Bruxelles : Les sans-papiers de Saint-Josse menacés d’expulsion


de belga/7sur7

La centaine de sans-papiers afghans et irakiens qui occupent depuis quatorze jours un immeuble à l’abandon situé au 22 de la rue du Méridien à Saint-Josse et qui ont entamé une grève de la faim sont menacés d’expulsion. Un arrêté d’insalubrité a été pris par le bourgmestre de la commune Jean Demannez (PS).

L’arrêté a été signifié aux occupants jeudi matin par la police. Les occupants ne contestent pas l’insalubrité globale de l’immeuble mais précisent qu’ils ont procédé au nettoyage et à l’aménagement des pièces qu’ils occupent pour les rendre propres. Une assemblée des occupants devrait se tenir jeudi après-midi. Aucune expulsion imminente n’est à ce stade envisagée par la police. Des pourparlers sont en cours. Les bâtiments sont destinés à accueillir l’ASBL « Les Briques du GAMP ». Ils sont mis à la disposition de l’ASBL par la Régie fédérale des bâtiments.

Selon l’ASBL, l’occupation des bâtiments a eu lieu à son insu. L’octroi des bâtiments à l’asbl Les Briques du GAMP est soumis à la condition d’y ouvrir un centre d’accueil de jour et d’hébergement pour personnes handicapées de grande dépendance. Selon le contrat de bail, le projet doit être réalisé impérativement dans un délai de 2 ans. L’asbl s’est déclarée opposée à l’occupation du bâtiment qui contient de l’amiante.

« Des fils d’électricité sont dénudés, une baie vitrée est sur le point de s’effondrer dans la cage escalier dont la partie terminale est également menacée et de nombreux panneaux se détachent des faux plafonds », dénonce l’ASBL. Celle-ci n’a entamé jusqu’à présent aucune action en justice visant à obtenir l’expulsion des occupants. « C’est à la commune à prendre ses responsabilités », a dit la présidente de l’ASBL, Cinzia Agoni.
04/09/08 15h44

Suicide d’un expulsé


« Il n’a pas supporté la perspective d’une seconde tentative d’expulsion »

Le sans-papiers qui s’est suicidé, jeudi, au centre fermé de Merksplas, est un Camerounais de 32 ans, Ebenizer Folefack Sontsa. Il s’est suicidé durant une pause, après son repas, dans des toilettes au moyen de draps. Il avait été placé en cellule d’isolement dimanche, a-t-on appris auprès de son avocat, Me Alexis Deswaef.

L’homme avait fait l’objet d’une tentative d’expulsion samedi passé, au cours de laquelle il aurait subi, selon son avocat, des violences. Un policier aurait placé son genou contre le cou du Camerounais. Des traces de violences étaient apparentes, selon l’avocat, sur le cou et les jambes de son client.

Au cours de cette tentative d’expulsion, dans un avion de Brussels Airlines, un passager, Ngajui Fosso, qui devait rentrer à Douala a entendu les cris du Camerounais qu’on allait expulser. Il a alors expliqué à l’hôtesse qu’il ne « pouvait pas voyager dans ces conditions ». D’autres passagers auraient eux aussi protesté.

Quelques minutes plus tard, M. Fosso et deux autres passagers ont été emmenés par des policiers et conduits dans une cellule de l’aéroport. M. Fosso n’a été libéré qu’une dizaine d’heures plus tard. Il est interdit de vol par la compagnie aérienne pendant six mois.
« La première tentative d’expulsion est considérée comme une invitation à partir et il ne devrait pas y avoir usage de la force », a commenté Me Alexis Deswaef. Une seconde tentative d’expulsion était prévue pour lundi.

« M. Folefack n’a pas supporté la perspective d’une seconde tentative d’expulsion et a mis fin à ses jours », a expliqué son avocat.
Pour Me Alexis Deswaef, le gouvernement belge est responsable de la mort de son client.

« Mercredi matin, les ministres Onkelinx et Milquet ont insisté au sein du Kern pour établir un moratoire sur les expulsions des personnes qui pourraient faire l’objet d’une régularisation selon les critères de l’accord de gouvernement, mais le gouvernement a refusé. M. Folefack avait de réelles perspectives de régularisation », a-t-il déclaré.

