40 professeurs marocains tentent de s’immoler par le feu à Rabat (tout va bien au Maroc)


Par Msili

La surprise est venue de Tunisie (où tout allait bien aussi) avec une agitation sociale et politique qui a commencé en décembre et a abouti au départ précipité du président ben Ali après plus de 20 années de pouvoir.
D’autres pays arabes ont connu ou connaissent des troubles sociaux et politiques: en Algérie au début de cette année, puis au Yémen, en Jordanie et surtout en Egypte.
Il n’aura échappé à personne en France qu’on ne pariait guère à Paris sur un succès de la contestation en Tunisie. Au point que la presse, qui avait tenté au maximum de taire les manifestations tunisiennes, s’était empressée de braquer les projecteurs sur les troubles survenus en Algérie.en ce début d’année Il est vrai que ces troubles avaient diffusé rapidement avant de cesser presque aussi rapidement moyennant de fortes actions de répression et des promesses relatives à la hausse des prix.

On admettra ici que la situation économique et politique (un taux de chômage élevé, les difficultés de logement, la corruption etc.) en Algérie est tout à fait de nature à entraîner une agitation de type révolutionnaire comme dans le pays voisin même si le paysage politique et l’histoire récente rendent les choses beaucoup plus incertaines. Et l’Algérie a déjà connu ce genre de situation avec une ouverture démocratique sans précédent en Afrique du Nord qui s’est cependant soldée par une épouvantable guerre civile.
Tout ça pour dire surtout qu’en Occident on est très gêné d’assister à la déconfiiture de régimes politiques « amis » et qui entretiennent des relations officielles (Jordanie, Egypte) ou officieuses (Tunisie) avec l’entité sioniste.
Le régime algérien a bien des défauts mais il a pour l’heure toujours résisté, malgré les velléités de certains, à la tentation de pactiser avec le régime sioniste. Et il n’aura échappé à personne qu’en Egypte, comme en Jordanie et en Tunisie, au milieu des slogans dénonçant le chômage, le coût de la vie ou le manque de libertés publiques, nous avons eu des slogans dénonçant l’Etat sioniste. Aucun antisémitisme là dedans, puisqu’aucun slogan ni pancarte n’a accusé les « juifs » des maux affligeant les pays en proie à l’agitation révolutionnaire. Cet aspect est particulièrment évident en Jordanie et en Egypte pour les raisons que chacun connaît.
Mais tiens, il y a un pays dont on n’aime pas beaucoup parler en France, c’est le Maroc. Comme vous le savez, tout va bien au Maroc, mieux que dans les pays voisins comme la Tunisie (pour France Soir, le Maroc est voisin de la Tunisie!?).
Deux preuves seulement: un éminent intellectuel Français y possède une résidence princière secondaire; de nombreux retraités Français affluent dans ce pays de Cocagne pour y goûter un repos bien mérité!

Bon, pourtant tout ne va pas bien au Maroc ainsi que le laisse entendre cette dépêche de l’AFP. J’en parle simplement parce que pour l’instant aucun site français d’information n’a repris cette dépêche (au contraire de la presse espagnole). Notez bien que le titre de la dépêche AFP omet le fait précisé par la dépêche espagnole que ce sont 40 enseignants qui prévoyaient de s’immoler par le feu devant le ministère.
Le journal espagnol Publico titre en effet:

40 professeurs Marocains tentent de s’immoler par le feu

RABAT — Un jeune homme a été blessé après avoir tenté de s’immoler par le feu au cours d’un sit in de protestation mardi devant le ministère de l’Education à Rabat, ont annoncé l’agence officielle MAP et le quotidien Akhbar Al Youm.Le jeune homme, qui participait à une manifestation de protestation d’enseignants contractuels réclamant leur titularisation, s’est aspergé d’essence et a menacé de s’immoler, a précisé le journal arabophone dans un article à paraître mercredi et transmis à l’AFP. Selon l’agence MAP les jours du jeune homme ne sont pas en danger. 

Le quotidien cite deux versions sur la suite : l’une selon laquelle le jeune homme a alors allumé un briquet, l’autre selon laquelle c’est une autre personne qui a mis le feu. Une source policière a confirmé à l’AFP la seconde version, précisant que la personne ayant mis le feu était recherchée.

La police et des pompiers sont rapidement intervenus pour éteindre les flammes. Le groupe de protestataires avait publié la veille un communiqué dans lequel il menaçait de procéder à une immolation par le feu.
Selon Akhbar Al Youm, la victime a subi des brûlures graves et une autre personne a été légèrement brûlée au cours de cet incident.
Quatre tentatives d’immolation par le feu ont eu lieu au Maroc en une dizaine de jours. Selon les autorités, deux d’entre elles étaient dues à des problèmes psychiatriques ou d’héritage. Aucun décès n’a été signalé.
L’immolation par le feu d’un jeune homme, le 17 décembre à Sidi Bouzid, dans le centre de la Tunisie, est à l’origine de la révolte populaire qui a fait chuter un mois plus tard le régime du président Zine El Abidine Ben Ali.
Depuis, plusieurs tentatives de suicide par le feu, parfois mortelles, ont été recensées dans les pays de la région.

Cette entrée a été publiée le février 1, 2011 à 11:21 , et rangée dans Algérie, Egypte, entité sioniste, Gardiens de la Révolution, haschich, Maroc, Rabat, Révolution de jasmin, Tunisie. Vous pouvez suivre les réponses à cette entrée via son flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un rétrolien depuis votre site.

 

OÙ VA LA REVOLUTION EN TUNISIE?


 

Vendredi 4 février, 20h.15
Café Gavroche, 4 James-Fazy (Genève)
 


OÙ VA LA REVOLUTION  

 

EN TUNISIE?

avec:
LUIZA TOSCANE (Paris)
Militante de longue date pour les droits humains en Tunisie, et auteure de L’Islam, un autre nationalisme?, Paris, L’Harmattan.
et…
ANIS MANSOURI (Genève),
de retour de Tunis,
Membre du Collectif solidaire avec les luttes sociales et politiques en Tunisie, à l’initiative de la manifestation du 15 janvier à Genève

__________________________________________________________________________________________________________


TUNISIE : LA REVOLUTION… ET APRES

Lundi 7 février à 19h.00 à la Comédie de Genève
avec :
Marguerite Rollinde, chercheur à l’Université de Paris VIII, spécialiste du Magreb
Anis Mansouri, secrétaire général de l’Association des Tunisiennes et Tunisiens de
Suisse

 

 

 

Sadri Khiari, Auteur et membre du Parti des Indigènes

 

 

 

Débat animé par Christophe Passer de l’Hebdo

 

_____________________________________________________________

 

Des partisans de Moubarak chargent les manifestants au Caire


mercredi 2 février 2011, par La Rédaction

Photo : Supporters of President Hosni Mubarak, including some riding horses and camels and wielding whips, cross a bridge over the river Nile as they march towards anti-Mubarak protesters in Cairo, Egypt, Wednesday, Feb. 2, 2011.
(AP Photo/Amr Nabil)

