Vente au profit d’Artistes contre le mur


Vente de vin de Bordeaux

au profit

d’Artistes contre le mur asbl

 

Comme les années précédentes, l’asbl « Artistes contre le mur»  met en vente différents vins afin de récolter des fonds destinés à ses ateliers pour enfants et à ses formations artistiques pour adultes à Qalqilya, en Palestine.

Ces ateliers rassemblent 250 enfants tous les étés à Qalqiliya, et ont pour but de briser l’isolement psychologique de ces enfants, enfermés à l’intérieur du mur de séparation construit par l’Etat israélien, et d’y ouvrir une brèche en organisant des ateliers d’initiation à différentes techniques artistiques.

Pour plus d’informations sur l’ensemble des activités de l’asbl, je vous invite à consulter le site Internet de l’asbl : www.artistes-contre-le-mur.org

« Artistes contre le mur asbl » vous propose un choix de 2 vins rouges, 1 vin blanc et 1 vin rosé, en provenance du domaine de Tifayne (Côtes de Castillon et de Franc) situé à une quinzaine de km de St Emilion.

Prix par caisse de 6 bouteilles :

Rouge au choix, Côtes de Castillon ou/et Côtes de Francs :          50 €

Blanc, Côtes de Francs :                                                        50€

Rosé,                                                                                 40 €

Il est possible de combiner les types de vins.

Si vous souhaitez passer commande, veuillez consulter la page http://www.artistes-contre-le-mur.org/soutenir.htm où vous trouverez le bon de commande et la procédure.

Rencontre avec le docteur Oberlin


mardi prochain,  rencontre avec le professeur français Christophe Oberlin, chirurgien orthopédiste, qui sera l’invité du Mouvement Citoyen Palestine.
Christophe Oberlin est chirurgien à l’hôpital Bichat à Paris, responsable de missions de chirurgie réparatrice des paralysies auprès des blessés palestiniens depuis décembre 2001 (une quinzaine de missions au total), il a effectué une vingtaine de missions humanitaires de chirurgie réparatrice (lèpre, ulcère du Buruli) entre 1981 et 1995 (Centrafrique, Bénin, Congo, Côte d’Ivoire).
Il est l’auteur de “Chroniques de Gaza 2001-2011”, Editions Demi-Lune, 2011, et “Survivre à Gaza”, aux éditions Koutoubia.

oberl

Mardi 13 Décembre à 18h00


Pianofabriek

rue du Fortstraat 35, 1060 St Gillis/Gilles

https://www.facebook.com/event.php?eid=161325950633301

Rencontre avec

Christophe OBERLIN Il n’est ni journaliste ni « expert en relations internationales ». Mais depuis dix ans, il se rend dans la bande de Gaza plusieurs fois chaque année, pour y soigner les blessés de l’Intifada et enseigner la chirurgie à ses confrères palestiniens soumis au blocus de l’État d’Israël. Au-delà de son simple bistouri, il a su observer, écouter et questionner. Ce n’est donc pas un rapport technique qu’il nous livre ici, mais tout simplement sa propre expérience de médecin voyageur, à travers une série de regards, d’anecdotes et de récits qui nous font vivre ce qui n’est pas rapporté par les agences de presse. En tableaux insolites, drôles ou émouvants, il nous brosse l’envers du décor.

M. OBERLIN est également le coauteur avec Jacques-Marie BOURGET de Survivre à Gaza, la biographie de Mohamed al-RANTISSI, le chirurgien palestinien frère du dirigeant historique du HAMAS assassiné par l’État d’Israël…

Cette soirée sera aussi l’occasion d’évoquer les actions de soutien à la PALESTINE, la manifestation du 27 Décembre, ainsi que la deuxième édition de la mis­sion « Bienvenue en PALESTINE ».

Info : mcpalestine@netcourrier.com

Sortir la cause des prisonniers palestiniens de l’oubli


BAUDOUIN LOOS

vendredi 09 décembre 2011, 09:45

Un ministre palestinien présidait cette semaine une délégation à Bruxelles en vue de plaider la cause des 5.000 prisonniers palestiniens détenus dans les geôles israéliennes.

Un boulot malaisé et ingrat. Voilà ce qu’a accepté de faire Issa Qaraqe’, quand il a pris la charge de ministre des Prisonniers au sein de l’Autorité palestinienne. Malaisé et ingrat car il s’agit, entre autres tâches, de tenter de sensibiliser la communauté internationale sur le sort d’environ 5.000 personnes toujours pensionnaires des prisons israéliennes, un sujet qui n’est sans doute pas très mobilisateur en Europe (1).

“ Je reçois en tout cas une écoute certaine ici à Bruxelles, confie le ministre au Soir alors qu’il préside une délégation d’une dizaine de personnes dont des représentants d’ONG spécialisées. Les parlementaires européens, des hauts fonctionnaires de la Commission, les services de Mme Catherine Ashton, les deux chambres du Parlement belge et plusieurs associations nous ont reçus et écoutés. Mon message consiste à plaider pour qu’ils fassent pression sur Israël – au besoin en reconsidérant les accords d’association qui incluent une clause sur les droits de l’homme – pour que cet Etat respecte les droits des prisonniers d’une part (ceux de Gaza n’ont droit à aucune visite familiale, par exemple), les libère de l’autre. Israël se considère au-dessus du droit international, cela concerne tout le monde. “

L’affaire Gilad Shalit – ce soldat israélien enlevé par des militants palestiniens en 2006 qui vécut plus de cinq ans dans des caves à Gaza avant, grâce à un marché entre le Hamas et Israël, d’être libéré contre mille prisonniers palestiniens – a marqué à la fois la société israélienne et la palestinienne. “ Nous aurions préféré que sa libération soit l’objet d’un accord politique et non d’un troc, assure Issa Qaraqe’, qui a lui-même fait dix ans de prison ans les années 80. Le très mauvais message que ce marché donne c’est que la seule façon de faire libérer nos prisonniers consiste à kidnapper des soldats israéliens. “

Le problème du ministre palestinien consiste à contrer un argument israélien massue. “ Israël réussit souvent à imposer sa version : les prisonniers palestiniens ne sont que des terroristes, et cela refroidit toute velléité de s’en mêler. Mais, parmi ces prisonniers, vous avez de nombreux jeunes qui ont lancé des pierres vers des colons ou contre des soldats israéliens dans les territoires occupés ou bien encore par exemple vous avez les cas d’Abdallah Abou Rahmeh, avec nous dans cette délégation, qui a passé un an et demi en prison pour avoir mené une lutte parfaitement pacifique (et d’ailleurs finalement victorieuse) contre le mur érigé par Israël à Bil’in, sa commune. “

