Obama : le « premier Président juif » d’Amérique ?


samedi 24 septembre 2011 – 06h:57

Marwan Bishara
Al Jazeera

Après le discours du Président US aux Nations-Unies, notre principal analyste se demande pourquoi les dirigeants américains continuent de plier devant les exigences d’une puissance étrangère. Al Jazeera.
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Barack Obama est devenu plus pro-israélien que George W Bush,
soutient l’analyste M. Bishara.
(Gallo/Getty)

Obama est « le premier Président juif ». Tel est le titre de l’édito du New York Magazine, écrit par John Heilemann et citant un important collecteur de fonds d’Obama.

En écoutant Obama aux Nations-Unies mercredi, beaucoup ont hoché la tête, et pas moins en Palestine et dans le monde arabe.

Le Président US a embrassé la position israélienne de rejet de la reconnaissance internationale d’un État palestinien indépendant.

Mais ce n’est pas une position juive. C’est une position sioniste radicale. Beaucoup de juifs, dont des juifs des États-Unis et d’Israël, n’adoptent pas de telles positions extrémistes.

Mais qu’Obama ait surpassé son prédécesseur, George W. Bush, qui fut le plus radical partisan d’Israël de tous les Présidents US, cela a laissé tout le monde pantois en Israël. En écoutant le Président US sioniste, on croyait entendre les pères fondateurs d’Israël eux-mêmes.

Jamais, on n’avait entendu un Président US lire directement les papiers du gouvernement israélien.

Une propagande passant pour de l’histoire

On aurait pu penser qu’après six décennies de dépossessions, quatre décennies d’occupation et deux décennies de processus de paix, le Président Obama reconnaisse quelque désaccord politique et morale qu’il fallait régler.

Qu’il rappelle, et non qu’il sape ses propres paroles prononcées au Caire il y a un an et demi, sur la nécessité pour Israël de cesser ses colonies illégales en Palestine.

Qu’il rappelle, et non qu’il sape sa propre vision – lire sa promesse – depuis la même scène, en septembre dernier, d’un État palestinien d’ici un an, c’est-à-dire cette semaine.

Qu’il rappelle, et non qu’il sape sa propre rhétorique à propos de la liberté dans la région arabe.

Ou qu’il rappelle, et non qu’il sape sa proclamation de l’importance d’une paix basée sur un retrait, pas davantage de la même logique de guerre.

Hélas, le Président a anéanti son slogan entier, « Le changement, nous pouvons y croire ».

Son intervention s’est inspirée de la pire propagande officielle d’Israël. De fait, une grande partie est le copier-coller de la stratégie d’Israël.

Il a parlé de « faits » historiques qui ont longtemps été réfutés par des historiens israéliens, et de vérités qui ne sont rien de plus qu’une interprétation unilatérale d’une situation politique.

Obama a prétendu que les Arabes avaient lancé des guerres contre Israël. Alors qu’en réalité, c’est Israël qui est l’agresseur, lançant ou instiguant des guerres, en 1956, 1967, 1982, 2006 et 2008. Seule, la guerre de 1973 a été déclenchée par des Arabes, mais seulement aux fins de récupérer des territoires occupés et après que les USA et Israël aient rejeté les ouvertures de paix d’Anwar el-Sadat.

Il a insisté sur le travail des Israéliens pour forger un État prospère dans leur « patrie historique ». Mais le monde dans sa grande majorité, et certainement le monde arabe, a considéré la création d’Israël comme un projet colonial sous des prétextes théologiques.

La Serbie croit aussi que le Kosovo est le lieu de naissance de sa nation ; doit-elle être autorisée à forger un État prospère de sa propre initiative, un État exclusivement serbe, sur ce territoire ?

Tous les peuples occupés doivent-ils chercher à s’arranger avec leurs occupants en dehors de l’intervention de la communauté internationale ? Est-ce ainsi que les nations d’Afrique et du Moyen-Orient ont obtenu leur indépendance des puissances coloniales européennes ?

Tout un peuple doit-il vivre sous occupation jusqu’à ce que son occupant soit satisfait des conditions de sa reddition ?

C’est de la politique, stupide

Tout commentateur en fonction vous rappellera qu’il ne faut pas vous attendre à beaucoup d’actes concernant Israël d’un Président US pendant une année électorale.

Comme Heilemann l’illustre dans son article, la carrière d’Obama s’est construite sur ses relations avec les généreux donateurs juifs de Chicago.

Effectivement, le type le plus fortuné du Parti démocrate de ces dernières décennies est devenu le chef de Cabinet d’Obama, Rahm Emmanuel. Aujourd’hui, il est le maire de Chicago.

Mais ce n’est pas juste qu’une question d’argent. Cela touche aussi au soutien déterminant du Congrès sur les questions nationales pressantes qui peuvent faire le succès ou l’échec de la présidence Obama. Et le lobby israélien, l’AIPAC, peut faire un enfer de la vie du Président tout au long de l’année qui vient.

Maintenant, je comprends tout cela. Mais ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi c’est accepté comme un fait accompli ! Cela tient de la politique ! A prendre ou à laisser !

Si c’est le cas, au moins appelons un chat un chat ; et l’administration(s) US pour ce qu’elle semble tant paraître : ni juive ni sioniste, plutôt hypocrite.

Elle parle de justice mais poursuit une politique inique ; elle parle de répressions mais promeut ses propres intérêts à tout prix. Elle prêche la liberté mais soutient l’occupation ; elle parle de droits humains mais elle insiste pour confier le poulailler au loup, et seulement au loup.

Tous des dindons de la farce

Pourquoi les Palestiniens ont-ils été tenus d’être les victimes de la politique US tout en étant les otages de la politique israélienne au cours des six dernières décennies ? Pourquoi la plupart des Israéliens doivent-ils continuer à vivre dans un État garnison incapable de normaliser ses relations avec ses voisins ?

Pourquoi les Américains doivent-ils voir leurs politiciens pris en otage par une puissance étrangère et ses partisans influents ?

