Le martyr al-Qawasmi tué par 13 balles dans le cœur et dans la tête


07/01/2011  Les forces de l’occupation israélienne ont exécuté le sexagénaire Omar Salim Qawasmi alors qu’il dormait dans son lit dans le quartier AlCheikh, au centre de la ville d’AlKhalil (Hébron), au sud de la Cisjordanie occupée.

Selon le fils du martyr, « les soldats de l’occupation ont pris d’assaut la maison pendant que ma mère faisait la prière du matin. Ils l’ont sommée de rester dans la chambre de mon frère handicapé, ont pénétré  dans la chambre à coucher de mon père et ont tiré des balles sur lui. Ils ont ensuite arrêté notre voisin Wael AlBitar qui habitait au deuxième étage de notre maison ». Le fils du martyr a ajouté : « Après l’arrestation de notre voisin, nous sommes rentrés chez nous. Nous avons été choqués de voir mon père baigner dans son sang. Nous n’avons pas entendu les tirs, ils semblent qu’ils aient utilisé un silencieux pour tuer mon père. Les soldats croyaient que la personne recherchée (AlBitar) était bien mon père. Ils l’ont tué avant de s’assurer de son identité ».

De sources médicales palestiniennes on indique que le martyr Qawasmi est arrivé à l’hôpital criblé de balles, surtout dans la partie supérieur de son corps. « Son visage étant déchiqueté« .  Wael AlBitar a été libéré jeudi dernier avec cinq membres du mouvement Hamas du centre de détention des services de renseignements palestiniens, à la suite d’un décret du Président Mahmoud Abbas. Mais les soldats de l’occupation les ont tous arrêtés ce vendredi matin. Il s’agit de Majdi Obeid, Ahmad Ouewi, Mouhannad Nirouch,Wissam Qawasmi et Mohammad Souqiyeh.

Sur un autre plan, des dizaines de colons sionistes, accompagnés de soldats israéliens, ont confisqué la principale source d’eau de la localité de Douma, au sud-est de Naplouse. Les colons ont empêché les Palestiniens de s’y approcher et ont pollué l’eau après s’y être plongés pour se baigner.  Les habitants palestiniens de Douma ont maintes fois averti que les confiscations sionistes de leurs terres et l’interdiction à leurs propriétaires de les labourer, sous le prétexte de mesures de sécurité, sont la preuve sur la présence d’un projet qui vise à mettre la main définitivement sur cette localité, déjà entourée de plusieurs colonies.

http://www.almanar.com.lb/newssite/NewsDetails.aspx?id=169033&language=fr

Il n’y aura pas d’Etat palestinien


L’Institut Marcel Liebman et l’UPJB

organisent une conférence-débat

le mercredi 5 janvier 2011 à 20h

à l’UPJB, 61 Rue de la Victoire, 1060 Bruxelles

avec

Zyiad CLOT

autour de son livre

Il n’y aura pas d’Etat palestinien

Ziyad Clot est un jeune juriste franco-palestinien. Son récit commence par un «
retour ». Il retrouve la maison de Haïfa dont sa famille palestinienne, avec sa
mère alors âgée de quelques mois, a fui en 1948 pour se retrouver dans un camp
de réfugiés. Lors de rencontres avec des responsables palestiniens, il accepte
un poste de conseiller juridique de l’OLP. Puis, de fil en aiguille, il devient
négociateur, participant – en tant que spécialiste de la question des réfugiés –
aux négociations de paix d’Annapolis en 2008 sous l’égide de la secrétaire
d’Etat américaine Condoleezza Rice. Pour la première fois – en tout cas du côté
palestinien – nous avons droit à une relation des négociations vues de
l’intérieur. Zyiad Clot nous épargne la langue de bois diplomatique de
circonstance pour nous dresser un tableau sans fard des négociations. S’il se
montre cinglant envers les Israéliens qui prétendent, jour après jour, faire des
« propositions généreuses », il ne ménage pas son propre camp auquel il
reproche, exemples à l’appui, une couardise dictée par la crainte d’un
froncement de sourcil de la Maison Blanche.

Par son témoignage, Ziyad Clot entend nous montrer comment et pourquoi les
négociations – mettant en présence la force des uns et la faiblesse des autres –
sont devenues vaines. Etant donné l’état de la situation sur le terrain,
l’ex-négociateur ne voit de solution pacifique que dans l’établissement d’un
Etat unique au sein duquel Palestiniens et Israéliens devront vivre ensemble.

PAF : 6 €, 4 € pour les membres, tarif réduit 2 €

Institut Marcel Liebman UPJB
institut.liebman@ulb.ac.be upjb2@skynet.be
www.institutliebman.be www.upjb.be

Toujours intéressant : René Naba | 02.01.2011 | Paris


Agenda diplomatique janvier 2011

La capitulation de Barack Obama, président de la première puissance militaire de la planète, devant le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu sur les conditions de déroulement des négociations israélo-palestiniennes, la pression permanente exercée par Israël sur les Etats-Unis et l’Europe, tant en ce qui concerne la neutralisation du potentiel nucléaire iranien que sur les conclusions de l’enquête internationale du Tribunal spécial sur le Liban concernant l’assassinat de l’ancien premier ministre Rafic Hariri, illustrent la prédominance du fait israélien dans la détermination de la diplomatie occidentale, au point de brider sa marge de manœuvre entraînant, par contre coup, sa perte d’autonomie; Un fait qui explique une part du rejet occidental dans la sphère arabo musulmane.

renenaba.com revient, dans une série de trois papiers, sur les ressorts de cette prééminence israélienne, comme en témoignent les révélations du site en ligne WikiLeaks du 1er décembre 2010.

05 janvier 2011 | Israël: De la propagande part 1/3

Du bon usage de la Bible, la terre promise, le peuple élu et la controverse avec l’Eglise d’Orient
Pour la première fois dans le débat public international, l’Eglise d’Orient a mis en question le bien fondé théologique de la mise en œuvre de la notion de «terre promise» pour « justifier le retour des Juifs en Israël et l’expatriation des Palestiniens ».
Sujet tabou s’il en est, cette position a été affirmée par Mgr Cyrille Salim Bustros, Archevêque de Newton (Etats-Unis) à l’occasion du synode des Eglises d’Orient, qui est tenu du 14 au 24 octobre 2010, au Vatican. Véritable électrochoc, cette déclaration inhabituelle tant sur le fond que sur la forme, en tout cas dans les sphères occidentales a entraîné une réplique du Centre Simon Wiesentahl accusant son auteur d’ «antisémitisme». La controverse suscitée à propos de cette déclaration épiscopale témoigne de la sensibilité du sujet.

