Trop tard pour une solution à deux Etats


mardi 16 novembre 2010 – 00h:48

Robin Yassin-Kassab – Al Jazeera

source


Les Palestiniens disent qu’il peut y avoir aucune résistance significative tant que leurs dirigeants resteront divisés, écrit Robin Yassin-Kassab.
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Les habitants de Naplouse, coincés entre les tours, les checkpoints et colonies juives, expliquent qu’il est trop tard pour une solution au conflit israélo-palestinien basée sur l’existence de deux Etats – Photo : Gallo-Getty

Naplouse est construite sur le fond de la vallée étroite entre le mont Jarizeem et le mont Aybaal. Ses ruelles sentent le café moulu et les épices – avec des bouffées brusques d’anis et de tabac au miel bouillonnant dans les narguilehs – et les vapeurs de la viande sur les grils, les émanations de la circulation automobile, les odeurs de cuisson, les ordures et la poussière des chaussées. Le jour, il y a beaucoup de bruit sympathique « arabe ». La nuit les aboiements et le chant du coq prennent le relais.

Bien qu’elle soit une ville de plus de 130 000 habitants, tout le monde semble connaître tout le monde. Plus profond que cela, il y a quelque chose dans l’air qui exprime la solidarité.

Le labyrinthe de la Vieille Ville, et la vue sur la montagne couleur ocre m’ont rappelé Damas. En fait, Naplouse était connue comme la Petite Damas. Avant que MM Sykes, Picot et Balfour aient haché menu le monde, il y avait une route pour le commerce allant de Naplouse (Cisjordanie) via Irbid (Jordanie) jusqu’à Damas (Syrie). Les habitants de Naplouse et ceux de Damas se mariaient entre eux. En Syrie aujourd’hui la célèbre pâtisserie, le knafeh, est simplement connue sous le nom de nabulsiyeh, la douceur de Naplouse.

Naplouse est également célèbre pour son savon à l’huile d’olive. Malgré l’éblouissement local pour des produits « modernes » et (surtout) les obstacles de l’occupation israélienne qui ont limité l’industrie, les usines fonctionnent encore dans la Vieille Ville et elles s’approvisionnent dans des villages semi-assiégés dans les collines avoisinantes.

Ces jours-ci, la vie est un peu plus facile qu’elle ne l’a été. Les Palestiniens peuvent se rendre assez rapidement à Ramallah. Ils ne peuvent pas se rendre à Jérusalem, à Gaza ou Haïfa, mais s’ils sont chanceux, ils peuvent bénéficier de certaines retombées en cash de l’argent distribué par l’Union européenne à l’Autorité palestinienne. Ils peuvent même faire un bout de conduite jusqu’au point de vue sur Naplouse à Sama et y boire du thé sans se faire tirer dessus depuis la base militaire qui située au-dessus.

Mais les Naboulsis [habitants de Naplouse] restent encerclés, et ils le sont chaque jour davantage. Le village de Samaritains en haut de la colline est vidé de ses habitants (les Samaritains, qui sont des Palestiniens, sont autorisés à traverser le point de contrôle pour aller au travail ou à l’école à Naplouse). Irak Burin, un village à proximité au sommet de la montagne, subit constamment le vol de ses terres ainsi que les attaques physiques des colons et des soldats. En mars dernier, deux adolescents du village ont été assassinés.

Jérusalem interdite

Sur chaque colline, il y a une colonie juive.

Près de Nabi Saleh dans la région de Ramallah, j’ai vu une colonie – les caravanes, les fondations en béton et des terres agricoles clôturées – construite au cours du récent « gel ». Alors que j’étais en Palestine, le « gel » s’est entièrement décongelé, provoquant une poussée de nouveaux bâtiments et des orgies de mises à feu de vergers.

La moitié des terres agricoles du village de Nabi Saleh, et maintenant son approvisionnement en eau agricole, ont été volés par des hommes armés d’Halamish, la colonie voisine.

