Tunis


Je reviens d’un court séjour à Tunis  ! Quel bonheur ! L’air est léger ! Les gens souriants et soulagés !

Ils se sont tus pendant toutes ces années. Et ils parlent et parlent et discutent. Dans l’avenue Bourguiba il y a des attroupements avec au centre un orateur. On défile avec pancartes contre l’ambassadeur de France par exemple qui aurait gaffé.

Certains ne savaient même pas ce qui se passait.  Une dame qui vit là depuis trente ans est tombée des nues.
D’autres savaient, mais devaient se taire tant étant grande la peur . Les exactions commises par la famille « régnante » dépassent l’imagination. Si votre maison suscitait  leur convoitise, ils vous la prenaient. Si votre école concurrençait la leur, ils la fermaient. Ils rachetaient des terrains pour une bouchée de pain.

Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir. Mais retenez ce nom : Mohamed Bouazizi .  Le jeune homme qui s’est immolé par le feu, désespéré de ne pas trouver les moyen de faire vivre sa famille et qui se faisait harceler par la police. C’est sa mort qui a été de trop. C’est la révolution tunisienne qui a mis le feu au monde arabe depuis trop longtemps opprimé.

Une rue portera son nom à Paris … et à Bruxelles aussi, je l’espère.

LIBYE – Omar El Mokhtar


Omer Almukhtar disait :  »Nous ne nous rendrons jamais, c’est gagner ou mourir. Il vous faudra combattre la prochaine génération, et la suivante et la suivante. Quant à moi, je survivrai à mon bourreau »

Que Dieu protège la Libye

(traduction d’un commentaire sur Youtube)

Appel à mobilisation pour la Libye et le Maroc


Cette vidéo appelle à manifester le 20 février
La manifestation de 20 février se concrétise. Après la création de plusieurs groupes sur Facebook qui encouragent les Marocains à prendre part à ce mouvement de protestation, une nouvelle initiative vise à mobiliser les jeunes et moins jeunes. Une vidéo circule actuellement sur le web. Plusieurs personnes y évoquent les raisons pour lesquelles elles iront manifester : des messages percutants. 

« Appel pour le mouvement du 20 février pour un Maroc de générosité et de liberté ». Tel est le titre de la vidéo qui circule en ce moment sur Youtube. Elle a pour objectif principal d’inciter le peuple à participer à la manifestation prévue dimanche prochain.
Pendant 2 minutes et quelques secondes, 14 citoyens et citoyennes marocains dénoncent les différents problèmes persistant au sein de la société marocaine. Ces messages percutants retracent la dure réalité vécue au quotidien par chacun. Une belle claque à tous ceux qui traitent les organisateurs de la manifestation de traitres et d’ennemis du Maroc.

Le discours des intervenants est calme et réaliste. Tous commencent avec ces mots : « Je suis Marocain et je vais sortir le 20 février pour … », avant d’expliquer, posément, la principale raison qui les pousse à aller manifester. Les uns revendiquent un Maroc meilleur sans « Hogra » et sans corruption. Les autres réclament le droit à l’enseignement ou encore à l’hospitalisation : « pour que les malades puissent accéder aux hôpitaux et bénéficier des soins gratuitement, sans avoir des relations particulières. »Un autre jeune homme voudrait manifester pour que « les droits des ouvriers soient respectés et pour qu’il n’y ait plus d’exploitation ». Ces Marocains représentatifs de la société veulent également « juger les voleurs qui ont détruit le pays » et aspirent même à ce qu’« une constitution populaire et démocrate » soit mise en place.
La vidéo s’achève avec le message d’une femme âgée qui dénonce fortement l’augmentation du coût de la vie mais surtout l’oppression ou « Al 9am3 ».
Heure
dimanche 20 février · 14:00 – 16:00

Lieu
Bruxelles: Dimanche Ambassade du Maroc – Zondag voor de Marokkaanse ambassade

Créé par :

En savoir plus
L’année 2011 : l’année des révolutions populaires dans le monde arabe.
2011 is het jaar van de Revolutie in de Arabische wereld! 

Zondag 20 februari 2011 tussen 14h00 en 16h00 voor de Marokkaanse ambassade in Brussel
(Boulevard Saint Michel, 29, 1040 Brussel, dichtbij metrostation Montgomery)
…Samen voor een radicale verandering in Marokko.