Le lobby juif pro-israélien, J Street, a commenté la soumission alarmante à Israël non seulement de Démocrates mais aussi de Républicains, disant : « Il n’y a aucune limite, semble-t-il, dans la façon dont les politiciens américains sont tombé ces jours-ci dans la soumission à Israël pour obtenir des gains politiques ».

Même s’il y a eu une logique stratégique dans le soutien US à Israël dans le passé, l’obséquiosité actuelle de Washington n’a guère de sens.

Washington a longtemps usé de son influence sur Israël pour qu’il soit un levier stratégique de domination sur les dirigeants arabes. Seul Washington peut empêcher Israël de partir en guerre et obtenir des concessions en matière de diplomatie, estimaient autrefois les dirigeants arabes.

Mais les dictateurs qui ont exploité la Palestine pour capitaliser un soutien national, ou qui l’ont troquée contre des faveurs occidentales, appartiennent au passé.

Les Arabes d’aujourd’hui sont amers et furieux de la complicité américano-israélienne en Palestine et ils ne seront pas aussi facilement bridés ou achetés que leurs dictateurs déchus.
(JPG) Marwan Bishara est un éminent analyste d’Al Jazeera. Il a été précédemment professeur de Relations internationales à l’université américaine de Paris. Il a beaucoup écrit sur la politique mondiale, et il fait largement autorité sur les questions moyen-orientales et internationales.

Du même auteur :

-  Une victoire pour Erdogan, mais nuancée
-  Oussama : la fin d’un alibi
-  La plus ancienne dictature du Moyen-Orient
-  Tunisie : l’hypocrisie des pouvoirs occidentaux
-  Quelle prochaine étape pour le processus de paix ?
-  Israël est-il un handicap pour les USA ?
-  Israël défend l’indéfendable

22 septembre 2011 – Al Jazeera – traduction : JPP

source

L’hypocrise d’Obama sur la Palestine


jeudi 22 septembre 2011 – 12h:34

Abdel Bari Atwan


Le président palestinien Mahmoud Abbas a balancé les dés et s’est rendu à l’Organisation des Nations Unies [ONU] pour soumettre une demande de reconnaissance d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967, défiant ainsi toutes les pressions et menaces américaines et israéliennes qui exigent de lui qu’il revienne sur cette initiative et retourne à nouveau à la table des négociations.

Cette initiative du président Abbas [président autoproclamé, sans mandat électif et par le bon vouloir d’Israël et des Etats-Unis – N.d.T] est une aventure pleine de dangers personnels et nationaux. Se présenter devant le Conseil de sécurité de l’ONU [UNSC] pourrait signifier ne pas obtenir les neuf voix favorables requises par les procédures pour pouvoir ensuite se présenter devant l’Assemblée générale des Nations Unies. Mais même au cas où il obtiendrait ces voix, le « veto » Etats-Unis est prêt. L’envoyé de la Palestine auprès de l’ONU, Riyad Mansour, a exprimé ses craintes que les Etats-Unis décident de ne plus assumer leurs obligations et ait recours au gel de l’application des résolutions du Conseil de Sécurité pendant plusieurs mois, exploitant l’examen et la consultation [de la demande palestinienne] comme une excuse.

La reconnaissance d’un statut de membre observateur – ou même d’Etat à part entière – si elle était obtenue, sera une victoire « morale » qui ne changera rien sur le terrain, malgré toutes les tentatives « d’embellissement » par la machine médiatique qui accompagne le président palestinien. Mais dans une époque dominée par les défaites et « l’immobilisme » des responsables palestiniens, de petites victoires sont gonflées hors de toute proportion.

Le président Abbas est allé à l’ONU pour obtenir la reconnaissance d’un état imaginaire, sans territoire, ni frontières ni souveraineté, dans une position désespérée et faible, une fois fermement convaincu par 20 ans de négociations humiliantes et ignominieuses, de l’impossibilité d’un Etat palestinien indépendant dans le cadre des accords d’Oslo.

Lui, le président Abbas a donc décidé que l’histoire se souviendrait de lui, même si ce n’est qu’avec une seule ligne écrite, comme celui qui a réalisé cet Etat même si ce n’est que sur le papier. Après quoi il prendrait sa retraite de l’ANP [Autorité Nationale Palestinienne] assuré d’avoir réalisé quelque chose.

Cette étape a pris le peuple palestinien par surprise, comme l’ont fait les autres étapes et les accords d’Oslo. Le président de l’ANP n’a consulté personne et n’a réuni aucune assemblée nationale ou législative, même pas une conférence pour mettre ensemble un groupe de personnes qualifiées représentant les diverses tendances, opinions, et expertises, et pas même les parties impliquées dans la réconciliation palestinienne formalisée par l’accord du Caire. Le président a décidé et le peuple n’a qu’à obéir et à soutenir… C’est une situation extrêmement dangereuse dont beaucoup de monde s’inquiète.

Ceux qui sont proches du président affirment qu’aller à l’ONU gêne les Israéliens et place le président américain et son administration dans une position embarrassante, mais cela trouble aussi le peuple palestinien et certains de ses intellectuels. Mais qu’ils soient en faveur de cette étape ou qu’ils y soient opposés, cela est devenue sans incidence.

Soutenir la décision [d’Abbas] signifie faire courir des risques à plusieurs droits légitimes, tels que celui de sacrifier le droit au retour, de faire en sorte que l’OLP ne représente plus le peuple palestinien dans sa patrie et dans la diaspora, et celui de réduire les demandes légitimes du peuple palestinien à moins de 20% de la terre historique de Palestine.

Comme les nouvelles résolutions des Nations Unies invalident automatiquement les précédentes, la nouvelle résolution annulera les plus anciennes. Ceci est une règle connue en droit. La reconnaissance d’un Etat dans les frontières de 1967 pourrait entraîner l’annulation de la résolution de partitionnement N°181 et de la résolution 194 qui garantit le droit au retour. Les Israéliens prétendront – et combien ils sont qualifiés dans l’art des arguties – que ce droit est maintenant limité à l’Etat palestinien dans ses frontières déterminées par la nouvelle résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies. Ils pourraient même aller plus loin et imposer l’application d’un droit de retour à l’encontre des citoyens arabes vivant dans la Palestine occupée en 1948.

