Abou El-Ela : « Si nous ne mourons pas ici, nous mourrons en prison. Je préfère mourir ici »


jeudi 10 février 2011, par La Rédaction

Les manifestants toujours fortement mobilisés place Tahrir
Les manifestants exigeant le départ du président égyptien Hosni Moubarak restaient fortement mobilisés jeudi place Tahrir au Caire, malgré la menace du pouvoir de faire intervenir l’armée en cas de « chaos ».
Dès le petit matin, les protestataires scandaient « Le peuple veut faire tomber le régime », leitmotiv de la contestation sans précédent contre M. Moubarak, au pouvoir depuis près de 30 ans.
« Alaa (fils aîné du président), dis à papa qu’un quart de siècle, ça suffit ! », criaient-ils aussi. Beaucoup portaient des photos de « martyrs » tombés lors des violences qui ont fait environ 300 morts selon l’ONU et Human Rights Watch depuis le début du mouvement.
De nouvelles tentes ont été installées sur cette place située au centre du Caire, devenue le symbole du soulèvement déclenché le 25 janvier et occupée jour et nuit depuis le 28 janvier par les manifestants, a constaté un photographe de l’AFP.
Des tanks de l’armée étaient toujours en position près du Musée égyptien, qui jouxte la place.
Des centaines de manifestants avaient encerclé mercredi le Parlement et le siège du gouvernement au Caire, situés face à face. Des protestataires ont passé la nuit sur les deux bords de la chaussée menant au Parlement, sous des tentes en plastique.
Jeudi, les deux entrées de la route menant au Parlement étaient bloquées.
« Non à (Omar) Souleimane (le vice-président) !, « Non aux agents américains », « Non aux espions israéliens », « A bas Moubarak », scandaient-ils.
« Si nous ne mourons pas ici, nous mourrons en prison. Je préfère mourir ici », affirme à l’AFP Attiya Abou El-Ela, un diplômé de 24 ans au chômage. Mardi, durcissant le ton à l’égard des manifestants, le ministre des Affaires étrangères Ahmed Aboul Gheit a prévenu que l’armée interviendrait « en cas de chaos pour reprendre les choses en main ».

***

Le pouvoir brandit la menace de l’armée, la révolte s’étend
Le pouvoir contesté du président Hosni Moubarak a averti mercredi que l’armée interviendrait en cas de « chaos » en Egypte, où les manifestations massives ont gagné de grandes villes et des violences sanglantes ont touché le sud reculé.
Maintenant la pression, la Maison Blanche a estimé que la poursuite de la mobilisation populaire montrait que les réformes politiques n’étaient encore pas suffisantes, alors que le département d’Etat a encouragé l’armée égyptienne à continuer à faire preuve de modération.
Au 16e jour de la révolte, sur la place Tahrir au Caire, symbole du mouvement de contestation qui ne s’essoufle pas, des dizaines de milliers de manifestants ont encore réclamé le départ de M. Moubarak, qui a gouverné l’Egypte d’une main de fer pendant près de 30 ans.
Les protestations ont touché une ville à 400 km au sud du Caire, El Kharga, où cinq personnes, blessées la veille dans des heurts entre manifestants et policiers qui ont fait usage de balles réelles, ont succombé mercredi, selon des sources médicales. Il y a aussi eu une centaine de blessés.
A la contestation politique se sont ajoutés plusieurs mouvements sociaux portant sur les salaires ou les conditions de travail, dans les arsenaux de Port-Saïd (nord-est), dans plusieurs sociétés privées travaillant sur le canal de Suez (est) ou encore à l’aéroport du Caire.
