« The lab » : un film dont on essaie d’empêcher la sortie en Europe


Ce film n’est pas encore sorti en Europe : il raconte comment le gouvernement d’Israël utilise la guerre contre les palestiniens pour inventer, utiliser et vendre des armes au monde entier. Cela fait froid dans le dos…

Il pose la question de manière très crue : Israël a t’il intérêt à faire la paix ?

Reportage à Lyon avec son réalisateur, Yotam Feldman qui ne laisse pas indifférent.

Retrait de l’exposition du KKL – FNJ (Fonds National Juif)


 

Intervention des militants dans le hall où se tient l'expo KKL FNJ Suite à l’intervention du Collectif 69 Palestine, le Maire de Lyon 8° retire l’exposition du KKL – FNJ (Fonds National Juif)

mercredi 11 décembre 2013, par dominique

N’ayant pas eu de réponse à leur demande de retrait, des militants du collectif 69 Palestine (représentant plusieurs associations de soutien à la Palestine) se sont rendus ce mercredi 11 décembre pour expliquer sur place ce qu’est réellement le KKL – FNJ. Une délégation a été reçue par le Directeur de cabinet du Maire et par un Adjoint.

Facebook Collectif 69 PalestinePlus de photos

Pour eux cette exposition se justifiait dans le cadre d’un cycle culturel destiné à la préservation de l’environnement. La délégation a expliqué que c’est derrière ce masque « écolo » que se cache aujourd’hui cette organisation qui exproprie les terres palestinienne au profit exclusif des juifs. Bien au contraire l’action du K.K.L – FNJ est fortement critiquée par des associations écologiques. Lire en bas de l’article l’extrait de Wikipédia (11-12-2013) concernant la critique de la politique de reboisement.

Le représentant du Maire explique encore que cette exposition a pour but d’instruire le public sur « la préservation de l’eau en zone aride ». La délégation lui explique qu’il existe un réel « apartheid de l’eau » prouvé par l’étude réalisée par la commission parlementaire française (rapport Glavany).

La délégation explique enfin que le KKL – FNJ est aujourd’hui acteur du projet d’expulsion de 70 000 bédouins palestiniens dans le Negev (Naqab) et la destruction de 35 de leurs villages ancestraux. (Plan Prawer) Voir à ce sujet le

communiqué d’Amnesty international « Israël : Les démolitions de maisons de Bédouins dans le désert du Néguev doivent cesser immédiatement ».

JPEG - 24.7 ko
Les militants rappellent la destruction des villages bédouins

A ce sujet, la délégation a rappelé que le Collectif 69 Palestine a adressé une demande de suspension à Gérard Colomb en protestation du partenariat de Lyon avec la grande ville du Negev « Beer Sheva »

Après s’être plaint d’avoir reçu cinquante mails, le représentant du Maire vante le dialogue et l’ouverture culturelle de la Mairie du 8° et souhaite « mettre fin à des polémiques qui n’ont pas lieu d’être ».

Nous remercions la Mairie de Lyon 8 d’avoir pris en compte notre demande et nous remercions chaleureusement tous ceux qui ont participé à cette action d’une façon au d’une autre.

Notons que la controverse sur l’exposition KKL – FNJ a été évoquée le soir même au conseil d’arrondissement du 8°.

JPEG - 44.1 ko
Devant la banderole de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP)

COMMUNIQUE

Lorsque la Mairie de Lyon 8ème expose la colonisation Israélienne

La Mairie du 8ème arrondissement de Lyon accueille, du 2 au 14 décembre 2013, dans son atrium, une exposition du KKL , intitulée sobrement « Histoire de réalisation en Israël »

Le Keren Kayemeth Leisrael (Fonds National Juif en Français) n’est pas une organisation inconnue. C’est une des institutions les plus actives dans la mise en place et le maintien du système d’apartheid de l’Etat d’Israël. Le KKL est lourdement impliqué dans la colonisation interne en Israël, en particulier dans le Naqab (Néguev), et dans celle des territoires palestiniens occupés.

Bulldozer du KKL à la conquête de la terre de Palestine

Créé en 1901, cet organisme para étatique est le principal outil de colonisation et de vol des terres palestiniennes. Les statuts du KKL, dès l’origine, sont racistes et discriminatoires prévoyant que « les terres acquises deviendront propriété perpétuelle du peuple juif ». Il est ainsi interdit de les vendre à des non juifs. « D’autre part les terres acquises doivent être libres pour la colonisation, c’est à dire vidées de leurs habitants et métayers non juifs ».

Loin d’être l’aimable organisation écologique présentée, le KKL agit aujourd’hui dans le Naqab (Néguev) pour le déplacement de force de près de 70 000 Bédouins (plan Prawer). Le KKL participe également à l’expulsion des Palestiniens de Jérusalem Est et de Cisjordanie.

L’exposition proposée aux citoyens de Lyon 8ème est loin de la culture, mais plus prosaïquement un outil au service de la propagande de l’Etat d’Israël. Ces photos de propagande n’ont rien à faire dans la maison commune qu’est une mairie. Le Racisme et l’Apartheid ne peuvent être exposés dans une mairie de notre ville.

Aussi nous exigeons que cette propagande soit retirée du hall de la mairie du 8ème arrondissement.

JPEG - 35.3 ko
Soldat et colon israélien (image de propagande)

-  lire sur Lyon-info.


