. Là, grâce à Internet et aux portables, le régime ne peut plus cacher tranquillement la vérité. Le monde entier connaît mainenant sa nature criminelle, mafieuse, mensongère. »

Mohamad Taha, 40 ans, originaire de Palmyre, archéologue et coordinateur du Comité de coordination de soutien à la révolution syrienne.

Mohamad Taha était architecte à Palmir, en Syrie. Il est désormais à la tête du Comité de coordination de soutien à la révolution syrienne à Paris.

Mohamad Taha était architecte à Palmir, en Syrie. Il est désormais à la tête du Comité de coordination de soutien à la révolution syrienne à Paris.Angela Bolis


« En Syrie, je n’étais pas un opposant actif, mais disons que je ne me taisais pas assez. J’étais archéologue, et ce qui me posait problème, c’est que les proches du clan Assad construisaient des hôtels sur les sites archéologiques et y organisaient des vols. Je faisais tout pour les protéger. Avec la révolution, onze sites archéologiques ont été détruits par les chars de l’armée.

En 2005, le jour de mon mariage, les services de renseignement ont débarqué chez moi à 6 heures du matin. J’ai compris que ça devenait risqué. Depuis, je ne suis jamais retourné dans mon pays. Mais même à Paris, peu de Syriens osent manifester leur opposition au régime. La plupart d’entre eux ont de la famille ou des intérêts personnels au pays. Et l’ambassade n’hésite pas à faire pression : certains étudiants se sont fait supprimer leur bourse, d’autres ne peuvent pas renouveler leur visa. [Des opposants évoquent aussi des pressions par mails de l’ambassade : voir encadré].

Moi-même, j’ai été attaqué vendredi dernier [le 26 août] après le rassemblement de la place du Châtelet (lire le récit). Des hommes sont sortis de trois voitures, vers une heure du matin, et nous ont tabassés. Ils connaissaient ma tête, mon nom et mon prénom, alors que je ne les avais jamais vus. Ils m’ont menacé de me couper la tête, et ont essayé de m’écraser avec leur voiture. D’après la police, deux d’entre eux portaient des passeports diplomatiques. Cet événement a prouvé que les chabbiha n’étaient pas actifs qu’en Syrie, mais aussi en Europe, et même en plein cœur de Paris. Il faut envoyer un signal fort à l’ambassade, dire que son équipe n’est pas la bienvenue en France !

J’ai des échos très réguliers de l’intérieur de la Syrie. Dans chaque ville, il y a deux ou trois téléphones satellitaires qui permettent de ne pas se faire identifier. Dans les régions frontalières, les gens utilisent les réseaux libanais, turcs, etc. Dès qu’il se passe quelque chose, ils nous appellent. On a monté une structure, comme ça, depuis la révolution, pour relayer leurs informations, faire les « facteurs ». Tous les jours, c’est le même film : les gens manifestent pacifiquement, ils se font tuer. Mercredi, on me racontait que des snipers ont tiré sur des personnes dans le cortège d’un enterrement.

Dans ma ville, à Palmyre, sur environ 30 000 habitants sur place, il y avait 10 000 personnes dans la rue, mardi soir. Depuis le mois du ramadan, il y a des manifestations matin et soir. Le nombre de manifestants grossit de jour en jour. Aujourd’hui, même si ça dure depuis six mois, je sais que les gens ne s’arrêteront pas là. On sait que les services de renseignement ont une liste de 200 000 personnes avec tous les détails sur leur identité, et que si le mouvement s’éteint, ces manifestants se feront massacrer. Donc ils ne peuvent pas s’arrêter là… »

Source : Angela Bolis

Fahad Al Masri, 41 ans, né à Damas. Journaliste spécalisé dans les questions géostratégiques.

Fahid Al Masri est exilé depuis 15 ans en France. Il a entrepris de faciliter le rassemblement et la communication de l'opposition syrienne.

Fahid Al Masri est exilé depuis 15 ans en France. Il a entrepris de faciliter le rassemblement et la communication de l’opposition syrienne. Angela Bolis


« J’ai dévoilé mon opposition au régime en 2005, après l’assassinat du premier ministre libanais Rafiq Hariri. Mais en fait, tout a commencé quand j’avais treize ans. A l’école, une photo du président était incrustée dans notre uniforme. J’ai dit à un de mes camarades : « Enlève donc cette photo de merde ! » J’étais gamin, je ne connaissais rien à la politique.

L’élève a été convoqué chez le directeur de l’école et a rapporté mes propos. Par la suite, pendant plusieurs semaines, un officier des services spéciaux me convoquait tous les jours pour me poser des questions sur ma famille, les opinions politiques de mon père, etc. Il posait son arme à côté, comme si j’étais un criminel. Cette histoire m’a beaucoup touché. J’ai voulu faire de la politique pour être protégé de ces services.

Pour entrer à l’Institut de sciences politiques de Damas, il fallait alors être membre du parti Baas. Même si je n’étais pas en accord avec ses idées, je m’y suis impliqué activement. Jusqu’au jour où j’ai pu entrer à l’Institut. Deux semaines plus tard, on m’a viré, sans raison. Mon rêve était brisé. Plus tard, j’ai compris que c’était à cause de cet événement à l’âge de 13 ans, un point noir qui restera toujours dans mon dossier. Ça m’a ouvert les yeux sur mon pays, il m’a soudain paru très sombre, très fermé. Je voyais qu’au Liban ou en Turquie, il y avait la liberté de la presse, des droits. Je ne me retrouvais plus en Syrie.

