Promotion Soda Stream


Lettre au journal La Libre

J’apprends que la Libre Belgique offre une machine Soda Stream à toute personne qui souscrit à un an d’abonnement.
Bravo!

Vous ne pouvez pas ignorer que ce produit est fabriqué dans la colonie Ma’ale Adumin, en Palestine occupée et que les colonies sont illégales.

Que la Cour de Justice des Communautés européennes  estime que les autorités communautaires doivent refuser de reconnaître l’origine israélienne de ces produits étant donné que les colonies israéliennes sont illégales (1/11/2009, Luxembourg, Cour de Justice des Communautés européennes, communiqué de presse n° 97/09).

Que l’Union Européenne a publié tout récemment une directive qui stipule que « tous les accords entre l’Etat d’Israël et l’UE doivent indiquer sans ambiguïté et explicitement qu’ils ne s’appliquent pas aux territoires occupés par Israël en 1967, c’est à dire la Cisjordanie, Jérusalem-Est, la bande de Gaza et le plateau du Golan », étant donné que les territoires palestiniens ne sont ni “controversés”, ni “disputés”, ni “discutés” (comme le prétend Israël) mais OCCUPES et que cette occupation est illégale.

Le quotidien israélien Haaretz: « Cette directive qui s’applique aux 28 Etats membres de l’UE interdit tout financement, coopération, bourses, fonds de recherche ou remise de prix à qui que ce soit résidant dans les colonies installées en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, qu’il s’agisse d’institutions privées ou publiques »

Que le fonds de pension géant TIAA-CREF a retiré la société israélienne de plus en plus controversée Soda Stream de son portefeuille.
( http://www.info-palestine.net/spip.php?article13798)

Steve Tamari, investisseur TIAA-CREF :
« Je salue l’information selon laquelle, en tant qu’investisseur TIAA-CREF, je n’aurai plus à profiter de SodaStream dont le principal site de production se trouve dans une colonie illégale sur la terre palestinienne en Cisjordanie occupée par les Israéliens. J’exhorte TIAA-CREF à retirer de son portefeuille les autres sociétés qui profitent de la confiscation des terres palestiniennes et contribuent à l’expansion des colonies illégales. J’espère dans les prochaines années voir TIAA-CREF se désinvestir de Veolia, multinationale à base française, qui opère dans le transport, le traitement des eaux et les services d’ordures ménagères au profit des colonies israéliennes illégales sur la terre palestinienne en Cisjordanie occupée. »

Que nous apprenions en octobre 2009 que le fabricant israélien d’appareils à mettre du gaz dans l’eau plate Soda Club, installé dans la colonie de Maale Adumim en territoire palestinien occupé, était appelé à rendre des comptes devant un tribunal de Hambourg ( http://www.europalestine.com/spip.php?article4435&lang=fr).

En faisant la promotion de Soda Stream, vous collaborez avec la politique criminelle israélienne, qui pratique un apartheid impitoyable à l’égard des Palestiniens et continue à braver le Droit International et donc les Droits de l’Homme, dont il ne respecte pas un des articles.

Vous espérez peut-être ainsi soudoyer quelques nouveaux lecteurs. Cette politique promotionnelle aura surtout pour résultat d’entacher  l’image de votre Journal.

Bien à vous,

M.P.

Des Afro-Américains condamnent la vague montante de racisme en Israël


mardi 6 août 2013 – 06h:35

Les Afro-Américains pour la Justice au Moyen-Orient et en Afrique du Nord


Ces dernières années, Israël a connu une vague montante de tendances doctrinaires acceptées par la société, s’en prenant particulièrement aux demandeurs d’asile africains et aux Palestiniens, attisées par des personnalités religieuses et politiques marquantes.

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Mai 2012 : rassemblement « anti-immigrés » organisé par la frange la plus raciste et la plus xénophobe de la société israélienne

Nous, soussignés, condamnons avec la plus grande fermeté les récents propos racistes tenus par le nouveau grand rabbin ashkénaze nouvellement élu, David Lau, propos qui se réfèrent aux joueurs afro-américains de basket jouant en Israël comme à des « kushim », terme péjoratif équivalent à « nigger » (nègres, négresses). Rabbi Lau, représentant du gouvernement, payé par l’État, et qui a un mandat prévu de dix ans comme l’un des deux grands rabbins officiels israéliens, a fait ces remarques offensantes à de jeunes étudiants religieux juifs alors qu’il les mettait en garde de ne pas regarder les sports télévisés comme le basket. Après qu’il ait été critiqué par des militants antiracistes, le rabbin Lau a été défendu par Natfali Bennet, ministre des Services religieux d’Israël et leader du parti Foyer juif.

Malheureusement, les sentiments exprimés par le rabbin Lau reflètent un problème plus large de racisme au sein de la société israélienne. Ces dernières années, Israël a connu une vague montante de tendances doctrinaires acceptées par la société, s’en prenant particulièrement aux demandeurs d’asile africains et aux Palestiniens, attisées par des personnalités religieuses et politiques marquantes. En juin 2012, le ministre de l’Intérieur israélien d’alors, Eli Yishai, a déclaré qu’Israël « appartient à nous, à l’homme blanc  », réagissant à une question sur les demandeurs d’asile musulmans. Le mois précédent, des politiciens israéliens, et parmi eux le Premier ministre Benjamin Netanyahu et des membres de son parti le Likoud, ont contribué à lancer une vague de violences contre les Africains avec des propos insufflant la peur et l’excitation contre les demandeurs d’asile. Dans un cas, le parlementaire du Likoud, Miri Regev, a décrit les réfugiés africains comme « un cancer dans notre corps  » lors d’un rassemblement à Tel Aviv qui a dégénéré en ce que la presse locale a qualifié d’ « émeute raciale  », dans laquelle des personnes d’origine africaine, prises au hasard, ont été agressées dans la rue. Dans les mêmes moments, une série d’incendies et d’attaques violentes a été déclenchée contre les Africains en Israël. La situation était si mauvaise qu’un groupe d’ambassadeurs de pays africains s’est plaint au ministère des Affaires étrangères d’Israël que les diplomates africains avaient peur de marcher dans la rue.

La situation des Palestiniens vivant en Israël et dans les territoires occupés n’est pas meilleure. Ceux qui sont citoyens d’Israël souffrent d’une discrimination méthodique en tant que non juifs vivant dans un État autoproclamé « État juif », pendant que ceux qui vivent sous le joug militaire israélien se voient refuser les droits politiques et civils les plus élémentaires, lesquels sont accordés aux colons juifs qui vivent dans les colonies illégales à côté d’eux, simplement parce qu’ils ne sont pas juifs. De plus en plus, le monde reconnaît le régime qu’Israël a institué dans les territoires qu’il contrôle entre le Jourdain et la Méditerranée comme une forme d’apartheid.

