À quoi sert Dieudonné ? Et qui en profite ?



mardi 25 mars 2014

Nous reproduisons ci-dessous un article de Pierre Stambul sur Dieudonné (et l’antisémitisme, et Valls, etc.) Pierre Stambul est coprésident de l’UJFP (Union Juive Française pour la Paix). Son article paraîtra dans le prochain numéro de « Emancipation », revue mensuelle de la tendance syndicale du même nom.

A quoi sert Dieudonné ? Et qui en profite ? Par Pierre Stambul

Antisémitisme, sionisme, humoriste, liberté d’expression, antisystème… , tout se mélange. Si on essayait d’y voir clair ?

Ils disent la même chose.

Commençons par une anecdote. La veille du jour de l’an, je rentre de Gaza, la tête pleine des horreurs des effets du blocus. Je suis dans la voiture qui me ramène de l’aéroport et le téléphone sonne. C’est France-Bleu-Provence qui veut m’interviewer … sur Dieudonné, pas sur Gaza. « L’affaire » ayant fait du bruit jusqu’au Caire, je suis vaguement au courant. Sans trop réfléchir, je leur dis : « Ecoutez, je ne sais pas si Dieudonné est un agent du Mossad, mais s’il ne l’est pas, c’est que le Mossad est devenu franchement très con, ce à quoi je ne crois pas ». Je sens un grand blanc chez mon interlocutrice. J’embraye : « Car enfin, Dieudonné et les partisans inconditionnels d’Israël disent la même chose : que juif = sioniste ou que les partisans d’Israël sont propriétaires du génocide nazi ». « Et puis, Valls qui affirme que les Roms n’ont pas vocation à vivre en France est-il qualifié pour nous donner des leçons d’antiracisme ? »

Il m’est parfois arrivé de passer sur les médias. Mais cette fois-ci, mon refus de choisir entre Dieudonné et Valls ne correspondait pas à ce que les médias souhaitent. Et mon interview n’a pas été diffusée.

Le rôle historique de l’antisémitisme

Les Juifs, pour reprendre les termes de Hannah Arendt, ont été les parias de l’Europe, considérés comme des « Asiatiques inassimilables ». Il y a eu un consensus antisémite en Europe contre les Juifs, considérés comme un obstacle aux rêves fous de pureté « ethnique » ou « raciale ».

Le sionisme a transformé les Juifs en en faisant des colonisateurs européens au service de l’Occident. Les Juifs européens d’aujourd’hui ne sont plus des parias ou des dominés. L’islamophobie a remplacé l’antisémitisme comme dénominateur commun de toutes les idéologies de haine et d’exclusion. L’extrême droite est aujourd’hui plutôt pro-israélienne à l’image de ces dirigeants (le Flamand Dewinter, le Néerlandais Wijlders ou l’Autrichien Strache) partis à Jérusalem visiter la Knesset et le musée Yad Vashem à l’invitation de leur « collègue » Lieberman.

Il est piquant de voir le n° 2 du CRIF (William Goldnadel) devenu l’avocat de l’ancien rédacteur en chef du journal « Minute » (Patrick Buisson) comme si les antisémites traditionnels étaient devenus fréquentables.

L’antisémitisme n’a bien sûr pas disparu, mais il n’est plus l’instrument des dominants pour écraser les dominés. Quelqu’un comme Valls qui proclame tous les jours son « philosémitisme » (« par ma femme, je suis lié de manière éternelle à la communauté juive et à Israël ») pense en même temps que « les Roms ont vocation à retourner en Roumanie ou en Bulgarie ».

Dieudonné est-il antisémite ?

La question peut paraître stupide, mais de nombreuses personnes, surtout dans les quartiers populaires, nient cette évidence. Ils affirment que c’est de l’humour et/ou de la provocation et que c’est parfaitement licite.

Humour, l’affirmation vieille de plus de 10 ans où Dieudonné expliquait que « la traite des Noirs a été financée par des banquiers juifs ».

Humour raffiné, la composition de la « liste antisioniste » présentée aux élections de 2009. Pour éviter les poursuites judiciaires, je laisse aux lecteurs/trices le soin d’aller voir la biographie des grandEs humoristes/humanistes que sont Yahia Gouasmi, Alain Soral, Ginette Skandrani, Maria Poumier, Pierre Panet ou Christian Cotten. Pierre Panet est décidément un grand humoriste. Présent sur la liste du FN dans le XIIème arrondissement de Paris, il a indisposé les dirigeants de ce noble parti stupéfaits de découvrir un négationniste sur leurs listes.

Humour encore le fait d’intégrer Faurisson à son spectacle ou de manifester son amitié pour Serge Thion.

La bonne question n’est pas : « est-il antisémite ? » mais « comment et pourquoi l’est-il devenu ? ». Je pense qu’au départ, c’est « la concurrence des victimes », l’idée juste qu’on a minimisé un crime aussi long et épouvantable que l’esclavage et la traite des Noirs alors que la Shoah (je préfère le terme « génocide nazi ») est devenue quelque chose qu’on doit célébrer, parfois sans prendre le recul pour en comprendre les ressorts. Dieudonné est devenu monomaniaque de la dénonciation de l’esclavage. Les sionistes sont devenus monomaniaques de la Shoah au point de nier les autres génocides. Là aussi, des formes de pensée parallèles, la concurrence des victimes c’est dangereux.

L’antisémitisme de Dieudonné est devenu obsessionnel et il a repris un certain nombre de stéréotypes classiques (« Les Juifs maîtres du monde », « Les Juifs et l’argent », « Les Juifs et les médias »).

Un formidable cadeau au sionisme.

L’Etat d’Israël a été déclaré coupable du crime d’apartheid par le Tribunal Russell sur la Palestine. Aux yeux d’un nombre croissant de citoyenNEs du monde entier, Israël aujourd’hui, c’est l’Afrique du Sud d’autrefois et il faut boycotter ce pays colonialiste qui pratique des crimes de guerre. La dernière défense des partisans de la politique israélienne, c’est de brandir l’antisémitisme, c’est de dire que critiquer Israël, c’est de l’antisémitisme, c’est de s’approprier le génocide nazi et de l’utiliser pour empêcher toute critique.

En Israël même, ce qui maintient le « consensus » dans la société pour écraser les PalestinienNEs, c’est le complexe de Massada, ce sentiment collectif que les victimes ont été, sont et seront toujours les Juifs, que personne ne les aime et qu’ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour se défendre.

La guerre israélo-palestinienne n’est ni raciale, ni religieuse, ni communautaire. Elle porte sur des questions universelles fondamentales : le refus du colonialisme et l’égalité des droits. Qui dit le contraire ? les sionistes et les amis de Dieudonné. Pour les sionistes, les Juifs ont vécu en exil, ont fait leur retour dans leur pays et les Palestiniens n’existent pas ou sont des intrus. Pour Dieudonné, le mal que les sionistes infligent aux Palestiniens est intimement lié à la nature perverse des Juifs. Les sionistes disent : « c’est parce que tout le monde nous persécute qu’il nous faut un pays dominant ses voisins » ; Dieudonné leur répond : « c’est parce que les Juifs dominent le monde qu’ils persécutent les Palestiniens ».

