Silence des littérateurs flamands


Kris Kaerts sur Facebook*

AVERTISSEMENT : En ce qui concerne les auteurs cités ci-dessous, je ne porte absolument aucun jugement sur la qualité de leur travail. La plupart d’entre eux sont des professionnels. Je n’ai jamais rien lu de certains d’entre eux.

Mais il me faut quand même dire quelque chose à propos de nos écrivains professionnels.

À l’heure où j’écris ces lignes, nous avons dépassé les 450 jours de nettoyage ethnique à Gaza. Nous savons ce qui s’y passe. Ou nous pourrions le savoir, bien qu’Israël interdise à tous les journalistes d’accéder à la bande de Gaza et diffuse de préférence ses propres communications. Les rares reporters admis sont « escortés ». Des « Embedded journalists », comme on dit si joliment en anglais. J’ai une admiration absolue pour les journalistes palestiniens sur le terrain et ceux qui combattent le colonisateur avec leurs smartphones. Ils documentent l’extermination de leur propre peuple dans les conditions les plus brutales et, malheureusement, ils perdent aussi la vie dans des proportions hallucinantes.

Cette guerre défie toute imagination et en même temps, fait tomber pas mal de masques. Ce n’est pas parce qu’un accord a été conclu avant-hier entre Israël et le Hamas sur exactement le même texte qui existait déjà il y a huit mois que nous pouvons penser que l’affaire est réglée. Elle se reproduira tant que l’injustice fondamentale faite aux Palestiniens, vieille de 100 ans, ne sera pas réglée.

À l’heure où j’écris ces lignes, alors que les organisations humanitaires se demandent comment elles vont pouvoir venir en aide au peuple palestinien, l’IDF continue de bombarder et de tuer des dizaines de personnes par jour. Quel autre pays au monde en serait capable ? N’oublions pas non plus que l’agence d’aide la plus importante et la plus dévouée – l’UNRWA – a été déclarée hors-la-loi par le parlement israélien.

La question qui s’impose à moi et qui me fait piquer une autre colère – car je devine déjà   la réponse, est la suivante : comment se fait-il que nos auteurs professionnels et surtout ceux que je rencontre presque tous les jours sur FB pour se promouvoir ou promouvoir leur propre travail – comment se fait-il que ces messieurs (c’est ce qu’ils sont généralement de toute façon) n’osent pas poster une seule phrase, pas même le début d’une opinion, ou exprimer leurs sentiments sur le conflit le plus dégoûtant, le propagateur de dissension le plus puant de ces cent dernières années qui se répand comme un cancer menaçant le monde entier ? Comment cela est-il possible ?

Si les écrivains ne peuvent pas écrire sur ce sujet, nous devons oser les mettre dans le collimateur, quels que soient leurs mérites littéraires ou artistiques. Par nécessité, je me limite ici au domaine littéraire néerlandophone.

Je commencerai par Herman Brusselmans. L’affaire Brusselmans aurait dû, à elle seule, inciter l’ensemble de la corporation des écrivains à se lever comme un seul homme ou une seule femme pour défendre leur frère écrivain. Ne serait-ce que dans leur propre intérêt, car après Brusselmans, ce pourrait être leur tour. Car dans la pratique, pas un seul auteur néerlandophone n’a été capable de s’exprimer publiquement pour aider à faire pression sur nos politiciens et rejoindre une société civile pourtant très active. N’ont-ils pas étudié dans les universités où tant d’actions ont été menées ?

Brusselmans a été injustement pris à partie et tout le monde le sait. Personnellement, je n’en suis pas fan. Je déteste son style, ses poses éculées, ses apparitions télévisées léthargiques, ses sujets futiles et sa misogynie. Mais je sais une chose : il n’est pas antisémite. Il aurait fallu l’indiquer. L’expliquer. Le réfuter.

Brusselmans, dans toute sa misérable clownerie, ne peut être assimilé aux carnavaliers d’Alost qui, il y a quelques années, ont cru devoir se moquer des Juifs en les représentant avec des nez crochus.

La guilde des écrivains aurait dû le protéger en tant que petit frère attardé souffrant un peu du syndrome de la Tourette. Quelque chose comme ça. Elle aurait dû agir comme le gardien de son frère. Rien de tout cela.

Je n’ai entendu qu’un silence assourdissant. À une exception près : Arnon Grunberg, qui s’est exprimé comme « un bon garçon de Tel-Aviv », comme l’aurait dit Gideon Levy. Grunberg, j’apprécie son travail et c’est un professionnel. Mais depuis l’affaire Brusselmans, nous savons que c’est un sioniste pur sang. Je ne peux qu’apprécier et regretter les éclaircissements qu’il nous a fournis.

Stefan Hertmans est un auteur flamand à succès qui m’a définitivement dégouté dès les premières semaines où l’enfer s’est déchaîné à Gaza. Je le vois encore assis dans le Zevende Dag le jour de l’Armistice en 2023, en train de parler de la paix. Mais parler de la question palestinienne ? Non, l’auteur du best-seller très traduit « Guerre et térébenthine» n’a pas pu le faire. Pour lui, la situation est « trop complexe ».

Entre-temps, le globe a tourné plus de 450 fois autour de son axe et Hertmans se retrouve avec un nouveau best-seller, un certain nombre de traductions et quelques lauriers. Par exemple, il a récemment annoncé sur FB qu’il avait été invité à rejoindre la Deutsche Akademie für Sprache und Dichtung (Académie allemande pour la langue et la littérature).

« Cela rend humble de voir son nom parmi des grands comme Jean Améry, Hannah Arendt, Hans Georg Gadamer, Elias Canetti, Jürgen Habermas, Thomas Mann, Rüdiger Safranski, W.G. Sebald ou Adam Zagajewski, et tant d’autres grands auteurs ».

Je doute fort de cette humilité. Hertmans est un paon. Je me questionne également sur toutes les actions nécessaires en coulisses pour obtenir une telle « invitation ». Son annonce sur FB a été immédiatement reprise par VRTnws et c’est probablement ce que l’auteur recherchait, malgré son humilité feinte.

L’Allemagne a une réserve de lecteurs dix fois plus importante. Les Pays-Bas, mais surtout le monde anglo-saxon, ne sont évidemment pas des biotopes où l’on aimerait être signalé comme critique d’Israël. Cela pourrait vous causer quelques ennuis, comme ce qui est arrivé à ce pauvre Brusselmans sur la base d’un seul article. Mais alors en bien pire. C’est pour cela et pour rien d’autre, que Hertmans se tait de façon pitoyable sur ce sujet et continue sa pêche quotidienne aux compliments sur ce média. Et malheureusement, il n’est pas seul.