En tant qu’Afro-Américains, et en tant que citoyens des États-Unis, État qui fournit un énorme soutien économique, militaire et diplomatique à l’État d’Israël, nous sommes scandalisés par la déclaration raciste du rabbin Lau, par l’absence de la condamnation de la part des dirigeants israéliens et américains qu’elle aurait dû engendrer, et par le développement préoccupant d’attitudes ouvertement racistes manifestées en Israël contre les Africains, les Palestiniens, et d’autres. Nous demandons au Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et au Président Barack Obama, et à toutes les personnes de conscience, de condamner les propos du rabbin Lau et la culture grandissante de l’intolérance et d’un racisme sans retenue dans la société israélienne qu’ils représentent, et nous demandons son retrait immédiat de sa fonction de grand rabbin ashkénaze.

Alors que les négociations entre Israéliens et Palestiniennes reprennent sous le vocable de processus de paix sous l’égide des États-Unis, qui devrait inclure une exigence soutenue par l’administration Obama que les Palestiniens reconnaissent officiellement Israël en tant qu’ « État juif », nous exhortons aussi les politiciens et toutes celles et ceux qui sont concernés à reconnaître et aborder l’aggravation du racisme et des discriminations dont souffrent les Palestiniens et les autres citoyens non juifs d’Israël. Ne pas le faire se traduirait par une perpétration des injustices faites au peuple palestinien, et du conflit entre Israéliens et Palestiniens, quels que soient les résultats de toutes négociations.

Signataires

Kali Akuno
Dr. Adisa A. Alkebulan
Carl Bloice
Dr. Eduardo Bonilla-Silva
Rev. Dr. Carolyn Boyd
Dr. Gloria Brown
Christopher Cathcart
Felicia Eaves
Bill Fletcher, Jr.
Patricia Ford
Dr. Rhone Fraser
Dr. Angela Gilliam
Rev. Graylan Scott Hagler
Dr. Jennifer F. Hamer
Mark Harrison
Dr. James Jennings
Dr. Robin Kelley
Mel King
Rev. Dr. Phil Lawson
Gerald Lenoir
Dr. Charles Pinderhughes
Dr. Russell Rickford
Dr. Lynn Roberts
Jamala Rogers
Roger Toussaint
Dr. Elijah Ward

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Liberté d’expression bafouée en Belgique aussi


A Monsieur Charles Picqué

Bourgmestre

Commune de St Gilles

Bruxelles, le 25 juillet 2013

Monsieur le Bourgmestre,

Cher Charles,

Je viens de recevoir copie d’un courrier émanant de vos services (M.Lemaine, réf 15539, copie jointe) adressé à « Bruxelles Action Palestine », lui refusant l’autorisation de distribuer des tracts au marché de la gare du Midi.

Permettez-moi de vous dire mon inquiétude devant ce refus.

Tout d’abord, le motif invoqué : « la forte affluence que connaît ce marché implique que toutes les conditions nécessaire au maintien de l’ordre public soient requises » me paraît consternant.

En effet, ce n’est pas la première fois que « Bruxelles Action Palestine » distribue des tracts sur ce marché et, à ma connaissance, il n’y a jamais eu un quelconque incident. De plus, suivant mes informations, un avis favorable avait été donné par les services de police.

La motivation de ce refus me paraît donc sans fondement et clairement tenir du prétexte.

D’autre part, cette interdiction est inquiétante du point de vue de la déontologie politique.

En effet, les actions de cette association visent à sensibiliser la population belge au drame que vit le peuple palestinien, opprimé depuis des dizaines d’années par un régime colonialiste qui a détruit plusieurs centaines de villages, qui chaque jour vole les maisons, l’eau et les terres, impose des lois d’apartheid, applique le nettoyage ethnique, utilise systématiquement la torture, même sur des gosses de 12 ans (Rapport de l’ONU du 20/6/2013)… tout en se prétendant démocratique.

Comme disait Desmond Tutu : « On est obligé de réagir devant ce drame. Celui qui se veut, ou se prétend neutre a, en réalité, choisi son camp ».

Monsieur le Bourgmestre,

Cher Charles,

Je ne peux croire que le progressiste que j’ai connu naguère entrave la liberté d’expression de ces citoyens belges qui militent pacifiquement pour les Droits de l’Homme.

En espérant sincèrement que cet incident est à mettre au compte d’une erreur administrative et que, dans le futur, cette association recevra un accueil positif à ses légitimes demandes.

Bien cordialement

Rudi

Colonisation israélienne : Juliette Binoche, ne vous laissez pas manipuler


jeudi 25 juillet 2013 par Michèle Sibony

Par Michèle Sibony
Union Juive Française pour la Paix

LE PLUS.Vous vous en souvenez peut-être : en 2010, face à Alain Finkielkraut sur un plateau télé, l’actrice Juliette Binoche avait pleuré de désemparement en entendant le philosophe parler des Palestiniens. Trois ans plus tard, elle fait la promo d’une marque installée notamment dans les colonies illégales d’Israël. Michèle Sibony, membre de l’Union Juive Française pour la Paix et de la Campagne BDS France, ne cache pas sa déception.

Édité et parrainé par Hélène Decommer

Chère Juliette Binoche,

Je me permets de vous écrire parce que je vous ai aimée dans tous vos films, même ceux que je n’ai pas aimés. J’aime l’actrice en recherche que vous êtes, recherche de vérité en soi-même, dans son travail d’artiste, dans la vie…

Je me permets de vous écrire parce que je viens de découvrir, que vous avez prêté votre présence, votre beauté, à une opération publicitaire de cosmétiques intitulée Beauty City Paris, qui s’est déroulée à Tel Aviv le 26 juin dernier.

Cette opération se faisait pour la promotion de la chaîne de magasins Super-Pharm, vous l’ignorez peut-être. Après tout, cela relève parfois des activités d’un-e comédien-ne de promouvoir des produits, mais là il y a un hic tout de même :

Une promo pour une marque qui profite de la colonisation

La Coalition des femmes pour la Paix, qui lutte depuis des années contre l’occupation, a créé un site qui s’appelle « Who Profits ? » où elle indique avec précision quelles sont les entreprises, aussi bien israéliennes qu’étrangères d’ailleurs, qui profitent de l’occupation et de la colonisation. Avec des installations dans les territoires occupés, une main d’œuvre palestinienne sans droits, contrainte pour vivre d’accepter de très bas salaires, et un marché de distribution local, celui des colons illégalement installés sur une terre occupée, et international.