Le plus souvent, explique notre interlocuteur, les Palestiniens sont jugés par des cours israéliennes militaires pour qui le seul témoignage d’un soldat est suffisant pour condamner. Et puis, “ sur les enfants, on exerce souvent des chantages “, complète Khaled Kuzmar, de la branche palestinienne l’ONG Defence for Children International : “ Par exemple, pour un jet de pierre, le tarif pout monter à dix ans de prison, alors on lui dit qu’on passera l’éponge s’il collabore avec l’armée et dénonce ses amis. Des choses difficiles à prouver devant une cour israélienne militaire où 99% des condamnations concernent des innocents “.

(1) Selon les chiffres du ministre, parmi les cinq mille prisonniers, il y a 11 femmes, 230 mineurs, 240 détenus administratifs (ni inculpés ni jugés), 23 parlementaires dont 20 du Hamas. Le plus ancien détenu, Karim Younès, a passé 30 ans en prison. 124 d’entre eux étaient déjà en prison avant les accords intérimaires d’Oslo (1993).

source

BRISER LE SILENCE


Du 1er au 17 décembre Les Halles de Schaerbeek en partenariat étroit avec l’Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB) et Dor Hashalom vous invitent à l’exposition et aux activités présentées sur le thème de

Exposition : Breaking the silence – Des soldats israéliens parlent de l’occupation

JE 01/12 > SA 17/12 13h00 > 18h00 Nocturne chaque jeudi jusque 21h00 et lors des autres soirées de Breaking the Silence. Fermé le lundi. Visites en matinée et en nocturne possible sur demande uniquement (groupe de min. 20 personnes).

L’association israélienne Shovrim Shtika Breaking the Silence Brisons le Silence a collecté et compilé plus de 2 500 heures d’interviews à propos de la vie quotidienne à Hébron. L’exposition présente une centaine de photographies prises par les soldats dans l’exercice de leur fonction au sein des forces armées israéliennes. Des ex-soldats, membres actifs de Breaking the Silence, accompagnent la visite de l’exposition et parlent de leur mission en Cisjordanie et dans les autres Territoires occupés de Palestine*.

« Les soldats qui servent dans les Territoires sont les témoins et les acteurs d’actions militaires qui les changent profondément. Les cas d’abus envers les Palestiniens, les pilages et les destructions de propriétés sont la norme depuis des années mais sont toujours relatés comme étant des cas extrêmes et uniques. Nos témoignages décrivent une autre et bien plus sinistre réalité. Une réalité dans laquelle la détérioration des principes moraux trouve un moyen d’expression, sous la forme d’ordres et des règles d’engagement, et qui est justifiée au nom de la sécurité d’Israël. »

Breaking the silence
Avec le soutien de la Fondation Rosa Luxemburg

*( Le 3 décembre 2011 à partir de 15h30, visite guidée de l’exposition « Breaking the silence » pour les membres et sympathisants de l’ABP- inscription : abp.eccp@skynet.be)

The Details – Avi Mograbi

L’installation vidéo The details contient une série de scènes de et à propos des territoires occupés, montrés simultanément sur 8 écrans. Tournées et utilisées dans divers films d’Avi Mograbi, elles sont présentées pour créer un espace chaotique parallèle et non linéaire, une représentation tronquée de la vision qu’a l’artiste de la réalité des Territoires occupés.

Mardi 6 et samedi 10 décembre à 20h30 : Winter Family. Jérusalem-Plomb Durci

Une performance de théâtre documentaire à partir d’image de cérémonies et de célébrations mémorielles et nationales filmées et récoltées à Jérusalem dans les écoles, les quartiers, les médias et les lieux symboliques de l’État d’Israël.

Une jeune femme de Jérusalem nous guide dans un voyage sonore, visuel et textuel à travers la société israélienne. En Israël, la douleur, la mémoire et le courage sont célébrés de tous côtés, les codes et les symboles étirés jusqu’à l’épuisement. Les chants, les discours, les sirène et les danses sont omniprésents de la naissance à la mort des individus, qui, pris en otage par le système implacable, deviennent les acteurs d’une éblouissante et macabre hallucination collective et se projettent dans un tourbillon vilent et national. Israël accélère sa fuite en avant désespérée et vaine : la dictature émotionnelle.

Winter Family est un duo de musique expérimentale composé de l’artiste israélienne Ruth Rosenthal (textes, voix) et du musicien français Xavier Klaine (musique, pino, grandes orgues, harmonium, célesta) basé à Jérusalem et Paris. Ils se rencontrent à Jaffa en 2004. En 2008, à l’occasion des anniversaires simultanés de l’État d’Israël et de la « réunification » de Jérusalem, le duo enregistre la pièce sonore Jérusalem Syndrome qui sera diffusé sur France Culture. Les deux artistes décident ensuite de continuer ce travail et de créer la performance de théâtre documentaire Jérusalem-Plomb Durci.

Mercredi 7 décembre à 20h30 : Z32 – un film de Avi Mograbi

Un ex-soldat israélien participe à une mission de représailles dans laquelle deux policiers palestiniens sont tués. Il cherche à obtenir le pardon pour ce qu’il a fait. Sa petite amie ne pense pas que ce soit aussi simple, elle soulève des questions qu’il n’est pas encore capable d’affronter. Le soldat accepte de témoigner devant la caméra pur autant que son identité ne soit pas dévoilée. Le cinéaste, tout en cherchant la solution adéquate pour préserver l’identité du soldat, interroge sa propre conduite politique et artistique.

Jeudi 8 décembre à 20h30 : Briseurs de silence de Simone Bitton

Un documentaire sonore, un essai radiophonique, de la réalisatrice de Mur (2004) et de Rachel (2008) et inspiré par le travail de Shovrim Shtika – Breaking the Silence.