Dimanche 20 février 2011 de 14h00 à 16h00, devant l’ambassade du Maroc
(Bd. St Michel, 29-1040 Bruxelles, métro Montgomery):
Ensemble pour exiger un changement radical au Maroc
Le peuple marocain appelle à une manifestation le 20 février pour arracher «une large réforme politique» dans le royaume. Il s’agit d’une manifestation «pour la dignité du peuple et des réformes démocratiques». Ce mouvement est ouvert à tous ceux qui veulent voir un Maroc plus juste, plus libre, plus démocratique.

ÉGALITÉ et l’Unie van Arabische Studenten vous appellent aujourd’hui à vous joindre aux actions de SOLIDARITE AVEC LES PEUPLES d’AFRIQUE du NORD, du GROUPE d’ACTION LYBIEN et de Fraternité Solidarité Bel‐MA.

Egalité souscrit à l’appel lancé depuis Dakar lors du Forum Social Mondial (du 6 au 12 février 2011) par les organisations et les démocrates marocains qui « Saluent haut et fort la révolution en Tunisie et en Egypte, ainsi que le mouvement démocratique dans les différents pays maghrébins, arabes et africains. Ils combattent pour faire aboutir le changement et la démocratie dans toutes leurs dimensions.Tout en affirmant qu’un autre Maroc est possible, les organisations au Maroc, comme à l’étranger, considèrent que les autorités politiques marocaines doivent accéder au processus de changement qui se généralise dans la région et ce par l’instauration d’institutions démocratiques, la séparation des pouvoirs, la prise des décisions politiques et la gestion de la chose publique en lien avec les urnes, des réformes politiques, économiques, sociales et culturelles profondes pour construire un Etat de la citoyenneté, de la dignité, de l’égalité et la promotion des droits de l’Homme et des libertés. »

Egalité souscrit également à l’appel international du Forum Social Mondial pour une grande manifestation le 20 mars 2011 : « Nous inspirant des luttes des peuples de Tunisie et d’Egypte, nous appelons à ce que le 20 mars soit un jour international de solidarité avec le soulèvement du peuple arabe et africain, dont les conquêtes renforcent les luttes de tous les peuples : la résistance du peuple palestinien et sahraoui, les mobilisations européennes asiatiques et africaines contre la dette et l’ajustement structurel, et tous les processus de changement en cours en Amérique latine ».

source : http://www.yabiladi.com/articles/details/4560/contestation-maroc-video-appelle-manifester.html
Saïdi Nordine
Porte Parole d’ ÉGALITÉ
GSM : 0476/84.19.69
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Egypte : les mouvements sociaux, la CIA et le Mossad


James Petras

on MyCatBirdseat.com, 16 février 2011

http://mycatbirdseat.com/2011/02/james-petras-egypt-social-movements-the-cia-and-mossad/

L’image d’invincibilité du Mossad et de la toute-puissance de la CIA que veulent donner la plupart des auteurs, universitaires et journalistes a été mise à rude épreuve par leur échec avoué à déceler l’ampleur, la profondeur et l’intensité du mouvement de plusieurs millions de citoyens égyptiens ayant réussi à chasser la dictature de Moubarak.

Les limites des mouvements sociaux

Les mouvements des masses qui ont imposé le limogeage de Moubarak révèlent à la fois la force et les faiblesses de toute insurrection spontanée. D’un côté, les mouvements sociaux ont démontré leur capacité de mobiliser des centaines de milliers, voire des millions de personnes, en vue d’un combat incessant et couronné de succès, qui a culminé dans le limogeage du dictateur d’une manière dont les partis et les personnalités d’opposition préexistants ne voulaient pas entendre parler.

D’un autre côté, en raison de l’absence totale de tout leadership politique, les mouvements n’ont pas été en mesure de s’emparer du pouvoir politique et de mettre en œuvre leurs revendications, ce qui a permis au haut commandement de l’armée de Moubarak de s’emparer du pouvoir et de définir le processus « post-Moubarak », en garantissant ainsi la continuation de la subordination de l’Egypte aux Etats-Unis, la protection de la fortune illicite du clan Moubarak (estimée à 70 milliards de dollars), celle des nombreux trusts appartenant à l’élite militaire et la protection de la classe dominante. Les millions de personnes que les mouvements sociaux ont mobilisées afin de renverser la dictature ont été de fait exclues par la nouvelle junte militaire se disant « révolutionnaire » lorsqu’il s’est agi de définir les institutions politiques et les politiques à suivre, sans parler des réformes socio-économiques requises afin de satisfaire les besoins vitaux de la population (dont 40 % vit avec moins d’un dollar par jour, le chômage dépassant les 30 % de la main-d’œuvre disponible).