Or Super-Pharm, la chaîne de magasins que vous avez honorée de votre présence et promue, y figure en bonne place. Installée dans plusieurs colonies autour de Jérusalem, elle utilise l’occupation et la colonisation illégales à son profit.

Ainsi, croyant peut-être à une banale opération publicitaire, vous aurez participé à ancrer dans la normalité un phénomène totalement anormal.

D’ailleurs les institutions de propagande israélienne créées pour contrer le boycott culturel en Israël ne s’y sont pas trompées. Un de leur site destiné à cela, Créative Community for Peace (vous apprécierez la dénomination en l’occurrence), vous mentionne dans la liste des artistes qui, ayant accepté de se rendre en Israël pour une performance où une autre, permettent de démontrer qu’il y a un camp pro-israélien. Malgré vous peut-être, vous en faites partie.

Toutes ces informations ont été transmises par le groupe israélien du boycott de l’intérieur, Boycott from Within.

En 2002, vos larmes étaient pourtant sincères

Je vous écris parce que je me souviens, comme beaucoup de gens, de vos larmes le 30 mars 2002 devant les semonces d’Alain Finkielkraut qui indiquait, sérieux comme un pape de la pensée réactionnaire, que c’étaient les dominés qui avaient aujourd’hui tous les droits…

Finkielkraut et les larmes de Juliette Binoche par GrOuMe

Je sais que vos larmes étaient sincères, vous avez alors cité Nelson Mandela et ce qu’il avait réussi à faire après des années de souffrance, sa longue détention, et l’Apartheid subi par son peuple, comme un modèle pour les juifs après leur malheur européen. Ce n’est pas un exemple anodin à mes yeux, dix ans plus tard alors que le parlement israélien vote des lois de plus en plus discriminatoires contre les Palestiniens citoyens israéliens, crée de multiples statuts pour les autres, les enferme dans de nouveaux Bantoustans, veut en ce moment même déplacer de force 40.000 Bédouins palestiniens du Néguev au sud d’Israël, rapprochant ce régime de celui de l’Apartheid sud-africain. Personne ne disait encore cela en 2002, et vous, avec votre sensibilité vous en aviez déjà l’intuition.

Vous preniez ainsi position contre la cruauté du sort fait aux Palestiniens et contre ce qu’elle avait d’insupportable. Comme je vous comprends. Nous sommes très nombreux aujourd’hui citoyens de ce pays à nous révolter contre la politique sans issue menée par les gouvernements israéliens. Nous sommes très nombreux à ne plus supporter les attaques régulières et si violentes contre la population assiégée de Gaza, comme la dernière conduite à de pures fins électorales. Nous sommes très nombreux à penser que cette politique meurtrière pour le peuple palestinien est en même temps suicidaire pour le peuple israélien. Nous sommes indignés aussi par le soutien inconditionnel de la « communauté internationale », de nos gouvernements, de l’Union Européenne, à cette politique d’Israël, soutien qui lui garantit l’impunité et lui permet la fuite en avant, dans une colonisation continue, et des crimes continus.

Votre présence à Tel Aviv avait du sens pour les partisans de cette politique, elle était voulue, demandée, et elle est valorisée par eux. Justement parce que ces dernières années le refus de nombreux artistes de jouer cette sinistre comédie là-bas est la seule chose qui réussit à inquiéter un tel régime, celle qu’il craint le plus aujourd’hui, votre présence a signifié à leurs yeux, et c’est ce qu’ils veulent montrer à la population israélienne : « Vous voyez nous ne sommes pas isolés, il y a beaucoup d’artistes qui continuent à venir nous voir. Nous pouvons continuer… Vous pouvez continuer. »

Juliette, refusez cette instrumentalisation

Autant je n’ai pas aimé le film « Désengagement » de Amos Gitaï auquel vous avez participé en 2007 (même si vous y étiez splendide) sur le moment du soi-disant désengagement de Gaza. Je ne l’ai pas aimé pour la place quasi inexistante qu’il faisait aux Palestiniens qui allaient être délivrés des colons agressifs et cruels (10.000 colons qui, il faut le rappeler, faisaient de la vie quotidienne d’un million et demi de personnes un enfer). Ces colons sont montrés dans le film en victimes dans des scènes insupportables de parallèle avec les communautés juives d’Europe orientale victimes de pogrom avant et pendant la Seconde Guerre mondiale. Quant aux Palestiniens, ils n’ont été délivrés de ces 10.000 colons que pour mieux être enfermés dans une prison de murs électroniques, de dôme de fer, de drones et de bombes au phosphore… « Désengagement » cachait ce qu’il fallait montrer, taisait ce qu’il fallait dire : mais n’est-ce pas précisément cela le désengagement ?

Autant j’ai trouvé magnifique le film « Caché » de Michael Haneke en 2005 dans lequel vous étiez sublime de sobriété. Vous n’ignorez donc pas l’éthique de Haneke, et ce qu’il veut dire sur ce « caché » qui travaille le réel. Lui c’est cela qu’il s’attache à montrer. Avez-vous croisé des Palestiniens dans Tel Aviv ? Avez-vous vu en Israël les signes de l’occupation et de l’oppression ? Ce serait étonnant… (J’ai pu vérifier cela à de nombreuses reprises dans ce pays que je connais bien, où j’ai résidé et où je séjourne régulièrement). Tout est fait pour que cela ne se voie pas. Pour que l’on se croie dans une cité radieuse, occidentale et paradisiaque.

Juliette, vos larmes étaient sincères, je n’en doute pas, mais vos yeux se sont-ils ouverts ou refermés sur toute cette absence, tout ce caché, tout ce non-dit qui tous les jours, permet de continuer à opprimer, enfermer, déposséder, et tuer… tous les jours.

J’ai envie de vous dire, à vous en particulier, parce que je vous aime, et parce que vos larmes étaient sincères : ne vous laissez pas utiliser dans cette horreur, comme dans aucune autre. Refusez cette instrumentalisation de votre personne et de votre talent, et dites-le !

