Un antisémitisme sans Juifs, ni antisémites (c’est possible)


José Apezarena est un journaliste bien connu en Espagne. C’est un spécialiste de la famille royale espagnole mais son travail ne permet pas de le comparer à un Stéphane Bern espagnol car, sauf le respect que je dois à S. Bern, M. Apezarena est avant tout un professionnel du journalisme comme on peut le constater sur la page Wikipedia qui lui est consacré.

José Apezarena anime un blog dans lequel il attire à juste titre notre attention sur une démarche caractéristique des sionistes quand ils veulent asseoir leur emprise sur les élites d’une nation.

L’antisémitisme dans une Espagne sans Juifs ni antisémites

Par José Apezarena, El Confidencial (Espagne) 29 novembre 2011 traduit de l’espagnol par Djazaïri

La vérité, c’est que quand j’ai lu l’invitation, j’en suis resté pantois.

Il s’avère que demain, se tiendra à Madrid un séminaire da caractère international sur l’antisémitisme, et que c’est la quatrième fois qu’il est organisé.

Il est sous le patronage des communautés juives d’Espagne et il s’ajoute ainsi aux efforts d’organismes européens pour parler d’un phénomène qui, à ce qu’il semble, n’est pas éradiqué.

Ce qui m’a étonné, c’est que pour ce que j’en sais, l’Espagne est un cas particulier d’antisémitisme.

Selon la fédération [juive], les Juifs représentent 0,1 % de la population, les niveaux d’antisémitisme sont, d’après des études sociologiques, parmi les plus élevés d’Europe, mais la majorité des dirigeants et des communicateurs considèrent qu’il n’y a pas de préjugé anti-juif [en Espagne].

Nous pouvons donc conclure qu’on aurait en Espagne un antisémitisme (presque) sans Juifs et sans antisémites. Un paradoxe, pour le moins.

Par conséquent, l’objectif de ce séminaire est de retourner l’invisibilité et la négation du problème [c.à.d. de créer le problème, note de Djazaïri] de l’antisémitisme en Espagne. A voir comment ils vont faire.

Gilad Atzmon répond à ses détracteurs


mardi 25 octobre 2011 – 15h:27

Gilad Atzmon


info-palestine.net dit : Suite à notre publication d’une interview de Gilad Atzmon traitant de son dernier ouvrage The Wandering Who, nous avons été sommés de retirer l’article en question, et Gilad Atzmon a été traité de raciste et d’antisémite.
Refusant de nous laisser entraîner dans une polémique stérile et sans fin qui ne peut que nous écarter de notre objectif fondamental qui est notre soutien à la cause palestinienne, nous avons retiré l’article en question, alors que les questions soulevées ne justifiaient en rien les accusations proférées de façon tout à fait incantatoire contre l’auteur du livre.

Informé des accusations dont il était l’objet, Gilad Atzmon a souhaité réagir par ce premier courrier, que nous avons traduit et mettons en ligne ici.

Nous considérons que les questions soulevées par G. Atzmon méritent discussion, et non pas simple dénonciation. A croire qu’il ait mis le doigt là où cela fait vraiment mal… Il est légitime de questionner l’engagement anti-sioniste de n’importe quel composante du mouvement de solidarité avec la Palestine, et c’est par un argumentaire qu’il faut répondre et non pas par des anathèmes.

Gilad Atzmon a souhaité que nous lui donnions la parole, et c’est ce que nous décidons de faire car la censure ne fait pas partie de nos méthodes. Mais nous considérons aussi que pour notre site, la question est à présent close.

