Rappel : cet après-midi


Manifestation
Solidarité avec les peuples du Maghreb et du monde arabe.
Dimanche 6 février 2011
Départ de la Gare du Nord
Gare du Nord, sortie WTC (esplanade) à 14h
pour se diriger vers la Gare du Midi.

– Pour un Maghreb démocratique et respectueux des droits politiques, civils, sociaux, culturels et religieux de ses peuples.

– Pour un soutien total aux mouvements populaires, contestataires et autonomes auxquels la jeunesse participe massivement.

– Pour la libération de tous les prisonniers politiques d’aujourd’hui et d’hier. Nous réclamons que les responsables de la répression soient traduits en justice. Nous demandons aux autorités belges et européennes de prendre position et de s’exprimer publiquement sur les répressions en cours dans le Maghreb et dans le monde arabe. Leur silence vaudrait complicité voire approbation et chacun saurait s’en souvenir.

– Pour le soutien aux revendications des manifestations : «du travail pour tous», «une répartition des richesses entre tous et tous», «l’arrêt de la corruption et du népotisme». Sinon : «Dégagez !»

– Pour une réelle prise en compte de la précarité. L’accès des citoyennes et citoyens aux services publics de qualité, le droit à la santé, au logement, à l’enseignement, à la formation et l’accès à l’information, là-bas et ici !


Premiers signataire : ÉGALITÉ, Mouvement Citoyen Palestine, Solidarité Europe Tunisie,Désobéissance Civile Belgique (DCB), LCR (Ligue Communiste Révolutionnaire)-SAP (Socialistische Arbeiderspartij),Pas touche au Venezuela, Vonk/Unité Socialiste’, Vlaams-Socialistische Beweging (V-SB)/Mouvement pour une Flandre indépendante et socialiste, Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde ( CADTM ), Ligue Arabe Européenne / Arabisch Europese Liga (AEL),Vrede vzw,Internationale Socialisten (groep),CLEA (Comité pour la Liberté d’Expression et d’Association), The BRussellsTribunal, Unie van Arabische Studenten in Europa/ Union of Arab Students in Europe,Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie, Comité voor een andere politiek (Cap),Front du 14 Janvier, collectif des militants du Maroc de l’Immigration d’Action et de lutte,La JOC de Liège , Divers&Actief,Socialisme 21,Collectif des Immigrés Opprimés de Belgique (EGK),ABP Liège, Parti Humaniste, Jeunes anticapitalistes (JAC) ,Organisation de Communiste Marxiste-Léniniste en Belgique, De Unie van Arabische Studenten in Europa (UvAS), Comité Verviers Palestine,  Boeh!, UPJB

 

Les régimes arabes toujours plus aux abois


LOOS,BAUDOUIN

Mardi 1er février 2011

Un effet domino ? Une traînée de poudre ? Depuis la chute du Tunisien Ben Ali le 14 janvier, la grande question que tout le monde se pose est de savoir si d’autres régimes arabes s’apprêtent à subir le même sort funeste. L’Egypte, en plein tumultes révolutionnaire, aura été le premier pays à suivre la voie. Et les autres ?

Maroc

Le royaume chérifien présente des similitudes avec l’Egypte et la Tunisie : corruption généralisée, passe-droits, misère sociale, diplômés chômeurs, façade démocratique qui ne trompe personne même si la presse est assez libre (sauf si elle dépasse des lignes rouges bien précises). Mais le roi Mohammed VI jouit d’une aura particulière, il est populaire et porte aussi une charge religieuse non négligeable : il est l’« amir el-mouminine » (commandeur des croyants). Moulay Hicham, le cousin « gauchiste » du roi, a pourtant estimé lundi que « presque tous les systèmes autoritaires seront affectés par la vague de protestation, et le Maroc ne sera probablement pas une exception ». Des médias espagnols et français avaient annoncé ce lundi que des troupes marocaines avaient été rapatriées du Sahara occidental vers Casablanca pour parer à toute insurrection. Le ministre marocain des Affaires étrangères a appelé son homologue espagnol pour lui signifier l’« indignation » du Maroc face à ces « fausses nouvelles ». Il y a eu quatre tentatives d’immolation par le feu depuis le 21 janvier au Maroc, en miroir du suicide de Mohammed Bouazizi, héros de la révolution tunisienne.