Nous sommes des centaines de milliers aujourd’hui et sans doute des millions à penser avec vous que cela doit cesser à tout prix, et que nous devons tous agir pour cela. Agir simplement en refusant toute caution à cette politique, en refusant les oranges les avocats les dattes plantés derrière le Mur de l’Apartheid sur des terres volées, en refusant tout ce qui conforte les Institutions de l’oppression et de la discrimination, en refusant de chanter, de jouer, de faire semblant là-bas, comme si de rien n’était, parce que c’est précisément cela qui les aide à continuer.

source

Israël et la « guerre humanitaire »


posté à 19h13, par Eyal Weizman (traduit par Rémy Toulouse)

« La ruine est un symbole important en ce qu’elle permet l’exposition publique de l’occupation et de la domination : elle témoigne de la présence du pouvoir colonial, y compris quand le colonisateur lui-même est invisible. »

Cette traduction d’un article d’Eyal Weizman a été publiée dans le numéro 12 de la version papier d’Article11

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L’article qui suit a été publié sur le site de la London Review of Books le 24 novembre 2012, trois jours après la fin officielle de l’opération « Pilier de Défense » – attaque de l’armée israélienne sur la bande de Gaza qui a fait environ 160 victimes. Du 14 au 21 novembre 2012, une pluie de missiles s’était abattue sur un territoire déjà dévasté par de précédentes agressions et un blocus draconien. Ruines sur ruines, sang sur sang.

Nous avons choisi de traduire et publier ce texte inédit (en français) d’Eyal Weizman parce qu’il dresse un tableau dépassant largement la simple réaction « à chaud ». En analysant les nouveaux visages de la stratégie israélienne et en dressant le parallèle avec l’opération « Plomb Durci » de décembre 2008 et janvier 2009 (plus de 1 300 morts), Weizman met à nu la nouvelle obsession des responsables israéliens : intégrer la logique du droit humanitaire à une stratégie militaire d’agression. Ou comment faire régner la terreur tout en se parant d’un masque de « légalité ».

Eyal Weizman est peu connu en France. Hors le brillant À travers les murs (dont Article11 parlait ici), traduit aux éditions La Fabrique en 2008 et consacré à « l’architecture de la nouvelle guerre urbaine »1, l’œuvre de ce théoricien israélien de l’architecture et de l’urbanisme y reste en grande partie inédite2. C’est un tort, tant ses analyses des différentes composantes (architecturale, législative, militaire, etc.) de l’occupation israélienne éclairent la guerre en cours.

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Gaza sous les raids aériens de novembre 2012 © Rafael Ben-Ari / Sipa

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Au cours des huit jours de bombardements aériens sur Gaza par les drones, F-16 et hélicoptères Apache israéliens, plus de 1 350 bâtiments ont été touchés. Il y avait parmi eux des dépôts militaires, considérés comme des cibles légitimes par le droit humanitaire international. Mais les postes de police, les locaux de télévision, les centres de soin, les ministères, les tunnels et les ponts qui ont également été visés sont protégés par le droit au titre d’infrastructures civiles. Pour justifier leur destruction, Israël a prétendu qu’ « ils appartenaient à une organisation terroriste  ». Un argument qui, si on l’accepte, fait de tous les immeubles publics et infrastructures physiques de la bande de Gaza des cibles légitimes ; c’est pourquoi cette justification est rejetée par tous les avocats internationaux en dehors d’Israël.

La volonté d’Israël de se doter à tout prix d’une ligne de défense juridique, même fragile, est une réponse au rapport Goldstone, qui affirmait (avant que Goldstone lui-même ne se rétracte) qu’Israël et le Hamas avaient commis des crimes de guerre au cours du conflit de l’hiver 2008-2009, et qu’Israël était peut-être même coupable de « crimes contre l’humanité ». En pleine tempête médiatique déclenchée par ce rapport, Benjamin Netanyahu avait pris la parole dans un institut de sécurité pour mettre les choses au clair : les organisations soutenant les principes des droits de l’homme et du droit international étaient, selon lui, la troisième menace stratégique (après l’Iran et le Hezbollah) pesant sur la sécurité d’Israël… Quand les think tanks israéliens, et certains de leurs équivalents occidentaux, font aujourd’hui état de cette « troisième menace stratégique  » qu’est le recours au droit contre les armées étatiques, ils évoquent une « guerre législative » ; soit l’usage du droit international comme une arme par un acteur non étatique, visant à pallier sa faiblesse sur le terrain purement militaire.

Conscient qu’il pouvait être contre-productif de s’exposer davantage à l’action juridique internationale, Netanyahu a fait passer une consigne lors de l’opération « Pilier de Défense » : l’armée devait s’imposer une certaine retenue, afin d’éviter le niveau de destruction atteint en 2008-2009. En outre, les experts israéliens en droit humanitaire international ont été plus étroitement associés que jamais à la préparation des attaques, et l’armée n’a cessé de proclamer son engagement à minimiser les dégâts infligés aux populations civiles. Résultat : le nombre de victimes est bien moins élevé que pour l’opération « Plomb Durci » – qui a causé dix fois plus de morts chez les Palestiniens –, même si ce chiffre s’est accru alors que l’opération militaire touchait à sa fin. La liste des cibles se réduisant, la force aérienne a largué ses bombes sur des quartiers plus densément peuplés, avec un risque plus important de dégâts collatéraux. Mais Israël ne se contente pas d’affirmer que ses raids aériens sont conformes au droit international. L’État hébreu a aussi commencé à expérimenter de nouveaux types de bombardements. C’est ce qu’ont découvert les défenseurs des droits de l’homme qui ont mené, après l’attaque de 2008-2009, une enquête utilisant des techniques issues du nouveau champ de la « juri-architecture3 ». Cela leur a permis de mettre à jour les traces d’une nouvelle stratégie israélienne : des cratères de petite taille causés par des impacts sur ce qui avait autrefois été les toits d’immeubles détruits. L’armée israélienne a fait savoir qu’elle avait à nouveau utilisé cette tactique – appelée « frappe sur le toit  » – au cours de l’opération « Pilier de Défense ». La manœuvre consiste à tirer des missiles et des bombes « préventives » de faible intensité sur des maisons à détruire, avec l’idée que leur impact sera assez important pour que, pris de panique, les habitants fuient leurs maisons avant qu’elles ne soient entièrement démolies.

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Illustration de Baptiste Alchourroun

Israël se targue désormais de systématiquement prévenir les habitants civils des bombardements imminents. La nouvelle procédure est une adaptation de la méthode « frappe sur le toit » : elle consiste à appeler les habitants pour les informer – via un message enregistré ou récité par un opérateur arabophone de l’armée de l’Air – que leur immeuble sera détruit dans les minutes à venir. Des lignes téléphoniques qui avaient été suspendues depuis des mois pour cause de factures impayées ont même été soudainement réactivées pour diffuser ces mises en garde. Selon l’armée israélienne, au cours des dernières vingt-quatre heures de l’opération « Pilier de Défense », des milliers de résidents gazaouïs ont ainsi été avertis par téléphone des frappes à venir. (Israël a accès au réseau de communication de Gaza, parce que le réseau téléphonique et l’infrastructure Internet de la Bande sont acheminés par des serveurs israéliens ; un avantage précieux pour récolter des renseignements et pour diffuser de la propagande.)

