Pire qu’un échec de Kerry : sa réussite…


dimanche 11 août 2013 – 06h:47

Nicola Nasser
The Palestine Chronicle


La question cruciale des colonies de peuplement illégales israéliennes en perpétuelle expansion dans les Territoires palestiniens occupés (TPO) en Cisjordanie, qui tuent la paix en particulier à Jérusalem-Est, sera décisive dans les négociations récemment reprises entre Palestiniens et Israéliens.

JPEG - 34.3 ko
Le succès personnel de Kerry est d’avoir amené les Palestiniens à se faire duper une fois de plus en se précipitant dans des négociations sur un « statut définitif ».
photo : Khalil Mazraawi/AFP

Le 29 juillet dernier, ces négociations ont repris à Washington DC ; elles doivent commencer sérieusement à la mi-août. Le Président Barak Obama les a saluées comme « un pas en avant prometteur ». Cependant, au vu des plus de vingt années d’échecs de la médiation US, les nouveaux pourparlers ne « promettent » rien de plus que d’être une nouvelle série d’échecs et de « gestion de conflit », bien qu’Obama soit convaincu que « la paix est à la fois possible et nécessaire  ».

Selon Albert Einstein, « faire la même chose encore et encore et en attendre des résultats différents » est une « folie  », mais c’est exactement à ce que John Kerry semble avoir réussi après six jours de navettes diplomatiques au Moyen-Orient depuis son assermentation comme secrétaire d’État des États-Unis.

À moins que la question des colonies soit abordée dans le cadre du droit international et du droit humanitaire, de même que dans le respect des résolutions des Nations-Unies, Kerry se tirera lui-même une balle dans le pied et sa réussite dans sa mission de paix sera pire que son échec. La récente mesure anti-colonies prise par l’Union européenne met en relief cette réalité.

Cependant, Kerry semble, à l’entendre, déterminé à poursuivre sa mission sur la base des termes de référence contradictoires fixés par la lettre officielle de l’ancien Président US George W. Bush adressée à l’ancien Premier israélien Ariel Sharon, en avril 2004, lettre dans laquelle les États-Unis s’engagent à annexer les principales colonies juives à Israël, à retracer ses frontières en conséquence et à exclure le droit au retour des réfugiés palestiniens de tout accord futur sur la résolution du conflit arabo-israélien dans une Palestine pacifique.

Les premières priorités à l’ordre du jour de ces négociations relancées sont les frontières et la sécurité ; Israël n’a jamais défini ses frontières ni respecté les frontières fixées par la Résolution 181 de 1947 ; au nom de la sécurité, les frontières qu’il exige compromettraient la viabilité de tout État palestinien en Cisjordanie.

Du point de vue des États-Unis et d’Israël, la « reprise des négociations est vue comme un objectif en soi » selon Ghassan al-Khatib, ancien porte-parole de l’Autorité palestinienne (AP).

David Ignatius, le 2 août, a qualifié les efforts de Kerry de « mission impossible », et dit que s’ils échouaient, « cette fois, il en coûterait cher aux parties  » ; il décrit les négociations engagées comme une « sorte de petit piège où, une fois que la proie y est tombée, il lui est difficile d’en sortir sans réaliser… la paix, ou sans se nuire à elle-même. »

En effet, à long terme, la réussite des négociations réengagées met en garde contre la création d’un environnement politique qui donnerait une « légitimité  » à une nouvelle agression militaire israélienne contre la bande de Gaza dans le but d’y éradiquer la « résistance armée », et avec la bénédiction manifeste du parrain américain des négociations et celle, discrète, des « partenaires arabes pour la paix  ».

Pourtant, l’échec attendu des efforts de Kerry pourrait être pire que celui du sommet de Camp David en septembre 2000 avec le regretté dirigeant palestinien Yasser Arafat, l’ancien Premier ministre israélien Ehud Barak et l’ancien Président américain Bill Clinton.

En envoyant ses négociateurs à Washington, le Président palestinien Mahmoud Abbas compromet une fois de plus sa crédibilité personnelle, mais pire encore, il risque une implosion palestinienne dans le cas d’un succès, mais dans le cas où les négociations échouent, il risque une explosion des Palestiniens qui se révolteraient et contre son AP et contre l’occupation israélienne.

Abbas s’est déjà mis à dos ses vieux alliés parmi les membres de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) – dont le Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP), considéré comme la troisième force palestinienne influente après ses deux rivaux Fatah et Hamas –, alliés qui l’accusent de se rétracter sur leur consensus existant de ne pas reprendre les négociations sans qu’il y ait, d’abord, un arrêt de l’expansion des colonies de peuplement israéliennes.

La réconciliation nationale entre l’OLP et le Hamas sera mise de côté au moins pendant les neuf mois que les négociateurs ont donné à la durée de leurs négociations.

Sa décision a écarté également toute nouvelle tentative de rejoindre des organisations internationales afin de tirer parti de la reconnaissance de la Palestine par l’Assemblée générale des Nations-Unies en tant qu’État non membre en septembre 2012.

Les nouveaux pourparlers ne sont que le « début du début » d’un « long processus » dans lequel « il n’y a aucune garantie » de réussite, affirme l’ancienne secrétaire d’État Madeleine Albright.

Tout ceci se résume à donner plus de temps à Israël pour dicter les frontières qu’il juge « sécurisées », en créant de nouvelles réalités sur le terrain dans les TPO. Pour les Palestiniens, c’est une perte de temps qui les éloigne davantage de leur rêve pour une patrie nationale dans un État indépendant. Pas surprenant dès lors que le Premier israélien Benjamin Netanyahu, le 27 juillet, ait déclaré que la reprise des négociations est « d’un intérêt stratégique vital pour l’État d’Israël ».

Le succès personnel de Kerry est d’avoir amené les Palestiniens à se faire duper une fois de plus en se précipitant dans des négociations sur un « statut définitif », ce qui est la meilleure façon de dispenser Israël du respect de ses engagements stipulés dans les accords « intérimaires » qu’il a signés avec l’OLP.

L’amère expérience passée

L’opposition à la reprise des négociations, largement répandue chez les Palestiniens, accuse Abbas d’être un « croyant  » de la paix sur le point « de se faire piquer deux fois au même endroit  » (1), faisant référence à l’issue sanglante du sommet de Camp David organisé aux USA en septembre 2000.

Ensuite, l’administration US de Clinton a fait pression sur Arafat pour des négociations sur le « statut définitif ». Barak, alors Premier ministre, a trouvé dans les négociations sur le statut définitif de Camp David un prétexte en or pour ne pas mettre en œuvre la troisième étape des accords d’Oslo, à savoir le retrait des forces d’occupation israéliennes d’environ 95 % de la Cisjordanie et de les rendre à l’AP.

Relier la Cisjordanie et la bande de Gaza par un « couloir » qui permet une libre circulation entre elles des personnes et des marchandises est un autre engagement qui n’a pas été honoré par Israël.