Exemples de situations où le FNJ est directement impliqué dans des expulsions d’habitants et de dépossession des terres qui se déroulent ces jours :

- Dans la vallée du Jourdain (à 93% en zone C sous contrôle israélien total, civil, policier et militaire) où la dépossession des terres et de l’eau se produit à grande échelle. Des milliers de Palestiniens ont été déplacés au cours des dernières décennies.

- A Jérusalem-Est un ordre d’expulsion arrivé à échéance le 28 novembre 2011 menace toujours la famille Sumarin de sa maison dans le quartier de Silwan qu’elle habite depuis plus de 40 ans. Les colons qui comptent s’installer bientôt dans cette maison palestinienne agissent de concert avec la société Himnuta, une filiale appartenant à 100% au FNJ.

- Dans le Néguev (Naqab)

le village bédouin de Al-Araqib, avec environ 250 habitants est l’un des environ 40 villages « non reconnus » en Israël. Il a été démoli plusieurs fois ces dernières années afin de laisser la place à une forêt mais les habitants y retournent et reconstruisent le village. Le FNJ gère ce projet de forestation. Amnesty international mène une campagne adressée au président du FNJ pour faire cesser la destruction du village et l’expulsion de ses habitants :


- Campagne internationale Lire sur le site de l’UJFP (Union Juive Française pour la Paix) : La fin d’un mythe


-  Stop The Jnf


Parmi les courriels que nous recevons en copie, en voici voici deux qui viennent de Belgique !

- Rudi Barnet, citoyen belge nous a fait suivre la lettre qu’il a adressé au Maire de Lyon8° à ce sujet

A Monsieur Coulon Maire du 8ème arrondissement de la ville de Lyon

Monsieur le Maire,

Au moment où les démocrates du monde entier pensent à Nelson Mandela et à sa lutte contre l’apartheid, je viens d’être informé que vous accueillez dans votre atrium, du 2 au 14 décembre, une exposition du KKL, intitulée « Histoire de réalisation en Israël » Vous ne pouvez ignorer que ce KKL (Keren Kayemeth Leisrael, Fonds National Juif en Français) est une des institutions les plus actives dans la mise en place et le maintien du système d’apartheid de l’Etat d’Israël et qu’il est lourdement impliqué dans la colonisation, que se soit dans le Neguev et la spoliation des populations bédouines ou dans les territoires palestiniens occupés.

Vous ne pouvez ignorer non plus qu’Israël est un Etat qui, depuis des décennies, viole impunément le Droit international et les droits humains les plus élémentaires… Et, avec cette exposition, vous soutenez une opération de pure propagande de ce régime et faites l’apologie du nettoyage ethnique qui y est pratiqué quotidiennement.

Comme simple citoyen – de plus d’un pays étranger – je ne peux que protester contre cette acte de “collabo”, et je sais ce que veux dire ce mot dans ce haut lieu de la résistance qu’à été votre ville… Celle aussi de Jean Moulin. Monsieur le Maire,

Cette exposition est indigne d’un démocrate. Faites-la cessez !

Rudi Barnet


- Mireille Péromet, citoyenne belge nous a fait suivre la lettre qu’elle a adressée au Maire de Lyon8° à ce sujet

A l’attention de Messieurs Coulon et Devornique

Messieurs,

Je suis belge mais je souhaite cependant vous exprimer ma profonde indignation après avoir appris par le Collectif Palestine 69 que la Mairie du 8e arrondissement de Lyon dont vous êtes responsables, organise une exposition sur le KKL, un organisme lourdement impliqué dans la colonisation de peuplement, le nettoyage ethnique et l’apartheid, toujours en cours en Israël depuis la Nakba de 1948, avec le Plan Prawer dans le Néguev (déplacement forcé des Bedouins, après avoir rasé leurs villages), en Palestine occupée (où pratiquement toutes les terres ont été volées) et à Jérusalem Est confisquée et judaïsée…. Sans parler de Gaza où 1.700.000 personnes sont enfermées pratiquement sans eau, sans électricité, en pataugeant dans les eaux d’égoût.

Qu’une Mairie d’un pays comme la France se prête à ce genre de collaboration avec un Etat hors la loi qui viole impunément le Droit international et les droits humains les plus élémentaires depuis des décennies est vraiment choquant et révoltant !

Messieurs, savez-vous ce qui se passe quotidiennement là-bas ? Savez-vous que des centaines d’organisations, des milliers de citoyens du monde entier hurlent quotidiennement leur indignation face aux monstruosités commises par Israël depuis des décennies sans être le moins du monde inquiété ? Monstruosités rendues possibles notamment grâce à un organisme comme KKL. Et grâce à des collaborateurs comme vous.

Vous ne pouvez pas couvrir cela ! Ce n’est pas possible !

Je tenais à vous exprimer ma colère.

Mireille Péromet Bruxelles


Extrait de Wikipedia 11 décembre 2013

Critique de la politique de reboisement

Après la guerre de 1948, des forêts furent plantées sur l’emplacement de villages arabes dont la population avait fui ou avait été chassée. Les oliviers, dont les fruits et l’huile font partie intégrale de la tradition palestinienne furent coupés et remplacés par des pins et des cyprès. Ainsi, en 2006, les forêts en Israël ne comportent plus que 11 % d’espèces indigènes.