**

Montés sur des chevaux et des chameaux, des partisans du président égyptien Hosni Moubarak armés de fouets, de bâtons et de pierres ont chargé mercredi les manifestants antigouvernementaux sur la place Tahrir, dans le centre du Caire.
L’armée a tiré en l’air pour tenter de séparer et de disperser les groupes rivaux, a rapporté la chaîne de télévision Al Djazira.
Un correspondant de Reuters a vu des dizaines de personnes le visage en sang à la suite des échauffourées. Sous la pression de leurs adversaires, de nombreux opposants ont fui la place, leur lieu de rassemblement depuis plusieurs jours.
« Ce sont les voyous du Parti national démocratique (au pouvoir). J’étais à l’entrée de la place Tahrir, faisant un barrage humain, et un groupe (…) s’en est pris à nous et ensuite j’ai été touché par une pierre », a déclaré Walid, le visage en sang.
D’autres opposants ont affirmé que des policiers en civil étaient mêlés aux partisans de Moubarak, ce qu’a démenti le ministère de l’Intérieur.
Environ 1.500 partisans de l’opposition, moins que les jours précédents, s’étaient rassemblés dans la matinée dans ce lieu symbolique pour exiger le départ immédiat de Hosni Moubarak, 82 ans, au pouvoir depuis près de trente ans.
Plusieurs centaines de leurs amis venus du nord de la ville avaient tenté de leur venir en renfort mais ils ont été repoussés par les partisans de Moubarak, dont certains sont montés sur des véhicules de l’armée pour leur lancer des pierres.
Les manifestants pro-Moubarak, qui scandaient « Merci, Monsieur le président », portaient des pancartes sur lesquelles on lisait : « Nous allons libérer Tahrir ».
D’autres affiches accusaient les médias arabes, notamment les chaînes de télévision Al Djazira et Al Arabia, de diffuser de la propagande anti-Moubarak.
L’ancien directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) Mohamed ElBaradeï a accusé le gouvernement de recourir à « la tactique de la peur » pour faire taire l’opposition.
Affirmant avoir des preuves que des policiers en civil étaient impliqués dans les affrontements, il a souhaité que l’armée sorte de sa neutralité et s’attend à ce qu’elle intervienne « dans la journée » pour « protéger les Egyptiens », selon Al Djazira. Il a dit également espérer que Moubarak s’en irait « avant vendredi ».
A Suez, entre 300 et 400 pro-Moubarak ont défilé dans la ville, brandissant des drapeaux égyptiens et des banderoles « Oui à Moubarak », « Moubarak, tu es dans nos coeurs ». Dans la matinée, l’armée avait demandé aux manifestants antigouvernementaux de mettre fin à leurs actions, affirmant que leur message avait été entendu et qu’il fallait désormais faciliter le retour au calme.
Lors d’une allocution télévisée mardi soir, Hosni Moubarak a annoncé qu’il ne briguerait pas un septième mandat à l’élection présidentielle de septembre mais qu’il voulait garder jusque-là les rênes du pouvoir pour assurer la transition.
Le couvre-feu a été allégé et court désormais de cinq heures du soir à sept heures du matin, au lieu de trois heures de l’après-midi à huit heures du matin, et internet a commencé à être rétabli au Caire et dans d’autres villes comme Alexandrie.
Malgré ces mesures d’apaisement, l’opposition continue à exiger le départ de Moubarak et a redit qu’elle ne voulait dialoguer qu’avec le vice-président, Omar Souleimane. Elle a appelé à la poursuite des manifestations place Tahrir et a décidé le maintien de son grand rassemblement de vendredi.

***

L’armée égyptienne dit n’avoir pas tiré place Al Tahrir

L’armée égyptienne a démenti avoir tiré sur des manifestants sur la place Tahrir, dans le centre du Caire, où des manifestants pro- et anti-gouvernementaux se sont affrontés mercredi, ont rapporté des médias et le ministère de la Défense.
« L’armée dément avoir tiré le moindre coup de feu sur des protestataires », dit un communiqué du ministère de la Défense lu à Reuters par un fonctionnaire du ministère. Il ajoute que quelques grenades fumigènes ont été tirées près de l’ambassade des Etats-Unis afin de disperser la foule.
L’ambassade américaine au Caire est proche de la place Al Tahrir.
« Aucun membre de l’armée n’a participé à la manifestation », a par ailleurs assuré le fonctionnaire, rejetant des allégations faisant état de la participation de soldats.
Un correspondant d’Al Djazira avait auparavant déclaré que l’armée avait tiré en l’air. Un journaliste de Reuters a lui aussi entendu des coups de feu, sans pouvoir déterminer leur provenance.

***

Ban Ki-moon appelle tout le monde à la retenue

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s’est dit mercredi « profondément préoccupé » par la violence en Egypte et il a jugé inacceptables les attaques contre des manifestants pacifiques.
« Je suis profondément préoccupé par la persistance des violences en Egypte. Une nouvelle fois, j’appelle toutes les parties à la retenue », a-t-il dit après une rencontre à Londres avec le Premier ministre britannique, David Cameron.
Des affrontements ont opposé mercredi au Caire des partisans d’Hosni Moubarak et des manifestants hostiles au président égyptien. Ces derniers ont accusé des forces fidèles à Hosni Moubarak de tenter de saper par la force le mouvement de contestation contre le régime.
« Les attaques contre des manifestants pacifiques sont inacceptables et je les condamne fermement », a ajouté Ban Ki-moon.
« Il est important à ce stade de garantir une transition ordonnée et pacifique. J’exhorte toutes les parties à s’engager dans un tel dialogue (…) sans délai », a poursuivi le secrétaire général de l’Onu, ajoutant que son organisation se tenait prête à soutenir un processus de réformes en Egypte et dans d’autres pays arabes.
Ban a souligné que l’Onu n’avait eu de cesse au cours de la décennie écoulée de réclamer des changements dans le monde arabe.
« Nous ne devrions pas sous-estimer la menace d’une instabilité au Proche-Orient », a-t-il dit.

(Mercredi, 02 février 2011 – Avec les agences de presse)


Tournée européenne : Gilad Atzmon & the Orient House Ensemble-


Spring Tour

Gilad Atzmon & the Orient House Ensemble-

The Tide Has Changed –The 2011 Spring  Tour: France, Austria, Germany, Switzerland, Luxemburg, UK & Costa Rica.
Catch us live….


The Tide Has Changed by Gilad Atzmon

UK
February 24 Th     Birmingham/UK          Mary’s Church, Selly Oak, 923 Bristol Road,  talk  (Israeli Palestine conflict) & concert
February   25 Fr   London/UK                         Vortex

February  26 Sa    London/UK                        Vortex

February  27 Su    Colchester/UK                   Fleece

Europe

March  6,  su        Vienna/AU                   Porgy & Bess

March 7, Mo         Paris/Fr                        Libraire Résistances (talk & concert)

March  8, tue        Redange/Lux                L’inouï

March  9, we         Frankfurt/Ger               Kulturfabrik

March 11, fri         Klosters/Sw                  Kulturverein

March 12, sa         Chur/Sw                        3 Könige

March  13, Su        Freiburg/Ger                  Cafe Palestine (a talk)

March 13, su         Freiburg/Ger                   Jazzhaus

March 14, mo         Pforzheim/Ger                 Domicile

March 15, tue         Saarwellingen/Ger           Jazzclub

March 16, we          Zürich/Sw                       Moods

March 17, thu          Karlsruhe/Ger                 Tempel  (Talk & Concert)

March 18, fr             Köln/Ger                       Altes Pfandhaus

March 19, sa            Heilbronn/Ger                Jazzclub

Latin America

source

March 20 -31      Touring Costa Rica and Latin America (more details to follow)

