Urgent AGREXCO ! Agissez svp


Le bureau national de coordination de la campagne BDS , et en particulier le
mouvement européen et international  qui cible AGREXCO par divers types
d’actions dans divers pays depuis plusieurs années (Tribunal Russel, piquets,
actions symboliques dans les magasins, sur les marchés, actions juridiques,
…) ainsi que ses love-marques comme  Carmel et la société partenaire
CAL-LACHS installée à l’aéroport de Liège-Bierset APPELLE DE TOUTE URGENCE  les
associations  et les individus à écrire à la société irlandaise TOTAL PRODUCE
afin qu’elle ne reprenne pas dans les jours à venir les activités de la société
israélienne AGREXCO qui a été déclarée en faillite tout récemment à Tel-Aviv.
Nous vous remercions de participer à cette action hyper importante pour diverses
raisons. Notamment en envoyant un courriel-type (voir ci-dessous en anglais et
sa traduction en français) aux deux adresses mail de Total produce , et/ou la
lettre (plus longue et en anglais) à son adresse postale.

info@totalproduce.com (adresse générale)
cmccann@totalproduce.com (adresse du directeur, Carl McCann)
– Carl McCann, Chairman, Total Produce, Charles  Mc Cann Building, Rampart Road,
Dundalk, Ireland (adresse postale)

Vous trouverez aussi plus bas, quelques liens vers plus d’information , si vous
souhaitez faire un relais via vos sites web , blogs ..
N’hésitez pas à en demander davantage.

Merci d’avance de nous tenir informés de votre action et de ses suites.
Espérons qu’en Irlande, on  se rappelle bien ce que signifient colonisation et
occupation  et que la compagnie de produits agricoles TOTAL PRODUCE (qui a une
charte éthique)  comprenne que c’est une bien mauvaise idée d’acheter une
compagnie qui commercialise la majorité des produits des colonies établies
occupés dans les territoires, qui tire profit de l’occupation israélienne et qui
a subi un coup financier fatal, en partie suite à la campagne internationale
BDS.
Bien à vous
Dominique W.

1. MESSAGE -TYPE (pour copier-coller):

Dear Carl McCann, Chairman, Total Produce,
AGREXCO is an Israeli company complicit in the occupation and dispossession of
the Palestinian people, and its very activity (economic exploitation of an
occupied territory) is a war crime.
If TOTAL PRODUCE buys AGREXCO it will then be in the exact same situation, since
you will carry out the same activities.
This means that the current international boycott campaign targeted at AGREXCO
will expand to include all TOTAL PRODUCE activities.
We urge you not to participate in the bidding for AGREXCO and to stay away from
their illegal and illegitime business.
We look  forward to receiving your reply to this letter.

[2. Pour votre  info : TRADUCTION:

AGREXCO est une compagnie israélienne complice de l’occupation et de la
dépossession que connaît le peuple palestinien et son activité (exploitation
économique d’un territoire occupé) constitue en réalité un crime de guerre.
Si TOTAL PRODUCE rachète AGREXCO, la société sera exactement dans la même
situation vu qu’elle pratiquera les mêmes activités.
Cela signifie que l’actuelle  campagne internationale ciblant AGREXCO s’élargira
en incluant toutes les activités de TOTAL PRODUCE.
Nous insistons dès lors pour que vous ne repreniez pas la société AGREXCO et
pour que vous restiez à l’écart de son business illégal et illégitime.
Nous espérons recevoir votre réponse à ce courrier.

3. QUELQUES LIENS POUR  PLUS D’INFOS
http://coalitioncontreagrexco.net/node/89
http://www.bdsmovement.net/2011/total-produce-letter-7705 (lettre du BNC)
http://www.bdsmovement.net/2011/bnc-warns-irish-company-7732 (communiqué de
presse du BNC)
http://whoprofits.org

Soirée BOYCOTT ISRAËL


Médecine pour le peuple et le PTB Molenbeek ont le plaisir de vous convier à  une 
 Soirée BOYCOTT ISRAËL  
 le vendredi 19 août 2011 à partir de 19h

Où : au Vaartkapoen, rue de l’Ecole 76  à 1080 Molenbeek  

 (près de la station de métro Comte de Flandre)

Vous aurez au programme divers témoignages tels que:

– le dr Guido Gorissen et Asmaa Seba, participants à la flottille pour Gaza avec Belgium to Gaza 