Discours parallèles et complémentaires pour que le choix n’existe qu’entre deux formes de barbarie et de racisme.

Nous savons que l’instrumentalisation du génocide nazi par les sionistes est une escroquerie. Les sionistes n’ont joué qu’un très faible rôle dans la résistance juive au nazisme. Certains de leurs dirigeants se sont fortement compromis avec le nazisme. Et les millions de victimes de l’extermination n’avaient rien à voir avec le projet colonial qui a détruit la Palestine. Comme Dieudonné pense que juif et sioniste, c’est pareil, il multiplie les allusions obscènes sur le génocide et fréquente allègrement les négationnistes. Cela sert qui ?

Si Dieudonné n’existait pas, les sionistes l’auraient inventé. Il n’est hélas pas le seul. On trouve un tout petit nombre d’individus qui affirment que « Les Juifs sionistes et antisionistes sont les deux faces d’un même problème » ou que « la cause palestinienne est mal défendue là où la parole antisémite est brimée alors qu’elle est bien défendue là où cette parole est libre ».

Deux discours voisins

Nous vivons une période de racialisation des conflits. L’Occident est en plein dedans avec « La guerre du Bien contre le Mal » et le « choc des civilisations ». Le mal, ce sont les Arabes, les Musulmans, les bronzés, les quartiers, les pauvres. Et la Bible vient au secours de ce mode de pensée avec les Chrétiens sionistes pour qui les Arabes, c’est Armageddon et il faut les expulser.

Israël est l’élève modèle de ce discours. Mais la France aussi qui discrimine et ostracise touTEs les descendantEs de l’immigration post-coloniale.

Dieudonné fait comme les sionistes. Il essentialise les gens selon leur origine ou leur identité supposée. Il répond à la haine et la discrimination par la connerie raciste. Il ne connaît rien à la Palestine. Là-bas, celles et ceux qui soufrent savent que juif et sioniste, ce n’est pas pareil. Ils ont connu ou entendu parler de Michel Warschawski, d’Amira Hass, de Gideon Lévy ou de Juifs non Israéliens comme Stéphane Hessel ou Noam Chomski.

Antisystème, quelle blague !

La popularité de Dieudonné vient d’un sentiment diffus. Il est perçu comme un mode de rupture, comme quelqu’un « d’antisystème ».

En vérité Dieudonné occupe un créneau précis : capter une partie du vote des « quartiers » au profit du Front National.

La rupture avec le système, c’est la lutte contre les ravages du capitalisme, c’est renouer avec la lutte des classes, c’est réinventer une véritable égalité sociale et l’égalité des droits.

L’idéologue qui inspire Dieudonné (Alain Soral) a beau avoir appelé son mouvement « Egalité et Réconciliation », il ne prône ni l’un ni l’autre. Il s’inspire clairement de ce qui a fait la force du fascisme : transformer la colère sociale en colère raciste, briser le mouvement ouvrier et faire disparaître les traces de son histoire.

Historiquement, Le Pen c’est l’Algérie Française, la torture, la stigmatisation permanente de « l’immigré » et de ses symboles supposés (les mosquées, le voile …). Que la violence de la crise pousse des gens dans les quartiers à entendre ce discours n’a qu’une seule source : la volonté d’une rupture avec le système.

Il est tragique que la « gauche » qui a historiquement incarné cette soif de changement soit à ce point devenue inaudible. Elle est jugée responsable du chômage, de l’abandon, des discriminations, de la désagrégation du tissu social et de la montée du racisme.

Interdire Dieudonné n’a pas de sens. Surtout quand c’est Valls qui s’en mêle et qui prétend combattre Dieudonné au nom des « valeurs républicaines ». Quelles valeurs ? Celles de la république française héritière des guerres coloniales ? Celles qui en organisant la destruction des acquis sociaux a transformé des territoires entiers en zones sans présent ni avenir ? Il faut combattre Dieudonné idéologiquement. Il n’est pas une victime. Il est la face complémentaire de l’idéologie dominante.

Pierre Stambul

CAPJPO-EuroPalestine

La chronique du blédard : De la quenelle, de Dieudonné et de la liberté d’expression


samedi 4 janvier 2014

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Le Quotidien d’Oran, samedi 4 janvier 2014
Akram Belkaïd, Paris

 
En décembre 2006 – sept ans déjà ( !) – j’ai publié dans ces mêmes colonnes une chronique à propos de la cause palestinienne et de ses faux sympathisants (*). J’y expliquais, entre autre, que l’engagement, la solidarité et l’empathie pour un peuple martyrisé et privé de ses droits par Israël ne justifie en rien que l’on s’acoquine avec des négationnistes, des nazillons et des antisémites patentés. Voici un extrait de cette chronique : « il y a des mains tendues auxquelles il ne faut pas répondre à moins de souiller ses propres convictions. Ni Dieudonné – qui a serré celle de Le Pen – ni l’écrivain Marc-Edouard Nabe – pour qui un Beur qui n’a pas recours à la violence est un « collabeur » – ni encore l’essayiste Alain Soral (…) ne sont les amis des Palestiniens ou des Libanais. Ils peuvent critiquer Israël et les Juifs autant qu’ils le souhaitent : ils n’ont pas à faire partie de notre famille ».
 
Aujourd’hui, je n’enlèverai aucun mot à ce texte. Surtout à l’heure où la France semble être prise par un étrange délire collectif à propos de ce fameux geste de la « quenelle » pour lequel l’humoriste Dieudonné fait l’objet de multiples accusations dont celle d’antisémitisme. Comme expliqué plus haut, je ne considère pas Dieudonné comme un soutien politique honorable (et souhaitable) de la cause palestinienne. Je ne sais pas s’il est vraiment antisémite ou s’il est juste devenu otage de ses provocations. Je reconnais qu’il a énormément de talent et je suis encore fan de certains de ses anciens sketchs (celui de « Villetaneuse » avec Elie Semoun ou celui de l’ado des cités dans son premier spectacle en solo). Par contre, une chose est certaine : ses parodies outrancières et certaines de ses alliances, comme celle avec Soral, ne plaident guère pour lui.
 
Pour rédiger ce texte, j’ai visionné sur le net plusieurs prestations récentes du comique. Ce qui me pose problème, c’est l’ambiguïté récurrente de ses propos. Il se dit antisioniste mais dérape souvent vers l’antisémitisme en reprenant les vieux thèmes nauséabonds de la domination juive sur la société française et sur le monde. C’est d’ailleurs là que le bât blesse. Dieudonné est le prétexte idéal dont s’emparent les défenseurs d’Israël, notamment les inféodés aux Likoud, pour discréditer l’antisionisme que revendiquent en France de nombreux soutiens à la cause palestinienne. Pour préciser les choses, car le sujet mérite une totale transparence, je me considère comme antisioniste car opposé politiquement à un mouvement qui nie les droits les plus élémentaires du peuple palestiniens. Par contre, j’estime qu’il est de mon devoir de lutter contre toute forme d’antisémitisme ou de judéophobie. Voilà pourquoi je me sens aucune affinité avec Dieudonné et ses amis.
 