Rassemblement au Canada pour la saisie des biens des proches de Ben Ali


mardi 1er février 2011, par La Rédaction

Un groupe de Tunisiens du Canada qui avait organisé plusieurs manifestations contre le régime de l’ex-président Ben Ali a demandé, lundi, au gouvernement d’Ottawa de saisir les biens de ses proches qui pourraient se trouver sur le territoire canadien.
Le Collectif de solidarité avec les luttes sociales en Tunisie a appelé, dans un communiqué, à un rassemblement mercredi devant le parlement fédéral à Ottawa pour appuyer cette revendication. L’organisation basée à Montréal demande aussi au gouvernement canadien « d’être transparent » dans le dossier qui concerne notamment un beau-frère de Ben Ali, Belhassen Trabelsi, au Canada depuis plusieurs jours.
Les autorités canadiennes ont retiré à Belhassen Trabelsi son statut de résident permanent et le chef de la diplomatie d’Ottawa Lawrence Cannon a déclaré qu’il ferait de son mieux pour qu’il quitte rapidement le pays. Considéré comme l’un des chefs du clan Trabelsi, l’homme d’affaires millionnaire est recherché par la justice tunisienne pour détournement de fonds publics. Il a demandé le statut de réfugié au Canada, ce qui risque de rendre son éventuelle expulsion ou extradition longue et difficile.
Invoquant la protection de la vie privée, les autorités d’Ottawa n’ont donné aucune indication sur l’endroit où il se trouve ou sur ses éventuels biens au Canada. Arrivé le 21 janvier à Montréal à bord d’un jet privé, il a séjourné pendant quelques jours dans un hôtel, avant de s’en éclipser discrètement.
Le Collectif de solidarité demande la « pleine collaboration » d’Ottawa pour arrêter et traduire la famille Trabelsi devant la justice tunisienne. Ses animateurs ignoraient, lundi, le lieu de séjour de Belhassen Trabelsi et de sa famille et ne comptaient pas le « traquer », a indiqué la coordonnatrice du collectif, Sonia Djelidi. L’organisation ne connaît pas non plus ses avoirs au Canada, a reconnu le signataire du communiqué, Jamel Jani.

***

La sous-préfecture de Kasserine pillée et saccagée

La sous-préfecture de Kasserine, ville frondeuse du centre-ouest de la Tunisie, a été pillée et saccagée lundi par plusieurs centaines de personnes, selon des sources syndicales contactées par l’AFP et l’agence officielle TAP. Selon ces mêmes sources, les forces de l’ordre ne sont pas intervenues dans cette localité, qui a connu des affrontements violents entre la police et des manifestants lors des émeutes qui ont conduit à la chute du régime Ben Ali. « Plusieurs centaines de personnes se sont attaquées à la sous-préfecture et à la maison du sous-préfet ce matin (lundi 31 janvier).
« Ils ont tout pillé et saccagé », a déclaré Choukri Hayouni, un syndicaliste joint à Kasserine. « Ils ont tout pris, des meubles, des ordinateurs, des montants de fenêtres, de la vaisselle. J’en ai même vu avec des petites cuillères », a affirmé un autre syndicaliste, Sadok Mahmoudi. Ils ont en outre affirmé que les pillards étaient « encadrés par des gens du RCD », l’ancien parti au pouvoir du président déchu Ben Ali. Cette information n’avait pu être confirmée par d’autres sources.
Selon l’agence officielle TAP, « le gouvernorat de Kasserine a été ces dernières heures le théâtre de troubles ». « Des malfaiteurs ont attaqué des institutions et terrorisé les habitants », affirme la TAP, précisant qu’avaient été notamment visés les bâtiments de la sous-préfecture, la maison des jeunes et un lycée professionnel. Les deux syndicalistes de l’UGTT (Union générale des travailleurs tunisiens) ont affirmé que l’armée, qui était présente, n’était pas intervenue pour mettre fin aux troubles.

(Mardi, 1er février 2011 – Avec les agences de presse)

Egypte, Israël intervient


Ils n’allaient pas laisser leur seul allié (Moubarak, pas son peuple) mordre la poussière sans un bain de sang dont ils ont la spécialité
La Chaine Al-Jazeera vient de donner la parole successivement à deux personnalités égyptiennes M. Omar AFIFI, ancien colonel de la police et M. Loï DIB, militant des Droits de l’Homme qui ont demandé à s’exprimer sur une information gravissime : 

Ces deux personnes ont en effet déclaré qu’ils détenaient des informations de première main, aux termes desquelles, 3 avions israéliens en provenance de Chypre, ont atterri tôt ce matin du dimanche 30 Janvier, entre 4h et 5h matin à l’aéroport militaire du Caire. Ces avions ont livré du matériel militaire sophistiqué dont en particulier :

des pistolets télescopiques sophistiqués, de fabrication israélienne munis d’un système optique spécialement conçus pour des « snippers » ;
des pistolets pour balles explosives à guidage laser ;
des caisses de munitions ;
des conteneurs de bouteilles de gaz lacrymogène étouffant, internationalement interdits d’usage ;
Ces personnes ont l’une et l’autre, lancé un appel de détresse en direction de l’opinion publique internationale en avertissant qu’un bain de sang – planifié entre Israël et le régime traitre de Moubarak – était en préparation contre le peuple égyptien pour le punir de s’être soulevé. Ces mêmes personnes ont tenu à rappeler que le chef des « Moukhabarate » le général Omar Suleiman, promu « Vice-Président » par Moubarak, passait plus de temps à Tel-Aviv qu’au Caire…

Le Quotidien d’Algérie

A DIFFUSEZ UN MAXIMUM

El Baradei « Moubarak doit partir sans délai »


dimanche 30 janvier 2011, par La Rédaction

L’opposant égyptien Mohamed El Baradei a déclaré dimanche qu’Hosni Moubarak devait quitter le pouvoir « aujourd’hui » pour laisser place à un gouvernement d’unité nationale. « Chacun en Égypte le dit de manière forte et claire : Moubarak doit partir aujourd’hui », a dit l’ancien directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dans une interview accordée à la chaîne CNN. « Il doit partir aujourd’hui (…) et faire place à une transition en douceur vers un gouvernement d’unité nationale qui sera suivie par toutes les mesures nécessaires pour une élection libre et équitable », a-t-il insisté.
El Baradei a ajouté qu’il disposait d’un mandat populaire et politique pour négocier la formation d’un tel gouvernement. « J’ai été autorisé – mandaté – par le peuple qui a organisé ces manifestations et beaucoup d’autres parties afin de convenir d’un gouvernement d’unité nationale », a-t-il dit à CNN. « J’espère entrer bientôt en contact avec l’armée, il faut que nous collaborions. L’armée fait partie de l’Égypte. » Un peu plus tôt, un dirigeant de la confrérie islamiste des Frères musulmans avait annoncé que des forces d’opposition s’étaient mises d’accord pour appuyer El Baradei afin qu’il négocie avec le gouvernement du Caire.
El Baradei a regagné l’Égypte jeudi à la veille des manifestations sans précédent qui ont déstabilisé Moubarak. Samedi, il a exigé le départ du président en qualifiant son régime de « dictatorial » et a proposé ses services dans le cadre d’un gouvernement intérimaire. Dans la soirée, il s’est joint aux manifestants rassemblés sur la place Tahrir du Caire, qui est au coeur du mouvement de protestation contre Moubarak. « Le peuple veut la chute du régime », scandaient les manifestants à son arrivée sur la place, où il a serré de nombreuses mains mais n’a fait aucune déclaration à la presse.

