La lutte pacifique de Budrus


LOOS,BAUDOUIN

Jeudi 8 septembre 2011

Proche-Orient L’histoire d’un village palestinien qui résiste

RENCONTRE

La petite centaine de personnes présentes ce mercredi midi au cinquième étage du Parlement européen à Bruxelles en avaient presque le souffle coupé : la projection du documentaire Budrus venait de se clore et l’émotion était perceptible. Budrus ? Un petit village palestinien de Cisjordanie situé non loin de la « ligne verte », la frontière délimitant jusqu’en 1967 le cessez-le-feu de 1948. Si cette localité est devenue célèbre en Palestine, c’est en grande partie en raison de la détermination et la ténacité de ses habitants, qui ont refusé dès le début de son érection, en 2003, le mur-barrière de séparation construit par Israël.

« Budrus conte l’histoire de notre résistance pacifique, nous explique à Bruxelles Ayed Morrar (photo), héros du documentaire, où il apparaît comme le principal instigateur du mouvement. Nous avons été le premier village palestinien lésé par la construction du mur d’apartheid à nous organiser. La lutte a été gagnée en moins d’un an, grâce à notre mobilisation, femmes et enfants compris, et à celles de militants internationaux et de nombreux amis israéliens, comme le film le montre bien. »

En effet ! La solidarité et la connivence qui se nouent entre villageois en résistance et pacifistes israéliens ne laissent pas d’impressionner. A Budrus même aussi, d’ailleurs : la stupéfaction de ce membre du Hamas avouant devant la caméra de la réalisatrice Julia Bacha sa surprise d’avoir rencontré des Israéliens juifs se battant pour les droits des Palestiniens – « ils m’ont même protégé contre leur armée », s’exclame-t-il tout ahuri – vaut son pesant d’or.

Le documentaire, produit en 2009 par l’ONG internationale surtout israélo-palestinienne Just Vision, donne la parole à toutes les parties, même si on sent une empathie pour la lutte pacifique du village. L’ONG s’est donné pour but de montrer ce que le grand public à travers le monde ignore souvent, victime des médias qui privilégient le spectaculaire. Le film connaît une carrière de choix. Il a ainsi raflé une dizaine de prix internationaux, de San Francisco à Madrid en passant par… Jérusalem.

La leçon pacifique de Budrus a porté des fruits. D’abord, en raison de la victoire. « Après nos mois de résistance, l’armée israélienne a évacué 1.200 dunum (environ 120 hectares) de nos terres que le mur englobait côté israélien, et la barrière a été reculée jusqu’à la ligne verte. Mais des centaines d’oliviers, notre activité principale, avaient été déracinés… D’autres villages ont suivi notre exemple, Biilin, Nalin, etc., même s’ils n’ont pu réussir à obtenir des succès aussi grands que le nôtre. »

Une armée désarmée

Ayed Morrar est intarissable s’agissant de la non-violence. « Les Israéliens se sont montrés surpris. Face à notre action, ils étaient… désarmés. L’armée aurait sans doute préféré que nous recourions à des moyens violents, ce qui aurait justifié une répression sans états d’âme, mais là… »

La proximité de la présentation, par l’Autorité palestinienne à New York, de la demande de reconnaissance de l’Etat palestinien par l’ONU suscite chez notre interlocuteur un sentiment mitigé. « Ce sera un grand pas symbolique, mais sur le terrain l’occupation israélienne ne va pas cesser pour autant, il faudra continuer la lutte. »

Artistes contre le mur


Evènements en septembre 2011

 

 

 

Chers membres, Chers amis et sympathisants d’ «Artistes contre le mur»,

 

L’asbl « Artistes contre le mur » organise, seule ou en association, divers évènements en septembre 2011.

 

Ces évènements ont pour objet de mieux faire connaître l’association, ses objectifs et ses activités artistiques à Qalqilya, en Palestine, et également de récolter des fonds afin de poursuivre ces différentes activités.

 

Qalqilya est une ville palestinienne agricole de Cisjordanie de 45.000 habitants. Sur tout son périmètre de 11km, la ville est totalement entourée depuis 2003 soit par un mur de béton de 8 m. de hauteur, soit par une double clôture métallique grillagée de 60 m. de large. Une seule route, contrôlée par un check-point tenu par l’armée israélienne, constitue le seul point d’accès. Des informations supplémentaires sont disponibles ici.