Bien entendu, de nombreux habitants de Gaza n’ont ni ligne terrestre ni téléphone portable. Mais lorsque c’est le cas, a expliqué un porte-parole de l’armée israélienne, les experts juridiques recommandent d’utiliser des tracts encourageant les gens à quitter leurs domiciles avant qu’ils ne soient détruits. Et les bombes préventives sont juste une autre manière d’envoyer un avertissement. En 2009, un avocat de l’armée israélienne pouvait tranquillement déclarer : « Les gens qui restent dans une maison malgré les avertissements ne doivent pas être comptabilisés comme des victimes civiles. […] D’un point de vue strictement juridique, je n’ai pas à les prendre en considération. »

Bien sûr, prévenir peut permettre de sauver des vies. Mais la stratégie vise aussi à changer la désignation légale de quiconque est amené à être tué. Selon cette interprétation du droit, si un avertissement a été émis et qu’il n’a pas été suivi, la victime n’est plus un « non-combattant » mais un « bouclier humain » volontaire. Dans ce cas et dans d’autres, les lois de la guerre interdisent certaines choses mais en permettent d’autres. Cela devrait donner à réfléchir à tous ceux qui ont protesté contre l’attaque israélienne au seul nom du droit.

Nous en saurons plus sur la manière dont l’opération « Pilier de Défense » a été menée lorsque, dans les semaines à venir, il sera possible de commencer à lire les décombres. Une partie de ce que nous savons sur l’attaque de 2008-2009 vient ainsi d’archives, rassemblées dans «  le Livre de la Destruction » par le ministère des Travaux et de l’Habitat public, dirigé par le Hamas. Ces archives contiennent des milliers d’entrées, chacune documentant un immeuble partiellement ou entièrement détruit ; tout y est enregistré, des murs fissurés mais tenant encore debout jusqu’aux tas de ruines. Ce ministère mettra certainement en place le même type d’archives après la série de bombardements de novembre 2012. Et la liste dressée sera sans doute étroitement parallèle à celle contenue dans un document de l’armée israélienne, « le Livre des Cibles de Gaza », un épais dossier bleu que le chef d’état-major sortant, Gabi Ashkenazi, qui supervisa l’opération « Plomb Durci », a confié à son successeur lors d’une cérémonie télévisée diffusée début 2011 : «  Je tiens à transmettre quelque chose que je transporte avec moi en permanence », a-t-il déclaré.

Maintenant que les bombardements sont terminés, des indices vont être collectés (et des allégations formulées et contestées) en parlant aux survivants et aux témoins, et en utilisant des données géo-spatiales, des images-satellites d’immeubles détruits et des informations obtenues lors d’investigations sur place. Mais l’enquête se révélera difficile : à Gaza, les ruines s’empilent sur les ruines, et il n’est pas facile de les distinguer les unes des autres. Les guerres de 1947-1949, les incursions militaires des années 1950, la guerre de 1956, celle de 1967, la contre-insurrection de 1972 dans les camps de réfugiés, la première Intifada de 1987-1991, les vagues de destruction lors de la seconde Intifada des années 2000 et les deux attaques de 2008-2009 et 2012 ont toutes ajouté de nouvelles couches de gravats sur celles accumulées antérieurement.

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Gaza, novembre 2012 © AHMUD HAMS / AFP

La ruine est un symbole important en ce qu’elle permet l’exposition publique de l’occupation et de la domination : elle témoigne de la présence du pouvoir colonial, y compris quand le colonisateur lui-même est invisible. Avant de se retirer de la bande de Gaza en 2005, Israël a affirmé son contrôle sur l’enclave au moyen de ses colonies. (En 1980, Ariel Sharon, alors ministre en charge des Colonies, a déclaré qu’il voulait que « tout Arabe discerne chaque nuit, à moins de cinq cents mètres de chez lui, les lumières juives ».) Après que l’armée s’est redéployée autour de Gaza et qu’elle a rasé les colonies, inaugurant une nouvelle phase du colonialisme, les immeubles détruits – tels des monuments, non réparés, non réparables – sont devenus l’affirmation visuelle la plus importante de la domination israélienne.

Mais le véritable pouvoir d’Israël sur Gaza est invisible. Il tient dans la capacité de sa force aérienne à maintenir sur la Bande une menace permanente de « frappe et de surveillance » (les drones peuvent rester dans les airs vingt-quatre heures sur vingt-quatre) ; c’est cette capacité qui a rendu le retrait de l’armée possible. Si on tient compte de l’emprise qu’Israël exerce sur le sous-sol gazaouï – laquelle lui permet de voler la majeure partie de l’eau venant des aquifères côtiers – et sur les ondes radio, par exemple en ayant recours à la technologie de brouillage électromagnétique, tout ce qui reste aux habitants de Gaza est la fine bande de terre prise en sandwich entre les zones contrôlées par les Israéliens. Pas la peine de se demander pourquoi ils cherchent à occuper l’espace au-dessous et au-dessus d’eux avec des tunnels et des roquettes.

Eyal Weizman, novembre 2012 – Texte traduit de l’anglais par Rémy Toulouse

*

Le texte publié dans la version papier était accompagné d’une illustration de Baptiste Alchourroun :

JPEG - 115.3 ko

1

JPEG - 80.6 ko2 Hollow Land : Israel’s Architecture of Occupation (2007) et The Least of All Possible Evils : Humanitarian Violence from Arendt to Gaza (2011) n’ont pas été traduits en français.

3 Le terme fait référence à une méthode analytique visant à reconstituer les scènes de violence à partir de leur inscription dans les constructions et les environnements spatiaux.

source


Israël perd ses derniers amis


La décision européenne bouscule également au sein des organisations juives européennes, faisant bouger les lignes. Ici le « Centre Communautaire Juif de Belgique », engagé dans JCall.
L’usage voulait d’une satisfaction d’une position « modérée », renvoyant à des responsabilités « partagées » (entre colons et palestiniens), à un appel flou à la reconnaissance d’une Palestine, à des regrets face aux actions de solidarité internationale par le boycott…
Et là, la mesure européenne devient déjà symbolique d’une fin de ce double jeu. A reculer toujours, à trouver d’inépuisables prétextes, s’annonce un désastre diplomatique pour Israel et l’entrée dans un gouffre de violence et de haine encore jamais rencontrés.
Voici ce texte venu de Belgique, de milieux sionistes de « gauche » (molle) :

