Alors que le feu dévore toujours plus de terres à Haïfa, des extrémistes incendient un cimetière islamique


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Photo Arabs48 


4 décembre 2010 – Saed Bannoura – Imemc et agences  

La Fondation Al Aqsa a informé Maan News Agency qu’un groupe d’extrémistes juifs, profitant des incendies survenus jeudi dans la région et qui continuent à se propager, avaient incendié le cimetière Al Qassam à Haïfa.

Selon la Fondation, il y a eu deux tentatives pour mettre le feu au cimetière où se trouve notamment la tombe de Izz ad-Din al-Qassam, nationaliste syrien venu en Palestine en 1922 et qui a vécu à Al Yajour, village de Haïfa. Il a été tué par les forces britanniques en Palestine dans les années trente. Il est considéré comme un symbole de la résistance contre l’occupation en Palestine et dans le monde arabe. Il en venu en Palestine en février 1922 et a habité Al Yajour, à Haïfa. Il est connu comme prédicateur et chef spirituel islamique. Il a dirigé aussi l’Association des jeunes musulmans à Haïfa.

La Fondation Al Aqsa a confirmé que les deux tentatives pour incendier le cimetière Al Qassam ont été conduites par des extrémistes, et que les pompiers israéliens avaient réussi à circonscrire le feu. Il y a eu plusieurs tentatives pour raser et incendier le cimetière depuis que la Palestine est tombée sous le joug de l’occupation israélienne, mais les Arabes et les musulmans l’ont reconstruit et l’ont clôturé.

Une porte-parole de la police israélienne a nié l’information et a dit à Maan News Agency qu’aucun incendie ne s’était déclaré au cimetière.

Elle indique que les feux dans le secteur ont consumé 34 000 dunums (3400 ha) de terres et que selon les premières informations, il s’agirait d’incendies criminels.
Jusqu’à présent, 42 personnes ont péri dans les flammes et 17 sont blessées, trois d’entre elles, dont la chef de la police de Haïfa, étant dans un état critique.

Le quotidien israélien Ha’aretz indique que près d’une douzaine d’incendies ont éclaté à travers la Galilée, dans le nord du pays, tandis que des feux sauvages continuent de ravager toujours plus de terre sur le Carmel. Selon Ha’aretz, pour la police les nouveaux feux sont des feux volontaires. Le quotidien ajoute que le commissaire de police, David Cohen, a chargé les chefs de la police de se préparer à lutter contre les feux délibérément allumés. Ces soupçons sont étayés par la découverte par la police et les enquêteurs de deux bicyclettes et d’un sac contenant une perruque.

La police a arrêté, puis relâché, deux résidents druzes de Daliat Al Carmel ; elle les a libérés plus tard après que l’enquête ait révélé qu’ils n’avaient rien à voir avec l’incendie. Un certain nombre d’enquêteurs israéliens ont déclaré que selon eux, le feu avait été provoqué par négligence.

En outre, Ha’aretz dit que le feu le plus important avait éclaté vendredi aux environs de midi, dans la zone industrielle de Tsur Shalom, dans la banlieue de Haïfa. La densité massive de fumée avait obligé la police à fermer complètement une portion de la route 4 qui relie Acre au centre du pays.

Plus tard, des broussailles se sont embrasées à Ma’alot Tarshiha et à Kiryat Tivon, tandis que d’autres petits feux apparaissaient à l’est de la ville de Shfa Amr Arab et du quartier Neve Yosef, à Haïfa. Vendredi, vers 17 h, un nouveau feu de broussailles a démarré près de Moshav, du côté du mont Carmel. Vers 18 h, deux autres feux de broussailles commençaient dans la région de Nazareth. Les soupçons portent sur des incendies délibérés. Vers 20 h, ce vendredi, un autre feu était signalé près de la zone de Tel-Al, dans l’ouest de la Galilée, et un autre encore dans la zone industrielle de la ville de Nesher, près de Haïfa.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré que les individus responsables des feux ne s’attendaient pas à un résultat de cette envergure, et il a appelé à une enquête immédiate.