 

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Du vendredi 16 au vendredi 30 septembre 2011

Vernissage le vendredi 16 septembre de 19h. à 21h.

 

 

Mères de Qalqilya – Traces de liberté

 

Une exposition des expressions plastiques des mères, épouses et sœurs de prisonniers politiques de la ville de Qalqilya, en Palestine. En dialogue avec les travaux d’artistes.

 

 

Au Centre culturel arabe-Institut Européen de la Culture Arabe

2 rue de l’Alliance / Verbondsstraat – 1210 Bruxelles (St Josse)

Tél. 02 218 64 74 culture-arabe@skynet.be

> Attention : exposition accessible uniquement du lundi au jeudi de 9h00 à 18h00, jusqu’au 30 septembre 2011.

 

Durant le vernissage, un stand d’objets palestiniens et d’information sera accessible au public.

 

Pour plus de détails, voir ici notre site web.

 

 

 

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Le mardi 20 septembre 2011 à 20h.

 

 

Fix Me

 

un film de Raed Andoni (2010, 1h38)

(en première vision en Belgique)

 

 

La projection sera précédée d’une courte présentation, par les participants, qui permettra au public de mieux connaître la situation dans la ville de Qalqilya et les ateliers artistiques qui, cette année encore, ont permis à 250 enfants de développer leur créativité.

 

La projection sera suivie d’un échange avec le public.

 

Un stand de livres, d’objets palestiniens et d’information sera accessible au public.

 

 

A l’Espace Delvaux

3, rue Gratès (place Keym) à 1170 Bruxelles – Watermael-Boitsfort

Réservations : tél / fax 32 2 672 14 39  info@lavenerie.be

Entrée : 8 euros / 6 euros pour seniors, moins de 26 ans

 

En coproduction « Artistes contre le mur » asbl et « La Vénerie » asbl

En collaboration avec le Groupe de citoyens pour une Paix Juste au Proche-Orient, de Watermael-Boitsfort

 

Pour plus de détails, voir ici notre site web.

Israël arme et entraîne les colons juifs installés en territoire palestinien



L’armée israélienne d’occupation prévoit de fournir des grenades de gaz lacrymogène et des grenades assourdissantes au colons juifs installés en Cisjordanie, pour repousser les manifestations palestiniennes qui pourraient avoir lieu le mois prochain, selon les informations divulguées.
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Colons juifs… Ultra-fanatiques, ultra-violents, ultra-racistes… Drôles de spécimens pour un soit-disant « peuple élu » mais certainement la fine fleur du sionisme !

Selon un journal israélien, l’armée israélienne envisage de fournir des grenades de gaz lacrymogène et des grenades assourdissantes aux colons juifs en Cisjordanie occupée. Ceux-ci ont été formés pour repousser les possibles manifestations au moment où les Palestiniens chercheront à obtenir la reconnaissance d’un Etat aux Nations Unies le mois prochain.

Selon Haaretz, l’armée israélienne a également préparé une stratégie pour déterminer une « ligne rouge » pour chaque colonie en Cisjordanie, ce qui permettra de déterminer quand les soldats seront autorisés à tirer sur les Palestiniens s’ils franchissent cette ligne.

Interrogée pour confirmer l’information, l’armée a publié une déclaration écrite ce mardi, disant qu’elle était en train de former et d’entraîner des équipes dans les colonies, chargées de répondre « pour faire face à tout possible scénario ».

Le communiqué indique que « la formation de la majorité des équipes de première intervention était achevée » et que les exercices étaient en cours.

L’Autorité palestinienne [de Ramallah] envisage de demander la reconnaissance d’un Etat à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations Unies qui se réunira le mois prochain, une initiative susceptible de renforcer le statut diplomatique des Palestiniens.

Les responsables israéliens craignent qu’à l’occasion du vote, des manifestations aient lieu dans les territoires palestiniens sous occupation.

« Scénario catastrophe »

Chaim Levinson, le journaliste d’Haaretz qui a livré l’information, a déclaré à Al Jazeera : « Une partie de l’entraînement est de former les colons afin qu’ils soient préparés pour le pire scénario, c’est-à-dire que des centaines, voire des milliers de Palestiniens sortent des villes palestiniennes pour protester contre les colonies ».