« Essayer  » et échouer est mieux que de « ne rien faire » a dit Kerry, mais l’échec du sommet trilatéral de Camp David a conduit à la deuxième Intifada (soulèvement) ; tant l’échec que le soulèvement ont été des prétextes supplémentaires pour les gouvernements israéliens successifs pour ne pas respecter leurs deux obligations ; en outre, ces deux prétextes ont été la justification qu’ils ont utilisée pour réoccuper militairement les zones de l’AP et coordonner avec les USA la « liquidation » d’Arafat et le « changement » de son régime.

La question cruciale des colonies de peuplement illégales israéliennes en Cisjordanie sera décisive dans les nouvelles négociations parrainées par Kerry. Le 29 juillet, James M. Wall écrivait : « Israël joue le jeu du processus de paix non pour restituer des biens mal acquis, mais pour les protéger » ; les colonies viennent en tête de ces « gains » ; elles ont été « gagnées » sous le couvert du « processus de paix », avec la bénédiction tacite du négociateur palestinien bien intentionné qui n’a pas fait de leur retrait une condition préalable à la reprise et dès le début des négociations de paix.

Le Sommet de 2000 a échoué à cause de l’insistance israélienne à poursuivre la construction des colonies de peuplements, surtout dans l’est de Jérusalem, ce qui a voué à l’échec le processus de paix lancé à Madrid en 1991. Les négociations reprises par Kerry se sont ouvertes alors que se poursuit sans relâche l’expansion coloniale. Maintenant il apparaît qu’il est trop tard pour Abbas de corriger cette grave erreur. Pas étonnant que l’échec des négociations semble inévitable et il ne fera que consolider l’impasse palestino-israélienne.

La Conférence Herzliya 2013 d’Israël a conclu : « Le statut quo dans les territoires palestiniens n’est pas viable, et certainement pas durable… la poursuite de l’impasse israélo-palestinienne est intenable. Elle conduira à un soulèvement massif public palestinien avec des violences sporadiques  ».

Obama a appelé les négociateurs à « aborder ces pourparlers en toute bonne foi », mais le secrétaire général du comité exécutif de l’OLP, Yasser Abed Rabbo, s’est interrogé sur la « bonne foi » des USA et d’Israël qui « ont conféré sur la sécurité » sans les Palestiniens, comme s’il s’agissait de leur « sécurité bilatérale » alors que la sécurité est une « question centrale et fondamentale pour nous et concerne notre avenir dans son ensemble ». Le partenaire israélien d’Abed Rabbo dans l’Initiative de Genève, l’ancien ministre Yossi Beilin, a écrit dans The Jerusalem Post du 30 juillet, qu’il « s’interrogeait sur la « bonne foi » de Netanyahu qui, « tout au long de sa carrière politique, est revenu sur tout ce qu’il a dit ».  »

Ne tenant aucun compte de l’expérience amère de vingt années de processus de paix, et d’une forte opposition intérieure, Abbas semble s’être volontairement laissé entraîner dans son dernier test de la crédibilité des USA en tant que médiateurs, lequel décidera de sa carrière politique, à 76 ans.

(1) Le Prophète Muhammad a dit « lâ yuldighu-l mu’minû min juhrin marratayn, » : « The believer is not stung from (the same) hole twice » (http://www.answering-islam.org/Responses/Zaman/stung.htm)

Nicola Nasser est un journaliste arabe qualifié basé à Bir Zeit, Cisjordanie, Territoires palestiniens occupés. – Contact : nassernicola@ymail.com
Cet article a été rédigé pour PalestineChronicle.com

source

Du même auteur, et sur ces négociations : Kerry s’est servi de la Ligue arabe pour faire plier les Palestiniens

Autres articles sur ces négociations :

- Comment peut-on reprendre des négociations qui n’ont jamais eu lieu ? – Ramzy Baroud
- Des discussions inutiles, mais aussi lourdes de danger – Jonathan Cook
- La cause palestinienne n’a jamais dans le passé subi une telle trahison – Abdel Bari Atwan
- Un processus de paix qui protège Israël – Ben White
- Un processus de paix « vital » pour… Israël – Alain Gresh
- Abbas se voit déjà le président d’un prochain bantoustan palestinien – Haidar Heid
- Feuille de route pour l’Apartheid – Mohammed Ayoob
- Abbas s’engage dans des discussions vides de sens – Malik Samara
- Pour le Hamas, Abbas n’a aucun mandat pour négocier quoi que ce soit – Russia Today
- John Kerry a tout faux sur la question palestinienne – Karroubi Habib
- L’illusion Oslo – Adam Hanieh

Des Afro-Américains condamnent la vague montante de racisme en Israël


mardi 6 août 2013 – 06h:35

Les Afro-Américains pour la Justice au Moyen-Orient et en Afrique du Nord


Ces dernières années, Israël a connu une vague montante de tendances doctrinaires acceptées par la société, s’en prenant particulièrement aux demandeurs d’asile africains et aux Palestiniens, attisées par des personnalités religieuses et politiques marquantes.

JPEG - 72.5 ko
Mai 2012 : rassemblement « anti-immigrés » organisé par la frange la plus raciste et la plus xénophobe de la société israélienne

Nous, soussignés, condamnons avec la plus grande fermeté les récents propos racistes tenus par le nouveau grand rabbin ashkénaze nouvellement élu, David Lau, propos qui se réfèrent aux joueurs afro-américains de basket jouant en Israël comme à des « kushim », terme péjoratif équivalent à « nigger » (nègres, négresses). Rabbi Lau, représentant du gouvernement, payé par l’État, et qui a un mandat prévu de dix ans comme l’un des deux grands rabbins officiels israéliens, a fait ces remarques offensantes à de jeunes étudiants religieux juifs alors qu’il les mettait en garde de ne pas regarder les sports télévisés comme le basket. Après qu’il ait été critiqué par des militants antiracistes, le rabbin Lau a été défendu par Natfali Bennet, ministre des Services religieux d’Israël et leader du parti Foyer juif.

Malheureusement, les sentiments exprimés par le rabbin Lau reflètent un problème plus large de racisme au sein de la société israélienne. Ces dernières années, Israël a connu une vague montante de tendances doctrinaires acceptées par la société, s’en prenant particulièrement aux demandeurs d’asile africains et aux Palestiniens, attisées par des personnalités religieuses et politiques marquantes. En juin 2012, le ministre de l’Intérieur israélien d’alors, Eli Yishai, a déclaré qu’Israël « appartient à nous, à l’homme blanc  », réagissant à une question sur les demandeurs d’asile musulmans. Le mois précédent, des politiciens israéliens, et parmi eux le Premier ministre Benjamin Netanyahu et des membres de son parti le Likoud, ont contribué à lancer une vague de violences contre les Africains avec des propos insufflant la peur et l’excitation contre les demandeurs d’asile. Dans un cas, le parlementaire du Likoud, Miri Regev, a décrit les réfugiés africains comme « un cancer dans notre corps  » lors d’un rassemblement à Tel Aviv qui a dégénéré en ce que la presse locale a qualifié d’ « émeute raciale  », dans laquelle des personnes d’origine africaine, prises au hasard, ont été agressées dans la rue. Dans les mêmes moments, une série d’incendies et d’attaques violentes a été déclenchée contre les Africains en Israël. La situation était si mauvaise qu’un groupe d’ambassadeurs de pays africains s’est plaint au ministère des Affaires étrangères d’Israël que les diplomates africains avaient peur de marcher dans la rue.