 

Jan Cools, ex-otage au Liban, et Myriam De Ly, participants à l’action « Bienvenue en Palestine » 

 

– témoignages sur la campagne « Boycott des dattes israéliennes » 

 

– témoignage de jeunes de Intal ayant visité la Palestine en juillet

A l’occasion de cette soirée, vous aurez l’honneur d’écouter quelques poèmes du  célèbre poète Mahmoud Darwich décédé en août 2008  
A l’heure de l’interruption du jeûne nous aurons l’occasion de goûter une variétés de mets tels que Harira, sucreries, dattes, lait,… 

 

PAF : 5 € (en fonction de vos possibilités) 

 

 

 

Les bénéfices iront aux projets de Médecine pour le Tiers monde en Palestine

Pour des renseignements sur les projets : http://m3m.be/partenaires/palestine

N° de compte : 001-1951388-18 de Médecine pour le Tiers Monde avec la mention “Palestine »

Infos: 0486/257702 
 

 

Dattes : Attention les tricheurs sont de sortie !


mercredi 3 août 2011

On progresse : les dattes israéliennes se font plus rares cette année dans les supermarchés et sur les marchés, mais ouvrez l’oeil tout de même : certains comme Carrefour enfreignent la loi et mettent des dattes sans aucune provenance (en vérité exportées par Israël) au milieu de dattes affichées « Tunisie » et « Algérie ». Ne vous y trompez pas !

Flagrant délits de tricherie dans des magasins CARREFOUR de Paris et la région parisienne :

Contactez la Direction de la consommation et des fraudes :

http://www.economie.gouv.fr/dgccrf/Bienvenue-dans-l-espace-particulier-

Rappelez aux responsables du magasin qu’ils ont l’OBLIGATION de mentionner l’origine exacte des produits frais et des fruits secs qu’ils vendent. Et qu’en plus, la législation française les oblige à afficher l’ORIGINE de ces produits en caractères AUSSI GROS que leur prix !

Chez AUCHAN, protestez ! On encourage ouvertement la colonisation :

Dites leur que pour bronzer, vous leur recommandez les check-points et les attentes interminables en plein soleil, infligées par l’armée d’occupation aux Palestiniens…

Et non contents de voler l’eau des Palestiniens, les Israéliens fabriquent des machines à la gazéifier « Soda-Club » ou « Sodastream », dans les colonies. C’est parfaitement illégal !

BOYCOTT ! PAS UN SOU POUR L’OCCUPANT ISRAELIEN ! PAS UN SOU POUR LES CRIMINELS DE GUERRE !

CAPJPO-EuroPalestine

Quand nous disions que l’occupation touche aussi la Belgique…


Le droit d’appeler au boycott d’Israël remis en question à Molenbeek aussi ?

La Coordination Boycott Israël a reçu une lettre de refus, sans apporter la moindre explication en réponse à une demande datée du 25 mai 2011 concernant une action de distribution de tracts  « BOYCOTT ISRAEL » et tout particulièrement de ses dattes à la sortie du métro Compte de Flandre, ce jeudi 28 juillet à 11h00. « Or, tout acte administratif doit être formellement motivé comme le prévoit la loi du 29 juillet 1991 », nous dit notre avocat.

En effet, les dattes commercialisées par les sociétés israéliennes proviennent de palmiers qui poussent sur des terres volées aux palestiniens, des colonies sauvagement construites notamment dans les Vallée du Jourdain.

 

Israël compte vendre ces dattes comme si de rien était alors que l’argent récolté (des dizaines de millions de dollars et d’euros) enrichit un État qui dépense énormément d’argent pour une politique militaire visant la poursuite de la colonisation des terres palestiniennes et de l’épuration ethnique.

 

La lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud a montré une solidarité internationale efficace et cohérente avec un peuple opprimé. C’est ce genre d’action que le peuple palestinien opprimé demande.  Depuis 2005, la société civile palestinienne, y compris les fédérations syndicales et tous les regroupements politiques syndicaux, a été unanime en demandant aux personnes de conscience et institutions du  monde entier, notamment les syndicats, d’approuver le BDS contre Israël et de mettre en œuvre ce boycott des diverses manières les mieux adaptées à leur contexte respectif. Le BDS reste le meilleur espoir de mettre fin à l’occupation par Israël, à l’apartheid et pour l’obtention des droits reconnus par l’ONU, en particulier le droit à l’autodétermination.