Quant à ceux qui s’opposent à cette étape, on pourrait penser qu’ils s’opposent au soi-disant projet national palestinien dont les hommes de l’ANP parlent beaucoup ces jours-ci, qu’ils se tiennent dans la tranchée du côté d’Israël et qu’ils ne veulent pas provoquer l’administration américaine en la mettant dans l’embarras à devoir utiliser son droit de veto. Ce sont des accusations honteuses en plus d’être inacceptables et elles reflètent une sale mentalité de recours au chantage et à l’exclusion.

Nous nous leurrons si nous acceptons la logique sur laquelle s’appuient les partisans de cette étape, comme quoi la reconnaissance de la Palestine en tant que membre de l’ONU ou comme pays observateur transformera l’occupation et l’agression israélienne en occupation par un pays d’un autre pays également membre des Nations Unies, et permettra ainsi aux Palestiniens de se défendre devant la Cour pénale internationale ( dont Israël n’a pas signé la charte) et donc de poursuivre les criminels de guerre israéliens. Cette vue pourrait être juste en théorie, mais elle n’a aucune valeur sur le terrain. Les Etats-Unis ont agressé et occupé l’Irak et l’Afghanistan et Israël a attaqué le Liban, un État membre, et occupé ses territoires comme il occupe le territoire syrien aujourd’hui et viole les frontières égyptiennes en allant assassiner six soldats égyptiens.

Nous avons le rapport Goldstone, qui a confirmé l’implication de l’armée israélienne dans des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité dans la bande de Gaza. Nous avons la décision de la Cour internationale de Justice qui a jugé illégal le mur raciste en Cisjordanie. Qu’ont fait les Nations Unies pour nous ? Et en quoi un acte d’accusation international nous bénéficie-t-il ?

Le président Mahmoud Abbas tente d’être ferme, jouant une guerre politique et diplomatique, défiant les Américains et les Israéliens, et mobilisant la communauté internationale contre eux. Cela fait plaisir à voir et c’est un effort réel. Mais cela évite de devoir faire face à la réalité que vit la société palestinienne. C’est contre l’occupation israélienne, les colonies, et le pillage des terres et des ressources palestiniennes que doit être menée la bataille d’Abbas.

Les peuples arabes nous ont donné et nous donnent encore d’éloquentes leçons, et non en changeant le statu quo mais en chassant des dictatures profondément enracinées dans la corruption et la répression et qui empêchent toute autre solution. Mendier pour des solutions et une reconnaissance ne change rien, et si cette dernière change quelque chose ce sera pour le pire. Les résultats catastrophiques des accords d’Oslo sont toujours sous nos yeux sous la forme de colonies juives de peuplement, de l’humiliation et de la judaïsation de Jérusalem.

Le printemps palestinien ne doit pas seulement aboutir à une floraison aux Nations Unies, mais aussi dans les territoires palestiniens. Il serait scandaleux que [les Palestiniens] qui sont un des détonateurs de la révolution [arabe] et le modèle absolu d’une situation d’injustice, soient les derniers à prendre le train des révolutions arabes, avec leurs terres toujours occupées, un ennemi plein d’arrogance, et des responsables faibles et paralysés isolés de leur peuple et de la réalité arabe.

Nous allons certainement rester dans la tranchée d’une confrontation avec les Israéliens et les Américains à l’ONU, mais, en même temps, nous n’abandonnerons pas nos réserves, nos craintes, et notre insistance sur les constantes palestiniennes. Nous allons aussi persister à considérer toute victoire à l’ONU comme incomplète tant qu’elle n’est pas suivie par une Intifada populaire qui épuise l’occupation israélienne et la rend coûteuse politiquement et militairement.

Nous voulons voir 100 000 manifestants chaque vendredi au Square Al-Manarah à Ramallah, ou aux barrages routiers de Qalandiya qui privent les différentes générations de Palestiniens de voir Jérusalem et d’aller prier à la Mosquée Al Aqsa. Nous voulons voir l’ANP au service du peuple et non occupée à anesthésier ce peuple avec de minuscules initiatives visant à obtenir un état imaginaire.

Israël ne fait qu’à chaque fois relever le seuil de ses exigences et présente chaque jour une nouvelle demande, comme la reconnaissance d’Israël comme Etat juif afin d’expulser les Arabes pendant que nous-mêmes ou nos dirigeants ne cessons d’abaisser le niveau de nos revendications. La réponse idéale à Israël et à son aile d’extrême-droite n’est pas la demande d’une reconnaissance d’un Etat dans les frontières de 1967, mais d’un état civil démocratique sur toute la terre palestinienne, où les religions et les communautés coexisteront sur un pied d’égalité. Proclamons l’échec de la solution à deux Etats, et relançons l’OLP et ses institutions sur des bases scientifiques et réformistes qui intègrent les différentes générations palestiniennes, luttent pour le changement, se débarrassent de ses chairs mortes et pompe un sang neuf.

Israël est internationalement isolé, pas à cause de la lutte des Palestiniens, mais d’une part en raison de ses grossières erreurs, et d’autre part en raison de l’arrogance de ses dirigeants et des révolutions arabes qui ont renversé et renversent tous ses alliés ou régimes qui cèdent devant son terrorisme. Les Palestiniens et les Arabes doivent approfondir cet isolement grâce à une pression interne encore plus forte sur l’occupation et ses colons. Mais cela ne s’est pas encore produit..

Qui aurait cru que la Turquie, grand allié d’Israël dans la région et dans le monde islamique, se retournerait contre l’Etat sioniste, expulserait son ambassadeur et gèlerait toutes les relations commerciales et militaires ? Qui aurait imaginé que les révolutionnaires égyptiens investiraient l’ambassade israélienne au Caire, la vidant de son contenu, escaladant ses murs et obligeant ses diplomates à se sauver par la porte arrière comme des rats apeurés en quête de sécurité et en se coiffant du koufiyah palestinien qu’ils ont tant haï et combattu depuis si longtemps parce que symbole de dignité et de résistance ?