Algérie

Riche de ses ressources en hydrocarbures, l’Algérie ressemble pourtant en permanence à un volcan social. Le régime, d’obédience militaire, corrompu, injecte des subventions dans le tissu social (logements neufs, par exemple), mais jamais assez pour prévenir des émeutes ponctuelles qui éclatent régulièrement. Le parlement est réduit à un rôle passif tandis que la presse privée, diverse, joue un rôle de soupape. Elément spécifique : la « sale guerre » de 1992 à 1999 (200.000 morts) joue un effet repoussoir pour les Algériens. Mais des manifestations importantes ont eu lieu pendant les événements en Tunisie, dont cinq jours d’émeutes qui firent cinq morts. Depuis le 12 janvier, il y a eu neuf tentatives d’immolation par le feu en Algérie, dont deux décès.

Libye

Peu ou pas de liberté au pays du colonel Kadhafi qui a en revanche le double avantage – immense – d’être peu peuplé (4 millions d’habitants) et riche de ses hydrocarbures, lesquelles permettent des subventions pour apaiser les tensions éventuelles. Selon les rares informations en provenance de Tripoli, le régime avait vu la chute de Ben Ali, ami intime, d’un très mauvais œil. Si Kadhafi et Moubarak ne s’apprécient guère, le premier a toutes les raisons de ne pas se réjouir des ennuis du second. Le très fantasque colonel a pris le pouvoir en… 1969, c’est dire s’il connaît l’usure du pouvoir.

Soudan

Affaibli par la future indépendance du sud du pays et par son inculpation par le Tribunal pénal international, le président Omar el-Béchir dirige un régime autoritaire dominé par l’armée et en proie à d’immenses problèmes socio-économiques. Corruption et chômage érodent peu à peu le pouvoir, qui n’hésite pas à employer la manière forte. Le 17 janvier, le chef de l’opposition islamiste Hassan al-Tourabi a été arrêté. Son tort ? Avoir déclaré qu’une révolte semblable à celle que la Tunisie venait de connaître était « probable » au Soudan, et, avait-il ajouté, « si cela ne se produit pas, il y aura un bain de sang, car le pays entier est armé ». Début janvier, un homme s’est immolé par le feu.

Golfe

A l’exception notable du Koweït, qui dispose d’un parlement élu, les richissimes pétromonarchies – Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Qatar, Barhein, Oman –, n’ont aucun rapport avec la démocratie. C’est le roi ou le prince qui décide. Les sujets sont souvent minoritaires chez eux, moins nombreux que la population de travailleurs subalternes en général asiatiques. Si des risques de débordements populaires paraissent exclus en principe, cela n’empêche pas les régimes de s’inquiéter des ennuis de MM. Moubarak et Ben Ali, des amis de toujours.

Yémen

Avec son régime autoritaire, corrompu et très pauvre, le Yémen fait pâle figure. De délicats équilibres tribaux rendent cependant la lecture de la carte politique locale bien complexe. Le président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 1978, aurait voulu le transmettre à l’un de ses fils. Une contestation inhabituelle, surtout estudiantine, s’est développée ces dernières semaines, qui pourrait déstabiliser le régime si elle persiste et enfle. Au moins trois tentatives d’immolation par le feu et un décès ont eu lieu au Yémen en janvier.

Territoires

palestiniens

Le président Mahmoud Abbas vit mal les soubresauts égyptiens : à l’instar de Moubarak qui craint les Frères musulmans comme la peste, le président palestinien souffre de la concurrence du Hamas, qui ne manque pas de dénoncer ses accointances avec les Israéliens et avec les Américains. Un basculement de l’Egypte représenterait un événement lourd de menaces pour le pouvoir d’Abbas et son parti, le Fatah.