La liberté de manifestation comme la liberté d’expression sont des droits fondamentaux. Ils sont inscrits dans les traités internationaux, comme la Convention européenne des droits de l’homme, ainsi que dans la Constitution belge.

Nous insistons sur le fait qu’en aucun cas la critique d’un État coupable de tant d’infractions au droit international ne peut être ainsi assimilée à un quelconque racisme.
Par son vote de la nuit du 11 juillet 2011, la Knesset (Parlement israélien) a adopté, une loi qui érige en infraction le fait d’appeler à un boycott contre l’État d’Israël ou ses colonies de Cisjordanie.
Cette loi controversée érige en infraction civile le fait d’appeler au boycott économique, culturel ou intellectuel de personnes ou d’institutions en Israël ou dans les territoires palestiniens occupés pour des motifs politiques. Toute personne appelant à un tel boycott peut faire l’objet de poursuites et être frappé d’une amende.
« Bien que ses partisans allèguent le contraire, cette loi est une tentative flagrante de museler la dissidence et le travail de campagne pacifiques en attaquant le droit à la liberté d’expression, que tous les gouvernements se doivent de respecter, a indiqué Philip Luther, directeur adjoint du Programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.
La commune de Molembeek suivrait-elle le mauvais élève Israël en ce qui concerne la question du boycott ?
En tous cas, nous serons nombreux ce  jeudi 28 juillet à 11h00 à la sortie du métro Comte de Flandre pour soutenir la campagne Boycott Désinvestissement Sanction.
Chacune de nos actions se veut pacifique. Nous portons nos tee-shirts verts (sur lesquels figure l’inscription “Boycott Israël/Palestine Vivra”), nous distribuons nos tracts en parlant aux gens, tout se fait dans le calme, nous ne constituons certainement pas une menace pour la sécurité.
Ces actions vont perdurer jusqu’à ce qu’Israël se conforme aux résolutions des Nations Unies et respecte les droits internationaux et humanitaires.

Contact presse : 0486/703.215

Risque de faillite pour Agrexco ?


L’un des principaux utilisateurs des installations aéroportuaires liégeoises, la société israélienne Agrexco, connaît de très sérieuses difficultés financières. Croulant sous les dettes, l’avenir de la compagnie, spécialisée dans l’exportation des produits agricoles israéliens, retient toute l’attention du côté de Bierset. La société Agrexco a longtemps exercé le monopole des exportations agricoles israéliennes. Elle a été privatisée voici deux ans et croule actuellement sous les dettes. On parle de plusieurs dizaines de millions d’euros envers des producteurs, des transporteurs et des banques (allemandes et françaises).

Agrexco est principalement connue du public pour la marque Carmel sous laquelle elle vend des aocats, des pamplemousses, des herbes et condiments. Elle expédie également des fleurs. Pour ses exportations, Agrexco utilise les avions de la compagnie CAL et les services de la société LAX.

Pour l’instant, ces deux firmes enregistrent de très légères variations des tonnages transportés. La déconfiture d’Agrexco ne se traduit pas encore dans les statistiques.

Mais la situation pourrait devenir préoccupante si la faillite se précise : les fleurs et les fruits de la marque Carmel représentent jusqu’à 10 % du volume de fret transitant par les infrastructures liégeoises.

L’une des causes de ses difficultés, c’est la baisse de la demande sur le continent européen. La société Agrexco a souvent été critiquée car ses produits proviennent parfois des territoires palestiniens occupés sans que cette origine ne soit mentionnée. Les campagnes hostiles de divers mouvements pacifistes ont peut-être contribué à plomber les résultats d’Agrexco.
La presse de l’état hébreu évoque l’imminence d’un dépôt de bilan mais également des perspectives de sauvetage par de nouveaux investisseurs.

L’aéroport de Bierset, en tous les cas, s’interroge sur les répercussions que ces événements ne manqueraient pas d’avoir.