Des voix d’exilés israéliens – qui ont pour la plupart été soldats dans l’armée israélienne (de même que Simone Bitton elle-même) –, disent les mots de la génération actuelle de soldats et de soldates. Sur une trame composée de sons ramenés de Gaza et de Cisjordanie, la banalité et l’universalité du mal s’entend en français, avec cet accent hébraïque que l’on ne perd pas. Comme on ne perd pas la mémoire des gestes que l’on a faits, de l’humiliation qu’on a infligée, de la mort qu’on a donnée –parce que c’était comme ça, tu comprends, là-bas, la routine c’était comme ça…

Vendredi 9 décembre à 20h30 : Amira Hass – conférence autour de Breaking the Silence

Breaking the Silence a brisé le silence mais aussi les méthodes conventionnelles de l’information industrielle. La méthode de collecte de l’information de Breaking the Silence vérifie finalement ce que les médias « respectables » n’ont de cesse de nier : l’information palestinienne.

Samedi 10 décembre à 10h00 : Table ronde avec Simone Bitton, Avi Mograbi, Amira Hass, Yehuda Shaul (Breaking the Silence) et Nurit Peled-Elhanan

L’occupation de la Palestine par Israël et son armée n’est pas sans effet sur la société israélienne puisqu’elle l’affecte en son cœur : son armée composée de jeunes hommes et femmes qui ne peuvent échapper à l’obligation du service militaire à moins de devenir des refuzniks. Après les images, les films, sons, vidéos, photographies, place aux mots pour éclairer, en reprenant les termes de Breaking the Silence « Une réalité dans laquelle la détérioration des principes moraux trouve un moyen d’expression, sous la forme d’ordres et de règles d’engagement, et qui est justifiée au nom de la sécurité d’Israël ».

UPJB

Rue de la Victoire 61

1060 Bruxelles

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Halles de Schaerbeek a.s.b.l.
Centre Culturel Européen
20 rue de la Constitution
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+32 2 218 21 07

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halles.be

L’Appel au dialogue de paix occulte la destruction de la communauté palestinienne


mercredi 19 octobre 2011 – 06h:43

Jacques Bude

Ce texte est la seconde partie de l’article paru sous le même titre dans le numéro de mars 2011 de La Revue nouvelle de Bruxelles.

La première partie est également en ligne sur le site www.info-palestine.net sous le titre « La destruction officielle des communautés palestiniennes en Israël-Palestine.

À de rares exceptions près, les initiatives venant des États-Unis et de l’Union européenne en vue d’assurer la paix entre Israéliens et Palestiniens, considèrent que le dialogue est le seul moyen d’atteindre cet objectif.

Ces appels ont pratiquement toujours pour prémisse que l’existence de l’État d’Israël est menacée (1) et qu’ »Israël a le droit de se défendre ».

Par contre, ils ne mentionnent pratiquement jamais que depuis plus d’un demi-siècle, la Communauté palestinienne est systématiquement sapée par l’État d’Israël et on ne trouve nulle part que « Les Palestiniens ont le droit de se défendre ».

Or, l’existence de l’État d’Israël n’est pas en danger et n’a sans doute jamais été sérieusement menacée alors que l’existence même d’une communauté palestinienne en Israël-Palestine est non seulement menacée, mais sa désintégration sociale délibérée et systématique par l’État d’Israël – ce que le sociologue israélien Baruch Kimmerling appelle « politicide » (2) – a probablement atteint un point de non retour du moins dans les territoires occupés en 1967.

Seul un sursaut, malheureusement plus qu’improbable, de la communauté internationale pourrait peut-être encore la sauver.

La conférence de paix instrument de légitimation

La succession de « conférences de paix » entre Israéliens et Palestiniens – Madrid (1991), Oslo I (1993-1994), Oslo II (1995), Wye River (1998), Charm El-Cheikh (1999), Camp David (2000), Taba (2001), Charm El-Cheikh (2005), Jérusalem (2006), Annapolis (2007) – n’a ni interrompu, ni même ralenti l’appropriation de terres et la destruction de la société palestinienne dans les territoires occupés en 1967.

Ces « dialogues de paix » qui n’ont pas contribué à la paix, n’ont pas empêché, bien au contraire, l’État d’Israël d’imposer sa paix, de poursuivre en paix les confiscations, la colonisation et le nettoyage ethnique dans les territoires confisqués ni de digérer en paix le fruit de ses extorsions.

Intentionnellement ou non, ces « dialogues de paix » ont été des promesses creuses qui ont instillé un espoir anesthésiant aux Palestiniens, et un moyen d’amener les Israéliens à soutenir la colonisation, moyen dont la meilleure illustration est le mensonge de l’ »offre généreuse » mis au point et utilisé de main de maître par E. Barak.

Je paraphrase l’essentiel : « Nous avons pratiquement tout offert aux Palestiniens. Mais, quoi qu’on leur offre, ils veulent toujours davantage, en fait, rien de moins que jeter les Juifs à la mer. L’absence d’un partenaire de paix malgré nos offres généreuses, nous oblige à établir une zone de sécurité efficace. » (3)

L’effet de légitimation de l’occupation sur l’opinion israélienne et internationale de ce mensonge d’offres généreuses israéliennes qui en fait n’ont jamais existé et qui auraient été confrontées à un refus systématique de la part des Palestiniens, a été stupéfiant.(4) Force est de constater que lorsqu’il s’agit d’Israël la crédulité est incommensurable.

Désormais les Conférences de paix – à l’instar de celle mort-née qui s’est récemment ouverte à Washington et dont E. Barak dirigeait la délégation israélienne – entre l’État d’Israël et l’Autorité palestinienne totalement dépendante des Etats-Unis, de l’Union européenne et de la bonne volonté douanière d’Israël, ne devraient même plus s’inscrire dans la perspective d’une paix en échange de l’évacuation des territoires occupés en 1967, mais – à l’instar de la politique déjà officiellement prônée par Yitzhak Shamir en 1991 (5) et qui, en fait, a été pratiquée par tous les gouvernements israéliens (6) – dans la perspective de la paix en échange de la paix, c’est à dire, de la capitulation.

Je caricature à peine : « Laissez-nous confisquer vos terres en paix et vous aurez la paix. Soumettez-vous à notre domination – ce qui est pris ou sera pris, restera pris – et nous vous accorderons la paix dans ce que nous voudrons bien vous laisser : des réserves administrées et policées par une Autorité indigène à notre botte et où votre survie dépendra de la charité internationale ».

La comédie des « offres généreuses » n’est sans doute plus nécessaire. Du fait de son manque d’autonomie et des privilèges qu’elle voudra préserver, l’Autorité palestinienne va très probablement entériner la capitulation, « la paix contre la paix ».