« Les forces de défense israéliennes [troupes d’occupation] forment les colons, les arment avec des grenades de gaz lacrymogène et assourdissantes », a ajouté Levinson.

L’armée veut s’assurer que toutes les manifestations seront réprimées et elle veut pouvoir compter si nécessaire sur l’assistance de supplétifs dans les colonies.

L’armée a fixé deux lignes virtuelles pour chacune des implantations coloniales situées près d’un village palestinien. La première ligne, si elle est traversée par des manifestants palestiniens, sera protégée avec des gaz lacrymogènes et d’autres moyens pour disperser les foules.

La deuxième ligne est une « ligne rouge », et si celle-ci est franchie, les soldats seront autorisés à tirer sur les manifestants.

Rien qu’en juin 2011, ont été répertoriées 139 attaques de colons juifs contre les habitants palestiniens

Plus de 300 000 colons israéliens occupent la Cisjordanie et la construction des colonies est un obstacle majeur à la reprise de négociations.

Un rapport publié par l’Autorité palestinienne [de Ramallah] a révélé que la violence des colons a augmenté « considérablement » en juin 2011, rapportant de façon détaillée 139 attaques contre des Palestiniens en Cisjordanie et la destruction de plus de 3600 oliviers et de plusieurs vignobles.

Les bilans annuels réalisés par le groupe israélien des droits de Yesh Din ont montré à maintes reprises que dans neuf cas sur 10, les soit-disant enquêtes policières sur les crimes des colons ne débouchent sur aucune poursuite.

31 août 2011 – Al Jazeera – Vous pouvez consulter cet article à :
http://english.aljazeera.net/news/m…
Traduction : Info-Palestine.net

2 septembre : Manifestation contre les attaques israéliennes


On m’accusera d’être morbide à cause des photos qui figurent ci-dessous. Mais imaginez que ce sont vos enfants, votre famille  ? Et vous voulez en plus que l’on ne voie pas ce que la seule démocratie du Moyen-Orient leur inflige ?

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Manifestation contre les attaques israéliennes

 vendredi 02 Septembre 2011 de 16h a 18h,

Place Schuman à Bruxelles

Friday, 02 September 2011. 16:00 to 18:00 Place Shuman, Brussels. In front of the European Union

يوم الجمعه الثانى من سبتمبر 2011 من الساعة الرابعه الى الساعه السادسة

Manifestation pour exprimer le rejet de l’attaque israélienne sur les soldats égyptiens dans le Sinaï et à arrêter l’agression contre la bande de Gaza

A protest to express the rejection of the Israeli attack on Egyptian soldiers in Sinai and to stop the aggression on Gaza Strip

وقفه احتجاجية للتعبير عن رفض الهجوم الاسرائيلى على الجنود المصريين بسيناء ووقف العدوان على قطاع غزة

 

Organisateurs
Organizers
المنظمون

Hany Fehmy
هانى فهمى
Badr Hamad
بدر حماد
Zineb Farag
زينب فاج
Amani hamada
أمانى حماده
Wael Gad
وائل جاد
Mohamed Abdellatif
محمد عبد اللطيف

Le Mouvement Citoyen Palestine soutient activement cette manifestation

https://www.facebook.com/event.php?eid=226592864060010

Gaza, Aug 20, 2011
Gaza, Aug 20, 2011
Gaza, Aug 20, 2011
Gaza, Aug 20, 2011
Gaza, Aug 20, 2011
Gaza, Aug 20, 2011
Gaza, Aug 20, 2011
Gaza, Aug 20, 2011
Gaza, Aug 20, 2011
Gaza, Aug 20, 2011
Gaza, Aug 20, 2011
Gaza, Aug 20, 2011
Al-Shifa hospital this afternoon. Man injured in one of the Israeli attacks earlier today on Gaza | Aug 20, 2011

Posté par MCPalestine

Pour garder mémoire 5/5


Rudi Barnet

Des réalités à l’espoir, en passant par Vanunu et le Théatre de la Liberté

Première partie cliquez ici
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Troisième partie cliquez ici
Quatrième partie cliquez ici

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Mahmoud Abu Samra, âgé de 13 ans, assassiné par l’armée israélienne d’occupation le 19 août 2011 – Photo : AP/Adel Hana

Je ne rêve pas d’un monde…

Bâillon sur la bouche ou matraque ?

