Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) : rapport


16 juillet 2009, Casablanca, Présentation des résultats de l’étude CCME – BVA

CCME-BVA

A la demande du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME), l’institut de sondage français, BVA, a réalisé une étude auprès de la communauté marocaine résidant dans les six grands pays d’émigration marocaine en Europe (France, Espagne, Italie, Belgique, Pays-Bas et Allemagne).

Le sondage avait pour but de dresser une image des perceptions et attitudes des Marocains d’Europe sur une multitude de points en relation avec leur vécu socioculturel et leurs rapports avec à la fois leur pays de résidence et d’origine.

Cette étude inédite a été réalisée, entre mars et avril 2009, sur un échantillon de près de 3000 personnes âgées de 18 à 65 ans, dans la langue de choix des sondés : la langue du pays de résidence, en langue arabe, ou amazigh.

Les résultats de l’étude sont significatifs sur plus d’un point. En découlent une nette volonté d’ouverture sur l’extérieur, et d’une insertion durable dans les pays d’accueil, mais aussi un solide attachement aux liens socioculturels avec le Maroc, et une perception globalement positive du pays d’origine, quoique nuancée par quelques critiques et attentes envers lui (droits de la femme, droits de l’Homme …). Enfin, l’accent a été mis sur une perception mitigée de la pleine acceptation des Marocains en Europe, avec un sentiment de discrimination très inégal selon les domaines de vie sociale.

A noter que les résultats de cette étude inédite sont présentées de manière transversale, mais aussi avec les spécificités de chaque pays d’accueil, et ce dans la langue du pays de résidence. Les résultats du sondage sont disponibles sur simple demande auprès du CCME, ou à télécharger sur le site du CCME.

Le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger est une institution consultative et de prospective placée auprès de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, et présidée par M. Driss El-Yazami.

BVA, Institut d’études et de marché est le 4ème institut d’études en France et le 23ème au monde.

– Synthèse générale

– Télécharger la présentation du CCME

– Télécharger la présentation de BVA

– Télécharger la note de présentation du sondage

– Télécharger la synthèse du sondage

– Télécharger le communiqué de presse

– Télécharger les résultats du sondage de la France

– Télécharger les résultats du sondage de la Belgique

– Télécharger les résultats du sondage de l’Allemagne

– Télécharger les résultats du sondage des Pays Bas

– Télécharger les résultats du sondage de l’Espagne

– Télécharger les résultats du sondage de l’Italie

source

Un ambassadeur à Bruxelles espère que la Belgique souffrira du terrorisme


«Inchallah, ça leur arrivera un jour. C’est là qu’ils comprendront ce qu’est le terrorisme», déclare Fuat Tanlay, ambassadeur de Turquie en Belgique, dans un article publié le 16/07/2009 par le quotidien turc Hürriyet. Exprimant ainsi sa colère contre la Belgique suite à la décision des magistrats de la Cour d’appel de Bruxelles de postposer leur verdict du 14 juillet 2009 au mois d’octobre 2009 dans le cadre de l’affaire DHKP-C, Fuat Tanlay estime que “la Belgique tente à présent de classer l’affaire via diverses explications” et ajoute que “leur discussion sur le fait de juger des membres de l’organisation terroriste arrêtés en 1999 sur base d’une loi réformée en 2005 est vraiment bidon.”

Ces propos tenus en langue turque par l’ambassadeur Fuat Tanlay contrastent sensiblement avec son style plus diplomatique utilisé dans une carte blanche publiée par le quotidien bruxellois Le Soir. L’ambassadeur turc, qui était présent à l’audience le 25/05/09 lors de la reprise des débats devant la Cour d’appel, se contentait en français de préciser certains faits à l’attention de l’opinion publique belge “quelle que soit la décision de la Cour d’Appel de Bruxelles en l’affaire“.

Parmi les éléments constitutifs d’un acte terroriste, l’ambassadeur de Turquie rappelle pourtant lui-même que “le terrorisme, par définition, n’existe que s’il est accompagné de propagande” et que “c’est par son annonce et son explication à l’opinion publique qu’un acte violent quelconque peut devenir un acte terroriste. L’acte violent en soi ne suffit pas. On ne peut dissocier ceux qui posent les bombes de ceux qui expliquent pourquoi les bombes ont été posées. Les derniers sont aussi complices du crime terroriste. Il suffit de se rendre compte du soin apporté à la médiatisation des attentats, même ceux qui échouent, par les organisations terroristes. Or aujourd’hui, on le sait, la propagande et les actes terroristes sont souvent faits dans des pays différents.“

suite

Appel urgent contre la politique d’extradition du gouvernement belge


Ali Aarrass et sa soeur Farida
Ali Aarrass et sa soeur Farida

Ali-Aarrass

Le 3 juillet dernier, ÉGALITÉ a organisé une conférence intitulée : «Extradition et lois antiterroristes : deux femmes parlent!». ÉGALITÉ s’est ainsi joint au mouvement international en cours contre les extraditions.

