Israël perd ses derniers amis


La décision européenne bouscule également au sein des organisations juives européennes, faisant bouger les lignes. Ici le « Centre Communautaire Juif de Belgique », engagé dans JCall.
L’usage voulait d’une satisfaction d’une position « modérée », renvoyant à des responsabilités « partagées » (entre colons et palestiniens), à un appel flou à la reconnaissance d’une Palestine, à des regrets face aux actions de solidarité internationale par le boycott…
Et là, la mesure européenne devient déjà symbolique d’une fin de ce double jeu. A reculer toujours, à trouver d’inépuisables prétextes, s’annonce un désastre diplomatique pour Israel et l’entrée dans un gouffre de violence et de haine encore jamais rencontrés.
Voici ce texte venu de Belgique, de milieux sionistes de « gauche » (molle) :

Dilemme.
Entre les colons et l’UE, Israël doit choisir
Rubrique: Israël

Qu’apportent-elles à Israël ?
Encore une bataille de perdue pour l’Etat juif. En Europe cette fois. Et toujours à cause de cette politique d’occupation qui isole sans cesse davantage le pays.
Lentement, inéluctablement, Israël perd ses derniers amis. Cette fois, c’est l’Europe qui a adopté ce 16 juillet, une directive excluant à partir de 2014 la Cisjordanie, Jérusalem-Est et le Golan de ses futurs accords économiques ou financiers avec lui.
Un nouveau rappel de cette réalité que la droite israélienne s’échine à ne pas accepter : le pire ennemi d’Israël, ce n’est ni le Hamas, ni le Hezbollah ni même l’Iran mais sa politique de colonisation.
Celle-ci cristallise les haines contre Israël et, dans une moindre mesure, contre la Diaspora. Elle isole l’Etat juif, le transforme en paria : aucun Etat au monde –pas même les Etats-Unis- ne l’accepte. Et le nombre de ceux qui, souvent par amitié, la tolèrent ne cesse de diminuer.
Qui, hors des idéologues ou des illuminés, peut croire qu’une telle situation n’est pas porteuse de ruine, de sang et de mort ? Mais, pour le malheur du peuple juif, ce sont précisément ceux là qui dominent la coalition au pouvoir en ce moment.
Eux qui réagissent à la décision européenne par l’insulte ou la menace : « Une directive parfaitement déconnectée de la réalité, à l’image de l’Europe elle-même » » (Silvan Shalom, ministre du Développement).
« Un acharnement disproportionné dénué d’importance » pour le ministre de la Défense, Moshé Yaalon qui poursuit : « Nous continuerons donc à agir en fonction de notre politique et de nos intérêts ».
Même son de cloche chez le ministre de l’Economie, Naftali Bennett et Zeev Elkin, ministre adjoint des Affaires étrangères:
« Jusqu’à maintenant, nous étions prêts à accepter des gestes pour les Palestiniens mais si l’Europe frappe et que la pression internationale ne diminue pas, il n’y a aucune raison de faire le moindre geste. »
Sans parler des déclarations folkloriques des sites qui les soutiennent et qui s’époumonent à qui mieux mieux : « une directive antisémite »… « L’Europe interdit aux Juifs le droit de vivre où ils le souhaitent » Ou encore : « L’Europe veut une Palestine judenrein comme les nazis »
On en passe et des pires. Tout cela est fort distrayant mais après ? Le reste du gouvernement israélien est-il vraiment prêt, comme le suggèrent tous ces braves gens, à envoyer l’Europe au diable où elle retrouvera d’ailleurs à peu près tous les autres Etats de la planète ?
Une occupation dénuée de tout avantage
Probablement pas le ministre des Affaires stratégiques, Youval Steinitz qui tente de rassurer en expliquant que «cette directive administrative énervante »ne s’appliquera « qu’aux futurs accords et pas à ceux déjà signés »
Ni Tzipi Livni, la ministre de la Justice qui assure : « C’est triste qu’on en soit arrivé là mais maintenant tout le monde comprend que les négociations sont le seul moyen de protéger nos intérêts diplomatiques »
Ni même Benjamin Netanyahou que sa position oblige à une certaine lucidité. Certes, il a roulé des mécaniques sur le mode : « Ce gouvernement n’acceptera jamais de diktats de l’extérieur sur nos frontières ». Virils propos à l’usage de son extrême droite.
Mais au-delà de ces concessions verbales, il sait la folie que ce serait de renoncer à tout nouvel accord de coopération avec l’UE. Une catastrophe pour un pays résolument ancré dansc le libre échange et la mondialisation.
L’Europe est le 1er partenaire commercial d’Israël (32% de ses importations et 24% des exportations). D’autre part, comment pourrait-il apposer sa signature en bas de textes excluant du territoire israélien les territoires occupés après 1967 ?
Ce serait amènerait l’implosion de sa coalition et entraînerait sans doute sa mort politique. Certes, on peut supposer qu’en bon politicien, il trouvera un compromis boiteux tant avec l’UE qu’avec son aile droite.
Mais cela ne règlera pas le problème de fond : la majorité des Israéliens désirent vivre dans un pays ouvert et moderne. Dans la paix, la sécurité et, si possible, une certaine prospérité. Mais les fantasmes historiques ou religieux d’une minorité les en empêchent.
Et à quelles fins ? L’occupation de la Cisjordanie coûte du sang et de l’argent et n’apporte rien à Israël, ni aux niveaux militaires ou économiques. Moins encore d’un point de vue diplomatique.
Jusqu’à présent la droite dure a cependant pu imposer sa volonté en utilisant un argument puissant, imparable: les Palestiniens refusent tout accord sérieux, ils ne veulent pas la paix. Cela est discutable mais admettons.
Dans ce cas, pourquoi Israël n’affirme-t-il pas qu’il ne conserve les territoires occupés que jusqu’à ce qu’en face, on soit prêt à a négocier et signer de véritables accords ? « Conserve » et non « bouleverse ». Plus de nouvelles colonies ni d’aides à celles qui existent déjà.
Pourquoi encourager des Israéliens à s’installer à l’étranger ? Une stratégie acceptable par nombre de pays dont ceux d’Europe., efficace et rationnelle. Mais la raison a-t-elle encore droit de cité dans un Etat régi par les colons ?

Jeudi 18 juillet 2013
Ouri Wesoly

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