Exil cherche parrains


CENTRE MEDICO-PSYCHOSOCIAL POUR VICTIMES DE VIOLATIONS DES DROITS DE L’HOMME, DE LA TORTURE ET POUR PERSONNES EXILEES

PRESENTATION DE L’ASBL

eyeFondé depuis 30 ans, le centre EXIL est la prolongation du COLAT (collectif latino-américain de travail psychosocial) crée par des réfugiés d’Amérique Latine victimes de la violence organisée dans leur pays d’origine.

Centre médico-psychosocial pour victimes de violations des Droits de l’Homme, de la torture et pour personnes exilées

L’équipe du centre EXIL, multidisciplinaire et multiculturelle offre un soutien médico-psycho-social à toutes personnes victimes de violence organisée, aux exilés ainsi qu’à leur famille.

Afin de faire face à cette double souffrance, dûe d’une part à la violence vécue dans le pays d’origine et d’autre part à la rupture de repères dans le pays d’accueil, nous avons développé un programme de santé visant à soutenir les victimes de violences organisées.

« Nous tentons d’offrir  une expérience réparatrice aux victimes de la violence organisée à travers un processus d’accompagnement médico-psychosocial  réalisé dans un cadre  communautaire. Il s’agit de mettre les personnes en contact avec d’autres survivants et des  personnes solidaires, pour les soutenir dans la récupération de la confiance dans l’humanité. » Jorge Barudy Fondateur et Directeur  du Centre Exil.

Différents Programmes d’accompagnement ont été mis en place, dans un souci de prévention, pour proposer aux personnes réfugiées un accompagnement intégral, par une approche individuelle et de groupe.

Le centre Exil est agréé comme Centre de Santé Mentale par la Commission Communautaire Commune de Bruxelles-Capitale.

EXIL est soutenu par:
– La Commission Communautaire Commune de Bruxelles-Capitale.
– Le Fonds Maribel Social des Etablissements et les Services de Santé,
– Le Fonds Volontaire des Nations Unies pour les Victimes de Tortures.

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Exil asbl
282 Av. de la Couronne
1050 Bruxelles
Tel: +32 2 534 53 30
Fax: +32 2 534 90 16
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Oslo : la grande mascarade


Quelques articles et documents sur la Palestine —quand même— à l’occasion des 20 ans qui viennent de s’écouler depuis le début d’un « processus de paix » dont on a dit à juste titre que « tout était dans le processus et rien dans la paix ». Parmi ces documents, « Espoirs brisés, l’héritage d’Oslo », ou « Territoire Palestinien occupé, 20 ans après les accords d’Oslo », un petit film de 20 minutes proposé par Agence VU, Action contre la faim et Darjeeling*, ainsi qu’un article d’Idith Zertal, dans le magazine La Vie.

FILM :

http://broken-hopes.fr/?utm_source=…

  • avec le concours de Mediapart, les Inrookuptibles, DS de Standard et El Mondà. 20 minutes

Et aussi à l’occasion de ces 20 ans de mascarade après Oslo, l’article de l’israélienne Idith Zertal, publié par La Vie :

« Israël a peur de la paix »

propos recueillis par Anne Guion

Le 13 septembre 1993, Bill Clinton, Yitzhak Rabin et Yasser Arafat sur le perron de la Maison Blanche

Vous souvenez-vous de votre réaction lorsque les accords d’Oslo ont été signés il y a 20 ans ?

On était fous de joie. Nous étions heureux comme des Rois en France, comme on dit. Tout en sachant que les accords n’étaient pas parfaits, c’était quand même un grand bonheur, de l’espoir dans un lieu qui est marqué par l’absence d’espoir, comme si une nouvelle ère allait s’ouvrir. Mais l’espoir ne joue jamais un grand rôle dans la politique au Moyen-Orient. Et il a, malheureusement, été de courte durée.

Les accords d’Oslo en eux-mêmes ont été dessinés depuis le début par des personnes qui n’étaient pas des politiciens mais des historiens, des intellectuels, des idéalistes qui connaissaient très bien les Palestiniens et qui croyaient en leurs droits, à une solution de paix et de justice. Les deux premiers architectes des accords, Yair Hirschfeld et Ron Pundak, travaillaient avec Yossi Beilin, un homme politique pas comme les autres. Tous trois entretenaient des liens très serrés avec l’élite palestinienne des territoires occupés. Les accords en eux-mêmes étaient un compromis, c’est sûr, à la mesure du possible, mais leur grand problème était de n’avoir pas traité des questions fondamentales : Jérusalem, les colonies, les réfugiés palestiniens et la question des frontières. D’après les négociateurs, il n’était pas possible de s’accorder sur ces questions à ce moment-là. Mais ceux-ci ont réussi quand même, pour la première fois, à créer un cadre de confiance et un mouvement commun vers une solution.