Ces dix dernières années, au nom de «la guerre internationale contre la terreur», les États-Unis et l’Europe ont développé un système de justice parallèle à celui d’un État de droit.

lire la suite ici

Urgent : Bahar Kimyongür


Ce mardi 14 juillet (ça ne s’invente pas), notre ami, notre camarade Bahar Kimyongür va revivre (et assumer) à Bruxelles ce qu’il a déjà vécu (et assumé) à Bruges, à Gand, puis à Anvers.

Rejugé pour la quatrième fois, la Cour d’Appel rendra à son encontre un verdict tout à la fois singulier et déterminant. Alors que l’année dernière, trois magistrats anversois l’avaient totalement innocenté (lui et six autres inculpés) du chef d’appartenance à une prétendue «association de malfaiteurs» qualifiée d’«organisation criminelle et terroriste».

Tu le sais : dans l’affaire «Erdal-Kimyongür & consorts», deux conceptions –antagonistes– du Droit n’ont jamais cessé de s’affronter. Pour avoir traduit ici lors d’une conférence de presse un communiqué du DHKP-C (communiqué déjà largement diffusé en Turquie), Kimyongür s’est vu condamner –à cinq années d’emprisonnement ferme– par une juridiction gantoise sous la coupe et l’emprise du Procureur fédéral.

Ce qui est en jeu dans cette affaire emblématique?
C’est soit accepter qu’une Justice à l’américaine fasse son lit en Belgique.
Soit défendre une certaine conception de l’Etat de droit –en plébiscitant le verdict courageux des trois juges qui, à Anvers, avaient choisi de s’en tenir aux faits et d’exalter les libertés constitutionnelles. Malgré les pressions, les manipulations, les exactions judiciaires fomentées par le Procureur fédéral Johan Delmulle…

Le présent courrier est donc un simple appel à la connivence démocrate et au sursaut démocratique.

Ce mardi, prends donc congé et viens manifester avec nous, dès 8 heures 30 à l’initiative du CLEA, devant le Palais de Justice de Bruxelles. Une manière de défendre ce qui nous est (à tous) la servitude la plus précieuse: les libertés d’expression et d’association.

AI : ACTION URGENTE


DOCUMENT PUBLIC Index AI : EUR 41/007/2009 – ÉFAI

AU 106/09 Craintes de renvoi forcé / Craintes de torture ou d’autres mauvais traitements / Craintes de procès inique

ESPAGNE Ali Aarrass (h)

Mohamed el Bay (h)

Ali Aarrass et Mohamed el Bay pourraient être extradés très prochainement vers le Maroc, où ils risquent d’être détenus au secret, de subir des actes de torture et d’autres mauvais traitements, ainsi que d’être victimes d’unprocès inique.L’Audience nationale espagnole a approuvé leurs extraditions fin 2008 et celles-ci doivent maintenant recevoir la confirmation finale du Conseil des ministres. Si ces extraditions ont lieu, elles constitueront une violation des obligations qui incombent à l’Espagne en vertu du droit international relatif aux droits humains, notamment de la Convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Ali Aarrass et Mohamed el Bay ont été arrêtés dans la ville espagnole de Melilla le 1er avril 2008, dans le cadre des mandats d’arrêt internationaux demandés par le Maroc le 28 mars 2008. L’Audience nationalea autorisé l’extradition d’Ali Aarrass vers le Maroc le 21 novembre 2008.Cette décision a été confirmée en appel le 23 janvier 2009, le gouvernement marocain ayant assuré qu’Ali Aarrass ne serait pas condamné à mort ni à une peine d’emprisonnement à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle. Ali Aarrass a soutenu que sa double nationalité belgo-marocaine devait empêcher son extradition vers le Maroc, mais le tribunal a rejeté cet argument.