Le ministre de l’Intérieur, Elie Yishai, a également demandé une enquête sur l’incident, et déclaré qu’il avait prévenu, à maintes reprises, dans le passé que les capacités d’Israël pour lutter contre le feu étaient les plus mauvaises du monde, et qu’Israël n’était pas équipé pour faire face aux situations urgentes.
Plusieurs pays ont envoyé des équipements et des équipes de secours en Israël après que Netanyahu ait exhorté la communauté internationale à aider Israël à lutter contre cette catastrophe. Des avions et des hélicoptères envoyés par la Grèce, Chypre et la Grande-Bretagne se sont posés en Israël vendredi et ont rejoint les avions bombardiers d’eau israéliens.

Jeudi, la Bulgarie a envoyé 90 pompiers qui ont rejoint leurs collègues israéliens, tandis que la municipalité de New York faisait parvenir du matériel spécialisé pour la lutte contre le feu. Également, la Jordanie et la France ont fait don de matériels et d’équipements similaires, pendant que le Croissant-Rouge de Turquie fournissait 10 000 tentes pour abriter les habitants qui avaient dû évacuer leurs villes.

Les équipes de secours locales et internationales tentent toujours actuellement de circonscrire les incendies qui font rage dans le nord, et au dernier bilan, on compterait 41 morts et des dizaines de blessés. Au moins 12 000 habitants ont été évacués des zones proches des feux.
RAshif Lev, porte-parole du département des pompiers d’Israël, dit que pour la première fois depuis le début des incendies, un signe d’espoir est apparu dans le Carmel après que les flammes dans deux grands secteurs, Nir Etzion et le nord-est du kibboutz Been Oren, aient été maîtrisées ; mais d’ajouter qu’il faudrait plus de temps pour les éteindre complètement.

 

Traduction JPP

Serge Grossvak : J’ose vous écrire


Serge Grossvak

A l’adresse de :
FNDIRP, 10 rue Leroux 75116 Paris.
Union des Déportés d’Auschwitz, 39 bd Beaumarchais 75003 Paris.
Mémorial de Drancy, M. R. Chemouni, 13 rue Arthur Fontaine Cité de la Muette 93 Drancy.

Mesdames, Messieurs,

Vous avez marqué mon enfance, mais je n’aurais jamais pensé vous écrire. Vous avez empli ma jeunesse comme un antidote à l’ombre angoissante des camps de la mort posée sur ma famille juive. Et j’ai entendu votre serment de « ne jamais laisser renaître la bête immonde », « plus jamais ça ».
Aujourd’hui, bien des années plus tard, sans doute aspirez vous à la sérénité. Mais je suis au désespoir tant j’ai le sentiment d’assister à une descente toujours plus bas vers l’odieux, vers ces portes de l’immonde. J’ose vous écrire pour que votre clameur jette un stop, réveille les consciences.
C’est pour un des vôtres, un des nôtres, que m’est venu le sentiment que je devais absolument faire appel à vous. C’est pour Stéphane Hessel. Comment aurait on pu imaginer que cet homme, rescapé de Buchenwald, co-rédacteur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, cet homme des vôtres et de sagesse est aujourd’hui menacé. Menacé en justice ! Menacé « de lui casser la tête » ! Pas par un vulgaire paumé entre deux vapeurs d’alcool, non, par des notables, par des intellectuels, par des avocats ! Par leur qualité, les auteurs de ces bassesses donnent à voir jusqu’où se sont enfoncées les nauséeuses idées.
Stéphane Hessel antisémite ! Il ne faisait, comme moi, qu’appeler à l’action, au boycott pour dénoncer une politique que nous jugeons criminelle. Derrière cet homme, ce sont 80 procès, qui déjà, menacent. Des procès pour faire taire, pour interdire de dénoncer le crime qui se perpétue au Moyen Orient. Des procès totalitaires pour réduire au silence.
Ce silence, ne l’ont-ils pas déjà en partie obtenu par la lâche démission du monde qui renonce à son devoir de justice. Il y a deux ans, 1 gazaoui sur 1000 mourrait sous les bombes, 5 sur 1000 étaient blessés et ne pouvaient pas même bénéficier d’hôpitaux équipés parce que sous embargo. Les enquêtes internationales, officielles, ont révélé des « crimes de guerre, voir contre l’humanité » et pas même un tribunal pour donner suite. Des enquêtes qui révèlent un blocus générant faim, maltraitance avec risques humanitaires… et un lourd silence pour toute suite.
Comment pourrais-je ne pas penser aux évocations par mes parents de ces ghettos en Pologne où régnait la faim, à leur reproche du silence et du manque de solidarité du peuple polonais ?
Je sens s’étendre une volonté et une pratique de négation d’un peuple. Je sens s’étendre une politique de racialisation d’un état et de confiscation des biens terrestres d’un peuple. Je vois accéder aux plus hautes marches du pouvoir un homme appelant à la bombe atomique. Je vois la bête immonde étendre son ombre et menacer la planète d’effacer ses constructions pour faire reculer la guerre par le droit.
Nous avons besoin de l’autorité de votre voix. Nous avons besoin que vous nous offriez un « ça suffit » pour que les sauvages qui menacent Stéphane Hessel soient dévoilés et empêchés de détruire, d’opprimer. Une révolte des consciences est nécessaire. J’ai appris avec bonheur qu’en Israël les députés de la Knesset passent chaque jour devant un mur réalisé par un artiste qui a décidé ce mois ci d’exprimer sa révolte et de se joindre à l’appel au boycott. Ces actes courageux se démultiplient, ils méritent le soutien de vos voix. Nous avons besoin de vos consciences et de votre promesse pour défendre la justice, la paix, la dignité humaine. Nous avons besoin de vos voix pour que prenne conscience une humanité que la radicalisation en cours porte en elle un chemin vers « la bête immonde ».
Le mot de solidarité que vous aurez pour celui des vôtres qu’est Stéphane Hessel sera porteur d’avenir et de message de paix, parce que de justice et de respect.