Depuis début 2010, les arrestations et les expulsions de journalistes se multiplient… Sans provoquer la moindre protestation des grands médias occidentaux.

Entre bien d’autres, le cas de Uri Blau, journaliste de “Ha’aretz“, obligé d’entrer dans la clandestinité et menacé d’une longue peine de prison pour espionnage… pour avoir écrit des articles démontrant, preuves à l’appui, les violations des lois de la guerre par les commandants de l’armée israélienne.

Le même sort est réservé aux responsables d’ONG qui témoignent des exactions de “Tsahal“ et aux intellectuels et chercheurs israéliens “douteux“.

Citons encore l’agression violente sur le vieux militant progressiste Uri Avnery (86 ans) qui revenait d’une manifestation contre la politique de Netanyahou qui avait rassemblé 10.000 personnes dans les rues de Tel-Aviv (5/6/2010)… Et les appels à l’assassinat de la députée Haneen Zoubi, devenue la proie de la haine sioniste pour avoir voulu témoigner à la Knesset des exactions contre les pacifistes de la “Flottille de la Liberté“.

Les vrais amis d’Israël sont ceux qui dénoncent l’occupation !

Comment est-il possible d’accepter que cet Etat voyou soit le seul à être au-dessus des lois internationales, le seul qui ne doive pas respecter la justice et le droit ?

N’est-il pas inadmissible que certains représentants de la communauté juive de ce pays osent user de ce sordide amalgame “Israël=Shoah“, tel ce Mr Rubinfeld, ex président du CCOJB, l’organisation prétendant représenter l’ensemble des juifs de Belgique, vitupérant sur les opposants au régime et les traitant “ d’antisémites qui n’osent pas s’afficher“ , de “malades mentaux “ ou encore de “ nouveaux nazis “.

Comment des juifs de mon pays peuvent-ils adhérer à ces propos ignobles plutôt que de se reconnaître dans les paroles de Gidéon Lévy : Si je suis critique par rapport aux guerres menées par Israël, c’est parce que je me sens responsable des miens. En tant que patriote israélien, il est de mon devoir de ne pas laisser mon pays sombrer dans le désastre de l’occupation (…) Les vrais amis d’Israël, ceux qui se préoccupent vraiment de l’avenir de ce pays, sont ceux qui dénoncent l’occupation et surtout, qui disent la vérité aux Israéliens… ou dans celles de Stéphane Hessel (survivant de l’Holocauste et un des rédacteurs de la Déclaration universelle des Droits de l’homme de 1948) qui déclarait récemment : “la meilleure façon pour les artistes, écrivains et universitaires internationaux de convaincre Israël de sa dégradation morale et de son isolement éthique est tout simplement de ne plus rien avoir à faire avec ce gouvernement criminel“ .

Israël est l’enfant d’un viol, mais cet enfant a le droit de vivre !

Tout honnête homme ne peut que s’élever contre les pratiques d’un régime colonial qui pratique le nettoyage ethnique, l’apartheid et commet des crimes contre l’Humanité.

Mais, s’il est évident que l’Etat d’Israël a été créé par la violence, le vol des terres et la spoliation des habitants, la réalité est là : ce pays existe… Et comme l’écrit Shlomo Sand : « Israël est l’enfant d’un viol, mais cet enfant a le droit de vivre ! »

… En devenant un pays qui accepte de rendre justice et de traiter les Palestiniens sur un pied d’égalité.

Arrêtons le mensonge !

Par la force, due notamment à l’armement et au financement massif des Etats-Unis (3 milliards de $/an actuellement), Israël s’est approprié près de 80% du pays et continue son expansion par l’implantation brutale de “colonies“ dans les territoires sous occupation depuis 1967.

En 1988, l’OLP s’était résolue à accepter un Etat limité à 22% de l’ancienne Palestine, avec Jérusalem-Est comme capitale.

… 20 ans plus tard, avec le développement effréné de la colonisation, les Palestiniens ne sont plus en mesure de réaliser ce projet ! Il suffit de regarder les cartes (la situation n’a fait qu’empirer depuis 1999) pour se rendre compte que c’est une impossibilité pratique ! « Camp David », « Oslo », « Annapolis »… n’ont jamais été que des simulacres de négociation donnant le temps à Israël d’amplifier son expansion.