Le cas égyptien, comparable aux mouvements sociaux estudiantins et populaires contre les dictatures de la Corée du Sud, de Taiwan, des Philippines et de l’Indonésie, démontre que l’absence de toute organisation politique permet à des personnalités de la soi-disant « opposition » néolibérale et conservatrice de se substituer au régime. Ils s’emploient alors à mettre sur pied un régime électoral qui continue à servir les intérêts de l’impérialisme, à défendre l’appareil d’Etat existant et à en dépendre. Dans certains cas, ils remplacent les vieux capitalistes crounis par de nouveaux capitalistes. Ce n’est pas un hasard si les mass media encensent la nature « spontanée » des luttes (et absolument pas les revendications socio-économiques) et si ils enjolivent le rôle de l’armée (en balayant sous le tapis son rôle de pitbull de la dictature, trente années durant). Les masses sont célébrées pour leur « héroïsme », les jeunes le sont en raison de leur « idéalisme », mais on n’envisage en aucun cas qu’ils jouent le rôle des principaux acteurs dans le nouveau régime. Une fois la dictature renversée, l’armée et les électoralistes de l’opposition ont « célébré » le succès de la révolution, après quoi ils se sont occupés prestement de démobiliser et de démanteler le mouvement spontané afin de faire de la place à des négociations entre les politiciens libéraux électoralistes, Washington et l’élite militaire dirigeante.

Si la Maison Blanche peut tolérer, voire encourager des mouvements sociaux à pousser dehors (à « sacrifier ») des dictatures, elle a la ferme intention de préserver l’Etat. Dans le cas égyptien, le principal allié stratégique de l’impérialisme US était non pas Mubarak, mais l’armée, avec laquelle Washington était dans une collaboration constante avant, pendant et après la poussée vers la sortie de Moubarak, s’assurant que la « transition » vers la démocratie (sic) soit de nature à garantir la perpétuation de la subordination de l’Egypte aux politiques et aux intérêts israéliens et américains au Moyen-Orient.

La révolte populaire : double échec de la CIA et du Mossad

La révolte arabe démontre, encore une fois, plusieurs échecs stratégiques de la police secrète la plus introduite, les forces spéciales et les agences de renseignement des appareils d’Etat des Etats-Unis et d’Israël, dont aucun n’a anticipé (intervenir, n’en parlons même pas) afin d’empêcher tout succès de la mobilisation et d’influencer la politique de leurs gouvernements respectifs dans un sens favorable à leurs gouvernants-clients en difficulté.

L’image que donnent la plupart des auteurs, universitaires et journalistes, l’image de l’invincibilité du Mossad israélien et de l’omnipotente CIA, a été sévèrement mise à l’épreuve par leur échec avoué à déceler l’ampleur, la profondeur et l’intensité du mouvement de plusieurs millions de personnes déterminées à évincer la dictature de Moubarak. Le Mossad, qui fait la fierté et la joie des réalisateurs de cinéma de Hollywood et qui est présenté comme un « modèle d’efficacité » par ses collègues des organisations sionistes, n’a pas été capable de détecter la montée d’un mouvement de masse dans un pays voisin. Le Premier ministre israélien Netanyahu a été choqué (et désappointé) par la situation précaire de Moubarak et par l’effondrement de son client arabe le plus éminent – et cela, à cause du renseignement frelaté collecté par le Mossad. De même, Washington avait été totalement impréparée par ses 27 agences du renseignement américaines et le Pentagone, avec ses centaines de milliers de fonctionnaires et ses budgets se chiffrant en milliards de dollars aux soulèvements populaires massifs et aux mouvements émergents qui allaient se faire jour.

Plusieurs observations théoriques sont de mise. Le caractère erroné de la  notion selon laquelle des dirigeants hautement répressifs recevant des milliards de dollars en aide militaire et disposant de près d’un million de policiers, de soldats et de miliciens seraient les meilleurs garants de l’hégémonie impérialiste a été démontré. La présupposition selon laquelle des liens étendus, de longue date, avec de tels dirigeants dictatoriaux garantiraient les intérêts impérialistes des Etats-Unis a été démentie.

