Sauvons l’Internet mondial


<http://www.avaaz.org/fr/save_the_internet_fr/?cl=1395469974&v=11172>
Le Congrès des États-Unis débat en ce moment d’une loi qui lui donnerait le pouvoir de censurer l’Internet mondial en instaurant une liste noire qui pourrait inclure YouTube, WikiLeaks et même Avaaz! Si nous soutenons maintenant des membres clés du Congrès opposés au texte, nous pouvons vaincre cette tentative de censure globale d’Internet. Cliquez ci-dessus sur le lien avaaz pour aider à lancer une pétition mondiale sans précédent en faveur d’un Internet libre et ouvert:


Le Congrès des États-Unis débat en ce moment d’une loi qui lui donnerait le pouvoir de censurer l’Internet mondial en instaurant une liste noire qui pourrait inclure YouTube, WikiLeaks et même Avaaz!

Si cette nouvelle loi entrait en vigueur, Les États-Unis pourraient obliger les fournisseurs d’accès à Internet à bloquer tout site suspecté de violer la législation sur le droit d’auteur ou sur les marques, ou de ne pas suffisamment contrôler l’activité de ses utilisateurs. Comme une très grande partie des serveurs et installations de l’Internet mondial est située aux États-Unis, leur liste noire s’attaquerait à l’Internet libre pour nous tous.

Le vote est attendu d’un jour à l’autre, mais nous pouvons contribuer à arrêter cette attaque. Des membres du Congrès font tout pour défendre la liberté d’expression et nous indiquent qu’un tollé mondial pourrait renforcer leur position. Faisons résonner nos voix des quatre coins du monde et lançons de toute urgence une pétition mondiale sans précédent appelant les décideurs aux États-Unis à rejeter le texte et à stopper la censure d’Internet. Cliquez ci-dessous pour signer la pétition, puis diffusez-la aussi largement que possible, notre  message sera remis en mains propres à des membres clés du Congrès des États-Unis avant le vote décisif.

http://www.avaaz.org/fr/save_the_internet_fr/?vl <http://www.avaaz.org/fr/save_the_internet_fr/?cl=1395469974&v=11172>

Depuis des années, le gouvernement américain condamne des pays comme la Chine et l’Iran qui répriment les utilisateurs d’Internet. Mais aujourd’hui, l’impact de cette nouvelle loi de censure aux États-Unis pourrait être bien pire, avec le blocage pur et simple de sites auxquels aucun utilisateur dans le monde n’aurait plus accès.

L’an dernier, une loi de censure d’Internet similaire avait été enterrée avant d’atteindre le Sénat des États-Unis, mais elle est de retour sous une forme différente. Des lois sur le droit d’auteur existent déjà et sont appliquées par les tribunaux. Mais cette nouvelle loi va beaucoup plus loin en permettant au gouvernement et aux grandes entreprises d’exercer un pouvoir énorme sur les fournisseurs de services et les moteurs de recherche, obligés de bloquer des sites internet sur la base de simples allégations de violation du droit, sans procès ni aucune déclaration de culpabilité!

Les défenseurs de la liberté d’expression aux États-Unis ont déjà sonné l’alarme, et plusieurs Sénateurs clés tentent de rallier suffisamment de soutien pour arrêter cette loi dangereuse. Nous n’avons pas de temps à perdre. Mobilisons-nous à leurs côtés pour faire en sorte que les législateurs américains préservent le droit à un Internet libre et ouvert comme moyen essentiel pour les peuples du monde d’échanger des idées, communiquer et oeuvrer ensemble à la construction du monde que nous voulons tous. Signez ci-dessous pour stopper la censure aux États-Unis et sauver Internet tel que nous le connaissons:

http://www.avaaz.org/fr/save_the_internet_fr/?vl <http://www.avaaz.org/fr/save_the_internet_fr/?cl=1395469974&v=11172>

Ces derniers mois, du Printemps arabe au mouvement mondial « Occupy », nous avons vu de nos propres yeux comment Internet peut galvaniser les gens, unifier et changer le monde. Aujourd’hui, si nous agissons ensemble, nous pouvons arrêter cette attaque contre la liberté d’Internet. Nous l’avons déjà fait: au Brésil et en Italie, les membres d’Avaaz ont remporté de grandes victoires dans la lutte pour l’Internet libre. Portons la lutte au niveau mondial et mobilisons-nous pour mettre en échec la plus grave menace de censure à laquelle Internet n’ait jamais fait face.

Avec espoir,

Luis, Dalia, Diego, Emma, Ricken, Aaron, Antonia, Benjamin et le reste de l’équipe d’Avaaz

Plus d’informations:

L’empire Hollywood attaque Internet (Owni)
http://owni.fr/2011/11/14/etats-unis-preparent-fin-internet-pipa-sopa-protect-ip-act/

Les géants du web US vent debout contre une loi sur le piratage (L’expansion)
http://lexpansion.lexpress.fr/high-tech/les-geants-du-web-us-vent-debout-contre-une-loi-sur-le-piratage_270811.html

Ce mercredi, c’est la « Journée de la censure américaine » (NouvelObs)
http://tempsreel.nouvelobs.com/vu-sur-le-web/20111116.OBS4632/ce-mercredi-c-est-la-journee-de-la-censure-americaine.html

Piratage : l’examen de la loi américaine débute sous un déluge de critiques (Numérama)
http://www.numerama.com/magazine/20593-piratage-l-examen-de-la-loi-americaine-debute-sous-un-deluge-de-critiques.html

Les États-Unis s’apprêtent à voter une nouvelle loi anti-piratage (Clubic)
http://pro.clubic.com/legislation-loi-internet/telechargement-illegal/actualite-458318-stop-online-privacy-act.html

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Avaaz est un réseau citoyen mondial de 10 millions de membres qui mène des campagnes  visant à ce que les opinions et les valeurs des peuples influent sur les décisions mondiales. (« Avaaz » signifie « voix » dans de nombreuses langues). Nos membres sont issus de tous les pays du monde; notre équipe est répartie sur 13 pays et 4 continents et travaille dans 14 langues. Pour découvrir certaines de nos plus grandes campagnes, cliquez ici <http://www.avaaz.org/fr/highlights.php/?footer>  ou suivez-nous sur Facebook <http://www.facebook.com/Avaaz>  ou Twitter <http://twitter.com/Avaaz> .

Dites non à ACTA


ACTA: s’informer et agir !

À l’occasion du Free Culture Forum à Barcelone, La Quadrature du Net publie trois films pour informer les citoyens et les inciter à se mobiliser contre ACTA, l’accord commercial anti-contrefaçon.

ACTA est un danger pour les libertés fondamentales des utilisateurs d’Internet, ainsi que pour la libre concurrence et la compétitivité des entreprises de l’Internet. Le Parlement européen décidera bientôt s’il donne son consentement à ACTA, ou s’il le rejette une fois pour toutes.

Tout citoyen peut aider à contrer ACTA en diffusant cette vidéo sur Internet, en incitant ses concitoyens à agir et en contactant ses élus.

Renseignez-vous sur ce dangereux accord sur http://lqdn.fr/acta.

Pour savoir comment agir contre ACTA maintenant, rendez vous sur notre wiki.

Charlie Hebdo essaie de remonter ses ventes grâce à Mahomet


lundi 31 octobre 2011

Charlie Hebdo est mal en point. Cela ne marche pas fort. Alors, on remet un petit coup de Mahomet. Technique bien connue des amateurs. Que feraient-ils sans l’Islam, les pauvres ?

Mais il fallait trouver un « habillage » comme on dit dans le métier. Alors pour le prochain numéro, ils annoncent « fêter la victoire du parti islamiste Ennahda en Tunisie » en mettant en couverture une caricature du prophète Mahomet.