Principales conditions fixées par Israël pour la création d’un Etat palestinien

• Maintien des blocs de colonies majeures en Cisjordanie

• Contrôle par Israël de la frontière avec la Jordanie

• Démilitarisation du nouvel Etat

• Abandon de Jérusalem-Est

• Reconnaissance de la judaïté de l’Etat israélien

• Non-coopération avec un pays considéré comme ennemi par Israël

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Cisjordanie occupée
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Evolution de la Palestine

Négation des évidences

La publication de ces cartes a, bien entendu, suscité de violentes réactions de la part des dogmatiques sionistes : cartes mensongères, distorsion historique, imbéciles… etc Pour prouver leurs dires, ils développent des arguments basés sur les cartes établies par les occupants britanniques et n’avancent que des raisonnements, plus ou moins « tordus », d’ordre militaire ou économique. Jusqu’à proclamer que les Palestiniens n’existaient pas il y a 80 ans… puisqu’ils n’avaient pas d’Etat !

Négligeable donc l’existence d’un peuple ! Sans importance donc les expulsions de populations, les destructions de leurs villes et villages… Ce n’étaient que des Arabes sans Etat ! (1)

Cette argumentation aberrante bute évidemment sur le « plan de répartition » décidé par l’ONU… Alors, c’est simple : s’il n’a pas été appliqué, c’est uniquement parce que les « Arabes » ont attaqué Israël.

La « vérité » est que les pays voisins ont tenté d’écraser Israël… qui a résisté et a pu, heureusement, les défaire rapidement.

Si, comme négation de l’Histoire, d’autres ont fait mieux, la rémanence reste frappante.

Les dés sont donc pipés et ce qu’Israël propose aujourd’hui n’est autre qu’un Bantoustan contrôlé par ses troupes. Il faut être d’une totale mauvaise foi pour ne pas l’admettre.

Tout ça c’est la faute à l’Iran !

L’ingénieur Mordechai Vanunu a fait 18 ans de prison, dont 11 en isolement, dans les geôles israéliennes pour avoir révélé l’existence des activités nucléaires clandestines de son pays.

Il y retourne encore régulièrement chaque fois qu’il ose rencontrer un étranger… comme récemment pour avoir osé retrouver sa compagne norvégienne.

C’est ce régime, puissance atomique militaire illégale avec quelques 200 missiles à tête nucléaire pointés sur les États voisins, qui brandit la menace atomique contre un État qui affirme vouloir se rendre autonome sur le plan nucléaire industriel !

Le régime d’Ahmadinedjad ne suscite pas la moindre sympathie chez les défenseurs des droits humains, mais il faut bien admettre qu’il n’y a, à ce jour, pas le moindre début de preuve que la fabrication d’une bombe nucléaire est l’objectif du régime iranien.

Alors… les appels à la guerre d’Israël ont quelque chose de « surréaliste », non ?

Abbas… le Pétain palestinien ?

Objectivement parlant, l’“Autorité palestinienne“, déjà profondément corrompue du temps d’Arafat, s’est muée, au fil des années, en véritable auxiliaire des colonisateurs.

Pendant qu’Abbas lançait des appels pour un gouvernement d’union nationale, ses services livraient les militants du Hamas à Israël, poursuivaient les arrestations et la torture des résistants.

Même durant “Plomb durci“, alors que le monde entier protestait, Abbas a rejeté la responsabilité de l’invasion sur le Hamas et a réprimé dans la violence les manifestations de soutien à la population de Gaza.

Le Fatah d’Abbas n’est visiblement plus en mesure d’obtenir un quelconque accord acceptable et fonctionne avec Israël plus comme le gouvernement de Vichy durant la dernière guerre mondiale qu’en force de résistance à l’occupant.

Les preuves de la collusion d’Abbas avec Netanyahu s’accumulent. Une fuite massive de documents authentifiés et diffusés par “Al Jazeera“ et “The Guardian“ offre une preuve irréfutable que des années de “négociations“ avec les Israéliens n’ont été qu’une imposture. Les dernières révélations sur les pourparlers du “processus de paix“ et les témoignages, dont celui de Ziyad Clot (juriste franco/palestinien qui durant deux ans participa aux discussions), montrent que ce processus est mort, a été un jeu de dupes… Que ni Israël, ni le Fatah/OLP n’ont tenté de trouver un accord. La réalité est là : “Israël contrôle dorénavant de manière plus ou moins aboutie l’ensemble de l’ancienne Palestine“. (2) …Y compris Gaza où son armée décide de la vie quotidienne, de son approvisionnement !