***

Hosni Moubarak consulte l’armée face à la pression de la rue

Face à une contestation sans précédent de son régime, le président Hosni Moubarak a rencontré dimanche les chefs de l’armée, qui semble détenir les clés de l’avenir de l’Egypte, tandis que des manifestants défiaient une nouvelle fois en masse le couvre-feu décrété dans le pays.
Réclamant le départ immédiat de Moubarak, Mohamed ElBaradeï s’est dit quant à lui mandaté par l’opposition pour négocier une transition vers un gouvernement d’union nationale et a rejoint les milliers de manifestants rassemblés dans le centre du Caire, que survolaient hélicoptères et avions de chasse.
A Washington, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a réclamé une « transition ordonnée » avec des élections libres et équitables dans le pays le plus peuplé du monde arabe, allié stratégique de Washington au Proche-Orient.
Le soulèvement qui se poursuit depuis six jours affaiblit d’heure en heure le raïs, aussi le soutien de la haute hiérarchie militaire est-il crucial au moment où s’écroulent les autres piliers de son appareil politique.
Alors que des milliers d’habitants se massaient dans les rues sans être inquiétés par les soldats déployés dans leurs chars, l’opposition commence à se regrouper, notamment derrière ElBaradeï, lauréat du prix Nobel de la paix et ex-directeur général de l’AIEA.
« Moubarak doit partir aujourd’hui (…) et faire place à une transition en douceur vers un gouvernement d’unité nationale », a-t-il dit à CNN avant de se rendre sur la place Tahrir du Caire, centre du mouvement de protestation où se trouvaient dimanche soir près de 10.000 personnes dénonçant la pauvreté, la répression, le chômage et le corruption. « Vous avez reconquis vos droits et ce que nous avons commencé est sans retour », leur a-t-il lancé.
Un peu plus tôt, un dirigeant de la confrérie islamiste des Frères musulmans avait annoncé que des forces d’opposition s’étaient mises d’accord pour l’appuyer afin qu’il négocie avec le gouvernement du Caire.
Les Frères musulmans sont jusqu’ici restés à l’arrière-plan bien que plusieurs de leurs dirigeants aient été arrêtés en se voyant accuser d’exploiter l’agitation ambiante.
Sur Fox News, Clinton a déclaré : « Nous comptons sur une transition ordonnée pour que personne ne vienne combler un vide, pour qu’il n’y ait pas de vide (…) Nous ne voulons pas non plus d’une relève qui ne conduirait pas à la démocratie mais à l’oppression et à la fin des aspirations du peuple égyptien. »
Alors que l’heure du couvre-feu sonnait sans être plus respectée que la veille, avions de combat et hélicoptères ont survolé la place. En fin d’après-midi, de nouveaux camions militaires sont arrivés dans le secteur, mais aucun n’est intervenu contre des manifestants.
« Hosni Moubarak, Omar Souleimane, vous êtes tous les deux des agents des Américains », criaient des manifestants faisant allusion à la nomination la veille de Souleimane, chef des renseignements, au poste de vice-président qui était vacant depuis l’arrivée de Moubarak au pouvoir en 1981.
Le président égyptien a eu des entretiens avec Souleimane, le ministre de la Défense Mohamed Hussein Tantaoui, le chef d’état-major Sami al Anan et d’autres responsables militaires.
De toute évidence, ceux qui se trouvaient sur la place Tahrir ne souhaitent pas voir remplacer l’appareil politique de Moubarak par un dispositif militaire comprenant ses plus proches alliés. « Moubarak, Moubarak, l’avion attend », scandaient-ils. Un grand rassemblement s’est aussi tenu à Alexandrie.
Les manifestations égyptiennes, dans lesquelles plus de 100 personnes ont trouvé la mort depuis mardi, affectent d’autres pays du Moyen-Orient dont les dirigeants peuvent redouter des défis analogues, et inquiètent les alliés de l’Egypte en Occident.
La réaction de l’armée égyptienne à la crise demeure ambivalente. Des soldats protègent les installations clés mais ne tentent pas de faire appliquer le couvre-feu par la force, et on les voit souvent fraterniser avec des manifestants.
Reste à savoir si les militaires maintiendront au pouvoir le raïs âgé de 82 ans, ou s’ils le sacrifieront aux intérêts nationaux de l’Egypte – et aux leurs.
On ne sait pas si Moubarak a décidé de consulter les généraux ou si ces derniers l’ont convoqué. En Tunisie, ce sont des généraux qui ont persuadé il y a deux semaines l’ex-président Zine Ben Ali de fuir le pays après des semaines de manifestations.
La crise s’est accentuée dimanche, la population se trouvant en butte à l’anarchie dans certains secteurs. La police ayant disparu, des groupes de citoyens munis de bâtons, de chaînes et de couteaux se sont organisés pour empêcher les pillages.
Des représentants de la sécurité ont fait savoir que la police serait de retour dans les rues lundi.
On a pu observer des scènes quelque peu surréalistes où des soldats se tenaient près de chars couverts de graffiti et de slogans comme « A bas Moubarak. A bas le despote. A bas le traître. Le pharaon hors d’Egypte. Ça suffit ». Interrogé à ce propos, un soldat a répondu : « Ce sont des mots écrits par les gens. C’est le point de vue des gens. »
Notant que l’armée semblait faire preuve de retenue, Clinton a dit que Washington n’envisageait pas de suspendre son aide à l’Egypte.
Le gouvernement égyptien a ordonné l’arrêt des activités de la chaîne Al Djazira sur son territoire. Il avait précédemment interrompu les communications par internet et les réseaux de téléphonie mobile pour réduire les capacités de mobilisation de la contestation.
Etats-Unis et Turquie ont engagé des préparatifs pour rapatrier leurs ressortissants d’Egypte, tandis que d’autres gouvernements recommandent aux leurs de quitter le pays ou de différer leurs projets de séjour.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré qu’Israël devait faire preuve de « responsabilité et de retenue » face aux événements d’Egypte, avec l’espoir que la stabilité des liens bilatéraux ne souffre pas de la crise.