Dans la région désertique du Néguev, où l’État d’Israël et le FNJ ont pris possession de centaines de milliers de dounams et expulsé les populations locales, des arbres furent plantés pour empêcher les bédouins autochtones de revenir et de s’y regrouper pour faire paître leurs bétails. Sur ces terres qu’ils traversent, les bédouins (nomades) n’ont généralement « aucuns droits formels » (titres de propriété), de ce fait l’État d’Israël les transfère dans des villages créés sur mesure. Pour ce qu’ils représentent dans ce conflit, les arbres plantés sont perçus comme des armes et sont l’objet de différents dommages de la part des bédouins. Des témoignages les accusent entre autres d’emmener délibérément paître leurs troupeaux, là où furent plantés les arbres ; mais il est cependant peu probable que ces dommages soient occasionnés dans un but politique.

Si, d’après le FNJ, le reboisement sert surtout à empêcher l’érosion des sols et à faire reculer le désert, plusieurs observateurs et historiens affirment que le reboisement opéré par le FNJ serait une politique délibérée d’effacer et nier toutes traces de la présence arabe avant 1948 et pour couvrir la destruction des villages arabes.

Dans un discours à Londres le 30 novembre 2002, Ronnie Kasrils (un soutien à la campagne Boycott, désinvestissement et sanctions), ministre des Eaux et Forêts d’Afrique du Sud, prenait une position très ferme à cet égard : « Plus de 700 000 oliviers et orangers ont été détruits par les Israéliens. C’est un acte de pur vandalisme, de la part d’un État qui affirme protéger l’environnement. C’est atterrant, c’est une honte ! ».

Le 11 avril 2011, Amnesty International lance une pétition contre l’expulsion des habitants et la destruction systématique d’un village bédouin sur lequel le FNJ veut implanter une forêt27. L’Administration foncière israélienne a déclaré que « onze bâtiments en parpaing et 34 en étain ont été démolis » et que ces terrains avaient été « envahis » en 1998. Selon elle, « les résidents ont infiltré à plusieurs reprises des terres domaniales après avoir été expulsés ». Toujours selon l’administration foncière, une offre avait été faite de louer ces terrains (au prix de deux shekels par dounam) afin de les cultiver. Cette offre aurait été rejetée et les « occupations illégales » auraient perduré. Amnesty International dément ces accusations et affirme que les résidents peuvent prouver – documents à l’appui – leur présence sur cette terre depuis la période ottomane.

source

Voyage dans une guerre invisible


Le long de la ligne de front palestinienne, des colons théocratiques israéliens harcèlent quotidiennement leurs voisins.
Ils dispersent leur bétail, attaquent les maisons isolées, détruisent les oliviers.
Installés dans des maisons alignées sous le vent des hauts plateaux, ils contrôlent les sommets.
En réponse, les jeunes militants palestiniens se sont armés de caméras et documentent quotidiennement leurs incursions.
La stratégie politico-militaire des colons, destinée à surveiller les territoires palestiniens et à empêcher la création d’un Etat, est loin d’être secrète : elle a été communiquée à Barack Obama en mars 2012

Amira Hass : sans changement de politique, « l’Etat d’Israël n’est pas viable »


 

Correspondante du quotidien israélien Ha’Aretz dans les Territoires palestiniens, Amira Hass documente l’occupation au quotidien depuis vingt ans. Courrier international l’a rencontrée aux Tribunes de la presse, en octobre 2013.
  • 21 novembre 2013
Amira Hass aux Tribunes de la presse de Bordeaux, octobre 2013.

En tant que journaliste, considérez-vous que vous avez un rôle à jouer ?

AMIRA HASS : Comme je le dis souvent, je surveille le pouvoir. Dans le contrat non écrit entre le journaliste et le public, la surveillance du pouvoir est une mission primordiale. Je ne sais pas si on peut parler de rôle… Je continue d’espérer qu’en apportant de l’information je permets à certaines personnes en Israël de comprendre à quel point la situation est dangereuse. J’ai un petit rôle à jouer dans le réseau d’Israéliens qui résistent, les dissidents. Ils ne sont pas nombreux, mais pas aussi peu nombreux qu’on le pense.

Diriez-vous que les Israéliens ont une connaissance incomplète de ce qui se passe dans les Territoires palestiniens ?

Certainement.

A qui la faute ? Aux médias, au pouvoir politique, aux gens eux-mêmes ?

Ce sont les gens qui ne veulent pas savoir, c’est clair. Parce qu’il y a de nombreux moyens de savoir, et beaucoup de choses à savoir, mais ils préfèrent ne pas savoir.

Il est plus facile pour nous de critiquer ce qui se passe ailleurs…

Exactement, et d’une certaine façon la presse israélienne est beaucoup plus critique vis-à-vis de l’occupation que ne l’était la presse française à propos de la colonisation en Algérie. La presse israélienne publie beaucoup plus de choses à propos de 1948 et de l’expulsion de quelque 800 000 Palestiniens.

Si l’information est rendue disponible et que, malgré cela, le public ne veut pas savoir, comment faire passer le message ?

A ce stade-ci, ce n’est plus du ressort des journalistes, mais des militants. Tant que les Israéliens profiteront de l’occupation et ne paieront pas un prix pour elle, ils continueront, exactement comme en Afrique du Sud. Chaque pays a son lot d’injustices, et elles ne peuvent être arrêtées, ou amendées un tant soit peu, que si ceux qui ont causé ces injustices en paient le prix.

Quel genre de prix ?