L’utopie est un projet qu’on n’a pas encore tenté de réaliser

La création d’un Etat palestinien – la carte de la Cisjordanie occupée en témoigne – est devenu, sauf si Israël respecte la « ligne verte », techniquement impossible ! Il n’y a plus assez de terre, ni d’eau – Israël s’est octroyé 89% des ressources – pour qu’un Etat souverain et indépendant puisse exister. Alors… Ne vaudrait-il pas mieux accepter cette réalité, cesser la mascarade du “processus de paix“ ? Et si cette “Autorité“ de façade se sabordait et mettait ainsi Israël en face de ses responsabilités en reconnaissant Israël pour ce qu’il est : l’occupant victorieux d’un pays qui s’appelait Palestine ? Ce sabordage aurait en tout cas pour effet d’identifier clairement la situation réelle. Le rideau de fumée du « conflit entre deux pouvoirs » étant écarté, la lutte pour la dignité et la justice se ferait dans le cadre commun à tous les peuples luttant pour leurs droits, face à un pouvoir colonial. Les artifices ou simulacres ne seraient plus acceptables et Israël serait dans l’obligation – sous peine d’être clairement identifié d’Etat xénophobe aux yeux du monde – d’édicter une constitution reconnaissant les droits de tous ses citoyens, de définir ses frontières, de développer la démocratie.

La création de cet Etat démocratique offrirait aussi aux Gazaouis la possibilité de mettre fin à leur lutte et au Hamas – à l’instar des « Frères Musulmans » d’Egypte, dont il est issu – celle de s’intégrer à la vie politique. Est-ce vraiment utopique ?

Ce le sera en tout cas si Israël maintient les objectifs sionistes de 1948 et tente d’infliger aux Palestiniens, avec la collaboration des occidentaux et de certains régimes arabes, le même sort que celui des Patagons !

Et si les démocrates juifs d’ici et d’Israël…

Rêvons un peu, espérons !

De plus en plus d’Israéliens prennent conscience de la politique criminelle menée par leurs dirigeants. Plusieurs dizaines d’ONG israéliennes ont pris parti et, comme les quelques 120 pays qui ont reconnu l’Etat palestinien dans les frontières de 1967, soutiennent la résistance.(3)

De plus en plus de soldats “Refuzniks“ – le général Yaakov Amidror préconise de leur « loger une balle dans la tête » – s’opposent au massacre des Palestiniens, des rabbins orthodoxes manifestent contre le sionisme, un diplomate (4) a choisi de démissionner pour ne pas être complice de la politique de colonisation…

Comme l’écrit l’historien israélien Ilan Pappé, professeur à l’Université anglaise d’Exeter, “ Le retrait de l’armée de la vie des Palestiniens opprimés en Cisjordanie, la levée du blocus de Gaza et l’abolition de la législation raciste et discriminatoire contre les Palestiniens en Israël seraient le premier pas fort bienvenu vers la paix. Il est également essentiel de discuter sérieusement et sans préjugés ethniques d’un retour des réfugiés palestiniens, selon des modalités respectant leur droit fondamental au rapatriement et les chances de réconciliation en Israël et en Palestine. (5)

Toute politique allant dans ce sens doit être approuvée, accueillie et mise en œuvre par la communauté internationale et les populations vivant entre le Jourdain et la mer Méditerranée. Alors, les seules flottilles qui se rendront à Gaza seront celles des touristes et des pèlerins.  » (6)

Espérons que les citoyens juifs d’ici et d’ailleurs se débarrasseront de leurs oripeaux, de leurs dogmes et mythes sans fondement. Qu’ils cesseront de suivre aveuglément les discours de ces organismes et medias qui prétendent les soutenir mais ne sont en réalité que les porte-voix du régime fasciste israélien.

Espérons qu’ils ouvriront les yeux, qu’ils regarderont la réalité sans les filtres acquis ou que tentent d’imposer les doctrinaires religieux et politiques qui, en amalgamant solidarité avec la communauté juive et solidarité avec un Etat raciste et colonial, portent une écrasante responsabilité dans la confusion qui conduit certains à confondre antisionisme et antisémitisme… A traiter un antifasciste d’antisémite !