La situation des Palestiniens vivant en Israël et dans les territoires occupés n’est pas meilleure. Ceux qui sont citoyens d’Israël souffrent d’une discrimination méthodique en tant que non juifs vivant dans un État autoproclamé « État juif », pendant que ceux qui vivent sous le joug militaire israélien se voient refuser les droits politiques et civils les plus élémentaires, lesquels sont accordés aux colons juifs qui vivent dans les colonies illégales à côté d’eux, simplement parce qu’ils ne sont pas juifs. De plus en plus, le monde reconnaît le régime qu’Israël a institué dans les territoires qu’il contrôle entre le Jourdain et la Méditerranée comme une forme d’apartheid.

En tant qu’Afro-Américains, et en tant que citoyens des États-Unis, État qui fournit un énorme soutien économique, militaire et diplomatique à l’État d’Israël, nous sommes scandalisés par la déclaration raciste du rabbin Lau, par l’absence de la condamnation de la part des dirigeants israéliens et américains qu’elle aurait dû engendrer, et par le développement préoccupant d’attitudes ouvertement racistes manifestées en Israël contre les Africains, les Palestiniens, et d’autres. Nous demandons au Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et au Président Barack Obama, et à toutes les personnes de conscience, de condamner les propos du rabbin Lau et la culture grandissante de l’intolérance et d’un racisme sans retenue dans la société israélienne qu’ils représentent, et nous demandons son retrait immédiat de sa fonction de grand rabbin ashkénaze.

Alors que les négociations entre Israéliens et Palestiniennes reprennent sous le vocable de processus de paix sous l’égide des États-Unis, qui devrait inclure une exigence soutenue par l’administration Obama que les Palestiniens reconnaissent officiellement Israël en tant qu’ « État juif », nous exhortons aussi les politiciens et toutes celles et ceux qui sont concernés à reconnaître et aborder l’aggravation du racisme et des discriminations dont souffrent les Palestiniens et les autres citoyens non juifs d’Israël. Ne pas le faire se traduirait par une perpétration des injustices faites au peuple palestinien, et du conflit entre Israéliens et Palestiniens, quels que soient les résultats de toutes négociations.

Signataires

Kali Akuno
Dr. Adisa A. Alkebulan
Carl Bloice
Dr. Eduardo Bonilla-Silva
Rev. Dr. Carolyn Boyd
Dr. Gloria Brown
Christopher Cathcart
Felicia Eaves
Bill Fletcher, Jr.
Patricia Ford
Dr. Rhone Fraser
Dr. Angela Gilliam
Rev. Graylan Scott Hagler
Dr. Jennifer F. Hamer
Mark Harrison
Dr. James Jennings
Dr. Robin Kelley
Mel King
Rev. Dr. Phil Lawson
Gerald Lenoir
Dr. Charles Pinderhughes
Dr. Russell Rickford
Dr. Lynn Roberts
Jamala Rogers
Roger Toussaint
Dr. Elijah Ward

Articles récents :

- Gros racistes contre petits racistes : comment l’apartheid israélien se joue la comédie – Jonathan Cook
- Israël : Quand « Noir » devient synonyme d’« infiltré » – +972
- Israël : une ambiance de pogroms anti-arabes – Palestine Monitor
- En Israël, les « bus de l’apartheid » – L’Orient-le-Jour
- Israël : le pouvoir « maléfique » des hommes en noir – Yaël Lerer – Le Monde diplomatique
- Un sondage révèle que la plupart des Juifs israéliens soutiennent le régime d’apartheid en Israël – Gideon Levy – Haaretz
- O. Barghouti : A propos du soutien des juifs israéliens au régime d’apartheid en Israël – Omar Barghouthi
- SOUDAN DU SUD-ISRAËL : Les rapatriés se plaignent de mauvais traitements en Israël – IRIN
- Israël : racisme grandissant à l’égard des immigrés africains – IRIN

5 jeunes Palestiniens risquent la prison à vie pour de supposés jets de pierre


samedi 3 août 2013 – 06h:00

Tadas Blinda


Cinq garçons palestiniens, âgés de 16-17, risquent la prison à perpétuité pour de prétendus jets de pierres.

JPEG - 122.3 ko
Une Palestinienne hurle tandis que la police israélienne kidnappe son garçon lors d’affrontements entre lanceurs de pierres et la police israélienne d’occupation – Photo : Reuters

Les garçons ont été chargés chacun de 25 chefs d’accusation de tentative d’assassinat après avoir été accusés d’avoir causé un accident dans lequel une voiture remplie de colons s’est écrasée contre un camion garé près de Salfit, en Cisjordanie occupée.

Le jeudi soir 14 mars une voiture conduite par Adva Biton, habitant la colonie illégale de Yakir, a percuté l’arrière d’un camion stationné sur la route n° 5 dans le gouvernorat de Salfit, dans les territoires palestiniens occupés. Le conducteur et ses 3 filles ont été blessées dans l’accident, l’un des enfants sérieusement. Adva Biton a affirmé que l’accident a été causé par des enfants palestiniens jetant des pierres sur sa voiture. Le chauffeur de camion a d’abord témoigné qu’il s’était arrêté en raison d’une crevaison, mais plus tard, il a changé son témoignage indiquant que il aurait vu des pierres posées par la route. Il n’y avait pas d’autres témoins de l’accident ce jour-là.

Dix-neuf mineurs des villages de Hares et Kifl Hares ont été arrêtés à la suite de l’accident de voiture. Aucun des enfants n’avait de condamnations antérieures ni d’accusations de lancers de pierres. Certains de ces enfants ont été maintenus en isolement pendant deux semaines et ils ont subi violences et mauvais traitements pendant leur détention.

La plupart des garçons ont été libérés après des premiers interrogatoires. Ali Shamlawi, Mohammed Kleib, Mohammed Suleiman, Ammar Souf et Souf Tamer, tous âgés de 16 ou 17 ans, sont toujours détenus et emprisonnés dans une prison israélienne pour adultes. Ce sont « les garçons d’Hares ».

Les garçons d’Hares sont chacun chargés de 25 chefs d’accusation de tentative d’assassinat et ils font face à 25 années d’emprisonnement ou à la prison à vie. Chaque chef d’accusation de tentative d’assassinat provient de chaque pierre qui aurait été lancé sur des voitures le long de la route n° 5. Toute l’affaire repose sur les aveux d’un garçon, extirpé lors d’un interrogatoire discutable lorsque ni l’avocat des garçons ni ses parents n’ont été autorisés à être présents. Initialement, il n’y avait pas de témoins présents sur les lieux de l’accident. Cependant 61 témoins des colonies juives environnants se sont ensuite présentés, après que l’affaire ait retenu l’attention des médias, certains d’entre eux affirmant avoir vu des enfants jeter des pierres et d’endommager certaines de leurs voitures.