Enfin, nous disons au président Abbas de ne pas trop compter sur les victoires diplomatiques, malgré leur importance, et de revenir aux principes premiers de la résistance et de terminer sa carrière avec une victoire réelle sur le terrain et non pas avec une nouvelle résolution des Nations Unies. Il faut libérer le peuple palestinien de l’esclavage des salaires versés [par les donateurs via l’AP – N.d.T], et donner la priorité à l’intérêt national sur les conditions de vie qui génèrent la morosité que nous constatons aujourd’hui.

Nous souhaitons que le président Abbas ajoute à son discours à l’ONU une phrase qui dira : « Président Obama, vous êtes intervenu avec vos avions, vos missiles et l’OTAN en Libye en Irak et en Afghanistan en prétendant soutenir leurs peuples et leur combat pour la libération, et vous utilisez à présent votre veto contre la peuple palestinien pour lui refuser les droits fondamentaux que vous avez été parmi les premiers à reconnaître. Vous demandez à ce peuple d’obtenir un Etat grâce à des négociations avec son ennemi, mais c’est quelque chose que vous n’avez pas demandé ni aux Libyens, ni aux Irakiens, ni à d’autres. Assez d’hypocrisie. »

Mais ce ne sont pas Obama, encore moins Sarkozy, Blair, Cameron, et Angela Merkel, ni les autres hypocrites qui devraient avoir le plus honte, mais nous les Arabes…

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* Abdel Bari Atwan est Palestinien et rédacteur en chef du quotidien al-Quds al-Arabi, grand quotidien en langue arabe édité à Londres. Abdel Bari Atwan est considéré comme l’un des analystes les plus pertinents de toute la presse arabe.

Du même auteur :

-  Al Qaïda 10 ans après – 13 septembre 2011
-  Pour éviter une intervention étrangère, la Syrie doit accepter l’initiative de la Ligue arabe – 11 septembre 2011
-  Dans le vide qui suivra leur victoire, les rebelles libyens se diviseront – 30 août 2011
-  La Syrie est-elle en train de basculer dans la guerre civile ? – 16 août 2011
-  Intifada au Royaume Uni – 13 août 2011
-  L’opportunité du Ramadan – 3 août 2011
-  Leçons syriennes de démocratie – 23 juin 2011
-  L’hypocrisie occidentale face aux soulèvements populaires dans le monde arabe – 1° juin 2011
-  Libye : bientôt le bourbier ? – 21 avril 2011
-  Libye : le piège de la « no-fly zone » – 8 avril 2011
-  Le soulagement sera de courte durée quand nous verrons l’effet réel de l’intervention en Libye – 18 mars 2011

source

« Contre la tentative d’imposer une fausse paix sur de fausses frontières » –


21 septembre 2011

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communiqué du Mouvement de la Jeunesse palestinienne sur  la déclaration d’Etat de septembre 2011

Par « Mouvement de la Jeunesse palestinienne »

Nous, du Mouvement de la Jeunesse palestinienne (PYM), sommes résolument opposés à la proposition de reconnaissance d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967 qui doit être présentée aux Nations Unies en ce mois de septembre par la direction officielle palestinienne. Nous croyons et nous affirmons que la déclaration d’Etat ne cherche qu’à finaliser le processus de normalisation, qui a débuté avec les accordsde /paix/ mensongers. L’initiative ne reconnaît ni n’aborde le fait que notre peuple continue de vivre sous un régime colonial dont le but est le nettoyage ethnique de notre terre et la soumission et l’exploitation de notre peuple.

‘Contre la tentative d’imposer une fausse paix sur de fausses frontières’ –

communiqué du Mouvement de la Jeunesse palestinienne sur la déclaration d’Etat de septembre 2011

Cette déclaration est une opération de sauvetage du processus de /paix/ défaillant et de dépolitisation de la lutte pour la *Palestine* en retirant la lutte de son contexte colonial historique. Les tentatives d’imposer une fausse paix par la normalisation du régime colonial n’ont fait que nous conduire à abandonner des portions croissantes de notre terre, les droits de notre peuple et nos aspirations en délégitimant et en marginalisant la lutte de notre peuple et en approfondissant sa fragmentation et sa division. Cette déclaration met en péril les droits et les aspirations de plus des deux-tiers du peuple palestinien qui vivent en tant que réfugiés dans des pays d’accueil et en exil à revenir dans leurs maisons originelles, d’où ils ont été déplacés pendant la Nakba de 1948 et postérieurement à cette date. Elle menace également la position des Palestiniens qui vivent dans les territoires occupés en 1948, qui continuent de résister tous les jours contre le nettoyage ethnique et les pratiques raciales du régime colonial. De plus, elle soutient et renforce ses partenaires palestiniens et arabes à agir comme garde-chiourmes de l’occupation et de la colonisation dans la région dans un cadre néo-colonial.

Le fondement de ce processus ne sert qu’à assurer la continuité de négociations, de la normalisation économique et sociale et de la coopération sécuritaire. La déclaration d’Etat consolidera de fausses frontières sur une petite portion de la *Palestine* historique et elle ne règle aucune des questions les plus fondamentales :*Jérusalem*, les colonies, les réfugiés, les prisonniers politiques, l’occupation, les frontières et le contrôle des ressources. Nous pensons qu’une telle déclaration d’Etat ne garantira ni ne promouvra la justice et la liberté pour les Palestiniens, ce qui signifie en soi qu’il n’y aura pas de paix durable dans la région.

De plus, cette initiative de déclaration d’Etat est présentée aux Nations Unies par des dirigeants palestiniens illégitimes qui n’ont pas été élus pour être en position de représentation du peuple palestinien dans son ensemble par un processus démocratique. Cette proposition est un produit politique que ces dirigeants ont conçu pour masquer leur échec à représenter les besoins et les désirs de leur peuple. En affirmant qu’elle réalise la volonté palestinienne à l’auto-détermination, cette direction détourne et exploite la résistance et les sa**CRIF**ices du peuple palestinien, en particulier nos frères et soeurs de *Gaza*, et elle pirate même le travail de la base populaire de la solidarité internationale, comme le travail de boycott, désinvestissement et sanctions et les initiatives telles celles de la Flottille. Cette proposition ne sert qu’à gaspiller tous les efforts entrepris pour isoler le régime colonial et le tenir pour responsable.