Nous nous permettons de regretter une dernière fois que certaines composantes du mouvement de solidarité s’arrogent un droit de censure et lancent des accusations sans fondement plutôt que de faire le choix du débat. Les arguments d’autorité, dont nous avons tous trop souvent souffert dans la vie politique, ne génèrent que des rancoeurs et des unanimismes de façade…

A bon entendeur !…

La rédaction d’info-Palestine.net

(JPG)

Gilad Atzmon est né en Israël en 1963 et il a suivi une formation musicale à l’Académie de musique Rubin de Jérusalem (Composition et Jazz). En tant que multi-instrumentiste, il joue du saxo soprano, alto, ténor et baryton, de la clarinette et de la flûte. Son album Exil a été couronné par la BBC « l’album de jazz de l’année » en 2003. Ses albums – il en a enregistré neuf à ce jour – explorent souvent des thèmes politiques et la musique du Moyen-Orient. Gilad Atzmon est aussi un écrivain prolifique, très souvent traduit en de nombreuses langues. Son dernier ouvrage The Wandering Who traitant de l’identité politique juive est en cours de publication.

Courrier de Gilad Atzmon, daté du 22 octobre 2011

Il est plutôt triste que les « « deux cellules politiques » (UJFP et IJAN) persistent à m’attribuer certaines idées « antisémites » ou « racistes ». Je suppose que chacun est en mesure de constater que toutes les citations qu’ils reprennent (dans la lettre de l’UJFP) se réfèrent à la culture juive et non au peuple juif. Dans l’intégralité de mes travaux, il n’y a aucune référence aux Juifs en tant que peuple, race ou ethnie. Ce que je critique, ce sont la politique, la politique identitaire et la culture juives.

Voici une liste des gens qui apprécient mon livre. Comme vous pouvez le voir, dans cette liste, vous trouvez les plus grands humanistes de notre temps. Seraient-ils tous des fous, des racistes, des antisémites ? Je ne le pense pas…

Les promoteurs du livre :

« Gilad Atzmon a décidé d’ouvrir la boîte de Pandore, et il lance un débat qui, depuis trop longtemps, est resté désespérément en sommeil. Ses expériences sont plus authentiques, ses opinions sont sans concession, et, parfois, provocatrices. Il doit être lu et débattu. » Ramzy Baroud, Palestine Chronicle

« Une histoire transformatrice racontée avec une intégrité à toute épreuve que tous ceux (spécialement les Juifs) qui se préoccupent d’une paix véritable, de même que de leur identité propre, ne devraient pas seulement lire, mais y réfléchir et en débattre largement. » Professeur Richard Falk.

« Fascinant et provocateur. » Professeur John J. Mearsheimer

« L’idée d’Atzmon sur l’organisme créé par le mouvement sioniste est explosive. » Professeur William A. Cook

« Un travail de pionnier qui mérite d’être lu et Gilad Atzmon est courageux d’avoir écrit ce livre ! » Dr Samir Abed-Rabbo

« L’évasion de Gilad d’une claustrophobie spirituelle vers un humanitarisme libre et ouvert est sans peur. » Robert Wyatt

« Dans son style imperturbable inimitable, Atzmon diagnostique l’abcès dans la dent de sagesse juive – le tribalisme de l’exil – et l’incise. Ouch ! » Eric Walberg, Al Ahram Weekly

« C’est plus qu’un exercice universitaire, c’est une révélation ! » Lauren Booth, Press TV

« Une analyse brillante qui montre que ce qui semble être des contradictions dans l’identité juive est basé sur un comportement politique non seulement intelligible mais prévisible. » Jeff Blankfort

« Atzmon possède le courage – si profondément absent chez les intellectuels occidentaux. » Professeur James Petras

« Après avoir connu Gilad pendant 25 ans, j’ai lu le livre en anglais, je l’ai entendu en hébreu et j’y ai réfléchi en arabe. Gilad Atzmon est d’un courage incroyable. » Dr Makram Khoury-Machool

« Une réalisation fascinante. » Dr Oren Ben Dor

« Gilad Atzmon est quelqu’un qui comprend ce que veut dire être intellectuel. » Kim Petersen, Dissident Voice

« Gilad Atzmon est le Moïse de notre temps, qui nous appelle tous à sortir de l’Égypte de nos nationalismes, racismes, exceptionnalismes et peuple-choisismes absurdes pour aller vers une forme d’universalisme humaniste. » Dr Kevin Barrett