À la connaissance d’Amnesty International, Ali Aarrass a interjeté appel devant la Cour constitutionnelle, mais ce recours n’a pas d’effet suspensif sur la procédure d’extradition. La demande d’extradition attend maintenant l’approbation finale du Conseil des ministres, qui peut être donnée à tout moment.

L’Audience nationale a autorisé l’extradition de Mohamed el Bay le 22 décembre 2008. Cette décision a été confirmée en appel le 12 mars 2009, malgré le fait que Mohamed el Bay vive en Espagne depuis sa naissance et soit citoyen espagnol depuis 1976. En vertu de l’accord de 1997 relatif aux extraditions entre l’Espagne et le Maroc, l’extradition par un État de l’un de ses ressortissants est interdite. Cependant, le tribunal s’est appuyé sur une carte d’identité marocaine au nom de Mohamed el Bay, trouvée à son domicile au moment de son arrestation, afin de prouver qu’il jouissait illégalement de la double nationalité et, par conséquent, pouvait être légitimement renvoyé au Maroc en tant que ressortissant marocain.À la connaissance d’Amnesty International, Mohamed el Bay n’a pas été officiellement déchu de sa nationalité espagnole. La demande d’extradition attend maintenant l’approbation du Conseil des ministres.

Ali Aarrass et Mohamed el Bay sont tous les deux recherchés au Maroc pour des infractions liées au terrorisme et sont accusés d’appartenir à un réseau terroriste dirigé par le ressortissant belgo-marocain Abdelkader Belliraj. En février 2008, les autorités marocaines ont arrêté quelque 35 personnes et annoncé le démantèlement du réseau terroriste dirigé par Abdelkader Belliraj, qui était, semble-t-il, en train de préparer des attaques « terroristes ». Ali Aarrass a fait l’objet d’une information judiciaire ouverte en 2006 par l’Audience nationale pour des infractions liées au terrorisme mais, le 16 mars 2009, cette juridiction l’a provisoirement close en raison de l’insuffisance des éléments de preuve.

L’Espagne est partie à plusieurs traités internationaux interdisant expressément le renvoi de toute personne dans un pays où elle risquerait d’être torturée, notamment la Convention européenne des droits de l’homme, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et la Convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Les allégations de torture et d’autres mauvais traitements à l’égard des personnes soupçonnées de terrorisme se sont considérablement multipliées à la suite des attentats à la bombe qui ont eu lieu à Casablanca le 16 mai 2003.Des poursuites judiciaires ont été engagées contre plus de 1 500 personnes soupçonnées d’être impliquées dans ces attentats, ou encore d’avoir projeté ou incité à d’autres actes violents attribués à des groupes islamistes. Des centaines de personnes condamnées auraient été torturées en détention, mais les autorités marocaines n’ont pas mené d’enquête appropriée sur ces plaintes. Beaucoup ont été condamnées à de longues peines d’emprisonnement et plus d’une dizaine ont été condamnées à mort sur la base d’« aveux » qui, selon elles, auraient été extorqués sous la torture ou au moyen d’autres mauvais traitements.

Bien que les allégations d’actes de torture subis par des personnes soupçonnées de terrorisme aient diminué ces dernières années – après un pic à la suite des attentats à la bombe de Casablanca en 2003 –, un certain nombre de personnes arrêtées dans le cadre de l’affaire de la « cellule Belliraj » dirigée par Abdelkader Belliraj (c’est le cas d’Ali Aarrass et de Mohamed el Bay) ont, semble-t-il, été détenues au secret dans des lieux clandestins et soumises à des actes de torture et d’autres mauvais traitements. Amnesty International a reçu des informations indiquant que des personnes impliquées dans l’affaire de la« cellule Belliraj »avaient été arrêtées par la Direction de la surveillance du territoire (DST). Selon certains renseignements, plusieurs personnes arrêtées dans le cadre de cette affaire ont été emmenées au centre de détention de Témara, géré par la DST, bien que le Code de procédure pénale marocain dispose que les agents de la DST ne sont pas autorisés à arrêter, détenir ou interroger des suspects car ils n’appartiennent pas à la police judiciaire. Un certain nombre de détenus auraient été maintenus en garde à vue pendant des périodes dépassant la durée maximale de douze jours prévue par le droit marocain.

Par ailleurs, plusieurs prisonniers auraient été détenus au secret pendant plusieurs semaines sans aucun contact avec le monde extérieur, en violation de la législation marocaine ainsi que du droit international relatif aux droits humains et des engagements internationaux pris en la matière.