Que la proposition pour la reconnaissance de l’Etat soit acceptée ou non, nous appelons les Palestiniens, dans notre patrie occupée et dans les pays de refuge et d’exil, à rester engagés et convaincus de la valeur de notre lutte et déterminés à la défendre par leurs droits et leurs responsabilités. Nous appelons les gens libres du monde et les alliés du peuple palestinien à exercer une véritable solidarité avec la lutte palestinienne anti-coloniale en ne prenant pas position sur la déclaration d’Etat mais plutôt en continuant à tenir *Israël* pour  responsable par le boycott sous toutes ses formes, économique,  académique et culturel, le désinvestissement et les sanctions.

 *Jusqu’au retour et à la libération,*

*Conseil central international Mouvement de la Jeunesse palestinienne.*

adresse email : pym@pal-youth.org <mailto:pym@pal-youth.org>
site web : www.pal-youth.org <http://www.pal-youth.org> <http://www.pal-youth.org>   <http://pal-youth.org/>

Source : Palestinian Youth Movement<http://pal-youth.org/>

Demain, mercredi 21 septembre


Action pour la reconnaissance de l’Etat Palestinien

Communiqué de presse

Le 21 septembre dès 16 heures, une large plateforme d’ONG, de syndicats et de groupes d’action mènera une action de soutien sur la place de l’Albertine à Bruxelles pour la reconnaissance de l’Etat Palestinien. Reconnaissance de l’Etat Palestinien qui sera tout prochainement au cœur des débats aux Nations Unies.

A 16h30, un drapeau palestinien sera hissé sur la place de l’Albertine tandis qu’un autre drapeau palestinien, de 10 mètres sur 15 sera également exposé. Plusieurs orateurs prendront la parole dont Leila Chahid,déléguée officielle de l’autorité Palestienne pour le Bénélux et l’Union Européenne, Bogdan Vandenberghe, secrétaire général 11.11.11, Arnaud Zacharie, secrétaire général CNCD-11.11.11, Alain Clauwaert, président de la Centrale générale de la FGTB, Ferre Wyckmans, secrétaire général LBC-NVK (CSC) et Henri Wajnblum de l’Union des Progressistes Juifs de Belgique.

Dès 17 heures, un cortège s’ébranlera pour rejoindre le cabinet du Ministre des Affaires étrangères où une délégation sera reçue et un drapeau palestinien sera remis.

Pour la plateforme, cette reconnaissance est la première étape pour permettre de négocier sur un pied d’égalité avec Israël une paix juste. Mais la reconnaissance de la Palestine n’est pas une fin en soi. Elle doit être liée à des mesures concrètes contraignant Israël à respecter le droit international et toutes les résolutions des NU qui reconnaissent le droit d’autodétermination du peuple palestinien, y compris le droit au retour pour les réfugiés palestiniens.

Par cette action, les organisations participantes demandent à la Belgique et à l’Europe de soutenir sans réserve la reconnaissance de l’Etat Palestinien.

Rendez-vous sur la palce de l’Albertine, le mercredi 21 septembre à 16h00.

La Syrie : Mille merci aux Palestiniens !


le 02/09/2011 13:30:00

Les manifestants palestiniens à Nazareth, Jérusalem, Ram Allah, Haïfa, …retirent au pouvoir syrien sa carte de « défenseur de la cause palestinienne » et ruinent définitivement sa crédibilité et son image de « résistant aux impérialistes/capitalistes, sionistes, etc. » aux yeux du monde entier.

Les manifestants palestiniens ont clairement scandé leur refus des tueries perpétrées contre le peuple syrien en leur nom.

A ce jour, et après 6 mois de répressions sanglantes, le régime syrien continue à bénéficier d’un soutient indéfectible à l’intérieur comme à l’extérieur de la Syrie.

Je ne parlerai pas de ce soutien à l’intérieur de la Syrie. Beaucoup a été dit et écrit à ce propos. Je conseille vivement sur ce sujet, en langue française, différents articles parus sur le site « un œil sur la Syrie », blog hébergé par Le Monde. Ils sont bien documentés et l’analyse révèle une très bonne connaissance (de l’auteur/des auteurs) de la situation sociale, économique syrienne mais également une parfaite connaissance du mécanisme politique du régime syrien qui explique sa longévité mais également les raisons d’un certain soutien à l’intérieur du pays.
Quant à ceux qui le soutiennent à l’extérieur, le panel est large : ca va des Etats qui ont des intérêts manifestes, aux grandes entreprises qui ont des contrats et des investissement en Syrie, (en France Total ,entre autres entreprises), mais aussi des partis politiques d’extrême gauche qui voient dans le régime syrien un opposant farouche à l’Amérique, à Israël, etc., en passant par des individus ignorant la situation et craignant pêle-mêle : l’anarchie, les islamistes, les terroristes, etc.

Mais le plus frappant dans ce panel est un nombre, non négligeable, du mouvement de solidarité avec la cause palestinienne. Ainsi un certain nombre d’intellectuels/ militants ont écrit pour défendre le régime. Je citerai à titre d’exemple Pierre Piccinin (dont l’article ‘vicissitudes et réalités du printemps arabe paru dans la libre Belgique le 15/7/2011.Piccinin) donne sa version de la révolution syrienne.

Sa vision et explication collent point par point à la version officielle du régime (bandes armées salafistes, révolte des communautés opposées au régime par principe communautaire, etc.). Cet article révèle une parfaite méconnaissance du terrain à tel point qu’il confond les noms des régions et des villes !

D’ailleurs sa version des faits correspond tellement bien à la version du régime syrien que la télévision syrienne a traduit son article et présenté son auteur comme un ami clairvoyant !