Je ne sais pas non plus si la quenelle est un salut nazi inversé ou un signe d’insoumission à l’égard du système « mainstream », c’est-à-dire cette cohorte hétéroclite de gens prépondérants qui font l’opinion (politiciens, journalistes de télévision, intellectuels médiatiques,…). Une chose est certaine, la quenelle est une obscénité. J’ai été content de voir que de nombreux sites musulmans ou pro-palestiniens ont pris leurs distances avec cette vulgarité. Certes, c’est une forme de transgression comme quand, par exemple, elle est effectuée en présence d’un politicien comme Manuel Valls. Mais je ne peux pas cautionner le fait qu’elle soit réalisée devant une synagogue ou devant le mémorial de la Shoah à Berlin ou encore moins devant l’école juive attaquée en 2012 par Merah. S’il faut se révolter contre le système, il y a d’autres moyens, plus propres et bien plus intelligents, de le faire. Pour autant, il me semble que vouloir interdire ce geste relève d’une certaine forme d’hystérie qui ne fera qu’exacerber les (mauvaises) passions autour de cette affaire.
  
Ma position vis-à-vis de Dieudonné ayant été précisée, je tiens à dire que je suis absolument contre l’interdiction de ses spectacles. Qu’il se produise et si, d’aventure il enfreint la loi, il sera poursuivi. De quel droit le priverait-on d’exercer son métier ? Au nom de quelle loi préventive ? Et quid de la sacro-sainte liberté d’expression ? N’est-ce pas elle qui est invoquée à chaque fois que les musulmans de France se sentent insultés ? Ou bien alors, il faudrait clarifier les choses et que le gouvernement français précise officiellement que la liberté d’expression ne concerne pas tout le monde et que sa défense n’est pas absolue mais bien variable selon les circonstances, les sujets, les présumés contrevenants et les offensés. Que l’on nous dise clairement que l’on peut se moquer sans crainte du génocide rwandais, comme vient de le faire Canal plus, mais que l’on peut être traîné devant les tribunaux pour un signe de quenelle. En réalité, les indignations et les agitations matamoresques du gouvernement français à propos de Dieudonné ne méritent que peu de considération car j’aurais aimé voir la même fermeté concernant Canal+ et son sketch à l’humour crasseux. Là, ce fut silence radio. Peut-être aurait-il fallu que l’un des acteurs de cette scénette pitoyable fasse le geste de la quenelle pour que le Paris bien-pensant se mette à trépigner…
  
Par ailleurs, je ne suis pas naïf et je vois bien que toute cette polémique va au-delà du cas Dieudonné. Faire taire ce dernier (à supposer que l’on y arrive concrètement) n’est qu’une première étape pour de nombreuses personnes et organisations communautaristes qui font de la défense d’Israël leur cause prioritaire. En effet, leur ligne de mire va bien au-delà du seul humoriste. Dans les sommations adressées au gouvernement socialiste, figurent d’autres objectifs comme par exemple l’exercice d’un contrôle plus accru sur internet sans oublier le maintien de la criminalisation des appels au boycottage d’Israël ou des produits en provenance des colonies (toutes illégales, faut-il le rappeler) installées en Cisjordanie. De même, entend-on, non pas des suppliques mais de vigoureuses injonctions à légiférer pour rendre hors-la-loi le fait de se dire antisioniste. On le voit, l’affaire Dieudonné n’est que la face apparente d’un bras de fer et d’une bataille politique qui ne disent pas (encore) leurs noms.
 

(*) La Shoah et les faux amis des Palestiniens, 14 décembre 2006. Texte repris par le site Oumma.com, le 19 décembre 2006.
P.S qui n’a rien à voir avec ce qui précède mais qui est tout de même aussi important sinon plus : Bonne et heureuse année aux lectrices et lecteurs de cette chronique. Puisse 2014 nous faire oublier 2013…​
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Objectivité de l’information autour de la visite de Monsieur Reynders au Proche Orient


 

Objectivité de l’information autour de la visite de Monsieur Reynders au Proche Orient
Suite au JT de RTL-TVI du 9/11/2013, je vous prie de recevoir copie du texte que j’adresse au Directeur de l’Information de RTL, Monsieur Stéphane Rosenblatt, avec copie à Madame Caroline Fontenoy et à Monsieur Patrick Charlier, Directeur adjoint du centre pour l’égalité des chances.

Avec mes salutations distinguées,

M. P.


Monsieur,      
Madame,

 

La liberté de la presse (et donc d’expression) est le baromètre de la santé d’une démocratie, entend-t-on dire. Si cette assertion est exacte, les Belges, qui voudraient encore croire “un tout petit peu” au “respect du Droit international, garant de toute démocratie”, paraît-il, ont toutes les raisons de s’inquiéter et comme le disait Stéphane Hessel, de s’indigner,  à entendre certains JT.

Votre JT  du samedi 9/11/2013 de 19 h à cet égard fut un festival.

Présentatrice : Mme Caroline Fontenoy
Invité : M. Patrick Charlier, Directeur adjoint du centre pour l’égalité des chances.
Sujets : (à +/- 19 h 26)
– Montée de l’antisémitisme en Belgique
– Evocation de la “Nuit de Cristal”  (lire en PS)
– Intervention de Monsieur Reynders, suite à sa visite au Moyen-Orient.

Un fait de société, une évocation historique et un déplacement à but économique de notre Ministre.
Trois sujets apparemment sans aucun rapport, sauf si…..

Nous apprendrons le surlendemain (par RTL) qu’après une chaleureuse accolade avec Benjamin Netanyahu, la Belgique a signé de nouveaux accords économiques avec Israël.

Le “sentiment” de la montée de  “l’antisémitisme” en Belgique :

« 88 % des Juifs de Belgique, suivant l’enquête (laquelle? Pourquoi dans ce JT? Combien de personnes interrogées? Dans quelles villes? Comparaison avec d’autres communautés?), ont le sentiment que l’antisémitisme a augmenté en Belgique ces dernières années, en cause « la médiatisation du conflit israélo-palestinien qui contribue à la perception d’un antisémitisme grandissant dans l’enquête de 8 pays européens» (laquelle? Quels pays? Quel public cible?); Monsieur Charlier parle ensuite des propos, faits, harcèlements dont les Juifs seraient les victimes, en précisant que ces faits n’ont pas augmenté et qu’ils sont surtout visibles sur les réseaux sociaux d’internet.