Le grand échec des accords d’Oslo réside dans leur mise en application, dans la peur et la mauvaise foi qui les ont accueillis, des deux côtés, mais surtout du côté israélien. Des forces énormes qui s’élevaient contre ces accords, à l’intérieur d’Israël. Et comme toujours, la politique et les politiciens se sont avérés impuissants, sans courage ni vision véritable et réalisable.

Peut-on dire que les colons sont les principaux responsables de l’échec d’Oslo ?

Ceux-ci ont, bien sûr, leur part de responsabilité, qui est grande. Mais cela serait trop facile d’en rejeter toute la faute sur les colons, comme les Israéliens ont tendance à le faire. Comme si ceux-ci habitaient sur une autre planète, comme s’ils ne faisaient pas partie de la société israélienne ! Or, ils font partie intégrante de ce que Israël est devenu. Ils expriment quelque chose de très profond dans la psyché israélienne, dans ce qui constitue l’identité israélienne : un pessimisme profond avec un optimisme hors de ce monde, messianique ; un mélange de violence et de peur existentielle.

Les colons ont déclaré, en effet, une guerre totale contre les accords d’Oslo, avant même qu’ils soient signés, et ont brouillé toutes les règles du jeu politique. C’était une guerre où tout a été permis, même l’assassinat d’un Premier Ministre, ou, la tuerie, en février 1994, de 29 fidèles musulmans pendant leur prière au tombeau des Patriarches à Hébron, par un colon, un médecin juif israélien de la colonie de Kyriat Arba. Abattu par les survivants de son crime, celui-ci est devenu tout de suite un saint parmi les colons. C’est d’ailleurs à ses funérailles que l’assassin d’Yitzhak Rabin s’est donné la mission sainte « d’empêcher » à tout prix le Premier Ministre de poursuivre le processus d’Oslo.

Mais il faut être juste et dire qu’il y avait aussi d’autres forces au sein d’Israël qui agissaient contre les accords pour ne leur donner aucune chance. Je parle surtout des partis politiques de la droite soutenant les colonies, ainsi que de l’armée, du système sécuritaire. Tout cet ensemble influent et imposant joue un rôle écrasant dans la politique d’Israël. Vous savez, on dit qu’en Israël il n’y aura jamais de putsch militaire. Pas besoin. Ce sont les militaires ou les ex-généraux qui nous gouvernent. Parmi eux, il faut mentionner notamment Ehoud Barak, un homme d’un hubris exceptionnel, « qui flirte avec l’impossible » comme a dit de lui l’ancien secrétaire du gouvernement. Ehoud Barak n’a pas cru aux accords d’Oslo dès le début. Il a tout fait pour garantir leur échec. Tout en étant travailliste, il s’est d’ailleurs toujours vanté que lorsqu’il était Premier Ministre, les colonies se sont élargies et ont prospéré comme jamais auparavant.

Vous voyez, le tableau est très complexe, avec des nuances qui ne sont pas immédiatement visibles au spectateur ordinaire. C’est justement cette complexité et cette ambiguïté que le livre* essaye de faire passer.

Les colonies occupent une place énorme dans la politique israélienne. On pourrait même dire qu’elles mènent la politique du pays, et pourtant, les Israéliens qui habitent à l’intérieur de la Ligne verte ne parlent presque jamais des colonies…

C’est un paradoxe intéressant. Nous sommes occupés par l’occupation. Nous sommes gouvernés par un gouvernement coloniste, pour ne pas dire colonialiste. Les colons occupent des postes-clés dans les institutions, la Knesset, l’armée, le système judiciaire, même les universités. Ceux-ci ont une place de plus en plus dominante dans notre vie. Mais en tant que phénomène politique, ils se sont comme évaporés de la place publique. Ils sont les grands absents/présents si l’on peut dire. Car même leur « absence » est très criante. Est-ce un déni, un refoulement, une impuissance face à cet énorme Golem incontrôlable que nous avons créé de nos propres mains ? Apparemment tout cela à la fois.

A vrai dire, la majorité des Israéliens n’en a rien à faire. Ils ne vont pas dans les colonies. Pour eux, c’est comme s’il s’agissait de l’autre côté de la lune. Lors des manifestations massives et très populaires de l’été 2011, qui ont réuni des centaines de milliers de manifestants contre le gouvernement et la situation économique et financière, le thème de l’occupation et des colonies a été tu. Par tactique d’abord pour ne pas créer de différends entre les mouvements participants. Mais aussi peut-être par indifférence.