Quant à ceux qui soutiennent le Hezbollah, qui s’est affronté courageusement aux troupes israéliennes, oublient qu’il ne faut pas confondre les intérêts des dirigeants qui ont décidé de lier leur sort au régime syrien, et qui manque eux vraiment de clairvoyance, et un combat juste du peuple libanais de défendre son territoire.

Les syriens, qui ont accueilli chaleureusement ces libanais fuyants les tirs de l’armée israélienne, ont du mal à avaler la pilule de ce soutien indéfectible de Hezballah au régime (certains parlent même d’un soutien logistique et en hommes dans la répression en syrie) malgré les morts, les torturés, les disparus, les blessés et pour certains handicapés à vie !).

A ceux qui craignent que la chute du régime syrien porterait un coup fatal au mouvement de Hezbollah, on a envie de demander si, après 40 ans sous l’un des régimes les plus répressifs, quiconque a le droit de sacrifier la soif de liberté et de démocratie de tout un peuple sur l’autel de la survie d’un parti, fût-il Hezbollah ?

De plus, c’est une analyse tout à fait erronée. Elle suppose que la future Syrie démocratique va décréter la mort de la cause qui a toujours mobilisé, et continue à mobiliser les syriens, et là je parle du peuple, à savoir la cause palestinienne Une cause qui a accouché des générations de militants syriens pour la Palestine !

En tout cas les palestiniens le savent, eux. J’en veux pour preuve la multiplication des manifestations des palestiniens qui ont dit : « Non : pas en notre nom ». Curieux ! Nous, à l’ujfp, ce slogan nous dit quelque chose !

Après la manifestation de ‘soutien à la révolution syrienne’ sous le slogan : « Rester silencieux est une honte. » à Nazareth le 5 août 2011, un groupe de jeune militants à Haïfa a organisé le 7 août une manifestation sous l’intitulé : «Un salut palestinien à la révolution syrienne », avec un communiqué dans lequel ils déclarent :

…..Nous ne pouvons, nous les fils et filles de la Palestine, que prendre la partie de la lutte des peuples pour leur liberté, leur dignité et leurs droits ; les mêmes nobles objectifs pour lesquels nos luttons depuis la Nakba.

Nous prenons la partie d’une révolution qui restaurera à la Syrie sa gloire et son prestige, sa souveraineté après s’être devenue la propriété d’une famille,…. »

Et la déclaration de conclure:

«Notre peuple palestinien a connu durant des décennies sous l’occupation le gout du fer et du feu, dégusté la répression criminelle, connu des violations du droit à la liberté et de la vie. Par conséquent, la dernière chose qu’on peut laisser faire est de commettre des crimes contre nos frères au nom de la résistance contre Israël, les crimes en notre nom. »

Le jour même a eu lieu également une manifestation à Ramallah. Les manifestants scandaient leur solidarité avec le peuple syrien.

D’autres manifestations ont eu lieu également à Jérusalem.

Le bombardement par l’armée syrienne le 14 août 2011, par terre et par mer, du camp des réfugiés palestiniens al-Raml à Lattaquié : une attaque provoquant l’exode de quelques milliers de personnes, n’a fait que renforcer la solidarité des palestiniens à l’égard de la révolution syrienne et intensifier le nombre de leurs manifestations.

Suite à ce drame, et d’après l’agence de presse palestinienne Wafa : « à Gaza……des jeunes se sont regroupés dans la place de ‘Soldat Inconnu’ pour manifester ‘leur solidarité avec le peuple syrien et les camps palestiniens attaqués par l’armée syrienne’. La police a arrêté alors une dizaine pendant plusieurs heures aux locaux de la sécurité …. »

Bien que les officiels palestiniens aient tenu, au début, à une attitude de « neutralité », leur position a évolué. Yasser Abd Rabo a même qualifié l’attaque du camp à Lattaquié de « crime contre l’humanité ».

A signaler également qu’en Syrie et dès le début des manifestations, le camp de refugiés palestiniens « Yarmouk » à Damas est traversé régulièrement par des manifestations contre le régime. Tous les palestiniens en Syrie ne vivant pas dans les camps, il est bien sûr difficile d’évaluer le nombre de palestiniens dans les cortèges de manifestations très nombreuses qui ont lieu tous les jours un peu partout en Syrie.

« Le message de la jeunesse palestinienne, proclame le communiqué de manifestants à Haïfa, est clair : notre cause est innocente de tueries contre nos frères « .

Najwa

Membre du groupe ujfp lyonnais

Union juive française pour la paix (UJFP)

Le 31août 2011

source

mercredi 21 septembre, tous ensemble pour la Palestine


Journée de mobilisation internationale pour la reconnaissance de l’Etat palestinien, à  l’ouverture des débats  de la 66è session de l’Assemblée générale des NU :

A Bruxelles : Rassemblement place de l’Albertine: venez nous retrouver, on aura besoin de vous pour distribuer les tracts, brandir de grands drapeaux, … !

Appel à ce que chaque organisation mette un drapeau palestinien sur sa façade et nous fasse parvenir la photo !

 

J

 

 

Artistes contre le mur : programme


Du vendredi 16 au vendredi 30 septembre 2011

Vernissage le vendredi 16 septembre de 19h. à 21h.

Mères de Qalqilya – Traces de liberté

Une exposition des expressions plastiques des mères, épouses et sœurs de prisonniers politiques de la ville de Qalqilya, en Palestine. En dialogue avec les travaux d’artistes.

Au Centre culturel arabe-Institut Européen de la Culture Arabe

2 rue de l’Alliance / Verbondsstraat – 1210 Bruxelles (St Josse)

Tél. 02 218 64 74 culture-arabe@skynet.be

> Attention : exposition accessible uniquement du lundi au jeudi de 9h00 à 18h00, jusqu’au 30 septembre 2011.

Durant le vernissage, un stand d’objets palestiniens et d’information sera accessible au public.

Pour plus de détails, voir ici notre site web.

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Le mardi 20 septembre 2011 à 20h.

Fix Me

un film de Raed Andoni (2010, 1h38)

(en première vision en Belgique)

La projection sera précédée d’une courte présentation, par les participants, qui permettra au public de mieux connaître la situation dans la ville de Qalqilya et les ateliers artistiques qui, cette année encore, ont permis à 250 enfants de développer leur créativité.