La mère d’Ali appelle à l’attention internationale

La mère d’Ali Shamlawi a de terribles souvenirs de la nuit dernière, la dernière fois qu’elle a vu son fils. 15 à 20 soldats ont fait irruption dans la maison à environ 3h du matin, leurs visages dissimulés par une cagoule noire. Aucun d’eux n’a donné de raison de l’incursion dans la nuit. Pour la famille Shamlawi, ce qui s’était passé trois jours avant était juste un accident de voiture, et ils ne pouvaient pas imaginer que l’événement avait été présenté par les médias israéliens comme une « attaque terroriste », et que leur fils de 16 ans allait être accusé d’être l’un des « terroristes » qui en seraient responsables. La mère d’Ali insiste que son enfant est innocent : « Quand la voiture a percuté le camion, les garçons étaient déjà dans le village. Ils rentraient de leur ballade en montagne, où ils sont allés manger des amandes vertes. Quand ils ont entendu le crash, ils étaient en face de l’école, de sorte qu’ils ne pouvaient pas avoir jeté des pierres. »

Le souvenir le plus pénible est la phrase prononcée par un soldat avant qu’Ali ne soit menotté et amené vers une destination inconnue : « Dis adieu à ta mère, car tu peux ne jamais la revoir ». La mère d’Ali sanglote, comme elle répète ces mots, puis elle ajoute : « Au début, je pensais qu’il avait dit cela juste pour nous faire peur, mais maintenant je vois qu’il en était vraiment persuadé. » Si l’accusation se conclut pour les garçons par 25 années de prison, Ali ne pourrait plus revoir sa famille jusqu’à ce qu’il ait 41 ans.

Tandis que le garçon était poussé hors de la maison, le père d’Ali s’est approché d’un agent de renseignement : « je lui ai demandé de dire aux soldats de ne pas frapper mon fils sur l’épaule. Il a juste eu une opération et ça lui fait très mal. Quand nous avons réussi à rendre visite à Ali en prison, après deux mois de détention, il nous a dit qu’ils l’ont toujours frappé là, à dessein ».

En prison, Ali a été sauvagement battu quasiment chaque jour et il a été menacé, s’il n’avouait pas être coupable, que sa mère et sa sœur soient emmenées en prison et humiliées par la fouille de leurs vêtements. Les 16 premiers jours de détention, Ali a été placé dans une cellule en isolement, sans nourriture, ni eau ni l’accès aux toilettes pendant des périodes de 14 heures.

La mère d’Ali dénonce un système qui oblige les enfants à signer une déclaration de culpabilité : « Il s’agit d’un enfant de 16 ans, combien de temps pensez-vous qu’il puisse résister à cette pression avant d’avouer ? » Comme elle n’est pas en mesure de ramener son fils à la maison , sa principale préoccupation est que son histoire ne reste pas sans écho, mais contribue à mieux faire comprendre la souffrance des Palestiniens : « je veux que tout le monde vienne au procès et voient ce qu’est la réalité de la prétendue démocratie en Israël ».

Les conséquences de l’affaire des garçons d’Hares

Avigdor Lieberman, le dirigeant du parti fasciste Yisrael Beitenou a exprimé son espoir que les lanceurs de pierres seraient traités comme des personnes tirant à balles réelles et que les « règles d’engagement militaires » seraient mis à jour en conséquence.

Cette affaire pourrait créer un précédent dangereux si les cinq garçons palestiniens sont condamnés malgré l’absence de preuves pour soutenir les accusations. Cette jurisprudence permettrait aux tribunaux militaires israéliens, devant lesquels les Palestiniens sont jugés, de condamner les enfants palestiniens, dès l’âge de 12 ans, pour tentative de meurtre en cas de jets de pierres.

Pour en savoir davantage sur la détention des Palestiniens consultez l’article précédent sur ​​le Palestine Monitor.

Pour des informations détaillées sur l’affaire et savoir comment vous pouvez manifester votre soutien, consultez le site dédié aux garçons d’Hares.

23 juillet 2013 – Palestine Monitor – Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.palestinemonitor.org/det…
Traduction : Info-Palestine.eu

Pour Amira Hass


mercredi 17 avril 2013 – 05h:30

Lawrence Davidson


La Palestine et la résistance.

JPEG - 49.4 ko
Amira Hass vit à Ramallah, en Palestine occupée

Amira Hass est journaliste au quotidien israélien Haaretz. Elle documente ce qui se passe en Palestine occupée et, d’année en année, en est arrivée à voir le calvaire des Palestiniens à travers leurs yeux. Le 3 avril 2013, Hass a publié une chronique dans son journal intitulée : « Ce que lancer des pierres signifie vraiment pour les Palestiniens » :

On comprendrait qu’on donne des cours de résistance dans les écoles palestiniennes : comment construire des villages défendus par des « tours et des palissades » ; …. comment se comporter quand des soldats font irruption chez vous ; … comment filmer les violences des représentants du régime pour les diffuser ; … comment identifier les soldats qui vous ont jeté menotté au fond d’une jeep pour pouvoir les poursuivre en justice.

C’est comme cela que Hass écrit depuis 1991. Elle et Gideon Levy, un autre reporter d’Haaretz, font partie des quelques rares journalistes israéliens qui disent la vérité sur l’occupation israélienne. Et, pour autant que je sache, ils sont les seuls à être régulièrement traduits en anglais.

Dans cet article particulier, Hass s’attache à remettre dans son contexte la principale action de résistance de la jeunesse palestinienne, lancer des pierres :

Lancer des pierres est le droit et le devoir de tous ceux qui vivent sous le joug d’une puissance étrangère. Lancer des pierres est une action concrète de résistance en même temps qu’un acte symbolique. Persécuter ceux qui lancent des pierres – jusqu’aux enfants de 8 ans- fait partie, même si ce n’est pas dit clairement, de l’arsenal des qualifications nécessaires à un occupant étranger au même titre que tirer, torturer, voler la terre, restreindre la libre circulation et s’approprier la plus grande partie des ressources en eau.

La violence des soldats de 19 ans, de leurs commandants de 45 ans et des bureaucrates, juristes et autres hommes de loi se calque sur la réalité. Leur travail est de protéger les fruits de violence générés par l’occupation étrangère -les ressources, les profits, le pouvoir et les privilèges.

Hass conclut son article en demandant pourquoi il n’y a pas en Palestine d’enseignement de la résistance et sa réponse est que l’Autorité Palestinienne a décidé de « s’adapter à la situation existante ». Ce qui fait que l’AP craint la résistance autant que les occupants israéliens.

Les réactions à son analyse

La sincérité de Hass a suscité une vague de protestations de la part des nationalistes et des expansionnistes israéliens. Hass et son journal ont reçu des quantités de lettres d’injures haineuses et des groupes de droite et des organisations de colons ont demandé qu’elle soit poursuivie pour « incitation à la haine ». Une Israélienne, la mère d’un enfant gravement blessé par une pierre, a accusé Hass d’encourager les Palestiniens à aller jusqu’à la violence meurtrière dans leur lutte. « Personne sur terre ne se libérera en semant la mort » a-t-elle dit. Malheureusement c’est historiquement faux. C’est même le contraire qui est vrai. Il est en effet très rare qu’un groupe obtienne sa liberté autrement qu’en utilisant des « instruments de mort ». En fait la résistance armée pour se libérer d’une « domination coloniale étrangère et de régimes racistes » est un droit reconnu par le Premier Protocole Additionnel des Conventions de Genève. Le fait qu’Israël ait choisi, sans surprise, de ne pas signer cet accord ne change rien à l’affaire.