Avec l’immense remerciement d’un fils d’interné, juif, angoissé de voir comme l’oubli peut vite venir et la facilité pour que la barbarie renaisse.

Veuillez recevoir tout mon respect.

Serge Grossvak
Groslay, le 07 novembre 2010

 

source

Une prochaine guerre pourrait menacer l’existence de l’Entité sioniste ?


Centre Palestinien d’Information

Rapport


Photo: CPI

Lundi 29 novembre 2010

Gaza – CPI

Le vice-ministre israélien de la sécurité, le général en retraite Mitan Filinaï, a dit qu’il y des divisions profondes entre les politiciens concernant la deuxième guerre du Liban, bien qu’elle ait pris fin il y a quatre ans. Ces conflits concernent l’application des conseils donnés ; ils mettent aussi des bâtons dans les roues de ces préparatifs faits pour protéger le front intérieur. En fait, toute guerre à venir fera du front intérieur un vrai terrain de combat, croit-il.

Notre Centre Palestinien d’Information (CPI) a noté l’avis de quelques analystes politiques autour des intentions de l’armée israélienne, concernant les guerres à venir.

Dr. Adnan Abou Amer, expert dans les affaires sionistes, commente les propos du vice-ministre israélien, en disant que le front intérieur israélien est déjà un front de combat pour ce qui est de Gaza, du Golan ou du Sud du Liban. Cependant, ce front n’est pas encore tout à fait prêt. Depuis quatre ans, l’Entité sioniste se prépare à un affrontement à venir, et effectue plusieurs manœuvres, sans arriver à être tout à fait prête quant à son front intérieur.

Toutefois, Abou Amer ne croit pas en une nouvelle guerre imminente, comme le dit le vice-premier ministre israélien.

Le maillon faible

Pour sa part, l’analyste politique Naji Al-Batta croit que le point faible de l’Entité sioniste reste la démographie. L’immigration vers « Israël » est faible. Le taux de naissance est lui aussi faible. Toucher le front intérieur signifie toucher les immigrants venant vers la Palestine. « Les différents gouvernements israéliens font tout pour que le front intérieur soit solide ; une telle solidité permettra une nouvelle vague d’immigrés. »

Toute nouvelle guerre touchera le front intérieur israélien au même niveau que le front militaire. Mais le premier n’est prêt qu’à 40%, dit l’analyste. Il faut construire beaucoup de nouveaux refuges.

En effet, l’Entité sioniste est menacée par les missiles balistiques iraniens. Il y aussi le Hezbollah qui possède des missiles qui pourront atteindre Tel-Aviv. Le mouvement de la résistance islamique Hamas a également développé ses roquettes.

Par ailleurs, les guerres à venir seront des guerres de missiles qui percent la terre à une profondeur minimum de dix mètres. Il souligne que le front intérieur israélien est le maillon faible de la société israélienne, vérifié après les guerres du Liban et de la bande de Gaza.

