Dieudonné à Nantes : « Honte à notre pays. La France n’est plus ce qu’elle était ! »


Publié le 10-01-2014 à 00h14 – Mis à jour à 07h46

Sur le web: Manifestation de colère des fans de Dieudonné devant le Zénith de Nantes – 09/01

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Dieudonné : Valls veut être « efficace dès les premiers spectacles »


Le Monde.fr avec AFP | 05.01.2014 à 04h08 • Mis à jour le 05.01.2014 à 07h06

Dieudonné Mbala Mbala arrive au palais de justice de Paris, le 13 décembre.

Manuel Valls, déterminé à faire interdire les spectacles de Dieudonné, déclare dans le Journal du dimanche qu’il enverra « en début de semaine » prochaine une circulaire aux préfets afin d’être « efficace » dès le début de la tournée de l’humoriste controversé, qui démarre jeudi à Nantes.

Lire la synthèse : La famille Klarsfeld appelle à manifester mercredi à Nantes contre le spectacle de Dieudonné

« La question de l’interdiction est pour moi une manière de pousser le débat », explique le ministre de l’intérieur pour justifier sa décision. Soutenue par le chef de l’Etat François Hollande et le président de l’UMP, Jean-François Copé, cette mesure est critiquée par certains au nom de la liberté d’expression, et jugée difficile à mettre en œuvre juridiquement.

Selon M. Valls, « Dieudonné est profondément anti-Juif », « on n’est plus dans le spectacle, on est dans le meeting ». Il avait déjà annoncé son intention d’interdire les spectacles de Dieudonné – qui s’est encore produit jeudi soir au théâtre de la Main d’or à Paris.

« VALLS A EU RAISON »

La candidate socialiste à la mairie de Paris, Anne Hidalgo, affirme, toujours dans le JDD, être « favorable à l’interdiction de son spectacle et à la fermeture de son théâtre ». Pour autant, elle reconnaît que « la mairie de Paris n’a pas de pouvoir particulier en la matière, hormis la parole des élus et celle du maire », puisque « la Main d’or est un théâtre privé qui ne reçoit aucune subvention municipale ».

Lire le décryptage : Interdire le spectacle de Dieudonné : ce qui est possible ou pas

L’écrivain Bernard-Henri Levy a lui aussi soutenu la position du ministre de l’intérieur dans un entretien publié par Le Parisien dimanche, condamnant des représentations où « on prêche… le négationnisme, la haine des juifs, l’apologie des crimes contre l’humanité – toutes choses que la loi républicaine condamne ».

« Il y a un moment où (…) il est du devoir de la parole publique de dire stop », poursuit l’écrivain. « Valls l’a fait, Valls a eu raison », assure-t-il. « Il n’y a rien de commun, rien, entre le travail d’un humoriste dont la liberté d’expression et donc de provocation est effectivement sacrée, et l’entreprise d’un agitateur néonazi qui fait ouvertement campagne sur des thèmes qui ne sont pas des opinions mais des délits », estime-t-il.

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Égypte : l’humoriste Bassem Youssef fait rager pro-Morsi et pro-Sissi


samedi 26 octobre 2013, par La Rédaction

Son retour était très attendu dans un pays où les médias, quasi-unanimes, célèbrent l’armée qui a destitué le président islamiste Mohamed Morsi : pour sa première émission après quatre mois d’absence, le satiriste Bassem Youssef a de nouveau déchaîné les passions.

Ce vendredi soir, en dépit du couvre-feu qui s’abat à 19 heures sur Le Caire, les cafés étaient bondés de téléspectateurs rivés devant l’émission « El Bernameg » (Le Programme, en arabe), avec une seule question en tête : osera-t-il critiquer l’armée ?

Et à l’issue de 90 minutes de show, celui qui était déjà la bête noire des Frères musulmans pour ses critiques au vitriol du président Morsi, s’est attiré de nouveaux détracteurs : les partisans du général Abdel Fattah Al-Sissi, chef de la toute-puissante armée qui a destitué M. Morsi le 3 juillet.