Espérons qu’il y aura de plus en plus d’Israéliens qui n’accepteront plus qu’en leur nom on traite les Palestiniens comme des êtres inférieurs… Et qu’ainsi, ils rejoindront ceux qui tentent de défendre les droits des hommes, qu’ils soient Palestiniens ou (liste non-exhaustive) Birmans, Kurdes, Saharaouis, Sans-Papiers, Oïgours, Mapuches, Roms, Tibétains, Aborigènes… Ceux pour qui “Les races ne sont que les prénoms d’un même peuple… Celui des êtres humains“ !

«  Je ne rêve pas d’un monde où la religion n’aurait plus de place, mais d’un monde où le besoin de spiritualité serait dissocié du besoin d’appartenance. D’un monde où l’homme, tout en demeurant attaché à des croyances, à un culte, à des valeurs morales éventuellement inspirées d’un Livre saint, ne ressentirait plus le besoin de s’enrôler dans la cohorte de ses coreligionnaires. D’un monde où la religion ne servirait plus de ciment à des ethnies en guerre.

Séparer l’Église de l’État ne suffit plus ; tout aussi important serait de séparer le religieux de l’identitaire.

Et, justement, si l’on veut éviter que cet amalgame ne continue à alimenter fanatisme, terreur et guerres ethniques, il faudrait pouvoir satisfaire d’une autre manière le besoin d’identité.  » (7)

Une lueur de printemps ?

En Palestine, la pression de la population, fortifiée par les grands mouvements de Tunisie et d’Égypte de ce printemps 2011, ont amené à une reconstitution de l’OLP.

Avec la réconciliation du Hamas et du Fatah, le peuple est de nouveau réuni face à l’occupant.

Avant la fin de cette année, maintenant que sa viabilité structurelle et économique a été reconnue par les experts internationaux, l’ONU va devoir se prononcer sur la reconnaissance de l’État Palestine dans les frontières de 1967.

Le régime israélien s’y oppose et mène actuellement campagne pour trouver des alliés… Alors que, il y a encore un an, il proclamait la main sur le cœur : Nous sommes totalement favorable à la création d’un État palestinien !

… Quand le discours est confronté à la réalité.

Ailleurs dans le monde, la protestation citoyenne s’amplifie chaque jour : conférences, manifestations, opérations BDS… sont de plus en plus nombreuses.

Des centaines de pacifistes des cinq continents sont partis en ce mois de juillet par bateau et par avion pour tenter, à nouveau, de forcer le blocus illégal. Car il est bien illégal, ce blocus maritime et terrestre ! En effet, si le droit international applicable aux conflits armés sur mer autorise le blocus naval et permet le recours à la force pour mettre en œuvre ce blocus lorsqu’un navire d’un Etat tiers, tente de le franchir… Ce droit n’est pas applicable à Gaza car malgré l’évacuation de la bande par l’armée israélienne en septembre 2005, la maîtrise des frontières terrestres, aériennes et maritimes appartient toujours à Israël ! Ce n’est donc pas un Etat tiers mais un territoire occupé !

La Convention de Genève de 1949 impose très précisément à la puissance occupante d’assurer l’approvisionnement en vivres, médicaments, vêtements, matériel et autres biens essentiels à la survie de la population civile et, aussi… de permettre aux organisations humanitaires d’y conduire leurs activités !(8)

Le gouvernement israélien craignait visiblement cette tentative et a tenté d’empêcher par tous les moyens l’application du Droit : pressions sur l’ONU et les gouvernements européens (surtout ceux d’où partaient les bateaux), menaces aux compagnies aériennes, attaques calomnieuses dans la presse (« c’est une opération dirigée par des terroristes islamistes, ces gens sont des antisémites »… les slogans et mensonges habituels, quoi), sabotage des navires, arraisonnement (19/7/2011) – dans les eaux internationales… encore une fois – du seul bateau parvenu à se diriger vers Gaza.(9)