Liban

Dans l’univers politique très fragmenté du Liban, les soulèvements populaires ne sont pas de mise. Le souvenir de la guerre civile entre 1975 et 1991 et ses 120.000 morts reste dans tous les esprits. Par contre, chacun des camps lit et interprète les développements en Egypte selon son optique. Le Hezbollah chiite doit se réjouir de l’affaiblissement de l’axe pro-occidental, alors que les sunnites doivent s’en inquiéter, tout comme les chrétiens même s’ils sont divisés.

Syrie

Le président Bachar el-Assad estime que son pouvoir n’est pas menacé, il l’a dit au Wall Street Journal lundi : « Nous avons des circonstances plus difficiles que la plupart des pays arabes, mais malgré cela, la Syrie est stable. Parce qu’il faut être très proche des croyances de la population ». Mais le régime dictatorial local connaît aussi la corruption et les injustices sociales, sans parler de l’absence criante de libertés couplée à une répression de même ampleur.

Jordanie

Mine de rien, le beau royaume de Jordanie est aussi un Etat policier et corrompu, dont la représentation parlementaire donne une image fausse de la réalité (les citoyens d’origine palestinienne, majoritaires, sont sous-représentés). La royauté est respectée et appréciée pour la stabilité qu’elle prodigue au pays, même si, à l’instar de la situation égyptienne, la paix avec Israël (signée en 1992) reste des plus impopulaire. Trois grandes manifestations ont eu lieu récemment pour protester contre la cherté de la vie et réclamer la chute du gouvernement. Y participèrent des Bédouins, considérés comme le socle du régime. les Frères musulmans locaux ont affirmé ne pas vouloir la chute de la royauté, mais ont émis une pétition réclamant notamment la démission du gouvernement, l’amendement de la loi électorale, la formation d’un gouvernement de salut national et l’élection du Premier ministre.

Irak

L’Irak de l’après-Saddam réapprend seulement à vivre, alors que ses divisions ethnico-religieuses sont apparues au grand jour et de manière singulièrement sanglante entre 2005 et 2008. La corruption, là aussi, a pris des proportions ahurissantes. Le pouvoir central doit encore donner la preuve de son existence à une population épuisée qui a connu guerres, invasion et embargo depuis 1980.

source

Médias israéliens et révolution égyptienne…


… «Tirez sur les manifestants!»

Fouad Ben Eliezer (Parti travailliste) ne comprend pas ce qui est arrivé, et sur toutes les stations de radio il étale son embarras. Qu’est-il arrivé à son ami Hosni Moubarak? Pourquoi n’a-t-il pas donné l’ordre aux militaires de tirer sur les masses et ainsi de mettre fin aux «émeutes»?, tels sont ses propres mots. Compte tenu de sa relation amicale avec le dictateur égyptien, Ben Eliezer est devenu ces derniers jours un analyste éminent des affaires égyptiennes, seulement cette fois, il avoue, par une modestie qui lui est peu coutumière, que tout simplement il ne comprend pas: quelques centaines de morts de plus et tout reviendrait à la normale.

La vérité est que non seulement Ben Eliezer n’a aucune vision et ne comprend rien, mais en Israël tous les «analystes des affaires arabes» et «spécialistes sur les questions du Moyen-Orient» – tous des diplômés des services de renseignements militaires israéliens ou du Mossad – sont bien obligés d’admettre leur ignorance. Une fois encore, nous avons été surpris, comme nous sommes surpris à chaque fois: surpris par le franchissement du Canal de Suez en 1973, surpris par la résistance palestino-libanaise en 1982, par la ténacité du Hezbollah en 2006, par la victoire du Hamas aux élections palestiniennes et ainsi de suite.

Dans ses propos, Ben Eliezer est le reflet de la presse israélienne qui, immédiatement, a pris position: tous avec les forces de l’ordre, contre le mouvement populaire même si, comme en Tunisie, cela veut dire le peuple tout entier. Les masses arabes sont toujours l’ennemi, et les régimes, des partenaires. Le fait que ces régimes soient des régimes autoritaires, meurtriers et corrompus n’est pas du tout vu comme un inconvénient, mais comme le témoignage de leur capacité bienvenue à maîtriser leur population. Pour dire simple: alors que les masses arabes ne sont qu’une horde, un troupeau de sauvages surexcités, leurs dirigeants sont les garants de l’ordre, même si parfois, Israël est contraint d’aller leur faire la guerre.