Revenant sur cet épisode, Bassem Youssef, qui n’a rien raté des médias locaux pendant les quatre mois d’interruption dus à l’été puis au ramadan, épingle leur unanimité, leurs exagérations sur le nombre de manifestants descendus dans les rues pour réclamer le départ de M. Morsi le 30 juin —20, 40, certains évoquent 70 millions.

Il pose aussi la question qui fâche : est-ce une révolution, comme l’affirment les anti-Morsi, ou un coup d’Etat, comme le disent les pro-Morsi ?
Tournant en dérision les arguments des uns et des autres, il affirme, faisant référence à la puissante confrérie des Frères musulmans de M. Morsi, que « quand tu rêves du pouvoir pendant 80 ans et que tu le perds d’un coup, c’est un coup d’Etat ».

Mais, se mettant ensuite en scène dans la peau des militaires déposant M. Morsi, il décrit une transition tout en douceur où les soldats s’adressent au président une rose à la main : « Morsi, baby, tu n’es plus le président… Ce n’est pas de notre faute, mais de la tienne ».
Evoquant ensuite les nouvelles autorités, il se moque d’un président par intérim dont personne ne semble se rappeler le nom —Adly Mansour—, alors que certains multiplient les odes au général Sissi, voire même les chocolats à son effigie.

Mais rire de cette « Sissi-mania » qui s’est emparée de certains Egyptiens n’est pas au goût de tous.
Ainsi, Sameh Seif el-Yazal, expert en stratégie militaire retraité de l’armée, déplore sur Facebook une « attaque directe contre le général Sissi » qui va « bénéficier aux Frères musulmans » contre lesquels les nouvelles autorités assurent mener une « guerre contre le terrorisme ».

Dans un café du faubourg du Moqattam, Ramy Adel, banquier au Caire, est venu regarder l’émission avec des amis. « On dirait que Bassem Youssef n’a pas d’autre but que de se moquer du régime en place », lâche-t-il. « Il ne cherche qu’à saper le prestige de Sissi et de l’armée, c’est horrible ! ».

Ahmed Abdel Alim, lui, a trouvé l’émission « géniale ». « Bassem Youssef a réussi à résumer ce qui se passe sur la scène politique égyptienne de façon objective et courageuse », lance-t-il, enthousiaste. « Il a critiqué tous les dirigeants, même Sissi, et personne n’ose faire ça », poursuit l’homme qui dit ne soutenir ni l’armée ni les Frères.
Celui qui avait été poursuivi en justice sous la présidence Morsi pour ses critiques acerbes contre le chef de l’Etat n’a pas arrêté de brocarder les ex-dirigeants islamistes, aujourd’hui devant la justice ou détenus au secret.

Leila Ibrahim, elle, n’a retenu que les attaques de Bassem Youssef —un « clown », selon elle— contre M. Morsi, qu’elle soutient : « c’est une honte de se moquer de personnes qui sont en prison. C’est lâche de s’en prendre à ceux qui ne peuvent pas se défendre ».

En Egypte où manifestations, affrontements et attentats ont fait plus d’un millier de morts depuis début juillet, les esprits sont encore échauffés et les réseaux sociaux bouillonnent, entre admiration fervente et critiques virulentes. Sur Facebook, des groupes réclament déjà des poursuites judiciaires contre l’humoriste.

Sur Twitter, le principal intéressé a répondu, laconique : « les Egyptiens aiment les blagues et l’ironie, c’est vrai, mais surtout quand elles correspondent à leurs idées ».

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Qatar: peine de 15 ans de prison pour un poète critique du régime


AFP 21 octobre 2013 à 14:35
Le poète a été condamné en cassation à 15 ans de prison.
Le poète a été condamné en cassation à 15 ans de prison. (Photo AFP)

La Cour de cassation de Doha a confirmé lundi la peine de 15 ans de prison prononcée en appel contre un poète qatari pour un poème jugé critique du régime du Qatar, a indiqué à l’AFP l’avocat de la défense.