« Peut-être que seul un musicien pouvait écrire cette complainte sensible, pertinente, sur la façon dont tant de Juifs qui croient faire « ce qui est bon pour les Juifs », ont réussi à extraire le cœur de la nation palestinienne et faire que cette tragédie soit considérée comme dans l’ordre naturel des choses. » Kathleen Christison

« The Wandering Who ? (L’Errance de qui ?) de Gilad aurait enchanté Albert Einstein de même qu’il sera un ennemi horripilant pour les idéologues d’Abe Foxman (directeur de la Ligue anti-diffamation américaine). » Dr Paul Balles

« Un livre qui va en secouer quelques-uns… » Gordon Duff

« Stimulant, provocateur et persuasif. » Jeff Gates

« Quand vous aurez fini de lire ce livre, vous verrez probablement un autre visage dans le miroir. » Professeur Garrison Fewell

« The Wandering Who déconstruit l’identité politique unique qui façonne la réalité de la nation juive et les crimes commis en son nom. En tant que non-juif, je l’ai trouvé éclairant ! » Sameh Habeeb, Palestine Telegraph

« Gilad Atzmon explore les dilemmes que le sionisme a créés chez ses membres. » Neil Berry, Arab News

« C’est un témoignage très touchant qui devrait être lu par tout le monde. » Silvia Cattori

« Le dernier prophète juif. » Professeur William T. Hathaway

« Atzmon est un iconoclaste. » Dr Paul Larudee

« Une brillante, courageuse étude de même qu’une réflexion critique sur l’ethnocentrisme juif. » Rainlore’s World of Music

« Comme les vrais conteurs de valeur, Atzmon peut s’attendre au courroux des pouvoirs en place et de leurs sous-fifres, en récompense de ce qu’il révèle. Les gens comme Atzmon auront joué un rôle crucial dans notre libération de nous-mêmes si effectivement nous réussissons à survivre. Amour et respect à mon frère Gilad Atzmon. » Ken O’Keefe

« Le cadeau magique et pourtant extrêmement subtil que Gilad Atzmon offre à travers ses cheminements personnels dans The Wandering Who ? est la sagesse de la désillusion. » Shahram Vahdany, MWC News

« L’écriture d’Atzmon ne respecte pas les vaches sacrées. Son esprit est mordant, son idée et sa logique indiscutables. » Richard A. Siegel

« Parfois, ce qu’il faut, c’est un provocateur bravache, abrasif comme catalyseur pour un véritable débat. » Sunny Singh

« C’est un livre très perspicace et instructif. » Roy Ratclifffe

« L’appréciation la plus exacte à ce jour sur l’identité et la conduite politique juives. » Today’s Jewsih Heroes

(Appréciations également sur : http://www.gilad.co.uk/the-wanderin…)


De Gilat Atzmon, publié sur le site Info-Palestine ces dix-huit derniers mois :

-  Liam Fox n’est pas un « idiot utile »
-  « Être dans le temps »
-  « Palestine, Israël, Allemagne : les limites du débat ouvert » Conférence, Fribourg, Allemagne – 10 et 11 septembre
-  Massacre en Norvège : en savoir plus sur le lien avec la droite juive
-  La loi ’herem’ dans le contexte du passé et du présent juifs
-  Civilisation israélienne ?
-  Le Mur
-  Israël et le sionisme : Un projet unique dans l’histoire
-  Ce que j’ai dit à Stuttgart
-  Lévy, le philosophe français
-  Ein Hod, ‘Aïn ‘Awd et le péché originel israélien
-  Le buisson ardent
-  Tout ce que peuvent espérer les 200 criminels de guerre israéliens, c’est une amnistie palestinienne…
-  Changement : les sionistes font preuve de tolérance
-  Les vandales proisraéliens à l’assaut de Wikipédia
-  Les tirs et les larmes
-  Crucifixion de la gentillesse
-  L’idéologie juive et la paix mondiale
-  Boucherie israélienne en pleine mer
-  Le temps qu’il reste… pas des masses, pour Israël
-  En route pour Athènes
-  Bienvenue au club des humoristes juifs !