10 janvier 2011 | Israël: De la propagande part 2/3

Hasbara, Kiss, GIYUS. ORG, Spot and Shoot, Vade-mecum des outils de la stratégie israélienne de communication.

La place prépondérante qu’occupe Israël en termes d’ «unités de bruit médiatique» s’explique aussi par sa maîtrise des outils de la stratégie de communication moderne grâce à des techniques qui ont pour nom Hasbara, Kiss, termes abscons pour le grand public. Mais L’argumentaire de base contenu dans “The Israël Project’s 2009, Global Language Dictionary» repose sur l’axiome selon lequel le langage d’Israël et le langage des Etats-Unis sont synonymes, s’articulant sur des mots basiques: «démocratie», «liberté», «sécurité».

15 janvier 2011 | Israël: De la propagande part 3/3

La Soft Warfare” (La douce guerre): Al Jazira en exemple et les Sayanim à contribution.

Israël considère qu’il fait l’objet d’une campagne de dénigrement, laquelle si elle venait à persister «érodera la légitimité d’Israël sur la scène internationale», à l’effet de créer les conditions d’un boycott tous azimuts contre Israël, sur le modèle du boycott de l’Afrique du Sud du temps de l’Apartheid.

Pour neutraliser cette campagne de délégitimation, «Le document de travail pour la Conférence de 2010 Herzliya», préconise de lancer une chaîne de télévision similaire à la chaîne transfrontière arabe «Al Jazira», en quatre langues anglais, français, arabe et russe, premier cas de retournement de tendance pour Israël dont la tendance habituelle est de mépriser plutôt que d’imiter les Arabes.

Israël compte aussi sur les «Sayanim», les informateurs recrutés au sein des juifs de la diaspora qui, par «patriotisme», acceptent de collaborer ponctuellement avec le Mossad.

Pour aller plus loin

Sur la stratégie globale de l’occident
Cf à ce propos «La fin de l’histoire militaire? Les Etats-Unis, Israël et l’échec de l’art occidental de la guerre par Andrew J. Bacevich, Professeur d’Histoire et de relations internationales à la Boston University, mis en ligne le 27 Décembre 2010 sur tom dispatch.com. Texte traduit en français par Albert Caillé.
https://docs.google.com/viewer?a=v&pid=gmail&attid=0.1&thid=12d2e2f02a282719&mt=application/ Dernier ouvrage de cet auteur, paru en juillet 2010, «Washington rules America’s path to permanent war».

Golfe / Armement

Sur fond de grande incertitude sur la succession politique au sein des deux pays arabes, alliés majeurs de l’Occident, l’Arabie saoudite et l’Egypte, fragilisés par la santé de leurs dirigeants octogénaires, le Roi Abdallah (87 ans), et, le président Hosni Moubarak (84 ans), où la guerre de succession fait rage, les révélations du site américain Wikileaks sur la position belliqueuse des pétromonarchies face à l’Iran illustre la logique de vassalité des «émirats mirage» face à l’Amérique, particulièrement dans le domaine de la défense, en ce qu’ils incitent les Américains à faire la guerre à leur voisin iranien pour neutraliser son potentiel nucléaire, plutôt que de doter le Monde arabe d’une capacité d’autosuffisance stratégique, comme en témoigne le contrat de l’ordre de 123 milliards de dollars, conclu à l’automne entre l’Amérique et quatre pays du Golfe, en vue de renforcer leur capacité défensive «face à l’Iran».

renenaba.com revient sur ce singulier contrat, à tous égards, qui outre passe les capacités d’absorption des bénéficiaires de même que les capacités d’assimilation de cet armement par ses servants locaux, où l’Iran sert de croquemitaine à d’effroyables gâchis arabes pour éponger les déficits américains. En une série de deux papiers s’articulant selon la thématique suivante:

20 janvier : Golfe – Armement ; Autant en emporte le vent Part 1/2

Le Golfe, une gigantesque base flottante américaine, une pompe à finance des déficits américains.

Face à l’Iran, la constellation des pétromonarchies du Golfe s’est transformée en une véritable base flottante américaine, au point que se pose la question de la viabilité stratégique et de la pertinence politique du plus important contrat d’armement de l’histoire, jamais conclu, en temps de paix, entre les Etats Unis et quatre pays membres de la zone. Un singulier contrat à tous égards, de l’ordre de 123 milliards de dollars, qui outrepasse les capacités d’absorption des bénéficiaires de même que les capacités d’assimilation de cet armement par ses servants locaux.

25 janvier : Golfe – Armement ; Autant en emporte le vent Part 2/2

La victoire des marchands d’armes sur les producteurs de pétrole.

Le Monde arabe a engagé près de deux mille milliards de dollars au titre des dépenses militaires depuis le dernier tiers du XX me siècle, soit environ 50 milliards de dollars par an en moyenne, sans avoir pu se doter ni d’une capacité de projection de puissance, ni d’une capacité de dissuasion nucléaire, encore moins de la capacité spatiale du renseignement, autant d’attributs de la puissance moderne qui lui font cruellement défaut à l’ère de la société de l’information et de son application militaire, l’info guerre.

En contrepoint Israël a bénéficié de cinquante et un (51) milliards de dollars de subventions militaires depuis 1949, la majeure partie depuis 1974, plus qu‘aucun autre pays de la période postérieure à la II me Guerre mondiale, selon une étude du spécialiste des affaires militaires Gabriel Kolko, parue dans la revue «Counter punch» en date du 3O mars 2007. Une telle disparité de traitement entre Israéliens et Arabes au regard des Américains, l’un s’équipant à l’œil, alors que les autres sont contraints de payer cash, en dépit de la contribution financière et humaine des pays arabes aux équipées américaines tant en Afghanistan qu’au Nicaragua contre le bloc soviétique, de même que leur comportement erratique à l’égard de leurs alliés naturels (l’Union soviétique et l’Iran), expliquent le discrédit du monde arabe sur la scène internationale et une part de son collapsus stratégique.

source

Israel : l’année où les masques sont tombés, par Gideon LEVY


Le journaliste israélien se félicite dans le journal Haaretz de ce que l’année écoulée soit au moins celle où plus personne ne peut avoir d’illusions sur l’Etat d’Israël. 