Dilemme.
Entre les colons et l’UE, Israël doit choisir
Rubrique: Israël

Qu’apportent-elles à Israël ?
Encore une bataille de perdue pour l’Etat juif. En Europe cette fois. Et toujours à cause de cette politique d’occupation qui isole sans cesse davantage le pays.
Lentement, inéluctablement, Israël perd ses derniers amis. Cette fois, c’est l’Europe qui a adopté ce 16 juillet, une directive excluant à partir de 2014 la Cisjordanie, Jérusalem-Est et le Golan de ses futurs accords économiques ou financiers avec lui.
Un nouveau rappel de cette réalité que la droite israélienne s’échine à ne pas accepter : le pire ennemi d’Israël, ce n’est ni le Hamas, ni le Hezbollah ni même l’Iran mais sa politique de colonisation.
Celle-ci cristallise les haines contre Israël et, dans une moindre mesure, contre la Diaspora. Elle isole l’Etat juif, le transforme en paria : aucun Etat au monde –pas même les Etats-Unis- ne l’accepte. Et le nombre de ceux qui, souvent par amitié, la tolèrent ne cesse de diminuer.
Qui, hors des idéologues ou des illuminés, peut croire qu’une telle situation n’est pas porteuse de ruine, de sang et de mort ? Mais, pour le malheur du peuple juif, ce sont précisément ceux là qui dominent la coalition au pouvoir en ce moment.
Eux qui réagissent à la décision européenne par l’insulte ou la menace : « Une directive parfaitement déconnectée de la réalité, à l’image de l’Europe elle-même » » (Silvan Shalom, ministre du Développement).
« Un acharnement disproportionné dénué d’importance » pour le ministre de la Défense, Moshé Yaalon qui poursuit : « Nous continuerons donc à agir en fonction de notre politique et de nos intérêts ».
Même son de cloche chez le ministre de l’Economie, Naftali Bennett et Zeev Elkin, ministre adjoint des Affaires étrangères:
« Jusqu’à maintenant, nous étions prêts à accepter des gestes pour les Palestiniens mais si l’Europe frappe et que la pression internationale ne diminue pas, il n’y a aucune raison de faire le moindre geste. »
Sans parler des déclarations folkloriques des sites qui les soutiennent et qui s’époumonent à qui mieux mieux : « une directive antisémite »… « L’Europe interdit aux Juifs le droit de vivre où ils le souhaitent » Ou encore : « L’Europe veut une Palestine judenrein comme les nazis »
On en passe et des pires. Tout cela est fort distrayant mais après ? Le reste du gouvernement israélien est-il vraiment prêt, comme le suggèrent tous ces braves gens, à envoyer l’Europe au diable où elle retrouvera d’ailleurs à peu près tous les autres Etats de la planète ?
Une occupation dénuée de tout avantage
Probablement pas le ministre des Affaires stratégiques, Youval Steinitz qui tente de rassurer en expliquant que «cette directive administrative énervante »ne s’appliquera « qu’aux futurs accords et pas à ceux déjà signés »
Ni Tzipi Livni, la ministre de la Justice qui assure : « C’est triste qu’on en soit arrivé là mais maintenant tout le monde comprend que les négociations sont le seul moyen de protéger nos intérêts diplomatiques »
Ni même Benjamin Netanyahou que sa position oblige à une certaine lucidité. Certes, il a roulé des mécaniques sur le mode : « Ce gouvernement n’acceptera jamais de diktats de l’extérieur sur nos frontières ». Virils propos à l’usage de son extrême droite.
Mais au-delà de ces concessions verbales, il sait la folie que ce serait de renoncer à tout nouvel accord de coopération avec l’UE. Une catastrophe pour un pays résolument ancré dansc le libre échange et la mondialisation.
L’Europe est le 1er partenaire commercial d’Israël (32% de ses importations et 24% des exportations). D’autre part, comment pourrait-il apposer sa signature en bas de textes excluant du territoire israélien les territoires occupés après 1967 ?
Ce serait amènerait l’implosion de sa coalition et entraînerait sans doute sa mort politique. Certes, on peut supposer qu’en bon politicien, il trouvera un compromis boiteux tant avec l’UE qu’avec son aile droite.
Mais cela ne règlera pas le problème de fond : la majorité des Israéliens désirent vivre dans un pays ouvert et moderne. Dans la paix, la sécurité et, si possible, une certaine prospérité. Mais les fantasmes historiques ou religieux d’une minorité les en empêchent.
Et à quelles fins ? L’occupation de la Cisjordanie coûte du sang et de l’argent et n’apporte rien à Israël, ni aux niveaux militaires ou économiques. Moins encore d’un point de vue diplomatique.
Jusqu’à présent la droite dure a cependant pu imposer sa volonté en utilisant un argument puissant, imparable: les Palestiniens refusent tout accord sérieux, ils ne veulent pas la paix. Cela est discutable mais admettons.
Dans ce cas, pourquoi Israël n’affirme-t-il pas qu’il ne conserve les territoires occupés que jusqu’à ce qu’en face, on soit prêt à a négocier et signer de véritables accords ? « Conserve » et non « bouleverse ». Plus de nouvelles colonies ni d’aides à celles qui existent déjà.
Pourquoi encourager des Israéliens à s’installer à l’étranger ? Une stratégie acceptable par nombre de pays dont ceux d’Europe., efficace et rationnelle. Mais la raison a-t-elle encore droit de cité dans un Etat régi par les colons ?

Jeudi 18 juillet 2013
Ouri Wesoly

Israël à l’Europe: payez, puis taisez-vous!


Jurek Kuczkiewicz
Mis en ligne il y a 2 heures

Israël vient de prendre des mesures de rétorsion à l’égard de l’Union européenne. De quoi l’UE serait-elle «coupable»? D’avoir décidé que ses programmes de coopération avec l’État hébreu, et donc l’argent européen, ne pouvaient plus financer des projets israéliens situés en territoire palestinien occupé.

Rappelons quelques faits. Un: l’occupation israélienne de la Palestine, État reconnu depuis peu par l’Assemblée des Nations unies, est illégale aux yeux des lois internationales, comme l’a rappelé la Cour internationale de justice en 2004. Ceci n’est pas que du droit: l’occupation représente un carcan épouvantable, qui empoisonne la vie quotidienne des Palestiniens.

Deuxièmement, la Cisjordanie fait l’objet d’une annexion partielle rampante, par le biais de colonies illégales: c’est du vol de terres, sur lesquelles les Israéliens vont jusqu’à détruire, comme à Jérusalem-Est et dans ses environs, des habitations palestiniennes.

En dépit de l’occupation, Israël est le pays partenaire de l’UE qui bénéficie du statut le plus privilégié en matière de coopération, notamment économique et scientifique. La décision récente de la Commission européenne n’a pas consisté à couper ces programmes de coopération: elle permettra seulement d’éviter que cet argent ne finance l’occupation.