22 octobre 2011 – Communiqué par l’auteur – Traduction : JPP

Une émission sur la Palestine déclenche une polémique avec la communauté juive


En cause : un numéro du magazine "Un oeil sur la planète" diffusé lundi et intitulé "Un Etat palestinien est-il encore possible ?".

En cause : un numéro du magazine « Un oeil sur la planète » diffusé lundi et intitulé « Un Etat palestinien est-il encore possible ? ».AP/CHRISTOPHE ENA

La diffusion sur France 2 d’une émission sur les territoires palestiniens a déclenché une polémique, obligeant la direction de la chaîne à rencontrer prochainement l’ambassadeur d’Israël et les représentants de la communauté juive en France, a indiqué samedi 8 octobre le groupe public.

« Des rendez-vous ont été pris entre l’ambassadeur d’Israël et le CRIF (le Conseil représentatif des institutions juives de France, ndlr), et le président de FranceTélévisions Rémy Pflimlin, avec Thierry Thuillier« , le directeur de l’information de France Télévisions, a indiqué la chaîne. A l’origine de cette polémique, un numéro du magazine « Un oeil sur la planète » diffusé lundi et intitulé « Un Etat palestinien est-il encore possible ? ».

« INTENSE ÉMOTION ET UNE STUPÉFACTION ÉCOEURÉE »

Cette émission « a entraîné au sein de la communauté juive une intense émotion et une stupéfaction écoeurée », a déclaré le président du CRIF, Richard Prasquier, dans une lettre ouverte à Rémy Pflimlin. Il a jugé que l’équipe qui l’a réalisée « a présenté, d’un conflit complexe, une image caricaturale et unilatérale »« en distordant les causalités, en ridiculisant l’adversaire, sans éviter les insinuations à la limite des théories conspirationistes antisémites ». M. Prasquier a demandé derencontrer Rémy Pflimlin.

L’ambassade d’Israël à Paris n’était pas joignable samedi, jour du Yom Kippour, leGrand Pardon, la fête la plus importante du judaïsme. Un groupe a parallèlement été créé sur Facebook, « Boycott France Télévisions », demandant que la chaîne« revienne sur cette émission et présente des excuses ».

MENACES PHYSIQUES

Le rédacteur en chef de l’émission, Patrick Boitet, s’est expliqué dans une interview au Parisien : « Nous avons fait notre travail de journalistes avec rigueur (…) Pour le Proche-Orient, les opinions s’enflamment facilement. Mais là, c’est exagéré ». Il raconte avoir reçu « 800 mails » cette semaine, « où nous sommes traités de petits nazillons ». Le présentateur de l’émission, Etienne Leenhardt, aurait pas ailleurs été physiquement menacé.

Le journaliste de France télévisions spécialiste du Proche-Orient, Charles Anderlin,s’est fendu d’un article sur son blog intitulé « Bonjour les censeurs ». Il y fustige la polémique, estimant que « cela s’appelle de la censure et c’est une atteinte intolérable au droit d’informer. »

Exclusivité OummaTV : Le père de la fille agressée à Vigneux témoigne


Contrairement au communiqué de Sammy Ghozlan président du Bureau National de Propagation de l’Antisémitisme qui parle d’« une l’agression antisémite commise par des groupes de jeunes filles décrites comme maghrébine, qui ont insulté, battu, blessé des membres de la communauté juive de Vigneux », c’est en fait totalement l’inverse qui s’est produit, comme le prouve le témoignage en exclusivité sur OummaTV du père de la victime.

source

Un nouvel antisémitisme ? Je ne crois pas !


Susan ABULHAWA

Bernard-Henri Levy, la pop star française de la philosophie et de l’élite intellectuelle, a écrit un essai dans lequel il cite mon roman  » Matins à Jenin » comme un des trois signes inquiétants qui le conduisent à se demander : « La diabolisation d’Israël ne finira-t-elle donc jamais ? » L’essai s’intitule « le nouvel antisémitisme« . Les deux autres signes qui l’inquiètent sont le boycott grandissant d’Israël et un documentaire couvert d’éloges qui s’appelle « Les larmes de Gaza« .