Durcissant le ton à l’égard des manifestants qui ont rejeté toutes les mesures d’apaisement du régime, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit, a prévenu que l’armée interviendrait « en cas de chaos pour reprendre les choses en main ».
« Si cela arrive (…), les forces armées se verront obligées de défendre la Constitution et la sécurité nationale de l’Egypte. Nous serons dans une situation très dangereuse », a-t-il dit, selon l’agence officielle Mena qui reprenait une interview accordée par le ministre à la chaîne Al-Arabiya.
M. Aboul Gheit a aussi accusé les Etats-Unis, un allié de l’Egypte, de chercher à « imposer » leur volonté à l’Egypte par leur exigence de réformes immédiates, dans un entretien à la chaîne américaine PBS.
Déjà mardi, le vice-président Omar Souleimane avait averti qu’une fin immédiate du régime « signifierait le chaos ».
Les propos de M. Souleimane ont été dénoncés par l’opposition, dont les Frères musulmans, bête noire du régime. « Il s’agit d’une menace inacceptable aux yeux du peuple égyptien », a affirmé un responsable de la confrérie. Les manifestations « continueront quelles que soient les menaces ».
L’armée, épine dorsale du régime, a été appelée le 28 janvier en renfort de la police, en particulier pour faire respecter le couvre-feu instauré au Caire, à Alexandrie (nord) et Suez (est) de 20H00 (18H00 GMT) à 6H00 (4H00 GMT). Présente autour de la place Tahrir, elle n’est pas intervenue pour faire partir les milliers de manifestants anti-Moubarak qui s’y sont installés jour et nuit.
Les manifestants refusent d’ailleurs de lâcher prise, exigeant toujours le départ immédiat de M. Moubarak, 82 ans, qui a promis de s’effacer à la fin de son mandat en septembre et formé une commission pour amender des articles contestés de la Constitution, liés à la présidentielle.
« Je n’ai pas peur, j’ai déjà vu la mort », a assuré Ahmad Talal, un étudiant de 25 ans, parmi une foule dense agitant des drapeaux égyptiens place Tahrir. « Je ne crains pas les paroles ou les menaces de Souleimane, parce que nous sommes là pour gagner notre liberté et celle de notre pays ».
Non loin de là, des centaines de manifestants ont encerclé le Parlement et le siège du gouvernement au Caire, situés l’un en face de l’autre. Les deux bâtiments étaient protégés par des blindés et le Conseil des ministres a dû se tenir dans un autre lieu.
Les manifestants anti-gouvernementaux ont été galvanisés par la foule monstre rassemblée la veille place Tahrir, où, selon des photographes de l’AFP, le nombre des protestataires a été le plus important depuis le début de la contestation.
La révolte a aussi touché la ville d’Assiout, au sud du Caire, où des manifestants anti-Moubarak ont bloqué une voie de chemin de fer et coupé une autoroute reliant le nord et le sud du pays à l’aide de pneus brûlés.
Des manifestants ont également saccagé un bâtiment officiel dans la ville de Port Saïd (nord-est), à l’entrée méditerranéenne du canal de Suez.
Parallèlement, la vie a continué de reprendre son cours au Caire, où la plupart des commerces avaient rouvert.
Mais le nouveau ministre égyptien de la Culture, Gaber Asfour, a annoncé sa démission, en invoquant des « raisons médicales ».
Depuis le 3 février, les manifestations se déroulent le plus souvent dans le calme et l’armée n’est intervenue contre les protestataires. Des heurts entre policiers et manifestants les premiers jours, puis entre pro et anti Moubarak le 2 février, ont cependant fait près de 300 morts, selon l’ONU et Human Rights Watch, ainsi que des milliers de blessés.

