BDS – Action contre la politique de COLRUYT à Gilly from Luc Delval on Vimeo.
Cessons de criminaliser la solidarité
Source : p.16 du journal LeSoir en date du 25 mars 2010
ll y a près de dix ans, 18 membres des Collectifs contre les expulsions des sans-papiers étaient poursuivis devant le tribunal correctionnel de Bruxelles pour avoir, par divers moyens non violents, manifesté leur solidarité avec les sans-papiers et les demandeurs d’asile.
Tout en reconnaissant la noblesse des mobiles qui avaient guidé les inculpés, le tribunal n’en avait pas moins condamné sept d’entre eux à des peines de prison de huit jours à deux mois, assorties d’un sursis d’un an.
Aujourd’hui, des membres du Comité d’action et de soutien aux sans-papiers (CAS) sont menacés des foudres de la justice pour deux actions distinctes.
Trois d’entre eux attendent en effet le verdict du tribunal, prévu le 6 mai prochain, pour avoir manifesté leur solidarité avec des sans-papiers afghans qui occupaient le hall du CGRA (Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides) et avoir refusé de se disperser.
D’autres doivent passer en Chambre du conseil à la fin mars pour avoir perturbé le lancement de la campagne des libéraux européens le 16 avril 2009. Ils souhaitaient à nouveau y interpeller la ministre belge de la Politique de migration du moment, Annemie Turtelboom.
Le CAS est un mouvement spontané né à l’ULB lors de l’occupation des bâtiments par des sanspapiers chassés des locaux de Sibelga- Electrabel. Rappelons qu’au moment de leur action à la réunion des libéraux européens, cela faisait plus d’un an que l’on attendait l’application des critères de régularisation négociés dans le cadre de l’accord gouvernemental.
Ce si long blocage politique avait mis tous les acteurs concernés dans un état d’indignation sans pareil : non seulement les sans-papiers, mais aussi les syndicats, les communautés philosophiques, les associations solidaires et les universités qui ont accueilli durant des mois des centaines de sans-papiers dans l’indifférence politique générale. Les ordres des avocats des trois communautés du pays s’étaient joints à eux pour réclamer la circulaire promise.
Les membres du CAS n’étaient donc pas seuls à se mobiliser mais se retrouvent, aujourd’hui, seuls face à la justice. Cette procédure judiciaire engagée contre l’élément le moins structuré du mouvement ressemble à ce qu’il est convenu d’appeler bien une criminalisation de mouvements sociaux. Elle vise à museler le CAS en incriminant leur action mais au-delà, elle vise à discréditer l’ensemble du mouvement de solidarité avec les sans papiers, banalisant du même coup l’arbitraire de l’Office des étrangers et la répression policière. Cette tendance inquiétante s’inscrit hélas dans l’air du temps. Plusieurs tentatives d’intimidation ont été proférées par nos différents ministres en charge des questions migratoires. En 2007, notre ministre de l’Intérieur affirmait haut et fort – il n’était hélas pas le premier, ni le dernier – que toute aide apportée aux illégaux serait punissable par la loi. Certaines autorités communales ont interdit des rassemblements de plus de trois personnes autour des lieux où s’étaient établis des sans-papiers. En avril 2008, deux avocats tentant d’entrer en contact avec leurs clients sans-papiers incarcérés ont eu à subir insultes et violences de la part des forces de l’ordre. En juillet, la ministre en charge de l’asile et des migrations déclarait que l’on ne pouvait pas interdire aux sans-papiers de faire la grève de la faim par la loi, mais qu’elle étudierait les moyens de « responsabiliser » ceux qui les aidaient et les conseillaient.
Et en mai 2009, la ministre de la Politique des migrations et le ministre de l’Intérieur signaient une circulaire relative à l’identification d’étrangers en séjour irrégulier, dont certains passages invitent à la délation. Nous considérons que manifester sa solidarité ne constitue pas un crime mais un devoir. Tenter par tous les moyens, en ce compris l’intimidation et la criminalisation, d’étouffer les mouvements sociaux qui s’émeuvent de situations discriminatoires constitue une grave menace à la liberté d’expression et de manifestation. C’est pour ces raisons que nous ne manquerons pas d’exercer notre vigilance quant au sort réservé aux différents inculpés du CAS et d’interpeller nos responsables politiques sur ces questions.