M. Folefack était arrivé en Belgique en 2005. Il avait introduit une demande d’asile qui avait été refusée. Selon son avocat, il aurait pu être régularisé sur base du critère de l’ancrage durable ou d’un contrat de travail. (belga/7sur7)
01/05/08 21h28

EMIGRATION CLANDESTINE : Barça ou « barzakh »


EMIGRATION CLANDESTINE : Barça ou « barzakh » (Barcelone ou l’enfer), le leitmotiv des partants de Thiaroye-sur-Mer

Thiaroye-sur-Mer, vieux quartier traditionnel situé dans la grande banlieue dakaroise. Bercé par la fraîcheur des vagues de l’Océan Atlantique, ce gros bourg, peuplé de près de 60.000 habitants, pour la plupart des pêcheurs, baigne, en ce vendredi après-midi, dans une pesante torpeur.

Pas de cris d’enfants en train de jouer, pas de sonorités émanant de l’animation d’une cérémonie familiale, pas de rires : on entend plutôt un léger murmure qui sourd d’une place du village où, comme d’habitude, se sont réunis les chefs de familles, durant les moments de désœuvrement. Ces temps-ci, ils se sont beaucoup retrouvés pour parler de la rareté du poisson, des problèmes de la pêche qui nourrit de moins en moins son homme. Mais, aujourd’hui, ils sont préoccupés par le départ en cascade vers l’Espagne de leurs progénitures, à bord de pirogues que naguère ils empruntaient pour chercher du poisson, le véritable gagne-pain que les habitants de Thiaroye-sur-mer ont connu jusqu’ici et qu’ils se sont évertués à se transmettre de père et fils.

Entouré de plusieurs chefs de famille, E. M. Niang, un des notables de Thiaroye-sur-Mer, confirme que les populations sont découragées de ce que la pêche n’apporte “ plus rien ” aux pêcheurs traditionnels qui n’ont que leurs filets et matériels rudimentaires à opposer aux instruments modernes des grands bateaux occidentaux et asiatiques qui “ raflent tout ” et ne laissent derrière eux que “ des déchets ”.

“ Mes enfants, raconte-t-il, me disent : “ papa, nous n’avons pas de travail, la pêche ne nous rapporte plus rien. Il n’y a pas d’usines où l’on peut aller chercher un boulot ; notre seule solution c’est d’aller à l’étranger pour voir le bout du tunnel ”.

La chaîne de profession de pêcheur de père en fils semble s’être ainsi brisée avec la rareté du poisson, d’où la résolution des jeunes de ne plus aller sous la mer, mais de voguer au-dessus pour aller chercher le gagne-pain en Europe. Pour eux, l’Europe, c’est d’abord l’Espagne ou plutôt Barcelone qu’ils désignent si familièrement “ Barça ”.

L’envie, la force et la résolution d’aller en Catalogne sont telles que les jeunes de Thiaroye-sur-mer comparent ce voyage à bord de pirogues où ils sont entassés par dizaines, à un tout ou rien. Ce qui se résume ainsi dans leur langage de désespérés : “ Barça ou “ barzakh ” (l’enfer). À la question de savoir pourquoi lui et les autres notables du village ne retiennent pas leurs enfants qui semblent aller vers la mort certaine quand ils comptent atteindre l’Espagne à bord de frêles esquifs, E. M. Niang lance, la mort dans l’âme : “ comment voulez-vous, face à cette situation de dénuement total, que l’on retienne nos enfants ? Ils sont adultes. J’ai, par exemple, des enfants qui se sont mariés et ont même 3 à 4 enfants avec leurs épouses. Ils doivent vivre et souhaitent ne plus dépendre des maigres sous que je gagne difficilement ”.

Quand M. Niang tente de comprendre l’attitude des jeunes, ses voisins, le couple Fall, pleurent, eux, leur fils mort sur les côtes espagnoles. Inconsolable, le père, un ancien ouvrier à la retraite depuis 1987, dit ne plus pouvoir trouver le sommeil. Tant ses nuits sont hantées par le clapotis des vagues qui ont emporté son fils à quelques mètres de son rêve : l’Espagne. Les larmes aux yeux, la mère se souvient qu’avant de partir le fils lui disait : “ maman, il faut que je parte pour aider mon père, il est vieux et, depuis 30 ans, c’est lui qui nous nourrit et subvient à nos besoins. Ça, je ne peux plus l’accepter ”.