Dans la région de Salfit, la colonie juive d’Ariel coupe la Cisjordanie en deux entre le sud et au nord. Avec sa propre université et son complexe de théâtre, la colonie constitue une véritable ville.

Les colonies sont reliées par de clinquantes autoroutes à Jérusalem et Tel Aviv. Mais ces routes sont réservées aux seuls juifs. Les routes palestiniennes n’ont accès qu’à des portions du territoire et elles sont contrôlées par des barrages et fermées par des fossés.

Les panneaux sur les bords de ces routes indiquent les colonies juives, mais pas les villes palestiniennes. La Jérusalem interdite est indiquée sous le nom hébreu Urushaleem et seulement entre parenthèses comme « al-Qods » [la Sainte] – son nom arabe, ancien comme contemporain.

Montagne de feu

Telle est la situation, et pour l’instant les Naboulsis supportent. Des exemples de ce qui se passera la prochaine fois qu’ils se rebifferont ne sont pas seulement visibles sur les ondes en provenance de la bande de Gaza, mais sont immédiatement à portée de main, intégrés dans la structure de la ville elle-même.

Il y a des impacts de balles dans les ornements des fenêtres de l’Hôtel Yasmeen, des cicatrices provoquées par Israël lors de la réoccupation du centre-ville en 2002, quand au moins 80 Palestiniens ont été assassinés et que des dizaines de bâtiments historiques ont été détruits, dont des anciennes mosquées et une église orthodoxe.

Il y a les ruines, vidées aujourd’hui, de blocs entiers de maisons détruites par des F16. Il y a une plaque commémorative sur le site occupé par une maison qui a été détruite au bulldozer avec toute une famille emprisonnée à l’intérieur. Huit personnes y ont été assassinées, neuf si l’on compte le fœtus dans le ventre de Nabila Shubi…

Connu sous le nom de Jabal an-Naar, la Montagne de Feu, la région de Naplouse a perdu 1600 martyrs dans la dernière décennie. Chaque quartier a une plaque commémorant les noms locaux et les visages des combattants ornent les remparts de la Vieille Ville.

Faisant un étrange écho à ces affiches – ce qui semble a preuve que la présence de la mort est inéluctable à Naplouse – une icône dans l’église byzantino-croisée restaurée construite sur le puits de Joseph (où Jésus s’est révélé comme étant le Messie à un Samaritain) montre l’Archimandrite Philoumenos Khassapis tranché 36 fois par la hache d’un colon fanatique en 1979 (1).

Des touristes grecs et des Palestiniens chrétiens prient sur le sanctuaire de l’Archimandrite.

« La famille de Martyrs »

Après la prière du vendredi, j’ai visité la tombe de la mère d’un ami, Shaden al-Saleh. Shaden était une enseignante et une organisatrice de la communauté. Elle a été assassinée par des soldats israéliens alors qu’elle faisait de la broderie à l’étape de sa maison. Après que nous nous soyons recueillis, son fils et moi-même avons enlevé les feuilles et brindilles de la tombe de Jihad al-Alul, qui a été tué d’une balle dans la tête le premier jour de la deuxième Intifada, il y a dix ans.

Le jeune homme âgé de 20 ans faisait partie d’une foule désarmée face à des soldats au checkpoint d’Hawwara qui bloque la sortie sud de la ville. Après que nous ayons nettoyé le Mémorial de Djihad, nous avons discuté avec Abu Fadi, dont les deux fils martyrs sont à proximité. Homme chaleureux, et triste, Abu Fadi a fait un jardin de leurs tombeaux. Mon ami le connaît bien, comme il connaît toutes les familles qui visitent ces tombes. Il me dit que quand sa mère est morte, il a alors fait partie de la grande famille des martyrs.