Michel Grétry, Xavier Van Oppens 

site RTBF.be

15.07/2011

A propos des détracteurs du BDS et de leur quête de respectabilité



Campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël – PACBI


Prétendre à la neutralité dans cette situation coloniale flagrante où un côté est si dominant, et essayer de projeter une fausse image de symétrie entre l’oppresseur et l’opprimé, va plus loin que l’absence de fondement et la mauvaise conception : c’est moralement suspect.
(JPG)

 

Dans le contexte de l’application des lignes directrices du mouvement BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions) pour le boycott universitaire et culturel d’Israël, la campagne palestinienne pour le boycott culturel et universitaire d’Israël (PACBI) fait face parfois à des scénarios où les détracteurs du boycott tentent de se racheter une conscience et avec elle, une certaine raison morale, en utilisant des Palestiniens ayant quelque valeur de symbole (ou plus rarement d’autres Arabes) comme couverture, pour dissimuler leur complicité dans les violations israéliennes du droit international et des droits palestiniens.

Alors que la réserve de « feuilles de vigne » diminue d’année en année, grâce au rayonnement impressionnant dans la dernière période de la conscience collective du BDS chez les Palestiniens et dans le monde arabe, il y en a encore qui sont prêts à accepter que leur nom soit manipulé dans des projets politiques cyniques de profanateurs du boycott international. Lorsque des Palestiniens et des Arabes jouent un tel rôle, c’est parfois en raison d’un manque de compréhension politique, mais le plus souvent, c’est avec la volonté de faire passer des intérêts propres avant les principes soutenus collectivement de résistance à l’oppression coloniale et à l’apartheid. Dans les années quatre-vingt-dix et la première moitié de la dernière décennie, de nombreux Palestiniens ont été attirés par des projets communs avec l’espoir d’une paix juste et véritable, et attirés aussi parce que des sommes d’argent apparemment illimitées étaient allouées à de tels projets communs par les donateurs européens et états-uniens. Au cours des deux dernières décennies, il est apparu clairement que ces projets rentraient dans un cadre politique s’attachant d’abord à créer une illusion de paix chez les Palestiniens – et dans le monde – et à soudoyer des Palestiniens en les soumettant aux diktats des Israéliens et à leur hégémonie coloniale permanente. Si une organisation israélienne voulait obtenir des fonds généreux pour un projet, tout ce qu’elle avait à faire était d’y inclure un « partenaire » palestinien, et vice versa. Ces collaborations israélo-palestiniennes ont créé une couverture parfaite pour la poursuite de la colonisation, de l’occupation et de l’apartheid israéliens, et elles ont miné le combat palestinien pour l’autodétermination.

Aujourd’hui, la plupart des projets (1) de normalisation impliquant des Palestiniens et des Israéliens sont bouclés après s’être révélés comme totalement vains ou, pire, comme une fraude bien conçue visant à donner une liberté de manœuvre à Israël dans la poursuite de son projet colonial sous la couverture de « faire la paix » de la base au sommet, comme avec les fameux « accords de paix » d’Oslo. Les quelques projets de normalisation restant peuvent continuer grâce à la persistance de structures de pouvoir, domination et dépendance créées à travers les années Oslo.

Un bon exemple en est le Programme McGill pour le Moyen-Orient (PMMO), programme d’études de l’université canadienne McGill en société civile et pour le rétablissement de la paix au Moyen-Orient, un projet de normalisation qui nous reste des beaux jours d’Oslo, et qui doit encore être dénoncé. Dans le cadre d’un projet commun unique, la prestigieuse université canadienne a signé des accords séparés avec des institutions universitaires arabes (l’université An-Najah, l’université Al-Quds et l’université de Jordanie) et des institutions israéliennes. Le fait que des représentants des « deux côtés » comme c’est le cas ici, participent à un même projet avec des objectifs communs, siègent dans les même commissions du projet, et assistent aux mêmes réunions communes, fait tomber grandement la couverture d’ « indépendance » et met en lumière la visée de normalisation de ce projet.

Les institutions palestiniennes impliquées, tout en rejetant publiquement toute normalisation avec les universités israéliennes, sont restées actives dans ce projet, voyant apparemment plus les avantages pour leurs propres institutions à garder ce partenariat en activité que le mal qu’il fait en sapant le boycott universitaire grandissant contre Israël et ses institutions complices.