Et pourquoi pas celle des islamistes en Libye, puisque ce sont leurs potes BHL et Sarko qui les ont mis sur le trône à coups de bombardements sur les populations civiles ?

Ah non, Charlie préfère cibler les révolutions populaires et les choix démocratiques. D’ailleurs, le peuple, c’est vulgaire. Pas comme cet hebdo qui ne sait plus comment vendre ses éructations, et qu’on oserait même pas mettre dans ses chiottes !

http://www.leparisien.fr/actualite-people-medias/la-polemique-s-amplifie-autour-du-prochain-numero-de-charlie-hebdo-31-10-2011-1695491.php

CAPJPO-EuroPalestine

SOUHAIL CHICHAH N’EST NI ANTISÉMITE NI NÉGATIONNISTE.


Points critique n° 314 de mars 2011.

Jacques Bude, ancien professeur de psychologie sociale à l’ULB, nous a adressé ce courrier en réaction à l’article « Une radicalité identitaire? » d’Alain Mihàly paru dans Points critiques n°311 de décembre 2010 (dans le cadre du dossier « De la libre expression ».

SOUHAIL CHICHAH N’EST NI ANTISÉMITE NI NÉGATIONNISTE.

J. Bude

Dans son article Alain Mihàly ne rapporte pas le moindre propos explicitement antisémite ou négationniste qu’aurait tenu Souhail Chichah. Il est dès lors inacceptable de proférer ou d’insinuer à son encontre les accusations infamantes d’antisémitisme et de négationnisme.

Mais avant d’aborder l’univers étouffant et alambiqué de l’exégèse obsessionnelle – « (du) décryptage (d’une) stratégie discursive … (où) il faudra considérer qu’aucun des propos tenus n’est ni dénué de sens ni anodin » – attardons-nous un moment dans l’apaisante banalité des faits avérés.

J’ai écouté et réécouté l’enregistrement des interventions de Souhail au cours du débat sur la liberté d’expression dont on se serait bien passé. Je n’y ai absolument rien détecté d’antisémite ou de négationniste. Vérifications faites, je suis loin d’être le seul de cet avis. De plus, je connais Souhail depuis très longtemps et je ne lui connais pas le moindre propos antisémite ou négationniste. Mais il y a mieux.

Une amie, Barbara membre de l’UPJB, enseignait dans une école d’Anderlecht dont les élèves sont en quasi totalité issus de l’immigration maghrébine ou turque. Elle avait constaté que dans leur esprit, il y avait incompatibilité totale entre un musulman et un Juif ainsi qu’une animosité abstraite mais bien réelle et croissante envers les Juifs. Barbara m’a demandé de venir dans son école, accompagné si possible d’une personne issue de l’immigration musulmane, afin de répondre aux questions de ses élèves. Je m’y suis rendu avec Souhail. Grâce à la vivacité d’esprit des élèves et à l’humour décapant de leur capacité d’autodérision, nous avons passé une après-midi très agréable et incroyablement instructive.

À l’évidence, ces jeunes adolescents ne parvenaient pas à concevoir que des Musulmans et des Juifs puissent être des amis. À leurs yeux, tous les musulmans de l’immigration étaient des petits commerçants, artisans, ouvriers généralement pauvres et peu instruits, alors que tous les Juifs étaient membres de professions libérales ou patrons généralement riches et très instruits. Il leur semblait aller de soi que tous les Musulmans étaient pro-Palestiniens et anti-Israéliens et qu’à l’inverse, tous les Juifs étaient pro-Israéliens et anti-Palestiniens.

Ils n’en revenaient pas que Souhail et moi étions amis, tous deux athées et issus du même milieu social – nos pères étaient tous deux manœuvres dans la sidérurgie, le sien aux hauts fourneaux de Clabecq et le mien à ceux d’Ougrée Marihaye -. Ils étaient sidérés d’apprendre qu’en 1940, plus de 90% des Juifs qui résidaient en Belgique étaient des étrangers, pour la plupart d’immigration récente constituée en grande majorité de petits commerçants, d’artisans indépendants, d’ouvriers peu qualifiés qui habitaient dans les quartiers où vivent aujourd’hui des immigrations qui leur ont succédé. Ils ne tarissaient pas de questions sur cette immigration juive. Mais il n’a plus été question d’incompatibilité entre Juifs et Musulmans ni de ce que tous les Juifs étaient puissants, riches et instruits.

Je souligne au passage que Souhail porte autant d’attachement et de respect à son milieu d’origine que moi au mien et que comparer l’immigration juive des années 1920 et 1930 à celle de ses parents, n’a rien d’insultant, bien au contraire.

C’est peu dire que Barbara, Souhail et moi étions sous le charme. Barbara a immédiatement proposé d’élargir l’audience aux autres élèves de l’école, leurs parents et particulièrement aux autres enseignants. Une date a été fixée, une salle communale d’Anderlecht réservée et des affiches ont été apposées. La veille de la séance, sans nous prévenir, la salle nous avait été retirée et la mention « annulé » barrait les affiches. L’explication donnée à Barbara était qu’on ne pouvait fournir une tribune communale à l’antisémitisme et, pour faire bonne mesure, il lui a été vivement conseillé de ne pas faire de vagues. Cette annulation venait directement du bureau de Jacques Simonet sur lequel des membres anderlechtois de la communauté juive avait fait pression.

On le voit, l’aveuglement des obsessionnels de l’antisémitisme n’est pas neuf. Il s’est toutefois exacerbé ces dernières années.

Ce qui nous ramène à l’article d’Alain Mihàly. Les accusations d’antisémitisme et de négationnisme qui y sont proférées ou plutôt insinuées à l’encontre de Souhail, se fondent sur une accumulation d’amalgames et de procès d’intention qu’apparemment il considère comme une démonstration.[1]

Parmi les multiples amalgames, je ne mentionnerai que mon préféré: « SC (Souhail pour Alain Mihàly) a, en deux mots, ‘condamné’ comme ‘racistes’ les propos de Dieudonné, moralement s’entend et non politiquement et a qualifié leur auteur de ‘bouffon’, ce qui enlève quelques degrés de gravité à cette condamnation et appartient, sans contexte, au lexique des défenseurs de l’ex-humoriste ». Donc, pour autant que j’y comprenne quelque chose, en qualifiant Dieudonné de raciste et de bouffon, Souhail se range parmi ses défenseurs.

Parmi les procès d’intention: Pourquoi Souhail dit-il, redit et redit-il qu’il n’est pas antisémite? Parce qu’il ne l’est pas? Que non! Il s’agit de « la stratégie discursive mise en œuvre par SC (dont) le but est … d’évacuer la possibilité même d’être inquiété pour cause d’antisémitisme. »; « L’association de l’adjectif ‘sales’ et du substantif ‘Juifs’ … ne pouvait que faire penser à … ‘sales Juifs’ et SC ne pouvait l’ignorer. »; Après avoir cité le raisonnement boiteux de Souhail qui se voulait sans doute provocateur – « Moi, la question du négationnisme, elle ne m’intéresse pas. D’ailleurs, je n’ai pas d’avis puisqu’il est interdit d’avoir un avis dessus donc en tant que légaliste, je m’en tiens à la vérité officielle. » – Alain Mihàly commente: « Cette proposition n’est pas négationniste ‘au premier degré’ et son auteur n’a pas manqué d’insister ultérieurement sur sa reconnaissance du judéocide. Elle est cependant volontairement ambiguë puisque construite sur un mensonge juridique conscient. »

À mes yeux, cette tortueuse et incompréhensible litanie d’amalgames et de procès d’intention démontre uniquement à quel point Alain Mihàly est obsédé par l’antisémitisme.