«Il a été condamné en cassation à 15 ans de prison», a déclaré Me Néjib al-Naïmi. Mohamed Al-Ajmi, alias Iben al-Dhib, avait été arrêté en novembre 2011 pour un poème saluant le Printemps arabe et exprimant l’espoir qu’il s’étende aux monarchies du Golfe.

Condamné le 29 novembre 2012 à la prison à perpétuité pour «atteinte aux symboles de l’Etat et incitation à renverser le pouvoir», sa peine avait été réduite en appel en février dernier à 15 ans de prison.

«C’est un jugement politique et non judiciaire», a déclaré Me Naïmi, ancien ministre de la Justice du Qatar, déplorant que ses appels à rouvrir l’enquête pour rejuger son client n’aient pas eu de suite.

Il a indiqué qu’il espérait «une grâce de l’émir», cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, le dernier recours pour son client qui, a-t-il dit, «croupit en prison depuis deux ans en isolement».

Pendant le procès, l’avocat avait fait valoir qu’il n’y avait «aucune preuve que le poète ait prononcé en public le poème pour lequel il était jugé» et assuré que le texte avait seulement été récité «dans son appartement au Caire».

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Liberté d’expression bafouée en Belgique aussi


A Monsieur Charles Picqué

Bourgmestre

Commune de St Gilles

Bruxelles, le 25 juillet 2013

Monsieur le Bourgmestre,

Cher Charles,

Je viens de recevoir copie d’un courrier émanant de vos services (M.Lemaine, réf 15539, copie jointe) adressé à « Bruxelles Action Palestine », lui refusant l’autorisation de distribuer des tracts au marché de la gare du Midi.

Permettez-moi de vous dire mon inquiétude devant ce refus.

Tout d’abord, le motif invoqué : « la forte affluence que connaît ce marché implique que toutes les conditions nécessaire au maintien de l’ordre public soient requises » me paraît consternant.

En effet, ce n’est pas la première fois que « Bruxelles Action Palestine » distribue des tracts sur ce marché et, à ma connaissance, il n’y a jamais eu un quelconque incident. De plus, suivant mes informations, un avis favorable avait été donné par les services de police.

La motivation de ce refus me paraît donc sans fondement et clairement tenir du prétexte.

D’autre part, cette interdiction est inquiétante du point de vue de la déontologie politique.

En effet, les actions de cette association visent à sensibiliser la population belge au drame que vit le peuple palestinien, opprimé depuis des dizaines d’années par un régime colonialiste qui a détruit plusieurs centaines de villages, qui chaque jour vole les maisons, l’eau et les terres, impose des lois d’apartheid, applique le nettoyage ethnique, utilise systématiquement la torture, même sur des gosses de 12 ans (Rapport de l’ONU du 20/6/2013)… tout en se prétendant démocratique.

Comme disait Desmond Tutu : « On est obligé de réagir devant ce drame. Celui qui se veut, ou se prétend neutre a, en réalité, choisi son camp ».

Monsieur le Bourgmestre,

Cher Charles,

Je ne peux croire que le progressiste que j’ai connu naguère entrave la liberté d’expression de ces citoyens belges qui militent pacifiquement pour les Droits de l’Homme.

En espérant sincèrement que cet incident est à mettre au compte d’une erreur administrative et que, dans le futur, cette association recevra un accueil positif à ses légitimes demandes.

Bien cordialement

Rudi

Surveillance numérique : l’Europe réagit enfin


Le Monde.fr avec AFP | 11.06.2013 à 12h33 • Mis à jour le 11.06.2013 à 13h34

La commissaire européenne Cecilia Malmström va rencontrer l'administration américaine le 14 juin pour demander des comptes sur le programme Prism.

Jusqu’à présent, l’Europe s’était contentée de se dire « préoccupée » par les révélations sur la surveillance des communications aux Etats-Unis. « Nous avons besoin de plus d’informations et nous allons contacter nos homologues américains », avait déclaré vendredi 7 juin la commissaire aux affaires intérieures, Cecilia Malmström.