« L’année de la vérité

L’année qui s’achèvera ce soir par un baiser a été l’année où a pris fin la mascarade israélienne, l’année où les déguisements ont été arrachés et où la vérité s’est fait jour. Où le vrai visage s’est révélé. Ça été l’année où nous sommes finalement sortis du placard – finis les propos sirupeux et les discours creux sur la justice et l’égalité, finis les enjolivements et les paroles superficielles à propos de la paix et de deux états. Cette année, la vérité a été entendue en public, avec un retentissement fort et clair d’un bout du pays à l’autre, inquiétante et déprimante.

Personne ne parle plus de paix ; cette année, nous avons même mis entre guillemets le « processus de paix », pour nous en gausser comme il le mérite. Tout ce qu’il reste de la paix cette année, c’est l’envoyé spécial des U.S.A., George Mitchell. Et dans les enquêtes d’opinion rien ne subsiste de la vision de deux états chez le premier ministre ou dans la majorité. Cette année, le gouvernement israélien a dit NON, même à un gel temporaire de la construction de colonies, et les Israéliens se sont tus.

Après cette année de vérité, nul ne pourra sérieusement prétendre qu’Israël recherche la paix avec les Palestiniens, ou avec les Syriens, qui ont parlé de paix mais qu’on a laissés sans réponse. Toutes les excuses ont perdu leur valeur – le terrorisme palestinien s’est arrêté et il reste au moins un demi-partenaire, qui est plus modéré qu’aucun autre. Néanmoins, nous campons sur nos positions. Et la vérité est criante : les Israéliens ne veulent pas vraiment la paix, ils lui préfèrent la terre. Les fonctionnements internes de la société israélienne ont aussi été démasqués. L’apparence d’une société démocratique et égalitaire s’est trouvée soudainement remplacée par un portrait authentique, terriblement nationaliste et raciste. Des rabbins et leurs femmes, des maires et des parlementaires ont tous chanté ensemble dans un chœur discordant : non aux Arabes et non aux étrangers. Au cours des années qui ont précédé cette année de vérité, il était encore d’usage d’excommunier les racistes.

En cette année de vérité, nous avons déclaré sans vergogne que Meir Kahane avait raison. Quasiment la moitié des Israéliens s’opposent à la location d’appartements à des Arabes ; plus que la moitié d’entre eux sont favorables à un serment d’allégeance à l’Etat ; des femmes de rabbins s’associent à leurs maris pour conjurer les chastes filles d’Israël de ne pas fréquenter d’Arabes ; un membre de la Knesset déclare qu’à ceux qui font clandestinement entrer des « infiltrateurs » – ainsi qu’on a appelé cette année les travailleurs migrants et les réfugiés de guerre – on devrait faire sauter la cervelle ; et l’un de ses collègues fait porter sur les Russes le blâme des habitudes israéliennes d’ivrognerie.

Dans le même temps, nous avons proposé une loi appelant à l’expulsion d’étrangers critiques à l’égard d’Israël s’ils y viennent en visite ; un directeur d’école de Jaffa n’autorise pas ses élèves à parler arabe ; un militant contre l’occupation a été incarcéré pour avoir pris part à une manifestation protestataire à vélo ; et un défenseur des droits des Bédouins s’est vu jeter en prison pour une durée encore plus longue, pour le délit d’avoir un garage illégal.

Telle est jour après jour la pléthore de comptes-rendus sur la vie du pays au cours de la dernière partie de cette année maudite. De tels rapports nous ont été presque quotidiennement jetés à la figure. L’étranger répand les maladies et la criminalité, et les étudiants arabes veulent nous déshériter pour le prix de location d’un deux pièces. Nous avons également lancé des campagnes d’intimidation et semé la peur de celui qui est autre et différent, qui n’auraient pas fait honte aux régimes les plus douteux du passé. Nous avons tenu des manifestations scandaleuses contre les réfugies et les Arabes, avec les encouragements d’une partie de l’institution et le silence des autres, desquels une tonalité peut être entendue – une tonalité d’arrogance et de nationalisme.

Cela aura aussi été l’année d’Avigdor Liebermann d’Yisrael Beiteinu, qui n’est plus un loup habillé en agneau mais une brute du voisinage qui n’a cure des conséquences. Une tentative pour dénouer la crise avec la Turquie, et Boum ! un bon coup sur la tête. Au lieu des sempiternels discours du président Shimon Peres sur la paix, le ministre des affaires étrangères, cette année, a de manière répétitive giflé le monde entier de notre part. Ce n’est pas seulement Kahane qui avait raison, mais Lieberman aussi. Il dit la vérité, la vérité sur Israël.

Il n’y a rien de tel que le soleil pour désinfecter, de sorte que ç’aura été une plutôt bonne année. Il se peut précisément que ce déluge de douteux sentiments nationalistes émergeant des profondeurs de l’âme, latent depuis des années, va au bout du compte faire bouger cette nation engourdie. Peut-être que, après cette année, la minorité qui pense autrement va enfin ouvrir les yeux. Peut-être que, tandis que les flammes nous encerclent tous, nous allons comprendre que telle n’est pas la société dans laquelle nous avons envie de vivre. Et peut-être que le monde va comprendre ce qui est en jeu.