Al-Batta ne croit pas qu’ »Israël » entamera une nouvelle guerre. « Israël » avait été atteinte dans sa profondeur durant la deuxième guerre du Liban. Le gouvernement a alors confié au ministre de la sécurité la responsabilité de la protection du front intérieur. Mais les discussions ne sont pas terminées sur celui qui portera vraiment cette responsabilité. Ces discussions porteront atteinte de façon remarquable à la capacité de l’armée israélienne dans tout nouvel affrontement.

Disons enfin que l’Entité sioniste se montre comme un missile nucléaire, mais à l’intérieur, elle est hésitante, peureuse, affolée de toutes les frappes qui pourront atteindre pour la première fois sa profondeur stratégique et menacer son existence.

Le Centre Palestinien d’Information – © 2010

Palestine : une tentative de normalisation de l’apartheid, par le « tourisme »


Publié le 26-11-2010

Sous des dehors habilement « Peace and Love », le voyagiste français Voyageurs du Monde (VdM) prête la main à une entreprise de normalisation de l’occupation de la Palestine, avec la caution, non seulement du gouvernement israélien, mais aussi de l’Autorité Palestinienne. 

L’Agence-France-Presse (AFP) et le Figaro ont ainsi fait état d’une conférence de presse de lancement du programme « Israël/Palestine » de Voyageurs du Monde, à laquelle ont apporté leur soutien des représentants de l’Office national israélien du tourisme (ONIT), ainsi que de la Délégation de Palestine en France.

Nous n’avons pas eu l’heur d’assister à la petite cérémonie, au cours de laquelle le tour-opérateur a présenté son programme de voyages individuels dits « combinés », comme une « première ».

Mais nous sommes allés chercher la luxueuse brochure de promotion de VdM, généreusement mise à disposition du public par le voyagiste dans la quinzaine d’agences qu’il anime en France et en Belgique. Il s’agit d’une odieuse fumisterie. Habilement, le voyagiste a choisi de vendre son produit, à une clientèle a priori aisée, prête à dépenser de 2.000 à 4.000 € par personne pour une dizaine de jours, en appréhendant Israël et « Palestine » comme une seule et même entité.

Passée la couverture, où trônent un imam et un rabbin aussi hilares que ridicules, on passe sans transition ni rupture, au fil des pages du catalogue, de Tel-Aviv à Ramallah ou de Jérusalem à Hébron en passant par Haifa et Naplouse. L’espace de quelques minutes de lecture, un miracle a donc lieu. Comme au temps de la Palestine historique, cette petite région de 26.000 kilomètres carrés et forte aujourd’hui de plus de 10 millions d’âmes, a été reconstituée dans son unité, par la grâce de VdM. En fait c’est cool et sympa, « il n’y a pas réellement de frontières », nous assure le guide.

N’accusez pas pour autant VdM de mentir ou de rêver. Il est bien écrit quelque part, par exemple, que Tel-Aviv est en « Israël », et Ramallah en « Palestine ».

Le voyagiste ne cache pas non plus qu’il y a sur le terrain des endroits appelés « check-points ». Cela peut créer des embouteillages, explique-t-il, quand il y a une circulation importante, causée par exemple par les « nombreux » Palestiniens transitant quotidiennement entre Jérusalem et Ramallah. Des banlieusards qui ont des problèmes de banlieusards, en somme ! Mais rassurez-vous, futurs touristes, votre chauffeur trouvera bien une combine pour vous épargner ces désagréments, ose le faussaire préposé à la rédaction.

Au chapitre Hébron, ce dernier s’est surpassé. En lieu et place de la réalité de l’occupation coloniale, où, sous la protection de l’armée israélienne, les Juifs y imposent une vie de terreur aux indigènes palestiniens, VdM nous dit que la ville présente une « particularité », « ville palestinienne et colonies mêlées », et propose, parmi les distractions possibles, une « visite du quartier juif, avec un habitant de la colonie voisine de Kiriat Arba ».

La fraude consistant à habiller l’apartheid israélien au prix de quelques discrètes concessions verbales (en cherchant bien, on trouvera par exemple le mot « Nakbah » dans une chronologie à deux balles) trouve quand même rapidement ses limites.