Tant ce qu’il dit me paraît tortueux et incompréhensible, tant ce qu’il ne dit pas me paraît limpide. Il est pour le moins étonnant qu’il qualifie de « scories médiatiques … hors propos » la Lettre ouverte officielle adressée aux Autorités académiques de l’ULB par M. Sosnowki en tant que Président du CCOJB et publiée dans Le Soir ainsi que la pétition adressée aux mêmes Autorités qui y fait suite et qui a recueilli plus de 1.500 signatures. Or, sans cette Lettre ouverte, le débat sur la liberté d’expression serait méritoirement passé inaperçu, il n’y aurait pas eu de pétition et l’article d’Alain Mihàly tout comme d’ailleurs le dossier dont il fait partie, n’auraient pas existé. En fait, cet article et la lettre de M. Sosnowski sont indissociables.

La projection d’un documentaire sur Dieudonné n’aurait pas dû  s’inscrire dans un débat sur la liberté d’expression. Le Librex aurait dû prendre en compte le fait que depuis des décennies l’invocation de la liberté d’expression est l’un des instruments privilégiés de la propagande négationniste dont le but est de dédouaner l’extrême droite raciste. Souhail dont la prudence n’est manifestement pas la qualité majeure, n’aurait pas dû s’aventurer à débattre de la liberté d’expression sur ce terrain piégé. Mais de là à l’accuser d’antisémitisme et de négationnisme, il y a une ligne rouge qu’Alain Mihàly n’aurait jamais dû franchir, d’autant moins qu’il le fait avec de bien tristes « compagnons de route ».

Dès le lendemain de ce regrettable débat, M. Sosnowski Président du CCOJB adresse officiellement aux Autorités académiques de l’ULB et au journal Le Soir une Lettre ouverte dont voici l’essentiel: « M. Chichah, assistant à l’ULB, n’arrêtera pas de franchir la ligne rouge par des propos vomitifs sur la Shoah ou sur les Juifs venus des pays de l’Est pour fuir les nazis, les qualifiant de ‘sales’. » … « Monsieur Van Damme, je vous accuse … (d’avoir laissé) la haine du Juif se développer dans l’enceinte de l’ULB, … ». « En temps que membre du corps académique de l’ULB, j’ai honte qu’un assistant de notre université soit autorisé à gaver ses étudiants de propos haineux. » « Cette soirée nauséabonde … nous aura appris une fois de plus que certains, par haine d’Israël, remettent en cause, sans complexe, la Shoah et menacent la dignité des Juifs. »[2] L’intention de nuire est évidente.

Parmi les « scories médiatiques … hors propos », Alain Mihàly place également une « pétition de soutien à SC ». C’est tout ce qu’il dit d’une pétition adressée aux Autorités académiques de l’ULB qui a recueilli plus de 1500 signatures et dont voici l’essentiel: « Nous, étudiants et chercheurs/professeurs de l’Université Libre de Bruxelles et nous, citoyens, demandons aux Autorités académiques de prendre leurs responsabilités face à la campagne diffamatoire de M. Sosnowski à l’encontre de M. Chichah et de M. Van Damme(; …) de rétablir M. Chichah et M. Van Damme dans leur honneur et nous réclamons des excuses publiques de M. Sosnowski. »

Je résume. Les accusations calomnieuses portées à l’encontre de Souhail par M. Sosnowski en tant que Président du CCOJB et ses compagnons de l’UEJB d’une part et par Alain Mihàly d’autre part, ainsi que les amalgames et procès d’intention que tous utilisent pour les étayer, sont les mêmes. Le fait que ces accusations soient abruptes et explicites chez les premiers et insidieuses et furtives chez le second, n’y change rien.

Comme l’indique l’épisode anderlechtois, l’obsession de l’antisémitisme n’est pas neuve. Elle s’est toutefois exacerbée ces deux dernières années. Depuis l’opération Plomb durci et les attaques meurtrières contre les flottilles humanitaires, l’utilisation de la violence armée par l’État d’Israël contre les Palestiniens commence à perdre sa légitimité dans l’opinion internationale et même israélienne. Ce qui entraîne une mise en question de la légitimité de la colonisation de peuplement qui désintègre la société palestinienne, et des multiples crimes de guerre et crimes contre l’humanité au prix desquels cette colonisation se réalise. Ce n’est donc pas, comme on s’acharne de bonne ou de mauvaise foi à faire croire, la légitimité de l’existence de l’État d’Israël qui est mise en question, mais celle de sa politique délibérée et systématique de désintégration sociale – ce que le sociologue israélien Baruch Kimmerling appelle « politicide »[3] – des communautés palestiniennes en Israël-Palestine.

La réaction d’un grand nombre de Juifs – fort heureusement pas tous, loin s’en faut – a été la conviction que cette perte de légitimité ne résultait pas d’une légitime révulsion envers la politique criminelle de l’État d’Israël mais de l’antisémitisme, porté notamment par l’immigration musulmane, que les justifications négationnistes ont débridé. Aujourd’hui, pour des raisons qu’il m’est impossible d’analyser ici faute de place, cette poussée d’aveuglement communautariste déborde les milieux où il est en quelque sorte traditionnel. Ce dont atteste, à mon sens, le bien curieux dossier de Points critiques qui oublie les accusations publiques du CCOJB alors qu’il aborde les mêmes thèmes.

Dénoncer les crimes de guerres et les crimes contre l’humanité perpétrés par l’État d’Israël n’est pas de l’antisémitisme. C’est tout simplement que l’on soit juif ou non, refuser d’être complice de ces crimes. Par contre croire que parce qu’ils sont juifs, tous les Juifs avalisent ces crimes parce qu’ils sont commis par des Juifs, est de l’antisémitisme. Par conséquent tout ce qui porte à croire que tous les Juifs soutiennent l’État d’Israël quoi qu’il fasse, incite à l’antisémitisme. Cette incitation contribue à l’inquiétante renaissance de ce fléau bien d’avantage que les aboiements négationnistes – d’ailleurs très largement discrédités – de ceux que Vladimir Jankélévitch qualifie si justement de chiens de la haine.[4]

À l’exception de quelques initiés, pour l’opinion publique et pas seulement dans les milieux de l’immigration musulmane, le Président du Comité de Coordination des Organisations juives de Belgique, ne parle pas au nom de certaines de ces organisations, mais au nom de toutes; pas au nom de certains Juifs mais au nom de tous. Que nous le voulions ou non, notre silence nous associe aux vociférants porte-parole d’une fantasmatique unanimité juive. Si l’on veut combattre la renaissance de l’antisémitisme, Il me paraît essentiel de briser cette fallacieuse image d’une unanimité juive, version auto-infligée des Protocoles des Sages de Sion.

Le film Defamation de Yoav Shamir fait partie des remèdes contre la renaissance de l’antisémitisme. La dénonciation par un Israélien juif des manœuvres de l’ADL (Anti-Defamation Ligue) et de la manipulation d’adolescents israéliens par le Mossad, met à mal l’image d’une solidarité juive à toute épreuve. Alain Mihàly disqualifie ce film pourtant solidement étayé par l’unique commentaire: « film pour le moins questionnable ».[5] Il s’agit là d’une insinuation de plus. J’espère que l’UPJB organisera bientôt une projection de ce film suivi d’un de ces débats qui l’honorent depuis si longtemps.

Après la large diffusion de la scandaleuse Lettre ouverte officielle du Président du CCOJB et du non moins scandaleux montage vidéo de l’UEJB, j’attendais une réaction de l’UPJB. Inutile de dire ma profonde déception à la parution du dossier de Points Critiques et mon écoeurement face aux calomnies, voilées ou non, à l’égard de Souhail qu’il contient. Souvent depuis cette diffusion et constamment durant la lecture du dossier, Marcel Liebman me venait à l’esprit. Je suis certain que il nous aurait appelé à proclamer: « Pas en notre nom ».