Je ne sais pas, il y a différentes façons de payer un prix. Les Américains ont commencé à comprendre ce qu’était la guerre au Vietnam quand ils ont vu revenir des cercueils, pas avant. C’était un peu différent en Algérie. De Gaulle a eu le mérite de comprendre la gravité de la situation, et de voir qu’à long terme la situation n’était pas viable. Il a vu le « prix » que d’autres ne voyaient pas.

Peut-on dire, de la même façon, que la situation en Israël n’est pas viable à long terme ?

Non, ce n’est pas viable.

D’après vous, quelle serait la solution : une solution à un Etat ? à deux Etats ?

Vous savez, j’ai une longue liste de mots que je déteste. J’ai commencé par détester « Oslo ». Puis « processus de paix ». Puis « paix », « réconciliation », « dialogue »… Parce que tous ces mots ont été vidés de tout sens et ont été sujets à manipulation par les autorités israéliennes – mais aussi américaines, européennes, etc. Pendant que tout le monde parlait de processus de paix, Israël perfectionnait en réalité ses moyens de colonisation et d’occupation.

Maintenant, je dois ajouter à cette liste le mot « solution ». Car il faut commencer par parler des fondamentaux. J’en vois deux. Le premier, c’est que deux peuples vivent dans ce pays. Tous deux doivent l’accepter, et tous deux ont des liens très anciens avec ce pays – peu importe que ce soit depuis trois cents ans, cinq mille ans ou plus.

Le deuxième, c’est le principe d’égalité. Sans ça, il n’y a pas de futur sain pour les deux peuples. Je pense qu’au final les Juifs – ma communauté juive – paieront un prix très lourd si nous ne mettons pas rapidement un terme à cette discrimination. Mais, en même temps, les Palestiniens doivent accepter que nous ne sommes pas des pieds-noirs, que cette comparaison n’est pas valable. Parce que ce qui a amené les Juifs en Palestine n’est pas simplement le colonialisme, et aussi parce que les Juifs ont des liens religieux avec ce pays. Il ne s’agit pas que de colonialisme ou de profit.

 

Amira Hass

« Personne n’a documenté cet enfer [de l’occupation] de façon quotidienne, avec autant de cohérence et de profondeur qu’Amira Hass, journaliste israélienne à Ha’Aretz, qui couvre l’actualité des Territoires palestiniens depuis 1991 et y vit depuis 1993 – d’abord à Gaza pendant trois ans, et depuis à Ramallah. C’est tellement inhabituel. Je veux dire : quel correspondant étranger vit dans les Territoires occupés ? » écrit Abdallah Schleifer, journaliste et expert du Moyen-Orient, sur le site d’Al-Arabiya

. De ce fait, poursuit-il, « aucun autre quotidien du monde arabe n’offre une meilleure couverture qu’Ha’Aretz de la souffrance des Palestiniens ».Vingt ans de travail journalistique dans les Territoires palestiniens ont valu à Amira Hass autant de récompenses (notamment le Prix mondial de la liberté de la presse décerné par l’Unesco en 2003 et, en 2009, le prix Reporters sans frontières) que d’attaques et d’assignations en justice.

http://www.courrierinternational.com/article/2013/11/21/amira-hass-sans-changement-de-politique-l-etat-d-israel-n-est-pas-viable

Le Président Hollande en Israël : honte et colère !


mardi 19 novembre 2013, par Ujfp

Les premières déclarations du Président François Hollande en Israël nous remplissent de honte et de colère. Citons ses paroles : « Vous êtes une grande démocratie car malgré les épreuves que vous avez rencontrées, jamais, je dis bien jamais, vous n’avez cédé sur la démocratie, sur le pluralisme, sur les droits ». Ainsi, faisant fi des textes adoptés parfois par la France elle-même condamnant la négation des droits des Palestiniens, les violations du droit international et du droit international humanitaire, les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par Israël, le Président Hollande prétend en notre nom qu’Israël a toujours respecté le droit et la démocratie – ce qui n’est vrai, pour l’essentiel, que pour la population juive d’Israël.

Ainsi, le Président, se ralliant à la théorie du choc des civilisations, prétend à la fermeté dans le dossier du nucléaire iranien, alors même qu’il continue de feindre l’ignorance de l’armement nucléaire israélien (des dizaines de têtes nucléaires à Dimona). Ainsi, le Président emmène dans ses bagages des dizaines de patrons pour développer les échanges économiques avec Israël, dont de nombreuses sociétés prospérant grâce au développement illégal de la colonisation. La SNCF vient de signer un important accord économique avec les chemins de fer israéliens.

Le Président Hollande conforte ainsi la position du gouvernement le plus réactionnaire qu’Israël ait jamais connu dans sa poursuite du vol des terres du peuple palestinien, comme le démontre l’accélération de la colonisation du Nakab/Néguev par le déplacement forcé des Bédouins palestiniens. Il feint d’ignorer le blocus illégal et inhumain imposé à la population de la bande de Gaza. Certes, le Président Hollande – qui passe dans les territoires palestiniens occupés un temps en proportion de l’espace qu’Israël leur concède encore – propose à nouveau au gouvernement Netanyahou de renoncer à la poursuite de la colonisation, mais c’est sans la moindre menace de sanction en cas de refus, et c’est pour demander aussitôt à l’Autorité Palestinienne de nouvelles concessions unilatérales pour relancer un processus de paix qui n’existe que dans les discours.