Cela est vrai aussi à l’égard des dernières élections générales de janvier 2013. C’est un autre paradoxe : les Israéliens sont soi-disant très politiques, ils sont drogués à l’actualité, mais, en même temps, ne croient pas en la politique, ou à des solutions politiques. Pour des raisons historiques, il n’y a pas une vraie tradition de la politique. Il faut dire que la sphère politique israélienne est complètement figée et corrompue. Au sens propre, et figuré : les hommes politiques israéliens n’ont, en aucune façon, le sens des responsabilités. Ce sont ou des arrivistes, qui profitent des avantages de leur situation et qui ne pensent qu’a leur ré-élection, ou des messianiques. Ils se sentent tous responsables du futur lointain en parlant au nom d’un passé lointain, mythologique. Mais rarement du présent, l’espace temporel des humains.

Et en même temps, la politique de colonisation surdétermine la politique d’Israël. Celle-ci non seulement met en danger le futur du pays, mais elle prend aussi en otages les Juifs qui vivent hors d’Israël en les exposant à de la haine, et parfois même à des attaques violentes. Et ce n’est pas nécessairement de l’antisémitisme comme on voudrait le croire. Dans la plupart des cas, il s’agit de l’expression de l’indignation et de la haine face à cette occupation militaire cruelle, injuste, inacceptable, qui n’en finit pas, la plus longue de l’histoire contemporaine avec celle des Chinois au Tibet. C’est notre occupation des Palestiniens qui fait des ravages des deux côtés, et met en péril la place d’Israël parmi les Nations ainsi que sa légitimité.

Que pensez-vous de la récente relance des négociations ?

C’est encore une fois un acte sans conséquence. Comme une voiture au point mort. Cela ne conduira nulle part, malheureusement. Et tout le monde le sait. Tout le monde connaît les termes d’un vrai accord mais Israël n’est pas prêt à en payer le prix. Cet accord est simple : deux Etats de part et d’autre de la ligne verte de 1967 avec des échanges de territoires. Cela veut dire que les Palestiniens n’auraient que 22 % du territoire qu’ils considèrent comme le leur. Pourtant, ils ont déjà dit, en 1988, qu’ils étaient d’accord.

Les Palestiniens ont déjà fait le pas historique vers une solution de paix. Ils ont renoncé à une part importante de la terre qu’ils pourraient revendiquer. Les Israéliens, quant à eux, garderaient les 78 % du territoire qu’ils ont déjà obtenu grâce à la guerre de 1948 et aux accords de 1949 qui s’en suivirent, jusqu’à juin 1967. Soit beaucoup plus que tout ce qui avait été donné à l’Etat juif dans tous les différents Plans de partage avant la guerre de 1948. Et ce n’est pas tout : en 2002, la Ligue arabe a proposé à Israël une paix entière, intégrale de tous les pays arabes, si Israël revenait aux frontières de juin 1967. Or Israël n’a jamais réagi, a ignoré cette offre… tout en affirmant toujours sa détermination à obtenir la paix. Il faut dire cette vérité une fois pour toutes. Et il faut que ce soit justement des Israéliens qui le disent !

Pourquoi Israël ne veut pas de la paix, selon vous ?

Israël veut la paix, mais une paix abstraite, théorique, dans le meilleur des mondes. En réalité, nous avons peur de la paix, nous craignons cette transformation totale, ce saut dans l’inconnu. Israël s’est créé en guerre, s’identifie en tant que victime, qu’entité solitaire et isolée, encerclée par la haine et les ennemis. Il y a des choses très profondes dans la mentalité israélienne qui vont dans ce sens. Le peuple d’Israël se pense comme fondamentalement seul, toujours menacé. C’est Abraham, le père de la Nation, qui se trouve d’un côté de la rivière et le reste du monde de l’autre. Il est vrai que l’histoire du peuple juif est faite de tragédies et d’exterminations.