[1] Voici en quels termes Alain Mihàly esquisse la « logique » de sa « démonstration ». Après avoir établi l’imbrication, – je le cite – « à l’inversion, il faudra donc ajouter la substitution et, subséquemment, la dépossession », puis la dépossession-identification et la forclusion.

[2] Le 28/09/2010 Sosnowski demande, en tant que Président du CCOJB, à être reçu par le Pro Recteur accompagné d’un délégué de l’UEJB et recommande « comme valant le détours » un montage vidéo sur le débat que cette organisation avait déjà largement diffusé et dont il fournit le lien électronique. Il est édifiant de comparer ce montage scandaleusement tendancieux à ce qui s’est effectivement passé au cours du débat.      http://www.youtube.com/watch?v=o4Ee0xjFZiI et www.sidimedia.blip.tv/

[3] Il s’agit de la politique mise en œuvre par A. Sharon au début 2002 – Opération Remparts – et qui est toujours en cours. « Stratégie politico-militaire, diplomatique et psychologique ayant pour but la dissolution du peuple palestinien comme entité économique, sociale et politique légitime et indépendante. Cela peut inclure – mais pas nécessairement – leur nettoyage ethnique progressif, partiel ou complet, du territoire connu sous le nom de terre d’Israël ou de Palestine historique. »  Baruch Kimmerling, Du « politicide » des Palestiniens, Le Monde diplomatique, juin 2004, p.16-17.

[4] « Aujourd’hui, quand les sophistes nous recommandent l’oubli, nous marquerons fortement notre muette et impuissante horreur devant les chiens de la haine; nous penserons fortement à l’agonie des déportés sans sépulture et des petits enfants qui ne sont pas revenus.  Car cette agonie durera jusqu’à la fin du monde. » Vladimir Jankélévitch, L’Imprescriptible, Seuil, 1986.

[5] Les éditorialistes du dossier – le Conseil d’administration de l’UPJB – ne font certainement pas mieux quand ils écrivent: « que le réalisateur soit israélien peut aider quelques âmes coupables à vider leur sac ». J’espère avoir mal compris.

Dans son article Alain Mihàly ne rapporte pas le moindre propos explicitement antisémite ou négationniste qu’aurait tenu Souhail Chichah. Il est dès lors inacceptable de proférer ou d’insinuer à son encontre les accusations infamantes d’antisémitisme et de négationnisme.

Mais avant d’aborder l’univers étouffant et alambiqué de l’exégèse obsessionnelle – « (du) décryptage (d’une) stratégie discursive … (où) il faudra considérer qu’aucun des propos tenus n’est ni dénué de sens ni anodin » – attardons-nous un moment dans l’apaisante banalité des faits avérés.

J’ai écouté et réécouté l’enregistrement des interventions de Souhail au cours du débat sur la liberté d’expression dont on se serait bien passé. Je n’y ai absolument rien détecté d’antisémite ou de négationniste. Vérifications faites, je suis loin d’être le seul de cet avis. De plus, je connais Souhail depuis très longtemps et je ne lui connais pas le moindre propos antisémite ou négationniste. Mais il y a mieux.

Une amie, Barbara membre de l’UPJB, enseignait dans une école d’Anderlecht dont les élèves sont en quasi totalité issus de l’immigration maghrébine ou turque. Elle avait constaté que dans leur esprit, il y avait incompatibilité totale entre un musulman et un Juif ainsi qu’une animosité abstraite mais bien réelle et croissante envers les Juifs. Barbara m’a demandé de venir dans son école, accompagné si possible d’une personne issue de l’immigration musulmane, afin de répondre aux questions de ses élèves. Je m’y suis rendu avec Souhail. Grâce à la vivacité d’esprit des élèves et à l’humour décapant de leur capacité d’autodérision, nous avons passé une après-midi très agréable et incroyablement instructive.

À l’évidence, ces jeunes adolescents ne parvenaient pas à concevoir que des Musulmans et des Juifs puissent être des amis. À leurs yeux, tous les musulmans de l’immigration étaient des petits commerçants, artisans, ouvriers généralement pauvres et peu instruits, alors que tous les Juifs étaient membres de professions libérales ou patrons généralement riches et très instruits. Il leur semblait aller de soi que tous les Musulmans étaient pro-Palestiniens et anti-Israéliens et qu’à l’inverse, tous les Juifs étaient pro-Israéliens et anti-Palestiniens.

Ils n’en revenaient pas que Souhail et moi étions amis, tous deux athées et issus du même milieu social – nos pères étaient tous deux manœuvres dans la sidérurgie, le sien aux hauts fourneaux de Clabecq et le mien à ceux d’Ougrée Marihaye -. Ils étaient sidérés d’apprendre qu’en 1940, plus de 90% des Juifs qui résidaient en Belgique étaient des étrangers, pour la plupart d’immigration récente constituée en grande majorité de petits commerçants, d’artisans indépendants, d’ouvriers peu qualifiés qui habitaient dans les quartiers où vivent aujourd’hui des immigrations qui leur ont succédé. Ils ne tarissaient pas de questions sur cette immigration juive. Mais il n’a plus été question d’incompatibilité entre Juifs et Musulmans ni de ce que tous les Juifs étaient puissants, riches et instruits.

Je souligne au passage que Souhail porte autant d’attachement et de respect à son milieu d’origine que moi au mien et que comparer l’immigration juive des années 1920 et 1930 à celle de ses parents, n’a rien d’insultant, bien au contraire.

C’est peu dire que Barbara, Souhail et moi étions sous le charme. Barbara a immédiatement proposé d’élargir l’audience aux autres élèves de l’école, leurs parents et particulièrement aux autres enseignants. Une date a été fixée, une salle communale d’Anderlecht réservée et des affiches ont été apposées. La veille de la séance, sans nous prévenir, la salle nous avait été retirée et la mention « annulé » barrait les affiches. L’explication donnée à Barbara était qu’on ne pouvait fournir une tribune communale à l’antisémitisme et, pour faire bonne mesure, il lui a été vivement conseillé de ne pas faire de vagues. Cette annulation venait directement du bureau de Jacques Simonet sur lequel des membres anderlechtois de la communauté juive avait fait pression.

On le voit, l’aveuglement des obsessionnels de l’antisémitisme n’est pas neuf. Il s’est toutefois exacerbé ces dernières années.

Ce qui nous ramène à l’article d’Alain Mihàly. Les accusations d’antisémitisme et de négationnisme qui y sont proférées ou plutôt insinuées à l’encontre de Souhail, se fondent sur une accumulation d’amalgames et de procès d’intention qu’apparemment il considère comme une démonstration.[1]

Parmi les multiples amalgames, je ne mentionnerai que mon préféré: « SC (Souhail pour Alain Mihàly) a, en deux mots, ‘condamné’ comme ‘racistes’ les propos de Dieudonné, moralement s’entend et non politiquement et a qualifié leur auteur de ‘bouffon’, ce qui enlève quelques degrés de gravité à cette condamnation et appartient, sans contexte, au lexique des défenseurs de l’ex-humoriste ». Donc, pour autant que j’y comprenne quelque chose, en qualifiant Dieudonné de raciste et de bouffon, Souhail se range parmi ses défenseurs.