Ce soir à minuit, quand le champagne français va couler comme de l’eau et que nous embrasserons à pleine bouche nos êtres chers, peut-être allons-nous comprendre que l’année prochaine sera décisive. Ce sera la dernière année où nous pourrons encore sauver quelque chose. Si un miracle se produit et que cela arrive en effet, nous serons reconnaissants à l’année écoulée, l’année de vérité pour Israël. »

Par Gideon Levy

Source : http://www.haaretz.com/print-edition/opinion/the-year-of-truth-1.334416#send-friend-popup

Traduit de l’anglais par Anne-Marie PERRIN pour europalestine


Tambours de guerre en Israël


jeudi 30 décembre 2010 – 08h:06

Ilan Pappe


Les tambours de guerre se font entendre à nouveau en Israël et s’ils sont audibles, c’est qu’une fois de plus l’invincibilité d’Israël est en cause.
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Gaza, janvier 2009 – Jeune garçon palestinien tué lors de l’offensive israélienne – L’armée sioniste est une armée composée de pleutres et de lâches – dirigée par des criminels endurcis – et qui ne sent à son affaire que lorsqu’elle massacre des civils sans défense, en usant d’une force militaire hors de toute mesure – Photo : EPA

En dépit de la rhétorique triomphaliste que l’on trouve dans les rapports commémoratifs des différents médias, deux ans après l’opération « Plomb durci », le sens qui domine est que cette campagne a été un échec comme l’a été la deuxième guerre contre le Liban en [juillet] 2006. Malheureusement, les dirigeants, les généraux et le grand public dans l’Etat juif ne connaissent qu’un moyen de traiter les débâcles militaires et les fiascos. Ils ne peuvent être dépassés que par une autre opération ou guerre qui réussisse, à condition qu’elle soit menée avec plus de force et soit plus impitoyable que la précédente, avec l’espoir de meilleurs résultats.

La force, comme l’expliquent les commentateurs de premier plan dans les médias (se faisant les perroquets de ce qu’ils entendent dire par les généraux de l’armée), est nécessaire afin de « dissuader », de « donner une leçon » et « d’affaiblir » l’ennemi.

Il n’y a pas de nouveau plan pour la bande de Gaza – il n’y a pas de volonté réelle de l’occuper et de la placer sous occupation israélienne directe. Ce qui est suggéré est de meurtrir la bande de Gaza et son peuple une fois de plus, mais avec plus de brutalité et dans un temps plus court.

On peut se demander, pourquoi ceci porterait-il des fruits différents que « l’Opération Plomb durci » ? Mais ce n’est pas la bonne question. La bonne question est : que peut vouloir faire d’autre l’élite politique et militaire d’Israël (qui comprend le gouvernement et les principaux partis d’opposition) ?

Cela fait des années qu’ils savent comment procéder en Cisjordanie – coloniser, pratiquer le nettoyage ethnique et disséquer la région jusqu’à sa mort, tout en restant publiquement fidèle au discours futile sur la paix ou plutôt sur « le processus de paix ». Le résultat final devrait être une Autorité palestinienne aux ordres dans une Cisjordanie judaïsée à l’extrême.

Mais ils sont en panne complète d’idées sur la façon de gérer la situation dans la bande de Gaza, depuis qu’Ariel Sharon a fait son « désengagement ». Le refus de la population de Gaza de se séparer de la Cisjordanie et du reste du monde semble plus difficile à vaincre, même après le prix horrible en vies humaines que les Gazaouis ont payé en décembre 2008 pour leur résistance.

Le scénario pour le prochain tour se déroule devant nos yeux et il ressemble tristement à la même dégradation de la situation qui a précédé le massacre de Gaza il y a deux ans : des bombardements quotidiens sur la bande de Gaza doublés d’une politique qui cherche à provoquer le Hamas afin de tenter de justifier davantage de voies de fait.

Comme l’explique un général, il est maintenant nécessaire de prendre en compte les effets néfastes du rapport Goldstone, à savoir que la prochaine attaque majeure devrait sembler plus justifiée que celle de 2009 (mais cette préoccupation n’est peut-être pas essentielle à ce gouvernement, et ne représente en rien un obstacle).

Comme toujours dans cette partie du monde, d’autres scénarios sont possibles – moins sanglants peut-être et porteurs de plus d’espoir. Mais il est difficile de voir qui peut être à l’initiative d’un autre avenir à court terme : la perfide administration Obama ? Les régimes arabes sans défense ? L’Europe sans caractère, ou les Nations Unies handicapées ? La fermeté de la population de Gaza ainsi que celle du peuple palestinien dans son ensemble font que la grande stratégie israélienne pour les faire disparaître – comme le fondateur du mouvement sioniste, Théodore Herzl, espérait le faire avec le peuple indigène de la Palestine déjà à la fin du XIXe siècle – sera toujours tenue en échec.

Mais le prix à payer pour cela peut encore s’élever, et il est temps pour tous ceux qui ont protesté d’une voix puissante et efficace APRES le massacre de Gaza il y a deux ans, qu’ils le fassent MAINTENANT et tentent de prévenir la prochaine guerre.

Cette voix est décrite en Israël comme une tentative de « délégitimer » l’État juif. C’est la seule voix qui semble soucier sérieusement le gouvernement et l’élite intellectuelle d’Israël (beaucoup plus gênant pour eux que toute condamnation insipide venant d’Hillary Clinton ou de l’Union Européenne). La première tentative pour contrer cette voix a été de prétendre que la délégitimation était de l’antisémitisme déguisé. Cela semble avoir fait long feu depuis qu’Israël a exigé de savoir qui dans le monde appuyait sa politique.

Et bien, il est apparu que les seuls sympathisants enthousiastes de la politique israélienne dans le monde occidental d’aujourd’hui sont les courants, les organisations et les politiciens d’extrême droite, traditionnellement anti-sémites.

La deuxième tentative a été d’essayer de prétendre que les tentatives ayant la forme du Boycott, du Désinvestissement et des Sanctions, rendraient Israël plus déterminé à poursuivre sur sa voie et à agir en État voyou [rogue state]. Toutefois, cela représente une menace vide de sens : la politique israélienne ne dépend pas de cette voix de moralité et de décence ; au contraire, cette voix est l’un des rares facteurs qui puissent limiter la politique agressive israélienne.

Et qui sait quand ?… Si les prochains gouvernements occidentaux s’alignent sur leur public comme ils ont fini par le faire concernant l’apartheid en Afrique du Sud, il peut être mis un terme à cette politique et rendu possible aux Juifs et Arabes de vivre en paix en Israël et en Palestine.