Les Palestiniens ne sont pas les seuls en ce cas. Étant donné les désastreuses conditions de ressources, la famine, résultant de décennies de politiques israéliennes, d’occupation, de nettoyage ethnique et d’apartheid, nous Palestiniens, comme la plupart des autres peuples se battant pour la décolonisation et l’autodétermination, avons eu notre part non seulement de ce que nous appelons les feuilles de vignes, mais aussi de collaborations à un niveau beaucoup plus profond avec les oppresseurs en échange de petits avantages. Éviter l’idéalisation de l’opprimé et du combat palestinien est important pour arriver à une critique rationnelle de ce phénomène aussi vieux que les révolutions à travers le monde. Comme dans la plupart des autres cas, il y a généralement des gens qui veulent placer leurs intérêts personnels au-dessus de ceux de leur communauté. Cependant, l’arbre flétri de l’opportunisme, voire de la trahison, ne doit jamais cacher la forêt du consensus autour de la résistance civile palestinienne contre Israël, un consensus qui est reflété dans la direction de la campagne de boycott, le comité national du BDS (BNC).

Les universitaires et personnalités culturelles de niveau international, notamment les groupes de musique, qui tiennent à traverser le piquet de grève du boycott palestinien alors qu’il leur est demandé par le mouvement BDS de ne pas le faire, cherchent souvent à organiser des concerts, des conférences, ou même des visites symboliques dans les territoires palestiniens occupés – spécialement à Ramallah, Jérusalem et Bethléhem – comme moyen normal pour essayer d’ « équilibrer » leur position politique et de se racheter après avoir violé l’appel au boycott.

En agissant ainsi, ils ajoutent en réalité l’insulte à l’injure, en ce sens qu’ils demandent alors aux Palestiniens de s’engager dans des projets de normalisation semblables à ceux de l’ère d’Oslo tels qu’abordés ci-dessus. Prétendre à la neutralité dans cette situation coloniale flagrante où un côté est si dominant, et essayer de projeter une fausse image de symétrie entre l’oppresseur et l’opprimé, va plus loin que l’absence de fondement et la mauvaise conception : c’est moralement suspect.

Les musiciens demandent souvent aux organisations palestiniennes d’organiser une « tournée Palestine ». Certaines organisations palestiniennes peuvent avec naïveté accepter de telles tournées sans contrôler d’abord si les musiciens ne violent pas en même temps le boycott. D’autres organisations peuvent fournir volontairement une couverture palestinienne à de telles violations du boycott, parce qu’elles n’ont pas été elles-mêmes capables de surpasser des relations corruptrices, récupératrices et créatrices de dépendance, ni le discours de dialogue qui ont prévalu durant ce qu’on a appelé le « processus de paix » d’Oslo et qui a échoué.

Se débrouiller pour parler à des Palestiniens ici ou là, ou s’associer avec certaines institutions palestiniennes nulles ou faisant office délibérément de feuilles de vignes, ne peuvent réduire les dommages causés par la violation des lignes directrices du boycott, alors que de telles violations servent d’abord et avant tout à sauver le vernis fragile de respectabilité d’Israël sur la scène mondiale. Aucune feuille de vigne, quelle que soit la taille qu’elle peut sembler avoir, ne peut cacher l’acte de complicité par le blanchiment de l’occupation et de l’apartheid israéliens auquel ces détracteurs du boycott s’adonnent en franchissant le piquet de grève.

Un exemple classique en est Leonard Cohen qui, bien qu’à plusieurs reprises PACBI (2) et des collègues à lui de partout (3) lui aient demandé d’annuler son concert à Tel Aviv, a persisté et a même accepté comme premier sponsor du concert une banque israélienne profondément impliquée dans la construction des colonies israéliennes illégales sur la terre palestinienne occupée. Après avoir été largement critiqué pour cette violation flagrante du boycott dirigé par les Palestiniens, Cohen a recherché un interlocuteur palestinien, un lieu ou une organisation dont il pourrait se servir pour « équilibrer » et échapper aux critiques. Cependant, en revêtant le manteau de la « cicatrisation » et de la « paix » sans dire un mot sur la justice ni les violations par Israël du droit international, Cohen a échoué à convaincre la moindre organisation palestinienne de coopérer avec lui (4), restant désespérément à la recherche d’une feuille de vigne. Ceci, en conjonction avec les campagnes de pression concertées engagées dans de nombreux pays (5), qui finalement ont convaincu Amnesty International d’abandonner son idée de coopérer avec Cohen, l’association devant diriger les recettes de son concert vers des organisations des « droits de l’homme » (6).