Parmi les procès d’intention: Pourquoi Souhail dit-il, redit et redit-il qu’il n’est pas antisémite? Parce qu’il ne l’est pas? Que non! Il s’agit de « la stratégie discursive mise en œuvre par SC (dont) le but est … d’évacuer la possibilité même d’être inquiété pour cause d’antisémitisme. »; « L’association de l’adjectif ‘sales’ et du substantif ‘Juifs’ … ne pouvait que faire penser à … ‘sales Juifs’ et SC ne pouvait l’ignorer. »; Après avoir cité le raisonnement boiteux de Souhail qui se voulait sans doute provocateur – « Moi, la question du négationnisme, elle ne m’intéresse pas. D’ailleurs, je n’ai pas d’avis puisqu’il est interdit d’avoir un avis dessus donc en tant que légaliste, je m’en tiens à la vérité officielle. » – Alain Mihàly commente: « Cette proposition n’est pas négationniste ‘au premier degré’ et son auteur n’a pas manqué d’insister ultérieurement sur sa reconnaissance du judéocide. Elle est cependant volontairement ambiguë puisque construite sur un mensonge juridique conscient. »

À mes yeux, cette tortueuse et incompréhensible litanie d’amalgames et de procès d’intention démontre uniquement à quel point Alain Mihàly est obsédé par l’antisémitisme.

Tant ce qu’il dit me paraît tortueux et incompréhensible, tant ce qu’il ne dit pas me paraît limpide. Il est pour le moins étonnant qu’il qualifie de « scories médiatiques … hors propos » la Lettre ouverte officielle adressée aux Autorités académiques de l’ULB par M. Sosnowki en tant que Président du CCOJB et publiée dans Le Soir ainsi que la pétition adressée aux mêmes Autorités qui y fait suite et qui a recueilli plus de 1.500 signatures. Or, sans cette Lettre ouverte, le débat sur la liberté d’expression serait méritoirement passé inaperçu, il n’y aurait pas eu de pétition et l’article d’Alain Mihàly tout comme d’ailleurs le dossier dont il fait partie, n’auraient pas existé. En fait, cet article et la lettre de M. Sosnowski sont indissociables.

La projection d’un documentaire sur Dieudonné n’aurait pas dû  s’inscrire dans un débat sur la liberté d’expression. Le Librex aurait dû prendre en compte le fait que depuis des décennies l’invocation de la liberté d’expression est l’un des instruments privilégiés de la propagande négationniste dont le but est de dédouaner l’extrême droite raciste. Souhail dont la prudence n’est manifestement pas la qualité majeure, n’aurait pas dû s’aventurer à débattre de la liberté d’expression sur ce terrain piégé. Mais de là à l’accuser d’antisémitisme et de négationnisme, il y a une ligne rouge qu’Alain Mihàly n’aurait jamais dû franchir, d’autant moins qu’il le fait avec de bien tristes « compagnons de route ».

Dès le lendemain de ce regrettable débat, M. Sosnowski Président du CCOJB adresse officiellement aux Autorités académiques de l’ULB et au journal Le Soir une Lettre ouverte dont voici l’essentiel: « M. Chichah, assistant à l’ULB, n’arrêtera pas de franchir la ligne rouge par des propos vomitifs sur la Shoah ou sur les Juifs venus des pays de l’Est pour fuir les nazis, les qualifiant de ‘sales’. » … « Monsieur Van Damme, je vous accuse … (d’avoir laissé) la haine du Juif se développer dans l’enceinte de l’ULB, … ». « En temps que membre du corps académique de l’ULB, j’ai honte qu’un assistant de notre université soit autorisé à gaver ses étudiants de propos haineux. » « Cette soirée nauséabonde … nous aura appris une fois de plus que certains, par haine d’Israël, remettent en cause, sans complexe, la Shoah et menacent la dignité des Juifs. »[2] L’intention de nuire est évidente.

Parmi les « scories médiatiques … hors propos », Alain Mihàly place également une « pétition de soutien à SC ». C’est tout ce qu’il dit d’une pétition adressée aux Autorités académiques de l’ULB qui a recueilli plus de 1500 signatures et dont voici l’essentiel: « Nous, étudiants et chercheurs/professeurs de l’Université Libre de Bruxelles et nous, citoyens, demandons aux Autorités académiques de prendre leurs responsabilités face à la campagne diffamatoire de M. Sosnowski à l’encontre de M. Chichah et de M. Van Damme(; …) de rétablir M. Chichah et M. Van Damme dans leur honneur et nous réclamons des excuses publiques de M. Sosnowski. »

Je résume. Les accusations calomnieuses portées à l’encontre de Souhail par M. Sosnowski en tant que Président du CCOJB et ses compagnons de l’UEJB d’une part et par Alain Mihàly d’autre part, ainsi que les amalgames et procès d’intention que tous utilisent pour les étayer, sont les mêmes. Le fait que ces accusations soient abruptes et explicites chez les premiers et insidieuses et furtives chez le second, n’y change rien.

Comme l’indique l’épisode anderlechtois, l’obsession de l’antisémitisme n’est pas neuve. Elle s’est toutefois exacerbée ces deux dernières années. Depuis l’opération Plomb durci et les attaques meurtrières contre les flottilles humanitaires, l’utilisation de la violence armée par l’État d’Israël contre les Palestiniens commence à perdre sa légitimité dans l’opinion internationale et même israélienne. Ce qui entraîne une mise en question de la légitimité de la colonisation de peuplement qui désintègre la société palestinienne, et des multiples crimes de guerre et crimes contre l’humanité au prix desquels cette colonisation se réalise. Ce n’est donc pas, comme on s’acharne de bonne ou de mauvaise foi à faire croire, la légitimité de l’existence de l’État d’Israël qui est mise en question, mais celle de sa politique délibérée et systématique de désintégration sociale – ce que le sociologue israélien Baruch Kimmerling appelle « politicide »[3] – des communautés palestiniennes en Israël-Palestine.

La réaction d’un grand nombre de Juifs – fort heureusement pas tous, loin s’en faut – a été la conviction que cette perte de légitimité ne résultait pas d’une légitime révulsion envers la politique criminelle de l’État d’Israël mais de l’antisémitisme, porté notamment par l’immigration musulmane, que les justifications négationnistes ont débridé. Aujourd’hui, pour des raisons qu’il m’est impossible d’analyser ici faute de place, cette poussée d’aveuglement communautariste déborde les milieux où il est en quelque sorte traditionnel. Ce dont atteste, à mon sens, le bien curieux dossier de Points critiques qui oublie les accusations publiques du CCOJB alors qu’il aborde les mêmes thèmes.

Dénoncer les crimes de guerres et les crimes contre l’humanité perpétrés par l’État d’Israël n’est pas de l’antisémitisme. C’est tout simplement que l’on soit juif ou non, refuser d’être complice de ces crimes. Par contre croire que parce qu’ils sont juifs, tous les Juifs avalisent ces crimes parce qu’ils sont commis par des Juifs, est de l’antisémitisme. Par conséquent tout ce qui porte à croire que tous les Juifs soutiennent l’État d’Israël quoi qu’il fasse, incite à l’antisémitisme. Cette incitation contribue à l’inquiétante renaissance de ce fléau bien d’avantage que les aboiements négationnistes – d’ailleurs très largement discrédités – de ceux que Vladimir Jankélévitch qualifie si justement de chiens de la haine.[4]

À l’exception de quelques initiés, pour l’opinion publique et pas seulement dans les milieux de l’immigration musulmane, le Président du Comité de Coordination des Organisations juives de Belgique, ne parle pas au nom de certaines de ces organisations, mais au nom de toutes; pas au nom de certains Juifs mais au nom de tous. Que nous le voulions ou non, notre silence nous associe aux vociférants porte-parole d’une fantasmatique unanimité juive. Si l’on veut combattre la renaissance de l’antisémitisme, Il me paraît essentiel de briser cette fallacieuse image d’une unanimité juive, version auto-infligée des Protocoles des Sages de Sion.