Suit ensuite l’affichage d’un manifestant brandissant une pancarte (Pourquoi cette pancarte? Elle sort d’où? Portée par qui? Vous parlez du “sentiment” de Belges. Quel rapport avec Israël?)

(copie à partir du site)
ISRAEL EXERCE
SON DROIT
D’AUTODEFENCE


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En parlant du sentiment de la montée de l’antisémitisme, le terme  « judéophobie »  me semble plus correct. L’antisémitisme se réfère à « sémite »; or, en Palestine,  seuls les Palestiniens, qui ont toujours vécu sur cette terre et les Juifs qui y vivaient aussi, avant la naissance d’Israël, sont des sémites. Le terme antisémite est donc impropre.

La judéophobie dont souffre des Juifs de Belgique est inacceptable, comme toute forme de racisme ; c’est un poison, une insulte à l’intelligence,  qui doit être combattue comme la peste. Je ne fréquente jamais les réseaux sociaux. J’ai, par contre, souvent lu des « commentaires » d’articles sur des blogs qui font dresser les cheveux sur la tête; ces commentaires racistes visent surtout les Arabes ou les Africains. Nombreux aussi sont les commentaires qui critiquent l’état d’Israël et sa politique colonialiste et raciste et les Israéliens (surtout les colons) ou les non Israéliens (Juifs ou non) qui soutiennent “corps et âme”  cette politique.

A noter que  ces « inconditionnels »  défenseurs d’Israël sont souvent les plus virulents (et certains très racistes) et suivent aveuglément, sans le moindre discernement, « la ligne de conduite d’Israël » :
vous “critiquez Israël”, donc vous êtes “antisémites”.
En suivant cette logique, nombreux sont celles et ceux en effet qui sont “antisémites” dans le monde parce qu’Israël n’est pas aimé, en cause sa politique agressive et criminelle à l’encontre des Palestiniens.

Cet amalgame:  vous “critiquez Israël”, donc vous êtes “antisémites”  est voulu, entretenu par Israël, à coups de millions de dollars dépensés pour sa propagande = Hasbara. Et Israël pousse la malhonnêteté intellectuelle, l’arrogance et la perversité jusqu’à distiller auprès des Juifs non israéliens ( ici, des Belges) ce sentiment de rejet.

Cet odieux chantage, ce  “lavage de cerveaux”  (que dénoncent du reste certains israéliens) atteint des sommets dans l’ignominie lorsque Israël instrumentalise  l’horreur du génocide perpétré par les Nazis:
nous “avons toujours été persécutés”  et nous avons donc “le droit de nous défendre par tous les moyens”


Ca, c’est vraiment « dégueulasse » (je n’ai pas trouvé de synonyme)

Alors, lorsque RTL, lors d’un JT, plutôt que d’informer honnêtement et correctement ses auditeurs au sujet des atrocités commises par Israël les trompe en les manipulant, en recourant aux techniques de propagande israéliennes,  c’est honteux. Ce n’est plus du journalisme mais une collaboration avec un régime criminel.

La succession des sujets du JT dont question :

Le sentiment “d’antisémitisme”, lié au “conflit” israélo-palestinien (avec au passage une petite pancarte : Israël exerce son droit d’autodefence (sic)), l’évocation de la Nuit de Cristal (à ce moment là, hasard?), pour en arriver aux accords de coopération de la Belgique avec Israël,  ce n’est pas innocent; cela n’a d’autre but que de servir la confusion voulue par Israël et d’atténuer l’infamie du gouvernement belge qui collabore avec ce pays hors la loi; cela ne sert pas l’expression de la vérité, au contraire.


Lorsque Didier Reynders déclare :
“On sent la volonté d’aboutir, d’aller vers des négociations, en étant prêts à faire des concessions… La Belgique veut renforcer le soutien au dialogue et aux négociations de paix »,
vous savez très bien que ce n’est pas la vérité.  Monsieur Reynders aussi. Parce que les faits (par centaines), corroborés par des déclarations officielles et des écrits, prouvent le contraire.  Le gouvernement Netanyahu n’a aucune intention d’arrêter la colonisation (qui s’accélère depuis ces pseudo négociations) et il ne s’en cache pas. Ces négociations de paix sont bidons;  ne sont qu’un prétexte pour gagner du temps et imposer le fait accompli. Des concessions de la part des Palestiniens?  De quelles concessions parle-t-il ? Les Palestiniens n’en ont pas encore fait suffisamment ? Ils ont tout perdu. Il n’est plus possible d’envisager deux Etats – et vous le savez. Et Monsieur Reynders aussi.  Les Israéliens leur ont tout volé et n’acceptent de leur côté aucune concession parce qu’ils n’en ont jamais assez.

Tout ce cirque hypocrite est écoeurant et donne la nausée.

La vérité c’est que  RTL, notre gouvernement et l’UE se moquent éperdument du sort des Palestiniens:

des déplacements de populations du Neguev pour les parquer dans des ghettos après la destruction de leurs villages, des vols de terres; destructions de maisons, arrachage d’oliviers, pollution des puits ou des nappes phréatiques, incendies de champs, blessures ou mort de bétail, restriction de l’eau, arrestations administratives et tortures, arrestations et tortures d’enfants, non assistance à personnes en danger notamment dans les prisons, travail forcé d’enfants par des colons, occupation ou destruction de lieux religieux ( aussi catholiques), profanation de tombes, enfermement de près de 2 millions de personnes, bombardements au phosphore,  survol incessant de drones, coupure d’électricité, fermetures d’école, d’universités, interdiction de pêcher, de cultiver, de se déplacer, de respirer, de se soigner, de penser, de prier, de se défendre…..bref de vivre!

C’est ça la démocratie israélienne que vous défendez coûte que coûte.

Vous avez une bien curieuse conception du journalisme,
et de l’égalité,

Salutations,
M. P.

PS La rabbin Lynn Gottlieb à propos de la “nuit de cristal” et du sort des Palestiniens
Quand allez-vous réaliser que ce sont aujourd’hui les Palestiniens qui sont en danger?
http://www.europalestine.com/spip.php?article7800&lang=fr

source : par courriel

Objectif atteint pour le poème de Günter Grass


L’écrivain Allemand Günter Grass vient de publier sous forme de poème un texte qui veut alerter l’opinion de son pays sur la menace que fait peser l’arsenal nucléaire sioniste sur la paix mondiale.

Bien sûr, les partisans du régime sioniste n’ont pas tardé à pourfendre aussi bien le texte que l’homme en rappelant que le prix Nobel de littérature avait un sombre passé nazi.

Effectivement, comme beaucoup d’Allemands de sa génération, le Pape Benoît XVI par exemple, il a servi dans l’armée nazie, la Waffen-SS plus précisément.

Il convient cependant de rappeler que Günter Grass avait 17 ans en 1944…

Les autorités sionistes viennent de le déclarer persona non grata dans l’Etat voyou où on s’est empressé de le taxer d’antisémite.