***

L’opposition charge El Baradei de négocier avec le régime

Les Frères musulmans et d’autres mouvements d’opposition ont chargé dimanche l’opposant Mohamed El Baradei de « négocier » avec le régime du président Hosni Moubarak, alors que les manifestations se poursuivaient au Caire au 6e jour d’une révolte qui ne semble pas faiblir.
Devant les violences qui ont fait au moins 125 morts et des milliers de blessés depuis mardi, les Etats-Unis se préparaient à évacuer leurs ressortissants d’Egypte.
La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, tout en assurant qu’il n’était pas question de suspendre l’aide à l’Egypte, principal allié des Etats-Unis dans le monde arabe, a plaidé pour « une transition en bon ordre » et estimé que le processus en était « à peine au début ».
« Moubarak dégage ! », scandaient encore des milliers de manifestants dimanche à la mi-journée à Midan Tahrir, la place de la Libération, dans le centre de la capitale qui vit depuis mardi au rythme d’une contestation jamais vue en 30 ans de pouvoir du président Moubarak.
L’armée a bouclé le centre-ville avec des chars d’assaut, et des avions de chasse ont survolé la capitale à basse altitude dans l’après-midi.
Et la chaîne satellitaire Al-Jazira, qui fait trembler certains gouvernements arabes par sa couverture des protestations, a été interdite dimanche en Egypte.
M. Moubarak a visité dans la matinée le centre opérationnel de l’armée, au lendemain de la nomination d’un vice-président, le premier en 30 ans, Omar Souleimane, et d’un nouveau Premier ministre, Ahmad Chafic.
Les Frères musulmans, principale force d’opposition dans le pays, ont cependant rejeté ces deux nominations, dénonçant « une tentative pour contourner les revendications du peuple et pour faire avorter sa révolution ».
Peu après, la Coalition nationale pour le changement, qui regroupe plusieurs formations d’opposition, dont les Frères musulmans, ont chargé M. El Baradei, ancien chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), de « négocier avec le pouvoir ».
La protestation ne se limitait pas au Caire. Ainsi à Mansoura (delta du Nil), 5.000 manifestants ont afflué vers le siège du gouvernorat, réclamant le départ du président sur des pancartes signées des « Jeunes d’Egypte ».
Dans la nuit, des émeutes ont éclaté dans plusieurs prisons. Plusieurs milliers de détenus se sont évadés dans la prison de Wadi Natroun, à 100 km au nord du Caire, selon une source au sein des services de sécurité.
Des dizaines de corps gisaient sur la chaussée près d’une autre prison de l’est du Caire. Un journaliste de l’AFP a vu 14 corps apportés dans une mosquée proche, mais selon les habitants, il y en aurait « beaucoup d’autres ».
Le mouvement a en partie paralysé le pays : de nombreux distributeurs de billets étaient vides, les banques et la Bourse, qui a enregistré de fortes baisses mercredi et jeudi avant le congé hebdomadaire, sont restées fermées.
Après de nombreux pillages au Caire, soumis tout comme les grandes villes d’Alexandrie et de Suez au couvre-feu 16H00 à 08H00, l’armée semblait plus présente et plus ferme dimanche dans les rues. Et des comités de quartiers remettaient les pillards aux forces armées.
Dans le chaos ambiant, deux momies de l’époque pharaonique entreposées au Musée égyptien au Caire, ont été endommagées lors d’une tentative de vol.
Cette révolte qui a commencé le 25 janvier, onze jours après la fuite du président de l’ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali sous la pression de la rue, continuait à susciter l’inquiétude. L’ambassade des Etats-Unis au Caire a annoncé qu’elle se préparait à évacuer ses ressortissants à partir de lundi. La Libye et la Turquie ont prévu des avions pour faire de même.
Destination touristique très prisée en cette saison, l’Egypte voyait aussi ses touristes déserter le pays, la plupart des voyagistes ayant choisi d’annuler les départs. En Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé que son pays voulait préserver la paix avec l’Egypte, seul pays arabe avec la Jordanie à avoir signé un traité de paix avec l’Etat hébreu.
Le mouvement islamiste palestinien Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a annoncé la fermeture du terminal de Rafah, à la frontière avec l’Egypte, au motif que les fonctionnaires égyptiens auraient quitté leur poste.
Au Soudan, des milliers d’étudiants ont bravé les forces de sécurité pour répondre à un appel à manifester sur le modèle de l’Egypte. Et à Damas, une quarantaine de personnalité de l’opposition ont salué les révoltes populaires en Tunisie et en Egypte, affirmant que le peuple syrien aspirait lui aussi « à la justice et à la liberté ».

***

Israël prône la « retenue » face à la situation en Egypte

Israël doit faire preuve de « responsabilité et de retenue » face à la situation en Egypte, que l’Etat juif observe avec « vigilance », a déclaré dimanche le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.
Les autorités israéliennes ne s’étaient pas exprimées jusqu’à présent sur la contestation du régime d’Hosni Moubarak en Egypte, premier pays arabe à signer un traité de paix avec Israël en 1979.
L’agitation en Egypte fait craindre une déstabilisation de l’ensemble de la région.
« Nous suivons avec vigilance les événements en Egypte et dans notre région (…) en ce moment, nous devons faire preuve de responsabilité et de retenue », a déclaré Benjamin Netanyahu à ses ministres.
Le chef du gouvernement israélien a dit s’être entretenu avec le président américain Barack Obama, avec la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton et avec des responsables israéliens.
Il a invité ses ministres à s’abstenir de tout commentaire dorénavant.
« Nos efforts sont destinés à préserver la stabilité et la sécurité de notre région », a ajouté Benjamin Netanyahu.
« Je vous rappelle que la paix entre Israël et l’Egypte dure depuis plus de 30 ans », a-t-il poursuivi, en disant vouloir « faire en sorte que ces relations continuent d’exister ». Après l’Egypte, la Jordanie a signé un traité de paix avec Israël en 1994.

***

Cafouillage gouvernemental sur l’Égypte

La situation en Égypte a suscité dimanche un cafouillage au sein du gouvernement français, Jeannette Bougrab, secrétaire d’État à la Jeunesse, étant rappelée à l’ordre après avoir appelé au départ du président Hosni Moubarak. « À la suite de ses récentes déclarations sur la situation en Égypte, Jeannette Bougrab tenait à préciser que la position de la France et de son gouvernement a été exprimée par le président de la République et le Premier ministre », déclare la secrétaire d’État à la Jeunesse, qui est d’origine algérienne, dans un communiqué. Selon France Info, elle avait auparavant été convoquée à Matignon pour ses propos tenus samedi. « Il faut, avait-elle déclaré, que le président Moubarak parte. Après 30 ans de pouvoir, il y a une forme d’usure et la transition démocratique doit aussi toucher l’Égypte. »

***

Des capitales étrangères se préparent à des évacuations au Caire

Les Etats-Unis et la Turquie ont annoncé dimanche que des préparatifs étaient en cours pour évacuer leurs expatriés désireux de quitter l’Egypte tandis que d’autres gouvernements recommandent à leurs ressortissants de quitter le pays ou de différer leurs projets de séjours.
Le département américain d’Etat a parallèlement annoncé une réduction de sa présence diplomatique dans la capitale égyptienne, en proie à une contestation sans précédent du régime d’Hosni Moubarak.
« L’ambassade des Etats-Unis au Caire informe les citoyens américains en Egypte désireux de partir que le département d’Etat est en train de prendre des dispositions pour fournir des moyens de transport jusqu’à des lieux sûrs en Europe », écrit l’ambassade, précisant dans un communiqué que ces évacuations se feront sur une base volontaire. A Istanbul, l’agence anatolienne de presse rapporte que les autorités ont envoyé dimanche trois avions de la compagnie Turkish Airlines en Egypte pour procéder si nécessaire à l’évacuation de leurs ressortissants.
Un avion est à destination du Caire, les deux autres ont mis le cap sur Alexandrie. Citant des sources diplomatiques à l’ambassade de Turquie en Egypte, l’agence ajoute qu’ils permettront d’évacuer les 750 ressortissants turcs établis en Egypte.
L’Inde a pareillement affrété un avion de la compagnie nationale Air India, qui a décollé à destination du Caire. L’appareil pourra transporter 380 personnes. On estime à 3.600 le nombre des expatriés indiens vivant en Egypte.
La France a lancé des messages de prudence à ses ressortissants. Dans un communiqué publié samedi, le ministère français des Affaires étrangères répertorie 9.376 résidents en Egypte, dont 5.947 au Caire. Il évalue en outre à plusieurs dizaines de milliers le nombre des touristes français actuellement en Égypte.
L’ambassadeur de France devait réunir la communauté française dimanche au lycée français de Maadi, au Caire.
La Grande-Bretagne a également renforcé son niveau d’alerte, mais assure qu’elle ne projette pas pour l’heure d’évacuer une partie de son personnel diplomatique. Le ministère belge des Affaires étrangères a lui aussi déconseillé les déplacements en Egypte mais ne juge pas nécessaire d’évacuer pour l’instant les 750 ressortissants du royaume établis en Egypte.
Au Caire, des témoins rapportent que des entreprises multinationales ont commencé à organiser des rapatriements. Deux cars ont ainsi été vus devant le siège cairote de la compagnie pétrolière italienne ENI pour évacuer les familles d’employés.
Un expatrié de la société italienne explique que sa femme et ses trois enfants vont partir. Lui entend rester. « Dans la journée, ce n’est pas un problème. C’est la nuit qu’on ne sait pas ce qui peut se passer », ajoute-t-il.
Illustration de la dégradation des conditions de sécurité qui règnent dans Le Caire, le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères a annoncé qu’un employé de son ambassade, chargé de la comptabilité, a été tué tard samedi soir alors qu’il regagnait son domicile.
Cité samedi par l’agence Interfax, le directeur de l’Agence fédérale russe du tourisme a indiqué pour sa part que les quelque 40.000 touristes russes actuellement présents en Egypte, la plupart dans les stations balnéaires de la mer Rouge, n’envisageraient pas d’écourter leurs séjours.
« Au total, la situation dans les lieux touristiques égyptiens reste calme. Les touristes en profitent normalement. Nous n’avons pour le moment pas d’inquiétude à leur sujet », a ajouté Alexander Radkov.