Récemment, une sorte de « duel littéraire » entre les écrivains Rob Van Essen et Ilja Leonard Pfeijffer a attiré mon attention.

Van Essen avait osé attaquer le monumental Ilja Leonard Pfeijffer dans un « sermon littéraire » (qui s’est déroulé dans une église de Nimègue). Je ne sais pas comment cela s’est passé, car je n’ai pu lire le récit de cet iconoclasme que dans la réponse de Pfeijffer lui-même. Du haut de la chaire de Nimègue, Van Essen aurait affirmé que la littérature était morte. Il prétendait en être la preuve, puisqu’il avait assisté aux funérailles. Et ces funérailles n’étaient ni plus ni moins que la présentation du roman de Pfeijffer « Alcibiades » à Anvers, une ville qui peut se vanter de ses iconoclasmes. Dans « Alcibiade », l’histoire ancienne montre comment la démocratie peut s’effondrer. Oh actualité !

Ce que Van Essen a affirmé dans son sermon reviendrait en fait à dire que si un écrivain veut parler de l’actualité, de la société et de la politique, il doit écrire un essai, mais pas un roman, s’il vous plaît.

“Il me reproche que mon roman historique soit d’actualité, social et politique. Il trouve cela inexcusable », écrit M. Pfeijffer dans sa réfutation.

S’agit-il d’une discussion nouvelle? Je crains que non. S’agit-il d’une discussion passionnante ? Je ne le crois pas non plus. Peut-être que ces deux messieurs – certains les soupçonnent – s’étaient mis d’accord entre eux pour croiser le fer, une fois de plus à la manière antique. Pour autant que je sache, le public s’est de toute façon tiré.

Certes, Pfeijffer a eu raison de remettre Van Essen à sa place. Mais lui aussi joue la carte de la sécurité en situant le problème quelque part dans un passé lointain. Une astuce familière dont tant de frères de l’art se sont servi dans des périodes périlleuses.

C’est l’heure pour un proverbe.

Que diriez-vous de « Qui dort avec le chien attrape ses puces » ?

Comme nous le savons, la sensationnelle écrivaine Lize Spit forme un couple avec Rob Van Essen. Je ne dis pas cela par sensationnalisme. Van Essen figure avec régularité dans sa chronique hebdomadaire dans De Morgen. Spit est également très active sur FB. Il y a quelques semaines, par exemple, elle a réussi à filmer une concentration de huit rats dans son quartier bruxellois. Ce reportage a également été diffusé sur VRTnws. Comme on le sait, des rats bruns se trouvent presque tous les jours dans le studio de télévision. Je soupçonne donc que cette fois-ci, c’est le nombre qui a attiré l’attention. Huit rats ! Mais ne sont-ils pas déjà nombreux au conseil d’administration de la VRT, cette chaîne autrefois « de gauche » ? Je soupçonne que la prochaine nouvelle concernant le couple d’écrivains pourrait bien être un déménagement hors de la maudite Bruxelles.

Lize Spit rejoint également les rangs des écrivains qui n’ont pas d’opinion sur Israël. Peut-on dire qu’il s’agit d’une manœuvre calculée ? Une collaboration passive sur les traces de l’humble Hertmans ? Son œuvre est traduite avec empressement – et à juste titre – dans des pays qui, en fin de compte, s’abstiennent ou votent contre les résolutions de l’ONU sur les violations du droit humanitaire et du droit de la guerre par Israël. Des résolutions qui sont massivement soutenues par le reste du monde et qui font d’Israël un État paria.

Il est de notoriété publique que David Van Reybrouck entreprend depuis un certain temps un long voyage(en bateau) vers l’Afrique. Plus d’une fois, Van Reybrouck s’est engagé pour le climat, pour le G1000, contre l’extrême droite, … pourquoi pas finalement ? Pourtant, je ne crois pas me souvenir qu’il ait écrit sur les péchés d’Israël au cours des 450 derniers jours. Encore une fois : pourquoi (pas) ?

J’ai pensé à lui récemment en lisant un long article de Martin Sijes sur le site d’information de la BNNVARA. Excusez-moi, qui est Martin Sijes ? C’est, selon l’internet, un sociologue de 73 ans qui a travaillé dans les services de santé mentale et de toxicomanie. Il alterne ses séjours entre les Pays-Bas et l’Israël. Apparemment, cela lui permet également d’être autorisé à rédiger de longs articles sur le site d’information du VARA. Il s’agit d’articles d’opinion visant à corriger les malentendus entourant le génocide à Gaza. Il ne s’agit pas du tout de massacre, selon l’auteur. L’article a été écrit au printemps 2024. La Cour Internationale de Justice de La Haye vient de rendre un arrêt : l’État d’Israël doit prendre des mesures provisoires pour empêcher un génocide à Gaza. Ce qui n’a manifestement pas été fait. Cfr. d’autres condamnations et un mandat d’arrêt international contre Netanyahou.

Sijes joue la carte habituelle de la propagande. Selon lui, l’IDF fait tout son possible pour agir correctement. Ce genre d’interprétation est ce qu’on appelle en Israël du « hasbara ». Dans son article, il établit également un parallèle avec le comportement des Pays-Bas à l’époque coloniale, notant qu’à l’époque de l’indépendance de l’Indonésie, les Pays-Bas ont probablement fait beaucoup plus de victimes civiles qu’Israël à Gaza grâce à la « stratégie de précision » de l’IDF. Une comparaison pour foncer droit dans le mur, bien sûr. Ce qui m’a frappé, c’est que ce faisant, il ne tarit pas d’éloges sur Van Reybrouck. Il y consacre un aparté dans son article que je cite ici.

 “{Les critiques néerlandais de l’action israélienne feraient bien de se rappeler comment les Pays-Bas eux-mêmes ont agi pendant la guerre contre une armée de guérilla en Indonésie. Dans son livre phénoménal « REVOLUSI. Indonesia and the Creation of the Modern World » (De Bezige Bij 2022, pp 470, 471), David van Reybrouck indique qu’en 1947 et 1949, les “actions de la police” ont fait respectivement 19 000 et 59 000 morts. Il ajoute qu’il est tout à fait possible que la majorité des personnes tuées aient été des civils et que davantage de personnes soient mortes de crimes de guerre que d’opérations de combat régulières. L’estimation maximale du nombre de morts dans l’ensemble du conflit est de 200 000} ».