Mais cette histoire est aussi orchestrée à l’infini dans les écoles, à l’armée où les jeunes Israéliens sont endoctrinés. En 2008, l’armée de l’air a déployé un vol d’avions bombardiers au-dessus d’Auschwitz. Une action symbolique dont l’objectif était de faire comme si Israël avait vaincu Auschwitz a posteriori. C’était un geste vain, qui touche à la mégalomanie. Comme si on pouvait démanteler le passé, le changer par des actes symboliques, effacer Auschwitz. Au lieu de le garder en mémoire, d’essayer de comprendre ce qui a amené à Auschwitz, on le « bombarde » symboliquement soixante ans plus tard. Une photo de cet événement est accrochée aujourd’hui dans tous les bureaux de l’armée israélienne avec cette inscription : « ne faire confiance qu’à soi-même ». Or c’est un mensonge grotesque car les avions qui volaient au-dessus d’Auschwitz étaient, évidemment, fabriqués aux Etats-Unis ! Sans l’énorme aide financière et militaire des Américains, depuis la création de l’Etat, le pays ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui, et cela sans parler de toutes les autres aides dont Israël bénéficie depuis toujours.

Surtout, quel message terrible : le sionisme a voulu remettre les juifs dans l’histoire, dans le monde, et nous voilà, encore une fois, seuls dans ce monde ou hors de ce monde, encerclés par la haine, par des intentions d’extermination, ne pouvant compter que sur nous-mêmes ? Cette mentalité va paradoxalement avec un hédonisme puissant, qu’incarne la ville de Tel Aviv, une cité merveilleuse, culturelle, joyeuse, tolérante, sexy… Et qui se trouve à une heure trente de voiture de la Bande de Gaza où nous avons laissé une désolation totale, où nous nous rendons de temps en temps mener des campagnes de punition, y commettre des atrocités incroyables. Comment peut-on être la source de tant de mal, justement après Auschwitz ?…

On parle de plus en plus de la nouvelle génération de colons, les « jeunes des collines »…

Il s’agit de la génération de colons qui est née dans les colonies. Cela recouvre deux phénomènes : d’abord les jeunes colons qui se sont embourgeoisés. Ils ont fait de hautes études et se retrouvent désormais dans les différentes institutions et au sein de l’establishment civil d’Israël, ou dans l’armée. Aujourd’hui, plus de la moitié des soldats de l’échelon intermédiaire et des officiers est issue des colonies. Ils ont remplacé les fils des kibboutz et les jeunes venant des élites urbaines. Cela veut dire que si jamais un gouvernement israélien avait comme projet de démanteler les colonies – ce qui est difficile a imaginer – il n’ en aurait pas les moyens puisque l’armée est « envahie » par les officiers colons.

On peut dire que la deuxième génération de colons devient une nouvelle élite en Israël. J’ai eu des étudiants venus des colonies quand j’ai enseigné à l’Université Hébraïque : ils étaient les plus brillants et les plus assidus. Les colons sont aussi très présents dans le domaine politique. Le président de la Knesset, l’ancien ministre des affaires étrangères, et tant d’autres viennent des colonies.

Et puis, il y a ces jeunes qui font de la politique hors de la politique. Ce sont eux, les plus extrémistes, qu’on nomme les « jeunes des collines ». Ils habitent les « avant postes », ces colonies dites « illégales »- un terme insidieux qui induit que les autres colonies sont légales, alors qu’elle sont toutes illégales au regard du droit international. Ces gens là, des ultra-religieux, n’ont pas de Dieu, aucune éthique, ni morale. A part celle-ci : « Ce qui est bon pour nous est bon. Ce qui est juste pour nous est juste ». Pour eux, il n’y a pas d’autrui. Les Palestiniens n’existent pas, ils sont transparents, invisibles. Ces gens-là sont l’emblème du mal des colonies et de la colonisation israéliennes.

Quelles perspectives voyez-vous ?

Lors des manifestations de 2011, il y a eu un moment d’espoir. J’ai cru un moment que les Israéliens étaient prêts à sortir de leurs préoccupations quotidiennes pour changer le cours de notre histoire, pour faire de la vraie politique, pour redéfinir Israël et son futur. Mais il n’en a rien été. L’élan a été écrasé facilement. Ce sont toujours des phénomènes de courte durée. Parce qu’il y a très peu d’Israéliens qui réfléchissent à la politique et qui ont une vision réaliste de l’avenir. Il n’y a pas de vraie tradition du politique comme il n’y a pas non plus de tradition de la laïcité. Israël n’est pas un pays laïc, comme il n’a jamais été vraiment socialiste comme l’a montré l’historien israélien Zeev Sternhell. Ainsi, les Israéliens parlent d’un Etat juif démocratique sans comprendre que l’un exclut l’autre. Tout cela ne donne pas beaucoup d’optimisme, n’est-ce pas ?

