Les racines chrétiennes de la France
Dans son discours au Puy-en-Velay, le 3 mars, Nicolas Sarkozy a déclaré :
« Les peuples sont comme les Hommes : qu’ils occultent leur passé, qu’ils nient tout ou partie de leur identité et ils courent le risque de voir un jour ressurgir ce qu’ils ont refoulé mais sous une forme inquiétante.
La chrétienté nous a laissé un magnifique héritage de civilisation et de culture, je suis le président d’une République laïque (une erreur s’est glissée dans le texte publié par L’Elysée que j’ai corrigée) Je peux dire cela, parce que c’est la vérité. Je ne fais pas de prosélytisme, je regarde simplement l’Histoire de notre pays. Une fois dit cela, je veux dire que la France a puisé à d’autres sources : il y a quelques semaines, j’ai reconnu et salué les racines juives de la France.
Grégoire de Tours, le plus ancien de nos historiens, qui dans les mêmes pages de son Histoire des Francs, parle pour la première fois non seulement du sanctuaire du Puy-en-Velay mais de la synagogue de Clermont ! C’était en Auvergne déjà et Grégoire de Tours écrivait il y a près de 15 siècles ! C’est la France. La France que nous aimons, la France dont nous sommes fiers, la France qui a des racines. »
Le quotidien catholique La Croix (4 mars) fait remarquer dans l’article de Laurent de Boissieu, « La chrétienté, “un magnifique héritage de civilisation” » :
« Première idée : il faut, a dit le président, “assumer intellectuellement, moralement et politiquement » cet héritage car « il est toujours dangereux d’amputer sa mémoire », tout en prenant soin de préciser que « personne n’est prisonnier de l’histoire de son pays ».
Cette idée constitue une rupture avec son prédécesseur, Jacques Chirac, qui s’était opposé en 2004 à toute référence aux “racines chrétiennes” dans le projet de Constitution européenne. Concrètement, c’est justement, aux yeux de Nicolas Sarkozy, le patrimoine “qui nous inscrit dans le temps long d’une histoire multiséculaire”. »
Cette vision d’une histoire multiséculaire et immuable est absurde. Notre vision de l’histoire a varié à chaque période, à chaque tournant. L’héritage juif de l’histoire de France n’est affirmé que récemment ; la vision de la révolution française a suscité et suscite encore bien des débats et des interprétations. Notre vision de Vercingétorix et celle imposée, pour des raisons politiques, par la IIIe République n’ont rien de commun.
S’interrogeant sur l’histoire américaine, l’intellectuel américano-palestinien Edward W. Said notait : « Aux Etats-Unis, la notion de ce qui est américain a connu un grand nombre de changements et parfois des tournants spectaculaires. À ses origines, le cinéma décrivait les habitants autochtones comme des démons malfaisants, que l’on devait éliminer ou soumettre. On les appelait les Peaux-Rouges et leur seule place dans la culture […] était d’être un obstacle à l’avancée de la civilisation blanche. Aujourd’hui, cela a totalement changé. Ils sont considérés comme des victimes de l’occidentalisation du pays, non comme des méchants. » Et il ajoute que, si la littérature était dominée par des hommes blancs vers la fin du XIXe et au début du XXe siècle, des écrivains comme Toni Morrison symbolisent désormais une nouvelle vision de la “civilisation américaine” : « Quelle conception a-t-on de l’Amérique réelle et qui peut prétendre la représenter et la définir ? La question est complexe et très intéressante, mais on ne peut répondre avec quelques clichés [1]. »
Si on ne peut pas demander au président de la République de comprendre ces subtilités, il faut reconnaître que son discours est porteur d’un message politique clair : la France est laïque et chrétienne ; et, tout le monde l’aura compris, elle n’est pas musulmane et elle ne se laissera pas imposer la charia, le foulard, la burqa, les minarets, le hallal, etc.
Ce discours est tenu alors que l’UMP souhaite lancer une journée d’étude sur l’islam, reconvertie hâtivement en journée sur la laïcité, et que le président souhaite chasser sur les terres du Front national relifté par Marine Le Pen, laquelle abandonne le discours sulfureux sur la seconde guerre mondiale et l’antisémitisme pour se convertir à la laïcité et à l’islamophobie.