La colonisation de peuplement se poursuit et Israël, à l’image des États-Unis, est déjà pratiquement devenu un État moderne avec ses réserves d’Indigènes.

Hors du cadre d’institutions qui imposent le respect du droit international, s’en remettre au dialogue pour assurer la paix entre une brutale puissance occupante et la communauté désarticulée qui est à sa merci, c’est s’en remettre à la raison du plus fort, celle de la puissance occupante ; c’est soutenir l’occupation, occulter et donc encourager les violations du droit international : les déplacements de population, les spoliations de terres et de maisons, les punitions collectives, les violences de l’armée et des milices des colonies de peuplement, la destruction des infrastructures éducatives, économiques, sanitaires, … ; c’est collaborer à la soumission de la communauté opprimée et être complice de sa destruction ; c’est avaliser la violation des droits des membres de cette communauté : droits à se défendre, à résister à l’occupation, à la sécurité alimentaire, à l’assistance sanitaire, à l’éducation, à la propriété, à la libre circulation, ….

De plus, s’en remettre à un tel dialogue permet aux autorités politiques et militaires de l’État d’Israël de préserver leur légitimité tout en continuant impunément à désarticuler la société palestinienne, à accaparer des terres et à les « nettoyer » de ceux qui y vivent.

Devoir de mémoire

Si ce n’était l’invocation culpabilisante de la destruction des communautés juives d’Europe, personne de bonne foi ne se préoccuperait de la sécurité d’une puissance occupante qui n’est nullement menacée.

Il irait de soi de se préoccuper, non de la pacification d’une zone d’occupation militaire, mais du respect des droits des victimes d’une occupation illégale et meurtrière.

L’Europe a de lourdes responsabilités dans ce conflit et donc des obligations particulières, avant tout celle de ne pas rester, une fois de plus, impassible face à la destruction d’une communauté ethnique.

Ceux qui, comme moi, ont été « formés » par la destruction des communautés juives d’Europe, doivent – sous peine de se renier et de trahir les victimes de cette destruction – dénoncer l’ignoble justification des crimes commis à l’encontre des Palestiniens et de leur communauté, par le massacre des Juifs d’Europe.(7)

Par devoir de mémoire, c’est la solidarité avec la Communauté palestinienne en voie de destruction qui doit aller de soi et non – comme c’est malheureusement le cas pour de trop nombreux Juifs mais fort heureusement pas tous – une identification au militarisme de l’État d’Israël.

Aujourd’hui, beaucoup de Juifs caractérisent les Juifs d’avant la création de l’État d’Israël et ceux qui n’embrassent pas le sionisme, par une résignation à l’impuissance dans un monde antisémite voué à les détruire.

C’est, selon eux, cette impuissance qui a permis la destruction des Juifs d’Europe. La condamnation morale de cette résignation fonde leur définition d’eux-mêmes – « ne plus se laisser mener à l’abattoir comme des moutons » – et se traduit par une sacralisation de la capacité à se défendre par les armes incarnée par l’État d’Israël.

De là, bien que seule une infime minorité des juifs de la diaspora émigreront en Israël et moins encore y resteront (8) , une identification exacerbée à cet État : aveuglement à tous ses méfaits et accusation d’antisémitisme à l’encontre de toute critique portant sur l’exercice de la puissance militaire israélienne, postulée synonyme de survie du Peuple juif.

A leurs yeux et en toute sincérité, la mise en question de la légitimité des violences israéliennes exprime l’immémoriale haine meurtrière des Juifs, même si elle émane de Juifs qu’ils accusent dès lors d’avoir la « haine de soi ».

Cette définition de l’identité juive et du monde non juif ne se réfère plus à l’épaisseur humaine des diverses communautés juives du monde, si riches des sédiments de siècles de rencontres – bien sûr très loin d’avoir toujours été harmonieuses – avec tant de sociétés. Elle se fonde, pour l’essentiel, sur la capacité et le droit d’avoir recours à la violence armée – même préventivement, comme en 1948, en 1967 et de nos jours – afin que « plus jamais çà ». Cette réduction au militarisme – « redressement »(9) de l’incapacité à avoir recours à la violence armée – est un triste témoignage de la profondeur de la dévastation que le nazisme a infligée aux communautés juives.

Obligation morale de boycotter l’État d’Israël

(JPG)

Il ne s’agit évidemment pas de mettre en question l’existence de l’État d’Israël, d’ailleurs reconnu dans ses frontières de 1967 par la communauté internationale, l’OLP (10) et, implicitement, le Hamas. (11) Cela s’apparenterait à une incitation au crime contre l’humanité.

Il s’agit d’appeler la Communauté internationale à contraindre un État et ses autorités à respecter le droit international.(12)

Tant que l’État d’Israël ne respecte pas les droits humains des Palestiniens, y compris ceux de nationalité israélienne ; tant que cet État et ses autorités violent gravement le droit international, notamment par le crime contre l’humanité que constitue le blocus de la population de Gaza, toute personne qui adhère aux valeurs démocratiques, particulièrement, tout responsable politique doit : appeler les instances politiques nationales et internationales à remplir leurs obligations de respecter et de faire respecter le droit international, notamment d’exiger, sous peine de sanctions, la fin de l’occupation, des confiscations et du harcèlement des Palestiniens ; appeler les instances judiciaires nationales et internationales à mettre fin à l’impunité des autorités israéliennes ; appeler à l’établissement d’un État palestinien indépendant et viable et au dédommagement de la Communauté palestinienne.

C’est seulement dans un tel cadre – qui plus que probablement ne verra jamais le jour – qu’un dialogue de paix ne servira plus à occulter la destruction de la Communauté palestinienne et à assurer l’impunité à l’État et aux responsables israéliens.

On le voit, je ne suis guère optimiste. Les réserves d’Indiens en Amérique du nord et d’Aborigènes en Australie rappellent combien une colonisation de peuplement peut être dévastatrice pour les communautés indigènes. Je crains fort qu’après des décennies de « faits accomplis » impunis, la désintégration des communautés palestiniennes en Israël-Palestine soit désormais irréversible.