L’arrogance et la prétention de la supériorité organisationnelle, stratégique et politique juive sur les « Arabes » ont été sérieusement dégonflées. L’Etat israélien, ses experts, ses agents secrets et ses universitaires de la Ivy League ont été aveugles aux réalités en train de se dérouler sous leurs yeux, ils ont ignoré la profondeur de la désaffection et incapables d’éviter une opposition massive à leur client le plus précieux. Les publicistes sionistes aux Etats-Unis, qui résistent rarement à l’opportunité de promouvoir la « brillance » des forces de sécurité israéliennes, que ce soit quand elles assassinent un dirigeant arabe au Liban ou à Dubaï, ou lorsqu’elle bombarde une installation industrielle en Syrie, sont restés sans voix, cette fois-ci.

La chute de Moubarak et la possible émergence d’un gouvernement indépendant et démocratique signifieraient qu’Israël pourrait perdre son principal « flic en patrouille ». Un peuple démocrate ne saurait coopérer avec Israël au maintient du blocus contre Gaza, qui vise à affamer les Palestiniens afin de briser leur volonté de résister. Israël ne pourra pas compter sur un gouvernement démocratique pour soutenir ses violentes confiscations de terres en Cisjordanie et son régime palestinien fantoche. Les Etats-Unis, eux non plus, ne sauraient compter sur une Egypte démocratique pour soutenir leurs intrigues au Liban, leurs guerres en Irak et en Afghanistan et leurs sanctions contre l’Iran. De plus, l’insurrection égyptienne a servi d’exemple pour des mouvements populaires contre d’autres dictatures liges à Washington, en Jordanie, au Yémen et en Arabie Saoudite. Pour toutes ces raisons, Washington a soutenu le coup d’Etat militaire (en Egypte) afin de ménager une transition politique correspondant à désirs et à ses intérêts impérialistes.

L’affaiblissement du principal pilier du pouvoir impérial américain et du pouvoir colonial israélien en Afrique du Nord et au Moyen-Orient révèle le rôle essentiel que jouent les régimes collaborationnistes de l’impérialisme. Le caractère dictatorial de ces régimes résulte directement du rôle qu’ils jouent au service des intérêts impérialistes. Et les packages d’aide militaire qui corrompent et enrichissent les élites au pouvoir ne sont que les récompenses qu’on leur accorde pour avoir été des collaborateurs zélés des Etats impérialistes et colonialistes. Etant donnée l’importance stratégique de la dictature égyptienne, comment expliquer l’incapacité des services de renseignement américains et israéliens à anticiper ces insurrections ?

Tant la CIA que le Mossad travaillaient en étroite collaboration avec les services de renseignement égyptiens et ils se fiaient à eux en matière d’information, confiant à leurs rapports internes que « tout était sous contrôle » : les partis d’opposition étaient affaiblis, décimés par la répression et l’infiltration, leurs militants croupissant dans les geôles ou subissant des « crises cardiaques fatales » en raison de « techniques d’interrogatoire » particulièrement énergiques. Les élections étaient falsifiées afin d’aboutir à l’arrivée au pouvoir de clients d’Israël et des Etats-Unis : aucune (mauvaise) surprise, donc, ni dans l’immédiat, ni à moyen-terme.

Les services égyptiens du renseignement sont formés et financés par des officines israéliennes et américaines, l’on peut donc compter sur eux pour suivre la volonté de leurs maîtres. Ils ont été tellement complaisants en remettant des rapports rédigés de manière à plaire à leurs mentors qu’ils ont ignoré toutes les informations relatives à des troubles populaires montants ou encore à l’agitation sur Internet. La CIA et le Mossad étaient tellement intégrés au sein du vaste appareil sécuritaire de Moubarak qu’ils étaient incapables d’assurer une quelconque information alternative sur les mouvements de base, décentralisés et bourgeonnants, totalement indépendants qu’ils étaient de l’opposition électorale traditionnelle « sous contrôle ».