En 100 pages et autant de photos, ce luxueux document en quadrichromie n’a ainsi pas trouvé de place pour y loger un seul soldat israélien, un seul check-point, un seul camp de réfugiés, et un seul mot sur le martyre du peuple de Gaza. Le négationnisme, c’est en effet très tendance chez ces fils de pub.

Nous ne doutons pas qu’après la lecture de cet article, les vacanciers soucieux de tourisme éthique n’auront aucune envie de donner leur argent à VdM , et boycotteront aussi bien son programme « Israël-Palestine » que ses autres destinations.

CAPJPO-EuroPalestine

Discours d’une mère israélienne devant le Parlement Européen


Dr  Nurit Peled-Elhanan est la maman de Smadar Elhanan, une fille de 13 ans tuée en septembre 1997 lors d’un attentant suicide à Jérusalem.

(JPG) 

Nurit Peled-Elhanan

Nurit a prononcé le discours ci-après à l’occasion de la Journée Internationale de la Femme, organisée en début du mois en cours (juillet 2010) à Strasbourg.

Je vous invite à bien écouter et à comprendre les paroles d’une mère endeuillée par la perte de sa fille, tombée victime d’une attaque terroriste brutale et aveugle. Ainsi, j’ose espérer que ses propos soient assimilés par tous ceux en quête de paix dans notre monde tant agité et divisé.

Pour des jours meilleurs, Professeur Avraham Oz, Université de Haïfa – Département de Littérature Hébraïque et Comparée.

FEMMES

Nurit Peled-Elhanan

Nurit Peled-Elhanan

Permettez-moi, tout d’abord, de vous remercier pour votre invitation à cette journée. C’est toujours un honneur et un plaisir d’être ici parmi vous, au sein du Parlement Européen.

Toutefois, je dois avouer qu’il aurait été plus judicieux si vous aviez invité une femme Palestinienne à ma place, car les femmes qui souffrent le plus dans mon pays sont les femmes Palestiniennes. C’est pourquoi je voudrais dédier mon discours à Miriam R’aban et son époux Kamal de Bet Lahiya dans la Bande de Gaza, dont les cinq petits enfants avaient été tués par des soldats israéliens alors qu’ils cueillaient des fraises dans la fraiseraie familiale. Evidemment, ce meurtre ne sera jamais jugé. Lorsque j’ai demandé aux organisateurs la raison pour laquelle une invitation n’a pas été adressée à une femme Palestinienne, on m’a répondu que cela risquerait de trop focaliser les discussions.

J’ignore ce qu’est la violence non localisée. Je sais par contre que le racisme et la discrimination, bien qu’ils soient des concepts théoriques et des phénomènes universels, ont toujours un impact local. La douleur, tout comme l’humiliation, l’abus sexuel, la torture, la mort et même les cicatrices sont tous locaux.

Cependant, il est quand même déplorable de constater que la violence qu’exercent le gouvernement israélien et son armée sur les femmes Palestiniennes se soit répandue à travers tout le globe. En fait, la violence, quelle soit de l’état ou de l’armée, collective ou individuelle est aujourd’hui le sort des femmes musulmanes, pas uniquement en Palestine, mais partout dans le monde ; dans chaque contrée où le monde occidental émancipé tend et impose son empreinte impérialiste. C’est une violence qui n’est presque jamais abordée et qui est passivement tolérée par la plupart des personnes en Europe et au Etats-Unis. Tout cela parce que le soi-disant monde libre craint la matrice musulmane.

La Grande France, par exemple, dont la devise est « Liberté, Egalité, Fraternité » a peur des petites filles voilées. De son côté, le Grand Israël craint la matrice Musulmane que ses ministres désignent comme une menace démographique.

La toute-puissante Amérique et la Grande Bretagne sont en train de corrompre, respectivement, leurs citoyens en leur transmettant une peur aveugle à l’égard des Musulmans. Ces derniers sont appelés de tous les noms d’oiseaux et décrits comme étant des ignobles, des primitifs, des sanguinaires en dehors du fait qu’ils soient anti-démocratie, chauvins et producteurs en masse de futurs terroristes. Pourtant, les individus qui détruisent le monde aujourd’hui ne sont pas Musulmans ; l’un d’entre eux est un fervent Chrétien, l’autre est Anglican et un troisième qui est juif non pratiquant.