Autre surprise, et cette fois pour les élites politiques et intellectuelles du monde entier, et pas seulement pour Ben Eliezer et nos «commentateurs»: les masses populaires, du Maroc à l’Iraq, de la France à la Bolivie, n’ont pas lu «La Fin de l’Histoire» de Fukuyama, et si jamais elles l’ont lue, elles ont refusé de quitter le cadre de l’histoire: quand elles sont piétinées, poussées à la famine ou humiliées – tôt ou tard, elles se soulèvent et chassent les dictateurs corrompus et arrogants. Même si elle est retardée, la révolution finira par éclater. Pour s’en sortir, mais pas obligatoirement pour gagner, il n’est pas inconcevable que Moubarak écoute les conseils de la presse israélienne et du général Ben Eliezer, et qu’il ordonne aux militaires d’écraser le soulèvement dans le sang.

On peut déjà deviner quel sera le thème de la prochaine étape de la presse et de la campagne de propagande de nos journalistes experts: Al Qaïda. Les dictatures de Ben Ali et Moubarak sont justifiées car elles font barrage à l’Islam militant et derrière les manifestations populaires, on ne trouve pas moins que Ben Laden. Zvi Barel (Ha’aretz, 30 janvier) est l’un des rares journalistes à réfuter l’argument que les Frères musulmans seraient au centre du soulèvement égyptien. Il souligne que leur slogan n’est pas «Allah Akhbar» mais, «A bas le dictateur, A bas la corruption». Ainsi, en Tunisie, le parti islamique Al Nahda n’a pas joué de rôle dans l’insurrection, ne serait-ce que parce qu’il a encore à se remettre de la répression cruelle de Ben Ali et de ses bandes.

Ce ne sont ni Al-Qaïda, ni les Frères musulmans qui sont derrière les masses en colère au Caire, à Rafah ou à Suez, mais trente années de régime autoritaire, d’oppression, de pauvreté. Tant que les journalistes et les politiciens israéliens n’arriveront pas à le comprendre, ils continueront à se faire surprendre à chaque fois que les masses (un mot «archaïque» depuis longtemps sorti de leur dictionnaire) prendront leur destinée entre leurs propres mains.

Michel Warschawski
30.01.11
Traduit de l’hébreu en anglais par AIC (Alternative Information Center)
Traduit de l’anglais par JPP pour:
http://www.protection-palestine.org/spip.php?article10029

La police de Sarkozy réprime la solidarité avec l’Egypte !


Olympe Naularis

 

Mardi 1er février 2011

Alors que les manifestations au Caire contre le régime de Moubarak continuent de braver le couvre-feu, la police et l’armée (qui ont déjà fait 125 morts), les Egyptiens de Paris s’étaient donné rendez-vous, samedi après-midi, devant leur ambassade, pour un rassemblement de soutien à leurs compatriotes. Malgré la posture diplomatique du gouvernement français, qui n’a de cesse d’appeler au « calme » et à la « retenue », ce rassemblement s’est terminé dans le sang et par une centaine d’arrestations. Motif des CRS : personne n’avait déposé de demande d’autorisation de manifester.

C’est une véritable rafle qui s’est déroulée samedi soir sur les Champs Elysées, à la fin du rassemblement de soutien aux Egyptiens. Tout avait pourtant bien commencé : à l’appel de collectifs, 500 personnes s’étaient réunies dès 14h devant l’ambassade d’Egypte, dans le 8ème arrondissement de Paris, pour protester contre la dictature de Moubarak. A quelques mètres de l’ambassade, pas de « casseurs » ni de « jeunes excités », mais des familles égyptiennes, des Tunisiens et des militants politiques venus dire leur solidarité avec les populations du Caire, d’Alexandrie, d’Algérie et de Gaza.