***

Le gouvernement égyptien rejette les conseils américains
Le gouvernement égyptien a dénoncé mercredi ce qu’il a qualifié de tentatives américaines « d’imposer » la volonté des Etats-Unis à un allié fidèle et a fait valoir que des réformes rapides seraient trop risquées.
Tandis qu’au Caire des manifestants hostiles au président Hosni Moubarak renforçaient un nouveau campement autour du bâtiment abritant le Parlement, la Maison blanche a réaffirmé que les ministres égyptiens doivent faire davantage pour répondre aux revendications des manifestants qui réclament le départ immédiat de Moubarak et des réformes radicales.
Interrogé par la chaîne publique américaine PBS, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit s’est déclaré « stupéfait » par les propos du vice-président américain Joe Biden, qui a réclamé mardi la levée immédiate de l’état d’urgence, depuis longtemps utilisé par Moubarak pour réprimer l’opposition.
Depuis le début des manifestations en Egypte, en partie inspirées par le soulèvement qui a renversé en Tunisie l’ancien président Ben Ali, l’administration américaine a hésité entre le soutien à un allié dans le conflit qui oppose Washington à l’islamisme radical et l’appui aux revendications en faveur de la démocratie.
Elle s’est abstenue de soutenir les appels à un départ immédiat de Moubarak qui a annoncé la semaine dernière qu’il se retirerait en septembre, à l’issue de l’élection présidentielle.
Mais des responsables américains se sont dans le même temps impatientés face à la lenteur des réformes, soutenant les manifestants en demandant un changement immédiat et concret.
Robert Gibbs, porte-parole de la Maison blanche, a déclaré que les rangs des manifestants continuaient de grossir en Egypte et que le gouvernement de Moubarak devait prendre des mesures « réelles et concrètes » pour leur donner satisfaction.
« Ce que vous voyez dans les rues du Caire n’est vraiment pas surprenant lorsque vous voyez l’absence de mesures prises par leur gouvernement pour répondre à leurs préoccupations », a dit Gibbs.
Au lendemain du plus important rassemblement enregistré jusqu’ici dans la capitale, la place Tahrir, point de ralliement de l’opposition, était toujours pleine de monde.
« Nous mettons la pression sur eux progressivement et, au bout du compte, ils tomberont », prédit Karam Mohamed, originaire de la province de Beheira, dans le delta du Nil, assurant que la vague de protestation, qui a fait 300 morts et des milliers de blessés, s’amplifie.
Dans la capitale, les organisateurs de la mobilisation ont fait part de leur projet de marcher vendredi sur l’immeuble de la radio et télévision d’Etat, porte-voix du régime. « Je pense qu’il y aura foule devant le bâtiment. Le président Moubarak tombera bientôt, dans trois ou quatre jours, je pense », a prédit Mohamed Sadik, un ingénieur cairote. Des centaines d’autres manifestants ont consolidé un nouveau campement devant le Parlement. Sur la grille principale du bâtiment, ils ont accroché une pancarte proclament : « Fermé jusqu’à la chute du régime ».
Le bureau du nouveau Premier ministre, Ahmed Chafik, se trouve à proximité. Il a rencontré mercredi des hommes d’affaires et leur a dit qu’il continuait de rechercher des investissements étrangers pour stimuler l’économie.
« Mais notre priorité immédiate est maintenant de surmonter cette crise avec le moins de dégâts possible », a dit son porte-parole, Magdy Rady.
Selon des analystes du Crédit Agricole, la crise coûte 310 millions de dollars par jour à l’Egypte.
Le Canal de Suez, ressource vitale pour le pays, a fait état d’une baisse de revenus de 1,6% en janvier par rapport à décembre. Mais les revenus restent en hausse par rapport à janvier 2010 et les autorités affirment que les opérations ne sont pas affectées par les troubles.
Quatre personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées par balles mardi et mercredi lors d’affrontements entre les forces de sécurité et environ 3.000 manifestants dans le gouvernorat de la Nouvelle Vallée, à 500 km au sud du Caire.
Il semble s’agir des heurts les plus graves avec les forces de sécurité depuis le 28 janvier, date à laquelle la police a pratiquement disparu des rues après une sanglante répression de manifestations.
La semaine dernière, l’attaque de manifestants par des partisans de Moubarak en civil avait aussi causé une effusion de sang au Caire.
L’Etat islamique d’Irak (ISI, branche irakienne d’Al Qaïda) a reproché au gouvernement égyptien de ne pas appliquer une stricte loi islamique et a affirmé qu’il vaut mieux pour les musulmans mourir en combattant leur gouvernement que de vivre sous ce régime.
Réagissant à des propos du vice-président égyptien Omar Souleimane, qui a dit mardi que des activistes liés à Al Qaïda s’étaient évadés de prison par milliers depuis le 28 janvier, ISI a invité les musulmans égyptiens à libérer tous les prisonniers.
On dispose de peu de précisions sur les liens entre l’ISI et les activistes égyptiens et sur l’étendue de son influence, mais certains analystes disent que le groupe pourrait être à l’origine du meurtrier attentat du mois dernier contre une église copte égyptienne.
Les Frères musulmans, mouvement islamiste égyptien, ont renoncé il y a plusieurs décennies à la violence comme moyen d’obtenir un changement politique et ils ont prévenu que tout effort pour tenter de contrer leur influence risquait d’entraîner une radicalisation de leurs idées.

(Jeudi, 10 février 2011 – Avec les agences de presse)

Les tortionnaires filment


We are all Khaled Said This is Mubarak. This is the Egyptian Police. This is the regime that Egyptians want to change & yet some world government still supports it. These videos of Egyptian Police torture were the driving force for me to start this page after Khaled Said’s death. Egypt’s Police state & State Security Froces must end & dissolve. Very disturbing video.

Un membre du clan Moubarak est soupçonné d’avoir commandité l’attentat anti-chrétien d’Alexandrie


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Opinion

Hicham Hamza 

Adly

Habib el-Adly

Mardi 8 février 2011

Explosif. La justice égyptienne soupçonne un ancien ministre de l’Intérieur d’avoir secrètement organisé un attentat terroriste imputé à Al Qaida.

Depuis treize ans, et jusqu’au 31 janvier dernier, il était un membre éminent du gouvernement. Hier, l’ex-ministre de l’Intérieur égyptien, Habib El Adly, a été mis en examen pour son implication supposée dans l’attentat anti-copte du Nouvel An qui a causé la mort de 24 personnes à Alexandrie. Le procureur général Abd-el-Majid Mahmud a considéré qu’il existait suffisamment d’éléments « sérieux » pour ouvrir une enquête sur l’ancien homme fort du régime Moubarak.