M. Grass, nous dit-on aurait été unanimement cloué au pilori dans son propre pays.

Certes, il a été cloué au pilori par cette classe politique qui prétend lier indissolublement le destin de l’Allemagne à l’entité sioniste pour prix des crimes commis dans la première moitié du 20ème siècle.

Au point de prétendre dissuader le gouvernement sioniste de lancer une agression en lui offrant à prix réduit un 6ème sous-marin Dolphin capable d’emporter des missiles balistiques (plus intelligent, plus bête disait mon père).

Pourtant Günter Grass n’a fait qu’interpeller l’opinion de son pays sur la menace que fait peser l’entité sioniste sur la paix mondiale. Une menace qui est d’ailleurs claironnée par les responsables sionistes eux-mêmes qui n’ont de cesse d’annoncer leur volonté de bombarder l’Iran, si possible avec l’accord des Etats Unis, ou mieux leur participation.

Et les commentateurs Occidentaux ne se préoccupent que de la riposte éventuelle de l’Iran contre le régime sioniste, sans se préoccuper des victimes et des destructions infligées à l’Iran, sans parler de la catastrophe écologique entraînée par le bombardement d’installations atomiques.

Reste que contrairement à ce qui a été dit, Gunter Grass n’a pas été cloué au pilori dans son pays puisque nous pouvons lire que

Plusieurs manifestations pour la paix se rangent derrière Gunter Grass

ou

Nombreux soutiens à Günter Grass

Günter Grass voulait simplement lancer un débat sur la menace sur la paix que pose le gouvernement sioniste et son objectif a semble-t-il été atteint si on en juge par les soutiens qu’il a recueillis ou encore par cet édito paru dans le Spiegel, sous la plume de Jakob Augstein.

On notera bien que l’auteur de l’édito ne se départit pas d’une attitude prosioniste et hostile à l’Iran puisqu’il met dos à dos les deux pays dans le chantage à la guerre dans le contexte d’une course à l’armement atomique. Ce faisant il s’expose d’ailleurs à une charge pour antisémitisme car comment oser mettre dos à dos l’Etat juif et l’Iran ?

Or, c’est bel et bien le régime sioniste qui menace l’Iran d’une agression, et non l’inverse. C’est le régime sioniste qui dispose déjà de l’arme atomique et des vecteurs pour l’utiliser. Enfin, c’est l’Iran et non le régime sioniste qui fait l’objet de sanctions unilatérales destinées à asphyxier son économie.

Mais quand on en vient à l’Iran et au régime sioniste, comme dans l’inconscient freudien la contradiction n’existe pas.

Par exemple, Jakob Augstein écrit que

Israël, un pays qui a été entouré d’ennemis depuis des dizaines d’années, beaucoup d’entre eux considérant qu’Israël n’a pas le droit d’exister – quelles que soient ses options politiques.

Pourtant, si on examine les pays qui sont à proximité de l’Etat sioniste, nous en voyons deux (l’Egypte et la Jordanie) qui sont liés par traité avec lui ; Chypre qui fait partie de l’Union Européenne et est de ce fait tout sauf ennemie de l’Etat sioniste, et la Turquie qui a longtemps été le seul pays musulman à reconnaître l’Etat juif. Restent deux pays en état de conflictualité armée avec Tel Aviv : le Liban et la Syrie, aucun des deux ne représentant une menace réelle. On peut ajouter l’Arabie Saoudite qui est plutôt une alliée objective du gouvernement sioniste.

Alors où Jakon Augstein trouve-t-il ce « beaucoup » ? Mystère !

Un point de vue sur Günter Grass

Pourquoi nous avons besoin d’un débat ouvert sur Israël

Un commentaire de Jakob Augstein, Der Spiegel (Allemagne) 6 avril 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Israël est-elle une menace pour la paix mondiale? L’écrivain Allemand Günter Grass a été taxé d’antisémite cette semaine pour l’avoir affirmé dans un nouveau poème. Mais si ces vers n’auront peut-être pas de prix littéraire, Grass a donné le coup d’envoi d’un débat important –  et attendu depuis longtemps. Et il a raison.

Ce n’est pas un grand poème. Ce n’est pas non plus une brillante analyse politique. Mais les quelques lignes que Grass a publiées sous le titre « Ce qui doit être dit » seront vues un jour comme ses mots qui auront eu la plus forte influence. Ils marquent une rupture. C’est cette simple phrase que nous ne pourrons pas ignorer à l’avenir : «La puissance nucléaire d’Israël met en danger une paix mondiale déjà fragile.»

C’est cette phrase qui a déclenché un tollé. Parce qu’elle est vraie. Parce que c’est un Allemand, un prix Nobel qui l’a dite. Parce que c’est Günter Grass qui l’a dite. Et c’est là que réside la rupture du tabou. Et c’est pour cela qu’il faudrait remercier Grass. Il a pris sur lui de dire ces mots pour nous tous. Un dialogue très tardif a commencé.

C’est une discussion sur Israël et sur l’éventualité de préparatifs d’Israël pour une guerre contre l’Iran, un pays dont le président Mahmoud Ahmadinejad a menacé Israël dont il parle comme d’un «cancer» qui doit être «rayé de la carte.» Israël, un pays qui a été entouré d’ennemis depuis des dizaines d’années, beaucoup d’entre eux considérant qu’Israël n’a pas le droit d’exister – quelles que soient ses options politiques.

C’est une guerre qui pourrait précipiter le monde dans l’abîme. Quand un Allemand parle de ce genre de choses, l’Allemagne doit participer à la discussion avec sa responsabilité historique.

Ce genre de débat suit un modèle préétabli. Grass savait qu’il serait taxé d’antisémite – un risque pris par n’importe quel Allemand qui critique Israël. De fait, Mathias Döpfner – le responsable de la maison d’adition Axel Springer, la société mère de Bild, le plus grand journal quotidien du pays – a accusé Grass « d’antisémitisme politiquement correct » dans un éditorial paru jeudi. Döpfner, un homme qui se targue d’être le gardien des relations israélo-allemandes, suggérait aussi que Grass devrait être envoyé dans un centre de réhabilitation historique tout en lançant quelques piques sur la participation longtemps tenue secrète de Grass à la Waffen-SS. Oui, Grass dait faire face également à ce genre d’accusation.

Grass est un réaliste

Mais Grass n’est ni un antisémite, ni un zombie de l’histoire allemande. Grass est un réaliste. Il dénonce le fait que les installations nucléaires israéliennes « ne soient pas accessibles à des inspections.» Il objecte à la politique allemande en matière d’exportations d’armes avec la livraison à Israël d’un autre sous-marin capable de lancer des missiles nucléaires. » Et il rejette d’un ton las « l’hypocrisie de l’Occident,» qui – il ne le dit pas explicitement – a été le principe directeur de nos politiques au Moyen Orient, de l’Algérie à l’Afghanistan.