Cette voix est efficace parce qu’elle indique clairement le lien entre le caractère raciste de l’État juif et la nature criminelle de ses politiques envers les Palestiniens. Cette voix s’est récemment structurée dans une campagne organisée et bien définie avec un message clair : Israël restera un Etat paria aussi longtemps que sa constitution, les lois et ses politiques continueront à violer les droits fondamentaux de l’homme et de la société civile pour les Palestiniens où qu’ils se trouvent, incluant le simple droit de vivre et d’exister.

Ce dont nous avons besoin maintenant, c’est que l’énergie – honorable mais totalement futile – investie par le camp de la paix israélien avec ses notions importées d’occident sur la « coexistence » et les projets de « dialogue », soit réinvestie avant qu’il ne soit trop tard dans une tentative d’empêcher un autre chapitre génocidaire dans l’histoire de la guerre d’Israël contre les Palestiniens.

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* Ilan Pappe est un historien israélien, il est président du Département d’Histoire à l’Université d’Exeter et co-directeur du Centre des Etudes Ethno Politiques d’Exeter.
En 2007 il a publié « The Ethnic Cleansing of Palestine ».

Du même auteur :

- Ce qui guide la politique d’Israël – 16 juin 2010
- L’enfermement mortel de la psyché israélienne – 12 juin 2010
- « Nakbah 2010 » – 27 mai 2010
- Un grand merci à vous – 6 septembre 2009
- Le boycott culturel est une nécessité – 30 juin 2009
- La fureur bien-pensante d’Israël et ses victimes à Gaza – 5 février 2009
- Ilan Pappe : « Israël emprisonne Gaza pour faire fuir les Palestiniens » – 30 janvier 2009
- Israël a voulu tuer la mémoire – 21 mai 2008
- Le nettoyage ethnique de la Palestine – 9 mars 2008

 

source

Israël espère exporter du gaz naturel de « ses » gisements offshore


30/12/2010

Énergie Le gisement israélien offshore de « Leviathan » serait la plus importante découverte mondiale de gaz naturel en eau profonde de ces dix dernières années. Situé à 130 kilomètres de Haïfa, il hébergerait environ 450 milliards de mètres cubes de gaz. Cette découverte pourrait transformer Israël en exportateur de gaz naturel. Ces ambitions se heurtent néanmoins à la contestation du Liban et de la Turquie.

L’américain Noble Energy et ses partenaires israéliens ont confirmé hier que le gisement offshore de « Léviathan » était la plus importante découverte mondiale de gaz naturel en eau profonde de ces dix dernières années. Le gisement, situé à 130 kilomètres au large du port de Haïfa, hébergerait environ 450 milliards de mètres cubes de gaz. Après cette confirmation des résultats des forages préliminaires, au moins deux évaluations supplémentaires seront nécessaires pour affiner l’estimation des réserves, a précisé Noble.
Le gisement de Léviathan est presque deux fois plus grand que le gisement voisin de Tamar, déjà la plus importante découverte mondiale de gaz naturel en 2009.

L’entrée en production de Tamar est prévue d’ici à 2013, tandis que celle de Léviathan ne devrait pas intervenir, selon des analystes, avant 2017.
Ces réserves permettront à l’État hébreu de devenir exportateur, a annoncé hier le groupe américain, principal opérateur de ce champ gazier. Cette nouvelle estimation confirme le passage escompté de Léviathan du deuxième au premier rang des champs gaziers exploités par Israël en Méditerranée.
« Léviathan est la dernière grande découverte de Noble Energy et la plus vaste découverte en exploration de notre histoire », s’est félicité dans un communiqué Charles Davidson, le patron de Noble Energy, basé à Houston, Texas (sud des États-Unis). « Cette découverte fait potentiellement d’Israël un pays exportateur de gaz naturel », a souligné David Stover, un autre haut dirigeant de la société.
Des tests supplémentaires sont encore nécessaires pour connaître précisément la capacité de Léviathan. Il s’agit, avec Tamar, de l’un des deux gisements offshore très prometteurs découverts ces dernières années au large d’Israël.
« Israël pourrait devenir un exportateur de gaz vers l’Europe. Nous sommes d’ailleurs prêts à collaborer à un tel projet avec des investisseurs étrangers, mais aussi avec la Grèce et Chypre », a récemment déclaré à l’AFP le ministre israélien des Infrastructures nationales, Uzi Landau.

Contestations libanaises
Ces ambitions se heurtent néanmoins à la contestation de pays voisins. Les frontières maritimes avec le Liban ne sont pas délimitées alors que les deux pays sont techniquement en état de guerre. La Turquie, ancien allié d’Israël, estime également avoir son mot à dire. Elle a protesté contre un accord de délimitation des zones économiques exclusives conclu le 17 décembre entre Israël et Chypre, destiné à permettre aux deux pays la poursuite des recherches sous-marines d’hydrocarbures sans crainte de conflits d’exploitation.
Noble Energy détient 39,6 % des droits pour Léviathan, suivie par les compagnies Delek Drilling et Avner Oil Exploration, à hauteur de 22,67 % chacune, et Ratio Oil Exploration, pour le reste.

Lettre ouverte de Gaza : deux ans après le massacre, une exigence de justice.


28/12/2010

Nous, les Palestiniens de la Bande de Gaza assiégée, en ce jour du 27 décembre 2010, deux ans après l’attaque génocidaire d’Israël contre nos familles, nos maisons, nos routes, nos usines et nos écoles, disons assez d’inaction, assez de discussions, assez d’attente – il est maintenant temps de tenir Israël pour responsable de ces crimes incessants contre nous. Le 27 décembre 2008, Israël a lancé un bombardement aveugle de la Bande de Gaza.

L’attaque a duré 22 jours, elle a tué 1.417 Palestiniens dont 352 enfants, selon les principaux organismes pour les droits de l’homme. Pendant 528 interminables heures, les forces de l’occupation israélienne ont lâché leurs F15 fournis par les Etats-Unis, leurs F16, leurs chars Merkava, du phosphore blanc interdit au plan international, bombardé et envahi le petite enclave côtière qui abrite 1,5 million de Palestiniens, dont 800 000 sont des enfants et plus de 80% sont des réfugiés enregistrés par les Nations Unies. Environ 5300 personnes souffriront de séquelles physiques toute leur vie.