Beaucoup de manifestants étaient surtout venus s’échanger des informations sur la situation en Egypte, les communications téléphoniques et internet étant coupées depuis plusieurs jours sur décision du gouvernement égyptien. Les uns criaient « Moubarak dégage ! », les autres chantaient, certains grimpaient aux arbres pour y accrocher des drapeaux sous les ovations de leurs camarades, tandis que d’autres brûlaient une petite photo de Moubarak imprimée sur une feuille format A4, et tout le monde se félicitait de ce « souffle de liberté » venu du monde arabe. Une ambiance plutôt bon enfant, en somme.

Beaucoup de policiers

La présence d’une demi-douzaine de voitures de police et de quelques cars de police aux alentours du métro Kleber, ainsi que le barrage dressé entre eux et leur ambassade par huit camions de CRS, n’avaient pas l’air de gêner les manifestants. Aucune insulte, aucun affrontement, aucun incident ne s’est produit : les Egyptiens n’étaient pas là pour manifester contre le gouvernement. Certains se sont même demandés ce qu’Olivier Besancenot faisait là, avec eux. « On est venus dire notre solidarité, nous aussi, même si on est pas égyptiens », leur ont répondu des militants du NPA.

Ni armés, ni en colère, ni énervés, les Egyptiens n’étaient pas venus en découdre. Au contraire même. Désireux de ne surtout rien faire qui pourrait froisser la police française, ils ont hésité longtemps avant de partir en manifestation ; ils voulaient être sûrs que cela ne « gênerait pas la police ». Vers 17h, finalement, ils ont formé un cortège. Le temps qu’ils prennent cette décision, les rangs s’étaient considérablement vidés : certains étaient partis vers le métro Ternes, les autres vers Monceau, beaucoup étaient rentrés chez eux à cause du froid. La plupart des militants politiques, notamment, étaient partis. Ne restaient que des Egyptiens et des Tunisiens, qui se sont dirigés vers le seul côté de la rue qui n’était pas bloqué par la police.

Une souricière en plein milieu des Champs Elysées

Un cortège de 200 personnes s’est donc mis en route vers les Champs Elysées, qu’il a descendu sans encombre jusqu’au milieu de l’avenue, dépassant la station Georges V. Au fur et à mesure, les derniers militants politiques quittaient le cortège pour rejoindre le métro, mais les Egyptiens, eux, gagnés par l’effervescence de leur pays, ne pensaient pas à rentrer chez eux.

Au moment où il est devenu évident qu’il n’y avait plus de Blancs dans la manifestation, des dizaines et des dizaines de policiers ont surgi, encerclant les manifestants à la hauteur de la rue Quentin Bauchart. Pendant une trentaine de minutes, les CRS sont restés immobiles, resserrant les rangs des manifestants, empêchant les gens de se disperser, de repartir ou de sortir de la manifestation. Lorsque les manifestants ont commencé à montrer des signes d’impatience, les CRS leur ont envoyé du gel lacrymogène, qui contrairement au gaz ne s’évapore pas : il imprègne la peau ou les vêtements, « optimisant » la sensation de brûlure et la gêne respiratoire.

Au moins 5 blessés et une centaine d’arrestations

Etouffant et toussant, les manifestants ont essayé de sortir de cette souricière, mais les policiers les ont contenus à coups de matraque, dans le dos, les jambes et les bras. Au fur et à mesure que la police avançait ou reculait (selon les endroits), on pouvait voir des manifestants au sol : un premier recevait des coups de pieds de la part d’un policier dans la tête et avait le visage en sang, il ne bougeait plus. Un deuxième était visiblement inanimé, une fille à genoux à côté de lui le secouait. Un troisième était au sol, saisi de convulsions. Les policiers arrêtaient les manifestants à tour de bras et le cordon qu’ils formaient rendait la visibilité quasi nulle : impossible de dire combien il y a avait de blessés.

Mais rapidement, les pompiers se sont trouvés débordés. Leurs camions étant trop petits pour faire monter tous les blessés, les policiers ont réquisitionné le magasin Toyota des Champs Elysées pour en faire un hôpital de fortune. Vers 20h un cordon de CRS s’est installé devant le magasin (qui est entièrement vitré) pour qu’on ne puisse pas voir ce qui se passait à l’intérieur. Les blessés ont ensuite été évacués vers l’hôpital Bichat, tandis que les personnes arrêtées étaient transportées au commissariat. Au total, sur les Champs Elysées et sur la place des Ternes, la police a procédé à 97 arrestations. Pour contrôle d’identité, puisqu’aucun manifestant n’a commis de délit.