Sur le site de Libération, sous le titre « Copé promet “des solutions” sur la laïcité et la place de l’islam », on peut lire les inquiétudes exprimées dans les rangs mêmes de la droite :
Dominique de Villepin affirme que le débat fera « “le jeu de Marine Le Pen” », relevant que les intentions de vote en faveur de celle-ci se situaient « entre 18 et 20% » actuellement. Pour lui, de tels débats nourrissent “les peurs”.
Quant à François Bayrou, « il a dénoncé le discours du chef de l’Etat, au Puy-en-Velay, sur les racines chrétiennes de la France, en notant que “chaque fois qu’on mélange l’Etat et la religion, on court à la catastrophe”. “Pourquoi l’Etat se mêlerait de choisir une de nos racines ?”, a-t-il interrogé, avant d’estimer qu’il y avait là “une utilisation, une tentative d’utilisation de la conviction religieuse”. “Ce n’est pas la responsabilité, ni même le droit du président de la République de trancher sur ces thèmes qui appartiennent à chacun » dans son intimité”. »
Alors que la loi sur la burqa devrait entrer en vigueur le 11 avril, le gouvernement a renoncé à envoyer des ambassadrices expliquer aux femmes qui le portaient le sens de cette décision. On peut penser que cette renonciation tient au fait qu’on voit mal qui pourrait porter cette parole, et l’association Ni putes ni soumises qui avait reçu 80 000 euros à cet effet, est tout à fait incapable de mettre un pied dans les quartiers dits difficiles – espérons toutefois qu’elle remboursera la subvention.
Mais, pour ne pas laisser planer de doute sur sa détermination à éviter que nous soyons submergés par des musulmans barbus et des femmes voilées, le ministre de l’éducation Luc Chatel a pris une décision héroïque : il a interdit aux femmes voilées d’accompagner les sorties scolaires – décision qui sera sans doute contestée devant le Conseil d’Etat (lire Stéphanie Le Bars, « Luc Chatel ne veut pas de mères voilées pour accompagner les sorties scolaires », Lemonde.fr, 3 mars. Elle aura au moins un effet positif : renvoyer dans leurs foyers ces femmes qui cherchent à s’intégrer aux activités scolaires, un pas décisif dans la voie de leur émancipation.

Du même auteur :
Face-à-face tendu à Bahreïn
Le scandale Hamouri (II)
Faut-il intervenir militairement en Libye ?
[1] Edward W. Said, « The clash of definitions », dans Emran QURESHI, Michael A. SELLS (dir.), The NewCrusades. Constructing the Muslim Enemy, Columbia University Press, New York, 2003, p. 76-77
4 mars 2011 – Les blogs du Diplo
Vous pouvez consulter cet article à :
http://blog.mondediplo.net/2011-03-…
[bds-ulb] PROCES BDS : Appel au rassemblement jeudi 17 mars à midi, tribunal de bobigny, paris.
en nl à la suite
Le 17 mars 2011 se tiendra le procès d’Olivia Zemor.
La présidente d’Europalestine a été mise en examen ainsi que trois autres militants de la campagne BDS (Boycott Désinvestissements Sanctions) pour des actions dans des hypermarchés de Seine-Saint-Denis.
Cette journée sera sans nul doute un moment important pour l’avenir de la campagne BDS. En effet, depuis de longues années Olivia Zemor n’a cessé de se battre pour les droits des palestiniens et contre la politique du gouvernement israélien. Elle a été, et demeure aujourd’hui encore, un moteur pour la cause palestinienne et l’acharnement dont elle est victime l’atteste clairement. De nombreuses menaces, un harcèlement constant de la part de fanatiques pro-israéliens, des attaques physiques la visant de près ou de loin, n’ont pas eu raison de sa détermination. C’est pourquoi nous devrons lui apporter un soutien à la mesure de son engagement.
Un message fort doit être envoyé, d’une part à ceux qui n’ont de cesse de diaboliser l’expression de notre désaccord, mais aussi à tous les militants qui luttent pour une paix juste et durable au Proche Orient !
Soyons donc nombreux ce jeudi 17 mars, à partir de midi, au tribunal de Bobigny, afin de manifester notre soutien à tous les militants du mouvement BDS !
Comité BDS
Tribunal de Bobigny, 194 Avenue Paul Vaillant-Couturier, Bobigny, France.