Mardi 11 juin, la Commission européenne a véritablement réagi pour la première fois, alors que les interrogations grandissent sur les données personnelles des citoyens européens qu’a pu intercepter l’Agence de sécurité nationale américaine (NSA). « La Commission demande un engagement clair de la part des Etats-Unis quant au respect du droit fondamental de tous les citoyens européens à la protection de leurs données personnelles », a déclaré le commissaire à la santé, Tonio Borg.

TRANSFERTS DE DONNÉES EN VRAC

Il a précisé que le sujet sera discuté avec « fermeté et détermination » par Mme Malmström avec l’administration américaine, lors d’une réunion prévue à Dublin le vendredi 14 juin. « Nous allons demander des éclaircissements et demanderons si l’accès à des données personnelles dans le cadre du programme Prism se limite à des cas individuels reposant sur des soupçons fondés et spécifiques ou s’il s’agit d’un transfert de données en vrac », a-t-il ajouté.

Voir notre infographie : Comprendre le programme « Prism »

Entre 2007 et 2011, les sites de Microsoft, Google, Yahoo!, Facebook, YouTube, Skype, AOL et Apple ont commencé à être intégrés dans Prism, un programme secret de la NSA, afin que ses analystes puissent consulter directement et en temps réel courriels, conversations, photos, vidéos et chats internet sur ces sites.

Le président américain, Barack Obama, a indiqué qu’il « ne s’appliquait pas aux citoyens américains » ni aux « personnes qui vivent aux Etats-Unis », laissant penser que les données des Européens seraient concernées.

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Des journalistes syriens refusent de «tuer par la parole» pour Bachar el Assad


Publié le 28.12.2012, 19h05 | Mise à jour : 29.12.2012, 00h33

Lama al Khadra, Kamal Jamal Beck et Baddour Abdel Karim travaillaient tous pour une radio syrienne publique avant de fuir le pays. Aujourd'hui réfugiés à Paris, ils dénoncent les manipulations médiatiques du régime de Bachar el Assad.

Lama al Khadra, Kamal Jamal Beck et Baddour Abdel Karim travaillaient tous pour une radio syrienne publique avant de fuir le pays. Aujourd’hui réfugiés à Paris, ils dénoncent les manipulations médiatiques du régime de Bachar el Assad. | AFP / Pierre Verdy

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Plusieurs journalistes ont fui la Syrie pour Paris. Ils affirment avoir été forcés de manipuler l’information pour le compte du régime de Bachar el Assad.

Lama al-Khadra résume son travail à Radio Damas d’une phrase : «Notre mission était de tuer par la parole». Avec deux autres responsables de cette radio officielle syrienne, elle a fait défection  pour rejoindre le camp de l’opposition au président Bachar el-Assad.

«C’est difficile de toujours porter un masque, ne rien montrer, penser, parler, comme eux, les hommes du régime», confie-t-elle après la lecture solennelle d’une déclaration de défection dans l’arrière-boutique d’une librairie du centre de Paris.

Pendant des mois, cette responsable des programmes politiques et culturels de Radio Damas, la radio publique historique en Syrie, a dû «mettre des mots» sur les opposants au régime. «Il fallait se cantonner aux dépêches de Sana (l’agence officielle de presse syrienne), et dénigrer les opposants, ce n’est pas facile», assure-t-elle. Lama écrit alors «groupes armés» pour «manifestants», «complot» pour «contestation».

«Beaucoup de journalistes vivent la souffrance du peuple»

La journaliste décrit un climat de paranoïa générale dans la rédaction, où on n’ose regarder que les télévisions officielles : «Il était dangereux de regarder al-Jazeera sans passer pour un révolutionnaire. Au sein des rédactions des médias officiels, beaucoup de journalistes vivent la souffrance du peuple», assure-t-elle.