Rappelons par ailleurs que l’Union européenne fournit, bon an mal an, un demi-milliard d’euros à l’Autorité palestinienne depuis 1993: soit la moitié de son budget. Et ceci pour quoi? Pour l’aider à fonctionner en dépit de l’occupation israélienne…

En annonçant ses mesures de rétorsion, Israël adresse à l’Europe un message très simple: «Payez, puis taisez-vous». Ceci est évidemment inacceptable. Et il faut rendre hommage à l’Union européenne et à son exécutif bruxellois, si souvent critiqués pour leur pusillanimité diplomatique, d’avoir enfin mis leurs actes en conformité avec leurs paroles.

Israël, quant à lui, joue un jeu extrêmement dangereux. Par de telles réactions, l’État hébreu administre une nouvelle preuve du mépris dans lequel il tient toute légalité qui ne lui serait pas profitable. Ce faisant, il creuse obstinément son propre isolement. Cet isolement est hélas exalté en Israël par les éléments les plus extrémistes. Ceux-là dégainent systématiquement l’accusation d’antisémitisme contre tous ceux qui, au nom de la loi ou de la compassion, ne veulent plus contribuer à une occupation condamnable. C’est-à-dire à «payer et se taire».

Mort d’Ilan Halevi, intellectuel engagé, « 100% juif et 100% arabe »


Pierre Haski | Cofondateur Rue89

Ilan Halevi lors d’une conférence de presse à Paris en 1983 (M’SADEK/SIPA)

Ilan Halevi, un intellectuel juif engagé au côté des Palestiniens dans l’espoir de favoriser une paix véritable au Proche-Orient, est mort mercredi à Paris, à l’âge de 70 ans, sans avoir réalisé son rêve.

Son décès, suite à des problèmes de santé, a été annoncé par la représentation palestinienne à Paris, et le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, lui a rendu hommage.

Ilan Halevi a longtemps été « le juif de l’OLP », l’Organisation de libération de la Palestine présidée par Yasser Arafat, un choix qui faisait de lui un « traître » pour Israël, une haine tenace qui n’a pas disparu avec le temps.

Né à Lyon en 1943 dans une famille d’origine yéménite, Ilan Halevi a vécu en Israël où il a été membre d’un groupuscule d’extrême gauche antisioniste, avant de rejoindre, dans les années 60, le Fatah, l’organisation de Yasser Arafat, alors considérée comme « terroriste » par Israël. Il appartiendra même au Conseil révolutionnaire du Fatah, la direction du mouvement.

Vice-ministre des Affaires étrangères d’Arafat

Dans les années 80, il est apparu au grand jour sur la scène internationale, nommé représentant de l’OLP auprès de l’Internationale socialiste (IS), prenant la suite du militant palestinien assassiné Issam Sartaoui, abattu lors d’une réunion de l’IS au Portugal en 1983, par des Palestiniens opposés à tout dialogue avec Israël (voir cet article du Monde diplomatique sur l’assassinat de Sartaoui, écrit par Samir Kassir, un journaliste libanais qui sera lui-même assassiné par les Syriens en 2005 à Beyrouth…).

L’Internationale socialiste était à l’époque l’un des canaux privilégiés par Yasser Arafat pour tenter un improbable dialogue avec l’« ennemi sioniste ». Ce dialogue aboutira, une décennie et de nombreux assassinats plus tard, aux accords d’Oslo et à la reconnaissance mutuelle entre Israéliens et Palestiniens d’août 1993.

Pendant cette période dite du processus de paix, Ilan Halevi sera même nommé par Arafat vice-ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, le seul juif à occuper un poste ministériel.

Il était assurément plus crédible, dans ce rôle, que les intégristes juifs du Naturei Karta qu’Arafat avait invités à Gaza lors de son retour de 1993, suite aux accords d’Oslo, et qui étaient une touche folklorique dans cette mise en scène.

Ilan Halevi était un authentique intellectuel, cofondateur de la très respectée Revue d’études palestiniennes, basée à Paris depuis plus d’un quart de siècle, et auteur de plusieurs ouvrages dont « Sous Israël, la Palestine » (Minerve) paru en 1978.


Capture d’écran de JSSNews

Signe que les rancœurs des années de lutte ne sont pas passées, le pas très subtil site pro-israélien francophone JSS News annonçait ainsi sa mort mercredi :

« Le “penseur” juif Ilan Halévi, qui fût longtemps conseiller du terroriste égyptien Yasser Arafat, est mort mercredi. »

La mort d’Ilan Halevi survient alors que le processus de paix auquel il a contribué est dans l’impasse totale, et que les espoirs d’Oslo sont depuis longtemps enterrés.

source

Guantanamo : Israël exporte son savoir-faire pour « gérer » la grève de la faim


Publié le 10 juillet 2013.

Depuis février dernier, une grève de la faim a cours à Guantanamo pour protester contre les détentions illimitées et contre les conditions d’incarcération. Ce sont aujourd’hui plus de 100 prisonniers qui refusent de s’alimenter, parmi lesquels 45 sont nourris de force, au mépris de toutes les conventions internationales et des lois états-uniennes elles-mêmes. La pression monte aux États-Unis pour exiger que cette pratique cesse, comme l’illustre la spectaculaire initiative du rappeur Mos Def (alias Yasiin Bey) qui a rendu publique une vidéo dans laquelle il « expérimente » l’alimentation forcée que subissent les prisonniers de Guantanamo. L’administration US, qui apparaît comme étant de plus en plus incapable de faire face aux développements de la grève de la faim des détenus incarcérés à Cuba, a décidé de faire appel à des spécialistes de la question : des médecins israéliens.

C’est le quotidien israélien Haaretz qui a révélé l’information le 8 juillet. Dans un article de Dan Even (« Israeli doctors to give Washington tips on dealing with hunger strikers »), on apprend en effet que

des représentants de l’Association Médicale Israélienne [AMI] ont été invités aux États-Unis pour présenter à des décideurs politiques leur méthodes de traitement des grévistes de la faim, alors que l’administration US est sous la feu de la critique en raison de son recours à l’alimentation forcée de détenus de Guantanamo qui refusent de se nourrir.

L’alimentation forcée des grévistes de la faim est proscrite en Israël, même si

le Ministère de la Santé a publié de nouvelles directives [lors du dernier mouvement de grève des prisonniers palestiniens en avril 2013] s’appliquant lorsque la grève dure depuis plus de 28 jours. Les directives autorisent [également] l’hospitalisation forcée des prisonniers qui n’ont pas mangé depuis moins de 28 jours au cas où leur vie serait en danger. Des responsables de l’AMI ont alors déclaré que l’organisation estimait que « l’hospitalisation de prisonniers (…) ne devait être ordonnée que sur la base de critères médicaux ».