Le film Defamation de Yoav Shamir fait partie des remèdes contre la renaissance de l’antisémitisme. La dénonciation par un Israélien juif des manœuvres de l’ADL (Anti-Defamation Ligue) et de la manipulation d’adolescents israéliens par le Mossad, met à mal l’image d’une solidarité juive à toute épreuve. Alain Mihàly disqualifie ce film pourtant solidement étayé par l’unique commentaire: « film pour le moins questionnable ».[5] Il s’agit là d’une insinuation de plus. J’espère que l’UPJB organisera bientôt une projection de ce film suivi d’un de ces débats qui l’honorent depuis si longtemps.

Après la large diffusion de la scandaleuse Lettre ouverte officielle du Président du CCOJB et du non moins scandaleux montage vidéo de l’UEJB, j’attendais une réaction de l’UPJB. Inutile de dire ma profonde déception à la parution du dossier de Points Critiques et mon écoeurement face aux calomnies, voilées ou non, à l’égard de Souhail qu’il contient. Souvent depuis cette diffusion et constamment durant la lecture du dossier, Marcel Liebman me venait à l’esprit. Je suis certain que il nous aurait appelé à proclamer: « Pas en notre nom ».


[1] Voici en quels termes Alain Mihàly esquisse la « logique » de sa « démonstration ». Après avoir établi l’imbrication, – je le cite – « à l’inversion, il faudra donc ajouter la substitution et, subséquemment, la dépossession », puis la dépossession-identification et la forclusion.

[2] Le 28/09/2010 Sosnowski demande, en tant que Président du CCOJB, à être reçu par le Pro Recteur accompagné d’un délégué de l’UEJB et recommande « comme valant le détours » un montage vidéo sur le débat que cette organisation avait déjà largement diffusé et dont il fournit le lien électronique. Il est édifiant de comparer ce montage scandaleusement tendancieux à ce qui s’est effectivement passé au cours du débat.      http://www.youtube.com/watch?v=o4Ee0xjFZiI et www.sidimedia.blip.tv/

[3] Il s’agit de la politique mise en œuvre par A. Sharon au début 2002 – Opération Remparts – et qui est toujours en cours. « Stratégie politico-militaire, diplomatique et psychologique ayant pour but la dissolution du peuple palestinien comme entité économique, sociale et politique légitime et indépendante. Cela peut inclure – mais pas nécessairement – leur nettoyage ethnique progressif, partiel ou complet, du territoire connu sous le nom de terre d’Israël ou de Palestine historique. »  Baruch Kimmerling, Du « politicide » des Palestiniens, Le Monde diplomatique, juin 2004, p.16-17.

[4] « Aujourd’hui, quand les sophistes nous recommandent l’oubli, nous marquerons fortement notre muette et impuissante horreur devant les chiens de la haine; nous penserons fortement à l’agonie des déportés sans sépulture et des petits enfants qui ne sont pas revenus.  Car cette agonie durera jusqu’à la fin du monde. » Vladimir Jankélévitch, L’Imprescriptible, Seuil, 1986.

[5] Les éditorialistes du dossier – le Conseil d’administration de l’UPJB – ne font certainement pas mieux quand ils écrivent: « que le réalisateur soit israélien peut aider quelques âmes coupables à vider leur sac ». J’espère avoir mal compris.

Hessel: interdit à Normale Sup,acclamé au Panthéon


Par Anne BRIGAUDEAU

Stéphane Hessel avec son bonnet phryigien au Panthéon, Paris 5e (19 janvier 2011)

AFP/Boris Horvat

Des centaines de personnes sont venues mardi soir écouter Stéphane Hessel s’indigner place du Panthéon (Paris 5e)

A l’appel de la LDH, du Front de gauche, d’associations pro-palestiniennes, les manifestants protestaient contre l’annulation par la directrice de Normale Sup, Monique Canto-Sperber, d’un débat sur le conflit israélo-palestinien avec l »auteur d' »Indignez-vous » (plus de 700.000 exemplaires vendus).

Résultat : le colloque prévu a eu lieu place du Panthéon, attirant, comme l’a noté ironiquement la déléguée générale de l’Autorité palestinienne auprès de l’Union européenne Leïla Shahid, beaucoup plus de monde que s’il s’était tenu rue d’Ulm.

Hessel : »rendre compte de ce qu’on a vu à Gaza »
Parmi les participants qui se sont succédé à la tribune sous la bannière « Solidarité Palestine: contre la censure et la répression, pour la défense des libertés » : le journaliste du Monde Diplomatique Dominique Vidal, le journaliste et pacifiste israélien Michel Wasrchawski et « le plus jeune » d’entre eux Stéphane Hessel (93 ans), qui a remporté la palme des applaudissements.

Très applaudie aussi, une jeune Israélienne étudiante à l’Ecole normale supérieure (ENS) qui a tenu, comme les autres, à dénoncer le rôle revendiqué du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives) dans l’annulation du débat.

« La liberté de l’information est bafouéee par une action comme celle-là »
Devant une foule acquise, Stéphane Hessel, qui avait enfilé le bonnet phrygien distribué par des militants pro-palestiniens, a dit « sa reconnaissance » à ses « amis venus pour s’indigner de ce qu’on dénie la possibilité de tenir une réunion pacifique, au cours de laquelle on donnerait simplement la voix à des gens qui ont été récemment à Gaza et qui veulent rendre compte de ce qu’ils ont vu là-bas ».

« Ce qui est à mon avis insupportable, c’est qu’au dernier moment, l’accès à une salle où nous devions nous réunir pacifiquement nous soit refusé, sans aucune raison particulière. La liberté de l’information est bafouée par une action comme celle-là », a poursuivi l’ancien résistant , en disant « penser que c’est (la ministre de l’Enseignement supérieur) Valérie Pécresse qui a relayé le désir du Crif de ne pas laisser parler librement sur Gaza ». Avec humour, il a aussi noté qu’il était interdit à Normale Sup où il fut étudiant il y a soixante-dix ans. Et de conclure, en scandant les syllabes, par son désormais célèbre : « In-di-gnez-vous ! »

Comme prévu, le débat a aussi porté sur la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) contre l’occupation des territoires palestiniens.

Michel Tubiana estime que « le Crif joue avec le feu »
Dans une tribune publiée sur Mediapart, le président d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme Michel Tubiana estim que le « Crif joue avec le feu » et dénonce « une communautarisation accrue du débat politique »: « Le CRIF prend le risque de laisser croire qu’il y aurait une sorte de signe d’égalité entre les juifs pris collectivement ou individuellement, et la politique des autorités israéliennes. Cette double prise d’otage, qu’elle vise à interdire tout débat sous prétexte d’antisémitisme ou qu’elle vise à identifier tout juif à l’action gouvernementale israélienne, ne peut que conduire qu’à une communautarisation accrue du débat politique. »

A propos de la campagne BDS, Michel Tubiana précise aussi:  » La LDH pour sa part, comme l’autorité palestinienne, dont la représentante en Europe Leila Chahid devait participer à la réunion finalement interdite, considère comme plus efficace d’appeler au respect de la législation européenne et donc de cibler les produits issus de colonies. »

source

Olivia Zémor expulsée par Israël


Anticolonialistes palestiniens, israéliens et internationaux mobilisés ensemble

Je viens de rentrer en France ce mercredi après-midi 22 décembre après avoir été expulsée par le gouvernement israélien en pleine nuit, après 30 heures d’interrogatoire, de détention et de tentatives de m’embarquer de force dans des avions, avant que j’aie pu rencontrer une avocate et prévenir le Consulat de France. Merci à tous ceux qui s’en sont indignés.

Chères amies, Chers amis,

Je remercie toutes celles et tous ceux qui se sont inquiétés de mon arrestation à l’aéroport Ben Gourion, de ma détention dans une cellule du centre de rétention des services de l’immigration, et de mon expulsion manu militari par un Etat qui se dit démocratique, mais ne peut supporter la moindre contestation de sa politique.