Cette dévastation a dépassé en sauvagerie tous les massacres précédents subis à Gaza, comme les 21 enfants tués à Jabalia en mars 2008 et les 19 civils tués dans leurs maisons lors du massacre de Beit Hanoun en 2006. Le carnage a même dépassé les attaques de novembre 1956 au cours desquelles les troupes israéliennes ont raflé et tué 275 Palestiniens à Khan Younis, et 111 de plus à Rafah, au sud de la Bande.

Depuis le massacre de Gaza en 2009, les citoyens du monde ont pris la responsabilité de faire pression sur Israël pour qu’il se conforme au droit international par une stratégie éprouvée de boycott, désinvestissement et sanctions. Comme lors du mouvement mondial de BDS qui a été tellement efficace pour mettre fin au régime d’apartheid sud-africain, nous exhortons les gens de conscience à se joindre à l’appel BDS lancé par plus de 170 organisations palestiniennes en 2005. Comme en Afrique du Sud, le déséquilibre des forces et de la représentation dans cette lutte peut être contrebalancé par un puissant mouvement international, avec BDS en tête, obligeant les hommes politiques israéliens à rendre des comptes, ce que les dirigeants de la communauté internationale ont maintes fois refusé de faire. De même, les opérations civiles créatives comme les navires de Free Gaza, qui ont brisé le siège cinq fois, la Marche de la Liberté à Gaza, la Flottille de la Liberté pour Gaza, et les nombreux convois terrestres ne doivent jamais cesser d’essayer de briser le siège et de souligner l’inhumanité qui consiste à maintenir 1,5 million de Gazaouis dans une prison à ciel ouvert.

Deux années se sont maintenant écoulées depuis le plus grave des actes génocidaires d’Israël, qui n’aurait dû laisser aucun doute sur l’ampleur et la brutalité des desseins israéliens contre les Palestiniens. L’attaque navale meurtrière contre les activistes internationaux à bord de la Flottille de la Liberté à Gaza en Méditerranée a fait ressortir devant le monde entier le peu de cas que fait Israël de la vie palestinienne, depuis si longtemps.

Le monde sait maintenant, bien que deux ans soient passés, que pour les Palestiniens, rien n’a changé. Le Rapport Goldstone est venu et s’en est allé : en dépit de sa longue liste d’infractions au droit international, de « crimes de guerre » israéliens et de « possibles crimes contre l’humanité », bien que l’Union Européenne, les Nations Unies, la Croix Rouge et toutes les principales organisations pour les droits de l’homme aient appelé à mettre fin à ce siège illégal et médiéval, il continue sans relâche. Le 11 novembre 2010, John Ging, chef de l’UNRWA, a dit, « Il n’y a eu aucun changement significatif pour la population sur le terrain ici en termes, pour eux, de statut, de dépendance à l’aide, d »absence de toute reprise ou reconstruction, aucune économie… L’assouplissement, tel qu’il a été décrit, n’a rien été d’autre qu’un assouplissement politique de la pression sur Israël et sur l’Egypte. »

Le 2 décembre, 22 organisations internationales, dont Amnesty, Oxfam, Safe the Children, Christian Aid et Medical Aid for Palestinians ont produit le rapport « Dashed Hopes, Continuation of the Gaza Blockade » appelant à une action internationale pour obliger Israël à lever le blocus sans condition, disant que les Palestiniens de Gaza sous siège israélien continuaient de vivre dans les mêmes conditions épouvantables. Une semaine après, Human Rights Watch publiait un rapport global « Separate and Unequal » qui dénonce la politique israélienne comme étant de l’apartheid, reprenant les sentiments similaires d’activistes anti-apartheid sud-africains.

Nous, Palestiniens de Gaza, voulons avoir la liberté de rencontrer nos amis palestiniens ou nos familles de Tulkarem, Jérusalem ou Nazareth ; nous voulons avoir le droit de voyager et de circuler en toute liberté. Nous voulons vivre sans craindre une nouvelle campagne de bombardement qui fasse des centaines de morts parmi nos enfants et beaucoup d’autres blessés ou souffrant de cancers à cause de la contamination du phosphore blanc et des armes chimiques d’Israël. Nous voulons vivre sans être humiliés aux checkpoints israéliens, sans l’indignité de ne pas pouvoir subvenir aux besoins de nos familles à cause du chômage dû au contrôle économique et au siège illégale. Nous demandons la fin du racisme qui sous-tend toute cette oppression.

Nous posons la question : quand les pays du monde agiront-ils en accord avec le principe premier d’égalité de traitement des peuples, quelles que soient leur origine, leur ethnicité ou leur couleur : est-ce si saugrenu qu’un enfant palestinien mérite les mêmes droits que n’importe quel autre être humain ? Regarderez-vous derrière vous pour dire que vous vous êtes tenus du bon côté de l’histoire, ou aurez-vous soutenu l’oppresseur ?

Nous appelons donc la communauté internationale à prendre ses responsabilités pour protéger le peuple palestinien contre l’odieuse agression d’Israël, en mettant immédiatement fin au siège avec une totale compensation pour la destruction de la vie et des infrastructures qui nous a été infligée par cette politique évidente de châtiment collectif. Rien ne justifie la politique délibérée de sauvagerie, dont la rupture de l’approvisionnement en eau et en électricité pour 1,5 million de personnes. La conspiration internationale de silence envers la guerre génocidaire qui a lieu contre plus de 1,5 million de civils à Gaza indique la complicité dans ces crimes de guerre.

Nous appelons également tous les groupes de solidarité avec la Palestine et toutes les organisations de la société civile internationale à exiger :

– la fin du siège imposé au peuple palestinien en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza à cause de l’exercice de leur choix démocratique,
– la protection des vies et biens civils, comme stipulé dans le droit humanitaire international et les droits de l’homme internationaux comme la quatrième Convention de Genève,
– la libération immédiate de tous les prisonniers politiques,
– que les réfugiés palestiniens dans la Bande de Gaza reçoivent immédiatement un soutien financier et matériel pour faire face aux immenses difficultés qu’ils éprouvent,
– la fin de l’occupation, de l’apartheid et autres crimes de guerre,
– les réparations immédiates et compensation pour toutes les destructions perpétrés par les forces israéliennes d’occupation dans la Bande de Gaza.