***

L’Egypte se prépare pour un sixième jour de révolte, Al-Jazira interdite

L’Egypte se préparait dimanche matin à une nouvelle journée de révolte qui a fait une centaine de morts en cinq jours, malgré des changements annoncés la veille à la tête du gouvernement.
La chaîne satellitaire Al-Jazira, très critiquée par les autorités pour sa couverture des manifestations, a été interdite en Egypte, a annoncé l’agence officielle égyptienne Mena. Plusieurs dizaines de personnes convergeaient tôt dimanche vers la place emblématique de Tahrir (libération en arabe) qui a connu depuis mardi des rassemblements de dizaines de milliers de personnes demandant le départ du président Hosni Moubarak, selon un photographe de l’AFP.
Quelque 200 personnes étaient sur place aux premières heures après y avoir passé la nuit.
La presse gouvernementale a changé de ton dimanche parlant de « changement » et s’acharnant notamment sur des figures du milieu des affaires proches du président Moubarak et de son fils Gamal, piliers du régime et hauts responsables de Parti national démocrate (PND) au pouvoir.
La révolte, qui en de nombreux endroits a tourné à l’émeute et dégénéré en de violents affrontements entre police et manifestants, a fait 111 morts et plus de 2.000 blessés, en majorité des civils, selon un bilan de l’AFP basé sur des chiffres de sources au sein des services de sécurité et des sources médicales.
Les manifestations ont paralysé partiellement le pays, de nombreux distributeurs de billets étaient vides, les banques et la Bourse étant toujours fermées après leur congé hebdomadaire, et deux séances clôturant sur une forte baisse mercredi et jeudi.
En outre, les examens dans les universités et les écoles ont été reportés jusqu’à nouvel ordre.
Après de nombreux pillages au Caire, soumis tout comme les grandes villes d’Alexandrie et de Suez au couvre-feu à partir de 16H00 (14H00 GMT), l’armée semblait plus présente et plus ferme dans la rue. Des comités de citoyens organisés dans les quartiers remettaient les pillards aux forces armées.
Des milliers de prisonniers se sont également évadés de plusieurs centres carcéraux à travers le pays, parmi eux des détenus de droit commun, des détenus politiques et des islamistes emprisonnés depuis plusieurs années.
Au plan politique, on attendait l’annonce d’un nouveau gouvernement au lendemain de la nomination par M. Moubarak d’un nouveau Premier ministre, Ahmad Chafic, une personnalité respectée dans les milieux politique y compris au sein de l’opposition, et d’un vice-président, pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir il y a 30 ans, Omar Souleimane, un proche du président.
Parmi les nominations les plus attendues, figure notamment celle pour le portefeuille de l’Intérieur, la police sous le ministre sortant Habib el-Adly -en poste depuis 1998-, étant accusé de tortures et d’abus.
Samedi soir, et malgré le couvre-feu, des milliers de personnes étaient massées dans les rues du Caire et dans d’autres villes après une journée marquée par des heurts meurtriers entre manifestants et forces de sécurité qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et de balles caoutchoutées.
L’armée appelée en renfort a, de son côté, demandé à la population de se protéger des pillages. Des comités de quartier, dont les membres sont armés de gourdins et de barres de fer, se sont constitués.
L’opposant le plus en vue, l’ex-chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique et prix Nobel de la paix Mohamed ElBaradei, jugeant insuffisantes les nouvelles nominations, a de nouveau appelé M. Moubarak à partir « sans délai pour le bien de l’Egypte ».
Le président américain Barack Obama a une nouvelle fois exhorté le régime de M. Moubarak, qui est le principal allié des Etats-Unis dans le monde arabe, à mettre en oeuvre des réformes et à faire preuve de retenue.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé dimanche qu’Israël voulait préserver la paix avec l’Egypte et la stabilité régionale. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a appelé à la « retenue, à la non violence et au respect des droits ».

***

« Ni Moubarak, ni Souleimane ! »

Des dizaines de milliers d’Égyptiens ont bravé le couvre-feu samedi au cinquième jour de leur sanglante révolte sans précédent contre le régime du président Hosni Moubarak, qui a nommé un vice-président, pour la première fois en 29 ans de règne, et changé de Premier ministre. Le mouvement de contestation populaire, entamé mardi et qui ne paraît pas s’essouffler, a fait au moins 102 morts, en majorité des civils, selon des sources de sécurité et médicales. La contestation a également fait des milliers de blessés, selon des sources médicales.
En soirée et malgré le couvre-feu, des milliers de personnes étaient massées dans les rues du Caire et dans d’autres villes après une journée marquée par des heurts meurtriers entre manifestants et forces de sécurité, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et de balles caoutchoutées. Peu après minuit, un millier de manifestants occupaient toujours la place de la Libération, dans le centre de la capitale, où des graffitis « Non à Moubarak ! » et « La chute de Moubarak ! » étaient tracés sur un char, selon des journalistes de l’Agence France-Presse. L’armée appelée en renfort a, de son côté, appelé la population à se protéger des pillages. Des comités de quartier, dont les membres sont armés de gourdins et de barres de fer, se sont constitués pour protéger la population des pillards dévalisant les commerces, vandalisant les maisons et semant la terreur.
L’opposant le plus en vue, l’ex-chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique et Prix Nobel de la paix Mohamed El Baradei, jugeant insuffisantes les nouvelles nominations, a de nouveau appelé Hosni Moubarak à partir « sans délai pour le bien de l’Égypte ». La communauté internationale a multiplié les appels aux réformes et à l’arrêt des violences, cependant que Hosni Moubarak, 82 ans, dont l’avenir semblait sombre, donne l’impression de vouloir s’accrocher au pouvoir. Le président américain Barack Obama a de nouveau exhorté le régime de Moubarak, qui est le principal allié des États-Unis dans le monde arabe, à mettre en oeuvre des réformes et à faire preuve de retenue.
Dans une déclaration commune, les dirigeants de France, d’Allemagne et de Grande-Bretagne ont appelé le régime à « engager un processus de changement » face aux revendications de son peuple et à éviter « l’usage de la violence ». Ces appels sont intervenus après la nomination d’un des proches de Moubarak, le chef des renseignements Omar Souleimane, aux fonctions de vice-président, premier poste du genre depuis son arrivée au pouvoir en 1981, et celle du ministre de l’Aviation, le général Ahmad Chafic, à la tête du gouvernement. Ahmad Chafic est apprécié par l’élite et l’opposition, et des analystes avaient évoqué son nom pour éventuellement succéder, en cas de vacance du pouvoir, à Hosni Moubarak qui a dirigé l’Égypte d’une main de fer en maintenant l’état d’urgence depuis 29 ans.
Les annonces de Moubarak, apparaissant en deçà des revendications de la population pour de meilleures conditions de vie – lutte contre le chômage et la pauvreté et pour la liberté d’expression -, n’ont pas entamé la détermination de la rue à le chasser. L’armée, épine dorsale du régime, présente avec ses blindés pour prêter main-forte à une police dépassée, a enjoint à la population de respecter le couvre-feu instauré au Caire, à Alexandrie et à Suez, de 15 heures à 7 heures (heure de Paris), jusqu’à nouvel ordre.
Aux cris de « Moubarak, va-t-en » ou « Celui qui aime l’Égypte ne détruit pas l’Égypte », des dizaines de milliers de manifestants, déchirant ses portraits et conspuant le nom du président, se sont rassemblés dans l’après-midi dans le coeur de la capitale malgré l’entrée en vigueur du couvre-feu. « Ni Moubarak, ni Souleimane ! » a réagi la foule. Pour Oussama, l’un des manifestants, « Souleimane est l’homme de Moubarak et cela ne reflète pas un signe de changement ».
Samedi, au moins 33 personnes ont été tuées dans les différentes villes. Vendredi, la journée a été, avec 62 morts, la plus sanglante depuis le début de la contestation inspirée par la révolte ayant chassé le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali. À Rafah et à Ismaïliya, sur le canal de Suez, les sièges de la sûreté de l’État ont été attaqués par des milliers de manifestants, et à Alexandrie (nord), plusieurs commissariats ont été incendiés. À Mansoura, sur le delta du Nil, la police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser des milliers de manifestants, et l’armée s’est déployée en soirée. Selon les services de sécurité, 60 % des postes de police du pays ont été incendiés, dont 17 au Caire.
Dans des quartiers aisés de la capitale, objet de pillages, des expatriés ont commencé à partir, craignant pour leur sécurité, soit pour l’aéroport, soit pour trouver refuge dans de grands hôtels bien protégés. En outre, les services de téléphonie mobile, coupés pour contrecarrer les manifestations, étaient partiellement rétablis. Mais l’Internet n’était toujours pas accessible. Seule note positive pour Hosni Moubarak, la « solidarité » exprimée par les dirigeants saoudien et palestinien. Face à l’escalade, la Bourse du Caire restera fermée dimanche, ainsi que les banques.