Arrivée à 3 H du matin à l’aéroport Ben Gourion le mardi 21, près de 24 H après mon départ de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, en raison des retards de vol, et escales supplémentaires liés aux perturbations actuelles dans les aéroports de nord de l’Europe, je suis mise a l’écart après un questionnement de quelques minutes au contrôle de sécurité.
- Où allez vous ? A Jérusalem.
- Pour combien de temps ? Huit jours.
- Pour quoi faire ? Rencontrer des amis.
- Prénom de votre père ? Moïse.
- De votre grand-père ? Elie.

Le jeune officier de police me regarde à peine. Il pianote quelques instants sur un ordinateur, et appelle un autre fonctionnaire de l’aéroport qui me conduit à l’écart.

On me dit d’attendre dans une salle où sont assis plusieurs jeunes Français, qui vont subir des heures d’interrogatoire et être contraints, pour passer, de signer un papier par lequel ils s’engagent à ne pas mettre les pieds dans les Territoires palestiniens occupés, sous peine d’être expulsés, de se voir interdire l’entrée dans le pays pendant 10 ans et de se voir infliger une peine de 2 ans de prison en Israël !

Ils sont interrogés, puis renvoyés attendre dans la salle, puis rappelés, et ainsi de suite. Le va et vient dure depuis 7 H pour certains.

Pour ma part, il va durer deux heures, pendant lesquelles je retrouve toutes les 20 minutes un jeune fonctionnaire qui s’intéresse à mes activités en France et a de toute évidence eu le temps de consulter ce qui est à la disposition de tous sur google. Je lui dis que je milite effectivement pour la fin de l’occupation israélienne, pour les droits légitimes du peuple palestinien et le respect du droit international. Il me dit être progressiste et partager mes idées, mais être très minoritaire dans son pays où, me dit-il, « je ne peux malheureusement pas faire ce que je veux. Il n’y a aucun parti qui défende mes idées ». Son progressisme ne l’empêche pas de se concerter avec ses supérieurs du ministère de l’Intérieur et de m’introduire finalement auprès d’une femme qui me déclare que je vais être refoulée : « Entry denied ». Je demande alors pour quelle raison ? « Security Threat » : « menace pour notre sécurité ». Je lui fait alors remarquer qu’elle sait parfaitement que je suis pacifiste et que je ne mets en rien en danger la sécurité de qui que ce soit. Mes quelques affaires ont été passées au peigne fin par tous leurs engins électroniques. J’ai moi même été fouillée sans qu’aucun objet suspect soit trouvé.

- « Oui, mais vous organisez des manifestations en France », me rétorque-t-elle !
- « Oui, et alors ? Je défends des idées de paix et de justice. En quoi ce que je fais en France vous regarde ? »

Fin de la discussion. On ne discute pas les ordres du ministère de l’intérieur, conclut-elle.

Retour dans la salle d’attente ou de nouveaux « suspects » de sympathie pour les Palestiniens, (des Français et un Italien) sont mis sur le gril, en pleine nuit, après un voyage épuisant. L’objectif est de toute évidence de les effrayer et de les dégoûter suffisamment pour les dissuader de revenir.

Une fourgonnette de la police m’embarque ensuite vers le centre de rétention qui se trouve dans la zone aéroportuaire. On me confisque toutes mes affaires personnelles, en dehors de mon argent qu’on me demande de garder auprès de moi. On m’interdit de prendre mon téléphone portable, et d’appeler qui que ce soit pour prévenir de ma situation.

Dans un cellule à 4 lits superposés, un seul est occupé par une étudiante roumaine qui va être expulsée parce qu’elle n’a pas obtenu de visa pour venir voir sa mère qui travaille en Israël.

A 10 H, on vient me chercher pour un embarquement express. Je refuse, je demande à pouvoir recevoir auparavant la visite d’un avocat. On me saisit de force, on me passe les menottes et je suis embarquée sur les pistes d’atterrissage. Pieds nus parce que j’ai refusé de me chausser, portée par 4 policiers, j’arrive en haut de la passerelle d’un avion de Turkish Airlines près pour les décollage, où les passagers sont déjà installés. Je crie que je refuse de monter dans cet avion, je me débats. L’equipage refuse de m’embarquer de force. Retour au centre de rétention.

Les policiers sont un peu déroutés. Je ne suis pas une « cliente classique ». L’un d’entre eux essaie de comprendre mes motivations et surtout de me convaincre que lui aussi veut la paix, mais pas les Palestiniens, qui sont des terroristes et qu’Israel est obligé de se défendre. Et tous ceux qui l’en empêchent constituent un danger pour leur sécurité. « Avec vos origines juives vous devriez comprendre cela », me dit-il. Je lui réponds que c’est la politique israélienne qui constitue un danger pour le monde entier, y compris les juifs, en développant le terrorisme et l’antisémitisme. Un : « De toutes façons, vous n’avez pas le droit de juger si vous ne vivez pas ici », clôt la discussion. Je lui réponds néanmoins que j’ai des amis israéliens qui pensent la même chose que moi.

Cette fois-ci, je suis placée dans une cellule seule. Pas question que je contamine d’autres personnes avec mes refus d’embarquer. Alertée, Leah Tsemel me rend visite et me fait un état des lieux. Elle est scandalisée : « Maintenant l’Etat de tous les juifs se met à faire le tri entre les juifs kasher et les pas kasher. De quel droit ? ». Saisir les tribunaux ? C’est possible, mais il faudrait que je reste 3 ou 4 mois ici pour attendre un jugement qui peut être négatif. Sa confiance dans la justice israélienne n’est pas illimitée. Et pour ne pas rester en détention pendant tout ce temps, il faudra réunir une caution d’au minimum 10 000 euros.

J’ai mieux à faire.

Le Vice-Consul de France, alerté par des amis, vient également me rendre visite. Il déplore la situation et me dit que le gouvernement français n’a pas réussi jusqu’ici à empêcher ces pratiques d’expulsion de ressortissants français qui n’ont commis aucun délit. Il trouve cela regrettable. Il exige de mes gardiens, avant de partir qu’il me laissent prendre un livre et des médicaments dans mes affaires confisquées.

Retour en cellule. On m’apporte un repas sous plastique, auquel je ne touche pas davantage que les précédents. Je ne mangerai pas avant d’être libre.

Plusieurs fois dans la nuit, les policiers font irruption bruyamment dans ma cellule pour me crier que je vais devoir embarquer dans un prochain avion, et que si je me débats et refuse une nouvelle fois, ils me feront escorter pendant le voyage par deux policiers, ce qui est la procédure « normale » dans les cas de refus d’embarquer. Finalement à 6 H 30 j’embarque pour Istambul dans un avion de Turkish Airlines où l’équipage, fort sympathique, me promet de me trouver ensuite un vol pour la France. Ce qui est fait malgré la demande israélienne de m’envoyer d’abord sur Munich, sous prétexte qu’à l’aller j’ai fait une escale dans cet aéroport.

Je voyage avec la satisfaction de savoir qu’à Jérusalem, les rencontres programmées avec les militants anti-colonialistes palestiniens, israéliens et internationaux, se déroulent en présence de plus 70 Français qui sont allés témoigner leur attachement au droit et à la justice.

Et je suis émue d’apprendre en revenant en France, que malgré la période de vacances et de fêtes, autant d’associations et de personnes se sont inquiétées de cet enlèvement, et ont demandé des explications. Je les en remercie de tout coeur.

Olivia Zémor

CAPJPO-EuroPalestine

Projection du film « Defamation » – Mercredi 27/10


 

mercredi 20 octobre 2010

Le Comité BDS de l’ULB (BDS = Boycott, Désinvestissement et Sanctions, envers le colonisateur israélien), en collaboration avec différents cercles de l’ULB dont Attac-ULB, organise une projection du film « Defamation » (Diffamation en français), de Yoav Shamir, le mercredi 27/10, à 19h, au H1309.