Examinons d’abord les cibles de M. Levy :

1) « Matins à Jenin » est une oeuvre de fiction historique, dans laquelle des personnages de fiction vivent dans un contexte historique réel ; et je défie quiconque qui a fait ses propres recherches de contester la véracité des événements historiques qui forment l’arrière-plan du roman.

2) « Les larmes de Gaza » est un documentaire de Vibeke Lokkeberg qui traite du terrible impact des bombardements israéliens de 2008-2009 sur les enfants et les femmes de Gaza principalement.

3) Les militants qui participent et encouragent le boycott économique d’Israël sont des citoyens ordinaires du monde entier qui écoutent leur conscience et qui s’élèvent contre une grave injustice qui dure depuis trop longtemps contre le peuple natif d’Israël et de Palestine, c’est à dire le peuple palestinien.

Plutôt que d’offrir une analyse intelligente de l’un ou l’autre de ces trois signes qui le trouble, Levy a essentiellement recours aux insultes. Tout ce qu’il fait c’est asséner brutalement le mot « antisémite » pour discréditer tout portrait négatif d’Israël. L’emploi de ce mot -qui porte le douloureux poids de l’ostracisme, l’humiliation, la dépossession, l’oppression et enfin le génocide de personnes pour nulle autre raison que leur religion- par des gens comme Levy est si irresponsable qu’il déshonore vraiment la mémoire de ceux qui sont morts dans les camps de la mort pour le seul motif d’être juifs. Et je remercie Kurt Brainim, un survivant de l’holocauste d’avoir écrit une lettre très émouvante pour répondre à Levy exactement la même chose que moi.

Dans son essai, Levy ne cite pas le moindre point réellement antisémite qu’il aurait trouvé dans un des trois éléments auxquels il se réfère. Parce qu’il n’y en a pas. S’il avait pu en trouver un, il l’aurait cité, je crois. En fait, de nos jours, le peuple qui est ostracisé, humilié, dépossédé et opprimé du seul fait de sa religion est le peuple palestinien, chrétiens et musulmans pareillement. Voilà le vrai antisémitisme aujourd’hui.

Israël a effacé la Palestine de la carte, nous a expulsés et a volé tout ce que nous avions. Tout ce qui nous reste c’est moins de 11% de notre patrie historique qui a maintenant pris la forme de Bantoustans isolés, entourés de murs menaçants, de tireurs d’élite embusqués, de checkpoints, de routes réservées aux colons et de constructions incessantes de colonies juives sur la terre confisquée aux Palestiniens. Nous avons perdu le contrôle de nos ressources naturelles. La quantité d’eau que chacun reçoit dépend de sa religion et les Palestiniens doivent partager l’eau du bain pendant que les colons juifs voisins arrosent leurs pelouses et se baignent dans des piscines privées. Selon l’organisation « Défense Internationale des Enfants » à Jérusalem seulement Israël a emprisonné 1200 enfants palestiniens cette année qui sont qui sont le plus souvent l’objet de violences et que l’on force à signer des confessions en Hébreu, langue qu’ils ne comprennent pas. A force de détruire les écoles palestiniennes Israël a créé à Gaza une génération entière d’âmes perdues qui grandissent en ne connaissant que la peur, l’insécurité et la faim. Des documents relatifs au cruel siège de Gaza et aux attaques sans merci contre la population civile révèlent les formules mathématiques utilisées pour rationner la nourriture et affamer Gaza. Les palestiniens chrétiens ont été expulsés du lieu de la naissance de Jésus. Et rien n’arrête les abus inhumains que constituent les constantes expulsions, la démolition des maisons, le vol systématique, la destruction des moyens de subsistance, l’arrachage des arbres – spécialement des oliviers qui sont si précieux à la culture palestinienne- les couvre-feux, les fermetures des points de passage, la discrimination institutionnelle, etc, etc….