***

Emeute dans une prison au nord du Caire, évasion de milliers de prisonniers

Plusieurs milliers de prisonniers se sont évadés de la prison de Wadi Natroun, à 100 km au nord du Caire, a indiqué dimanche une source au sein des services de sécurité au 6ème jour d’une révolte contre le régime du président Hosni Moubarak.
Des milliers de prisonniers, dont un grand nombre d’islamistes détenus depuis plusieurs années, ainsi que des prisonniers de droit commun, se sont évadés dans la nuit après une émeute durant laquelle ils se sont emparés des armes des gardes de l’établissement pénitentiaire, selon la même source.

(Dimanche, 30 janvier 2011 – Avec les agences de presse)

Pétition
Non au terrorisme de l’Etat d’Israël

DE TUNIS AU CAIRE, DES PEUPLES LUTTENT POUR SE DÉFAIRE DE LEURS CHAÎNES


Égypte : Un face à face dramatique
Silvia Cattori


Les manifestants mettent le feu au siège du Parti national démocratique (PND) au Caire
(Photo : AFP)

Dimanche 30 janvier 2011

Lorsque, le 17 décembre 2010, un jeune diplômé tunisien, Mohamed Bouazizi, en proie au désespoir s’est immolé par le feu, après qu’une policière ait séquestré les maigres légumes qu’il vendait pour subvenir dignement aux besoins de sa famille, qui aurait imaginé que son geste allait bouleverser le cœur de millions de gens, embraser la Tunisie, conduire un mois plus tard à la fuite de Ben Ali et à la chute de son régime, libérer des peuples entiers de leurs peurs et les conduire à la révolte ?

Bouazizi n’est plus de ce monde. Il ne souffre plus. Paix à son âme. Mais son immense sacrifice a ouvert les portes de l’espérance à des millions de gens dans des pays où l’horizon paraîssait totalement cadenassé. Des gens qui, en Algérie, en Jordanie, au Yémen, en Egypte, ont trouvé en Bouazizi, en son geste tragique, la force d’exprimer avec courage la colère longuement accumulée contre des dirigeants honnis…

Si cette révolution – en train de s’accomplir – a pu se déployer avec cette extraordinaire ampleur, c’est bien évidemment parce que, dans de très nombreux pays arabes, le ressentiment populaire accumulé contre des régimes tyranniques et corrompus est un baril de poudre qui n’attendait que l’étincelle pour exploser.

Des millions de gens de par le monde, qui ne supportent pas l’injustice et l’ensauvagement de leurs sociétés, ont regardé avec espoir, avec inquiétude [1], avec admiration, ces rassemblements d’Égyptiens défier malgré la peur, la fatigue, les gaz asphyxiants, des policiers en uniformes noirs ou en civil, et réussir, en quelques jours seulement, à faire vaciller le régime trentenaire et brutal de Moubarak, le grand allié d’Israël.

En ce 30 janvier 2011, tous les yeux sont tournés vers ces millions d’égyptiens qui sont en train de défier le pouvoir au Caire, sur Tahir Square, et dans d’autres villes, en retenant leur souffle.

Oui, le monde retient aujourd’hui son souffle. Car, après les sacrifices consentis – des centaines de morts, des milliers de blessés graves – le régime de Moubarak, soutenu militairement par les États-Unis, pense sauver les meubles en nommant Omar Souleiman [2] comme vice-président et possible successeur. Or, cette nomination est lourde de dangers.

Il est temps que les gouvernements des grandes puissances « démocratiques » qui soutiennent ces régimes dictatoriaux rendent des comptes à leurs propres peuples. Car, sans le soutien qui leur a été fourni, au nom de la real politique, au nom de la lutte contre le « danger islamique », ces dictateurs n’auraient jamais pu régner durant des décennies et mâter leurs peuples.

Des grandes puissances qui, faut-il le rappeler, n’ont officiellement que la défense des droits de l’Homme et la « démocratie » à la bouche, mais qui s’empressent de liquider la démocratie ou de la mettre en quarantaine quand elle ne produit pas le résultat qui leur convient.

Comme nous l’avons vu en 1992, lorsque l’armée algérienne, soutenue par les pays occidentaux, a interrompu – avec toutes les conséquences douloureuses qui s’en sont suivies pour le peuple algérien [3] – le processus électoral qui avait vu le Front Islamique du Salut arriver en tête du premier tour des législatives du 26 décembre 1991.

Comme nous l’avons vu avec la mise à l’écart du Hamas par ces mêmes gouvernements occidentaux, quand celui-ci a remporté les élections législatives du 26 janvier 2006 à la suite d’un scrutin reconnu comme parfaitement honnête.

Nous avons vu, nous voyons, tout cela se dérouler emplis de dégoût et de honte.

La colère est grande, également en Occident, dans le cœur des gens qui n’acceptent pas de voir des autorités manipuler l’opinion et des journalistes mentir, au sujet des vrais enjeux de notre temps.

La propagande visant à susciter la peur en brandissant la « menace de l’intégrisme islamique » ne convainc plus. C’est pourquoi ceux qui veulent comprendre quels sont les vrais enjeux, savent en ce moment aller trouver des informations non filtrées sur Al-Jazeera ou PressTV [4], n’en déplaise aux détracteurs de ces chaînes.

Aujourd’hui, des milliers de gens de par le monde, communiquent, s’engagent de manière volontaire pour contrer la désinformation et écrire, traduire, diffuser inlassablement sur la toile une contre-information. Et travaillent d’arrache pied pour construire des réseaux de solidarité avec des peuples bâillonnés et leur dire : votre combat est le nôtre.