Participez à la campagne BDS, rejoignez les nombreux syndicats internationaux, universités, supermarchés, artistes et écrivains qui refusent d’entretenir Israël Apartheid. Exprimez-vous pour la Palestine, pour Gaza, et surtout, AGISSEZ. Maintenant.

Depuis Gaza assiégée, Palestine
27 décembre 2010

Liste des signataires

General Union for Public Services Workers
General Union for Health Services Workers
University Teachers’ Association
Palestinian Congregation for Lawyers
General Union for Petrochemical and Gas Workers
General Union for Agricultural Workers
Union of Women’s Work Committees
Union of Synergies—Women Unit
The One Democratic State Group
Arab Cultural Forum
Palestinian Students’ Campaign for the Academic Boycott of Israel
Association of Al-Quds Bank for Culture and Info
Palestine Sailing Federation
Palestinian Association for Fishing and Maritime
Palestinian Network of Non-Governmental Organizations
Palestinian Women Committees
Progressive Students’ Union
Medical Relief Society
The General Society for Rehabilitation
General Union of Palestinian Women
Afaq Jadeeda Cultural Centre for Women and Children
Deir Al-Balah Cultural Centre for Women and Children
Maghazi Cultural Centre for Children
Al-Sahel Centre for Women and Youth
Ghassan Kanfani Kindergartens
Rachel Corrie Centre, Rafah
Rafah Olympia City Sisters
Al Awda Centre, Rafah
Al Awda Hospital, Jabaliya Camp
Ajyal Association, Gaza
General Union of Palestinian Syndicates
Al Karmel Centre, Nuseirat
Local Initiative, Beit Hanoun
Union of Health Work Committees
Red Crescent Society Gaza Strip
Beit Lahiya Cultural Centre
Al Awda Centre, Rafah

Source : The Palestinian Telegraph
http://www.paltelegraph.com/palestine/palestinian-refugees/7826-an-open-letter-from-gaza-two-years-after-the-massacre-a-demand-for-justice.html
sans le nom de la personne qui a traduit la lettre

http://www.almanar.com.lb/newssite/NewsDetails.aspx?id=167766&language=fr

Une femme âgée de 78 ans se voit refuser la possibilité de visiter son fils emprisonné


Ramallah – Le service israélien des prisons a renvoyé chez elle une femme âgée de 78 ans alors qu’elle voulait rendre visite à son fils Abdel Nasser Issa – qui subit une condamnation à la perpétuité dans la prison de Hadarim – après qu’une pièce d’un téléphone portable ait été prétendument trouvée en sa possession, nous apprend Ahmed Al Beitawi, chercheur dans le domaine des droits de l’homme.

(JPG)

L’autorité carcérale a pris une position très stricte récemment contre l’utilisation de téléphones portables dans la prison, interdisant aux prisonniers les visites et les plaçant en cellule d’isolement comme mesure punitive s’ils sont trouvés en possession d’un téléphone cellulaire.

Des dispositifs ont été placés dans toutes les sections de la prison de Hadarim pour brouiller les communications venant des téléphones portables des prisonniers.

L’administration pénitentiaire fait la chasse aux mobiles qu’elle prétend être entrés en cachette. Les fréquences émises par ces dispositifs sont nocives pour la santé.

L’administration de la prison, assistée de forces spéciales, a fouillé entièrement la section 11 de la prison de Nafha, lundi [20 décembre] à la recherche de téléphones cellulaires, déplaçant la population entière vers une autre section de la prison et coupant l’électrique de 5h30 à 9h30 du matin. Des affaires personnelles des prisonniers ont été malmenées pendant la recherche.

En parallèle à tous ces évènements, une nouvelle section dépourvue des commodités nécessaires à la vie quotidienne a été installée dans la prison de Hadarim. Il n’y a ni chaise, ni table, ni meuble de rangement dans la section. La cuisine a été fermée. Cinq de ses huit salles de bains sont en panne.

21 décembre 2010 – Al Qassam Website – Vous pouvez consulter cet article ici :
http://www.qassam.ps/news-3946-78_y…
Traduction : Info-Palestine.net

Olivia Zémor expulsée par Israël


Anticolonialistes palestiniens, israéliens et internationaux mobilisés ensemble

Je viens de rentrer en France ce mercredi après-midi 22 décembre après avoir été expulsée par le gouvernement israélien en pleine nuit, après 30 heures d’interrogatoire, de détention et de tentatives de m’embarquer de force dans des avions, avant que j’aie pu rencontrer une avocate et prévenir le Consulat de France. Merci à tous ceux qui s’en sont indignés.

Chères amies, Chers amis,

Je remercie toutes celles et tous ceux qui se sont inquiétés de mon arrestation à l’aéroport Ben Gourion, de ma détention dans une cellule du centre de rétention des services de l’immigration, et de mon expulsion manu militari par un Etat qui se dit démocratique, mais ne peut supporter la moindre contestation de sa politique.

Arrivée à 3 H du matin à l’aéroport Ben Gourion le mardi 21, près de 24 H après mon départ de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, en raison des retards de vol, et escales supplémentaires liés aux perturbations actuelles dans les aéroports de nord de l’Europe, je suis mise a l’écart après un questionnement de quelques minutes au contrôle de sécurité.
- Où allez vous ? A Jérusalem.
- Pour combien de temps ? Huit jours.
- Pour quoi faire ? Rencontrer des amis.
- Prénom de votre père ? Moïse.
- De votre grand-père ? Elie.

Le jeune officier de police me regarde à peine. Il pianote quelques instants sur un ordinateur, et appelle un autre fonctionnaire de l’aéroport qui me conduit à l’écart.

On me dit d’attendre dans une salle où sont assis plusieurs jeunes Français, qui vont subir des heures d’interrogatoire et être contraints, pour passer, de signer un papier par lequel ils s’engagent à ne pas mettre les pieds dans les Territoires palestiniens occupés, sous peine d’être expulsés, de se voir interdire l’entrée dans le pays pendant 10 ans et de se voir infliger une peine de 2 ans de prison en Israël !

Ils sont interrogés, puis renvoyés attendre dans la salle, puis rappelés, et ainsi de suite. Le va et vient dure depuis 7 H pour certains.