L’Union Juive Française pour la Paix assure le peuple palestinien de son soutien dans sa lutte difficile pour ses droits et salue sa résistance. Elle contribuera au développement du mouvement de solidarité en France, pour ne pas voir notre pays s’enfoncer dans la complicité avec les crimes commis.

Elle appelle toutes celles et ceux qui sont attaché-e-s aux droits humains à s’engager plus encore dans la campagne pour le boycott de l’Etat d’Israël et de ses institutions, le désinvestissement, et les sanctions, à laquelle le peuple palestinien nous a invité-e-s. La France, ses partis, ses syndicats, ses institutions doivent rejoindre les nombreux partis, syndicats, institutions en Europe qui ont répondu à cet appel. La campagne BDS France doit s’amplifier.

La France ne peut rester plus longtemps complice de l’apartheid israélien.

L’Union juive française pour la paix
lundi 18 novembre 2013

BDS pamplemousses G


Depuis quelques semaines Lidl vend des pamplemousses roses de la marque ‘Grapefruit G’ qui semble tout à fait innocente, mais qui remplace les pamplemousses de la marque Jaffa.
Regardez bien sur le carton, il y a sur le côté une toute petite etiquette qui signale le pays d’origine:  Israel.  NE LES ACHETEZ PAS S.V.PL.
Je viens de téléphoner au numero 03/290 20 61 et je vous conseille de le faire également en leur disant que ces pamplemousses sont cultivés sur des terres volées aux Palestiniens et avec de l’eau qui leur est volée également.
Demandez à Lidl de nous donner la possibilité de choisir entre des pamplemousses roses en provenance de Californie ou de la Floride et des territoires occupés par Israel.
Merci de tout coeur.
Yvette

Le poète israélien Natan Zakh a déclaré : « J’ai fui d’un Etat nazi pour me retrouver dans un Etat fasciste »


posté le 17 novembre 2013 par Antar dans Buzz

Le 10 novembre 2013, le journal hébreu Yediot Ahronot a rapporté que le grand poète israélien Natan Zakh a déclaré que le sionisme a échoué à réaliser son objectif. Selon lui, «  l’Etat du lait et du miel  » promis n’est maintenant que mal et corruption. Il a par ailleurs appelé à boycotter les colonies sionistes.

«  Si j’avais su que le sionisme se concrétiserait dans un pays qui vit par l’épée, je serais resté en Europe. J’ai fui d’un Etat nazi pour me retrouver dans un Etat fasciste  », dit-il.

Gaza est toujours sous un affreux blocus, ses roquettes reflètent une résistance légitime, a ajouté le critique littéraire, Lauréat du Prix Bialik (en 1982) et Lauréat du Prix d’Israël (en 1995).

Israël vit «  aujourd’hui comme l’empire romain dans ses derniers jours. Ici, ils nous apprennent la haine et préparent des bombes atomiques, au lieu d’essayer de nous rapprocher de nos voisins dont nous avons volé la terre  », a-t-il conclu.

source

Objectivité de l’information autour de la visite de Monsieur Reynders au Proche Orient


 

Objectivité de l’information autour de la visite de Monsieur Reynders au Proche Orient
Suite au JT de RTL-TVI du 9/11/2013, je vous prie de recevoir copie du texte que j’adresse au Directeur de l’Information de RTL, Monsieur Stéphane Rosenblatt, avec copie à Madame Caroline Fontenoy et à Monsieur Patrick Charlier, Directeur adjoint du centre pour l’égalité des chances.

Avec mes salutations distinguées,

M. P.


Monsieur,      
Madame,

 

La liberté de la presse (et donc d’expression) est le baromètre de la santé d’une démocratie, entend-t-on dire. Si cette assertion est exacte, les Belges, qui voudraient encore croire “un tout petit peu” au “respect du Droit international, garant de toute démocratie”, paraît-il, ont toutes les raisons de s’inquiéter et comme le disait Stéphane Hessel, de s’indigner,  à entendre certains JT.

Votre JT  du samedi 9/11/2013 de 19 h à cet égard fut un festival.

Présentatrice : Mme Caroline Fontenoy
Invité : M. Patrick Charlier, Directeur adjoint du centre pour l’égalité des chances.
Sujets : (à +/- 19 h 26)
– Montée de l’antisémitisme en Belgique
– Evocation de la “Nuit de Cristal”  (lire en PS)
– Intervention de Monsieur Reynders, suite à sa visite au Moyen-Orient.

Un fait de société, une évocation historique et un déplacement à but économique de notre Ministre.
Trois sujets apparemment sans aucun rapport, sauf si…..

Nous apprendrons le surlendemain (par RTL) qu’après une chaleureuse accolade avec Benjamin Netanyahu, la Belgique a signé de nouveaux accords économiques avec Israël.

Le “sentiment” de la montée de  “l’antisémitisme” en Belgique :

« 88 % des Juifs de Belgique, suivant l’enquête (laquelle? Pourquoi dans ce JT? Combien de personnes interrogées? Dans quelles villes? Comparaison avec d’autres communautés?), ont le sentiment que l’antisémitisme a augmenté en Belgique ces dernières années, en cause « la médiatisation du conflit israélo-palestinien qui contribue à la perception d’un antisémitisme grandissant dans l’enquête de 8 pays européens» (laquelle? Quels pays? Quel public cible?); Monsieur Charlier parle ensuite des propos, faits, harcèlements dont les Juifs seraient les victimes, en précisant que ces faits n’ont pas augmenté et qu’ils sont surtout visibles sur les réseaux sociaux d’internet.