NL:
17 maart 2011 vindt het proces tegen Olivia Zemor plaats.
De voorzitster van Europalestine is, samen met nog drie andere BDS-militanten (Boycot-Desinvestering-Sancties), in beschuldiging gesteld voor acties in grootwarenhuizen in Seine-Saint-Denis.
Deze dag zal zonder twijfel een belangrijk moment worden voor de toekomst van de BDS-campagne. Sedert vele jaren heeft Olivia Zemor onophoudelijk gestreden voor de rechten van de Palestijnen en tegen het beleid van de Israëlische regering. We willen haar steunen op een manier die haar engagement waardig is.
Olivia was, en is nog altijd, een drijvende kracht voor de Palestijnse zaak. De pesterijen waarvan ze nu het slachtoffer is, bevestigen dit overduidelijk. Veelvuldige bedreigingen, voortdurend lastiggevallen worden door fanatieke verdedigers van het Israëlische beleid en fysieke aanvallen van ver en van dichtbij hebben haar vastberadenheid niet kunnen ondermijnen.
We moeten een sterke boodschap sturen naar degenen die ons blijven diaboliseren, maar ook naar alle militanten die strijden voor een rechtvaardige en duurzame vrede in het Midden-Oosten.
Laat ons dus met velen afzakken naar het gerechtsgebouw van Bobigny op donderdag 17 maart, vanaf de middag, om onze steun te tonen aan alle militanten van de BDS-beweging!
BDS-comité
Rechtbank van Bobigny, Avenue Paul Vaillant-Couturier 194, Bobigny (Parijs), Frankrijk.
OUPS – Quand Boris Boillon, nouvel ambassadeur en Tunisie, défendait Kadhafi
Voilà qui ne va pas arranger les affaires du nouvel ambassadeur de France en Tunisie, Boris Boillon. En poste depuis le mercredi 16 février, il s’était déjà attiré les foudres de nombreux Tunisiens pour s’être montré très sec envers des journalistes du pays, au point de devoir s’excuser à la télévision samedi 19 au soir.
Cette fois, le Post.fr a retrouvé un extrait du Grand Journal de Canal + datant de novembre 2010, dans lequel Boris Boillon défend le Colonel Kadhafi avec des termes pour le moins compréhensifs. “Kadhafi a été un terroriste, il ne l’est plus, il a fait son autocritique. (…) Dans sa vie on fait tous des erreurs et on a tous droit au rachat”, explique-t-il.
Une prise de position qui fait désordre, à l’heure où la Fédération internationale des droits de l’homme recense entre 300 et 400 morts dans les répressions sanglantes en Libye.
Le nouveau résident de France en Tunisie
Opinion
Hedy Belhassine

Lundi 21 février 2011
Nommé au débotté, le nouvel ambassadeur de l’Elysée s’est installé au Dar Al-kamila, près de Tunis.
Pour sa première sortie, il a rabroué des journalistes comme un pas poli. La séquence a fait le tour du net. Choqués, un millier de manifestants ont réclamé son expulsion. Devant la chancellerie, près de la Porte qui porte encore provisoirement le nom de la France, ils ont brandi des banderoles « dégage ! casse-toi ! »… du miel pour les dépêches et le prochain papier de Claude Angeli.
Dans l’histoire de la diplomatie française, c’est du jamais vu. Au Quai d’Orsay et dans les 163 ambassades à travers le monde, c’est la consternation. Le nom du plénipotentiaire est entré dans le langage courant. A Tunis, il se conjugue désormais à tous les temps en français comme en arabe.
Le protégé du chef de l’Etat, en charge de faire disparaitre les traces du commando de MAM en Tunisie, est un produit Sciences po qui a appris l’arabe aux Langues O. Il le parle correctement ce qui force l’admiration de son Président pour qui cette langue est du chinois. Mais on ne parle jamais la langue du Coran de façon désinvolte. La manière est essentielle et en toutes circonstances : un ton doux, un sourire bienveillant et une posture sereine sont de rigueur. Il n’y a que les singes qui gesticulent et font des grimaces.
A Tunis où tout le monde est bilingue, entendre un ambassadeur de France baragouiner la langue d’Ibn Khaldoun, est hautement surréaliste !