De toute façon, qu’il soit ou non trop tard, j’estime que toute personne qui refuse d’être complice de cette destruction, doit : soutenir ceux qui en Israël défendent les droits des Palestiniens ; cesser toute collaboration avec les institutions israéliennes – publiques ou privées – qui ne s’opposent pas à l’occupation et à la colonisation ; refuser de consommer des produits israéliens qu’ils proviennent ou non des territoires occupés en 1967. Malgré tout, je ne peux m’empêcher d’espérer qu’une prise de conscience internationale, surtout israélienne, de la situation désespérée des Palestiniens rendra enfin possible – à l’instar de ce qui s’est passé pour l’Apartheid en Afrique du Sud – une paix équitable entre Palestiniens et Israéliens.

Notes

1) « Contrairement à la légende dépeignant un frêle État juif à peine né et déjà confronté aux redoutables armées d’un puissant monde arabe, les « nouveaux historiens » confirment la supériorité croissante des forces israéliennes (en effectifs, armement, entraînement, motivation…) à la seule exception de la courte période qui va du 15 mai au 11 juin 1948. » Dominique Vidal, « L’expulsion des Palestiniens revisitée », Manières de voir N°98, Le Monde diplomatique avril-mai 2008, p.13. Lorsqu’elles déclenchent la Guerre des 6 jours de juin 1967 qui a été gagnée en une matinée, les autorités israéliennes étaient parfaitement au courant de leur large supériorité militaire. L’enjeu de la Guerre du Kippour d’octobre 1973 était d’amener Israël à négocier l’évacuation du Sinaï et du Golan et nullement de menacer son existence. A cette occasion les troupes égyptiennes et syriennes ont effectivement réussi à percer les lignes israéliennes et il a fallu une semaine aux généraux israéliens pour redresser la situation. Ce qui a été d’autant plus facile que le Président A. Al Sadate avait arrêté l’offensive de ses troupes. On notera que ni la population ni les territoires palestiniens n’ont été impliqués dans ce conflit. Voir Alain Gresh et Dominique Vidal, Les 100 clés du Proche-Orient, Hachette, 2003, p.234-242.

2) Il s’agit de la politique mise en œuvre par le Général A. Sharon, Premier Ministre, au début 2002 – opération Remparts – et qui est toujours en cours. « Stratégie politico-militaire, diplomatique et psychologique ayant pour but la dissolution du peuple palestinien comme entité économique, sociale et politique légitime et indépendante. Cela peut inclure – mais pas nécessairement – leur nettoyage ethnique progressif, partiel ou complet, du territoire connu sous le nom de terre d’Israël ou de Palestine historique. » Baruch Kimmerling, Du « politicide » des Palestiniens, Le Monde diplomatique, juin 2004, p.16-17.

3) Pour l’analyse de la mise au point et de l’utilisation de cette technique de persuasion, voir Tanya Reinhart, Détruire … p. 59-64.

4) « Depuis 1993, les sondages avaient constamment montré une majorité autour de 60% en faveur de ’la terre pour la paix’. Après Camp David et les ’négociations’ qui ont suivi, le soutien aux concessions pour la paix est tombé dans les sondages à 30%. » Tanya Reinhart, Détruire … p. 63-64.

5) Devenu Premier Ministre, Yitzhak Shamir – ancien chef du Lehi, groupe terroriste, responsable de massacres destinés à faire fuir les Palestiniens, entre autres celui de Deir Yassine en avril 1948 – déclare dans son discours d’ouverture de la Conférence de Paix de Madrid (1991) : « La nature du conflit n’est pas territoriale. … Nous prions pour que cette rencontre marque la fin de l’hostilité, de la violence, de la terreur et de la guerre ; qu’elle apporte le dialogue, la réconciliation, la coexistence et – par-dessus tout – la paix. ». Voir Le Monde diplomatique, Cahier spécial sur le Proche-Orient, janvier 2006.

6) On pourrait éventuellement accorder le bénéfice du doute à I. Rabin. Mais entre la signature des Accords d’Oslo en Septembre 1993 et son assassinat en février 1995, le nombre de colons a fortement augmenté et les infrastructures de l’occupation se sont considérablement développées. Après le massacre de 29 Palestiniens dans une mosquée de Hebron en février 1994, il a refusé, contre l’avis de ses ministres, de s’en prendre aux colons. Enfin, son passé – « Cassez-leur les os » en 1987 entre autres – incite à la méfiance. Voir, Dominique Vidal, I. Rabin. « Faucon », puis « colombe », Manières … , p.50.

7) « La nazification de l’ennemi, quel qu’il soit, et la transformation de chaque menace sécuritaire en danger d’extermination totale ont donc caractérisé, des années 1940 à nos jours, les discours des élites politiques, comme le jargon de la presse ou la conversation des gens dits ’ordinaires’. » Idith Zertal, « Au nom de la Shoah », Le Monde diplomatique, Manières …, p.22.

8) Le nombre de Juifs vivant à l’extérieur d’Israël est estimé à un peu moins de 8.000.000. Voir Courrier international, 17 juin 2010, p.10. Selon le Bureau central de statistique israélien, il y a eu 14.572 nouveaux immigrants en 2009, soit un taux annuel d’émigration vers Israël (Alia) de moins de 0,02%. Et tous n’y resteront pas.

9) Au sens de G. Canguilhem.

10)Implicitement en 1988, lorsque le Conseil national palestinien reconnaît les résolutions de l’ONU et explicitement, en 1996, lorsqu’il élimine de sa Charte tous les articles contestant le droit à l’existence de l’État d’Israël.

11) En 2006, le Hamas signe le document d’ »Entente nationale » qui reconnaît implicitement Israël dans ses frontières de 1967.

12) Pour une revue rigoureuse des violations du droit international commises par l’État d’Israël et les autorités israéliennes, ainsi que des manquements de l’Union Européenne et de ses États membres à leur obligation de réagir à ces violations, voir Conclusions de la première session internationale du Tribunal Russel sur la Palestine, Barcelone, 1-3 mars 2010. www.russelltribunalonpalestine.com

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Jacques Bude

Jacques Bude est Professeur émérite de psychologie sociale de l’Université libre de Bruxelles. Mère et père morts en déportation. « Enfant caché » sauvé par des gens merveilleux du pays de Liège.

Article paru dans le numéro de mars 2011 de La Revue nouvelle, Bruxelles. www.revuenouvelle.be. L’auteur a inséré des intertitres et les références ont été complétées.

Un ou deux Etats ? Où est le réalisme ?