Autre exemple, celui de l’université de Johannesburg, qui a dû céder aux énormes pressions (7) d’universitaires sud-africains et a rompu ses liens avec l’université Ben Gourion et qui, par suite, a essayé de trouver une université palestinienne prête à s’engager dans une relation trilatérale quoique indirecte avec l’université Ben Gourion. L’université de Johannesburg s’est trouvée alors confrontée à un consensus dans le système académique palestinien – notamment des fonctionnaires du gouvernement, des présidents d’universités et des syndicats universitaires – qui a rejeté une telle relation et soutenu qu’une solidarité sérieuse avec les Palestiniens signifiait aujourd’hui de rompre les liens avec les institutions israéliennes complices, telle l’université Ben Gourion, et de respecter les principes du BDS. Incapable de trouver un tel partenaire palestinien, le conseil de l’université de Johannesburg a finalement annulé son projet commun avec Ben Gourion (8).

Plus récemment, Shakira (auteure-compositrice-interprète colombienne) a essayé de faire de même, en utilisant son statut d’ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF pour arranger une visite dans une ONG palestinienne dans Jérusalem occupée afin d’« équilibrer » avec sa participation honteuse à une initiative officielle de propagande israélienne, à l’invitation du président israélien, Shimon Peres. Le rôle bien connu de Peres dans les innombrables crimes et violations du droit international perpétrés par Israël dans les territoires palestiniens occupés et au Sud Liban est indéniable (9). L’ONG palestinienne ciblée a annulé la venue de Shakira au dernier moment quand elle a réalisé comment celle-ci avait violé le boycott, et que lui fournir un alibi palestinien nuirait au combat du mouvement pacifique du BDS pour la liberté, la justice et l’égalité.

Bien sûr, aucune société ne pourra jamais être monolithique ou n’avoir qu’une opinion unique. Malgré la persistance d’artistes, musiciens et autres professionnels internationaux de la culture à vouloir casser le boycott, et malgré la volonté d’un nombre qui se réduit de Palestiniens à continuer de servir de feuilles de vigne quand ils sont sollicités pour le faire, c’est l’écrasante majorité des Palestiniens, par l’intermédiaire de leurs organisations et syndicats représentatifs, qui a fait siens le BDS et ses lignes directrices. Il est temps que les écrivains, universitaires, artistes et autres, de dimension internationale, commencent à écouter la voix de cette immense majorité (*) et à respecter notre combat pour la liberté et la justice en, à tout le moins, s’abstenant de miner nos principes du boycott.

Il s’agit là d’une obligation morale fondamentale que le monde, dans sa grande majorité, a honorée pendant le combat contre l’apartheid sud-africain et se doit, sans relâche, de tout autant honorer dans notre cas aussi.

 

Notes :

[1] http://pacbi.org/etemplate.php?id=1220
[2] http://www.pacbi.org/etemplate.php?…
[3] http://pacbi.org/etemplate.php?id=1009
[4] http://www.pacbi.org/etemplate.php?…
[5] http://pacbi.org/etemplate.php?id=1069
[6] http://pacbi.org/etemplate.php?id=1080
[7] http://www.ujpetition.com/
[8] http://pacbi.org/etemplate.php?id=1532
[9] http://pacbi.org/etemplate.php?id=833

Voir dernièrement :

(*)Jello Biafra annule son concert en Israël

29 juin 2011 – PACBI
http://pacbi.org/etemplate.php?id=1645
traduction : JPP

Loi Boycott 2011 Israël : tout dépend de ce que vous boycottez


Adam Keller
Gush Shalom
Seuls, les colons, nos vaches sacrées, seront immunisés, et tout appel au boycott de leurs produits sera illégal. 

  Le boycott par les consommateurs du cottage cheese (fromage cottage) a fait les grands titres et volé la vedette à la Knesset et au Cabinet. Des politiciens de tous les partis du spectre politique ont fait l’éloge de cette initiative hautement citoyenne de boycott du « fromage avec des morceaux » pour protester contre la scandaleuse augmentation de son prix et faire pression sur les producteurs et la distribution afin d’en faire baisser le prix. Tout le monde parle du boycott du cottage, tout le monde le soutient, et l’admire. Est-il imaginable que, au même moment, quelqu’un dans l’État d’Israël se lève pour interdire ce boycott des consommateurs et infliger des sanctions sévères pour intimider ceux qui appliqueraient un tel boycott ?