Kamal Jamal Beck, directeur des programmes de la radio et également patron du site internet de la radio et de la télévision, affirme avoir été «interrogé à trois reprises par les services secrets».

«Travailler pour un média d’Etat en Syrie, c’est comme être dans une prison invisible», confesse Baddour Abdel Karim, ancienne patronne du service culture de la radio. «Nous n’étions plus journalistes», regrette-t-elle, décrivant une rédaction où «certains soutiennent le régime et ne s’en cachent pas, d’autres restent en place parce qu’ils n’ont pas le choix».

17 journalistes tués dans le pays depuis le début du conflit

Avec l’aide des autorités françaises, les trois journalistes ont quitté la Syrie pour le Liban, avant de rejoindre cette semaine Paris. «Pour nous, assoiffés de liberté, le départ est amer», disent-ils. Mais ils ne veulent plus rester en Syrie, «avec des balles dans la bouche». Ils vivent désormais dans la banlieue sud de Paris et rêvent de lancer une nouvelle radio, «embryon d’une future radio publique de l’après-Assad»
Tous trois veulent, avec la Coalition nationale syrienne, la principale instance de l’opposition, créer une radio qui «prenne le pouls de la révolution syrienne pour renforcer l’union nationale entre les Syriens».

Depuis le début de la contestation qui a tourné à la guerre civile, des dizaines de journalistes ont fait défection. La plupart ont quitté leur poste en toute discrétion et ont pris la route de l’exil, en Turquie, en Jordanie ou au Liban comme des centaines de milliers de Syriens. D’autres, telle l’ancienne présentatrice Ola Abbas partie en juillet de la chaîne officielle d’informations télévisées en continu Al-Ikhbariya, ont déserté le micro et l’ont fait savoir. Pour tous ceux qui continuent de se rendre au siège de la radiotélévision d’Etat, place des Omeyyades, dans le centre de Damas, l’enlèvement ou l’assassinat par les rebelles sont des menaces de plus en plus fortes.

17 journalistes professionnels, étrangers et Syriens, et 44 citoyens-journalistes ont été tués depuis le début du conflit en mars 2011 en Syrie, «cimetière des acteurs de l’information».

La Russie prône un dialogue entre Bachar el Assad et l’opposition

Seule grande puissance aux relations étroites avec le régime syrien, la Russie a pressé vendredi le président Bachar el-Assad de dialoguer avec l’opposition en vue de résoudre le conflit et multiplie les contacts avec tous les acteurs de ce dossier. «Nous avons activement incité, comme nous le faisons depuis des mois, le régime syrien à faire le maximum pour concrétiser ses intentions de dialoguer avec l’opposition», a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, lors d’une conférence de presse à l’issue d’une rencontre avec son homologue égyptien, Mohamed Amr.

Le chef de la diplomatie russe a également déclaré que Moscou refusait toujours de soutenir les appels de certains pays à la démission du président Assad, réaffirmant que cette question revenait au peuple syrien. La Russie, de facto l’un des derniers soutiens du régime de Damas auquel elle vend des armes, multiplie les contacts ces derniers jours à propos du dossier syrien. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, a indiqué à l’agence Ria Novosti que Moscou avait envoyé une invitation au chef de la Coalition de l’opposition syrienne, Moaz El-Khatib, afin de participer à des négociations en vue d’un règlement du conflit. Mais l’opposition syrienne a toujours exigé, comme préalable à tout dialogue, le départ de Bachar el-Assad.

VIDEO. Moscou presse Assad de dialoguer avec l’opposition
vidéo ici à la fin du texte 

L’incompréhensible sanction contre un journaliste marocain


Baudouin Loos

Omar Brouksy se souviendra du reportage effectué à Tanger lors des élections partielles du 4 octobre pour le compte de l’Agence France Presse. Dès le lendemain, en effet, le gouvernement marocain a annoncé sa décision de retirer à notre collègue son accréditation. Sa faute ? « Une dépêche anti-professionnelle, comportant des allégations mêlant l’institution monarchique à cette compétition électorale », dixit Mustapha al-Khalfi, le ministre de la Communication.