Nous parlons quelques heures avant le Jour de Kippour, le quarantième depuis la guerre atroce de 1973, qui porte son nom. Ce n’est qu’après cette guerre, qui a coûté la vie a plus de 3 000 jeunes Israéliens, produits de l’hubris israélien post-1967 et de l’obtusité de ses leaders politiques, qu’Israël a rendu le Sinai aux Egyptiens, jusqu’au dernier centimètre. Faut-il une nouvelle catastrophe de ce genre pour que nous revenions à la raison à l’egard des Palestiniens ?

Pensez-vous qu’un boycott culturel d’Israël soit utile ?

Je ne sais pas. C’est une question difficile. Car la production culturelle d’Israël vient plutôt du camp de ceux qui critiquent la politique israélienne, qui cherchent à changer les choses. Si, par exemple, la France boycottait Israël, mon livre n’aurait pas vu le jour en français. Le documentaire de Dror Moreh, The Gatekeepers, qui fait parler six anciens chefs du Shabac (les Services de sécurité israéliens) n’aurait pas été projeté à la télévision française.

Mais comme Israël a perdu la raison et se dirige vers le gouffre, comme il est en train de devenir un Etat d’Apartheid, je me dis aussi que, peut-être, un boycott pourrait être la seule solution pour rendre la raison à ce pays. Peut-être que si les Etats-Unis arrêtaient de vendre des armes à Israël, ce qui paraît utopique – nous produisons d’ailleurs aujourd’hui une grande partie de nos « besoins » militaires et en exportons – peut-être qu’alors nous nous mettrions enfin à chercher des solutions politiques à nos problèmes, nous arrêterions de flirter avec l’abîme, avec l’impossible. L’Europe doit aussi prendre ses responsabilités. Elle ne les prend pas parce qu’elle a peur d’être accusée d’antisémitisme. Et parce qu’il y a ce sentiment de culpabilité collective.

Alors oui, il y a une part de moi qui voudrait qu’on nous boycotte. Ce livre, c’est ailleurs un peu un appel au secours, ainsi qu’un avertissement. Si les Israéliens sont certains qu’ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes, il est justement grand temps que le monde nous aide à nous sauver de nous-mêmes.

  • Les Seigneurs de la Terre, histoire de la colonisation israélienne des territoires occupés, par Idith Zertal et Akiva Eldar.

http://www.lavie.fr/actualite/monde…

A lire et faire lire sur ce sujet des « accords d’Oslo » l’excellent livre de Tanya Reinhart : « Détruire la Palestine » (en vente à la librairie Résistances : http://www.librairie-resistances.com)

CAPJPO-EuroPalestine

OSLO LES NEGOCIATEURS DU VENT


par K. Selim

14 septembre 2013 – Le      Quotidien d’Oran – Éditorial

Si des Palestiniens ont fêté le vingtième anniversaire      des accords d’Oslo, ils ne doivent pas être nombreux et l’ont fêté      en cachette.
Les plus lucides se désolent que les mises en garde répétées n’aient    pas été entendues.    Le spectacle est en effet terrible. La « percée historique »    présumée du 13    septembre 1993 censée aboutir à un Etat palestinien en cinq ans est    un exemple    même de marché de dupes. Les seules « percées » ont été faites dans    les    territoires réduits devant être ceux de l’Etat de Palestine. Ce    territoire est    en effet percé de toute part de colonies sionistes destinées à    devenir une    « réalité » avec laquelle les responsables palestiniens doivent    tenir compte.

 
Ainsi, pendant que « l’Autorité palestinienne »    négociait du vent, Israël avec l’appui permanent des Etats-Unis    changeait la    « réalité » du terrain. Ceux qui ne ferment pas les yeux le    constatent : il    n’existe déjà plus de possibilité territoriale même d’un mini-Etat    palestinien.

 

Bien entendu, les Etats arabes, obéissants à Washington, ont laissé    les    Palestiniens seuls face aux Américains et aux Israéliens. Car, à    aucun moment    de ce faux processus, pas même sous Obama à ses débuts, les    Américains n’ont    été médiateurs. Ils ont été constamment et de manière la plus    perfide qui soit    du côté d’Israël. En contrepartie, l’Autorité palestinienne a    apporté une    coopération « sécuritaire » honteuse et zélée qui assure la    tranquillité à un    occupant expansionniste.

 
Les graines de la division inter-palestinienne à venir    ont été semées par l’application unilatérale des accords d’Oslo par    l’Autorité    palestinienne. Yasser Arafat a résisté à la tendance jusqu’à sa    mort. Après    lui, la « caste des négociateurs », une vraie création d’Oslo, a    appliqué sans    retenue son rôle de répression contre les Palestiniens. Le souci,    servile et    politiquement absurde, de se faire « accepter » par les Américains    est devenu la    ligne « politique » alors qu’il était manifeste que Washington ne    fera rien qui    déplairait à Israël.