La critique la plus intéressante peut-être de l’analyse de Hass a été faite le 4 avril 2013 par Cellu Rozenberg, un historien et « spécialiste de sécurité nationale ». Elle a aussi paru dans Haaretz sous le titre « La maison de verre d’Amira Hass ». Dans sa critique, Rozenberg déforme parfois les propos de Hass comme par exemple quand il écrit que « dire que lancer des pierres est le droit de tout être humain… est sans fondement et sans valeur, du moins du point de vue moral », alors que Hass a écrit en réalité ceci : « lancer des pierres est le droit et le devoir de tous ceux qui vivent sous le joug d’une puissance étrangère. »

Mais ne nous attardons pas sur cette erreur et concentrons-nous sur un argument plus important. Selon Rozenberg :

* Lancer des pierres est un acte potentiellement mortel et il est inacceptable de lancer des pierres à des civils.

* Rozenberg dit que pour Hass cette forme de résistance violente est légitime aussi bien en Palestine occupée qu’en Israël parce que les Palestiniens sont soumis à une « violence institutionnelle » (sous des formes diverses) dans les deux territoires. Selon Rozenberg, « cette position est inacceptable et dangereuse car elle implique le rejet de l’entreprise sioniste. »

* Selon Rozenberg, ce que dit Hass revient à dire que « le Sionisme et l’établissement de l’état d’Israël sont un crime contre les Palestiniens. » Ce faisant il attribue à Hass la même position que le Hamas.

Mais Rozenberg est de mauvaise foi. Il déforme les propos de Hass et fait semblant d’ignorer que Hass appelle les Palestiniens à faire une distinction entre les occupants armés et ceux qui ne le sont pas. Hass précise aussi dans son article qu’il y a des limites et des « règles » à intégrer quand on est dans la résistance « y compris les problèmes et les limites de l’usage des armes ». Cela la distingue sans aucun doute du Hamas. Malgré tout, Rozenberg met en lumière la question qui est au coeur de la lutte palestinienne : l’existence d’Israël est-elle légitime ou est-ce un « crime » ?

Nation versus Idéologie

Si Israël est une entreprise criminelle, alors il n’a pas plus le droit d’exister que n’importe quelle autre organisation criminelle. Mais il faut noter que Rozenberg, comme tout bon sioniste, fait l’amalgame entre deux choses différentes : le pays d’Israël, et la doctrine et l’appareil d’état sionistes qui dirigent ce pays. Est-ce qu’ils ne sont qu’une seule et même chose ? Et si ce n’est pas le cas, alors peut-on accuser seulement l’une des deux d’être criminelle ?

Les sionistes affirment avec vigueur que le pays d’Israël est né de la vision sioniste et que par conséquent il est inséparable de cette idéologie. Mais ce n’est pas comme cela que l’histoire fonctionne. L’Afrique du Sud est née d’une vision européenne raciste et l’apartheid a longtemps été considérée comme son système. Mais il s’est avéré que ce n’était qu’une situation temporaire et depuis 1994 l’Afrique du Sud fonctionne avec un autre système. La Russie, qui s’est constituée au 15ième siècle grâce à une idéologie*, s’est transformée en un état très différent en 1917 et en quelque chose d’autre encore en 1991. Si l’histoire des états-nations prouve quelque chose, c’est que les idéologies qui animent les états durent moins longtemps que les pays avec lesquels elles se sont identifiées au départ.

Et donc que peut-on dire d’Israël ? On peut dire que ce pays, qui est maintenant un membre reconnu de la communauté des nations modernes, a le droit d’exister. Mais en même temps, on peut affirmer que son actuel appareil d’état raciste qui pratique le nettoyage ethnique et la discrimination institutionnalisée ainsi que l’idéologie sioniste qui justifie ces pratiques, sont de plus en plus intolérables dans le monde moderne et par conséquent ne peuvent revendiquer aucun droit à l’existence.

Imaginer une nation israélienne dotée d’un système de gouvernement tout à fait différent, un gouvernement qui garantirait les mêmes droits à tous ses citoyens, n’a rien d’extravagant. Cet objectif est poursuivi de mille manière (le BDS en est une) et finira par aboutir. Et je le dis clairement, pour être acceptable, un système de gouvernement doit être universel. Cela est vrai pour tous les pays qui marginalisent un groupe ou un autre, les non-Juifs en Israël, les Sunnites dans l’Iran Shiite, les Shiites dans l’Arabie Saoudite ou le Barhein sunnite, les Tamils au Sri Lanka, les Musulmans au Myanmar, les Amerindiens aux Etats-Unis, et., etc. (la liste est si longue que ça en est déprimant). Il faut mettre la pression à tous les gouvernements pour qu’ils fassent des réformes pour garantir l’égalité démocratique.

On peut penser que c’est de l’idéalisme naïf, mais le cas de l’Afrique du Sud montre qu’il n’en est rien. Et quelles sont d’ailleurs les alternatives pour un militant ? Accepter sans rien faire les crimes planétaires ? Mettre la tête dans le sable de notre petit coin de paradis ? Collaborer avec les exploiteurs et les oppresseurs pour accumuler des profits ? Il y a beaucoup de possibilités. Et pourquoi ne pas suivre l’exemple d’Amira Hass et faire le choix de travailler à rendre ce monde meilleur ?

* Lawrence Davidson est professeur d’histoire à West Chester University à West Chester PA.

Note :

* Le panslavisme, défini par un idéologue croate Vinko Pribojević dès le XVe siècle, est une doctrine politique, culturelle et sociale qui valorise l’identité commune que partageraient les différents peuples slaves (Polonais, Tchèques, Slovaques, Slovènes, Croates, Serbes, Monténégrins, Macédoniens, Bosniaques, Bulgares, Russes, Biélorusses, Ukrainiens, Cachoubes, Sorabes et Ruthènes) et qui préconise leur union politique sur la base de cette identité.

15 avril 2013 – CounterPunch – Pour consulter l’original :
http://www.counterpunch.org/2013/04…

Traduction : Info-Palestine.eu – Dominique Muselet

Israël : Obama est venu donner sa bénédiction à un gouvernement de colons


lundi 25 mars 2013 – 06h:32

Jonathan Cook


Ceux qui espéraient que Barack Obama viendrait en Israël pour imposer un face-à-face entre dirigeants israéliens et palestiniens, après quatre ans d’impasse dans le processus de paix, ont dû être cruellement déçus.

JPEG - 124.9 ko
Jérusalem – Une femme palestinienne se fait insulter par une clique de fascistes, alors qu’elle tente de récupérer quelques affaires dans sa maison qui vient de lui être volée pour être occupée par une famille de juifs orthodoxes

Le voyage du président américain à partir d’aujourd’hui pourrait être historique – c’est le premier de sa présidence en Israël et dans les territoires palestiniens – mais il a été fait tout son possible pour qu’on en attende pas grand-chose.

Le week-end, les dirigeants arabo-américains ont révélé que M. Obama avait clairement fait savoir qu’il ne présenterait pas de plan de paix, car Israël avat fait savoir qu’il n’était en rien intéressé par un accord avec les Palestiniens.