Grass écrit aussi des absurdités. Il poursuit en expliquant pourquoi il s’est tu si longtemps et pourquoi il ne gardera plus le silence maintenant – « âgé et avec mes dernières gouttes d’encre » – et qu’il veut libérer les autres du sentiment de devoir rester silencieux. Cette partie n’est pas très bien formulée. Il avertit aussi du risque d’annihilation du peuple iranien, ce qui n’est certainement pas prévu dans l’agenda politique israélien. Le teste aurai pu être mieux protégé contre la critique. Mais il atteint néanmoins son objectif.

Après tout, quelqu’un nous a enfin tirés de derrière l’ombre des paroles prononcées par la chancelière Angela Merkel lors d’une visite à Jérusalem en 2008. A l’époque, elle avait dit que la sécurité d’Israël relevait de la raison d’Etat pour l’Allemagne. Pour éviter tout malentendu, avait-elle ajouté, « C’est une réalité, et non des paroles qui resteraient vaines si venaient des temps difficiles.»

Helmut Schmidt, chancelier Allemand de 1974 à 1982, avait dit qu’avoir un sentiment de responsabilité pour la sécurité d’Israël est « compréhensible émotionnellement » mais est une conception  téméraire qui pourrait avoir des conséquences graves.». Si une guerre éclatait entre Israël et l’Iran, poursuivait-il, « alors, selon cette conception, les soldats Allemands devraient combattre également.» Depuis cette époque, Israël a considéré l’Allemagne comme étant le seul pays, avec les Etats Unis, sur lequel elle peut compter.

Le monde retient son souffle

Actuellement, avec le soutien des Etats Unis dont les présidents doivent s’assurer du soutien des organisations du lobby juif en période électorale ainsi qu’avec celui d’une Allemagne où la repentance historique a pris une dimension militaire, le gouvernement Netanyahou tient en haleine le monde entier. « L’Israël de Netanyahou a dicté l’ordre du jour au reste du monde comme aucun petit Etat n’a jamais pu le faire auparavant, » écrit le journal israélien Haaretz. Des cours du pétrole au terrorisme, le monde a de nombreuses raisons de craindre une guerre entre Israël et l’Iran.

Personne ne prétend que l’Iran dispose déjà d’une bombe atomique. Personne ne sait si l’Iran travaille vraiment à une telle bombe. Au contraire, les responsables des services secrets américains pensent que l’Iran a stoppé son programme de développement d’armes atomiques en 2003.

Ces éléments n’intéressent cependant pas les Israéliens. Pour eux, la question n’est plus d’empêcher les Iraniens d’obtenir la bombe atomique. Il s’agit maintenant d’empêcher – et plus d’être en mesure d’empêcher – les Iraniens d’être en capacité de produire une telle bombe. Ils ne veulent pas s’embarrasser du problème qu’ont eu les USA avec l’Irak. Les Américains continuaient à penser qu’ils devaient donner la preuve que leur adversaire disposait d’armes de destruction massive. Mais ces preuves n’avaient pas pu être trouvées en Irak – pas plus que de telles armes. Alors, les Américains avaient simplement fabriqué les preuves dont ils avaient besoin.

Israël a lancé un ultimatum au monde. Elle ne veut pas fournir de preuves que l’Iran possède une bombe. Elle ne veut pas non plus apporter de preuves que l’Iran serait en train de construire une bombe. La position d’Israël est simple : elle ne veut pas que l’Iran atteigne la «zone d’immunité.»

En conséquence, Israël menace de lancer une attaque avant que les Iraniens soient en mesure d’enterrer leurs installations atomiques si profondément sous la roche que même les bombes anti-bunkers les plus puissantes ne pourraient plus les atteindre.

Il est temps de faire pression sur Israël

Israël et l’Iran jouent une partie de poker que tous les deux peuvent gagner tant qu’il n’y a pas de guerre. La presse tabloïd qualifie Ahmadinejad de «cinglé de Téhéran.» Mais il n’est pas fou. Il veut rester au pouvoir et a réprimé l’opposition dans son pays dans ce but. Le sang avait coulé il y a trois ans quand il avait écrasé des manifestations contre son pouvoir, mettant en prison de nombreux opposants dans la foulée.

Ahmadinejad laisse intentionnellement le monde dans le flou sur ses intentions pour le nucléaire. Il profite de son ambigüité stratégique tout comme les Israéliens profitent de leurs menaces de guerre. Les deux pays s’aident l’un l’autre à étendre leur influence bien au-delà de ce que leurs dimensions méritent réellement.

De façon perverse, ils se retrouvent en état de dépendance mutuelle. Et les choses auraient pu rester leur problème propre s’ils n’avaient pas pris le monde entier en otage. Comme l’écrit Grass, le temps est venu d’exiger « un contrôle permanent et sans entraves du potentiel nucléaire d’Israël et des installations nucléaires de l’Iran par une entité internationale qui aurait l’approbation des gouvernements des deux pays » .

En ce moment, l’Iran éprouve la pression des sanctions. Mais le temps est venu d’exercer certaines pressions sur Israël aussi. Remarquez que celui qui dit ce genre de chose n’est pas en train d’essayer « de relativiser la culpabilité des Allemands en transformant les Juifs en fautifs» comme l’affirme Mathias Döpfner. Nous ne parlons pas ici d’histoire de l’Allemagne. Nous parlons du monde. Et nous parlons du temps présent.

Réaction à l’article « Pourquoi les Juifs de Belgique ont peur » ?


Madame la rédactrice en chef,
je vous fais parvenir ma réaction à l’article paru dans le vif la semaine dernière (v. pièce jointe),
je vous saurais gré de présenter un résumé de mon article dans le courrier des lecteurs.
Je vous prie également de demander à vos services de mettre fin à mon abonnement à l’hebdomadaire.
veuillez croire, madame, à mon expression de citoyenne critique et sincère.
Anne Mottart

(article paru dans  l’hebdomadaire  « le vif » – du 2 au 8 décembre.)

Si  je suis entièrement d’accord avec  l’auteur de l’article Marie-Cécile Royen, quant à la dénonciation  ferme, sans équivoque,  quant  au refus et sanctions contre toute forme de discrimination, violence physique, verbale, psychologique à caractère raciste, y compris à l’égard de citoyens, de citoyennes, de  jeunes de la communauté juive ;

Je suis par contre étonnée du manque d’analyse et de réflexion politique quant à la recherche des  racines et des différents facteurs qui, dans  le contexte actuel  du conflit du Proche Orient, entrainent un sursaut  de  comportements de haine et rejet  à l’égard des Juifs :

C’est évident qu’il y a partout en Europe une toile de fond  d’antisémitisme et de vieux clichés qui se perpétuent depuis des générations ,et contre lesquels  il faut combattre à tout prix ;

Mais, comment ne pas s’interroger  sur la politique d’occupation menée par l’état d’Israël, depuis des dizaines d’années, et qui ne peut que continuer à engendrer des réactions de colère et de révolte ?: de  la part des communautés arabes, mais aussi de plus en plus de citoyens en Belgique, en Europe, dans le monde.