Quand ces mouvements de masse extraparlementaires ont fait irruption, le Mossad et la CIA ont compté sur l’appareil d’Etat de Moubarak pour en prendre le contrôle via la politique classique de la carotte et du bâton : des concessions à deux balles, d’un côté, et la mobilisation de l’armée, de la police et des escadrons de la mort. Tandis que le mouvement populaire grossissait, passant de quelques dizaines de milliers à plusieurs centaines de milliers, puis à des millions de participants, le Mossad et les membres du Congrès américain partisans d’Israël les plus en vue exhortèrent Moubarak à « tenir bon ». La CIA en fut réduite à présenter à la Maison Blanche des profiles politiques d’officiers de l’armée de confiance et de personnalités politiques traditionnelles « de transition » achetables susceptibles de succéder à Moubarak. Mais, là encore, la CIA et le Mossad ont démontré leur dépendance vis-à-vis de l’appareil du renseignement de Moubarak en matière de connaissance de qui pourrait être une alternative « viable » (aux yeux des américano-israéliens), ignorant les exigences élémentaires des masses révoltées. La tentative de coopter la vieille garde électoraliste des Frères Musulmans via des négociations avec le vice-président Suleiman a échoué en partie parce que les Frères ne contrôlaient pas ce mouvement et parce qu’Israël et ses soutiens américains y étaient opposés. De plus, la jeune garde des Frères ont obligé leurs aînés à se retirer de ces négociations.

Ce flop en matière de renseignement a compliqué les efforts de Washington et de Tel-Aviv visant à sacrifier le régime dictatorial en vue de sauver l’Etat : la CIA et le Mossad n’ont développé de lien avec aucun des nouveaux leaders (égyptiens) émergents. Les Israéliens ont été incapables de trouver ne serait-ce qu’un seul « nouveau visage » disposant d’un certain soutien populaire pour servir de collaborateur zélé de l’oppression coloniale. La CIA était totalement impliquée dans l’utilisation de la police secrète égyptienne pour torturer des suspects de terrorisme (« exceptionnal rendition ») et dans le flicage des pays arabes voisins. Résultat : tant Washington qu’Israël ont anticipé et promu la prise du pouvoir par l’armée afin de prévenir toute radicalisation ultérieure. En fin de compte, l’échec de la CIA et du Mossad à détecter et à empêcher l’émergence du mouvement démocratique révèle la précarité des fondements du pouvoir impérial et colonial. Sur le long terme, ce n’est ni les armes, ni les milliards de dollars, ni les polices secrètes et les chambres de torture qui décident de ce que sera l’Histoire. Les révolutions démocratiques se produisent quand l’immense majorité d’un peuple se lève et dit « ça suffit ! », quand elle descend dans les rues, paralyse l’économie, démantèle l’Etat autoritaire et exige la liberté et des institutions démocratiques exemptes de toute tutelle impériale et de toute soumission coloniale.

[James Petras est professeur émérite de sociologie à l’Université de Binghamton, New York Il a écrit soixante-quatre ouvrages, publiés en vingt-neuf langues, et plus de 560 articles publiés dans des revues professionnelles, dont The American Sociological Review, The British Journal of Sociology, Social Research, Journal of Contemporary Asia et Journal of Peasant Studies. Il a publié plus de 2000 articles. Son dernier ouvrage est : War Crimes  in Gaza and the Zionist Fifth Column in America (Atlanta, Clarity Press, 2010) (Les crimes de guerre à Gaza et la Cinquième colonne sioniste en Amérique)].

Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier

source

Tunisie La corruption, gangrène nationale


LOOS,BAUDOUIN

Lundi 14 février 2011

TUNIS

DE NOTRE ENVOYÉ SPECIAL

Tout un pays à soigner. Voilà l’impression qui se dégage, alors que les Tunisiens n’en finissent pas de se pincer pour y croire : il y a un mois, le vendredi 14 janvier, Ben Ali, le dictateur qui semblait éternel, prenait l’avion de l’exil sans demander son reste. Il est vrai que lui et son clan ne sont pas partis les poches vides. « L’exhibition des richesses mal acquises, volées, était devenue obscène », estime un monsieur très digne avenue Bourguiba.

Corruption, prédation, cleptocratie : les mots qui définissent le défunt régime ne sentent pas bon. « Jamais n’a-t-on assisté à une telle concentration de pouvoir pour en arriver au sac d’un pays, explique Ahmed Smaoui, ministre aux débuts du règne de Ben Ali, en 1987, avant de tomber en disgrâce. Tout était parfaitement organisé, camouflé sous le vernis d’un discours honorable, avec les connivences internationales nécessaires ».

Dans ce bar chic du quartier Belvédère, un homme d’une trentaine d’années, Tahar, nous rejoint. Derrière son sourire se cache quelque inquiétude, et le manège d’un serveur le gêne. « L’habitude de voir des mouchards partout », s’excuse-t-il.