Les derniers doutes sur les intentions d’Israël ont été levés par l’annonce du nouveau cabinet, qui à la hâte a prêté serment avant la visite du président. Ce gouvernement ferait presque passer pour modéré le dernier conduit par Benjamin Netanyahu, alors qu’il était déjà considéré comme le cabinet le plus extrémiste de l’histoire d’Israël.

Ynet, le site Web d’Israël d’informations, a indiqué que les dirigeants des colons ont salué ce cabinet dont « ils n’osaient pas rêver ».

Zahava Gal-On, chef du parti d’opposition du Meretz, a abondé dans le même sens, en observant qu’il « ferait beaucoup pour les colons et très peu pour le reste de la société israélienne ».

Le parti dévoué aux colons, Le foyer juif, a reçu trois ministères clés – le commerce et l’industrie, Jérusalem, et le logement – ainsi que le contrôle de la commission parlementaire des finances, qui fera en sorte que les colonies se développent au cours du mandat de ce gouvernement.

Il n’y a aucune chanceq que Le foyer juif soit d’accord pour un gel de la colonisation semblable à celui qu’Obama avait voulu lors de son premier mandat. Au contraire, ce parti va accélérer à la fois la construction de logements et le développement industriel au-delà de la Ligne verte, pour rendre les colonies encore plus attirantes pour s’y installer.

Uzi Landau, du parti d’extrême droite d’Avigdor Lieberman, Yisraeli Beiteinu, a le portefeuille du tourisme et sera bien placé pour diriger des fonds vers la Cisjordanie et de nombreux sites bibliques, afin d’encourager les Israéliens et les touristes à s’y rendre.

Le nouveau ministre de la Défense, qui supervise l’occupation et serait le seul officiel en poste à pouvoir entraver de déferlement colonial, est Moshé Yaalon du Likoud, ancien chef d’état-major et connu pour son soutien fanatique aux colons.

Certes, Yair Lapid du grande parti « centriste » Yesh Atid est représenté aussi. Mais son influence sur la diplomatie sera mise en sourdine, parce que ses ministres se chargeront de cinq domaines essentiellement domestiques, tels que la santé et la science.

Une nouveauté, c’est Shai Piron, le ministre de l’éducation nouvelle, qui est un colon et un rabbin, et dont peut attendre qu’il généralise les voyages scolaires dans les colonies, poursuivant les efforts fructueux des colons pour s’intégrer dans le courant dominant.

Loin de se préparer à faire des concessions à l’occasion de la visite du président américain, Netanyahu a déclaré son soutien au plan du Foyer juif pour annexer des parties importantes de la Cisjordanie.

Le seul ministre qui affiche quelque intérêts pour des négociations, et qui est principalement motivée par le souhait de rester en bons termes avec la Maison Blanche, est Tzipi Livni. Elle est bien consciente que les possibilités de négociations sont extrêmement limitées : le processus de paix a été mentionné une seule fois, et de façon tout à fait secondaire, dans l’accord de coalition.

Obama, apparemment tout à fait conscient qu’il est confronté à un gouvernement israélien encore plus intransigeant que le dernier, a choisi de ne pas s’adresser à la Knesset. Au lieu de cela, il fera son discours à un auditoire plus réceptif d’étudiants israéliens, dans ce que les responsables américains ont appelé une « offensive de charme ».

On peut s’attendre à de grands mots, à de vagues promesses et à une inaction face à l’occupation.

Pour prouver à quel point la Maison Blanche est réticente à l’idée de s’attaquer à la question des colonies, ses représentants aux Nations Unies ont refusé lundi de prendre part à un débat au Conseil des droits de l’homme, qui qualifie les colonies comme une forme d« d’annexion rampante » de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est.

Obama se veut non interventionniste pour des raisons purement internes. Un sondage d’ABC-TV a montré cette semaine que la plupart des Américains soutiennent Israël contre les Palestiniens – 55% contre 9%. Une majorité encore plus grande, de 70%t, estime que les États-Unis devrait laisser les deux parties régler leurs litiges eux-mêmes.

Les Israéliens ordinaires, le public ciblé par le président américain, a une opinion qui ne vaut guère mieux. Selon une récente enquête, 53% pensent qu’Obama ne protège pas les intérêts d’Israël, et 80% croient qu’il n’apportera pas de progrès avec les Palestiniens au cours des quatre prochaines années. L’ambiance est plus à l’indifférence qu’à l’attente.

Toutes ces raisons font que ni Obama ni Netanyahu ne parleront trop de la question palestinienne au cours de la visite de trois jours. Comme l’analyste Daniel Levy l’a observé : « Obama vient d’abord faire des déclarations sur les liens américano-israéliens, et non sur l’occupation ».

C’est aussi à quoi s’apparente l’opinion des Palestiniens, qui sont de plus en plus exaspérés par l’obstruction américaine. Les responsables américains qui se sont rendus à Bethléem pour préparer la visite d’Obama vendredi se sont retrouvés pris dans des manifestations anti-Obama. On s’attend à d’autres manifestations aujourd’hui à Ramallah.

D’autres Palestiniens ont protesté contre sa visite en établissant aujourd’hui une nouvelle communauté de tentes près de Jérusalem, sur des terres palestiniennes occupées . Plusieurs campements précédents ont déjà été démolis à la hâte par les soldats israéliens.

Les organisateurs espèrent mettre en évidence l’hypocrisie américaine qui revient à soutenir l’occupation par Israël : les colons juifs sont autorisés à construire avec le soutien officiel de l’État sur les territoires palestiniens, en complète violation du droit international, alors que les Palestiniens se voient empêchés de développer leurs propres terres dans ce qui est maintenant considéré par la plupart des pays comme l’État palestinien
.
Le message implicite de la visite d’Obama, c’est que le gouvernement Netanyahu est libre de faire ce qu’il veut, avec peu de danger de rien de plus qu’une protestation symbolique de Washington.

Le nouveau cabinet israélien n’a pas perdu pas de temps pour dévoiler ses priorités législatives. Le premier projet de loi annoncé est une « loi fondamentale » pour changer la définition officielle de l’État, de sorte que ses aspects « juifs » éclipsent les aspects « démocratiques », une initiative que le journal Haaretz a qualifié de « folle ».

Parmi les principales dispositions se trouve la volonté limiter les financement public aux nouvelles communautés exclusivement juives. Cela met en évidence une solution cynique de Netanyahu pour apaiser le mouvement de protestation sociale qui mijote à Tel-Aviv, et dont une des exigences est avant tout davantage de logements à des prix abordables.

En mettant à disposition encore plus de terrains à bas prix [volés aux Palestiniens] en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, il peut agrandir les colonies, ronger encore plus le territoire palestinien, faire taire les protestations et prendre à contre-pied l’opposition. Tout ce qui lui manquait, c’était la bénédiction de Barack Obama.

* Jonathan Cook a remporté le Prix Spécial de journalisme Martha Gellhorn. Ses derniers livres sont “Israel and the Clash of Civilisations : Iraq, Iran and the to Remake the Middle East” (Pluto Press) et “Disappearing Palestine : Israel’s Experiments in Human Despair” (Zed Books). Voici l’adresse de son site : http://www.jkcook.net.