D’autant que les tunisiens sont fiers de leur langue nationale, subtile cousine de l’arabe littéraire. En Tunisie, jusqu’au 14 janvier dernier, l’usage de l’arabe classique était réservé aux débats théologiques, à la poésie, à l’injustice, rarement à la politique. En cette période révolutionnaire, l’arabe est devenu synonyme de langue de bois. Chacun se souvient de Ben Ali lisant ses discours sur un prompteur et débitant d’un air important des phrases emberlificotées de mots savants que personne, ni lui-même, ne comprenait vraiment. Sans doute privé de son scribe l’ex-président lança son dernier appel en langue tunisienne. Alors il fut parfaitement compris de tous et il prit la fuite.
Monsieur l’ambassadeur, je vous imagine sur une bergère du grand salon du Palais de La Marsa où peut-être l’écho de ces lignes vous parviendra.
Sachez que la langue tunisienne est celle de l’intelligence et de la raison. Elle est d’un apprentissage difficile car elle traduit l’éducation et la naissance. Pour vous en faire une idée, écoutez les discours de Bourguiba sur Youtube. Mieux, allez flâner autour de la résidence ou de la chancellerie…Les quelques marchands de livres sont d’authentiques résistants survivants de la censure, de vrais libraires. Ils vous conseilleront des ouvrages écrits dans un français admirable. Par exemple, les romans historiques d’Alia Mabrouk qui révèlent le courage ancestral des tunisiens ou bien le dernier livre de lella Rabâa Ben Achour-Abdelkefi sur la dignité et le raffinement des Tunisois. Entre un bain de mer et une séance de musculation, vous pourriez inviter pour le thé ces deux dames de qualité qui accepteront, peut-être, de vous enseigner quelques rudiments de l’art de se comporter en hôte provisoire de Dar Al-kamila, la maison de la perfection.
Procès BDS du 17 mars : MAM à la barre !
La défense des militants de la campagne BDS (Boycott Désinvestissements Sanctions) contre Israël qui passent en procès le 17 mars prochain à Bobigny (Seine-Saint-Denis) a cité la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie à comparaître comme témoin lors de cette audience.
Si MAM a lhonnêteté de se présenter, elle aura loccasion de sexpliquer sur ses déclarations et décisions pour le moins contradictoires en matière de boycott des produits israéliens, estime
Olivia Zémor. Présidente de lassociation EuroPalestine, mise en examen avec trois autres militants BDS pour des actions dans des hypermarchés de Seine-Saint-Denis au début de lannée 2009, juste après les massacres de larmée israélienne dans la bande de Gaza.
Intervenant à lAssemblée Nationale en mai 2009, MAM, qui était alors ministre de lIntérieur, avait fermement démenti les mensonges colportés par le lobby israélien en France, selon lequel la campagne BDS sattaquait à dhypothétiques « produits casher ». Elle avait en outre indiqué que ses services de police, dépêchés sur les lieux des interventions de la campagne BDS, dans des hypermarchés Carrefour notamment, ny avaient pas constaté autre chose que lexercice dune liberté dexpression, garantie par la loi. Mais quelques mois plus tard, début 2010, changement de décor : cédant au chantage du CRIF et de ses officines, Michèle Alliot-Marie, devenue dans lintervalle ministre de la Justice, mentait comme elle sait le faire, et ordonnait à tous les parquets de France de lancer des poursuites contre les militants et personnalités favorables au boycott. Une circulaire qualifiée « d’attentat judiciaire » par les responsables du syndicat de la magistrature
Nous appelons tous les hommes et femmes épris de justice à venir soutenir Olivia, Maha Mohamed et Ulrich
– LE JEUDI 17 MARS A PARTIR DE MIDI
AU TRIBUNAL DE BOBIGNY (M° BOBIGNY-PABLO PICASSO. LIGNE 5)
Merci également de retenir dès maintenant l’invitation à :
UN GRAND MEETING DE SOUTIEN EN PRÉSENCE DE NOMBREUSES PERSONNALITÉS
– JEUDI 10 MARS A 19 H 30
SALLE PABLO NERUDA A BOBIGNY
31 Avenue du Président Salvador Allende
M° Bobigny – Pablo Picasso. Ligne 5
Amicalement,
CAPJPO-EuroPalestine
Et pour toutes les autres informations quotidiennes : http://www.europalestine.com
Boris Boillon
Le style !