Ce juriste travaille depuis quinze ans au ministère des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières. « Le sommet de l’administration du ministère est compromis, dit-il. A commencer par celui qui fut ministre pendant ces dix dernières années, Ridha Grira. Il a dilapidé les biens de l’Etat. Mais le plus pourri c’est le chef de cabinet, Fathi Sokri, qui est toujours en place. Presque tous les Tunisiens connaissent ces deux hommes. Alors quand on a appris que Grira héritait du ministère de la Défense du premier gouvernement de l’après-Ben Ali, vous pensez si on était rassuré ! »

Ledit Ridha Grira, en fait, n’est resté qu’une petite semaine ministre après le départ du tyran : sous la pression de la rue, le gouvernement a rapidement été remanié et les principaux ministres de la filière RCD (l’ex-parti quasi unique), dont Grira, ont dû se résoudre à le quitter.

« Le chef de cabinet, reprend Tahar, est en place depuis vingt ans. Voulez-vous un exemple de dilapidation ? Prenons le cas de Sakhr el-Materi, l’un des gendres de Ben Ali. Un des plus voraces aussi. Il souhaitait acheter un terrain sur la côte à La Goulette, près de Tunis, pour y ouvrir un port de plaisance. Partie du domaine public, ce terrain d’un hectare n’était légalement ni à vendre ni à louer. Eh bien ! la parcelle a subi une procédure de déclassement comportant une manœuvre juridique illicite pour passer dans le domaine privé. Qui plus est, il n’y a pas eu d’enchères publiques et le prix qu’acquitta l’acheteur se monta à 22 dinars le m2 (10 euros) au lieu de 15.000 dinars minimum. »

Tahar connaît des tas d’histoires du même tonneau. Qui mettent en scène d’autres membres du clan Ben Ali : « Toutes les affaires liées à notre ministère finiront par éclater. Ils ont tous pris leur part, ministres, chefs de cabinet, directeurs. Je crains une chose : qu’on se contente de juger par contumace quelques boucs émissaires de la famille Trabelsi (la belle-famille du dictateur). Je suis prêt à aller témoigner devant la nouvelle commission anticorruption et j’irai avec les dossiers que j’ai réussi à préserver des broyeurs de papier qui fonctionnent à plein régime. »

Cette commission a du pain sur la planche, en effet. Elle sera présidée par Abdelfattah Amor (68 ans), le doyen très respecté de la faculté de droit à Tunis. « La commission, a expliqué M. Amorn, a pour fonction d’établir les faits et au-delà de démonter tout un système qui a gangrené l’Etat mais aussi des secteurs entiers de la société. Les faits suffisamment crédibles seront transmis au parquet. »

En quelques jours, plus de 800 dossiers ont été déposés. A ce rythme, le succès de la commission risque de dépasser ses capacités d’absorption… « La commission sur la corruption fait peur à beaucoup de monde, constate Larbi Chouakhi, professeur de journalisme. Les langues se délient. De nombreuses personnes sont compromises, il y aura pas mal de découvertes, dans tous les domaines, même dans les médias, et évidemment chez nos amis français ».

La justice tunisienne, chez qui finiront en principe nombre de dossiers, souffre elle-même d’une image de marque lézardée.

« Quatre cinquièmes des juges n’ont pas la conscience tranquille, estime Mokhtar Yahyaoui, lui-même ex-juge – qui fut renvoyé en 2001 pour avoir osé publiquement réclamer à Ben Ali une justice indépendante. Il faudra les écrémer en cinq ans au moins, en éliminant tout de suite les irrécupérables, soit quinze à vingt pour cent d’entre eux. Les juges faisaient partie d’un système qui ne tolérait pas les gens honnêtes. »

Source

Yémen


Cinquième jour de protestations au Yémen
iloubnan.info – Le 15 février 2011

Pour la cinquième journée consécutive, 3 000 personnes sont descendues dans les rues au Yémen pour réclamer des réformes politiques et l’éviction du président du pays.
La police a tenté de disperser les manifestants avec des gaz lacrymogènes et des matraques, mais la foule a poursuivi sa marche, ce mardi, de l’Université Sanaa vers le centre ville.
Les manifestants, principalement des étudiants et militants pour les droits de l’homme, ont scandé des slogans contre le président Ali Abdullah Saleh, dont « A bas les voyous du président ».
Dans le centre-ville, 2 000 partisans du gouvernement ainsi que des forces de police se sont rassemblés.
La manifestation devrait rassembler plus que quelques centaines de personnes, puisque les étudiants et les militants des droits de l’homme la rejoignent alors qu’elle se déplace à travers la ville.

source

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