Non, nous ne sommes pas cette « nuée d’ONG et d’ASBL, et un parti –Ecolo/Groen » qui prônons    le boycott  à l’égard des produits Israéliens  comme si ce pays entretenait un régime d’apartheid »(sic) ;

Non, nous ne sommes pas non plus « cette droite déjantée, une partie de la gauche tiers-mondiste, ni  même  extrême gauche stalinienne » qui faisons « une critique obsessionnelle  de l’état d’Israël »  et offrons une « caution intellectuelle à certains débordements » (sic) .

Il est terriblement dangereux  d’amener la confusion, et de faire passer la réaction citoyenne , légitime , portée par des  personnalités ( tel Stéphane Hessel, qui critique ouvertement la politique d’Israël), mais aussi par des partis, des syndicats, des mouvements citoyens…comme une dérive de l’antisémitisme vers l’antisionisme .

Il existe un mouvement extrémiste dans  ce sens, et il faut le condamner.

Mais ce n’est pas le nôtre.

Au contraire, c’est au nom des libertés individuelles et collectives, et au nom de la reconnaissance et de l’existence d’un Etat palestinien, que demande d’ailleurs le parlement européen, que nous nous engageons.

Ces libertés sont brimées chaque jour par l’armée israélienne :

arrestations et détentions arbitraires,

destruction de maisons, d’écoles, de mosquées, d’oliviers ;

poursuite de la colonisation sauvage et illégale, en Cisjordanie, à Jérusalem-Est ;

de même celle du mur d’apartheid,

séparation entre villes et villages palestiniens, humiliations aux check-points…

Autant de violations du droit international et des libertés individuelles et collectives, quotidiennes, et qui ne sont jamais sanctionnées.

J’observe que l’auteur de l’article argumente en puisant  à des sources unilatérales (l’historien Joël Kotek, président du CCOJB.- comité de coordination des organisations  juives de Belgique ) ; c’est ne pas reconnaître des positions défendues par d’autres :

comme l’Union progressiste des juifs de Belgique (UPJB.) ; les nombreux mouvements citoyens, partis, syndicats qui analysent en profondeur et cherchent à comprendre les racines du conflit « importé chez nous ».Le centre pour l’égalité des chances est lui-même critiqué (pour ne pas agir suffisamment contre les actes d’agression). Mais lui a-t-on laissé l’occasion de démonter les mécanismes qui conduisent à de tels actes ?

Personnellement, je reviens d’un voyage en Cisjordanie, et je ne peux que voir, et dénoncer, depuis mon 1er voyage en 2006, la croissance et le nombre de colonies, d’annexions, de destructions en Palestine, mais aussi à  Jérusalem-Est.

Je reviens également  des « Halles de Schaerbeek » où est organisée depuis le 1er  décembre jusqu’au 17  une exposition consacrée à « brisons le silence » une association israélienne qui  regroupe d’anciens soldats de l’armée israélienne, des jeunes qui ont fait leur service militaire et ont servi dans les territoires occupés  et qui dénoncent les violences et brutalités quotidiennes  de l’armée  à l’égard des Palestiniens.  A travers leurs témoignages  directs, les photos,  vidéos ,  nous découvrons l’horreur de l’occupation militaire, de l’arbitraire, des violences ; mais aussi de la militarisation de la société israélienne , ce qui pousse leur organisation «  brisons le silence », à aider des jeunes, filles et garçons à « refuser » le service militaire et refuser de  servir dans l’armée d’occupation.

Cette critique est  d’ailleurs renforcée par la voix d’artistes, de journalistes, d’associations pour la paix, israéliens qui dénoncent cette politique d’occupation.

Voilà des voix, et ce type d’analyse qu’on souhaiterait voir et entendre à travers la presse et nos medias.

Anne Mottart

Professeur d’Histoire, membre de l’association « paix juste au Proche orient,  Nivelles ».

Trois réponses aux textes de la Journaliste Marie-Cécile Royen,


Le Vif l’Express du 2 au 8 décembre 2011.
Trois réponses aux textes de la Journaliste Marie-Cécile Royen,
“Pourquoi les Juifs de Belgique ont peur” et “Camille, sale juive”


Madame,

Toute forme de racisme doit bien entendu être sanctionnée.
Le racisme est un poison, l’expression de la plus grande bêtise humaine.
Ceci dit, le titre de votre magazine me paraît déjà suspect.
A moins que, lors des prochaines parutions, vous vous posiez les mêmes questions au sujet des Arabes, des Africains, des Turcs, des Roms… de Belgique qui, selon moi, ont plus de raisons de se plaindre de racisme et de ségrégation!
Vous n’êtes certainement pas sans savoir que beaucoup d’enfants d’origine maghrébine ou turque sont refusés d’inscription dans certaines établissements “dits huppés” de la capitale (cf les difficultés pour appliquer la réforme d’inscription voulue par la Ministre de l’enseignement).
Des Africains se voient refuser la location de certains appartements. Des Belges bien blancs refusent de se faire soigner par des infirmières noires, etc.
Pourquoi n’avez-vous pas consacré votre magazine au racisme, en général?
Ou, à tout le moins, pourquoi n’avez-vous pas établi plusieurs graphiques comparatifs, en fonction des catégories culturelles/religieuses en Belgique? (suivant les régions).

Je voudrais ajouter ceci: il suffit d’aller consulter des sites “juifs” ou d’écouter Radio Judaïca pour réaliser à quel point certains juifs sont eux aussi racistes et surtout négationnistes vis-à-vis des arabes et des Palestiniens en particulier.  “Les Palestiniens n’ont aucun droit, n’ont jamais occupé cette terre, sont des terroristes… Les Gazaouis n’ont aucune raison de se plaindre...”, propos tenus et ressassés par le gouvernement israélien. Si les chaînes satellitaires que vous citez, notamment Al Manar tiennent des propos racistes ( je ne  les connais que de nom), elles n’en ont pas le monopole. Radio Judaïca, qui elle, est une radio belge, est une radio de pure propagande qui distille en permanence son venin à l’adresse des Palestiniens et des mensonges éhontés.

Votre dossier d’autre part est émaillé de nombreuses contrevérités, approximations ou erreurs qui entretiennent “volontairement?” la confusion  d’un lecteur non averti.  Le ton et les termes (souvent mensongers) ne sont pas innocents. Ce n’est intellectuellement pas honnête de recourir à de tels procédés pour une journaliste.

Un exemple:
“La critique  obsessionnelle de l’Etat d’Israël par une certaine droite déjantée!, une partie de la gauche tiers-mondiste! et l’extrême gauche stalinienne! offrent une caution intellectuelle à certains débordements”. Etc etc etc

La critique de l’Etat d’Israël n’est pas obsessionnelle mais est justifiée par des faits avérés.