Amnesty International a également recueilli des informations faisant état d’actes de torture et d’autres mauvais traitements qu’auraient subis des détenus pendant les interrogatoires. En outre, un certain nombre d’avocats de la défense se sont plaints du fait que les autorités ne leur fournissaient pas les dossiers complets de leurs clients, ce qui constitue une atteinte au droit de ces derniers à une défense efficace.

Dans la majorité des cas où une plainte a été déposée au sujet d’actes de torture, l’enquête n’a pas été ouverte, a été close, n’a pas été menée comme il se devait ou n’a pas donné lieu à des poursuites contre les auteurs présumés de ces violences. Jusqu’à présent, des centaines de détenus islamistes condamnés après les attentats à la bombe de 2003 à Casablanca demandent toujours la révision judiciaire de leur procès car les allégations d’actes de torture et d’autres mauvais traitements infligés par les forces de sécurité au cours d’interrogatoires n’ont pas été examinées.

ACTION RECOMMANDÉE :dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol, en anglais ou dans votre propre langue) :

– exhortez les autorités à ne pas extrader Ali Aarrass ni Mohamed el Bay vers le Maroc, car ils risqueraient d’être détenus au secret, de subir des actes de torture et d’autres mauvais traitements, ainsi que d’être victimes d’un procès inique ;

– faites-leur remarquer que le renvoi forcé d’Ali Aarrass ou de Mohamed el Bay au Maroc constituerait une violation du principe de non-refoulement et des engagements pris par l’Espagne en vertu de la Convention européenne des droits de l’homme, du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et de la Convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

APPELS À :

Ministre de la Justice :
Excmo.Sr. D. Francisco Caamaño Dominguez

Ministerio de Justicia

C/ San Bernando 45

28015 Madrid, Espagne

Courriers électroniques : ministro@mju.es

Fax :+34 91 390 22 44

+34 91 390 22 68

Formule d’appel :Estimado Sr. Ministro,/ Monsieur le Ministre,

Vice-présidente :

María Teresa Fernández de la Vega

Complejo de la Moncloa

28071 Madrid, Espagne

Courriers électroniques : secretaria.vicepresidencia@vp.gob.es

Fax :+34 91 390 04 34

Formule d’appel : Dear Vice President,/ Madame la Vice-présidente,

ainsi qu’aux représentants diplomatiques de l’Espagne dans votre pays.

« Les lois anti-terroristes. Un Acte constitutif de l’Empire »


Jean-Claude Paye

par Silvia Cattori*

Les lois « antiterroristes » imposées par les États-Unis ont servi à jeter les bases sur lesquelles se construit un nouvel ordre de droit, observe le sociologue belge Jean-Claude Paye. Elles s’appliquent désormais dans tous les États européens. Tout citoyen européen ordinaire peut, aujourd’hui, être surveillé dans son propre pays par des services secrets étrangers, être désigné comme un « ennemi combattant », être remis aux tortionnaires de la CIA et être jugé par des commissions militaires états-uniennes.

suite

La FGTB traque les entreprises racistes et publiera des noms


03.07.09 – 08:18

Le syndicat socialiste FGTB a rassemblé des preuves contre des entreprises qui ne veulent pas engager de travailleurs d’origine étrangère et en rendra les noms publics « en temps voulu », rapportent vendredi les quotidiens De Standaard et Het Nieuwsblad.

La FGTB ne digère en effet pas la décision prise cette semaine par la chambre du conseil de Bruxelles de ne pas poursuivre pour discrimination envers les allochtones la société de travail intérimaire Adecco. Cette décision du tribunal permet aux sociétés de travail intérimaire de continuer à nier le racisme dans leur secteur, indique Eddy Van Lancker, secrétaire fédéral de la FGTB (ABVV). Il estime qu’un changement de mentalité doit se faire, car le racisme sur le lieu de travail reste tenace.

« Nous avons, durant des années, soutenu toutes les campagnes en matière de diversité. Si l’approche douce ne paye pas, nous sommes obligés de choisir la manière forte. Nous recevons en effet régulièrement des plaintes sur des entreprises qui pratiquent la discrimination, et souvent ces mêmes entreprises reviennent. Nous sommes maintenant en train de rassembler des preuves. Dès que nous disposerons d’un bon dossier, nous publierons les noms ».