 

Tous les Palestiniens des territoires occupés    comme de la    diaspora le constataient et le disaient, seuls les «négociateurs»,    enfermés    dans leur bulle, flattés comme des enfants d’être « reçus » chez les    grands ne le    voyaient pas. Ou faisaient mine de ne pas le voir. Encouragés par    les    monarchies du Golfe et l’Egypte de Moubarak qui assurait le    gardiennage de    Ghaza.

 
PLUS PERSONNE NE DOUTE PLUS QU’OSLO, C’EST DU VENT.    MÊME LES DIPLOMATES DES MONARCHIES DU GOLFE ! TOUT LE MONDE A FINI    PAR DIRE    AVEC AU MOINS QUINZE ANS DE RETARD QUE LES ACCORDS D’OSLO SONT    MORTS.

LE PLUS    FRAPPANT EST DE CONSTATER QU’UNE FOIS DE PLUS, POUR NE PAS DÉPLAIRE    AUX    AMÉRICAINS, MAHMOUD ABBAS ENVOIE SON « NÉGOCIATEUR EN CHEF » COURIR    DERRIÈRE LE    VENT. OSLO EST MORT, MAIS L’ILLUSION QUI L’A PERMIS EST ENCORE EN    OEUVRE.    AGGRAVÉE PAR LE SOUCI D’UN MAHMOUD ABBAS FINISSANT D’ABOUTIR À    QUELQUE CHOSE    AVANT DE « PARTIR ». QUITTE À CE QUE CE QUELQUE CHOSE SOIT DU RIEN !    CERTES, ON    FAIT DIRE QUE MAHMOUD ABBAS « NÉGOCIE » AUJOURD’HUI SANS CONVICTION,

JUSTE POUR    APPORTER LA « DÉMONSTRATION » AUX AMÉRICAINS QU’IL N’EST PAS UNE    SOURCE DE    BLOCAGE. OR, C’EST BIEN CE QUI EST DEMANDÉ AUX DIRIGEANTS DE    L’AUTORITÉ    PALESTINIENNE DEPUIS VINGT ANS : FAIRE SEMBLANT DE NÉGOCIER,    COOPÉRER AU PLAN    SÉCURITAIRE ET « DÉLÉGITIMER» LA RÉSISTANCE SOUS TOUTES SES FORMES.    DANS CES    NÉGOCIATIONS FUMEUSES, CE QU’OBTIENT ISRAËL, SOUTENU PAR LES    ÉTATS-UNIS, N’EST    PAS DU VENT.
http://www.lequotidien-oran.com/?news=5187645

Mohammad Assaf de Gaza : l’idole de tout un peuple


OLJ/AFP | 23/06/2013
Mohammad Assaf a remporté samedi le titre de
Mohammad Assaf a remporté samedi le titre de « Arab Idol », le plus fameux concours de télé-crochet arabe. REUTERS/Mohammed Azakir

Musique Liesse en Palestine après la victoire du jeune chanteur dans « Arab Idol ».
Les Palestiniens fêtaient dans la nuit de samedi à dimanche la victoire historique d’un jeune chanteur de Gaza, Mohammad Assaf, devenu l’idole de tout un peuple et de sa cause, dans le plus fameux concours de télé-crochet arabe, « Arab Idol« .

C’est la première fois qu’un Palestinien s’illustre aussi brillamment dans ce genre de manifestation artistique qui a suscité un engouement sans précédent dans les Territoires palestiniens.

Les célébrations ont éclaté spontanément dans la bande de Gaza et en Cisjordanie dès l’annonce des résultats de cette compétition panarabe à Beyrouth, où était produit le show.

A Jérusalem-Est, le secteur à majorité arabe de la Ville sainte, occupé et annexé, des heurts ont éclaté entre des jeunes Palestiniens et la police israélienne qui a procédé à des arrestations, coupant court à la fête, selon une journaliste de l’AFP et la police.

A Gaza, d’où est originaire Mohammad Assaf, des dizaines de milliers de badauds se sont aussitôt déversés dans les rues et le long du front de mer, a constaté l’AFP.

Les fans de Mohammad Assaf, samedi à Gaza. AFP PHOTO/MOHAMMED ABED

Dans la soirée, il ne restait plus de places réservées dans les hôtels, les restaurants et les cafés de la bande de Gaza pour suivre la retransmission en direct du dernier programme d' »Arab Idol ». Selon Salah Abou Hassira, directeur de l’office des restaurants et hôtels de la bande de Gaza, « il s’agit d’un grand événement national » palestinien.