Interrogé par Al Jazeera, un avocat copte, Ramzi Mamdouh, a déclaré avoir présenté au procureur une requête en ce sens à la suite d’articles parus notamment dans la presse libanaise et faisant état d’une curieuse rumeur : un diplomate anglais aurait expliqué à ses homologues français que le Premier ministre David Cameron était désireux de voir Hosni Moubarak quitter le pouvoir en raison d’une information confidentielle obtenue récemment par l’ambassade britannique du Caire. Venu demander l’asile politique, le lieutenant Fathi Abdelwahid, ancien membre de la police secrète du régime, a révélé que l’attentat d’Alexandrie résulterait d’une machination organisée par l’ex-ministre de l’Intérieur. L’objectif consistait à s’attirer la solidarité des gouvernements occidentaux en provoquant un attentat qui serait sous-traité par des extrémistes islamistes, eux-mêmes recrutés -et finalement piégés- par un intermédiaire.

Inside job

Ironie du sort, c’est le mardi 25 janvier, au premier jour de la révolte qui secoue le pays, qu’un entretien -rétrospectivement édifiant- avec le ministre paraît dans la presse égyptienne. Selon le quotidien pro-gouvernemental Al-Ahram, Habib El Adly accusa Al-Qaida et « l’armée islamique de Gaza » d’être les organisations responsables de l’attentat. Insistant quant à l’absence, sur le territoire national, de toute cellule affiliée au label de Ben Laden, le ministre a présenté, à l’inverse, la bande de Gaza comme une véritable pépinière de terroristes plus ou moins liés au Hamas et à Al-Qaida. Un discours parfaitement aligné sur les positions du gouvernement israélien. Il y a deux semaines, ces propos pouvaient encore s’apparenter à la rhétorique coutumière consistant à amplifier la menace terroriste dans la région. Au vu du soupçon judiciaire qui pèse désormais sur Habib El Adly, ses accusations à l’encontre de « terroristes-islamistes-militants-de-la-cause-palestinienne » semblent davantage relever d’une propagande purement et simplement mensongère. L’enquête ouverte par la justice s’annonce d’ores et déjà particulièrement sensible : il s’agira non seulement de vérifier le rôle exact de l’ancien ministre – qui a désormais pour interdiction de quitter l’Égypte- mais aussi de déterminer sur quelles complicités étatiques -nationales et/ou étrangères- il a pu s’appuyer pour élaborer un tel complot.

Dans les prochains jours, la réaction de la classe politique française et des éditorialistes hexagonaux à l’égard de cette stupéfiante information ne manquera pas d’être intéressante à suivre. Oumma et La Vie avaient été les seuls médias à souligner un fait singulier : l’absence de toute revendication formelle pour l’attentat d’Alexandrie. Cet élément méconnu du grand public n’a guère empêché la plupart des journaux français de reprendre à leur compte la version officielle du gouvernement égyptien. Comme l’avait fait Nicolas Sarkozy en instrumentalisant ce drame, il était plus sans doute plus commode de ne pas faire de contre-enquête et de se contenter d’alerter l’opinion publique sur une « épuration religieuse » en cours au Moyen-Orient. Une note d’espoir s’est fait néanmoins entendre : à l’inverse de l’intelligentsia française, les Coptes sur place ne semblent pas avoir cédé au piège consistant à se représenter tous leurs concitoyens comme les membres d’une communauté musulmane devenue tout à coup hostile et dangereuse. L’attentat d’Alexandrie n’a pas complètement atteint le but fomenté par ses commanditaires.

Publié le 9 février 2011 avec l’aimable autorisation d’Oumma.com

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Source : Oumma
http://oumma.com/…

 

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Egypte: le mouvement de contestation s’intensifie


La contestation contre le président égyptien Hosni Moubarak s'est intensifiée mardi avec le défilé de centaines de milliers de personnes au Caire et en province, les manifestations les plus importantes depuis le début du mouvement le 25 janvier.