À en croire plusieurs témoignages, c’est parce qu’ils ne peuvent plus supporter de voir leur père rentrer à la maison, le soir, sans le sou pour assurer la dépense quotidienne que les jeunes qui ne désirent pas vivre le même calvaire, une fois majeurs, se sont lancés dans les embarcations. L’idéal, soulignent certains sans trop y croire, aurait été de trouver sur place d’autres occupations que la pêche, mais hélas ils ne voient rien venir.

“ Nous voulons bien rester et travailler pour notre pays, mais on a aucune opportunité. Je suis pêcheur depuis ma naissance et je ne connais que cela, mais voilà, aujourd’hui, la pêche ne nous apporte plus rien ”, se désole M. N., un des rescapés des 81 jeunes rapatriés des côtes marocaines par les autorités sénégalaises.

“ Les autorités, souligne-t-il, doivent s’atteler à créer des emplois pour la réinsertion des jeunes qui n’ont pas de formation, avec des projets fiables qui leur permettront de trouver des solutions à leurs problèmes de survie ”. Bizarrement, M. N., 35 ans, marié et père de six enfants, semble parler pour les autres. En effet, pour lui, sa religion est faite : il est à l’affût de la première occasion propice pour reprendre le chemin de l’émigration, malgré les épreuves qu’il a déjà endurées. Pourtant, tous ne partent pas ou…plus. Revenu à la maison, après plusieurs années au Canada et aux États-Unis, T. N., responsable du comité des jeunes de Thiaroye-sur-Mer, confesse : “ j’ai pris l’option de retourner au bercail et d’investir dans mon pays, mais c’est dommage, je rencontre toutes sortes de tracasseries pour gérer mes affaires ”.

Instruits par une telle expérience, les jeunes de Thiaroye semblent avoir pris leur résolution et n’ont aujourd’hui qu’un seul mot à la bouche : partir pour l’Europe envers et contre tout afin d’être quelqu’un d’utile (“ tekki ”) à ses parents.

(APS)
SOURCE

22 immigrants morts noyés au large du Yémen


Vingt-deux immigrants sont morts noyés au large des côtes du Yémen, alors qu’ils tentaient de passer dans ce pays en provenance de Somalie, a indiqué dimanche un responsable yéménite.

Selon ce responsable dans la province d’Abyane (sud), l’équipage du bateau a forcé l’ensemble des 120 immigrants à se jeter à l’eau, au large des côtes yéménites, pour rallier le rivage à la nage.

Douze immigrants sont toujours portés disparus, a-t-il ajouté sous couvert de l’anonymat. Le reste des immigrants a survécu et ont été pris en charge par les autorités au port d’Aden (sud).

Plus de 1.400 clandestins ont péri en 2007 en tentant de traverser le Golfe d’Aden en provenance d’Afrique, tandis que plus de 28.300 ont atteint les côtes yéménites, selon le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR). (TAS)

© BELGA
SANAA 13/04 (BELGA)

PETIT GUIDE POUR LUTTER CONTRE LES PRÉJUGÉS….


La brochure CIMADE diffusée par le Syndicat Medecine Général.

« PETIT GUIDE POUR LUTTER CONTRE LES PRÉJUGÉS SUR LES MIGRANTS »

« ils sont trop différents » – « ils sont tous délinquants » – « ils prennent notre travail » – « ils vont nous envahir » – « ils ont tous les droits »

« PRÉJUGÉS »

« J’ai peur. J’ai peur parce que depuis un certain temps, je constate que je suis entouré de nombreuses personnes différentes de moi. J’ai peur qu’elles prennent mon travail, j’ai peur qu’elles m’imposent leurs idées et leur religion. Elles sont nombreuses au travail, dans le métro, près de chez moi, dans mon immeuble… J’entends dire que leur nombre a beaucoup augmenté ces dernières années. J’ai peur parce que ces gens ont beaucoup d’enfants et qu’ils finiront par nous submerger. Ils font baisser le niveau des classes de nos enfants. Ils sont très nombreux à être musulmans et cette religion me fait peur parce qu’elle est plus importante à leurs yeux que nos traditions.

Je pense que beaucoup viennent pour vivre à nos crochets et profiter de nos avantages sociaux. Ai-je raison d’avoir peur ? »

SUITE


Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