La projection sera suivie d’un échange avec le public.

Un stand de livres, d’objets palestiniens et d’information sera accessible au public.

A l’Espace Delvaux

3, rue Gratès (place Keym) à 1170 Bruxelles – Watermael-Boitsfort

Réservations : tél / fax 32 2 672 14 39  info@lavenerie.be

Entrée : 8 euros / 6 euros pour seniors, moins de 26 ans

En coproduction « Artistes contre le mur » asbl et « La Vénerie » asbl

En collaboration avec le Groupe de citoyens pour une Paix Juste au Proche-Orient, de Watermael-Boitsfort

Pour plus de détails, voir ici notre site web.

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N’hésitez pas à diffuser cette information afin de rassembler le plus de personnes possible autour des projets de l’association.


Après le discours « officiel », le témoignage de Michel Besson…


 

samedi 10 septembre 2011
http://www.andines.com/article.php3?id_article=1627
Dès mon arrestation à l’aéroport de Tel Aviv le 5 Septembre 2011
une énorme solidarité s’est déclenchée et j’en remercie vivement tous les amis palestiniens, français, et même d’autres pays, qui sont intervenus d’une manière ou d’une autre.râce à cette mobilisation j’ai pu sortir du Centre de rétention le 8 au matin et conduit … dans le mauvais sens, c’est-à-dire manu militari à l’avion.Le risque d’une telle situation est d’en faire une « histoire » de personne alors que l’important est le contexte. Et je ne tiens pas du tout à jouer au héros. Si je vais raconter ici brièvement ce qui s’est passé, ce que j’ai vécu, c’est pour tirer quelques leçons, et surtout comprendre un peu mieux, à travers cette histoire (qui peut paraître banale), comment fonctionne la société d’aujourd’hui, et ainsi pouvoir agir, collectivement, de manière plus efficace pour changer cette société, de plus en plus injuste et prédatrice.

La première constatation, c’est le fonctionnement de l’information publique : Le lendemain de mon arrestation, l’Ambassade de France à Tel Aviv a publié un communiqué qui ne tenait compte que de la version de la police israélienne… Je n’ai pas été consulté pour exprimer ma version des faits. Comme par hasard c’est Le Figaro qui en France a relayé cette information, toujours sans consulter le premier intéressé ou ses proches (la gérante d’Andines et des amis ont pu me joindre par téléphone)…

« Au cours de ses interrogatoires, il n’a cessé de changer de version sur les raisons qui l’amenaient en Israël, si bien qu’il a été décidé de l’expulser jeudi« , a affirmé la porte-parole Sabine Hadad » (Le Figaro, papier et internet). « La France est intervenue activement pour lui permettre d’entrer en Israël. Toutefois, malgré les demandes répétées de notre représentation, le service de l’immigration israélien a constamment, au vu de ses fausses déclarations alléguées (les services de l’immigration estiment que notre compatriote aurait tenu des propos contradictoires et inexacts à trois officiers différents), refusé l’entrée du territoire à M. Besson » (message de l’ambassade de France à Tel Aviv).

C’est précisément le contraire de la vérité.

Cela en dit long sur « l’objectivité » de ce type d’information officielle, et d’une certaine presse, qui n’entend qu’un son de cloche, celui qui les arrange politiquement, qui méprise les gens directement concernés sans même les interroger ! Cela me paraît très grave et malheureusement de plus en plus courant (à mon retour, je me suis aperçu que la parole des « officiels » avait même déstabilisé des proches d’Andines !).

Voilà tout simplement ce qui s’est passé :

Je vais chaque année en Palestine pour rencontrer les agriculteurs et artisans avec lesquels la coopérative française Andines, où je travaille, coopère depuis plusieurs années. Andines importe différents produits de Palestine mais surtout l’huile d’olive. Cette huile de terroir est spécifique et particulièrement appréciée. Mais surtout, c’est en solidarité avec les travailleurs palestiniens que Andines l’importe, puisque sa production est la principale activité économique de Cisjordanie. Cette activité, soutenue par des milliers de personnes, dont des oléiculteurs français, tous les groupes de l’Association France Palestine Solidarité et des collectivités territoriales, n’est pas en contradiction avec notre démarche d’équité (et de souveraineté alimentaire des peuples) puisqu’elle vise à desserrer l’étouffement de l’économie palestinienne. Cette asphyxie économique est l’un des axes de la stratégie israélienne pour la destruction du peuple palestinien depuis le début de la guerre, car il s’agit bien d’un contexte de guerre, d’occupation militaire et d’apartheid. Créer une activité économique en Palestine est de plus en plus difficile. De plus en plus d’ateliers et d’entreprises ferment et disparaissent. Je précise aussi que cette démarche d’équité, partagée par Minga et de très nombreuses organisations dans le monde, n’a pas grand chose à voir avec le dit « commerce équitable », enfermé dans une relation commerciale de type paternaliste et néo-libéral exclusivement « nord sud ».

Tout voyage en Palestine passe obligatoirement par l’État d’Israël puisque cet État occupe tout le territoire militairement et économiquement et a construit un mur de béton armé et de fils barbelés bourrés d’électronique pour enfermer le peuple palestinien en Cisjordanie et à Gaza. Un peuple dont la grande majorité ne veut que la paix et la liberté de vivre, de s’auto-organiser. Pour l’instant ce sont des territoires occupés par l’armée omniprésente et des centaines de milliers de colons israéliens. C’est véritable prison à ciel ouvert pour les palestiniens.