Je n’ai jamais fait l’expérience des souffrances subies chaque jour et chaque heure par les femmes Palestiniennes, et j’ignore la nature de la violence qui transforme la vie d’une femme en un enfer permanent. Ces femmes souffrent le martyre à cause de la torture mentale et physique endurée au quotidien. Elles sont privées de leurs droits humains les plus fondamentaux et du droit de chacun à jouir d’une dignité et d’une intimité. En effet, à n’importe quel moment de la journée, comme de la nuit, leurs maisons sont prises d’assaut et ces femmes, sous la menace de l’arme, sont forcées de se dévêtir, laissées nues devant des étrangers et sous les yeux de leurs propres enfants. Ces femmes, dont les maisons sont démolies, sont privées de tous moyens d’existence et d’une vie familiale normale. Tout cela ne fait pas partie de mon expérience personnelle. Cependant, je suis victime de la violence à l’encontre des femmes dans la mesure où la violence contre les enfants n’est autre qu’une violence contre les mères.

En effet, je considère les femmes Palestiniennes, Irakiennes et Afghanes comme mes sœurs car nous sommes toutes à la merci des mêmes criminels sans scrupule qui se sont autoproclamés leaders du monde libre et émancipé. Hélas, c’est au nom de cette liberté et de cette émancipation qu’ils volent nos enfants.

En outre, un véritable conditionnement et un lavage de cerveau intense ont aveuglé les mères Israéliennes, Américaines, Italiennes et Britanniques. Elles ne peuvent plus réaliser que les seules sœurs et alliées qu’elles peuvent avoir dans ce monde sont les mères Musulmanes Palestiniennes, Irakiennes ou Afghanes, dont les enfants sont tués par les nôtres, ou bien, choisissent de se faire exploser et de voler en morceaux en emportant notre progéniture avec eux.

Elles ont donc perdu la faculté d’analyser puisque leur cerveau a été conditionné ou même infecté par des virus produits par les politiciens. Ces virus, bien que dissimulés sous plusieurs appellations glorieuses comme Démocratie, Patriotisme, Dieu ou Patrie, sont en réalité identiques. Ainsi, ils découlent d’idéologies fausses et erronées visant à enrichir les riches et à donner le pouvoir aux puissants.

C’est pourquoi, nous sommes toutes victimes d’une violence à la fois mentale, psychologique et culturelle qui nous transforme en un groupe homogène constitué de mères endeuillées ou potentiellement endeuillées.

Les mères occidentales, du fait de tous les enseignements qu’elles reçoivent, sont persuadées que leur matrice est un atout national alors que celle des Musulmanes n’est qu’une menace internationale. On leur a malheureusement enseigné de ne jamais s’écrier : « Je l’ai mis au monde, je l’ai allaité, il est à moi et je n’accepterais jamais qu’il fasse partie de ceux dont la vie est ne vaut pas un sou, puisque moins précieuse que le pétrole, et dont l’avenir ne vaut pas un morceau de terre ».

En fait, nous sommes toutes terrorisées par une éducation qui envenime nos esprits et qui nous pousse à croire que tout ce que nous pouvons faire est de prier pour que nos enfants retournent chez eux, ou bien de se montrer fières devant leurs corps sans vie.

Nous avons toutes été, faut-il le souligner, élevées de manière à supporter en silence toutes ces épreuves, à contenir notre peur et notre frustration, à soigner notre anxiété avec le Prozac, mais à ne jamais acclamer Mère Courage en public. Ne jamais être une véritable maman juive, italienne ou irlandaise.

Je suis une victime de la violence d’Etat. Mes droits naturels et civils en tant que mère ont été violés et continuent de l’être car j’appréhende le jour où mon fils, ses 18 ans fêtés, me sera arraché et sera emmené loin de moi pour servir de pion entre les mains des criminels appelés Sharon, Bush et Blair ainsi que leur clan des généraux assoiffés de sang, de pétrole et de terre. Eu égard au monde dans lequel je vis, à l’état dans lequel je vis, au régime auquel je suis soumise, je n’oserais sûrement pas proposer aux femmes Musulmanes des idées pour changer leurs vies. Je ne voudrais pas qu’elles se dévoilent la tête ou qu’elles adoptent une méthode différente pour élever leurs enfants. Je ne me permettrais pas de les conseiller vivement de bâtir et d’instaurer des Démocraties suivant le modèle occidental qui les méprise, elles et les leurs.