Suit ensuite l’affichage d’un manifestant brandissant une pancarte (Pourquoi cette pancarte? Elle sort d’où? Portée par qui? Vous parlez du “sentiment” de Belges. Quel rapport avec Israël?)

(copie à partir du site)
ISRAEL EXERCE
SON DROIT
D’AUTODEFENCE


_________________________________________

En parlant du sentiment de la montée de l’antisémitisme, le terme  « judéophobie »  me semble plus correct. L’antisémitisme se réfère à « sémite »; or, en Palestine,  seuls les Palestiniens, qui ont toujours vécu sur cette terre et les Juifs qui y vivaient aussi, avant la naissance d’Israël, sont des sémites. Le terme antisémite est donc impropre.

La judéophobie dont souffre des Juifs de Belgique est inacceptable, comme toute forme de racisme ; c’est un poison, une insulte à l’intelligence,  qui doit être combattue comme la peste. Je ne fréquente jamais les réseaux sociaux. J’ai, par contre, souvent lu des « commentaires » d’articles sur des blogs qui font dresser les cheveux sur la tête; ces commentaires racistes visent surtout les Arabes ou les Africains. Nombreux aussi sont les commentaires qui critiquent l’état d’Israël et sa politique colonialiste et raciste et les Israéliens (surtout les colons) ou les non Israéliens (Juifs ou non) qui soutiennent “corps et âme”  cette politique.

A noter que  ces « inconditionnels »  défenseurs d’Israël sont souvent les plus virulents (et certains très racistes) et suivent aveuglément, sans le moindre discernement, « la ligne de conduite d’Israël » :
vous “critiquez Israël”, donc vous êtes “antisémites”.
En suivant cette logique, nombreux sont celles et ceux en effet qui sont “antisémites” dans le monde parce qu’Israël n’est pas aimé, en cause sa politique agressive et criminelle à l’encontre des Palestiniens.

Cet amalgame:  vous “critiquez Israël”, donc vous êtes “antisémites”  est voulu, entretenu par Israël, à coups de millions de dollars dépensés pour sa propagande = Hasbara. Et Israël pousse la malhonnêteté intellectuelle, l’arrogance et la perversité jusqu’à distiller auprès des Juifs non israéliens ( ici, des Belges) ce sentiment de rejet.

Cet odieux chantage, ce  “lavage de cerveaux”  (que dénoncent du reste certains israéliens) atteint des sommets dans l’ignominie lorsque Israël instrumentalise  l’horreur du génocide perpétré par les Nazis:
nous “avons toujours été persécutés”  et nous avons donc “le droit de nous défendre par tous les moyens”


Ca, c’est vraiment « dégueulasse » (je n’ai pas trouvé de synonyme)

Alors, lorsque RTL, lors d’un JT, plutôt que d’informer honnêtement et correctement ses auditeurs au sujet des atrocités commises par Israël les trompe en les manipulant, en recourant aux techniques de propagande israéliennes,  c’est honteux. Ce n’est plus du journalisme mais une collaboration avec un régime criminel.

La succession des sujets du JT dont question :

Le sentiment “d’antisémitisme”, lié au “conflit” israélo-palestinien (avec au passage une petite pancarte : Israël exerce son droit d’autodefence (sic)), l’évocation de la Nuit de Cristal (à ce moment là, hasard?), pour en arriver aux accords de coopération de la Belgique avec Israël,  ce n’est pas innocent; cela n’a d’autre but que de servir la confusion voulue par Israël et d’atténuer l’infamie du gouvernement belge qui collabore avec ce pays hors la loi; cela ne sert pas l’expression de la vérité, au contraire.


Lorsque Didier Reynders déclare :
“On sent la volonté d’aboutir, d’aller vers des négociations, en étant prêts à faire des concessions… La Belgique veut renforcer le soutien au dialogue et aux négociations de paix »,
vous savez très bien que ce n’est pas la vérité.  Monsieur Reynders aussi. Parce que les faits (par centaines), corroborés par des déclarations officielles et des écrits, prouvent le contraire.  Le gouvernement Netanyahu n’a aucune intention d’arrêter la colonisation (qui s’accélère depuis ces pseudo négociations) et il ne s’en cache pas. Ces négociations de paix sont bidons;  ne sont qu’un prétexte pour gagner du temps et imposer le fait accompli. Des concessions de la part des Palestiniens?  De quelles concessions parle-t-il ? Les Palestiniens n’en ont pas encore fait suffisamment ? Ils ont tout perdu. Il n’est plus possible d’envisager deux Etats – et vous le savez. Et Monsieur Reynders aussi.  Les Israéliens leur ont tout volé et n’acceptent de leur côté aucune concession parce qu’ils n’en ont jamais assez.

Tout ce cirque hypocrite est écoeurant et donne la nausée.

La vérité c’est que  RTL, notre gouvernement et l’UE se moquent éperdument du sort des Palestiniens:

des déplacements de populations du Neguev pour les parquer dans des ghettos après la destruction de leurs villages, des vols de terres; destructions de maisons, arrachage d’oliviers, pollution des puits ou des nappes phréatiques, incendies de champs, blessures ou mort de bétail, restriction de l’eau, arrestations administratives et tortures, arrestations et tortures d’enfants, non assistance à personnes en danger notamment dans les prisons, travail forcé d’enfants par des colons, occupation ou destruction de lieux religieux ( aussi catholiques), profanation de tombes, enfermement de près de 2 millions de personnes, bombardements au phosphore,  survol incessant de drones, coupure d’électricité, fermetures d’école, d’universités, interdiction de pêcher, de cultiver, de se déplacer, de respirer, de se soigner, de penser, de prier, de se défendre…..bref de vivre!