La contestation contre le président égyptien Hosni Moubarak s’est intensifiée mardi avec le défilé de centaines de milliers de personnes au Caire et en province, les manifestations les plus importantes depuis le début du mouvement le 25 janvier.
Au Caire, la place Tahrir, épicentre de la révolte, était noire de monde. La mobilisation ne montrait aucun signe d’essoufflement malgré les nuits fraîches, la fatigue et les conditions de vie spartiates sur ce rond-point devenu un village de tentes retranché.
La foule a réservé un accueil triomphal au cybermilitant et cadre de Google Wael Ghonim, libéré lundi après 12 jours « les yeux bandés » aux mains des très redoutés services de sécurité d’Etat.
« J’aime à appeler ça la révolution Facebook mais après avoir vu les gens ici, je dirais que c’est la révolution du peuple égyptien. C’est formidable », a lancé le jeune homme, entouré par des milliers de manifestants.
Devenu un symbole de la contestation, Wael Ghonim a confirmé dans une interview à la chaîne privée Dream 2 qu’il était l’administrateur de la page Facebook « Nous sommes tous Khaled Saïd », du nom d’un jeune homme battu à mort par la police, un mouvement qui a joué un rôle-clé dans le lancement du mouvement.
« Je ne suis pas un héros, vous êtes les héros, c’est vous qui êtes restés ici sur la place », a-t-il dit aux manifestants.
« Le peuple veut faire tomber le régime », pouvait-on lire sur des banderoles. « Nous sommes le peuple, nous sommes le pouvoir », scandaient certains.
D’après des photographes de l’AFP place Tahrir, le nombre de manifestants a dépassé celui des rassemblements précédents. Selon des témoins à Alexandrie, il en était de même dans la grande ville du nord de l’Egypte.
« Aucune de nos demandes n’a été entendue », a expliqué Mohammad Nizar, 36 ans, place Tahrir. « Ils ont annoncé une augmentation des salaires. Ils essaient de nous leurrer. C’est un pot-de-vin politique pour réduire le peuple au silence ».
Dans une tentative d’apaisement, M. Moubarak, 82 ans et presque 30 ans à la tête de l’Etat, a annoncé la création d’une commission pour amender la Constitution, dans le cadre du « dialogue national » entamé dimanche entre le pouvoir et l’opposition dont, pour la première fois, les Frères musulmans, jusqu’ici bête noire du régime.
Lundi, le chef de l’Etat a promis une hausse de 15% des salaires des fonctionnaires et des retraites à partir du 1er avril.
Il a aussi demandé la formation d’une commission d’enquête sur les violences du 2 février place Tahrir, où des affrontements meurtriers ont opposé pro et anti Moubarak.
L’opposition conteste notamment les articles de la Constitution liés aux conditions très restrictives de candidature à la présidentielle et au mandat présidentiel.
Dans tous les cas, les mesures politiques -y compris l’annonce le 1er février du président qu’il ne briguerait pas un sixième mandat en septembre- n’ont pas apaisé la colère des protestataires qui exigent toujours un départ immédiat de M. Moubarak.
Des scénarios sur son départ sont envisagés par la presse étrangère. Le site de l’hebdomadaire allemand Der Spiegel écrit ainsi qu’il pourrait venir effectuer « un bilan médical prolongé » en Allemagne.
Le gouvernement allemand a toutefois assuré qu’il n’y avait eu « ni demande officielle, ni demande officieuse » en ce sens.
Mardi, les Etats-Unis ont jugé « crucial » que l’Egypte progresse vers une transition démocratique « en bon ordre », tandis que la France a appelé à « l’émergence des forces démocratiques » pour une transition qui doit se dérouler « sans violence et aussi rapidement que possible ».
Au Caire, de nouveaux magasins et restaurants ont rouvert et de nombreux Cairotes reprenaient le chemin du travail. Le couvre-feu reste en vigueur dans la capitale, à Alexandrie et Suez (est) de 20H00 (18H00 GMT) à 06H00 (04H00 GMT).
Depuis le 3 février, les manifestations se déroulent le plus souvent dans le calme.
Des heurts entre policiers et manifestants pendant les premiers jours de la contestation, puis entre militants favorables et opposés à Hosni Moubarak le 2 février, ont fait près de 300 morts, selon l’ONU et Human Rights Watch, ainsi que des milliers de blessés.
La crise risque de coûter cher à l’économie du pays le plus peuplé du Moyen-Orient –au moins 310 millions de dollars par jour selon le Crédit Agricole– l’instabilité ayant fait fuir les touristes et pouvant refroidir durablement l’ardeur des investisseurs étrangers.
Mardi, la banque centrale égyptienne a injecté de « larges sommes en dollars » sur le marché pour juguler la spéculation qui a mis la pression sur la livre égyptienne.
La Bourse du Caire, fermée depuis le 30 janvier, ne doit rouvrir que le 13 février.

AFP source

Accusation: « Le ministère de l’intérieur Egyptien impliqué dans l’explosion de l’Eglise d’Alexandrie ».


Source Traduction française plus bas 

كشف دبلوماسي بريطاني أمام دوائر قصر الاليزيه الفرنسي، عن سبب إصرار إنكلترا على المطالبة برحيل الرئيس المصري وفريقه، خصوصاً أجهزة وزارة الداخلية التي كان يديرها الوزير حبيب العدلي، والسبب هو أن المخابرات البريطانية تأكدت، ومن المستندات الرسمية المصرية الصوتية والورقية، أن وزير الداخلية المصري المقال حبيب العدلي كان قد شكل منذ ست سنوات جهازاً خاصاً يديره 22 ضابطاً، وعداده  من بعض أفراد الجماعات الإسلامية التي قضت سنوات في سجون الداخلية، وعدد من تجار المخدرات وفرق الشركات الأمنية، وأعداد من المسجلين خطراً من أصحاب السوابق، الذين قُسموا إلى مجموعات حسب المناطق الجغرافية والانتماء السياسي، وهذا الجهاز قادر على أن يكون جهاز تخريب شامل في جميع أنحاء مصر في حال تعرض النظام لأي اهتزاز..