Du même auteur :

- Le voyage d’Obama en Israël, c’est 4 nouvelles années de colonisation – 28 février 2013
- Israël a déclaré la guerre aux enfants de Jérusalem : 1200 arrestations en un an – 30 janvier 2012
- [Les Palestiniens en Israël attendent peu de choses des élections à la Knesset] – 21 janvier 2013
- Bab al-Shams : les Palestiniens à l’assaut de leurs occupants ! – 15 janvier 2013
- Une carte du ministère du Tourisme israélien annexe plus de 60 % de la Cisjordanie – 1er janvier 2013
- Les sapins de Noël terrorisent les Israéliens – 5 décembre 2012
- Pourquoi Obama ne va pas s’en prendre à Israël – 16 novembre 2012
- Israël éradique l’Histoire : disparition de mosquées – 14 juillet 2012
- La bunkérisation d’Israël en voie d’achèvement, sur fond de nettoyage ethnique permanent – 25 janvier 2012
- Il y a de la méthode dans la folie de Nétanyahou : Israël exclut la non-violence – 21 juillet 2011
- Le plan de paix de l’illusionniste Netanyahu – 14 mars 2011
- Après les « documents palestiniens », l’Autorité palestinienne peut-elle continuer d’exister ? – 3 février 2011
- Israël a déclaré la guerre aux enfants de Jérusalem : 1200 arrestations en un an – 16 décembre 2010

25 février 2013 – Palestine Chronicle – Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.jonathan-cook.net/2013-0…
Traduction : Info-Palestine.eu – Claude Zurbach

Terrorisme israélien – [Photos] Au plus fort des bombardements, Gaza enterre ses enfants assassinés


20 novembre 2012 – Source : The Electronic Intifada– Traduction : Claude Zurbach  
Les personnes en deuil se rassemblent autour des corps de la famille al-Dalu, lors de leur enterrement dans la ville de Gaza, le 19 novembre – Photo : Majdi Fathi/APA images
  
Le sixième jour des attaques israéliennes sur Gaza, 33 Palestiniens ont été assassinés. La campagne militaire de l’occupant a jusqu’ici coûté la vie à 117 personnes, selon l’Agence de Nouvelles Ma’an. Au moins 20 des tués sont de tout jeunes enfants.

Dans la dernière attaque, deux garçons jumeaux âgés de 4 ans, Suhaib et Muhammad, ont été tués instantanément lorsque leur maison dans la ville du nord de la bande de Gaza de Beit Lahiya a été touchée par un raid aérien israélien. Leurs parents Fouad Hijazi et Amna Hijazi sont morts à l’hôpital. Dix-huit personnes ont été blessées dans l’attaque.

Aucun cessez-le feu n’a encore été conclu, alors que Israël a continué à pilonner Gaza la nuit de lundi,. Trois civils israéliens ont été tués par une roquette tirée depuis Gaza et qui a frappé un immeuble d’appartements à Kiryat Malachi la semaine dernière. Ce sont les seuls décès en Israël.

Israël a amassé des forces terrestres le long de sa frontière avec la bande de Gaza et a menacé de l’envahir.

Les forces israéliennes ont pris pour cible à la fois le dimanche et le lundi, les bâtiments abritant les journalistes. L’opérateur du Jihad islamique, Ramiz Harb et Salem Bulus Swelim, âgé de 53 ans, ont été tués dans l’attaque d’aujourd’hui. Huit personnes ont été blessées, hier, quand un missile israélien a frappé un autre bâtiment de la ville de Gaza,. Un caméraman a été amputé d’une jambe. Un porte-parole israélien a admis que l’armée savait que le bâtiment abritait des journalistes.

Ce dimanche, 12 civils palestiniens, dont 10 membres de la famille al-Dalu, ont été massacrés dans un raid aérien israélien qui a totalement rasé une maison de trois étages dans la ville de Gaza. Parmi les victimes figurent quatre enfants. Les quipes de sauvetage ont recherché les restes de deux adolescents de la famille al-Dalu ce lundi.

Pendant ce temps, en Cisjordanie, des centaines de manifestants ont été blessés, plusieurs d’entre eux étant dans un état critique. Israël réprime violemment les manifestations contre les attaques de Gaza. Aujourd’hui, 2Rushdi Tamimi, âgé de 28 ans, est mort dans un hôpital de Ramallah après avoir été blessé par l’armée israélienne il y a deux jours lors d’une manifestation dans le village de Nabi Saleh.


Un policier palestinien embrasse une dernière fois Tamimi Rushdi, âgé de 28 ans, policier comme lui, qui est décédé dans un hôpital de Ramallah, deux jours après que les forces israéliennes aient tiré sur lui lors d’une manifestation de solidarité avec Gaza, dans le village de Cisjordanie de Nabi Saleh, le 19 novembre – Photo : Issam Rimawi/APA


Des Palestiniens transportent les corps de Jumana et Tamer Eseifan, tous les deux sous l’âge de quatre ans, qui ont été tués quand un avion de guerre israélien a tiré un missile sur un terrain agricole près de leur maison dans le quartier Tal al-Zatar de la ville de Jabaliya, le 18 novembre – Photo : Majdi Fathi/APA


Un Palestinien est assis à côté du corps de son tout petit garçon, âgé de moins d’un an, Iyad Abu Khoussa, lors des funérailles du bébé dans le camp de réfugiés de Bureij, au centre la bande de Gaza, le 18 novembre. L’enfant a été tué quand un avion de guerre israélien a tiré un missile sur la maison de sa famille, et deux autres petits enfants ont été blessés, le 18 novembre – Photo : Ashraf Amra/APA


Des Palestiniens cherchent dans les décombres de la maison détruite de la famille al-Dalu, après un raid aérien israélien à Gaza, le 18 novembre – Photo : Yasser Qudih/APA


Des secouristes palestiniens transportent le corps de Nawal Faraj Abdul Aal, âgée de 53 ans, retrouvée sous les décombres de sa maison qui a été détruite quand les avions de guerre israéliens ont tiré un missile sur un poste de police à proximité dans le quartier al-Touffah de la ville de Gaza, le 18 novembre – Photo : Anne Paq/ActiveStill


Les filles et la mère de Nawal Abdul Faraj Aal, âgée de 53 ans, pleurent après que celle-ci ait été asphyxiée sous les décombres de sa maison. La maison a été détruite lorsque les avions de guerre israéliens ont tiré un missile sur un poste de police à proximité dans le quartier al-Touffah de la ville de Gaza, le 18 novembre – Photo : Anne Paq/ActiveStills


Une femme palestinienne regarde sa maison détruite à la suite des frappes aériennes israéliennes sur la ville de Rafah, au sud de la bande de Gaza, le 18 novembre – Photo : Eyad Al Baba/APA


Des Palestiniens traversent les débris des maisons détruites à la suite d’un raid aérien israélien à Gaza, le 19 novembre – Photo : Ashraf Amra/APA


Des Palestiniens se rassemblent autour d’une maison détruite, après un raid aérien israélien à Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 19 novembre – Photo : Ibraheem Abu Mustafa/Reuters

source

Gaza, ça recommence ! – Mazin Qumsiyeh –


Mazin Qumsiyeh

The Popular Resistance

Est-ce que l’histoire est en train de se répéter ?