Je voudrais seulement leur demander humblement d’accepter d’être mes sœurs. Je voudrais leur avouer que je reste admirative devant leur persévérance et leur courage pour ne pas abandonner, pour continuer à avoir des enfants et surtout, pour préserver une vie familiale empreinte de dignité en dépit des conditions de vie absurdes imposées par mon monde.

Je voudrais également leur assurer que la même douleur qui nous déchire nous a unies car nous sommes toutes victimes de la même violence, même s’il faut reconnaître que leur souffrance surpasse la nôtre puisque ce sont elles que mon gouvernement et son armée, financés par mes impôts, maltraitent et malmènent.

Par ailleurs, je tiens à signaler que l’Islam en soi, comme le Judaïsme en soi et même le Christianisme, ne constituent aucune menace pour moi. Par contre, la véritable menace émane de l’impérialisme américain, de l’indifférence et de la coopération européenne, du racisme israélien et de son système d’occupation hostile. Et c’est le racisme, la propagande pédagogique et la xénophobie imprimée dans les esprits qui incitent et amènent les soldats israéliens, pour des « prétendus » motifs de sécurité à sommer les femmes Palestiniennes, sous la menace de l’arme, de se déshabiller sous les yeux de leurs enfants. C’est aussi l’extrême mépris et manque de respect et de considération qui conduisent les soldats américains à violer des femmes Irakiennes. Les même raisons autorisent les geôliers israéliens à enfermer des jeunes femmes dans des conditions des plus inhumaines et barbares, en l’absence d’un minimum d’hygiène.

Les femmes prisonnières sont privées d’électricité pendant l’hiver, d’eau ou de matelas propres. Pire encore, elles sont séparées de leurs bébés nourris au sein et de leurs petits enfants. Le supplice se poursuit pour ces femmes pour lesquelles le chemin de l’hôpital est barré, celui de l’éducation bloqué, leurs terres confisquées, leurs arbres déracinés, et travailler leurs terres et champs leur est désormais interdit.

J’essaie de me mettre à la place des femmes Palestiniennes, mais je peine à les comprendre ou à comprendre et à sentir leur douleur. J’ignore aussi combien j’aurais survécu à une telle humiliation et à un tel irrespect de la part du monde entier.

Par contre, ce dont je suis entièrement consciente est que la voix des mères à été très longtemps étouffée dans cette planète dévastée par la guerre. Comment peut-on ouïr et témoigner des pleurs des mères si elles ne sont pas invitées à des forums internationaux comme celui d’aujourd’hui ?

Même si tout ce que je possède n’est pas exhaustif, je demeure convaincue, sans jamais l’oublier, que ces femmes sont mes sœurs et que mon devoir envers elles consiste à pleurer pour elles, à me battre pour elles. Il faudrait se rappeler que ces femmes perdent leurs enfants dans des fraiseraies ou sur des routes crasseuses près des check-points. Sur le chemin de l’école, ils sont ciblés par les tirs de nos enfants qui ont été élevés suivant le concept leur dictant que l’amour et la compassion sont liés à la race et à la religion.

Devant toutes ces femmes et tous ces enfants trahis, je ne peux qu’apporter mon soutien tout en reprenant la question d’Anna Akhmatova (une autre femme ayant vécu sous un régime de violence contre les femmes et les enfants) : Pourquoi est-ce que ce filet de sang déchire le pétale de ta joue ?

4 juillet 2010 – JFJFP – Vous pouvez consulter cet article à :
http://jfjfp.com/?p=7720
Traduction de l’anglais : Niha

Source

Tribunal Russell sur la Palestine



Des entreprises complices de crimes de guerre, crimes contre l’humanité, coupables de pillage, de recel et de blanchiment

Lors des deux jours de session à Londres, les 20 et 21 novembre, le Tribunal Russell sur la Palestine a entendu des témoignages implacables sur les activités d’entreprises israéliennes et étrangères opérant en territoires palestiniens occupés.

Ont été décrites les fournitures d’armes, de technologies de contrôle et de surveillance par des sociétés comme Elbit, Edo ITT, G4S, apportant indéniablement une aide aux crimes de guerre commis par l’occupant israélien, notamment lors de l’opération « plomb durci » lancée contre Gaza, et une assistance technologique au contrôle et à l’enfermement des populations civiles palestiniennes en équipant les check points, les prisons.

