jeudi : Nouveaux heurts meurtriers sur la place Tahrir au Caire


Rédaction en lignejeudi 03 février 2011, 07:08 

De nouveaux affrontements sur la place Tahrir au Caire, coeur de la contestation contre le président égyptien depuis 10 jours, ont fait jeudi matin trois morts au moins et plusieurs blessés, portant le bilan des heurts entre pro et anti Hosni Moubarak à six morts et des centaines de blessés.

Washington a immédiatement réagi à ces nouveaux affrontements et le Département d’Etat a pressé les Américains qui souhaitent quitter l’Egypte de se rendre « immédiatement » à l’aéroport du Caire, prévenant que les « vols américains supplémentaires après jeudi sont improbables ».

La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, dans un appel téléphonique au vice-président égyptien Omar Souleiman, a condamné les « choquants » affrontements sanglants de la veille au Caire.

Sur la place Tahrir (place de la libération), des tirs sporadiques ont commencé à se faire entendre vers 04H00 (02H00 GMT) jeudi et étaient toujours audibles une heure plus tard, a indiqué un correspondant de l’AFP sur place.

Selon des témoins, trois personnes ont été tuées par des coups de feu tirés contre des manifestants hostiles au régime. Des tirs en provenance du pont d’Octobre, où sont positionnés les partisans du président Hosni Moubarak, ont par ailleurs fait de nombreux blessés, selon ces témoins.

L’Alliance des juristes égyptiens a déclaré de son côté dans un communiqué que les manifestants anti-Moubarak sur la place étaient sous le feu de leurs adversaires et que plusieurs d’entre eux avaient été tués ou blessés.

L’armée s’était déployée en masse dans la soirée aux alentours de la place, immense esplanade dans le centre du Caire, devenue depuis le 25 janvier le point de ralliement des manifestants anti-Moubarak, qui y campent par milliers chaque nuit malgré le couvre-feu.

Mercredi soir, le vice-président Omar Souleimane avait appelé les manifestants à rentrer chez eux, comme l’avait fait l’armée en milieu de journée, prévenant que le dialogue proposé à l’opposition ne pouvait débuter avant l’arrêt des manifestations.

Dans une interview à CBS News, le chef de file de l’opposition égyptienne, Mohamed ElBaradei a rejeté une fois de plus l’offre de dialogue de M. Souleimane, insistant sur le fait qu’Hosni Moubarak doit d’abord quitter le pouvoir.

Le mouvement de contestation a appelé à une nouvelle manifestation massive vendredi, baptisée « vendredi du départ », dans laquelle elle entend réunir comme mardi plus d’un million de personnes, malgré la promesse de M. Moubarak de s’effacer à la fin de son mandat en septembre.

Les Frères musulmans, principale force d’opposition, ont rejeté « toutes les mesures partielles proposées » par le président et refusé qu’il reste en poste jusqu’en septembre.

Selon le ministère de la Santé, cité par la télévision d’Etat, trois personnes, dont un appelé de l’armée, ont été tuées et plus de 639 blessées, la plupart par des jets de pierres, dans les affrontements de mercredi.

Mercredi matin, des milliers de partisans du chef de l’Etat étaient arrivés aux abords de la place. Après des heures de tensions, des heurts d’une extrême violence ont éclaté, à coups de pierres, de bâtons, de barres de fer et parfois de couteaux et de coktails molotov.

Par endroits, les partisans du président ont chargé, montés sur des chevaux ou des dromadaires. Ils ont aussi jeté des pierres depuis des toits et des balcons d’immeubles surplombant la place.

A l’exception de tirs de semonce en début d’après-midi, les militaires ne se sont pas interposés, tentant plutôt de s’abriter.

« Ce qu’on voit devant nous n’est jamais arrivé auparavant. Des accrochages entre Egyptiens, c’est la guerre civile », a déploré Mohamed Sayed Mostafa, 26 ans.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a jugé « inacceptables les attaques contre des manifestants pacifiques » et appelé à une « transition dans l’ordre et le calme ».

Hillary Clinton a demandé une enquête sur les violences. Et son porte-parole, Philip Crowley, a déclaré que les Etats-Unis « espéraient » que l’Egypte garderait à l’avenir « un rôle constructif » dans le processus de paix au Proche-Orient.

Mohamed ElBaradei a cherché sur CBS News à apaiser les craintes occidentales selon lesquelles l’Egypte risquerait de se retourner contre les Etats-Unis et de s’opposer à Israël.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a mis mercredi en garde contre le risque que la révolte populaire en Egypte ne débouche sur une période « d’instabilité et d’incertitude pendant de nombreuses années » dans la région.

« Le temps est venu pour le président Moubarak de démissionner », a déclaré pour sa part le sénateur américain John McCain, après un entretien avec M. Obama.

Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates s’est à nouveau entretenu mercredi par téléphone avec le ministre de la Défense égyptien, Mohamed Hussein Tantaoui, de la situation en Egypte, a annoncé son porte-parole, Geoff Morrell.

Selon un bilan non confirmé de l’ONU, les heurts de la première semaine de contestation auraient fait au moins 300 morts et des milliers de blessés.

AFP

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