Cet argument doit être bien sûr complètement invalidé. Les méfaits coloniaux des Pays-Bas sont tout à fait répréhensibles. Mais il s’agit d’une comparaison déplacée. Il suffit de comparer la superficie de l’Indonésie à celle de Gaza. Comparez le nombre de bombes larguées sur Gaza, qui dépasse de loin la somme des tonnes d’explosifs larguées sur Dresde, Berlin, Pearl Harbour et Hiroshima. Et il y a tant d’autres comparaisons.

En fait, le seul point positif de cette mise en parallèle est que l’auteur reconnaît – involontairement mais logiquement – qu’Israël se trouve bel et bien dans le camp colonial. Un État colonial d’apartheid avec la mentalité raciste qui l’accompagne. Bien entendu, Sijes ne tient pas compte de ces éléments. Il se sent bien en Israël.

Mais pourquoi ce long éloge de Van Reybrouck dans ce document ? Et pourquoi Van Reybrouck lui-même n’y a-t-il jamais réagi ? Cet article a certainement dû être porté à son attention.

J’ai pensé alors à la popularité de REVOLUSI aux Pays-Bas et au fait qu’il est devenu populaire grâce aux Pays-Bas. Ces mêmes Pays-Bas qui ont contribué à créer l’image d’un pogrom juif à la suite du match de football du Maccabi et des émeutes qui s’en sont suivies.

Il se pourrait donc bien que l’auteur ait également décidé de garder un silence pudique dans cette affaire et de prendre quelques mois de repos. Après tout, il se passe bien d’autres choses dans ce monde que Gaza, n’est-ce pas ? Nous parlerons de Gaza plus tard. Quand ? Pour faire intervenir Shakespeare un instant : « Quand le tumulte sera terminé. Quand la bataille est perdue et gagnée ».

Il est intéressant de s’intéresser à la littérature. Étudier ce que les écrivains écrivent. Il est également intéressant d’étudier ce sur quoi ils n’écrivent PAS et de se demander pourquoi. REVOLUSI est un livre très apprécié et abondamment traduit. L’auteur israélien Yuval Harari recommande sa lecture dans la traduction anglaise : « Un exploit stupéfiant de recherche et de narration. L’histoire dans toute sa splendeur ». Oseriez-vous contredire un homme de son calibre ?

Permettez-moi d’en citer encore un pour en terminer. Autant mon respect est grand pour des livres comme « Wildevrouw » et « WIL » de Jeroen Olyslaegers, autant mon respect est petit pour les chroniques de cet homme et ses posts coquets sur FB. J’ai le sentiment désagréable qu’elles masquent des « Confessions d’un masque » à la Yukio Mishima… Tout comme Lize Spit à tort et à travers nous tartine avec son héros en pantoufles RvE, le fossoyeur théâtral 2.0 de la littérature engagée, Olyslaegers fait sa propre publicité et celle de la Nymphe quotidiennement sur FB et dans ses chroniques (également dans l’ex-journal de qualité De Morgen). Et pour son emploi artificiel de la deuxième personne. Il aime se faire traiter de satyre, semble se battre avec des démons, médite sur eux, aime jeter des fleurs à ses collègues artistes, qui reviennent bien sûr se poser, comme une couronne flower-power sur sa tête, s’extasie d’une fascination proche de la folie ésotérique sur l’art religieux, mais aussi sur le tarot et toutes sortes de bizarreries plus ou moins chamanique. Chaque jour, il découvre un nouveau détail sous un vieil éclat de peinture d’un tableau de maître ancien, sur lequel il médite d’abord, verse quelques verres d’alcool sur le distillat de cerveau qui dégouline, exécute une courte danse d’accouplement avec la Nymphe et toutes sortes d’autres petits rituels. Il en résulte des articles de contemplation concentrée assez épuisants, qui se terminent invariablement par l’exclamation « JAMES ! »

Cependant, contrairement à « la Nymphe » qui est récemment devenue un personnage très public grâce à son mari, James reste un personnage pâle et exsangue qui me fait parfois penser au narrateur décadent de « A Rebours » de J-K Huysmans. Peut-être James est-il le nom du masque de satyre que le vrai Olyslaegers doit garder sous contrôle alors que des portions de Gaza s’insinuent dans son monde par le biais de crevasses et de fissures. Je ne peux pas imaginer que Jeroen Olyslaegers n’ait pas d’idées, de caprices ou même de vomissements littéraires sur Gaza. La raison pour laquelle il reste silencieux réside probablement dans l’angoisse du writersblo©k déjà mentionnée plus haut. Et probablement aussi au fait que son fils adoptif fait son service militaire dans l’armée israélienne. Je n’ai pas eu besoin de faire du journalisme d’investigation de bas étage pour cela. La Nymphe elle-même l’a dit en larmes à la Radio Nationale Flamande dans le confessionnal de Friedl Lesage.

Par rapport à tout cela, ayons quand même un regard de compassion et d’empathie

Pour la plupart des artistes, en être un est une lutte de plusieurs décennies pour avoir la reconnaissance. C’est bien connu. Nombreux sont ceux qui n’ont pas pu en profiter de leur vivant. Un jour, quelqu’un s’est coupé une oreille pour ça. Les drogues et les armes à feu ont fait leur œuvre. La folie, le spleen et la dépression ont envahi de nombreux lits de mort prématurée. Les dieux de l’art ont exigé de nombreux sacrifices et fait de nombreux martyrs. Parmi ceux qui jouissent de la reconnaissance de leur vivant, il y en a peut-être un paquet qui sera rapidement oublié à titre posthume. C’est ce que je pense. Dans cette lutte pour la survie, il faut donc développer son courage et son savoir (sur)vivre. Être prêt à faire des compromis. Facebookfähig. Ne pas provoquer inutilement et assumer– dixit un directeur artistique récemment déchu – de « laisser libre cours à la pute qui est en vous ». Sinon, vous risquez de vous retrouver sur une liste d’attente interminable dans cette vallée de larmes, n’est-ce pas ? Tout le monde ne peut pas être Roger Waters. C’est dommage. Tout le monde n’a pas la volonté de Ramsey Nasr ou de Fatena Al Ghorra. Qui, bien sûr, sont parties prenantes. Mais les collègues ne peuvent-ils pas les soutenir eux aussi ? Pouvons-nous vraiment être en dehors ou au-dessus de ce conflit ? Ne sommes-nous donc pas aussi partie prenante ? Désespérant.

Chaque écrivain(e) néerlandophone doit avant tout penser à la Flandre et surtout aux Pays-Bas, avant que le rêve de traductions ne devienne réalité. C’est la réalité. C’est là que les livres doivent être vendus en premier lieu. Je sais que Tom Lanoye a été courageux en appelant au boycott de la participation d’Israël au concours Eurovision de la chanson. Il n’est pas allé beaucoup plus loin. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait ?