Selon un sondage effectué par le quotidien De Standaard auprès d’une trentaine de bureaux d’intérim, deux sur trois admettent recevoir régulièrement des demandes de ne pas sélectionner de candidats « étrangers » ou « foncés de peau ».

(Belga)

Belgique : 100.000 élèves ont peur d’aller à l’école


Le Vif, le 22 juin 2009

Non, ce n’est pas durant les trajets, mais bien dans l’enceinte de l’école que des élèves brutalisent d’autres élèves. Dans nos écoles, quelque 100.000 jeunes seraient victimes de school bullying. Moins spectaculaire mais plus durable, le harcèlement scolaire reste un sujet assez tabou.

Pendant huit mois, la vie d’Antoine, élève de 2e secondaire jusque-là sans histoire, était devenue un enfer. Après une dispute avec un « pote », celui-ci l’a baptisé « Petite chiotte ». « Toute sa bande a adopté ce surnom. Quand je passais à côté d’eux, ils chantaient Petite chiotte, tu finiras dans les chiottes ». Ce jour-là est arrivé: à la pause-déjeuner, les petits caïds l’ont attrapé et lui ont enfoncé la tête dans la cuvette des WC. Depuis, la situation s’est encore corsée: « Plus personne ne me parle; celui qui brise la loi, il est out. Cette règle vaut même pour les filles ». Tous les matins, avant d’aller à l’école, il souffre de terribles douleurs au ventre.

Six jeunes ont confié au Vif/L’Express leur souffrance, leur peur de parler, celle de ne pas s’en sortir. Ils ont raconté aussi comment ils tentent d’échapper à leur(s) harceleur(s), de leur résister. Tous ont demandé que leurs noms soient modifiés, leurs lieux de résidence, dissimulés: la crainte d’être reconnu, la peur des représailles, la honte aussi.

suite

Les sans-papiers ont cessé leur grève de la faim


begui
Belga

Mis en ligne le 20/06/2009

Contrairement à la Flandre, les sans-papiers de Bruxelles obtiendraient une carte de séjour et un permis de travail B, grâce au ministre bruxellois de l’Emploi Benoît Cerexhe.

Les sans-papiers de l’église du Béguinage à Bruxelles ont mis un terme à leur action, après 79 jours de jeûne, a indiqué samedi le curé de l’église Daniel Alliet. Du côté politique, on annonce qu’aucun permis de travail C ne sera remis. Certains sans-papier poursuivraient toutefois leur mouvement de grève de la faim.

« La grande majorité des grévistes de la faim ont arrêté la grève parce qu’ils ne veulent pas que leurs enfants deviennent orphelins », selon le curé de la paroisse.

Contrairement à la Flandre, les sans-papiers de Bruxelles obtiendraient une carte de séjour et un permis de travail B, grâce au ministre bruxellois de l’Emploi Benoît Cerexhe.

« Pour cela, ils doivent quand même prouver qu’ils disposent d’un contrat de travail à temps plein, avec le salaire minimum belge. Cette situation est loin d’être évidente, puisque pour l’employeur cela signifie une grande quantité de travail administratif, se rendre avec eux aux ministères et devoir attendre au moins deux semaines avant que le permis soit délivré », a poursuivi M. Alliet.

une grève « citoyenne et symbolique » en l’église du Béguinage

Un groupe de citoyens belges et européens ont mené une grève de la faim « symbolique », samedi à l’église du Béguinage à Bruxelles, pour attirer une fois de plus l’attention sur le sort des sans-papiers en Belgique. La « vraie » grève de la faim à l’église du Béguinage a connu son épilogue vendredi soir. Pour les organisateurs, cela ne signifie pas pour autant que l’action en faveur des sans-papiers est levée. « En ce moment même, en une dizaine d’endroits de la Capitale, un millier de sans-papiers, soit un Bruxellois sur mille, occupent des lieux dans le cadre de leur combat pour obtenir satisfaction », ont-ils souligné samedi.

Ils appellent dès lors les citoyens à ne pas s’alimenter pendant douze heures et à témoigner dans leur entourage de leur attachement à la diffusion de la circulaire reprenant des critères précis sur les demandeurs d’asile telle qu’elle a été promise dans la déclaration gouvernementale.

Les organisateurs invitent en outre les personnes qui prennent part à cette action citoyenne symbolique à envoyer de brefs messages vidéo de soutien à cette cause, messages qui seront regroupés sur http://avecmetwith.blogspot.com/et adressés ensuite aux politiques et médias concernés.