J’étais venu à Naplouse pour faire un cours d’écriture créative. Comme exercice, j’ai demandé aux élèves d’écrire sur un moment qui décrit un fait en relation avec l’Histoire. Une jeune femme a écrit sur son petit frère serrant sa radio alors que les bombes rasent les bâtiments environnants. Un autre écrit un article sur son grand frère, pas l’histoire de son assassinat, mais l’histoire de son savoir. Un autre écrit sur l’enterrement de son neveu de 12 ans. Il avait été abattu dans une rue déserte. Sa tante a éclaté en sanglots, en lisant le texte.

Je craignais d’être allé trop loin, en leur imposant une discipline à laquelle ils sont constamment confrontés. Mais la classe me rassurait. L’une des étudiantes a employé le mot « thérapie ». « Nous n’avons jamais eu l’occasion de parler normalement de ces fait », m’a-t-elle dit.

Double occupation

Une des raisons de la réticence à parler est le froid jeté sur le discours public par la scission entre les dirigeants palestiniens.

Le gouvernement assiégé du Hamas dans la bande de Gaza s’en prend aux militants du Fatah, tandis que l’Autorité palestinienne (PA) soutenue par l’occident et Israël arrête les sympathisants du Hamas en Cisjordanie. Six cents Nabulsis sont actuellement détenus à Junaid, la prison de l’Autorité palestinienne.

Les gens parlent avec prudence en public, comme ils le font dans tous les états policiers du monde arabe. Mais beaucoup de Palestiniens qualifient le système actuel de double occupation.

Quand les Israéliens le décident, ils ordonnent à la police palestinienne de vider les rues, puis ils enlèvent les hommes dans leurs maisons. Cela s’est produit plusieurs fois au cours de ma visite, toujours de nuit – un soir, deux frères ont été kidnappés au bout de ma rue.

Les gens du camp de Balata – un lieu plus éprouvant que le cimetière – m’ont dit que les soldats faisaient une descente quasiment chaque nuit.

Les réfugiés de Balata ont leur propre cimetière, avec une proportion de jeunes martyrs qui défit l’entendement. Mais ce qui est plus douloureux que la mort dans Balata est la densité de la vie dans cette cage – les personnes nombreuses entassées dans des pièces étroites, la forte proportion d’hommes en fauteuil roulant, les visages brisés de ceux qui ont prématurément vieilli. Ces gens sont venus de Haïfa, Jaffa, Acre. Ils vivaient dans des fermes, des villes et villages face à la mer. Aujourd’hui, ils ne sont nulle part en sécurité, pas même dans leurs cellules en parpaing. Pendant la dernière Intifada, les troupes israéliennes avaient l’habitude d’entrer dans leurs maisons en perçant les murs avec des explosifs.

Pas de résistance sans unité

J’ai assisté à une conférence donnée par Haneen al-Zoabi. Elle est la députée de la Knesset qui était sur la flottille pour Gaza et elle a été grossièrement malmenée lors de sa tentative de donner sa version des événements devant le parlement israélien. A Naplouse, elle a parlé avec émotion de la situation des Palestiniens-Israéliens, les descendants de ceux qui ont échappé au nettoyage ethnique de 1948.

Citoyens, mais pas ressortissants [nationaux] de l’Etat (la nationalité est seulement pour les juifs), les Palestino-israéliens reçoivent une fraction des services offerts aux Juifs. Il leur est interdit d’enseigner l’histoire palestinienne à l’école et ils sont tout aussi susceptibles d’être victimes de la confiscation des terres que leurs frères palestiniens vivant en Cisjordanie. 83% des terres d’Israël sont hors de portée des non-Juifs et la moitié des familles palestiniennes en Israël vivent en dessous du seuil de pauvreté.

J’ai entendu parler Jamal Hwayil. Il était le chef des brigades des Martyrs al-Aqsa, affiliées au Fatah, à Jénine au moment du massacre israélien de 2002, et maintenant il est un membre indépendant du parlement palestinien. Il a pris une position claire sur la division palestinienne : « Les arrestations politiques sont mauvaises à Gaza et mauvaises en Cisjordanie. Les arrestations politiques n’ont pas leur place dans une lutte de libération… »

Un peu plus tard, il a ajouté : « Il ne peut y avoir ni des négociations sérieuses, ni de résistance armée productive tant que les dirigeants politiques sont divisés ».