Les CRS expliquent leur intervention

Vers 21h, des militants du NPA qui avaient assisté à toute la scène, ont pu communiquer les adresses des commissariats où étaient retenus les manifestants. Un rassemblement de soutien s’est formé spontanément devant le commissariat du 18ème arrondissement. D’après un responsable du commissariat, 97 personnes ont été arrêtées, puis relâchées vers 22h30. Toujours d’après la police, il n’y a pas eu de blessés. Et le motif des ces arrestations et de la charge des CRS, expliqué par un porte-parole de la police, est le suivant : personne n’avait déposé au préalable de demande d’autorisation pour une manifestation et aucun parcours n’avait été déposé auprès de la préfecture de police.

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Dernières mises à jour


Source : NPA
http://www.npa2009.org/…

jeudi : Nouveaux heurts meurtriers sur la place Tahrir au Caire


Rédaction en lignejeudi 03 février 2011, 07:08 

De nouveaux affrontements sur la place Tahrir au Caire, coeur de la contestation contre le président égyptien depuis 10 jours, ont fait jeudi matin trois morts au moins et plusieurs blessés, portant le bilan des heurts entre pro et anti Hosni Moubarak à six morts et des centaines de blessés.

Washington a immédiatement réagi à ces nouveaux affrontements et le Département d’Etat a pressé les Américains qui souhaitent quitter l’Egypte de se rendre « immédiatement » à l’aéroport du Caire, prévenant que les « vols américains supplémentaires après jeudi sont improbables ».

La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, dans un appel téléphonique au vice-président égyptien Omar Souleiman, a condamné les « choquants » affrontements sanglants de la veille au Caire.

Sur la place Tahrir (place de la libération), des tirs sporadiques ont commencé à se faire entendre vers 04H00 (02H00 GMT) jeudi et étaient toujours audibles une heure plus tard, a indiqué un correspondant de l’AFP sur place.

Selon des témoins, trois personnes ont été tuées par des coups de feu tirés contre des manifestants hostiles au régime. Des tirs en provenance du pont d’Octobre, où sont positionnés les partisans du président Hosni Moubarak, ont par ailleurs fait de nombreux blessés, selon ces témoins.

L’Alliance des juristes égyptiens a déclaré de son côté dans un communiqué que les manifestants anti-Moubarak sur la place étaient sous le feu de leurs adversaires et que plusieurs d’entre eux avaient été tués ou blessés.

L’armée s’était déployée en masse dans la soirée aux alentours de la place, immense esplanade dans le centre du Caire, devenue depuis le 25 janvier le point de ralliement des manifestants anti-Moubarak, qui y campent par milliers chaque nuit malgré le couvre-feu.

Mercredi soir, le vice-président Omar Souleimane avait appelé les manifestants à rentrer chez eux, comme l’avait fait l’armée en milieu de journée, prévenant que le dialogue proposé à l’opposition ne pouvait débuter avant l’arrêt des manifestations.

Dans une interview à CBS News, le chef de file de l’opposition égyptienne, Mohamed ElBaradei a rejeté une fois de plus l’offre de dialogue de M. Souleimane, insistant sur le fait qu’Hosni Moubarak doit d’abord quitter le pouvoir.

Le mouvement de contestation a appelé à une nouvelle manifestation massive vendredi, baptisée « vendredi du départ », dans laquelle elle entend réunir comme mardi plus d’un million de personnes, malgré la promesse de M. Moubarak de s’effacer à la fin de son mandat en septembre.

Les Frères musulmans, principale force d’opposition, ont rejeté « toutes les mesures partielles proposées » par le président et refusé qu’il reste en poste jusqu’en septembre.

Selon le ministère de la Santé, cité par la télévision d’Etat, trois personnes, dont un appelé de l’armée, ont été tuées et plus de 639 blessées, la plupart par des jets de pierres, dans les affrontements de mercredi.