Au lieu de soutenir les grands idéaux juifs de justice et d’aide aux opprimés, M. Levy se rue à la défense d’Israël, à l’aide du mantra usé de « la seule démocratie du Moyen-Orient ». L’Afrique du Sud de l’apartheid se prétendait aussi une démocratie tout en fauchant les petits garçons de Soweto (accessoirement avec des armes livrées par Israël). Et les USA aussi, à l’époque où 20% de la population était réduite à l’esclavage, achetée et vendue comme du bétail.

Tout aussi scandaleuse est l’étiquette générale « d’antisémite » qu’il colle sur tous ceux qui critiquent Israël. Ceux qui dénoncent les crimes extensifs d’Israël s’exposent à des accusations diffamatoires comme quoi ils sont immoraux, racistes et pleins de haine. Dans le cas de Vibeke Lokkeberg, Levy insiste sur le fait qu’elle est un ancien mannequin et ignore ses performances comme réalisatrice de film et auteur accomplis. Apparemment, en plus de suggérer qu’elle est raciste, il veut que les lecteurs croient aussi qu’elle n’a pas la capacité intellectuelle de créer une oeuvre de valeur. Cette tactique qui consiste à attaquer et essayer de discréditer la personne plutôt que d’analyser le message qu’elle véhicule est une vieille technique de propagande

M. Levy nous accuse de « diaboliser Israël » quand en fait tout ce que nous faisons est d’ouvrir le rideau, même un tout petit peu, pour montrer la triste vérité qui est cachée derrière. Je suppose que M. Levy pense comme la plupart des supporters juifs d’Israël le font, qu’il a plus de droits que moi sur la ferme de mon grand-père. Après tout c’est l’argument qui a présidé à la fondation d’Israël, n’est-ce pas ? La question est « pourquoi ? » et « comment ? » Pourquoi les Juifs du monde entier pourraient-ils avoir la double nationalité, celle de leur pays d’origine et celle de notre patrie, pendant que nous les Palestiniens nés en Palestine nous dépérissons dans des camps de réfugiés, dans la diaspora, dans des ghettos où patrouille l’armée d’occupation et des Bantoustans ? Comment se fait-il qu’un pays qui a une des armées les plus puissantes du monde et qui a commis des crimes tout à fait prouvés contre la population civile d’origine pratiquement désarmée d’un autre pays pendant 60 ans réussisse encore à se faire passer pour la victime ? Et pire encore que les vraies victimes qui essaient d’empêcher leur propre annihilation soient elles considérées comme les agresseurs ?

Nelson Mandela a dit une fois : « Nous savons tous très bien que notre liberté ne sera pas entière tant que les Palestiniens ne seront pas libres« . Désormais, en plus des déclarations de personnalités telles que lui, des gens partout dans le monde rejoignent peu à peu la lutte pour la justice et la liberté des Palestiniens ; et il paraît inévitable que le nettoyage ethnique systématique auquel Israël se livre trouvera enfin en face de lui une opposition suffisante pour forcer Israël à renoncer au racisme institutionnel et à accorder finalement à la population native non-juive les mêmes droits humains et légaux que les Juifs en Terre Sainte. C’est clairement ce qui fait peur à M. Levy.

Susan Abulhawa est l’auteur de Mornings in Jenin (Bloomsbury 2010)
« Les Matins de Jénine » chez Buchet Chastel – 2008 – 23 €

Pour consulter l’original : http://www.huffingtonpost.com/susan…

Traduction : D. Muselet

http://www.legrandsoir.info/Un-nouvel-antisemitisme-Je-ne-crois-pas-Huffington-Post.html


Antisémitisme et antisionisme : les confusions et tabous de l’Occident


(L’Orient-Le Jour, 1er octobre 2010; et Père Ubu – Pan, 7 octobre 2010)

israel criticism not allowed by latuff2

« Israël peut avoir le droit de juger les autres, mais certainement personne n’a le droit de juger le peuple juif ou l’Etat d’Israël. »

Ariel SHARON

Peut-on parler ouvertement du sionisme en Belgique, en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne…? Il semblerait que non, pas plus que des travers de la politique menée en Palestine par l’Etat d’Israël, pas, du moins, sans que ses inconditionnels ne vous renvoient la Shoa en pleine figure et ne vous stigmatise comme antisémite.