Assis à côté de cet ancien combattant de la résistance armée se trouvaient Ayed Morrar et Muhammad Khatib, les dirigeants de la résistance « populaire » et non-violente dans les villages de Budrus et Bil’in, respectivement. Morrar est la star du film Budrus, qui le montre non seulement unissant les militants du Hamas et du Fatah dans son village, mais mobilisant aussi les femmes du village, les militants internationaux et même certains Israéliens contre le mur de séparation qui ronge les oliveraies de Budrus. Budrus a réussi à conserver 95% des terres menacées.

Sur l’estrade, Jamal Hwayil a félicité Morrar pour avoir atteint 95% de son objectif immédiat, mais il a rappelé que la victoire était incomplète : 5% de la terre avait disparu, le mur était toujours debout et l’occupation continuait.

Hwayil, Morrar et Khatib ont convenu que la résistance armée et non armée se complétaient mutuellement et que la question de savoir laquelle employer dans un contexte donné n’était pas une question morale mais tactique.

En plus de ces résistants, d’autres personnes ont animé la discussion : des jeunes intellectuels engagés présentant l’occupation comme un système d’apartheid, demandant que le système soit remplacé par la démocratie, faisant la promotion d’un boycott d’Israël par l’occident comme moyen d’atteindre cet objectif. De telles idées sont de plus en plus influentes dans la société civile, mais elles n’ont pas de parti puissant pour les représenter.

Réticences de la Cisjordanie

En attendant, comme Neta Golan – une habitante de la Cisjordanie d’origine juive – me l’a dit : « Ils ont fait en sorte qu’il soit très facile d’obtenir des prêts bon marché à Ramallah. Les gens ont acheté des voitures. Les loyers atteignent des sommets. Les prochaines années les gens vont tout simplement être contents de pouvoir rembourser ces prêts. »

C’est le plan concocté par Tony Blair et Salam Fayyad pour la Cisjordanie. Selon les mots du géographe politique Saed Abu Hijleh le message est : « Mange, boit, va aux toilettes et ferme-la ».

Le paysage apporte la preuve, pour toute personne qui vit ici – coincée entre les tours, les checkpoints et les logements rouges situés plus haut et exclusivement juifs – qu’il est trop tard pour deux Etats.

Pour les réfugiés en cage dans des camps, gardant toujours les clés de leurs maisons qui étaient près de la mer et qui ont été détruites, la solution à deux Etats n’a jamais semblé une solution. La Palestine-Israël a toujours été le même pays.

Du village de Refaat je pouvais voir les lumières des tours de Tel-Aviv luttant contre la morosité du soir, très proches. La pluie venue d’Israël tombe là où je suis, sur le premier groupe de collines à l’est de la Méditerranée, sur la Cisjordanie.

Notes :

(1) Extrait : « Le 16/29 Novembre 1979, ils ont fait irruption dans le monastère et massacrés à coups de hache l’Archimandrite Philoumenos, le mettant sous la forme d’une croix. Avec un trait vertical ils ont fendu son visage, avec un autre trait horizontal ils ont coupé ses joues allant jusqu’aux oreilles. Ses yeux étaient arrachés. Les doigts de sa main droite ont été coupés en morceaux et son pouce a été coupé et envoyé au loin. Ce sont les doigts avec lesquels il faisait le signe de la croix. »

(JPG)

* Robin Yassin-Kassab est l’auteur de The Road From Damascus [La route de Damas], un roman publié chez Penguin. Il co-édite http://www.pulsemedia.org et blogue sur http://www.qunfuz.com.