 

(JPG)

Trois janvier 2009 : bombardement sur Beit Hanoun
(photo : P. Baz/AFP/Getty Images – boston.com)

Les forces d’Israël ont attaqué Gaza, elles détruisent les réseaux d’électricité, détruisent l’infrastructure et massacrent les civils. Elles ont amplifié leur attaque brutale quand deux roquettes artisanales ont été lancées sur Tel Aviv. Les hôpitaux à Gaza sont rendus au point de rupture, essayant d’accueillir les victimes alors que depuis des années, ils sont en état de siège. Mais les forces de la résistance à Gaza ont signalé qu’un jet israélien a été abattu. Les autorités israéliennes sont prises en flagrant délit de mensonge à leur propre population sur l’ampleur des dégâts causés par la résistance (prétendant par exemple que les roquettes étaient interceptées et qu’elles ne retombaient pas alors même que les citoyens israéliens voyaient les roquettes exploser au sol, ils voyaient les incendies se déclarer et les ambulances qui se précipitaient. J’ai entendu moi-même les sirènes hurler dans les colonies de Gush Etzion et j’ai entendu le bruit sourd d’une roquette largeb (probablement du type Fajr, de grande portée).

Mais maintenant, quelques observations analytiques.

Est-ce que l’histoire est en train de se répéter ? L’attaque israélienne contre Gaza cette semaine a lieu entre les élections présidentielles aux États-Unis et les élections (prochaines) israéliennes. L’attaque contre Gaza il y a quatre ans a eu lieu également après les élections US et avant les élections israéliennes. Certains citoyens israéliens ont ainsi lancé un avertissement dans un journal israélien sous le titre « Non à la guerre des élections ! ».

Netanyahu et compagnie tentent aujourd’hui de refaire ce qu’Olmert et compagnie ont essayé de faire il y a quatre ans : pousser Gaza à la soumission tout en gagnant les voix de droite. Cette attaque pourrait aussi être un test de préparation dans le cas d’une guerre à venir contre l’Iran (Gaza est plus faible que le Liban ou l’Iran). Au vu des premiers résultats, la machine de propagande israélienne (hasbara) n’a pas réussi à faire apparaître l’attaque contre Gaza comme une « légitime défense » et elle ne réussira pas davantage dans ses autres objectifs tout comme en 2006 et 2008.

Lors de la dernière agression contre Gaza il y a quatre ans, les forces israéliennes ont assassinés 1400 palestiniens, dont près de 400 enfants, en à peine trois semaines. C’était, et c’est toujours, une tâche difficile pour la propagande de cacher l’ampleur des atrocités commises contre les natifs de cette terre, spécialement quand des organisations de défense des droits de l’homme et les Nations-Unies qualifient de tels actes de crimes de guerre et de crimes de l’humanité.

A Gaza, rien que dans les dernières quarante-huit heures, les martyrs palestiniens comprenaient deux bébés de dix et onze mois. Netanyahu espère que les réseaux sionistes de communication et sa campagne de bombardements vont réussir en 2012 ce qu’ils ont raté en 2008. Israël en tant qu’occupant/colonisateur espère se tirer de ses assassinats en qualifiant la résistance du peuple occupé de « terrorisme ».

A l’âge de la communication en temps réel, c’est devenu difficile. Après plusieurs guerres d’agression (par exemple, en 1948, 1956, 1967, 1982, 2000, 2006, 2008, et aujourd’hui, 2012), le monde se réveille. Les peuples du monde arabe qui se sont engagés dans de véritables révolutions démocratiques exigent désormais un véritable changement. Il est symboliquement important que des officiels de premier plan d’Égypte et Tunisie se soient rendus à Gaza pendant les attaques en cours.

Les peuplent savent que les lobbies israéliens, tel l’AIPAC (dont le site a été piraté par Anonymous cette semaine (1)), continuent d’inciter à des guerres y compris à une guerre hors-la-loi contre l’Iran, de la même manière qu’ils ont poussé aux guerres illégales précédentes contre le Liban et l’Iraq. La dernière guerre a été imposée à l’opinion publique occidentale grâce à des mensonges (les liens de l’Iraq avec les actions terroristes du 11 Septembre 2001 et les armes à destruction massive). La guerre a coûté des milliers de vies états-uniennes, des centaines de milliers de vies iraquiennes, et trois mille milliards de dollars en coût direct aux contribuables des États-Unis).

Les peuples savent que Gaza est toujours sous occupation selon le droit international, comme les Nations unies elles-mêmes l’ont rapporté. Même les porte-parole israéliens et un document rendu public par une décision de tribunal ont montré qu’Israël s’est lancé dans une punition collective de la population de Gaza, un crime contre l’humanité selon le droit international. Les Nations unies ont mis en garde contre une catastrophe humanitaire si le siège israélien de Gaza se poursuivait. Israël continue aussi de cibler tous les bateaux humanitaires qui tentent de briser le siège.

Les politiciens israéliens trouvent commode toutes les quelques années de lancer une guerre massive pour garder le « front intérieur » dans l’inquiétude et l’unité, et ils espèrent ainsi booster leurs carrières politiques. « Éradiquer le terrorisme » et défendre « la sécurité des citoyens israéliens » sont maintenant considérés, même par les Israéliens, comme de la simple propagande. Les rapports des Renseignements israéliens soumis au gouvernement israélien montrent que le Hezbollah est devenu encore plus fort après les attaques israéliennes de 2006 et que le Hamas est lui aussi devenu plus fort après l’attaque israélienne en 2008.

La Gaza appauvrie enseigne toutes les leçons. Olmert et Livni ont découvert que les crimes de guerre ne se traduisaient pas obligatoirement en bulletins de votes. Une leçon plus importante qui demande peut-être plus de temps pour être creusée est que la sécurité ne vient pas d’une oppression et d’un nettoyage ethnique, les deux piliers du sionisme. La sécurité vient de la justice. Israël est un État apartheid raciste et militarisé qui a créé la plus grande population de réfugiés toujours existant sur la terre (sept millions des douze millions de Palestiniens sont des réfugiés ou des déplacés).

La paix peut venir par la reconnaissance des torts et un engagement pour une justice réparatrice. Une fois réalisé le retour des réfugiés palestiniens (dont le million de Gaza) dans leurs foyers et sur leurs terres occupées en 1948, nous pouvons tous vivre ici dans un État démocratique laïc, quelle quelles que soient nos origines religieuses ou autres.

Je soupçonne que les attaques immorales et cruelles israéliennes contre Gaza vont hâter ce résultat incontournable.

(1) Anonymous a bloqué le site de l’AIPAC (c’est le site de la troisième colonne qui détruit l’économie américaine pour le bien du sionisme) http://www.aipac.org/.

Actions : actions en urgence dans le monde pour Gaza : https://docs.google.com/a/qumsiyeh….

(JPG) Restez humains

Pr Mazin Qumsiyeh

Site : http://qumsiyeh.org

Adresse courriel : mazin@qumsiyeh.org

16 novembre 2012 – http://popular-resistance.blogspot.fr/2012/11/gaza-redux.html] – traduction : Info-Palestine/JPP