كما كشفت المخابرات البريطانية أن الرائد فتحي عبد الواحد المقرب من الوزير السابق حبيب العدلي، بدأ منذ يوم 11 كانون الأول/ ديسمبر الماضي بتحضير المدعو أحمد محمد خالد، الذي قضى أحد عشر عاماً في سجون الداخلية المصرية، ليقوم بالاتصال بمجموعة متطرفة مصرية، لدفعها إلى ضرب كنيسة القديسيْن في الإسكندرية، وبالفعل قام أحمد خالد بالاتصال بمجموعة متطرفة في مصر اسمها (جند الله)، وأبلغها أنه يملك معدات حصل عليها من غزة يمكن أن تفجر الكنيسة لـ »تأديب الأقباط »، فأعجب محمد عبد الهادي (قائد جند الله) بالفكرة، وجنّد لها عنصراً اسمه عبد الرحمن أحمد علي، قيل له إنك ستضع السيارة وهي ستنفجر لوحدها فيما بعد، لكن الرائد فتحي عبد الواحد كان هو بنفسه من فجر السيارة عن بعد، بواسطة جهاز لاسلكي، وقبل أن ينزل الضحية عبد الرحمن أحمد علي من السيارة، وكانت الجريمة المروعة التي هزت مصر والعالم ليلة رأس السنة الماضية.

تم توجه الرائد نفسه فوراً إلى المدعو أحمد خالد، وطلب منه استدعاء رئيس جماعة (جند الله)؛ محمد عبد الهادي، إلى أحد الشقق في الإسكندرية، لمناقشته بالنتائج، وفور لقاء الاثنين في شقة في شارع الشهيد عبد المنعم رياض بالإسكندرية، بادر الرائد فتحي إلى اعتقال الاثنين ونقلهما فوراً إلى القاهرة بواسطة سيارة إسعاف حديثة جداً، واستطاع الوصول بساعتين ونصف إلى مبنى خاص في منطقة الجيزة بالقاهرة تابع للداخلية المصرية، حيث حجز الاثنين لغاية حدوث الانتفاضة يوم الجمعة الماضي، وبعد أن تمكنا من الهرب لجآ إلى السفارة البريطانية في القاهرة حفاظاً على سلامتهما، وقال الدبلوماسي البريطاني، إن القرار في تفجير الكنيسة جاء من قبل النظام المصري لعدة الأسباب أهمها:

1ـ الضغط الذي يمارَس على النظام من قبل الداخل المصري والخارج العربي والإسلامي لمواصلته محاصرة مدينة غزة، لذا فإن اتهام (جيش الإسلام) الغزاوي بالقيام بالعملية يشكل نوعاً من دعوة المصريين لاتهام « المسلحين » في غزة بتخريب مصر لكسب نوع من الوحدة الوطنية حول النظام القائم، وإيهام العالم الخارجي بأنه يحمي المسيحيين.

2ـ إعطاء هدية لنظام العبري في تل أبيب، ليواصل حصاره على غزة، والتحضير لعملية كبيرة عليها، وتأتي هذه الهدايا المصرية للكيان الإسرائيلي ليستمر قادة إسرائيل في دعم ترشيح جمال مبارك لرئاسة مصر في كل أنحاء العالم.

3ـ نشر نوع من الغطاء على النظام المصري داخل مصر يخوله الانتقال حينذاك من حمى تزوير الانتخابات إلى اتهام الإسلاميين بالتطرف والاعتداء على المسيحيين، لكي يحصل النظام على شرعية غربية بنتائج الانتخابات المزورة، وحقه في اعتقال خصومه، كما حصل بعد الحادثة، حيث بلغ عدد المعتقلين الإسلاميين أكثر من أربعة آلاف فرد.

وختم الدبلوماسي البريطاني أن نظام مبارك فقد كل مسوغات شرعيته، بل إن عملية « الكنيسة » قد تدفع الكثير من المؤسسات الدولية والأهلية إلى المطالبة بمحاكمة هذا النظام، ناهيك عما فعله بالشعب المصري طوال ثلاثين عاماً، والأهم ما قام به في الأسبوع الأخير.

 

Le Caire, 5 février 2011. Nous avons reçu ce matin par e-mail un lien vers un article en arabe, publié sur le site libanais tayyar.org. L’article indique que, selon une source diplomatique britannique, le Ministère de l’Intérieur Egyptien serait impliqué dans l’explosion de l’Eglise d’Alexandrie « Al Qiddissin » (1er janvier 2011).

Info, intox ou théorie du complot, nous invitons des journalistes professionnels à mener l’enquête et à nous faire part de leur résultat sous forme d’articles ou de commentaires. L’article désigne deux instances auprès desquelles l’enquête pourrait commencer : l’Elysée, et les services secrets britanniques.