Tout le monde sait qu’il n’est pas simple de vendre des livres et que tout boycott personnel ou toute expression de critique est une agression contre la constitution d’un trésor de guerre. Contre l’opportunité des traductions internationales. Par ailleurs, on voit bien comment se manifeste le lobby pro-israélien. C’est aussi simple que cela. Par amour du pognon l’auteur ferme sa gueule. Peut-être cela inclut-il des menaces subtiles et moins subtiles ? Ne soyons pas naïfs.

Ceux qui savent si bien manier les mots, dont l’arme puissante est la plume, ont détourné le regard pendant plus d’un an, attirant notre attention sur un rat dans une gare, un arbre particulier dans un jardin ou une œuvre d’art intemporelle et canonisée. Il faut le faire.

Comment l’artiste se débarrasse-t-il de son art ? C’est une affirmation que j’ai apprise il y a longtemps sur une scène. Elle sortait de la bouche de Freek De Jonge. Pas vraiment un artiste qui a mal tourné. Et encore une fois, ce n’est pas un artiste qui s’est bougé le cul pour Gaza au cours de l’année passée. Le programme de cabaret « Bloed aan de Paal » qui, à l’époque, appelait au boycott de la Coupe du monde dans une Argentine où la junte militaire se surpassait, n’est plus que l’ombre d’un lointain passé. Quoi qu’il en soit, Freek est vieux et dépassé. Il est également marié à la fille d’un survivant de l’Holocauste et fils de pasteur un jour, fils de pasteur toujours.

Comment l’artiste se débarrasse-t-il de son art ?

C’était l’auto-examen moralisateur trop entendu de Freek sur scène à propos de la position de l’artiste dépendant des subventions et des ventes de billets.

Le dramaturge flamand-tunisien Chokri Ben Chikah, que j’ai beaucoup apprécié, a commencé avant que le Hamas ne frappe le 7 octobre 2023, à travailler sur son nouveau projet théâtral « Les Perses ». Je ne sais pas si ce titre et cette inspiration étaient fixés dès le départ. Ce que l’on sait, c’est qu’il voulait faire une pièce sur Israël/Palestine. Au cours du processus de création, l’enfer s’est déchaîné et, bien sûr, tout a changé.

Ben Chikah se regarde dans un miroir dans la représentation de la pièce « Les Perses » d’Eschyle, qui était lui-même un vétéran de la guerre (du côté grec) au cours de laquelle les Grecs ont conquis et humilié les Perses. La notion d’empathie a été le leitmotiv de la création de ce spectacle. Le spectacle a été réalisé avec des acteurs/danseurs/musiciens/équipes palestiniens et israéliens. Bien entendu, le nouveau « développement » a été une aubaine pour le metteur en scène. Cela a tout rendu plus signifiant. Mais en cours de route, d’autres questions sont entrées en jeu : la possibilité de programmation (= rentabilité) de ce spectacle !

Dans un article intéressant du dramaturge Erwin Jans pour le Theaterkrant (dont j’ai tiré l’info ci-dessus), certaines informations sont fournies sur les chemins empruntés par le spectacle au cours du processus de création. Pour désamorcer les problèmes, le choix a été fait de situer « Les Perses » non pas dans le passé, mais dans le futur ! Ceux qui savent lire entre les lignes sentent également que Jans a écrit son article comme une apologie du metteur en scène et comme coup de pouce pour qu’il soit commercialisable. Chokri Ben Chikah, l’homme de théâtre qui a étudié l’histoire et obtenu un doctorat en arts, a fait de sa recherche de la vérité sa marque de fabrique. Dans ce spectacle, il s’interroge également sur lui-même. Compte tenu des longs bras du camp pro-israélien, je m’attends à ce que les représentations qui auront lieu à la fin du mois à Amsterdam et le 12 mars à Rotterdam fassent sensation. J’en serais d’ailleurs ravi. Peut-être que « Les Perses » vont aussi briser le syndrome de la page blanche ? L’art peut (aussi) avoir ce pouvoir.

*Traduction revue par l’auteur

Enfants palestiniens tués lors d’attaques israéliennes sur Gaza


Cliquez sur Al Jazeera

La bande de Gaza est un cimetière pour des milliers d’enfants, selon les Nations unies.

Depuis le 7 octobre, les attaques israéliennes ont tué au moins 10 000 enfants, selon les autorités palestiniennes. Cela représente un enfant palestinien tué toutes les 15 minutes, soit environ un enfant sur 100 dans la bande de Gaza.

Des milliers d’autres sont portés disparus sous les décombres, la plupart d’entre eux étant présumés morts.

Les enfants survivants, qui ont subi l’impact traumatique de multiples guerres, ont passé leur vie à l’ombre d’un blocus israélien, qui influence chaque aspect de leur existence depuis leur naissance.

Sans eau salubre, beaucoup plus d’enfants mourront de privations et de maladies ».
– Catherine Russell, directrice générale de l’UNICEF

GAZA : SILENCE, ON TUE !


CAPJPO-Europalestine

ACTUALITÉS

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Dernier bilan du ministère de la Santé à Gaza : « L’occupation israélienne commet 12 massacres contre des familles à Gaza, entraînant 107 morts et 165 blessés au cours des dernières 24 heures. »

Un bilan qui s’élève désormais à 27 238 martyrs et 66 452 blessés depuis le 7 octobre de l’année dernière.»

Gidéon Lévy écrit dans Haaretz : « 11 500 enfants ont été tués à Gaza. L’horreur de cette échelle n’a aucune justification »

« Deux cent soixante noms de bébés qui n’avaient pas atteint l’âge d’un an, des centaines de noms d’enfants d’un ou deux ans ; les tout-petits âgés de trois ou quatre ans ; des enfants âgés de cinq, six, sept ou huit ans, jusqu’aux jeunes âgés de 17 ans au moment de leur décès.« , énonce-t-il dans la presse israélienne, en se demandant si les lecteurs se rendent compte de l’étendue et de la monstruosité

L’aviation israélienne bombarde le quartier d’Al-Manara et les chantiers de l’hôpital européen de Gaza à Khan Younès.

DÉVASTATION

Les Palestiniens inspectent leurs maisons lourdement endommagées après le retrait des forces israéliennes de diverses zones du nord de Gaza.

Une scène effrayante documentée par Euro-Med Monitor montre l’exécution d’un civil palestinien qui cherchait de la nourriture près du stade Palestine à Gaza.
Gaza : Silence, on tue !

Comme beaucoup d’autres, il a été abattu par des tireurs d’élite israéliens postés sur les toits qui ciblent quotidiennement les civils, tout en empêchant les ambulances d’accéder aux blessés.