Israël est un Etat raciste qui pratique l’apartheid (contrairement à ce que vous affirmez: … Cela n’empêche pas une nuée d’ONG et d’ASBL – de prôner le boycott à l’égard des produit d’Israël, comme si ce pays entretenait un régime d’apartheid). Cf les conclusions du Tribunal Russell, suite aux constatations sur le terrain.
Des milliers de citoyens à travers le monde (ne faisant pas nécessairement partie des catégories idéologiques citées) manifestent contre cette politique d’apartheid et encouragent la campagne BDS parce que les femmes et les hommes politiques de notre pays et l’UE  ne prennent aucune sanction vis-à-vis des violations systématiques des Droits de l’Homme à l’égard des Palestiniens et de la non observance du Droit International.

La campagne BDS s’arrêtera lorsque Israël appliquera le Droit International. Elle ne vise pas une population; elle vise la politique d’un Etat; adhérer à cette campagne ne peut donc être assimilé à de l’antisémitisme!L’antisémitisme  que vous dénoncez ne doit pas constituer une arme pour occulter une politique colonialiste inacceptable.
Dans le même ordre d’idées, il est ODIEUXd’instrumentaliser la “Shoah” et donc ses victimes. Cette horreur que fut la “Shoah” permettrait donc à Israël  de continuer à être au-dessus des lois?Pourquoi des Belges de confession juive, qui dénoncent le racisme, soutiennent-ils(elles) un Etat raciste?
La vraie responsabilité revient à l’Etat d’Israël qui se veut être “l’Etat de tous les Juifs” (oubliant bien sûr les 20 % d’Israéliens arabes).

A quand l’Italie, l’Etat de tous les Chrétiens et dehors ceux qui ne le sont pas…?

L’Etat d’Israël voudrait en fait pouvoir continuer sa politique colonialiste raciste sans la moindre entrave.
“Les lois qui nous sont favorables doivent être appliquées.  Les autres bien entendu ne nous concernent pas. Si vous critiquez notre politique raciste, vous êtes antisémite!”

La lecture de votre dossier donne entièrement raison à ce constat.

Après lecture de ce  courriel, vous me taxerez donc, probablement,  d’antisémite.Bien à vous,Mireille Péromet
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Michel Staszewski 
A propos  de votre dossier « Pourquoi les Juifs de Belgique ont peur »Je suis, juif, professeur d’histoire dans une école secondaire d’un quartier populaire de Bruxelles où, parmi une population scolaire très multiculturelle, les élèves d’origine arabo-musulmane sont les plus nombreux. A l’occasion de cours concernant le nazisme et la Seconde Guerre mondiale, une minorité d’élèves (qui ne sont pas tous d’origine arabe ou musulmane) émettent des propos qui trahissent leurs préjugés à l’encontre des juifs : ils seraient riches et contrôleraient secrètement le monde.
A l’examen, il apparaît que ces mêmes élèves croient aussi souvent que les juifs de Belgique sont titulaires d’une double nationalité : la belge et l’israélienne.  Le problème est que l’Etat d’Israël et ceux qui soutiennent la politique de ses dirigeants font tout pour entretenir la confusion :  Israël est présenté comme « l’Etat des Juifs » et le sionisme, idéologie officielle de cet Etat (curieux pour un Etat qui se dit démocratique),  comme le « mouvement de libération nationale du peuple juif ». Le comble de la confusion est atteint quand l’« Observatoire européen de l’antisémitisme et de la xénophobie » définit comme antisémite l’affirmation que l’Etat d’Israël a un caractère raciste.
Tout juif que je suis, je refuse pour ma part de fermer les yeux sur le racisme d’Etat qui règne en Israël, non seulement dans les territoires que cet Etat occupe et colonise depuis des dizaines d’années mais également dans l’Etat d’Israël lui-même, où les habitants palestiniens, qu’ils bénéficient ou non de la citoyenneté israélienne sont continuellement et gravement discriminés. La troisième session du Tribunal Russel sur la Palestine, réunie récemment en Afrique du Sud, a clairement établi que l’Etat d’Israël se rend coupable du crime d’apartheid. Quand donc Le Vif fera-t-il savoir à ses lecteurs que tous les juifs de Belgique ne sont pas sionistes et ne pensent pas comme Vivianne Teitelbaum que tous les antisionistes sont forcément des antisémites ?

Michel Staszewski

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Objet : Journalisme & Ethique?

Date : samedi 3 décembre 2011 18:08

De : Rudi Barnet

À : Marie-Cécile ROYEN

Madame

Je découvre vos articles “Pourquoi les Juifs ont peur” et “Camille, “sale juive” (Le Vif du 2/12 2011).

Triste, affligeant!

Comme tout citoyen respectueux de ses semblables, je déplore ce qui est arrivé aux petites Océane et Camille… Comme sont déplorables les insultes que subissent quotidiennement les petites Fadila, Arthur ou Chang (“Sale Marocaine” “Sale Belge” ou “Sale Chinois”).

Le racisme est une honte!…Toute forme de racisme!

Mais il est pervers d’épingler, comme vous le faites, le cas de ces deux jeunes filles, écartant ainsi celui de ces centaines, voire des milliers, de citoyens qui sont injuriés chaque jour dans les rues de Bruxelles.

C’est le racisme qu’il faut épingler… Et la Communauté juive de Belgique n’est certainement pas la plus touchée par ce fléau.

A quand un dossier aussi important sur la peur des  autres communautés religieuses et/ou culturelles?

Visiblement, faisant fi de l’éthique journalistique, vous vous êtes muée en militante des positions du CCOJB… cette officine du régime israélien qui prétend fallacieusement représenter la Communauté juive de notre pays et qui tente en permanence d’amalgamer religion juive et politique israélienne.

En mêlant constamment la défense de leur communauté avec celle d’un régime criminel, ces gens tentent de manipuler l’opinion et portent une lourde responsabilité dans le développement des conflits inter-religieux en Belgique… Vous et votre hebdomadaire êtes complices de cette opération de propagande orchestrée par le gouvernement israélien actuel.

En avez-vous conscience?

Il suffit d’être un démocrate attaché aux Droits de l’Homme – ce que je suis – pour condamner le régime des Lieberman, Barak et consorts, et ne jamais, en même temps, accepter un quelconque propos raciste… Tel, simple exemple, celui de Mr Rubinfeld déclarant sur “Radio Judaïca”, au moment de “Plomb Durci” : “Ceux qui sont contre Israël sont des animaux, des chiens enragés, des hyènes ! » (sic).

Comme vous voyez, le racisme n’est pas toujours là où on le croit.

N’ayant guère d’espoir de vous voir prendre la peine de vous informer sur les tenants et aboutissants du drame palestinien, je me contenterai de vous joindre deux courts textes (pas le moindre antisémitisme là-dedans) : “La Dernière Colonie de Peuplement” et “Pense-bête à l’intention du journaliste chargé du Moyen-Orient”.. En espérant, quand même, qu’ils vous seront utiles.

Rudi Barnet

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