Les États-Unis ont donc, semble-t-il, décidé de faire appel à l’expertise israélienne pour trouver une alternative à l’alimentation forcée, à la veille d’un mois de Ramadan qui promet de susciter de nouvelles tensions. La requête de quatre détenus, qui demandaient que cesse leur alimentation forcée, a en effet été rejetée ce lundi par une juge états-unienne :

Quatre détenus de la prison ont demandé devant un tribunal fédéral de Washington l’arrêt de l’alimentation forcée pour les grévistes de la faim.

La motion dans laquelle ces quatre prisonniers – Ahmed Belbacha, Shaker Aamer, Abu Wa’el Dhiab et Nabil Hadjarab – demandent l’arrêt de cette pratique qu’ils assimilent à de la « torture », a été déposée fin juin par l’organisation Reprieve, qui les représente, et leur co-défenseur Jon Eisenberg.

La juge Kessler a précisé que Dhiab avait cherché à obtenir une procédure accélérée, craignant que l’alimentation forcée durant la journée ne vienne interférer avec son jeûne durant le mois du Ramadan.

Comme le remarque Adam Horowitz sur le site Mondoweiss, « il s’agit là d’un exemple parfait pour illustrer la collaboration entre Israël et les États-Unis dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme » ». La participation des médecins israéliens à la gestion de la crise de Guantanamo est en effet au-delà du cynisme, puisqu’il ne s’agit en aucun cas de trouver une solution pour satisfaire les revendications des prisonniers, mais bel et bien d’aider l’administration US à ne pas répondre à ces revendications tout en maintenant les prisonniers en vie et en sauvant les apparences « éthiques ».Or, la seule véritable solution réellement éthique est, évidemment, la fermeture de Guantanamo et la libération de l’ensemble des détenus arbitrairement emprisonnés, depuis plus de 11 ans pour certains d’entre eux. Mais on doute fort que les médecins israéliens, qui affirment se rendre aux États-Unis pour y prodiguer leurs bons conseils, tentent d’imposer ce point de vue.

Toutefois, ainsi que l’a relevé Michael Omer-Man de +972 Magazine,

l’ironie de cette situation, où les Israéliens apprennent aux Américains comment traiter éthiquement des prisonniers en grève de la faim, réside dans le fait que ces dernières années, bien qu’Israël ait réussi à maintenir en vie des grévistes de la faim de longue durée en respectant dans la plupart des cas leur volonté de refuser toute nourriture, les grèves de la faim ont été, finalement, victorieuses. (…)

Les médecins israéliens qui se rendent aux États-Unis réussiront peut-être en partie à apprendre à leurs homologues américains comment garder en vie des prisonniers en grève de la faim tout en respectant leur autonomie médicale. Mais ils ne seront pas capables de leur apprendre à briser l’esprit de ceux qui entendent se battre pour leurs droits avec les seuls moyens dont ils disposent.

http://resisteralairdutemps.blogspot.fr/p/depuis-fevrier-dernier-une-greve-de-la.html

A Julien Clerc


 

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Monsieur,

 

Il y a quelques années, j’avais été scandalisé par une chanson « Utile » qui disait :

 

« A quoi sert une chanson

Si elle est désarmée? »,

Me disaient des chiliens,

Bras ouverts, poings serrés.

Comme une langue ancienne

Qu´on voudrait massacrer,

Je veux être utile

À vivre et à rêver.

 

Elle était chantée par un certain Julien Clerc, un de vos homonymes sans aucun doute, car votre concert à Tel-Aviv démontre bien que vous n’êtes pas de ce bord-là.

 

C’est avec respect que j’ai suivi votre courageuse résistance aux viles protestations des droitsdel’hommistes étrangers et à ces traîtres d’Israéliens qui vous demandaient de ne pas collaborer avec un Etat qui colonise et oppresse un peuple autochtone, vole les maisons, l’eau et les terres, impose des lois d’apartheid, applique le nettoyage ethnique, l’emploi systématique de la torture, même sur des gosses de 12 ans (Rapport de l’ONU du 20/6/2013)… et autres joyeusetés de ce régime qui se prétend démocratique.

Ces ringards de BDS n’ont rien compris à la noblesse de la croisade, vous oui!

 

J’ai apprécié votre clairvoyance en réservant votre premier et unique interview en Israël à « JSS News », sympathisant bien connu de l’extrême droite française.

Preuve supplémentaire, s’il en fallait, des valeurs que vous défendez.

Je ne peux, de plus, qu’approuver votre belle réplique :  » l’engagement des artistes, c’est d’être consensuels. Ce sont des messages d’amour que les artistes envoient « .

Vous l’avez peut-être vu vous-même, pas de populace arabe à votre concert à Tel Aviv.

Le service d’ordre veillait à la « consensualité ».

 

J’ai admiré votre perspicacité en demandant au HCR de vous couvrir moralement – c’est toujours bon à prendre – et de déclarer avec force que vous ne faites pas de politique, rejoignant ainsi d’autres artistes, tels Astor Piazzola – il faisait de la musique, soutenait Videla et traitait les mères de la place de Mai de vieilles putes – Arno Breker (« Je ne fais pas de politique, je fais de la sculpture »), Drieu de la Rochelle (« je ne fais pas de politique, j’écris des poèmes »), Elia Kazan (« je ne fais pas de politique, je fais des films »)… et quelques autres qui méritent votre accolade fraternelle.

 

Toujours bien informé, vous avez aussi déclaré que « Tous les grands artistes sont venus en Israël et ce n’est pas leur vocation de régler les problèmes ».

Et vous aviez parfaitement raison!

Seuls des individus insignifiants ont refusé de venir nous soutenir, sous prétexte qu’ils ont une conscience : Ken Loach, Bruce Springsteen, Desmond Tutu, Eric Clapton, Jonny Depp, Eduardo Galeano, Bon Jovi, Naomi Klein, Pete Seeger, U2, Dustin Hoffman, Stevie Wonder, Henning Mankel, Gilles Vignault, Vanessa Redgrave, Stephen Hawking, etc.

Comme vous voyez, que des intellectuels et artistes de seconde zone!

 

J’espère que nous pourrons vous applaudir aux prochains meetings de ceux et celles qui comme votre Marine nationale, défendent notre Occident et que vous continuerez à afficher l’image de l’artiste souriant qui ne fait pas de politique… mais a « le cœur à gauche ».

 

Rudi Barnet

 

PS : J’aimais certaines de vos chansons et c’est avec tristesse que j’ai découvert l’homme.

A quoi sert une chanson, Monsieur Clerc, si les actes de l’auteur contredisent ses paroles?

Bon vent !

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