Plus de 5 jours se sont écoulés et, sans nouvelles, on craint le pire pour le sort de la petite Hind et de l’équipe du Croissant-Rouge qui est allée la secourir .

LES MONSTRES QUI SE PERMETTENT ENSUITE DE TRAITER D’ANTISÉMITE LA TERRE ENTIÈRE

« Oui, nous incendions les maisons. Autant que nous pouvons. Et nous en sommes fiers. » », a déclaré le directeur général du parti sionisme religieux, Yehuda Vald, qui a également participé à l’invasion de Gaza, affirme un article israélien qui révèle que des généraux israéliens ont ordonné aux soldats d’incendier des maisons palestiniennes à Gaza.

CAPJPO-Europalestine

Des fonctionnaires occidentaux protestent contre la politique d’Israël à l’égard de Gaza


Israel-Gaza war

A destroyed building in Gaza

Tom Bateman

BBC State Department correspondent

Plus de 800 fonctionnaires en poste aux États-Unis et en Europe ont signé une déclaration avertissant que les politiques de leurs propres gouvernements concernant la guerre entre Israël et Gaza pourraient constituer de « graves violations du droit international ».

La « déclaration transatlantique », dont une copie a été transmise à la BBC, indique que leurs administrations risquent d’être complices de « l’une des pires catastrophes humaines de ce siècle », mais que leurs conseils d’experts ont été mis de côté.

Il s’agit du dernier signe en date d’un désaccord important au sein des gouvernements de certains des principaux alliés occidentaux d’Israël.

L’un des signataires de la déclaration, un fonctionnaire du gouvernement américain ayant plus de 25 ans d’expérience dans le domaine de la sécurité nationale, a déclaré à la BBC que leurs préoccupations étaient « continuellement rejetées ».

« Les voix de ceux qui comprennent la région et la dynamique n’ont pas été écoutées », a déclaré le fonctionnaire.

« Ce qui est vraiment différent ici, c’est que nous ne sommes pas en train d’échouer à empêcher quelque chose, nous sommes activement complices. C’est fondamentalement différent de toute autre situation dont je me souvienne », a ajouté le fonctionnaire, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat.

La déclaration est signée par des fonctionnaires des États-Unis, de l’Union européenne et de 11 pays européens, dont le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne.

Elle indique qu’Israël n’a montré « aucune limite » dans ses opérations militaires à Gaza, « ce qui a entraîné la mort de dizaines de milliers de civils qui auraient pu être évités ; et… le blocage délibéré de l’aide… mettant des milliers de civils en danger de famine et de mort lente ».

« Il existe un risque plausible que les politiques de nos gouvernements contribuent à de graves violations du droit international, à des crimes de guerre, voire à un nettoyage ethnique ou à un génocide.

Les Israéliens font part aux députés des preuves de violences sexuelles commises par le Hamas

Blessés, affamés et seuls, les enfants de Gaza rendus orphelins par la guerre

L’identité des personnes qui ont signé ou approuvé la déclaration n’a pas été rendue publique et la BBC n’a pas vu la liste des noms, mais elle croit savoir que près de la moitié sont des fonctionnaires qui ont chacun au moins dix ans d’expérience au sein du gouvernement.

Un ambassadeur américain à la retraite a déclaré à la BBC que la coordination des fonctionnaires dissidents de plusieurs gouvernements était sans précédent.

« C’est unique dans mon expérience de la politique étrangère des 40 dernières années », a déclaré Robert Ford, ancien ambassadeur américain en Algérie et en Syrie.

video sur le soutien de Joe Biden à Israël lui a fait perdre des voix parmi les Américains d’origine arabe. ici : Western officials in protest over Israel Gaza policy – BBC News

Il a comparé cette situation aux préoccupations exprimées par l’administration américaine en 2003 au sujet des faux renseignements ayant conduit à l’invasion de l’Irak, mais il a ajouté que cette fois-ci, de nombreux fonctionnaires ayant des réserves ne voulaient pas rester silencieux.

« Il y avait des gens qui savaient mieux que nous, qui savaient que les renseignements étaient triés sur le volet, qui savaient qu’il n’y avait pas de plan pour le lendemain, mais personne n’a rien dit publiquement. Et cela s’est avéré être un grave problème », a-t-il déclaré.

« Les problèmes liés à la guerre de Gaza sont si graves et les implications sont si sérieuses qu’ils se sentent obligés de les rendre publics », a-t-il ajouté.

Les fonctionnaires affirment que la nature actuelle du soutien militaire, politique ou diplomatique de leurs gouvernements à Israël, « sans conditions réelles ni obligation de rendre des comptes », risque non seulement d’entraîner la mort de nouveaux Palestiniens, mais aussi de mettre en danger la vie des otages détenus par le Hamas, ainsi que la sécurité d’Israël et la stabilité de la région.

« L’opération [militaire] n’a pas contribué à l’objectif d’Israël de vaincre le Hamas et a au contraire renforcé l’attrait du Hamas, du Hezbollah et d’autres acteurs négatifs ».

  • Pourquoi Israël et le Hamas se battent-ils à Gaza ?
  • Au moins la moitié des bâtiments de Gaza ont été endommagés ou détruits, selon une nouvelle analyse

Les fonctionnaires affirment qu’ils ont exprimé leurs préoccupations professionnelles en interne, mais que des considérations politiques et idéologiques ont eu raison d’eux.

Un haut fonctionnaire britannique qui a approuvé la déclaration a déclaré à la BBC que les fonctionnaires étaient de plus en plus inquiets.

Il a évoqué les retombées de l’arrêt préliminaire rendu la semaine dernière par la Cour internationale de justice des Nations unies dans une affaire portée par l’Afrique du Sud, qui exigeait d’Israël qu’il fasse tout ce qui est en son pouvoir pour prévenir les actes de génocide.

Le rejet de l’affaire de l’Afrique du Sud par notre ministre des affaires étrangères, qui l’a qualifiée d' »inutile », met en péril l’ordre international fondé sur des règles.

Nous avons entendu des ministres rejeter des allégations contre le gouvernement israélien apparemment sans avoir reçu un avis juridique approprié et bien étayé. Notre approche actuelle ne semble pas être dans le meilleur intérêt du Royaume-Uni, de la région ou de l’ordre mondial », a déclaré le fonctionnaire qui a également parlé sous le couvert de l’anonymat.

An effigy of Joe Biden with a sign saying 'Genocide Joe' at a protest

Le Département d’État américain, la Commission européenne et le Bureau des affaires étrangères, du Commonwealth et du développement du Royaume-Uni ont été sollicités pour des commentaires.