■ (1) Signataires : Henri Wajnblum, coprésident de l’UPJB ; Anne Grauwels, co-présidente de l’UPJB ; Benoît Van der Meerschen, Président de la Ligue des droits de l’Homme ; Emmanuelle Delplace, co-directrice de la Ligue des Droits de l’Homme ; Fouad Lahssaini, député fédéral, groupe Ecolo-Groen ; Joëlle Baumerder, directrice de la maison du livre ; Véronique De Keyser, députée européenne ; Mateo Alaluf, Président du CA de l’Institut Liebman ; Mejed Hamzaoui, Président de l’Institut des Sciences du travail de l’ULB ; Jean-Claude Grégoire, enseignant à l’ULB ; Yaron Pesztat, député au Parlement bruxellois ; Zoé Genot, députée fédérale Ecolo ; Anne Morelli, Professeure à l’ULB ; Simone Susskind, Présidente Actions in the Mediterranean ; Marcelle Stroobants, enseignante à l’ULB Pierre Marage, professeur à l’ULB ; Estelle Krzeslo, chargée de recherches, ULB ; Jean Vogel, professeur suppléant à l’ULB, coordonateur de l’Institut Liebman ; Ignace Lapiower, mensch de l’année 2010 ; Marie-Louise Oruba, Ligue des Droits de l’Homme, La Louvière ; Jos Orenbuch, Président du Centre d’expression libre et de créativité en milieu carcéral, Administrateur du CAL de la Province de Liège ; Antoinette Rouvroy, Chercheur qualifié du FRS-FNRS ; Françoise Michel, CGSP-Enseignement ; Pierre-Arnaud Perrouty, Juriste, spécialiste droits de l’homme ; Benoît Van Keirsbilck, Président de Défense des Enfants-Belgique ; Pierre Galand, Président du CAL ; Dan Van Raemdonck, Président d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme, professeur à l’ULB ; Claude Semal, auteur et comédien ; Jean-Maurice Arnould, avocat ; Céline Delforge, députée bruxelloise Ecolo ; Yasmina Vanalme, Fondatrice de SolidaritY ; Serge Gutwirth, professeur de droit à la VUB ; Tom Nisse, auteur. © OLIVIER HOSLET / EPA.
Parcours d’un candidat combattant
Waziristan, formation au jihad et canular amoureux
Les quatrième et cinquième journées d’audience dans le procès de la « filière afghane » d’acheminement des combattants jihadistes se sont focalisés sur la personnalité du jeune Hicham Beyayo. Né en 1985, cinquième d’une fraterie de 7 enfants, ce jeune Anderlechtois du quartier de la place communale comparaît devant le tribunal correctionnel de Bruxelles pour répondre des lourdes accusations d’appartenance et de participation à des activités terroristes mais surtout pour tentatives d’attentats terroristes sur le territoire belge. Pourtant, le profil de ce jeune garçon, au look intello avec des lunettes rondes et maîtrisant parfaitement les subtilités de la langue française en plus de l’arabe, fascinera plusieurs observateurs dans la salle d’audience.
Boycott des produits israéliens
LL Mis en ligne le 18/03/2010
Le but des Palestiniens est de lutter contre l’essor des colonies.
Israël a levé mercredi son bouclage de la Cisjordanie et rouvert l’esplanade des Mosquées de Jérusalem au public, mais la police restait en état d’alerte dans la Ville sainte au lendemain de violents heurts avec les Palestiniens, les plus importants depuis des années. « Personne ici ne parle d’une troisième Intifada. Il y a eu mardi quelques foyers de violence à Jérusalem et nous avons ramené l’ordre », s’est félicité le porte-parole de la police, Micky Rosenfeld. Selon lui, 3000 policiers sont maintenus en état d’alerte à Jérusalem, « plus particulièrement dans le secteur oriental » annexé de la ville, pour parer à toute nouvelle flambée de violence. Les médias israéliens craignent un possible regain de tension vendredi à l’issue des traditionnelles prières musulmanes. D’autant que le mouvement islamiste Hamas a renouvelé mercredi son appel au soulèvement populaire, pour défendre Jérusalem et lutter contre sa « judaïsation » par Israël.
Le retour à un calme précaire survient au lendemain d’une « journée de la colère » dans les territoires palestiniens, marquée par des affrontements dans un climat de tensions politico-religieuses. La colère reste perceptible. Pour lutter contre l’essor des colonies israéliennes, le Premier ministre palestinien Salam Fayyad a lancé une campagne de boycottage de leurs produits qui se traduit par la saisie et la destruction de centaines de tonnes de marchandises. « Il est de notre devoir de surveiller et saisir tous les produits venant des colonies, conformément à la décision du gouvernement », explique Fadi Abou al-Qourn, un officier des douanes palestinien à Ramallah. « Ce travail est en train de porter ses fruits car nous avons confisqué des centaines de tonnes de produits », assure-t-il, en présentant des caisses de vin, d’huile d’olive et d’autres produits de colonies juives destinés au marché palestinien.
L’autorité palestinienne, qui a lancé cette campagne fin 2009, a placé des affiches à l’entrée de Ramallah exhortant tous les Palestiniens à y prendre part : « Ne détruisez pas les camps de réfugiés en construisant des colonies », proclament-elles. Elle a également créé un site internet en arabe et en anglais sur lequel les produits boycottés sont décrits. De leur côté, les douanes sont chargées de saisir tout ce qui vient des implantations israéliennes. Selon M. Abou al-Qourn, les commerçants palestiniens ont dans un premier temps refusé de coopérer « mais, après un certain temps, ils ont compris pourquoi ces produits étaient visés ».