Ah ! le roi… En l’espèce, la phrase incriminée évoquait la participation au scrutin de candidats « proches du palais royal ». Etait-ce donc, comme l’a dit le ministre, « des allégations infondées, irresponsables et en opposition avec les traditions d’un prestigieux établissement de presse » ? Que nenni ! Les candidats en question font partie du Parti authenticité et modernité, fondé par Fouad Ali El Himma, dont tout le monde au Maroc sait l’amitié que lui porte le roi Mohammed VI. Tout le Maroc avait d’ailleurs interprété la création du PAM en 2007 comme procédant d’une volonté royale…
« J’ai été très surpris par la décision de me retirer mon accréditation, nous confie Omar Brouksy. Mon papier n’avait pas du tout pour objectif de porter atteinte à quiconque. Cette sanction, non justifiée par une faute professionnelle, est injuste. J’espère que les autorités reviendront sur leur décision. »
Omar Brouksy connaît la musique : en entrant à l’AFP en 2009, il avait dû attendre un an et demi pour être accrédité. Il est vrai qu’il venait du Journal hebdomadaire, dont il était rédacteur en chef, poussé à la fermeture en 2009 pour son indépendance qui confinait à l’impertinence.
LE SOIR, Bruxelles

Des journalistes créent une « coordination » au sein de la TV syrienne


28 septembre 2012

 

Le site All4Syria rapporte, le 26 septembre, que, « dans une initiative sans précédent,des Syriens travaillant au sein de la télévision d’état viennent de créer une coordination sur Facebook, sous le nom de « Coordination de la TV syrienne ». Ils lui ont donné pour slogan « Ensemble pour nous réapproprier et pour libérer l’information nationale ».

Logo de la Coordination de la TV syrienne

Ouverte le 20 septembre, la page se présente ainsi : « Employés de l’Office de la Radio et de la Télévision Arabe Syrienne (ORTAS) et partisans de la liberté, nous voulons œuvrer à travers cette page à dévoiler en continu les crimes médiatiques du régime et à servir sur ce site la glorieuse révolution en cours. Nous y publierons les informations importantes et graves qui nous parviennent chaque jour. Nous contribuerons ainsi à creuser la tombe de ce régime criminel. Beaucoup de fonctionnaires respectables souffrent en silence de ne pouvoir diffuser les nouvelles qu’ils détiennent. Il est de notre devoir de mettre leur rôle en lumière ».

Dans ses premiers postes, la page offre une description précise de ce qui se déroule dans les coulisses de la télévision et de l’ambiance de travail qui y règne. Elle affirme que « des éléments de la sécurité sont présents en permanence dans la totalité des salles et des studios, au sein du bâtiment de la radio et de la télévision, y compris durant les diffusions en direct. On en dénombre au minimum 200 dispersés parmi les fonctionnaires. Ils sont périodiquement relevés. On leur a affecté des salles, et les plus importants d’entre eux disposent de toilettes particulières. Ils ne sont pas autorisés à quitter les lieux pour rentrer chez eux. Les employés de l’ORTAS peuvent voir les moukhabarat étaler leur lessive au sein du bâtiment, comme ils le feraient dans une caserne normale. D’autres éléments, chargés de la protection des lieux, sont positionnés à l’extérieur et aux portes d’entrée destinées aux piétons, aux voitures et aux visiteurs ».

Siège de l’ORTAS

Mardi 23 septembre, elle rappelait que « les arrestations ont commencé dans l’ORTAS avec l’ingénieur Saïd Derki, qui avait filmé et diffusé des vidéos montrant le chef de l’Etat sur l’estrade de la place des Omeyyades, face au bâtiment de la TV. Ils démontraient que, contrairement à ce que le la télévision officielle avait diffusé, les lieux étaient quasiment vides, la foule n’étant pas au rendez-vous ». A moins que, comme précédemment suggéré sur ce blog, les services de sécurité aient préféré alors ne pas regrouper trop de menhebbakjieh, les adorateurs de Bachar, parmi lesquels pouvaient se faufiler des perturbateurs, des provocateurs ou des terroristes échappant à leur contrôle.