En fait, c’est tout à fait imaginable. C’est même arrivé. Un projet de loi avec précisément cet objectif et cette intention affichés a déjà été voté en première lecture par la Knesset, et la Commission juridique de la Knesset l’a approuvé hier en deuxième et troisième lecture : la « Loi Boycott » (pour l’appeler par son nom officiel, la « Loi 2011 d’interdiction de boycott »).

S’il passe avec succès toutes les étapes de la procédure du vote parlementaire et devient ainsi partie intégrante de la législation de l’État d’Israël, ce projet imposera l’interdiction de tout appel au «  boycott d’une personne en raison de ses liens avec Israël ou des régions sous le contrôle d’Israël ». (Comme cette dernière référence aux régions n’est pas claire, les initiateurs du projet ont pris la peine de la clarifier explicitement : « par « région sous le contrôle d’Israël », il faut entendre la Judée et la Samarie »). Bref, nous parlons ici des colonies et des colons qui produisent (hautement subventionnés par l’État) différents articles et produits que vous pouvez trouver en rayon dans vos magasins et supermarchés à Tel Aviv et Haïfa, et dans chaque ville et village du pays.

Tout comme il y a en Israël des consommateurs qui s’inquiètent et ne sont pas prêts à payer un cottage cheese à un prix exorbitant, il y a aussi un certain nombre de consommateurs inquiets qui ne sont pas disposés à acheter des produits des colonies. Les civils israéliens qui rejettent une colonisation totale – en tant que colonisation établie sur un territoire occupé en violation du droit international, et se servant d’astuces juridiques douteuses pour s’emparer de la terre palestinienne – bloquant toute possibilité de paix, et perpétuant une occupation qui nous réduit à une dégradation morale et à l’isolement international. Il y a des consommateurs – leur nombre est estimé à des dizaines de milliers – qui regardent attentivement lors de leurs achats et s’assurent du lieu où les produits mis en vente ont été cultivés ou fabriqués, et évitent de consommer des produits des colonies (ce qui n’est pas toujours facile, de nombreux fabricants et exploitants dans les colonies ayant recours à toutes sortes de moyens ingénieux pour déguiser et dissimuler l’origine de leurs produits).

A l’intention de ces consommateurs, Gush Shalom (duquel je me trouve être le porte-parole) publie depuis 1997 une liste détaillée des produits des colonies qui pénètrent sur le marché israélien. Avec nos moyens limités, nous essayons de la maintenir à jour et de la faire connaître du grand public tant par Internet que par une distribution à la main de brochures lors de rassemblements publics.

Si la « Loi Boycott » devait être promulguée, de telles activités de notre part pourraient être vues comme illégales, tout comme d’autres activités diverses de gens qui veulent la paix en Israël (par exemple le refus d’acteurs de se produire au « Hall de la Culture » dans la colonie Ariel).

Si la « Loi Boycott » est promulguée, toute entreprise implantée dans une colonie pourrait aller au tribunal et y déposer plainte pour préjudice ; étant donné qu’il y a des centaines de telles entreprises, la somme qui leur serait attribuée par le tribunal pourrait monter à moulte millions.

Si cette loi est votée, les consommateurs dans l’État d’Israël pourront toujours appeler au boycott de n’importe quel produit, pour n’importe quelle raison qu’ils considèreraient justifiée – mais sauf des produits des colonies qui jouissent d’une immunité absolue. Ils seront toujours autorisés à appeler au boycott de produits vendus à un prix exorbitant, les gens de religion pourront toujours boycotter les produits non cachère, et les amoureux des bêtes pourront toujours boycotter les produits expérimentés sur des animaux. Seuls, les colons, nos vaches sacrées, seront immunisés, et tout appel au boycott de leurs produits sera illégal.

Les députés de la Knesset qui sont si favorables et enthousiastes pour le boycott du cottage cheese vont-ils oser lever la main pour mettre hors la loi un boycott de consommateurs d’un autre genre ?

Du même auteur :

Ici, c’est la Corée du Nord
L’évacuation de colons à Hébron : trop peu et trop tard !

28 juin 2011 – Gush Shalom – L’article a été initialement publié en hébreu dans News1 – traduction de l’anglais : JPP

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