Des portraits géants du beau chanteur gazaoui au visage juvénile étaient affichés sur les façades d’immeubles de Gaza et de Cisjordanie.

Des festivités se déroulaient aussi à Ramallah -où des foules s’étaient rassemblées près de la tombe du chef historique Yasser Arafat- et dans les grandes villes de Cisjordanie.

Doté d’une voix exceptionnelle, le jeune homme de 23 ans, né à Misrata (Libye) mais habitant à Khan Younès, était le favori des cœurs face à deux rivaux égyptien et syrien. Il avait encore enthousiasmé le jury, et mis la larme à l’œil à ses innombrables fans palestiniens, lors de la finale d' »Arab Idol » vendredi soir à Beyrouth en interprétant une célèbre chanson nationaliste « Ally el-Kofiya » (« Brandis le keffieh », ndlr: le foulard traditionnel immortalisé par Yasser Arafat).

L’information est trop importante pour être confiée à des journalistes


 

Ce 20 juin, le Comité des droits de l’enfant de l’ONU a diffusé un rapport accablant pour le régime israélien, accusé par les experts onusiens de maltraiter systématiquement les enfants palestiniens qui ont lancé des pierres… citant des cas de torture, d’arrestations nocturnes et d’isolement en prison pendant des mois d’enfants de douze ans.
Ci-dessous le communiqué de l’agence Belga.

 

« Les soldats israéliens torturent des enfants palestiniens

 

(Belga) Les enfants palestiniens de la Bande de Gaza et de Cisjordanie sont capturés par les soldats israéliens pour ensuite être torturés, humiliés, utilisés pour passer au peigne fin des bâtiments potentiellement dangereux ou comme boucliers. C’est ce qu’indique un rapport du comité des Nations Unies pour les Droits de l’enfant, rapporte jeudi le quotidien israélien Ha’aretz.

Le comité a cherché à vérifier dans quelle mesure Israël respectait un accord de 1992 sur le droit des enfants. Il regrette le refus d’Israël de fournir plus d’informations sur la sort des enfants dans les territoires occupés et sur le Plateau du Golan depuis le dernier rapport qui date déjà de 2002.

« Les petits Palestiniens sont régulièrement interrogés en hébreu, une langue qu’ils ne maîtrisent pas », selon le rapport. Le comité dispose de témoignages émanant d’anciens soldats israéliens stipulant que les enfants sont régulièrement arrêtés sans aucune raison.

La plupart des enfants interrogés sont accusés d’avoir jeté des pierres, un délit pour lequel ils risquent jusqu’à 20 ans de prison.

Ces dix dernières années, quelque 7.000 enfants palestiniens âgés entre 12 et 17 ans, et parfois même d’à peine 9 ans, ont été interpellés, interrogés et détenus, précise le rapport. « Nombre d’entre eux ont été enfermés seuls pendant des mois et amenés devant des tribunaux militaires ». Des centaines d’enfants palestiniens ont été tués et des milliers d’autres blessés au cours des opérations militaires israéliennes, essentiellement dans la Bande de Gaza.

Le comité souligne encore que les enfants palestiniens ont difficilement accès aux soins de santé, à l’eau potable et à un enseignement de qualité.

(Belga) »


Cette importante information, du moins à mes yeux, a été diffusée par « Ha’aretz », le grand quotidien israélien… Mais subtilement occultée par notre presse nationale.
Comment ça occultée? « Nous avons publié cette info » jureront nos plumitifs la main sur le cœur.
En effet, si un citoyen lambda était assez rapide hier, il aura pu être parmi les quelques centaines d’heureux à lire cette info sur certains sites web avant qu’elle ne soit rangée, après quelques  minutes d’apparition, dans un « classement vertical ».
L’ADN de Mlle Delphine, ou les tribulations du Standard sont visiblement des infos d’une autre importance pour notre presse!
C’est à croire que la majorité des journalistes de Belgique ont fait leurs études chez les jésuites ou les pharisiens.
Heureusement il en reste quelques-uns, rares, à respecter leur métier. Merci à eux!

Alors… Il faut bien combler les vides en jouant « presse », même si c’est à une toute petite échelle, et communiquer ces infos qui dérangent ceux pour qui les droits des humains sont à géométrie variable et pour qui tous les enfants ne semblent pas égaux.
En espérant que ceux et celles qui n’étaient pas au courant, il y en a certainement, voudront bien diffuser cette information.