Près d’un demi-million d’Israéliens vivent dans plus de 120 colonies établies par Israël en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est annexée. Certaines sont devenues de petites villes avec leurs quartiers résidentiels et des zones industrielles. Les Palestiniens craignent qu’elles n’entravent l’établissement d’un Etat indépendant et viable. C’est la raison pour laquelle l’Autorité palestinienne insiste sur un gel de la colonisation avant de retourner à la table des négociations. La campagne de boycottage lancée par Salam Fayyad, qui supervise régulièrement la destruction de produits, fait partie de son projet d’établir les institutions d’un Etat palestinien d’ici à la mi-2011.
« Le boycottage ne va pas exercer de pression sur les colonies mais sur les Palestiniens de Cisjordanie, ceux qui travaillent dans les colonies », où sont employés des milliers de Palestiniens, estime Anwar Ali Ramal, un Druze propriétaire d’une usine de meubles à Bargan, une colonie israélienne. Ces derniers sont principalement employés dans les secteurs du bâtiment et de l’industrie, où les salaires sont deux fois plus élevés que du côté palestinien. De leur côté, les colons juifs fustigent ce que les plus extrêmes d’entre eux qualifient de « terrorisme économique ». (D’après AFP)
AFFAIRE LUK VERVAET II
17 mars 2010 – COMMUNIQUE DE PRESSE
CABINET D’AVOCATS JUS COGENS – Me Christophe MARCHAND et Me Dounia ALAMAT
L’affaire « LUK VERVAET » – Le Ministre de la Justice à nouveau sanctionné pour son attitude autoritaire et indigne d’un Etat de droit – Le Conseil d’Etat suspend en extrême urgence le refus arbitraire d’entrer en prison notifié au professeur.
Ce 16 mars 2010, le Conseil d’Etat a suspendu d’extrême urgence la décision de refus d’entrer en prison adoptée le 24 février 2010 par la Direction générale des établissements pénitentiaires.
Pour rappel, Monsieur Luk VERVAET, cet enseignant au comportement exemplaire et très apprécié dans son milieu professionnel, avait été, soudainement, interdit d’entrer dans les établissements pénitentiaires belges pour « raisons de sécurité » – sans autre précision – alors qu’il travaille en tant qu’enseignant en prison au sein d’une ASBL depuis de nombreuses années.
Déjà le 27 janvier 2010, la Cour d’appel de Bruxelles, réformant le jugement du Tribunal de première instance, avait condamné l’attitude de l’administration et consacré le droit de Monsieur VERVAET à ne pas être privé injustement de son travail. La Cour avait affirmé qu’« il n’est pas douteux (…) que l’intimé [le Ministre de la Justice] aurait dû, avant de retirer l’autorisation litigieuse, entendre préalablement l’appelant sur la décision qu’il projetait d’adopter, pour lui permettre d’exposer pourquoi la mesure envisagée ne saurait se justifier du point de vue de l’intérêt du service, dès lors que, manifestement, la décision est fondée, à tout le moins en partie, sur le comportement personnel de l’appelant et qu’elle risquait de priver l’appelant de son travail ».
Suite à cet arrêt, l’employeur de Monsieur VERVAET a sollicité le renouvellement de son autorisation d’entrer en prison. L’administration a, à nouveau, refusé l’accès aux prisons belges pour des « raisons de sécurité », sans autre précision et sans entendre Monsieur VERVAET.
Saisi par requête le 8 mars 2010, le Conseil d’Etat a fixé l’affaire pour plaidoirie le 11 mars 2010. A cette audience, le premier auditeur du Conseil d’Etat a rendu un avis limpide, concluant à la recevabilité et au sérieux des arguments avancés par Monsieur VERVAET. Il a indiqué que cette décision du Ministre de la Justice était indigne d’un Etat de droit et qu’il aurait souhaité pouvoir demander l’annulation immédiate de la décision attaquée, si la procédure le lui avait permis.
Ce 16 mars 2010, la Conseil d’Etat a rendu son arrêt. La plus haute juridiction administrative du pays a sanctionné le caractère arbitraire de la décision de refus d’entrer en prison. Le Conseil d’Etat a dit pour droit que la décision de refus d’autorisation d’entrer en prison ne contient pas de motivation adéquate, que « le dossier administratif ne contient aucun élément permettant au requérant – ni au Conseil d’Etat – de comprendre les motifs pour lesquels la demande d’autorisation d’entrée en prison lui a été refusée » et que « le rejet de la demande d’entrée en prison est une mesure grave, incontestablement prise en raison du comportement personnel du requérant ; que l’administration, avant de prendre une telle décision, aurait donc dû entendre le requérant ».
Le Conseil d’Etat, ayant indiqué que la suspension de la décision attaquée « empêcherait néanmoins l’autorité compétente de reprendre une décision en méconnaissance des motifs dudit arrêt de suspension », la balle est à nouveau dans le camp de l’employeur de Monsieur VERVAET, mais surtout du Ministre de la Justice dont le comportement illégal a été stigmatisé à deux reprises.
Pour toute information, contactez Me Christophe MARCHAND (0486/32.22.88 ou cm@juscogens.be) ou Me Dounia ALAMAT (0470/57.59.25 ou da@juscogens.be).