Pour ma part, il va durer deux heures, pendant lesquelles je retrouve toutes les 20 minutes un jeune fonctionnaire qui s’intéresse à mes activités en France et a de toute évidence eu le temps de consulter ce qui est à la disposition de tous sur google. Je lui dis que je milite effectivement pour la fin de l’occupation israélienne, pour les droits légitimes du peuple palestinien et le respect du droit international. Il me dit être progressiste et partager mes idées, mais être très minoritaire dans son pays où, me dit-il, « je ne peux malheureusement pas faire ce que je veux. Il n’y a aucun parti qui défende mes idées ». Son progressisme ne l’empêche pas de se concerter avec ses supérieurs du ministère de l’Intérieur et de m’introduire finalement auprès d’une femme qui me déclare que je vais être refoulée : « Entry denied ». Je demande alors pour quelle raison ? « Security Threat » : « menace pour notre sécurité ». Je lui fait alors remarquer qu’elle sait parfaitement que je suis pacifiste et que je ne mets en rien en danger la sécurité de qui que ce soit. Mes quelques affaires ont été passées au peigne fin par tous leurs engins électroniques. J’ai moi même été fouillée sans qu’aucun objet suspect soit trouvé.

- « Oui, mais vous organisez des manifestations en France », me rétorque-t-elle !
- « Oui, et alors ? Je défends des idées de paix et de justice. En quoi ce que je fais en France vous regarde ? »

Fin de la discussion. On ne discute pas les ordres du ministère de l’intérieur, conclut-elle.

Retour dans la salle d’attente ou de nouveaux « suspects » de sympathie pour les Palestiniens, (des Français et un Italien) sont mis sur le gril, en pleine nuit, après un voyage épuisant. L’objectif est de toute évidence de les effrayer et de les dégoûter suffisamment pour les dissuader de revenir.

Une fourgonnette de la police m’embarque ensuite vers le centre de rétention qui se trouve dans la zone aéroportuaire. On me confisque toutes mes affaires personnelles, en dehors de mon argent qu’on me demande de garder auprès de moi. On m’interdit de prendre mon téléphone portable, et d’appeler qui que ce soit pour prévenir de ma situation.

Dans un cellule à 4 lits superposés, un seul est occupé par une étudiante roumaine qui va être expulsée parce qu’elle n’a pas obtenu de visa pour venir voir sa mère qui travaille en Israël.

A 10 H, on vient me chercher pour un embarquement express. Je refuse, je demande à pouvoir recevoir auparavant la visite d’un avocat. On me saisit de force, on me passe les menottes et je suis embarquée sur les pistes d’atterrissage. Pieds nus parce que j’ai refusé de me chausser, portée par 4 policiers, j’arrive en haut de la passerelle d’un avion de Turkish Airlines près pour les décollage, où les passagers sont déjà installés. Je crie que je refuse de monter dans cet avion, je me débats. L’equipage refuse de m’embarquer de force. Retour au centre de rétention.

Les policiers sont un peu déroutés. Je ne suis pas une « cliente classique ». L’un d’entre eux essaie de comprendre mes motivations et surtout de me convaincre que lui aussi veut la paix, mais pas les Palestiniens, qui sont des terroristes et qu’Israel est obligé de se défendre. Et tous ceux qui l’en empêchent constituent un danger pour leur sécurité. « Avec vos origines juives vous devriez comprendre cela », me dit-il. Je lui réponds que c’est la politique israélienne qui constitue un danger pour le monde entier, y compris les juifs, en développant le terrorisme et l’antisémitisme. Un : « De toutes façons, vous n’avez pas le droit de juger si vous ne vivez pas ici », clôt la discussion. Je lui réponds néanmoins que j’ai des amis israéliens qui pensent la même chose que moi.

Cette fois-ci, je suis placée dans une cellule seule. Pas question que je contamine d’autres personnes avec mes refus d’embarquer. Alertée, Leah Tsemel me rend visite et me fait un état des lieux. Elle est scandalisée : « Maintenant l’Etat de tous les juifs se met à faire le tri entre les juifs kasher et les pas kasher. De quel droit ? ». Saisir les tribunaux ? C’est possible, mais il faudrait que je reste 3 ou 4 mois ici pour attendre un jugement qui peut être négatif. Sa confiance dans la justice israélienne n’est pas illimitée. Et pour ne pas rester en détention pendant tout ce temps, il faudra réunir une caution d’au minimum 10 000 euros.

J’ai mieux à faire.

Le Vice-Consul de France, alerté par des amis, vient également me rendre visite. Il déplore la situation et me dit que le gouvernement français n’a pas réussi jusqu’ici à empêcher ces pratiques d’expulsion de ressortissants français qui n’ont commis aucun délit. Il trouve cela regrettable. Il exige de mes gardiens, avant de partir qu’il me laissent prendre un livre et des médicaments dans mes affaires confisquées.

Retour en cellule. On m’apporte un repas sous plastique, auquel je ne touche pas davantage que les précédents. Je ne mangerai pas avant d’être libre.

Plusieurs fois dans la nuit, les policiers font irruption bruyamment dans ma cellule pour me crier que je vais devoir embarquer dans un prochain avion, et que si je me débats et refuse une nouvelle fois, ils me feront escorter pendant le voyage par deux policiers, ce qui est la procédure « normale » dans les cas de refus d’embarquer. Finalement à 6 H 30 j’embarque pour Istambul dans un avion de Turkish Airlines où l’équipage, fort sympathique, me promet de me trouver ensuite un vol pour la France. Ce qui est fait malgré la demande israélienne de m’envoyer d’abord sur Munich, sous prétexte qu’à l’aller j’ai fait une escale dans cet aéroport.

Je voyage avec la satisfaction de savoir qu’à Jérusalem, les rencontres programmées avec les militants anti-colonialistes palestiniens, israéliens et internationaux, se déroulent en présence de plus 70 Français qui sont allés témoigner leur attachement au droit et à la justice.

Et je suis émue d’apprendre en revenant en France, que malgré la période de vacances et de fêtes, autant d’associations et de personnes se sont inquiétées de cet enlèvement, et ont demandé des explications. Je les en remercie de tout coeur.

Olivia Zémor

CAPJPO-EuroPalestine

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