Ci-dessous la traduction française de l’article publié sur le site www.tayyar.org

Preuves
Services secrets britanniques: Le ministère de l’intérieur Egyptien fait exploser l’église

Détails complets: Un diplomate britannique a dévoilé aux autorités compétentes de l’Elysée les raisons suscitant l’insistance de la Grande Bretagne pour un départ du président Moubarak et de son équipe, en particulier l’appareil du Ministère de l’Intérieur de Habib el Adly. La raison est que les services secrets britanniques détiennent de preuves composées de documents écrits et d’enregistrements audio prouvant que — depuis six ans — le ministre aujourd’hui démis de ses fonctions a créé un corps spécial qu’il dirige personnellement, composé de 22 officiers. Ce corps est composé de membres des « Gammaat Islameyya » (groupes islamiques) longtemps emprisonnés dans les geôles égyptiennes, de trafiquants de drogues et de criminels dangereux connus des services de police. Ce corps est constitué de petits groupes et réparti par zone géographique et par affiliation politique. Ce corps est programmé pour consistuer une force capable de mener des campagnes de destruction totale au cas où le régime se trouverait menacé. Les services secrets britanniques ont également découvert que le lieutenant Fathi Abdel Wahid, un proche du ministre de l’intérieur, prépare à l’action, depuis le 11 décembre 2010, un certain Ahmed Mohamed Khaled. Ce dernier, qui a passé 11 ans dans les geôles de l’Etat, a pour mission de contacter les groupes extremistes pour les inciter à attaquer l’église d’Alexandrie. Il contacte alors le groupe extremiste, Guond Allah (Soldats de Dieu), et leur indique qu’il dispose d’explosifs et d’équipements obtenus à Gaza, suffisants pour faire exploser l’église afin de « punir les coptes ». Le leader des Guond Allah, Mohamed Abdel Hadi, est séduit par l’idée et confie la mission à Abdel Rahman Ahmed Ali à qui l’on indique qu’il suffira de garer la voiture et qu’elle explosera d’elle-même. Cependant, c’est le lieutenant Fathi Abdel Wahid qui fera exploser la voiture grâce à l’utilisation d’une télécommande. Il fait exploser la voiture tandis que le conducteur Abdel Rahman Ahmed se trouve encore à son bord. Ceci fut le crime terrifiant qui secoua l’Egypte et le monde dans la nuit du nouvel an 2011. Le lieutenant se rendit alors chez Ahmed Khaled et lui demande d’appeler le leader des Guond Allah, Mohamed Abdel Hadi, pour qu’il se rende dans un appartement à Alexandrie pour discuter de la suite des événements. Dès qu’ils pénètrent tous deux dans un appartement de la rue Abdel Moneim Riad, le lieutenant Fathi les arrête et les conduit au Caire à bord d’une ambulance très moderne. Ils arrivent dans un immeuble du ministère de l’intérieur dans le gouvernorat de Guizeh où ils sont détenus jusqu’au soulèvement populaire de vendredi. Ils réussissent à prendre la fuite et tente de trouver refuge à l’Ambassade de Grande Bretagne. Le diplomate britannique explique que la décision d’exploser l’église émane, pour les raisons suivantes, du ministère de l’intérieur:

– A l’intérieur du pays et dans les pays musulmans, la pression exercée sur le régime égyptien au sujet du siège de Gaza est forte — ainsi, désigner l’Armée de l’Islam de Gaza (« Gueish el Islam el Ghazzawy ») comme l’auteur de l’explosion est, d’une certaine manière, une invitation pour que les égyptiens accusent des factions armées de Gaza de comploter, de saboter, détruire l’Egypte. Ce faisant, le ministère de l’intérieur souhaite renforcer le sentiment d’unité nationale et de sympathie avec le régime. A l’extérieur, il souhaite donner l’impression que le régime protège les chrétiens.

– Faire à l’administration israélienne un « cadeau » en leur donnant l’opportunité de justifier et de maintenir le siège de Gaza et d’y préparer une grande opération. Ces cadeaux égyptiens sont offerts en contre-partie du soutien apportée par l’administration israelienne à la candidature de Gamal Moubarak, à la présidence de l’Egypte.

– Créer une diversion pour faire oublier les éléctions législatives dont les résultats ont été falsifiés, et concentrer l’opinion sur les islamistes, l’extremisme et l’agression des chrétiens afin que le régime puisse jouir d’une légitimité internationale, prouver qu’il a bien fait de falsifier les résultats des élections, prouver qu’il fait bien d’arrêter tous ses opposants.

Voilà ce qui s’est passé après l’explosion quand le nombre des islamistes arrêtés à dépassé le nombre de 1000 personnes. Le diplomate britannique conclut enfin que le régime de Moubarak a perdu toute légitimité et que « l’opération église » pourrait conduire plusieurs états et organisations civiles à demander le jugement du régime. Cela, s’ajoute à ce que ce régime a fait aux égyptiens depuis 30 ans et à ce qu’il lui fait subir depuis une semaine.