La déclaration suggère que si l’opération militaire d’Israël a causé une destruction sans précédent de vies et de biens à Gaza, il ne semble pas y avoir de stratégie viable pour éliminer efficacement le Hamas en tant que menace, ni de solution politique pour assurer la sécurité d’Israël à plus long terme.

Le rapport demande aux gouvernements américain et européen de « cesser d’affirmer au public que l’opération israélienne repose sur une logique stratégique et défendable ».

Les responsables israéliens ont toujours rejeté ces critiques. En réponse à cette nouvelle déclaration, l’ambassade d’Israël à Londres a déclaré qu’elle était liée par le droit international.

Elle a ajouté : « Israël continue d’agir contre une organisation terroriste génocidaire qui commet des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé que seule une pression militaire totale sur le Hamas permettrait d’obtenir une nouvelle libération des otages, tandis que l’armée affirme avoir détruit d’importantes infrastructures souterraines utilisées par le groupe, notamment des centres de commandement, des sites d’armement et des installations destinées à la détention d’otages.

Samedi, l’armée israélienne a déclaré « Dans [la ville de] Khan Yunis, nous avons éliminé plus de 2 000 terroristes en surface et sous terre ».

Israël a rejeté à plusieurs reprises les allégations selon lesquelles il prendrait délibérément pour cible des civils, accusant le Hamas de se cacher à l’intérieur et autour des infrastructures civiles.

Depuis le début de la guerre, plus de 26 750 Palestiniens ont été tués et au moins 65 000 blessés, selon les autorités sanitaires de la bande de Gaza, gouvernée par le Hamas et soumise au blocus d’Israël et de l’Égypte depuis 2007.

Les autorités israéliennes affirment que 9 000 des personnes tuées étaient des militants du Hamas, mais elles n’ont pas fourni de preuves de ce chiffre. Plus de 1 200 personnes ont été tuées en Israël lors des attaques du Hamas du 7 octobre, et 100 autres ont succombé à leurs blessures selon les autorités israéliennes. Plus de 250 personnes ont été prises en otage à Gaza.

L’administration américaine a déclaré à plusieurs reprises que « beaucoup trop de Palestiniens ont été tués » à Gaza et qu’Israël a le droit de faire en sorte que le 7 octobre « ne se reproduise plus jamais ».

Source

Traduction par Deepl

jeudi : Nouveaux heurts meurtriers sur la place Tahrir au Caire


Rédaction en lignejeudi 03 février 2011, 07:08 

De nouveaux affrontements sur la place Tahrir au Caire, coeur de la contestation contre le président égyptien depuis 10 jours, ont fait jeudi matin trois morts au moins et plusieurs blessés, portant le bilan des heurts entre pro et anti Hosni Moubarak à six morts et des centaines de blessés.

Washington a immédiatement réagi à ces nouveaux affrontements et le Département d’Etat a pressé les Américains qui souhaitent quitter l’Egypte de se rendre « immédiatement » à l’aéroport du Caire, prévenant que les « vols américains supplémentaires après jeudi sont improbables ».

La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, dans un appel téléphonique au vice-président égyptien Omar Souleiman, a condamné les « choquants » affrontements sanglants de la veille au Caire.

Sur la place Tahrir (place de la libération), des tirs sporadiques ont commencé à se faire entendre vers 04H00 (02H00 GMT) jeudi et étaient toujours audibles une heure plus tard, a indiqué un correspondant de l’AFP sur place.

Selon des témoins, trois personnes ont été tuées par des coups de feu tirés contre des manifestants hostiles au régime. Des tirs en provenance du pont d’Octobre, où sont positionnés les partisans du président Hosni Moubarak, ont par ailleurs fait de nombreux blessés, selon ces témoins.

L’Alliance des juristes égyptiens a déclaré de son côté dans un communiqué que les manifestants anti-Moubarak sur la place étaient sous le feu de leurs adversaires et que plusieurs d’entre eux avaient été tués ou blessés.

L’armée s’était déployée en masse dans la soirée aux alentours de la place, immense esplanade dans le centre du Caire, devenue depuis le 25 janvier le point de ralliement des manifestants anti-Moubarak, qui y campent par milliers chaque nuit malgré le couvre-feu.

Mercredi soir, le vice-président Omar Souleimane avait appelé les manifestants à rentrer chez eux, comme l’avait fait l’armée en milieu de journée, prévenant que le dialogue proposé à l’opposition ne pouvait débuter avant l’arrêt des manifestations.

Dans une interview à CBS News, le chef de file de l’opposition égyptienne, Mohamed ElBaradei a rejeté une fois de plus l’offre de dialogue de M. Souleimane, insistant sur le fait qu’Hosni Moubarak doit d’abord quitter le pouvoir.

Le mouvement de contestation a appelé à une nouvelle manifestation massive vendredi, baptisée « vendredi du départ », dans laquelle elle entend réunir comme mardi plus d’un million de personnes, malgré la promesse de M. Moubarak de s’effacer à la fin de son mandat en septembre.

Les Frères musulmans, principale force d’opposition, ont rejeté « toutes les mesures partielles proposées » par le président et refusé qu’il reste en poste jusqu’en septembre.

Selon le ministère de la Santé, cité par la télévision d’Etat, trois personnes, dont un appelé de l’armée, ont été tuées et plus de 639 blessées, la plupart par des jets de pierres, dans les affrontements de mercredi.

Mercredi matin, des milliers de partisans du chef de l’Etat étaient arrivés aux abords de la place. Après des heures de tensions, des heurts d’une extrême violence ont éclaté, à coups de pierres, de bâtons, de barres de fer et parfois de couteaux et de coktails molotov.

Par endroits, les partisans du président ont chargé, montés sur des chevaux ou des dromadaires. Ils ont aussi jeté des pierres depuis des toits et des balcons d’immeubles surplombant la place.

A l’exception de tirs de semonce en début d’après-midi, les militaires ne se sont pas interposés, tentant plutôt de s’abriter.

« Ce qu’on voit devant nous n’est jamais arrivé auparavant. Des accrochages entre Egyptiens, c’est la guerre civile », a déploré Mohamed Sayed Mostafa, 26 ans.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a jugé « inacceptables les attaques contre des manifestants pacifiques » et appelé à une « transition dans l’ordre et le calme ».

Hillary Clinton a demandé une enquête sur les violences. Et son porte-parole, Philip Crowley, a déclaré que les Etats-Unis « espéraient » que l’Egypte garderait à l’avenir « un rôle constructif » dans le processus de paix au Proche-Orient.