C’est ça la démocratie israélienne que vous défendez coûte que coûte.

Vous avez une bien curieuse conception du journalisme,
et de l’égalité,

Salutations,
M. P.

PS La rabbin Lynn Gottlieb à propos de la “nuit de cristal” et du sort des Palestiniens
Quand allez-vous réaliser que ce sont aujourd’hui les Palestiniens qui sont en danger?
http://www.europalestine.com/spip.php?article7800&lang=fr

source : par courriel

Avec ces Israéliens qui défendent les Palestiniens


loos

En territoire occupé, surtout en « zone C » sous contrôle israélien exclusif, la vie des Palestiniens ressemble à un calvaire. Une poignée d’Israéliens se mobilisent et montrent leur solidarité. Reportage dans le sud de la Cisjordanie.

Sept heures du matin : le rendez-vous était bien matinal ce samedi 2 novembre sur le parking d’un parc public à Jérusalem-Ouest. Un à un, Maria, Tamar, Danny et les autres membres de l’organisation « Taayoush » (Vivre ensemble, en arabe) inscrits pour la journée s’y retrouvent pour d’abord écouter les consignes d’Amiel, le quinquagénaire qui mène la petite troupe.

« Comme d’habitude, explique-t-il, nous irons dans les collines au sud de Hébron et nous irons soutenir les villageois palestiniens en butte au harcèlement des colons. Attention, il faudra jouer au chat et à la souris avec l’armée et la police israéliennes qui peuvent nous arrêter, et faire gaffe aux colons les plus agressifs ; vous serez peut-être amenés à devoir courir pour leur échapper. »

La douzaine de personnes, des Israéliens juifs entre 30 et 60 ans équitablement répartis entre les deux sexes, montent dans un minibus et un 4×4, deux véhicules tout sauf neufs. Direction le sud. Le petit convoi entre rapidement en Cisjordanie occupée, longe Bethléem à gauche, prend à un arrêt de bus deux activistes internationaux, une Américaine de 60 ans et un Français de 21 ans. Une bonne heure de route nous attend.

Dès que les véhicules dépassent Hébron, des jeeps de l’armée israélienne se mettent à nous suivre. Le premier arrêt se situe à proximité de la ville palestinienne de Yatta. Dans une immense oliveraie, une vingtaine de Palestiniens, hommes et femmes, ont commencé la cueillette des olives. Les membres de Taayoush se joignent à eux. Souvent, des colons extrémistes des environs viennent perturber le travail. Aujourd’hui, peut-être grâce à la présence d’Israéliens solidaires, le calme règne.

Zone militaire fermée

Moins d’une heure plus tard – il doit être 9 h 30 – notre groupe d’activistes repart, la journée est encore longue. Des nuages obscurcissent l’horizon. A peu de distance, nous arrivons sur les terres du village d’Umm el-Arais, à proximité de Mitzpeh Yair, un « avant-poste », à savoir une colonie juive illégale même au regard du droit israélien (1). Nous empruntons la petite route qui y mène quand un colon, environ 40 ans, lunettes, longue barbe, grosse kippa sur ses cheveux longs, nous barre la route. « C’est Avidal, lâche Amiel, un laïc devenu extrémiste religieux. »

Impossible de passer, des deux côtés le ravin est dissuasif. La Jeep militaire israélienne arrive assez vite, et un sous-officier en sort pour brandir un ordre écrit : « Le coin vient d’être déclaré zone militaire fermée, personne ne peut s’y trouver, veuillez dégager », dit-il poliment, en se gardant bien de signifier l’ordre au colon.

Après une longue marche arrière, il est décidé de passer à travers les collines, mais à pied. Le groupe arrive à destination en quinze bonnes minutes : au bas de la colline où Mitzpeh Yair a été bâti (des caravanes et quelques maisons amovibles de bois) se dressent une douzaine de serres en toile érigées par les colons sur des terres palestiniennes et dont la Cour suprême israélienne a exigé le démantèlement avant le 31 octobre. Elles sont toujours bien là.

Les deux propriétaires palestiniens, des familles Awad et Jabarin, sont arrivés sur les lieux avec des amis, des femmes et une dizaine d’enfants. Quelques colons leur font face, protégés par une vingtaine de soldats, l’arme en bandoulière. Le ton monte rapidement, une bousculade s’ensuit et les deux chefs de famille sont emmenés manu militari, menottes au poignet.