Antisémite ? C’est le mot magique, celui qui fait peur, celui qui fait taire ceux qui voudraient produire, ouvertement, une analyse claire et précise de la politique expansionniste entreprise par Israël depuis 1948 et systématiquement mise en œuvre, avec l’annexion de la majeure partie des terres palestiniennes et, après la Guerre des six jours, en 1967, de la Cisjordanie et du Golan syrien.

Une politique antérieure, même, à l’indépendance d’Israël, intrinsèque au mouvement créé à la fin du XIXème siècle par Théodore Herzl, le théoricien de l’Etat juif, et qui a connu son point d’orgue, aux origines de l’Etat hébreux, avec le massacre du village palestinien de Deir Yassin, un massacre destiné à effrayer et chasser les populations arabes de Palestine et à libérer ainsi les terres pour l’immigration juive.

Ben Gourion n’avait-il pas déclaré que « les frontières des aspirations sionistes incluent le Liban-sud, le sud de la Syrie, la Jordanie, toute la Cisjordanie et le Sinaï » ? Et d’ajouter : « nous devons expulser les Arabes et prendre leur place».

Et cette politique a été poursuivie jusqu’à aujourd’hui, par l’étouffement économique des enclaves palestiniennes, régulièrement bouclées par les forces armées israéliennes, et les bombardements fréquents, visant même les écoles, hôpitaux et centres de l’ONU et de la Croix rouge, et qui ajoutent l’insécurité permanente à la ruine des populations palestiniennes, lesquelles tentent dès lors de trouver des conditions de vie plus acceptables en émigrant vers l’Egypte, la Jordanie, les Etats de la péninsule arabique…

Que pourrait donc bien attendre, en effet, un père de famille, quand il ne peut ni travailler pour nourrir les siens, ni assurer la protection de ses enfants ?

Autre point d’orgue : les effroyables bombardements sur Gaza, en décembre 2008.

Cette politique, c’est le « sionisme ».

U203P4T338D15F10108DT20090109151847[1]

Il ne laisse aucune chance aux négociations de paix, relancées épisodiquement entre Israéliens et Palestiniens, au gré des aléas et de l’agenda de tel ou tel président des Etats-Unis.

Aucune chance car, s’il est tenu par les pressions de la communauté internationale de faire bonne figure et de s’asseoir à la table des négociations, le gouvernement israélien, qui poursuit sa politique d’expansion vers le « Grand Israël », n’a bien évidemment aucune intention d’aboutir à la création d’un Etat palestinien et se ménage toujours une bonne raison pour faire capoter le processus de paix.

Le fait de parler du sionisme, de cette politique-là, dérange les inconditionnels d’Israël, car cela ne met pas cet Etat à son meilleur avantage.

Le fait de s’opposer à cette politique-là, c’est de « l’antisionisme ».

C’est pour cette raison que les milieux sionistes tentent de plus en plus, leitmotiv du moment, de créer l’amalgame entre « antisionisme » et « antisémitisme » et de provoquer la confusion dans les esprits.

L’antisionisme ne saurait cependant être confondu avec l’antisémitisme, qui procède quant à lui d’une attitude raciste, qui ne repose absolument sur aucun fondement scientifique ou historique et relève donc d’un comportement bête et méchant, entretenu par l’ignorance.

Après plus de soixante ans d’occupation israélienne en Palestine (et de violation du droit international, depuis 1967 et la résolution 242 des Nations Unies), ne serait-il pas temps de briser la loi du silence et de pouvoir parler ouvertement, sans prendre le risque d’être assimilé au racisme et à l’extrême-droite ? Sans prendre le risque de subir les pressions, de la part des sionistes, mais aussi de la part de ceux qui en ont peur et qui, pour leur plaire, cèdent à leurs instances ?

Ne serait-il pas temps de pouvoir dénoncer le sionisme et, enfin, de mettre à bas ce grand tabou ?

source

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