14 novembre 2010 – Al Jazeera – Vous pouvez consulter cet article à :
http://english.aljazeera.net/indept…
Traduction : Claude Zurbach

19 et 20 novembre Concert de Rihla


Sonia Triki – chargée de programmation danse/musique
02/412.12.22 – 0497/599.727
striki@molenbeek.irisnet.be
MCCS-HCSS
4, rue Mommaerts, 1080 Bruxelles
Tél.: 02 415 86 03 – Fax : 02 414 71 89
http://maisoncultures1080.blogspot.com
mccs-hcss.info@molenbeek.irisnet.be

Avec le soutien de la Communauté Française

Arab Women’s Solidarity Association – Belgium ASBL
www.awsa.be
0486/ 61 80 82

0881.718.815
363-0002517-35

Bureau : Local A 133, Amazone asbl, 10 rue du Méridien, 1210 Bruxelles.
Tél : 02/ 229 38 10

Siège social : avenue de l’Eternité, 6, 1070, Bruxelles.

 


Nos amis du Luxembourg organisent …


mardi 16 novembre: Conférence de Tariq Ali : « Neo-liberalism and war: The fate of the USA and the European Union? »

A 18.15 h. au Tramsschapp, 49 rue Ermesinde à Luxembourg-Limpertsberg

L’entrée du parking gratuit du Tramsschapp se trouve au 72, avenue Pasteur

Organisateur : Institut d’Etudes Européennes et Internationales du Luxembourg

Lundi 22  novembre à 20.00 h Conférence – débat avec Michel WARSCHAWSKI

au Carré Rotondes, 1, rue de l’Aciérie, Luxembourg-Hollerich

« Le conflit israélo-palestinien: enjeux et défis actuels »

Michel Warschawski, résistant israélien anti occupation et anti guerre, président du mouvement israélo-palestinien Centre d’information alternative (AIC), parrain du Tribunal Russell sur la Palestine

Plus d’informations : http://www.blog.paixjuste.lu/?p=2892#respond

Organisateurs : CPJPO et ASTM/ Comité pour une Paix Juste au Proche-Orient et Action Solidarité Tiers Monde

mardi 23 novembre « AISHEEN », de Nicolas Wadimoff.

Au cinéma Utopia à Luxembourg à 19h

Projection suivie d’un débat. Organisateur : CPJPO.

Film-documentaire dans une Gaza dévastée au lendemain de la guerre. Il montre ceux qui se démènent avec une énergie hors du commun et un humour incroyable pour reconstruire leur environnement.

Informations et détails sur le film sur notre site :

http://www.blog.paixjuste.lu/?p=2892#respond et

http://www.blog.paixjuste.lu/wp-content/uploads/2010/07/Aisheen.pdf

Attention : changement de date


18 nov, 19h 

19 nov, 19h

NOUVEAU

Charleroi,  salle de l’Eden (bld Jacques Bertrand 1-3) 

Plate-forme Charleroi-Palestine La responsabilité des entreprises dans la colonisation de la Palestine 

Rencontre-débat avec Fayez Taneb, secrétaire général de la coordination des comités populaires en Cisjordanie, et témoin à la prochaine séance du Tribunal Russell à Londres. Fayez Taneb sera accompagné par Majed Bamya, diplomate palestinien à la Délégation Générale de Palestine auprès de l’UE, de la Belgique et du Luxembourg.

Entrée (5€) et tombola au profit du Tribunal Russell.