Tamar, du groupe de Taayoush, n’y tient plus : elle se met à haranguer les soldats de toutes ses forces. Ils ont presque tous moins de 20 ans. « C’est plus fort qu’elle, nous dit Amiel, elle ne peut s’empêcher de leur faire la morale, de leur dire qu’ils protègent ceux qui violent le droit international et même israélien ». Son speech passionné dure bien un quart d’heure. « D’habitude, j’arrête après quelques phrases, nous confiera-t-elle ensuite. Mais ici, j’ai observé que quelques-uns de ces jeunes soldats m’écoutaient, alors j’ai continué ! »

Maggy, la militante américaine de Bethléem, se montre audacieuse : elle franchit un barbelé et va brièvement parler à un groupe de colons. « J’ai voulu leur dire leurs torts, raconte-t-elle, mais ils m’ont répliqué que Dieu leur avait donné cette terre ; qu’est-ce qu’on peut répondre à cet argument ? »

Au total, le face-à-face durera plus d’une heure et nécessitera que les soldats israéliens se précipitent pour empêcher que plusieurs colons ne sortent du périmètre des serres pour narguer les familles palestiniennes. Amiel, de son côté, s’est isolé plus loin. Il tente de trouver par téléphone un avocat pour les deux Palestiniens arrêtés.

Quand un officier de la police israélienne surgit, la scène prend fin. « Son nom est Gilad Scheuer, on le connaît, nous souffle-t-on. Pas moyen de discuter avec lui. » Et de fait, très remonté, l’homme au crane rasé sous sa casquette bleu marine intime l’ordre aux Palestiniens et aux activistes israéliens de s’en aller, et les soldats l’aident à nous faire obtempérer.

Scène dérisoire

A bord des deux véhicules, nous nous rendons à Umm el-Kheir, un village bédouin créé en 1948 après l’expulsion de plusieurs familles bédouines du côté de Beer Sheva, dans le Néguev. Là, la colonie juive dite Carmel étouffe la petite communauté locale. « Ils veulent nous empêcher d’aller faire boire nos chèvres à la source sur ces terres que nous avons achetées légalement, explique Mouatassem, un jeune d’une quinzaine d’années dans un anglais fort compréhensible. La colonie veut s’étendre plus encore, alors qu’elle empiète déjà sur nos terres. »

Les soldats israéliens présents à Mitzpeh Yair arrivent sur la scène : le père de Mouatassem, qui possède le troupeau de chèvres, se lance dans un laïus énervé, ponctué de « Allah Akbar ! » (Dieu est grand). Avec sa barbe grise, ses cheveux blancs perdus dans un énorme keffieh, ses vêtements en lambeaux et son bras droit qui brandit un bâton en l’air, il semble avoir perdu la raison. Les soldats en rient et le prennent en photo. La scène est dérisoire.

Après quelques minutes de discussions avec les Bédouins, le groupe repart. Pour une expérience qui se révélera peu banale. Quelques kilomètres plus loin, nous arrivons à A-Tawni, un village très pauvre accroché à flanc de colline. Cinquante maisons, tout au plus. Un lunch composé de shawarmas, sorte de sandwich à la viande et aux légumes, permet de reprendre de l’énergie. Le soleil, à présent, a vaincu les nuages. Les collines de Cisjordanie offrent au regard un spectacle magique.

Enfants caillassés

Nous continuons à pied, en compagnie de deux volontaires italiennes, qui résident sur place depuis quelques semaines. « Nous aidons les enfants du village, explique Teresa, 27 ans. Pour aller à l’école la plus proche, ils doivent prendre ce chemin, qui passe à côté d’un avant-poste illégal, Havat-Maon, où les colons leur lancent des pierres tous les matins. »

La quinzaine de personnes de l’équipée empruntent donc ce chemin cahoteux. Il y a environ une demi-heure de marche jusqu’à l’école. Pas d’enfants avec nous, c’est samedi. « Le harcèlement des enfants a lieu depuis une dizaine d’années, explique Amiel. Un comité de la Knesset a ordonné en 2007 que l’armée les escorte à chaque trajet, ce qu’elle fait sans enthousiasme : parfois elle vient, parfois pas. Il est arrivé que les soldats doivent faire entrer la quinzaine d’enfants dans la Jeep car malgré leur présence des colons déchaînés les caillassaient ! »

Nous arrivons à proximité de Havat-Maon, juché sur le sommet de la colline. En contrebas, au loin, une oliveraie fait pitié avec la moitié de ses arbres coupés, résultat d’une action rageuse des colons contre les paysans palestiniens. Soudain, à travers les arbres sur la colline qui domine, des silhouettes apparaissent, furtives, en courant. Ce sont quelques jeunes colons, tous masqués. Ils sont cinq ou six. Les membres de Taayoush branchent leurs caméras. Soudain, l’un d’eux s’écrie : « Attention aux pierres ! ». Et de fait, les pierres commencent à tomber près de notre groupe, qui n’a d’autre solution que de battre en retraite.

Un kilomètre plus tard, nous sommes en sécurité. Assis un peu groggy, le groupe reprend son souffle. Personne n’a été touché. Un peu d’eau est bienvenue. Quelqu’un tente de plaisanter mais sans succès. Amiel annonce qu’il va porter plainte contre les lanceurs de pierres, puis ajoute : « Aucune chance d’aboutir à une inculpation ». Nous rejoignons bientôt nos véhicules. Le soleil va bientôt commencer à se coucher.

Sur le chemin du retour, deux questions nous taraudent. Comment se fait-il que si peu d’Israéliens participent, comme cette admirable ONG Taayoush, à des actions de solidarité avec les Palestiniens harcelés ? Et, surtout, comment peut-on lancer des pierres tous les matins sur des enfants ? BAUDOUIN LOOS

NB Cet article fait partie d’un reportage qui a été publié sur trois pages dans le journal Le Soir des jeudi 7 et vendredi 8 novembre.

Cette entrée a été publiée dans Non classé, avec comme mot(s)-clef(s) , , , , , , , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