Source

Médias israéliens et révolution égyptienne…


… «Tirez sur les manifestants!»

Fouad Ben Eliezer (Parti travailliste) ne comprend pas ce qui est arrivé, et sur toutes les stations de radio il étale son embarras. Qu’est-il arrivé à son ami Hosni Moubarak? Pourquoi n’a-t-il pas donné l’ordre aux militaires de tirer sur les masses et ainsi de mettre fin aux «émeutes»?, tels sont ses propres mots. Compte tenu de sa relation amicale avec le dictateur égyptien, Ben Eliezer est devenu ces derniers jours un analyste éminent des affaires égyptiennes, seulement cette fois, il avoue, par une modestie qui lui est peu coutumière, que tout simplement il ne comprend pas: quelques centaines de morts de plus et tout reviendrait à la normale.

La vérité est que non seulement Ben Eliezer n’a aucune vision et ne comprend rien, mais en Israël tous les «analystes des affaires arabes» et «spécialistes sur les questions du Moyen-Orient» – tous des diplômés des services de renseignements militaires israéliens ou du Mossad – sont bien obligés d’admettre leur ignorance. Une fois encore, nous avons été surpris, comme nous sommes surpris à chaque fois: surpris par le franchissement du Canal de Suez en 1973, surpris par la résistance palestino-libanaise en 1982, par la ténacité du Hezbollah en 2006, par la victoire du Hamas aux élections palestiniennes et ainsi de suite.

Dans ses propos, Ben Eliezer est le reflet de la presse israélienne qui, immédiatement, a pris position: tous avec les forces de l’ordre, contre le mouvement populaire même si, comme en Tunisie, cela veut dire le peuple tout entier. Les masses arabes sont toujours l’ennemi, et les régimes, des partenaires. Le fait que ces régimes soient des régimes autoritaires, meurtriers et corrompus n’est pas du tout vu comme un inconvénient, mais comme le témoignage de leur capacité bienvenue à maîtriser leur population. Pour dire simple: alors que les masses arabes ne sont qu’une horde, un troupeau de sauvages surexcités, leurs dirigeants sont les garants de l’ordre, même si parfois, Israël est contraint d’aller leur faire la guerre.

Autre surprise, et cette fois pour les élites politiques et intellectuelles du monde entier, et pas seulement pour Ben Eliezer et nos «commentateurs»: les masses populaires, du Maroc à l’Iraq, de la France à la Bolivie, n’ont pas lu «La Fin de l’Histoire» de Fukuyama, et si jamais elles l’ont lue, elles ont refusé de quitter le cadre de l’histoire: quand elles sont piétinées, poussées à la famine ou humiliées – tôt ou tard, elles se soulèvent et chassent les dictateurs corrompus et arrogants. Même si elle est retardée, la révolution finira par éclater. Pour s’en sortir, mais pas obligatoirement pour gagner, il n’est pas inconcevable que Moubarak écoute les conseils de la presse israélienne et du général Ben Eliezer, et qu’il ordonne aux militaires d’écraser le soulèvement dans le sang.

On peut déjà deviner quel sera le thème de la prochaine étape de la presse et de la campagne de propagande de nos journalistes experts: Al Qaïda. Les dictatures de Ben Ali et Moubarak sont justifiées car elles font barrage à l’Islam militant et derrière les manifestations populaires, on ne trouve pas moins que Ben Laden. Zvi Barel (Ha’aretz, 30 janvier) est l’un des rares journalistes à réfuter l’argument que les Frères musulmans seraient au centre du soulèvement égyptien. Il souligne que leur slogan n’est pas «Allah Akhbar» mais, «A bas le dictateur, A bas la corruption». Ainsi, en Tunisie, le parti islamique Al Nahda n’a pas joué de rôle dans l’insurrection, ne serait-ce que parce qu’il a encore à se remettre de la répression cruelle de Ben Ali et de ses bandes.

Ce ne sont ni Al-Qaïda, ni les Frères musulmans qui sont derrière les masses en colère au Caire, à Rafah ou à Suez, mais trente années de régime autoritaire, d’oppression, de pauvreté. Tant que les journalistes et les politiciens israéliens n’arriveront pas à le comprendre, ils continueront à se faire surprendre à chaque fois que les masses (un mot «archaïque» depuis longtemps sorti de leur dictionnaire) prendront leur destinée entre leurs propres mains.

Michel Warschawski
30.01.11
Traduit de l’hébreu en anglais par AIC (Alternative Information Center)
Traduit de l’anglais par JPP pour:
http://www.protection-palestine.org/spip.php?article10029

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