Mercredi matin, des milliers de partisans du chef de l’Etat étaient arrivés aux abords de la place. Après des heures de tensions, des heurts d’une extrême violence ont éclaté, à coups de pierres, de bâtons, de barres de fer et parfois de couteaux et de coktails molotov.

Par endroits, les partisans du président ont chargé, montés sur des chevaux ou des dromadaires. Ils ont aussi jeté des pierres depuis des toits et des balcons d’immeubles surplombant la place.

A l’exception de tirs de semonce en début d’après-midi, les militaires ne se sont pas interposés, tentant plutôt de s’abriter.

« Ce qu’on voit devant nous n’est jamais arrivé auparavant. Des accrochages entre Egyptiens, c’est la guerre civile », a déploré Mohamed Sayed Mostafa, 26 ans.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a jugé « inacceptables les attaques contre des manifestants pacifiques » et appelé à une « transition dans l’ordre et le calme ».

Hillary Clinton a demandé une enquête sur les violences. Et son porte-parole, Philip Crowley, a déclaré que les Etats-Unis « espéraient » que l’Egypte garderait à l’avenir « un rôle constructif » dans le processus de paix au Proche-Orient.

Mohamed ElBaradei a cherché sur CBS News à apaiser les craintes occidentales selon lesquelles l’Egypte risquerait de se retourner contre les Etats-Unis et de s’opposer à Israël.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a mis mercredi en garde contre le risque que la révolte populaire en Egypte ne débouche sur une période « d’instabilité et d’incertitude pendant de nombreuses années » dans la région.

« Le temps est venu pour le président Moubarak de démissionner », a déclaré pour sa part le sénateur américain John McCain, après un entretien avec M. Obama.

Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates s’est à nouveau entretenu mercredi par téléphone avec le ministre de la Défense égyptien, Mohamed Hussein Tantaoui, de la situation en Egypte, a annoncé son porte-parole, Geoff Morrell.

Selon un bilan non confirmé de l’ONU, les heurts de la première semaine de contestation auraient fait au moins 300 morts et des milliers de blessés.

AFP

Venez avec des drapeaux tunisiens, égyptiens et palestiniens

  • Stop aux ingérences impérialistes américaine et européenne dans la région!
  • Eviction des dignitaires, confiscation et restitution des biens spoliés au peuple!

 

Rendez-vous vendredi 4 février

à 14h30 sur la Place du Luxembourg

à 16h30 sur les marches de la Bourse

Cet appel est soutenu par (liste provisoire): La Voie démocratique (Maroc), Comité de soutien à l’AMDH en Belgique, Viva Palestina, LCR, PSL-LSP, EGA/ALS, M-Amazigh, PTB-PVDA, COCABE, Intal, PADS, PCOT-Belgique, Front du 14 janvier-Belgique, Egyptians in Belgium, CAP, PH, Front des Gauches

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Manifestation


Solidarité avec les peuples du Maghreb et du monde arabe.

Dimanche 6 février 2011

Départ de la Gare du Nord à 14h pour se diriger vers la Gare du Midi.

ÉGALITÉ, Mouvement Citoyen Palestine, Solidarité Europe Tunisie,Désobéissance Civile Belgique (DCB), LCR (Ligue Communiste Révolutionnaire)-SAP (Socialistische Arbeiderspartij),Pas touche au Venezuela, Vonk/Unité Socialiste’, Vlaams-Socialistische Beweging (V-SB)/Mouvement pour une Flandre indépendante et socialiste, Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde ( CADTM ), Ligue Arabe Européenne / Arabisch Europese Liga (AEL),Vrede vzw,Internationale Socialisten (groep),CLEA (Comité pour la Liberté d’Expression et d’Association), The BRussellsTribunal, Unie van Arabische Studenten in Europa/ Union of Arab Students in Europe,Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie, Comité voor een andere politiek (Cap),Front du 14 Janvier, collectif des militants du Maroc de l’Immigration d’Action et de lutte,La JOC de Liège ,Divers&Actief,Socialisme 21,


Saïdi Nordine
Porte Parole d’ ÉGALITÉ

GSM : 0476/84.19.69
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