Cordialement

Rudi

Je résiste donc je suis… en prison


    • 14:00 – 21:00

  • Conférence débat sur les prisonniers politiques palestiniens

    Avec Sahar Francis, directrice de Addameer,Organisation des Droits de l’Homme palestinienne
    Abdallah Abu Rahma, ancien prisonnier & membre du Comité populaire de Bil’in
    Hélène Legeay, juriste, ACAT France

    Hommage à Chawki Armali, ancien Délégué général de la Palestine

    Mères de Qalqilya, Traces de libertés
    Exposition photo et récits de vie des mères de prisonniers politiques de Qalqilya, en collaboration avec Roxana Alvarado et Ann Grossi, artistes plasticiennes.

    Dessin par Mohammed Saba’aneh, arrêté en février 2013, et à ce jour encore prison en Israël.

158 Rue Théodore Verhaegen, 1060 Saint-Gilles

Le gouvernement israélien divisé sur un État palestinien


22/05/2013
Proche-Orient

Le gouvernement de coalition israélien a étalé hier ses divisions sur la question d’un futur État palestinien, à deux jours de la visite dans la région du secrétaire d’État américain John Kerry qui tente de relancer des négociations israélo-palestiniennes dans l’impasse depuis 2010.
Prenant la parole devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset, la ministre de la Justice Tzipi Livni, négociatrice en chef sur le dossier palestinien, a défendu le projet de « deux peuples, deux États », avec un État palestinien côtoyant Israël. Cette idée est également celle du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a-t-elle dit, et elle permettra de mettre un terme à un conflit vieux de 65 ans. « Ma politique et celle du Premier ministre, c’est que nous devons arriver à la solution de deux États pour deux peuples », a ainsi déclaré Tzipi Livni, qui dirige un petit parti centriste membre de la coalition au pouvoir.

Cette déclaration a provoqué la colère de l’extrême droite, également représentée au gouvernement qui a pris ses fonctions en mars après les élections législatives de janvier. « Deux États pour deux peuples, c’est peut-être la position de Netanyahu mais ce n’est pas celle, officielle, du gouvernement », a déclaré Orit Struck, député du parti nationaliste Bayit Yehudi.

Le chef de ce parti d’extrême droite, Naftali Bennett, s’est à plusieurs reprises déclaré contre la création d’un État palestinien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Il prône au contraire l’annexion par Israël de la majeure partie de la Cisjordanie occupée depuis la guerre de juin 1967. M. Bennett a accepté que sa formation participe au gouvernement Netanyahu et ne s’est pas opposé aux tentatives de reprendre les négociations avec les Palestiniens, laissant entendre que ces discussions n’avaient de toute façon aucune chance d’aboutir. « C’est notre terre », a dit Orit Struck a propos de la Cisjordanie, que les nationalistes israéliens appellent la Judée-Samarie. Ces désaccords soulignent la fragilité de la coalition gouvernementale.

Toujours sur le plan diplomatique, le ministre finlandais des Affaires étrangères Erkki Tuomioja a effectué une rare visite dans la bande de Gaza pour un chef de la diplomatie de l’Union européenne. M. Tuomioja qui s’est rendu à Gaza dans le cadre d’une « visite en Israël et dans les territoires palestiniens », a reçu un diplôme en justice humanitaire internationale de l’Université de Palestine, « une nouvelle université privée de Gaza, sans affiliation partisane », selon un communiqué de son ministère.
Le ministre finlandais a en outre rencontré la direction et le personnel de l’Agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), auquel il a annoncé une contribution supplémentaire de 1,5 million d’euros, a annoncé cette agence dans un communiqué.

Par ailleurs, le président palestinien Mahmoud Abbas assistera du 24 au 26 mai au Forum économique mondial (WEF) en Jordanie, auquel participeront le secrétaire d’État américain John Kerry et le président israélien Shimon Peres, a indiqué un responsable palestinien. M. Abbas « rencontrera le roi de Jordanie et M. Kerry, en marge du forum, ainsi que des ministres européens des Affaires étrangères », a ajouté ce responsable.

Démantèlement
Notons que le Shin Beth, le service de sécurité intérieure israélien, a annoncé le démantèlement au cours des deux derniers mois de deux cellules distinctes du Hamas et du Jihad islamique dans le sud de la Cisjordanie.
Enfin, Israël a décidé de rétablir à 6 milles nautiques la zone de pêche des Palestiniens au large de la bande de Gaza, réduite de moitié il y a deux mois à la suite de tirs de roquettes, a annoncé l’armée israélienne.
(Sources : agences)

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