De nombreux experts ont analysé aussi le système bancaire et financier qui soutient le processus de colonisation illégale : prêts et investissements immobiliers, financements de commerces et de moyens de transport à la destination exclusive des Israéliens et interdits aux palestiniens. Les cas de la banque belgo-française Dexia et les activités du groupe français Veolia ont ainsi été condamnées par le tribunal. La complicité des institutions européennes, déjà condamnées lors de la session de Barcelone, a été rappelée par le financement de programmes européens de recherche technologique sur les armements profitant à Israël. Ce pays est ainsi financé, non seulement par de larges aides militaires américaines mais aussi par des financements européens, et des entreprises d’armement se vantent de produits testés sur les populations palestiniennes et libanaises lors des conflits de Gaza et du Liban.

La destruction et l’exploitation des ressources naturelles et agricoles ont été analysées par des experts dont certains, des Palestiniens, n’ont pas été autorisés par l’occupant à se rendre à Londres mais qui ont fourni leur témoignage par vidéos. Ainsi, Caterpillar dont les bulldozers détruisent non seulement des maisons de Palestiniens mais des terres et exploitations agricoles, Ahava qui exploite illégalement les ressources de la Mer Morte et produit des cosmétiques dans une colonie, Carmel Agrexco qui vend des produits agricoles dans le monde entier sous label israélien alors qu’il s’agit de ressources naturelles palestiniennes, sur des terres volées aux Palestiniens, avec de l’eau ressource précieuse interdite aux Palestiniens… Furent évoquées les conditions de travail proches de l’esclavage réservées aux Palestiniens privés de droits syndicaux et de rémunération minimale, soumis à des drastiques restrictions de déplacement à cause du Mur de séparation et spoliés de leurs terres qu’ils ne peuvent plus cultiver.

Le verdict

Dans ses conclusions, le Tribunal affirme la complicité d’entreprises avec des violations israéliennes des lois internationales avec les colonies illégales, l’érection du mur de séparation, le blocus illégal de Gaza et les opérations militaires israéliennes contre les Palestiniens et notamment l’opération contre Gaza constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Malgré les nombreuses condamnations, Israël continue à violer ce droit avec la complicité d’entreprises.

Le tribunal a noté l’échec des Etats à faire cesser ces violations continues ce qui amène les mouvements citoyens à se tourner vers des actions de boycott, désinvestissement et sanction (BDS). Il s’agit donc de protéger ces citoyens dans leurs actions.

Quant aux entreprises mises en cause, seules trois ont présenté une défense. Les autres n’ont rien argumenté. Parmi celles-ci, le tribunal épingle G4S, Elbit Systems, Caterpillar, Cement Roadstone Holding, Dexia, Veolia Transport, Carmel Agrexco, entre autres, comme coupables de complicité avec les crimes de guerre, crimes contre l’humanité, de pillage, et ces agissements sont susceptibles de poursuites judiciaires .

Le tribunal entend donner ainsi une aide aux citoyens qui veulent faire respecter le droit international et le droit humanitaire par des actions militantes et en justice. Ses conclusions entendent offrir la garantie d’impartialité en se basant sur un cadre légal international bien précis qui est marginalisé par les Etats et les entreprises. Et fournir un cadre légal dans lequel des gouvernements, des entreprises peuvent être amenés à changer leurs politiques et agissements voire de lancer des poursuites au civil et au pénal contre eux. Cela pourrait aider les entreprises à y réfléchir à deux fois avant de poursuivre certaines activités.

Le tribunal souligne enfin que la sécurité d’Israël sera assurée lorsque les Palestiniens auront la reconnaissance de leurs droits. Stéphane Hessel insista sur le fait que la création d’Israël est la réponse à l’événement le plus horrible du siècle passé et que ce pays puisse vivre en paix et déployer ses potentialités est son souhait le plus sincère, mais il regrette de constater que cet Etat ne suit pas la bonne direction.  Le souhait du Tribunal est de l’aider. Afin que cet Etat comme membre de la communauté internationale respecte ses lois, ajoute Mairead McGuire. Et  pour que les entreprises comprennent qu’elles aussi doivent respecter ces règles afin de rétablir le droit.

La prochaine session de ce tribunal aura lieu en 2011 en Afrique du Sud afin d’examiner si Ie crime d’apartheid est applicable à Israël.

Gabrielle Lefèvre

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