Algériens torturés au Midi


(18/06/2009)

pol
Des récits qui jettent l’effroi et l’opprobre sur une partie de la police

BRUXELLES Un racket était organisé à la gare du Midi par des policiers fédéraux. Ce racket, qui s’est accompagné de violences graves, visait spécifiquement des Algériens en séjour illégal. La pratique consistait à laisser les pickpockets algériens commettre un maximum de vols à la tire et, pour les policiers ripoux, à récupérer en soirée ce qui avait été volé en journée aux usagers, dans la gare et aux abords immédiats de celle-ci.

Votre quotidien La Dernière Heure-Les Sports a pu se procurer le récit d’une ratonnade d’un Algérien que des policiers fédéraux avaient réussi à isoler en pleine nuit dans leur garage de la rue Couverte, 1, sous les voies de la gare du Midi. Ce qui est décrit porte un nom : ce sont des tortures. Selon ce récit, il est invraisemblable que l’officier de garde n’ait pas entendu les cris. Cet officier, lui, n’a pas été inquiété.

De nouvelles révélations (les premières dans La DH/Les Sports du 5 juin) sur ce dossier à l’instruction chez la juge, Mme Geneviève Tassin. Selon le 1er substitut Colpin, du parquet de Bruxelles, l’affaire implique 9 policiers fédéraux dont deux femmes, mais pas de gradés.

« Ils avaient attendu que notre chef, la commissaire S., soit rentrée chez elle. Cette fois-là, il était minuit et demi. C’était encore un Algérien sans papiers qu’ils avaient ramassé dans la gare. Environ 30 ans, bien connu pour vol à la tire.

« Après lui avoir tout confisqué et s’être partagé entre eux ce qu’il avait volé dans la journée, GSM, portefeuilles, etc, ils l’ont emmené dans le garage. Il fait sombre et sale. L’endroit est complètement isolé. Le gars savait qu’il ne pouvait compter sur personne. Il était menotté dans le dos et les policiers étaient à 4 dont Frédéric D. et Philippe M. qui avait été infirmier avant d’entrer à la police. Ils ont fait courir l’Algérien dans le garage, lui disant d’aller plus vite et l’insultant. « T’es qu’une merde. T’es même pas un chien. »

« L’Algérien recevait des coups. C’étaient des coups qui font mal. Des coups de bottines, de combat shoes, qui visaient la colonne vertébrale, au milieu, plus haut que les poignets menottés.

« L’Algérien hurlait. Pas des cris : des hurlements. C’était terrible. L’officier de garde, le commissaire K., se trouvait au Rapid 100 (dispatching de garde situé juste au bout du couloir venant du garage). Il ne pouvait pas ne pas entendre. Je suis formel. Il n’est pas intervenu. L’Algérien avait le visage en sang. Du sang coulait du nez et de l’arcade sourcilière. »

« C’étaient des coups à casser la colonne, à briser des vertèbres. Et c’était chacun à tour de rôle. Ils l’ont plaqué au mur et frappé dans le ventre à coups de poing. C’était un jeu pour eux. […] L’Algérien était toujours menotté.

« Ils l’ont fait tomber à terre. Et ça a continué. Ils le traitaient d' »animal », de « fils de p. », rien de raciste par contre. L’Algérien était sur le ventre. Il y en a un qui a sauté à pieds joints sur la colonne. L’Algérien a perdu connaissance. Alors ils l’ont démenotté.

« Pour le ranimer, ils l’ont pris par les pieds et l’ont suspendu tête en bas. Ils rigolaient. En fait depuis le début ils rigolaient et se moquaient. L’Algérien a rouvert les yeux. Ils lui ont dit de déguerpir. Ils l’ont sorti par l’entrée des véhicules. Je sais qu’on lui avait aussi cassé les dents. Il n’y a aucune trace (dans les P.-V.). On se sentait mal dans la peau de travailler avec des collègues comme ça. On a voulu dénoncer. Ceux qui l’ont fait à l’Inspection générale ont pris des risques. Ils ont été menacés en interne : il ne fallait pas que ça sorte. Deux véhicules (de policiers dénonciateurs) ont été cassés. On n’a rien jamais pu prouver. »

L’instruction du parquet porte aussi sur 8 autres faits.

Gilbert Dupont

lire aussi : Deux véritables furies

L’IG a essayé de filmer les scènes

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