Le massacre des oliviers palestiniens se poursuit en Cisjordanie occupée


14/11/2010  Quand ils ne massacrent pas les Palestiniens, le colons juifs s’en prennent aux oliviers palestiniens
Dimanche encore, les colons juifs ont attaqué les oliveraies au nord de la Cisjordanie occupée, mettant le feu à 200 oliviers et aux terres alentour.
Les villageois palestiniens ont vu les incendiaires retournant dans la colonie d’Elon Moreh, près de la ville palestinienne de Naplouse, après avoir mis le feu aux arbres sur des terres appartenant au village de Salem, a précisé à l’AFP Adli Ashtiyeh, porte-parole du conseil du village.
Les arbres se trouvaient sur un terrain jouxtant la colonie dont Israël interdisait l’accès aux propriétaires palestiniens la plupart du temps pour des motifs de sécurité, a-t-il précisé. Il a ajouté que l’armée israélienne en avait été informée.
Un porte-parole militaire israélien a pour sa part prétendu  qu’aucune plainte n’avait été déposée contre les colons et que les troupes sur place considéraient l’incident comme « un feu mais pas un incendie volontaire ». Alors qu’un porte-parole des colons a déclaré vérifier ces informations.
Le mois d’octobre dernier, ces mêmes colons ont inondé des oliveraies palestiniennes par des eaux usées. Leur porte-parole avait argué que les colons font l’objet d’une « campagne diffamatoire », a rapporté l’AFP.

Durant ces quatre dernières années, des colons juifs ont multiplié leur attaques contre les oliveraies et les vergers appartenant aux palestiniens en Cisjordanie occupée. Selon le quotidien israélien Haaretz, 69 attaques ont été recensées.
Arbres arrachés, incendiés ou inondés par les eaux usées, sangliers lâchés : les moyens les plus perfides sont utilisés pour chasser les Palestiniens de leurs terres.
Depuis 1967, plus de 300.000 colons juifs ont usurpé des terres palestiniennes, pour édifier plus de 120 colonies en Cisjordanie occupée.
Considérées comme illégales par la communauté internationale, les Israéliens n’ont jamais été condamnés par elle.

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le jeudi 18 novembre, Attac-Bruxelles vous invite


… à deux moments passionnants

 

dès 20 heures 30,

LE GRAND DÉBAT:

« APRÈS LA CRISE…, LE RETOUR DE LA CRISE !»

avec

Eric DE KEULENEER

professeur à la Solvay Business School

et membre du Conseil de supervision de

la Commission bancaire, financière et des assurances

 

 

à 21 heures 30,

EN AVANT-PREMIÈRE

la projection de

 

CLEVELAND CONTRE

WALL STREET

de Jean-Stéphane BRON

 

En janvier 2008, la ville de Cleveland

assigne en justice les 21 banques responsables

des saisies immobilières qui ont dévasté la municipalité.

Unique en son genre, ce documentaire époustouflant raconte

l’histoire d’un procès qui aurait dû avoir lieu mais dont les protagonistes

sont bien réels…

 

LE SCANDALE DES SUBPRIMES,

COMME SI VOUS Y ÉTIEZ… (lire ici)

Hommage au poète palestinien Mahmoud Darwish




Hommage au poète palestinien
Mahmoud Darwish
suivi du concert de Marwan Abado

Samedi 27 novembre 2010 à 20 h
au CCAPL

Rue Henri Orban 1

à 4030 Grivegnée

Les étudiants de la classe de déclamation du conservatoire de Bruxelles

sous la direction d’Annette Brodkom interprètent des extraits de

poèmes de Mahmoud Darwish. La Palestine, dans ses poèmes, se fait
métaphore des tragédies universelles, des cris d’une humanité arrachée,
fauchée par l’Histoire qui la dépasse, et dans laquelle chaque individu
tente de trouver « la beauté qui est liberté ».
Décédé en août 2008, Mahmoud Darwish est reconnu comme l’un des
plus grands poètes contemporains du monde arabe.
Marwan Abado est un musicien et chanteur d’origine palestinienne,
né au Liban et résidant à Vienne. Sa musique prend racine dans la
musique arabe classique mais il cherche très souvent à dialoguer avec
les traditions et les musiciens européens. Il nous offre un répertoire
cosmopolite que lui inspirent des œuvres de poésie et de prose
contemporaines. Ses chansons nous parlent de départ, de
voyage, d’expulsion, d’espoir et bien sûr d’amour. Il compose également
pour le théâtre et le cinéma.
P.A.F : 5€ / 4€ pour les membres, chômeurs et étudiants
1,25€ Art.27 avec ticket retour en bus gratuit