Je suis parti, et j’ai trouvé à Paris un espace de liberté que j’ai pu exploiter au maximum à travers le journalisme. Ici, on pouvait critiquer des personnalités politiques, même le chef de l’Etat, sans que personne ne nous touche. Je trouvais ça génial ! J’ai même lancé un journal satyrique où on critiquait le régime syrien. Par contre, je dois dire que j’ai été extrêmement fâché quand Bachar Al-Assad a été invité par le président Sarkozy en 2008. J’ai eu honte de voir ce criminel au défilé du 14 juillet, dans le pays des mes enfants.

A Paris, j’ai rencontré l’opposition syrienne en exil. Je l’ai trouvée très faible, manquant de moyens financiers, divisée. La plupart des opposants sont de gauche, mais moi, je viens d’une famille de commerçants de Damas, je suis plutôt libéral. J’ai voulu bouger l’opposition, rassembler toutes ces tendances. Depuis le début de la révolution, j’en suis un peu l’attaché de presse : j’ai organisé sept conférences de presse, et bientôt un voyage d’une délégation d’opposants au Caire. Pour que l’Egypte libérée prenne maintenant sa vraie place dans le monde arabe et nous soutienne.

Depuis le printemps arabe, et même avant, j’étais certain que le régime syrien allait tomber un jour. Quand j’ai vu les premières images des manifestations à Damas, dans le quartier de mon enfance, à côté de la mosquée des Omeyyades, j’ai pleuré énormément. Les gens se rebellaient dans la capitale, malgré les forces de sécurité, malgré tout. J’ai retrouvé ma dignité de Syrien.

Aujourd’hui, après six mois de drame quotidien en Syrie, la communauté internationale doit réagir. Car les manifestations pacifiques ne suffiront pas à faire plier le régime. [Une position qui n’est pas partagée par tous les opposants, comme en témoigne la récente déclaration des Comités locaux de coordination, acteurs majeurs de l’organisation des manifestations en Syrie.]

Source : Angela Bolis

Le jour où la communauté internationale s’impliquera vraiment, je vous assure que le régime tombera rapidement. Car les officiers de l’armée se retourneront contre lui : il y a de plus en plus de défections, il y a les « officiers libres », rebelles de l’armée, qui sont de plus en plus actifs. Au moins 3 000 officiers sont détenus et 500 on²t été assassinés, la plupart du temps d’une balle derrière la tête. Parce qu’ils ont refusé de tirer sur les civils. »

Seif Al Hourieh (pseudo signifiant « Epée de la liberté »), 31 ans, né en France, conseiller en stratégie en entreprise, membre du Comité de coordination de soutien à la révolution syrienne.

Seif Al Hourieh est né en France et possède la double nationalité. Depuis la Révolution, il est cyber-activiste et œuvre pour la diffusion des images des manifestations envoyées depuis la Syrie.

Seif Al Hourieh est né en France et possède la double nationalité. Depuis la Révolution, il est cyber-activiste et œuvre pour la diffusion des images des manifestations envoyées depuis la Syrie.Angela Bolis


« Au début de la révolution, ça a été un peu chaotique. On s’est très vite lancé dans le cyber-activisme. On utilisait des ordinateurs avec des adresses IP masquées, et on envoyait des messages de soutien aux manifestants via les chaînes satellitaires arabes [messages de téléspectateurs qui défilent sur un bandeau en bas de l’écran]. On a aussi investi tous les réseaux sociaux, pour démultiplier les informations et trouver des débouchés à ceux qui nous envoyaient courageusement des films des événements. On essayait aussi de communiquer au maximum avec les Syriens de l’intérieur.

Au fur et à mesure, on s’est coordonné entre opposants de différents pays. On a commencé à créer des sortes d’agences de presse, à se répartir les tâches entre l’écrit, la réception des vidéos, leur acheminement vers les chaînes de télévision… Chaque jour, on reçoit un flux continu de vidéos. On a acquis des réflexes d’authentification des images : filmer des plaques d’immatriculation, des horloges ou une date. On est de plus en plus fluides et efficaces. On est organisé en réseau, c’est une structure horizontale, sans chef.

Il y a des sortes de chaînes officieuses, créées pour l’occasion, comme Shaam news et leur page facebook, comme Ugarit news, ou même la page facebook Syrian Revolution 2011. Elles postent des centaines de vidéos et font le lien avec des médias officiels comme France 24, CNN, BBC, Al-Jazira, etc.

On essaie au maximum de se faire l’écho de ce qui se passe là-bas, vu qu’il n’y a toujours pas de journalistes étrangers sur place. Certes, ça nous frustre de ne pas être aux côtés des manifestants en Syrie, car il y a beaucoup de colère et d’émotion. Mais on est 18 millions d’expatriés syriens, et on est aussi efficace d’ici. On a une liberté de mouvement absolue.

On fait aussi des actions spectacles. Par exemple, un groupe est entré dans la boutique de la compagnie Syrian Air et a décroché le portrait de Bachar Al-Assad. Ou on colle des affiches « Bachar Wanted » dans Paris. Il y a aussi des envois clandestins de téléphones satellitaires, qui permettent aux Syriens de transmettre des images et des informations sans se faire démasquer.

Aujourd’hui, les liens entre la révolution populaire et l’opposition doivent s’intensifier. Affaiblie par 41 ans de dictature, l’opposition commence à peine à se structurer, les jeunes de la révolution l’incitent à s’organiser. Car le mouvement est à l’initiative du peuple, des jeunes qui se sont conscientisés, mais demandent maintenant une représentation politique. Pour l’instant, on est concentré sur les événements en cours, mais on est sûr d’une chose : la fin du régime a sonné. »

Source : Angela Bolis

Angela Bolis

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