Vu ce contexte politico-militaire, tout militant qui se rend en Palestine se prépare à répondre aux questions posées systématiquement par la police israélienne : « Que venez-vous faire en Israël ? Y avez-vous des amis ? ». Pour ma part je décide de répondre, comme d’habitude : « visite personnelle à Jérusalem, Bethléem et Hébron, et sans amis en Israël », puisque malheureusement c’est la vérité (ils sont nombreux dans la région, mais en Palestine). Contrairement aux allégations officielles, on ne m’a posé aucune question sur les “territoires occupés » ou sur la Cisjordanie, qui d’ailleurs pour moi sont La Palestine. J’avais donc décidé, comme la majorité des militants qui viennent ici, de ne pas parler de mon travail en Cisjordanie. Il faut se souvenir que des centaines d’expulsions ont eu lieu ces derniers mois, visant les gens qui affirmaient clairement à l’aéroport vouloir se rendre en Cisjordanie. Plusieurs centaines de personnes en juillet 2011 ont même été bloqués avant de prendre l’avion dans leur propre pays…

Il faut déjà savoir que, contrairement au droit international, tout interrogatoire est ici mené en hébreux ou au mieux en anglais … sans interprète.

La première policière qui m’interrogeait cette fois-ci, en consultant son ordinateur, ne m’a pas cru. J’ai donc été interrogé pendant 4 heures par d’autres policiers auxquels j’ai toujours répondu la même chose (contrairement à ce qu’affirment les communiqués de la police israélienne repris par le consulat et l’ambassade de France).

Ni mon carnet d’adresse ni mon ordinateur n’ont été consultés, mais c’est par le biais de ma boite émail (adresse indiquée sur mon billet d’avion) que les policiers ont compris que j’allais très probablement en Cisjordanie. Avis aux voyageurs… J’ai aussi constaté qu’existait une fiche, écrite en hébreux, à mon nom (« Besson Michael »), concernant sans aucun doute mes derniers voyages et écrits (http://www.andines.com/article.php3 ?id_article=746). Lorsque je me suis aperçu de cette situation j’ai dit au dernier policier qui m’interrogeait que j’allais effectivement à Ramallah pour rencontrer des partenaires et lui ai montré les documents d’Andines. « It’s too late, m’a-t-il répondu, go home » (c’est trop tard, vous repartez chez vous !). Je pense que la décision de refoulement a effectivement été prise bien avant…

Puis c’est la fouille au corps, le mépris, le silence total sur l’avenir, l’intimidation en menaçant de vous mettre sur le dos d’autres inculpations, et enfin le fourgon et la cellule du « centre de rétention » (lieu d’expulsion sans aucun jugement), comme il en existe partout dans le monde, en particulier en France. Toutes vos affaires personnelles sont momentanément confisquées, y compris les stylos… Mes compagnons de cellule étaient en majorité des étrangers venus chercher du travail… l’un d’eux m’a dit « je n’arrive pas à comprendre qu’un peuple qui a été opprimé puisse ainsi en opprimer d’autres ! ». Il y a bien des réponses, et tous les israéliens ne sont pas sionistes, mais nous en parlerons une autre fois.

Au cours de ma détention, je pensais que le Consulat français arriverait à organiser une réunion entre la police israélienne, le consulat et moi-même pour que nous puissions nous expliquer et régler le problème positivement. Mais rien ! J’apprends que les amis palestiniens qui m’attendent reçoivent la nouvelle de mon arrestation avec tristesse et révolte, et que la presse arabe s’est emparée de mon cas et crie au déni de justice à mon égard et à une volonté délibérée d’Israël d’empêcher les différentes coopérations économiques que nous avons mises en place avec toutes les difficultés que vous savez (y compris entre des villes palestiniennes et françaises). Au mépris bien entendu des lois et des différents accords internationaux.

J’apprends aussi qu’en France s’organise toute une solidarité… Un peu sonné par la situation, le moral remonte vite ! L’essentiel reste et restera de continuer à nous battre tous ensemble pour développer notre coopération économique et pour changer cette société si violente et si injuste. Pas le moindre doute là-dessus.

J’ai eu la visite de Mr Guérin, délégué par le consulat de France à Tel Aviv : “Nous ne pouvons rien faire”. Il m’a tout de même téléphoné le 7 au soir pour m’informer que je serais mis dans un avion le lendemain à 8 heures ( puisque le billet acheté par Andines était un aller retour, il n’y a eu aucun frais public dans l’histoire, précisons-le). Un avocat est également venu me voir. Il est toujours important, face à l’arbitraire des Pouvoirs, qu’un témoin indépendant des gouvernements puisse rapidement rencontrer les prisonniers. Nous aurions pu demander un jugement, mais cela pouvait durer plusieurs semaines… J’ai apprécié sa visite.

Le 8 Septembre au matin, je suis amené directement dans un avion… pour Paris. Dans l’avion, l’un des passagers s’approche et me dit « j’ai appris ce qui vous est arrivé. Voici mon adresse. Vous pouvez compter sur moi ».

Et merci au comité d’accueil à Roissy.

Un grand merci à mes collègues, à ma famille, à Guy et à toutes celles et tous ceux, trés nombreux, qui ont réagi ! Vous trouverez sur le site www.andines.com les actions que nous pensons entreprendre prochainement avec nos partenaires.

C’est ensemble que nous allons continuer ce que nous avons commencé. En lien avec toutes les luttes et les alternatives que développent de plus en plus de citoyen(ne)s partout dans le monde. Personne ne pourra nous en empêcher.

Et bien entendu je retournerai en Palestine !

A très bientôt !

Michel Besson, le 9 Septembre 2011

Mobilisation reconnaissance de l’Etat palestinien – lundi 12 septembre à Schuman


Bonjour à tous et toutes,

Comme vous le savez, le 20 septembre, l’ONU examinera la candidature de la Palestine pour sa reconnaissance en tant qu’état.

Pour faire monter la pression sur l’UE, nous organisons une opération médiatique ce lundi 12 septembre a 11h au Rond Point Schuman.

En collaboration avec l’association AVAAZ et l’artiste liègeois Alain De Clerck, nous présenterons une bannière géante (voir photo ci-dessus) de 20m X 14m avec soufflerie, qui représentera le drapeau palestinien et qui symbolise la voix des 900.000 personnes qui ont signé la pétition pour la reconnaissance de l’Etat Palestinien.

J’espère vous rencontrer à cette occasion.

Bien à vous,

Yanic Samzun

Secrétaire Général de PAC

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