Les génies sionistes: mythe et réalité


Par Msili

Note liminaire: c’est le blog d’Angry Arab qui m’a donné l’idée de creuser ce sujet.
On le sait, les Palestiniens luttent pour le recouvrement de leurs droits sur la patrie dont ils ont été privés par le colonialisme sioniste.
Cette lutte prend bien sûr la forme de confrontations militaires, ou plutôt de lutte armée (nous avons en effet une bande de voyous surarmée contre un peuple armé de bric et de broc) mais pas seulement. Car l’affrontement avec le sionisme donne lieu également à un combat où face à la vérité du bon droit du peuple palestinien, le sionisme oppose sa hasbara, pédagogie du mensonge.
Le premier axiome de la hasbara est bien sûr le mensonge du prétendu retour des Juifs dans le terre qui leur a été promise par Dieu. C’est à cet acte de propriété biblique que les démocrates ,parfois laïques, des démocraties occidentales se réfèrent quand ils évoquent le caractère compliqué d’un conflit de nature religieuse.
Le conflit n’est cependant pas religieux mais tout simplement de nature coloniale.
Un autre argument de la hasbara est celui du caractère démocratique de l’Etat sioniste. Ce à quoi on peut rétorquer que les victimes sont indifférentes au fait que les délinquants qui les agressent décident démocratiquement des forfaits à commettre. C’est même un argument qu’ils devraient mettre en sourdine pour quand arrivera le moment de régler les comptes des criminels.
La hasbara possède cependant d’autres arguments qu’elle assène à qui veut bien les entendre. Ces arguments sont en réalité les mêmes que ceux qu’ont employé tous les systèmes colonialistes: nous apportons et nous incarnons le progrès technique et scientifique, bref la civilisation. Sont cités en exemple les prix Nobel originaires de l’entité sioniste, les prouesses de telle grande  entreprise pharmaceutique dont je tairai le nom (connue aussi cependant pour ses multiples escroqueries) etc.
Pour résumer, entre autres miracles, l’entité sioniste est aussi une pépinière de génies.
Le hic, c’est que la réalité des chiffres vient quelque peu battre en brèche ces épanchements auto-satisfaits.

Ainsi, l’observatoire mondial des brevets a effectué un travail statistique qui permet de connaître le nombre de brevets déposés par des résidents d’un pays, rapporté aux dépenses de recherche et développement

A l’intérieur de l’échantillon de 44 pays présentés sur le graphique, on constate que cinq pays sont largement en tête, c’est-à-dire que leurs dépenses sont les plus productives: la Corée du Sud, la Russie, le Japon, la Chine et la Nouvelle Zélande. La France se situe en milieu de classement, entre la Norvège et l’Autriche, tandis que le pays des génies, alias l’entité sioniste ferme la marche.
La table A3 qui clôture la page web de l’observatoire nous donne des indications chiffrées: l’entité sioniste dépose 0,04 brevet par million de dollars dépensé  en recherche et développement (R&D Expenditures) contre 0,40 pour l’Inde,  0,51 pour l’Algérie ou 3,24 pour la Jamaïque. Rapporté au Produit Intérieur Brut (GDP), le taux de dépôt de brevets dans l’entité sioniste reste inférieur à celui de la Jamaïque ou à celui de la Syrie, et fort éloigné de ce qu’il est en France ou au Royaume Uni.
Il est bien cher, le petit génie sioniste! (ça fait rien, ce sont les USA et l’Allemagne qui règlent la facture!)