Le même jour, elle dressait une première liste des collègues arrêtés par lesmoukhabarat : Saïd Derki, Hassan Mahara, Mohammed Chihab, Haytham Asfari, Mohammed Qaddah, Marwan Qadiri, Hicham Mousallali, Ayham Abdel-Razeq, Ahmed Bakdach, Basem Kilani et Mohammed Idelbi… Certains d’entre eux avaient été détenus 2 mois, d’autres 3. Ils avaient été accusés d’avoir insulté le président, d’avoir aidé l’Armée Syrienne Libre, d’avoir utilisé Internet, d’avoir fourni des secours aux réfugiés, d’avoir participé à des manifestations de protestation – des mouzâharât, strictement prohibées en Syrie, alors que les masîrât, marches de soutien au pouvoir, sont chaudement encouragées, autrement dit obligatoires pour les élèves, les étudiants, les travailleurs et les fonctionnaires de l’Etat… – et d’avoir insulté des agents des forces de sécurité ».

Une vue de la place des Omeyyades prise par Saïd Derki

La nouvelle coordination a couvert, mercredi 26 septembre, l’explosion qui a visé le siège de l’Etat-major, postant les informations suivantes :
1 / Mercredi 26.09.2012 au matin, au moment où s’est produit l’attentat contre le bâtiment de l’Etat-major, proche de la place des Omeyyades, des éléments de la sécurité qui assuraient la garde de l’ORTAS ont tiré au hasard des coups de feu.
2 / Mercredi 26.09.2012 au matin, en raison de cet attentat, l’entrée et la sortie du bâtiment de l’ORTAS, qui donne sur la place des Omeyyades, ont été interdits.
3 / Mercredi 26.09.2012 au matin, dès l’explosion intervenue à l’Etat-major, proche de la place des Omeyyades, les programmes ont été arrêtés et remplacés par la diffusion de documentaires et de films d’archives sur la 1ère chaîne et sur le canal satellitaire, pour préparer la diffusion en directe des images de l’attentat et des analyses. Elles avaient été précédées par les chaînes Al Manar (du Hizbollah libanais) et Al Akhbariya.

Un journaliste de TV Orient a reçu un message sollicitant son aide à la diffusion de la page de la coordination. Ce message se lit ainsi :
« Cher collègue…
Nous sollicitons ton aide à la diffusion de la page que nous venons de créer sous le nom de « Coordination de la TV syrienne », à l’adressehttps://www.facebook.com/tvsyria. Nous travaillons toujours à l’ORTAS et nous craignons d’être découverts si nous la postons sur nos comptes personnels. Nous espérons que tu pourras nous aider à dévoiler les pratiques tordues dont nous sommes victimes. Nous apprécierons aussi toute critique de la situation des médias syriens sous le règne du régime en place. Nous sommes preneurs de toute orientation destinées aux journalistes qui pourraient contribuer à soutenir la révolution ».

Logo de l’Association des Journalistes syriens

Il n’est pas inutile de rappeler que des journalistes appartenant à tous les médias ont créé, il y a quelques mois, une « Association des Journalistes syriens », une nouveauté absolue en Syrie. Elle était destinée à exprimer leur refus des contraintes imposées par le syndicat unique des gens de presse, placée sous le contrôle théorique du parti Baath mais sous la surveillance effective des moukhabarat, et à organiser leur travail d’information dans des conditions répondant davantage à leur éthique professionnelle.

Cette tentative d’organisation des rangs de la profession fait partie de toute une série d’initiatives prises, en Syrie, depuis le début de la révolution, en vue de permettre aux membres de différentes professions – médecins, ingénieurs, professeurs, avocats… – d’organiser leur travail de manière indépendante du gouvernement.

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