Mohamed ElBaradei a cherché sur CBS News à apaiser les craintes occidentales selon lesquelles l’Egypte risquerait de se retourner contre les Etats-Unis et de s’opposer à Israël.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a mis mercredi en garde contre le risque que la révolte populaire en Egypte ne débouche sur une période « d’instabilité et d’incertitude pendant de nombreuses années » dans la région.

« Le temps est venu pour le président Moubarak de démissionner », a déclaré pour sa part le sénateur américain John McCain, après un entretien avec M. Obama.

Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates s’est à nouveau entretenu mercredi par téléphone avec le ministre de la Défense égyptien, Mohamed Hussein Tantaoui, de la situation en Egypte, a annoncé son porte-parole, Geoff Morrell.

Selon un bilan non confirmé de l’ONU, les heurts de la première semaine de contestation auraient fait au moins 300 morts et des milliers de blessés.

AFP

Le martyr al-Qawasmi tué par 13 balles dans le cœur et dans la tête


07/01/2011  Les forces de l’occupation israélienne ont exécuté le sexagénaire Omar Salim Qawasmi alors qu’il dormait dans son lit dans le quartier AlCheikh, au centre de la ville d’AlKhalil (Hébron), au sud de la Cisjordanie occupée.

Selon le fils du martyr, « les soldats de l’occupation ont pris d’assaut la maison pendant que ma mère faisait la prière du matin. Ils l’ont sommée de rester dans la chambre de mon frère handicapé, ont pénétré  dans la chambre à coucher de mon père et ont tiré des balles sur lui. Ils ont ensuite arrêté notre voisin Wael AlBitar qui habitait au deuxième étage de notre maison ». Le fils du martyr a ajouté : « Après l’arrestation de notre voisin, nous sommes rentrés chez nous. Nous avons été choqués de voir mon père baigner dans son sang. Nous n’avons pas entendu les tirs, ils semblent qu’ils aient utilisé un silencieux pour tuer mon père. Les soldats croyaient que la personne recherchée (AlBitar) était bien mon père. Ils l’ont tué avant de s’assurer de son identité ».

De sources médicales palestiniennes on indique que le martyr Qawasmi est arrivé à l’hôpital criblé de balles, surtout dans la partie supérieur de son corps. « Son visage étant déchiqueté« .  Wael AlBitar a été libéré jeudi dernier avec cinq membres du mouvement Hamas du centre de détention des services de renseignements palestiniens, à la suite d’un décret du Président Mahmoud Abbas. Mais les soldats de l’occupation les ont tous arrêtés ce vendredi matin. Il s’agit de Majdi Obeid, Ahmad Ouewi, Mouhannad Nirouch,Wissam Qawasmi et Mohammad Souqiyeh.

Sur un autre plan, des dizaines de colons sionistes, accompagnés de soldats israéliens, ont confisqué la principale source d’eau de la localité de Douma, au sud-est de Naplouse. Les colons ont empêché les Palestiniens de s’y approcher et ont pollué l’eau après s’y être plongés pour se baigner.  Les habitants palestiniens de Douma ont maintes fois averti que les confiscations sionistes de leurs terres et l’interdiction à leurs propriétaires de les labourer, sous le prétexte de mesures de sécurité, sont la preuve sur la présence d’un projet qui vise à mettre la main définitivement sur cette localité, déjà entourée de plusieurs colonies.

http://www.almanar.com.lb/newssite/NewsDetails.aspx?id=169033&language=fr

Tambours de guerre en Israël


jeudi 30 décembre 2010 – 08h:06

Ilan Pappe


Les tambours de guerre se font entendre à nouveau en Israël et s’ils sont audibles, c’est qu’une fois de plus l’invincibilité d’Israël est en cause.
(JPG) 

Gaza, janvier 2009 – Jeune garçon palestinien tué lors de l’offensive israélienne – L’armée sioniste est une armée composée de pleutres et de lâches – dirigée par des criminels endurcis – et qui ne sent à son affaire que lorsqu’elle massacre des civils sans défense, en usant d’une force militaire hors de toute mesure – Photo : EPA

En dépit de la rhétorique triomphaliste que l’on trouve dans les rapports commémoratifs des différents médias, deux ans après l’opération « Plomb durci », le sens qui domine est que cette campagne a été un échec comme l’a été la deuxième guerre contre le Liban en [juillet] 2006. Malheureusement, les dirigeants, les généraux et le grand public dans l’Etat juif ne connaissent qu’un moyen de traiter les débâcles militaires et les fiascos. Ils ne peuvent être dépassés que par une autre opération ou guerre qui réussisse, à condition qu’elle soit menée avec plus de force et soit plus impitoyable que la précédente, avec l’espoir de meilleurs résultats.

La force, comme l’expliquent les commentateurs de premier plan dans les médias (se faisant les perroquets de ce qu’ils entendent dire par les généraux de l’armée), est nécessaire afin de « dissuader », de « donner une leçon » et « d’affaiblir » l’ennemi.

Il n’y a pas de nouveau plan pour la bande de Gaza – il n’y a pas de volonté réelle de l’occuper et de la placer sous occupation israélienne directe. Ce qui est suggéré est de meurtrir la bande de Gaza et son peuple une fois de plus, mais avec plus de brutalité et dans un temps plus court.

On peut se demander, pourquoi ceci porterait-il des fruits différents que « l’Opération Plomb durci » ? Mais ce n’est pas la bonne question. La bonne question est : que peut vouloir faire d’autre l’élite politique et militaire d’Israël (qui comprend le gouvernement et les principaux partis d’opposition) ?

Cela fait des années qu’ils savent comment procéder en Cisjordanie – coloniser, pratiquer le nettoyage ethnique et disséquer la région jusqu’à sa mort, tout en restant publiquement fidèle au discours futile sur la paix ou plutôt sur « le processus de paix ». Le résultat final devrait être une Autorité palestinienne aux ordres dans une Cisjordanie judaïsée à l’extrême.

Mais ils sont en panne complète d’idées sur la façon de gérer la situation dans la bande de Gaza, depuis qu’Ariel Sharon a fait son « désengagement ». Le refus de la population de Gaza de se séparer de la Cisjordanie et du reste du monde semble plus difficile à vaincre, même après le prix horrible en vies humaines que les Gazaouis ont payé en décembre 2008 pour leur résistance.

Le scénario pour le prochain tour se déroule devant nos yeux et il ressemble tristement à la même dégradation de la situation qui a précédé le massacre de Gaza il y a deux ans : des bombardements quotidiens sur la bande de Gaza doublés d’une politique qui cherche à provoquer le Hamas afin de tenter de justifier davantage de voies de fait.