Les gens ne sont pas dupes. Ils regardent avec dégoût les propagandistes amis d’Israël, se livrer à des manipulations pour tromper l’opinion publique, crier au scandale, comme cela s’est passé en juin 2009, quand le président iranien Ahmadinedjad a été réélu pour un second mandat avec 62,6% des suffrages exprimés [5] et que le candidat, soutenu par les États Unis, la France, la Grande Bretagne, a perdu. Or ces agitateurs (comme, en France, BHL et Alexandre Adler) et ces États en guerre contre le monde arabo musulman, nous ne les avons jamais vu broncher à l’annonce des scores faramineux obtenus par Hosni Moubarak lors de ses réélections successives, ni devant la scandaleuse manipulation des élections législatives égyptiennes de novembre-décembre 2010 [6].

Si les États-Unis sont le principal soutien financier et militaire du régime d’Hosni Moubarak – considéré avec la Jordanie comme le plus sûr allié d’Israël – la France n’est plus en reste depuis l’arrivée à l’Elysée de Nicolas Sarkozy. En visite officielle au Caire en décembre 2007 il déclarait :

« Je voudrais d’abord dire combien je suis heureux d’être en Egypte, à côté du président Moubarak. C’est notre troisième rencontre, puisque je l’avais reçu à Paris au mois d’août, j’ai eu l’occasion d’avoir un long entretien avec lui à Charm el-Cheikh et un entretien aujourd’hui. Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, s’est lui-même rendu à deux reprises déjà en Egypte. C’est dire combien la France considère le rôle de l’Egypte essentiel et le rôle du président Moubarak capital, non seulement pour les dossiers de la région qu’il connaît parfaitement mais pour cette question essentielle pour l’avenir du monde d’un dialogue entre l’Orient et l’Occident qui est une question absolument fondamentale.

Je voudrais dire au président Moubarak combien j’apprécie son expérience, sa sagesse et la vision modérée qui est la sienne sur les grands dossiers où il privilégie le dialogue, le consensus, la rencontre dans une région qui a besoin de paix et qui n’a pas besoin de guerre. L’Egypte est, pour la France, un partenaire essentiel et le président Moubarak est, pour nous, un ami.
(…)
J’ai toujours pris mes responsabilités, je soutiens un gouvernement qui lutte contre le terrorisme et j’ai dit au président Moubarak que nous avions besoin de dirigeants de grandes nations comme la nation égyptienne qui soient des dirigeants modérés, non pas dans leur amour de l’Egypte, mais dans la compréhension des problèmes de la région. La France, elle, sera du côté de ceux qui luttent contre le terrorisme et la barbarie. (…) ». [7]

Lors de sa conférence de presse depuis le Palais de l’Elysée en janvier 2008, Nicolas Sarkozy avait été encore plus clair : « Il faut aider monsieur Moubarak en Egypte, (…) parce que, qu’est-ce qu’on veut là-bas, les frères Musulmans ? » [8]

Comme pour la Tunisie, la stratégie qui consiste à susciter la peur du « terrorisme » islamique, a rendu les dirigeants occidentaux aveugles à la souffrance et à la réelle aspiration de liberté de ces peuples.

Ils n’ont rien vu venir.

Ils n’ont pas compris qu’aujourd’hui, dans de nombreux pays, beaucoup de gens n’achètent plus les journaux, ne font plus aucune confiance aux journaux télévisés, ne sont plus aussi perméables à la version officielle de l’histoire déversée par les médias de l’establishment et trouvent sur Internet une information libre.

Tel Aviv veut croire à la survie du régime Moubarak : « Nous assistons à un tremblement de terre au Moyen-Orient. Mais nous croyons que le régime est assez fort et que l’Egypte va surmonter la vague actuelle de manifestations (…) Il est dans l’intérêt fondamental de l’Egypte de maintenir ses rapports privilégiés avec l’Occident, et le maintien de la paix avec Israël s’inscrit dans cette optique » déclarait un ministre du gouvernement Netanyahu qui a requis l’anonymat [9]. Mais, signe de son inquiétude, Benjamin Netanyahou a maintenant demandé à ses ministres de ne pas faire de commentaires aux médias au sujet de ce qui se passe en Égypte.

Compte tenu de l’importance majeure de l’Égypte sur l’échiquier moyen-oriental, et compte tenu des moyens de répression de ce régime qu’Israël a grandement contribué à renforcer, à l’aide d’un grand nombre de conseillers et d’agents secrets, l’épreuve de force engagée sera, comme on le voit et on le déplore, beaucoup plus dure qu’elle ne l’a été jusqu’ici en Tunisie.

Car, comme l’avait ingénument avoué le vice-premier ministre israélien Silvan Shalom, « un monde arabe démocratique (…) serait gouverné par une opinion publique généralement opposée à Israël. » [10].

[1] Des témoins ont rapporté avoir vu des policiers participer à des pillages. Ces provocateurs, sans doute envoyés par le régime, servent à faire peur et permettre à Moubarack de dire que les opposants sont des vandales qui « détruisent ce qu’il a construit ».

[2] Omar Souleiman, est considéré comme un assassin, un tortionnaire qui inspire la terreur absolue, également aux yeux des Palestiniens qui s’opposent à l’occupant israélien et à la direction de Ramallah. Lié au Mossad il a contribué à la liquidation de nombreux patriotes Palestiniens.
On se doute bien que la mise en place des futurs dirigeants égyptiens ne se fera qu’avec l’accord de Washington et de Tel Aviv, car pour les Etats-Unis et Israël, le problème est de savoir si les accords de Camp David vont survivre ou non au changement de dictateur. Si non, cela signifie la fin du blocus de Gaza et la Révolution en Jordanie. Il y aurait alors un très grave risque d’intervention US et de guerre générale.

[3] Voir : « Algérie : Les années de sang et les complicités de la France – Entretien avec Lounis Aggoun », par Silvia Cattori, 15 octobre 2010.

[4] Comme en témoignent encore, il y a quelques jours, les informations capitales divulguées par Al-Jazeera sur les dessous du prétendu « processus de paix » israélo-palestinien. Voir :
« Proche-Orient : Des documents secrets révèlent la lente mort du processus de paix », 24 janvier 2011.

[5] Contre 33,7% à son principal opposant Mir Hossein Moussavi, la participation s’élevant à 85%.
Voir aussi à ce sujet : « Iran : Le bobard de l’ “élection volée” », par James Petras, 19 juin 2009.

[6] Voir : « Les États-Unis sont responsables de la farce électorale égyptienne », par Khalid Amayreh, 1er décembre 2010.

[7] « VISITE OFFICIELLE EN EGYPTE POINT DE PRESSE CONJOINT DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, M. NICOLAS SARKOZY, ET DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ARABE D’EGYPTE, M. HOSNI MOUBARAK
PROPOS DE M. SARKOZY », 30 décembre 2007.

[8] À propos de ces commentaires, Youssef Nada – financier et opposant politique égyptien, condamné in absentia et sans fondement par un Tribunal spécial militaire sur ordre d’Hosni Moubarak – nous disait lors d’un entretien en été 2008 : « Si M. Sarkozy dit qu’il soutient Moubarak, très bien, cela indique qu’il aime la dictature. Cela veut dire que c’est son opinion sur la démocratie ; qu’est-ce que je puis dire d’autre ? ».
Voir : « L’incroyable histoire de Youssef Nada », par Silvia Cattori, 13 juin 2008.

[9] Voir : « Egypte : Israël parie sur le maintien du régime Moubarak », almanar.com.lb, 27 janvier 2011.

[10] Voir : « Israel dreading a democratic Arab world » (« Israël redoute un monde arabe démocratique »), par Saleh Naami, ahramonline, 15 janvier 2011.

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