Mardi, 22 Novembre 2011 19:43 Ali AbunimahAli Abunimah, journaliste palestino-américain, cofondateur de’The Electronic Intifada’, auteur de « One Country : A bold Proposal to end the Israeli-Palestinian Impasse » était présent au colloque « Un ou deux Etats », organisé à Bruxelles ce samedi 19 novembre par Palestina Solidariteit, en collaboration avec d’autres mouvements.
Il y prenait la parole après une première session où plusieurs spécialistes ont exprimé leurs points de vue, suivi d’un débat avec la salle.
Voici une vidéo de son intervention (Ali Abunimah s’exprime en anglais) suivi de la traduction écrite en français.

« Brigitte Herremans, dans la précédente session, s’est excusée auprès de moi, en disant qu’elle ne pouvait pas rester. J’aurais aimé qu’elle puisse rester, parce que je veux réagir à certains de ses commentaires. Elle parlait d’autodétermination et elle disait que les Palestiniens ne devaient pas abandonner l’autodétermination, comme si appeler à un État unique signifiait abandonner l’autodétermination.
A mon avis, elle commet une erreur fondamentale, elle confond autodétermination et création d’un État or les deux ne sont pas la même chose. Et, en effet, la création d’un Etat à savoir un État palestinien dans une partie de la Palestine, ce n’est pas de l’autodétermination, c’est le contraire de l’autodétermination, c’est la négation de l’autodétermination, parce que c’est délibérément destiné à priver de ses droits la majorité du peuple palestinien.

Imaginons que demain l’impossible se produit, qu’Israël se retire de la Cisjordanie et qu’il met un terme à son blocus criminel contre Gaza, et que l’Etat palestinien soit établi là-bas.
Bon, est-ce cela l’autodétermination ? Si on s’appuie sur les termes de la prétendue résolution à deux États, cela ne l’est pas. Parce que beaucoup de Palestiniens vont être privés de leurs droits.

Les réfugiés ne pourront pas retourner dans leurs maisons, dans ce qui s’appelle maintenant Israël, pour la seule raison qu’ils ne sont pas juifs, pour la raison la plus raciste possible. S’ils ne pouvaient pas y retourner parce qu’ils ont une peau trop foncée, personne ne dirait : « C’est bien, nous le respectons. » Tout le monde dirait : « C’est du racisme. » Être juif, comme Israël le définit, n’est pas un choix, pas un ensemble de croyances, ce n’est même pas une religion. C’est une identité génétique selon la conception qui prévaut en Israël. Donc c’est tout aussi arbitraire que la couleur de la peau. Donc les réfugiés palestiniens seraient privés de leurs droits par la prétendue solution à deux États. Et ceux des Palestiniens qui sont théoriquement des citoyens d’Israël, seraient contraints de vivre dans un état raciste appelé « État juif ». Donc leurs droits à l’autodétermination seraient supprimés. En échange de quoi ? Qu’un tiers de la population palestinienne puisse vivre dans un bantoustan.

Donc, premièrement, la solution à deux États est une solution raciste. Deuxièmement, on demande à un groupe de Palestiniens de renoncer à leurs droits humains pour que des droits limités soient accordés à un autre groupe de Palestiniens. Donc, c’est aussi une proposition qui contredit les droits palestiniens et le droit à l’autodétermination. Et cela est clairement visible dans chaque aspect de tout ce qui s’est passé au cours des vingt ans qui ont suivi les accords d’Oslo. Et notez bien qu’Israël ne parle plus d’une solution à deux États. Il parle d’une solution « de deux États pour deux peuples ». Et c’est fondamental.

Vous vous rappelez Condoleezza Rice ? Ce n’est pas quelqu’un qu’on peut considérer comme politiquement très progressiste. Mais elle a publié un livre, il y a quelques semaines, et, dans son livre, elle parle de la question palestinienne et elle évoque un entretien avec Tsipi Livni, qui était alors ministre des Affaires étrangères. Et Condoleezza Rice écrit : « J’étais choquée d’entendre Tsipi Livni parler des objectifs israéliens en terme d’un État purement juif sur le plan ethnique. J’étais choquée. »
Bien que Condoleezza Rice soit très à droite aux États-Unis (maintenant tout le monde est très à droite aux États-Unis, y compris Barack Obama). Mais, néanmoins, elle a été élevée en Caroline du Sud sous le système de l’apartheid, l’apartheid officiel qui a existé aux États-Unis jusque dans les années soixante. Et ce que Tsipi Livni disait, rappelait à Condoleezza Rice le Sud des États-Unis où elle a grandi.

Donc, voilà ce que veut dire une solution à deux États. Et le langage fantaisiste d’un prétendu processus de paix, lorsqu’ils parlent de « deux États vivant côte à côte en paix », c’est bien la dernière chose qui se passerait s’il y avait deux Etats.

Et nous le savons. Avigdor Lieberman disait : « Si nous donnons un État aux Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza, nous nous retrouvons avec un demi-État car ce que nous voulons, c’est un État juif. Quel intérêt avons-nous de céder des territoires si nous avons toujours un million et demi  de Palestiniens qui vivent parmi nous ?»

Et Tsipi Livni a dit la même chose publiquement et aussi de façon répétitive lors des négociations avec l’Autorité palestinienne. Et cela a été détaillé dans les « minutes » des « Palestine Papers » qui ont été rendues publiques par Al Jazeera plus tôt dans l’année.

Les Israéliens n’ont pas cessé de poursuivre leur but de se débarrasser des Palestiniens en Israël et de les transférer vers un État palestinien. Donc le résultat le plus probable d’une tentative de re-diviser la Palestine en deux États ne serait pas la paix. Ce serait le nettoyage ethnique des Palestiniens d’Israël vers d’autres parties de la Palestine. Ce serait l’achèvement de ce qu’Israël a commencé en 1948 et cela se passe déjà maintenant.

Cela se passe au Naqab avec les Bédouins, cela se passe à Jaffa, cela se passe à Akka, cela se passe à Haïfa, où vous avez des colons de la Cisjordanie qui se rendent dans les villes à l’intérieur d’Israël en utilisant exactement les mêmes techniques qu’ils ont utilisées à Hébron, à Jérusalem-Est pour expulser les Palestiniens qui restent à Jaffa, Akka et Haïfa . Donc tel serait le résultat : ce serait le nettoyage ethnique et la perpétuation du conflit.