La projection sera suivie d’un débat en présence de Jean Bricmont (professeur à l’UCL) et de Souhail Chichah (chercheur à l’ULB).

Synopsis du film : Que signifie l’antisémitisme aujourd’hui, deux générations après l’holocauste ? Dans le cadre de ses recherches incessantes sur la vie moderne de la société israélienne, le réalisateur Yoav Shamir voyage à travers le monde, en quête des manifestations les plus modernes de la « haine la plus ancienne », et trouve quelques réponses alarmantes à cette question.

Menacé de mort pour avoir critiqué Israël


Depuis qu’il est intervenu lors d’un débat sur la liberté d’expression, Souhail Chichah est menacé de mort, calomnié et diffamé pour ses critiques envers l’Etat d’Israël. Est-il permis d’avoir un avis sur Israël ? Si oui, c’est au péril de sa vie !

Stéphane Lejoi

 

Peut-on encore parler d’Israël sans être taxé d’antisémitisme ? Non, selon le CCOJB.

Le 20 septembre dernier à l’Université libre de Bruxelles avait lieu une conférence sur la liberté d’expression organisée par le Cercle du Libre–Examen. Parmi les intervenants, Souhail Chichah, chercheur en économie à l’ULB. Depuis, celui-ci est menacé de mort, calomnié et diffamé pour avoir critiqué l’Etat d’Israël comme un « Etat raciste, colonial et ségrégationniste ». Ceux qui l’accusent ? Des personnalités et organisations juives particulièrement connues pour leur soutien à l’Etat d’Israël.

Plus que ce qui s’est passé pendant la conférence, c’est ce qui s’est passé après qui interpelle. Viviane Teitelbaum (député bruxelloise du Mouvement Réformateur) détourne le lendemain les propos de Souhail Chichah pour lui faire dire que « les Juifs venus des pays de l’Est pour fuir les nazis étaient « sales ». Il tient des propos vomitifs sur la Shoah, mais surtout il hait Israël. » Maurice Sosnowski, professeur à l’ULB et président du Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB), ajoute que se développe à l’ULB la « haine du juif » et qu’il a « honte qu’un assistant de notre université soit autorisé à gaver ses étudiants de propos haineux »1.

Toutes les personnes qui souhaitent se faire un avis sur ces allégations peuvent visionner la conférence en ligne2.

Depuis, la haine de certaines personnalités et organisations juives se déchaîne contre Souhail Chichah. Signalons qu’aucune plainte n’a été déposée concernant les propos qu’il a tenus lors de cette conférence. C’est plutôt dans le registre des menaces que ses détracteurs ont choisi d’agir.

D’abord, une campagne de diffamation, le qualifiant d’« antisémite et de négationniste ». À l’ULB, des pressions demandent « des mesures » (entre les lignes : le licenciement) contre Souhail Chichah. Des menaces de mort lui ont été envoyées par courrier anonyme, tel « morpion islamiste, ton heure est venue », ou encore « un musulman, une balle ; toi, dix ! »3. Comme on peut le voir, celui qui est accusé de haine raciale en est en fait la victime !

Le 4 octobre au matin, il échappe à une tentative d’agression au couteau devant son domicile. Et finalement, le 8 octobre, il est convoqué à la police pour répondre d’une plainte anonyme pour incitation à la haine raciale pour un texte écrit il y a des mois, intitulé « De la hiérarchie des races en Belgique », où il dénonce justement les dérives racistes. Mis sous une telle pression, il n’est plus aujourd’hui en mesure d’assumer ses activités professionnelles.

Dan Van Raemdonck, ancien président de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), réagit à la campagne d’intimidation contre Souhail Chichah : « Je suis juif, je n’aime donc certainement pas les antisémites. Ce n’est pas parce qu’on critique la politique d’Israël qu’on est antisémite. Je connais Souhail Chichah, c’est un chercheur qui n’a pas une vision haineuse, mais qui réfléchit au mieux vivre ensemble, à la bonne entente entre les communautés pour que les groupes ne se replient pas sur eux-mêmes. »

Est-il possible de critiquer Israël ?

Les organisations qui l’attaquent4 sont connues pour leur défense de la politique d’Israël. Si Souhail Chichah est aujourd’hui attaqué, c’est pour avoir dit lors de la conférence que l’État d’Israël est un État « raciste, ségrégationniste et colonial ». L’expression d’une opinion sur la politique guerrière d’Israël serait-elle maintenant interdite ? Peut-on encore parler d’Israël sans être taxé d’antisémitisme ? (Voir cadre)

Dans un État démocratique, Souhail Chichah comme tout citoyen doit pouvoir dire ce qu’il pense de la politique d’Israël. Que l’État hébreu est un état raciste, car il n’attribue pas les mêmes droits à sa population selon son origine. Ne peut-on pas remettre en question Israël à la lumière des discriminations que les non-juifs subissent ? Et ne peut-on dire qu’Israël est un état colonial ?

Amnesty International déclarait en 2007 : « Les lois discriminatoires et les mesures empêchant ou restreignant l’entrée dans les Territoires Palestiniens occupés des époux de Palestiniens, ont été fortement renforcées en 2006, interdisant toute possibilité de vie familiale aux Palestiniens qui épousent des personnes venues de l’extérieur des Territoires Palestiniens occupés.5» Pourtant, les colons, eux, illégalement installés, n’ont « aucune difficulté à obtenir pour leur conjoint l’autorisation d’entrer et de résider avec eux ». Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres du caractère raciste d’Israël.

La section de Comac-ULB, le mouvement des jeunes du PTB, réagit dans son bulletin d’information, et montre le caractère colonial d’Israël : « Il faut pouvoir s’insurger contre l’impunité d’un État qui, depuis 1947, ne viole pas moins de 34 résolutions de l’ONU. Il faut pouvoir continuer à condamner la poursuite de la colonisation juive en Cisjordanie, le morcèlement des territoires palestiniens, les expropriations forcées et destructions d’habitations, la construction du mur de séparation, l’annexion de Jérusalem-Est, la négation du droit au retour des réfugiés, le blocus contre Gaza… »

Antisémitisme et antisionisme

L’antisémitisme est le racisme à l’égard des juifs. Le négationnisme, qui consiste à nier ou à minimiser fortement l’importance du génocide contre les juifs pratiqué par l’Allemagne nazie et l’existence des chambres à gaz en particulier, en est une figure courante. Tous deux sont aujourd’hui condamnés par la loi belge.

L’antisionisme désigne l’opposition politique au projet sioniste visant la construction et l’expansion d’un État juif en Palestine. L’antisionisme refuse l’existence d’Israël en tant qu’État juif sur un territoire qui comporte près d’un quart de citoyens non juifs et dénonce les discriminations dont sont victimes ces minorités.

L’antisémitisme est un racisme, l’antisionisme est un anticolonialisme et un antiracisme.

Le soutien à Souhail Chichah s’organise

Une pétition s’est lancée « contre l’intimidation intellectuelle à l’ULB » pour inciter l’ULB à réhabiliter Souhail Chichah. Elles existent en version papier et internet. La version papier tourne dans les auditoires et via différents stands organisés par Comac. Vous pouvez la signer online : http://8387.lapetition.be Elle sera remise le … octobre aux Autorités de l’ULB.

 

 

1.http://www.ccojb.be/publications/communiques/lettreouverteauconseildadministrationdelulbdemauricesosnowski/

2.http://www.youtube.com/watch?v=jWCHjReJed8&feature=related

3. La Libre Belgique 14 octobre 2010

4. Le Comité de Coordination des Organisations juives de Belgique, le Centre communautaire laïc juif, l’Union des Étudiants juifs de Belgique et l’European Union of Jewish Students

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