Comme l’explique un général, il est maintenant nécessaire de prendre en compte les effets néfastes du rapport Goldstone, à savoir que la prochaine attaque majeure devrait sembler plus justifiée que celle de 2009 (mais cette préoccupation n’est peut-être pas essentielle à ce gouvernement, et ne représente en rien un obstacle).

Comme toujours dans cette partie du monde, d’autres scénarios sont possibles – moins sanglants peut-être et porteurs de plus d’espoir. Mais il est difficile de voir qui peut être à l’initiative d’un autre avenir à court terme : la perfide administration Obama ? Les régimes arabes sans défense ? L’Europe sans caractère, ou les Nations Unies handicapées ? La fermeté de la population de Gaza ainsi que celle du peuple palestinien dans son ensemble font que la grande stratégie israélienne pour les faire disparaître – comme le fondateur du mouvement sioniste, Théodore Herzl, espérait le faire avec le peuple indigène de la Palestine déjà à la fin du XIXe siècle – sera toujours tenue en échec.

Mais le prix à payer pour cela peut encore s’élever, et il est temps pour tous ceux qui ont protesté d’une voix puissante et efficace APRES le massacre de Gaza il y a deux ans, qu’ils le fassent MAINTENANT et tentent de prévenir la prochaine guerre.

Cette voix est décrite en Israël comme une tentative de « délégitimer » l’État juif. C’est la seule voix qui semble soucier sérieusement le gouvernement et l’élite intellectuelle d’Israël (beaucoup plus gênant pour eux que toute condamnation insipide venant d’Hillary Clinton ou de l’Union Européenne). La première tentative pour contrer cette voix a été de prétendre que la délégitimation était de l’antisémitisme déguisé. Cela semble avoir fait long feu depuis qu’Israël a exigé de savoir qui dans le monde appuyait sa politique.

Et bien, il est apparu que les seuls sympathisants enthousiastes de la politique israélienne dans le monde occidental d’aujourd’hui sont les courants, les organisations et les politiciens d’extrême droite, traditionnellement anti-sémites.

La deuxième tentative a été d’essayer de prétendre que les tentatives ayant la forme du Boycott, du Désinvestissement et des Sanctions, rendraient Israël plus déterminé à poursuivre sur sa voie et à agir en État voyou [rogue state]. Toutefois, cela représente une menace vide de sens : la politique israélienne ne dépend pas de cette voix de moralité et de décence ; au contraire, cette voix est l’un des rares facteurs qui puissent limiter la politique agressive israélienne.

Et qui sait quand ?… Si les prochains gouvernements occidentaux s’alignent sur leur public comme ils ont fini par le faire concernant l’apartheid en Afrique du Sud, il peut être mis un terme à cette politique et rendu possible aux Juifs et Arabes de vivre en paix en Israël et en Palestine.

Cette voix est efficace parce qu’elle indique clairement le lien entre le caractère raciste de l’État juif et la nature criminelle de ses politiques envers les Palestiniens. Cette voix s’est récemment structurée dans une campagne organisée et bien définie avec un message clair : Israël restera un Etat paria aussi longtemps que sa constitution, les lois et ses politiques continueront à violer les droits fondamentaux de l’homme et de la société civile pour les Palestiniens où qu’ils se trouvent, incluant le simple droit de vivre et d’exister.

Ce dont nous avons besoin maintenant, c’est que l’énergie – honorable mais totalement futile – investie par le camp de la paix israélien avec ses notions importées d’occident sur la « coexistence » et les projets de « dialogue », soit réinvestie avant qu’il ne soit trop tard dans une tentative d’empêcher un autre chapitre génocidaire dans l’histoire de la guerre d’Israël contre les Palestiniens.

(JPG)

* Ilan Pappe est un historien israélien, il est président du Département d’Histoire à l’Université d’Exeter et co-directeur du Centre des Etudes Ethno Politiques d’Exeter.
En 2007 il a publié « The Ethnic Cleansing of Palestine ».

Du même auteur :

- Ce qui guide la politique d’Israël – 16 juin 2010
- L’enfermement mortel de la psyché israélienne – 12 juin 2010
- « Nakbah 2010 » – 27 mai 2010
- Un grand merci à vous – 6 septembre 2009
- Le boycott culturel est une nécessité – 30 juin 2009
- La fureur bien-pensante d’Israël et ses victimes à Gaza – 5 février 2009
- Ilan Pappe : « Israël emprisonne Gaza pour faire fuir les Palestiniens » – 30 janvier 2009
- Israël a voulu tuer la mémoire – 21 mai 2008
- Le nettoyage ethnique de la Palestine – 9 mars 2008

 

source

Deir Yassine le 9 avril 1948


Par Deir Yassin Remembered

A l’aube du 9 avril 1948, les commandos de l’Irgun (dirigé par Menachem Begin) et le Gang Stern ont attaqué Deir Yassine, un village d’environ 750 habitants palestiniens.
Le village était situé à l’extérieur de la zone assignée par les Nations Unies à l’Etat Juif;
En tout, 100 hommes, femmes, et enfants ont été systématiquement assassinés.

Le village était situé à l’extérieur de la zone assignée par les Nations Unies à l’Etat Juif;

Il avait la réputation d’être paisible.

Mais il était situé sur une hauteur dans le couloir entre Tel Aviv et Jérusalem.

Il avait été prévu l’occupation de Deir Yassine dans le cadre du Plan Dalet et la principale Force de Défense Juive, la Haganah, a autorisé les forces terroristes irrégulières de l’Irgun et du Gang Stern d’en prendre le contrôle.

En tout, 100 hommes, femmes, et enfants ont été systématiquement assassinés.

53 orphelins ont été littéralement déposés le long du mur de la Vieille Ville, où ils ont été trouvés par Mlle Hind Husseini qui les a ramené à sa maison située derrière l’hôtel American Colony, qui devait devenir l’orphelinat Dar El-Tifl El-Arabi.

Une partie de la lutte pour l’autodétermination des Palestiniens a été de dire la vérité au sujet des Palestiniens en tant que victimes du Sionisme.

Pendant trop long leur histoire a été niée, et ce démenti a seulement servi à augmenter l’oppression et à déshumaniser de façon délibérée les Palestiniens en Israël, à l’intérieur des Territoires Occupés, et à l’extérieur dans leur diaspora.

suite

Futuriste


Alternative information centerDans la video on parle notamment du « pauvre » conducteur d’engins de démolition de maisons, avec parfois des gens à l’intérieur, ne pouvant faire ce travail que totalement ivre, on le remplace par un robot télécommandé à la façon d’un jeu. Techniques testées pour le compte d’entreprises US avec Palestiniens pour cobayes.

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