Et même si les Palestiniens avaient un État dans une partie de la Palestine, de quoi aurait-il l’air ? Nous savons déjà que cela peut être un Etat, mais que ce ne sera pas la libération.
Et ce ne sera pas l’autodétermination. Ce serait un État « comme tout autre État » dans le pire sens du terme. Un État qui, dès le moment où il naîtrait, se trouverait déjà dans les mains d’élites néolibérales, dans les mains du FMI, dans les mains des « donnateurs » européens, dans lequel le dernier à avoir son mot à dire serait le peuple palestinien, les citoyens même de ce prétendu État.

Et ce n’est pas pour cela que les Palestiniens se sont battus : ils ne se sont pas battus pour avoir un Kosovo occupé par l’Otan et dirigé par l’Union Européenne. Même les États de l’UE ne sont pas gouvernés par leurs peuples, aujourd’hui.

Je veux dire : Salam Fayad, quelqu’un dont personne, aucun Palestinien, n’avait jamais entendu parler avant, qui a été imposé par la soi-disante communauté internationale, et lorsque nous utilisons le terme de « communauté internationale », nous devons savoir de quoi nous parlons : cela veut dire les Etats-Unis et tout ceux qui sont d’accord avec les Etats-Unis. C’est cela la soi-disant communauté internationale. Ce n’est pas l’Indonésie ou l’Inde ou l’Afrique ou le peuple, ce n’est pas cela, la communauté internationale.

« Un million et demi de personnes à Gaza sont mises en cage comme des animaux, parce qu’elles ne sont pas juives. C’est la seule raison. »

Donc, Salam Fayad est devenu le modèle, même pour l’Europe : vous prenez un quelconque banquier du FMI ou de la Commission européenne, et vous l’imposez sans élections, c’est ce qui s’est passé en Grèce, c’est ce qui s’est passé en Italie, et vous feriez bien de choisir un Premier ministre en Belgique avant que l’Union Européenne ne vous en choisisse un à votre place. Donc, c’est cela le modèle, et cela n’a rien à voir avec la libération de la Palestine, cela n’a rien à voir avec les droits du peuple palestinien.

Quelqu’un mentionnait : « A quoi bon de parler d’une solution à un État, si les Israéliens ne l’acceptent pas. » Ceci est vraiment une façon de pensée complètement erronée.

C’est une façon de penser qui serait logique si vous pensiez que les Palestiniens et les Israéliens sont égaux, que cela se passe dans un cadre de négociation démocratique. Mais les Israéliens et les Palestiniens ne sont pas des néerlandophones et des francophones vivant en Belgique. Il y a un peuple occupé, colonisé, vivant sous la botte d’un régime colonial brutal, soutenu par les Etats-Unis et l’Union Européenne, entre autres, et vous ne pouvez pas parler d’eux en tant qu’égaux, négociant les uns avec les autres dans une situation de parité. Donc l’opinion des colonisateurs ne devrait pas être notre préoccupation. Vous savez, ce que nous disons, c’est que les colonisateurs doivent mettre un terme à leur occupation et à leur colonialisme. On ne peut pas leur demander cela.

Personne ne disait que les colons français qui ne voulaient pas mettre fin à leur beau régime de colonisation, qu’ils avaient « le droit à l’autodétermination ».  On ne se préoccupait pas de ce qu’ils pensaient. Personne ne disait – quoique que certains l’aient pourtant dit,  mais il appartenaient à une droite très extrémiste – que les blancs en Afrique du Sud ne voudraient pas accepter la démocratie et que pour cette raison, il ne fallait pas leur demander de mettre un terme à l’apartheid. Ou que nous devrions dire aux noirs en Afrique du Sud : acceptez les bantoustans que le régime blanc vous donne, parce que ce qu’il y a de mieux pour vous, vous devez être pragmatiques.

En fait, quand vous regardez les sondages d’opinion, les études qui ont été faites parmi les blancs en Afrique du Sud, dans les années 80 et jusqu’en 1993, la majorité écrasante des blancs en Afrique du Sud était opposée au système de « un homme – un vote ».
Il n’existait pas de grand soutien à la démocratie chez les blancs en Afrique du Sud, ils y étaient opposés. Ils disaient : « OK, on peut de nouveau négocier, nous pouvons avoir une sorte de partage de pouvoir, mais une personne – un vote, c’est hors de question. »

Alors qu’est-ce qui a fait la différence ? Quelqu’un l’a mentionné : la pression, le boycott, le désinvestissement et les sanctions. La logique consistant à boycotter Israël et exercer des pressions sur Israël, ce n’est pas pour nous faire sentir bien nous-mêmes, mais pour changer les dynamiques de pouvoir. Israël peut dire non, parce qu’il est fort. BDS (boycott, désinvestissement et sanctions) veut changer cette dynamique de pouvoir. De sorte  qu’Israël ne dicte plus ce qui est possible et considéré comme réaliste, et ce qui est considéré comme pragmatique.

Une des choses que les gens disent parfois, c’est que réclamer le droit au retour n’est pas pragmatique. Les réfugiés palestiniens doivent être réalistes. Il n’y aura pas de retour, vous savez, parce que vous devez être pragmatiques. Pourquoi ? Cela n’est pas pragmatique du tout. Israël parle d’amener encore un million de Juifs venant de monde entier afin de les faire vivre en Israël et dans les territoires occupés. Est-ce que cela est pragmatique ? Cet espace, cette terre disponible : apparemment Israël a assez de ressources pour construire des maisons pour eux… Donc il paraît qu’il est pragmatique d’amener un million de colons, mais pas de ramener les gens qui sont vraiment de là ! Donc il n’y a pas un problème d’espace, ou de terre, ou de maisons ou de ressources.

Ce qui est supposé être pragmatique c’est que les Palestiniens ne sont pas des juifs, c’est la seule raison. Un million et demi de personnes à Gaza sont mises en cage comme des animaux, parce qu’elles ne sont pas juives. Si ces gens étaient juifs, si on pouvait changer une chose concernant les gens de Gaza, s’ils étaient juifs, Israël ouvrirait les barrières et le mur du ghetto pour les inviter à revenir chez eux, dans leur pays. C’est de cela qu’il s’agit.

Donc, dans cette soi-disant solution à deux États, il s’agit de préserver Israël en tant que colonie de peuplement dans laquelle les Juifs maintiendront le contrôle politique, économique et militaire.