Table A3: taux de dépôt de brevets par des résidents, 2006

Name

Resident Patent Filings per Million population

Resident Patent Filings per $Billion GDP

Resident Patent Filings per $Million R&D Expenditures

Algeria 1.74 0.78 0.51
Armenia 63.85 14.41 11.24
Australia 138.25 4.81 0.29
Austria 275.61 8.44 0.40
Bahamas 244.54
Bangladesh 0.15 0.13
Belarus 122.27 63.91 12.34
Belgium 46.73 1.56 0.09
Belize 3.36
Bosnie 14.07 2.21
Brazil 20.19 3.30 0.52
Bulgaria 31.56 3.89 0.87
Canada 169.61 5.00 0.30
Chile 17.69 1.77 0.33
China 93.24 23.65 2.44
Croatia 71.43 6.06 0.56
Cyprus 28.74
Czech Republic 62.73 3.11 0.32
Denmark 276.87 8.90 0.38
Estonia 26.84 1.76 0.24
Finland 345.57 11.20 0.35
France 238.03 8.34 0.41
Georgia 53.20 18.16 9.60
Germany 582.59 19.41 0.82
Greece 50.03 1.92 0.35
Guatemala 2.17 1.20
Hong Kong, China 24.53 0.57 0.09
Hungary 71.40 5.61 0.66
Iceland 150.52 5.66 0.22
India 4.07 2.12 0.40
Indonesia 1.26 0.57
Ireland 199.08 5.97 0.56
Israel 36.51 1.66 0.04
Jamaica 7.88 2.23 3.24
Japan 2,720.65 86.53 2.64
Kazakhstan 93.61 16.62 8.77
Kenya 1.08
Latvia 49.85 4.31 1.23
Lithuania 19.14 1.33 0.21
Luxembourg 56.27 0.88 0.06
Madagascar 0.21 0.36 0.17
Mexico 5.51 0.65 0.18
Mongolia 39.85 22.83 8.03
Morocco 5.84 1.53
Netherlands 132.43 4.24 0.25
New Zealand 521.89 25.60 2.19
Norway 247.43 5.95 0.41
Peru 1.37 0.23 0.18
Philippines 2.73 1.06
Poland 56.60 4.27 0.99
Portugal 17.38 1.00 0.13
Republic of Korea 2,591.51 121.56 5.60
Russian Federation 195.86 32.45 3.38
Saudi Arabia 5.03 0.32
Singapore 142.49 3.07 0.17
Slovakia 35.84 2.49 0.59
Slovenia 143.67 7.81 0.60
Spain 71.44 3.08 0.31
Sweden 270.40 8.61 0.25
Switzerland 233.82 6.74 0.24
Syrie 6.36 2.01
Tajikistan 3.91 6.85 10.52
Thailand 14.14 2.07 0.95
Turkey 14.70 6.05 1.02
Ukraine 74.60 21.76 2.33
United Kingdom 289.66 10.13 0.61
USA 741.78 19.60 0.78
Uzbekistan 12.17 85.87
Viet Nam 2.18 1.27

EMPREINTES – STEPHANE HESSEL, SISYPHE HEUREUX


 

Vidéo intégrale disponible jusqu’au vendredi 19 novembre 2010 à 20:40

Cliquez sur la photo de cet extraordinaire être humain pour une interview unique

« Stéphane Hessel, un homme qui sauve l’honneur », témoigne Régis Debray. Stéphane Hessel évoque tout à tour son enfance dans une famille non-conformiste, la Résistance et la déportation, la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme, sa carrière diplomatique au sein de l’ONU, sa lutte opiniâtre contre la pauvreté, son engagement auprès des sans-papiers et du peuple palestinien, et enfin son amour pour la poésie qui a structuré toute sa vie.

Élégant, lorsqu’il parle avec douceur de sa mère, drôle quand il avoue sa passion pour les femmes, émouvant lorsqu’il évoque la mort ; à quatre-vingt-treize ans, Stéphane Hessel donne une magnifique leçon d’humanité.

Il est l’homme de tous les combats, jamais découragé, obstinément confiant. Percer le secret de sa force et de ses engagements, de cette vie si singulière, tel est l’objet de ce documentaire.

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