Un point que quelqu’un d’autre mentionnait dans la session précédente, c’est que s’il y a un État, comment pouvons-nous garantir qu’il ne perpétuera pas simplement le statu quo avec les Juifs israéliens en tant que classe privilégiée et les Palestiniens restant la classe pauvre ?

Bien sûr, nous ne pouvons pas garantir cela, s’il n’y a pas un effort significatif en vue de renverser et corriger cette situation. Mais c’est une fausse affirmation de penser que « deux États » puisse modifier cette situation. En fait, « deux États » rend incontournable, enserre et légitime l’inégalité. Comme aujourd’hui. Israël dit : on n’est plus à Gaza ; Gaza n’est pas notre problème. Le fait que le revenu moyen à Gaza est de un quarantième d’un revenu moyen en Israël, que la population de Gaza vit avec un revenu situé en dessous du nécessaire vital, ce n’est pas notre problème. Gaza, ce n’est pas Israël. Gaza est seulement une partie d’Israël au moment où la Flottille arrive. Alors soudainement, la Flottille viole la souveraineté d’Israël. Mais, sinon, ce n’est pas notre problème. Ceci serait la situation s’il y avait un soi-disant État palestinien. Comme c’est la situation maintenant entre l’ancienne Europe coloniale et l’Afrique. Bien, ces pays sont pauvres, mais ils sont indépendants. Et nous leur accordons « de l’aide » par un effet de notre générosité. Mais nous n’avons pas de responsabilité pour réparer les conséquences du colonialisme. Ce ne sont pas nos citoyens. Donc la création d’États a été une garantie de pauvreté, une garantie de dépendance et une illusion d’indépendance. Et nous connaissons cela assez maintenant dans la période post-coloniale. C’est simplement un mensonge de continuer de dire au peuple palestinien que s’il peut agiter un drapeau et dire qu’il a un État, qu’il va avoir ses droits et que sa situation va être améliorée.

Donc, pour résumer : nous devons changer de discours, et éliminer, que cela nous plaise ou non, ce discours mort concernant la création d’un État, d’institutions d’un État formel, cette fausse déclaration d’État qui n’a rien à voir avec l’autodétermination et poser à nouveau les problèmes en termes de droits. Et des droits pour tout le peuple palestinien. Pas seulement des Palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Mais aussi des Palestiniens en Israël qui ont le droit de vivre comme un peuple libre et égal dans leur pays, pas sous le régime d’un état juif raciste. Des réfugiés palestiniens qui ont le plein droit de participer à l’autodétermination, y compris avec un réel droit au retour. Nous devrions plus être préoccupés par les droits des réfugiés que par les droits des colons israéliens. Je ne comprends pas d’où vient cette préoccupation. Et est-ce que cela veut dire que les Juifs israéliens n’ont pas leur place ici ?  Yasser Arafat disait en 1974 dans son fameux discours aux Nations unies :
« Nous voulons vivre ici, avec les juifs qui sont d’accord de vivre avec nous sur une base démocratique et d’égalité, sans privilèges racistes ou coloniaux ». Je pense que la plupart des Palestiniens soutiennent cette idée. C’est un mensonge pur et simple de prétendre que les Palestiniens disent qu’il faut rejeter les Juifs à la mer. La question n’est pas de savoir si les Palestiniens sont d’accord de vivre côte à côte avec les Juifs sur une base d’égalité, mais bien de savoir si les Israéliens sont d’accord de faire cela. »
Et la réponse, jusqu’à présent, a été négative.
Israël parle d’une « menace démographique » et d’un « suicide ». Mais il ne s’agit pas d’une menace contre la sécurité physique des Juifs, mais d’une menace contre le système d’apartheid et les privilèges dont profitent les Juifs sous ce système.

Laissez-moi finir ici, en disant que le point fondamental, ce qui va déterminer la situation, ce n’est pas ce que nous discutons ici dans cette salle, mais la lutte que nous engageons, en particulier en Europe pour mettre l’accent sur le BDS, pour le soutenir, pour le pousser en avant. Merci. »

Mise à jour le Mardi, 22 Novembre 2011 21:37

Source : http://www.pourlapalestine.be/

LA PALESTINE DANS TOUS SES ETATS


LA PALESTINE DANS TOUS SES ETATS

samedi 26 novembre à partir de 15h
à l’Espace Magh(Rue du Poinçon 17 – 1000 Bruxelles)

Tribunal Russell sur la Palestine : « Israël coupable du crime d’apartheid »

Marianne Blume, témoin lors de la 3ème session du Tribunal Russell sur la Palestine(TRP)

Eric David, professeur de droit international à l’ULB,

Conclusions de la 3ème  session du TRP qui s’est tenue du 5 au 7 novembre à CapeTown en Afrique du Sud. la reconnaissance de l’Etat palestinien ?

 

Mustafa Barghouti, Membre du Conseil législatif palestinien, président de l’Initiative Nationale Palestinienne


Jean-Paul Chagnollaud,
professeur de sciences politiques à l’université de Cergy-Pontoise et auteur de « Atlas des Palestiniens, Un peuple en quête d’un Etat »

Evolution de la lutte du peuple palestinien pour l’autodétermination et l’attitude de la communauté internationale vis-à-vis d’elle. mes et résistance

 

Naella Khalil, journaliste à Ramallah, lauréate du  Prix Samir Kassir pour la liberté de la presse en 2008

Nadia Abu Nahla, militante des droits des femmes, directrice de l’association Women Affairs Technical Committee à Gaza

 

Panorama de la campagne BDS    Les prochains rendez-vous et campagnes BDS !

La journée sera présidée par Pierre Galand, président de l’ABP

A 20h le concert d’Amal Murkus sera précédé d’une prise de parole de Leila Shahid, Déléguée générale de la Palestine auprès de l’Union européenne, de la Belgique et du Luxembourg.

CONCERT avec AMAL MURKUS

 

  A 20h, la journée se clôturera par un concert d’Amal Murkusaccompagnée par Nasim Dakwar au Oud et au violon et Naif Sirhan aux percussions.

Amal Murkus est une des voix les plus connues en Palestine. Sa voix tantôt chaude et douce, tantôt haute et forte traduit toutes les nuances de l’émotion et du combat.

Traduction simultanée EN/FR

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