Quant à la « Flytille », la réception de la soldatesque israélienne se montra à la hauteur : incarcération de ceux et celles qui, débarquant à Tel-Aviv – simples voyageurs, pas délinquants – ont eu l’outrecuidance de déclarer vouloir aller en Palestine. Ces arrestations (dont des dames de près de 80 ans) ont été accompagnées de brutalités (passages à tabac, menottes aux mains et aux pieds, mises à nu, etc).(10)

… Pourtant, durant l’opération « Flytille », un tribunal israélien avait jugé (13/7/2011) que la décision du ministère israélien de l’Intérieur d’interdire l’entrée du territoire à des militants déclarant se rendre dans les territoires palestiniens occupés était illégale. Il avait en outre précisé dans son jugement qu’il était anormal que des personnes souhaitant se rendre dans les territoires palestiniens occupés soient le plus souvent contraintes, pour avoir une chance de passer, de mentir lorsqu’elles arrivaient à l’aéroport de Tel Aviv. Ce juge israélien risque gros… Pas les medias belges qui ont, comme d’habitude, appliqué la règle de la symétrie en donnant la parole à la voix sioniste et en ne disant mot de ce jugement et des sévices endurés par certains de ces voyageurs.

Quant aux associations palestiniennes qui avaient invité les pacifistes, les représailles n’ont pas tardé. La première cible fut, en cette fin juillet, le « Théâtre de la Liberté », situé dans le camp de réfugiés de Jénine qui a été attaqué et saccagé par les forces spéciales de l’armée israéliennes, les animateurs emprisonnés sous le régime de haute sécurité, avec interdiction de contact avec un avocat. L’assassinat en pleine rue, quatre mois plus tôt, de Juliano Mer-Khamis, son directeur israélo-palestinien, n’avait sans doute pas suffi !(11)

Qui disait « Quand j’entends le mot culture, je sors mon revolver » ?

Parallèlement, Israël tente de faire accroire à son « ouverture politique » par quelques mesures médiatiques : ouverture de la frontière terrestre à certains produits, légères modifications dans le tracé du mur, suppression de certains check-points, facilitation d’entrée en Israël pour les Palestiniens de Cisjordanie… La tactique est toujours la même ! La « Hasbara » est une seconde nature d’Israël ! … Mais se dote aussi d’un arsenal croissant de lois ultranationalistes (interdiction de commémorer la Nakba, de critiquer l’exportation des produits des colonies…) et édifie un nouveau mur sur le Golan syrien. Netanyahu veut donner à ses compatriotes le sentiment qu’Israël est assiégé afin de susciter la peur et justifier la nécessité de se défendre contre les tentatives de « dé-légitimation d’Israël ». Comme le constate amèrement Yossi Sarid, ex-ministre de l’Éducation : La Knesset souffre d’une fièvre nationaliste qui relève de la maladie mentale.(12)

Sionisme sans Frontières ?

Comme écrit en introduction, ce texte est essentiellement le reflet de l’incompréhension et de l’inquiétude d’un citoyen lambda devant l’attitude d’autres citoyens de son pays, soutenant ou excusant un régime aussi cynique et antidémocratique, incompréhension et inquiétude aussi devant les résultats de la manipulation des horreurs de la « Shoah ». Verront-ils enfin le vrai visage de ce régime ségrégationniste et expansionniste, qui se comporte comme le maître du monde en rejetant les lois internationales et les droits humains ?

En espérant que ce « Pour garder Mémoire » sera utile à certains de mes concitoyens, qu’il leur permettra de quitter le lit douillet de l’indifférence pour affirmer leur désir de justice pour tous.

Rudi Barnet 31 Juillet 2011

(JPG)

En mémoire de Naji Al-Ali, artiste palestinien Assassiné en 1987

Notes

1) Lire  » La pire carte mensongère… » (www.aschkel.info)

2) “Il n’y aura pas d’Etat palestinien“ de Ziyad Clot (Max Milo Editions )

3) AFP du 26/1/2011

4) Ilan Baruch dans le quotidien « Yediot Aharonot » (3/3/2011)

5) Résolution 194 de l’ONU

6) “Herald Scotland“ du 6/6/2010

7) Amin Maalouf « Les Identités Meurtrières », Grasset Poche

8 « Le Monde » du 29/6/2011 (Ghislain Poissonnier et Alima Boumedienne-Thierry)

9) Le JT de la RTBF (13h) a choisi, attitude récurrente de se taire, préférant interviewer un ex-professeur sioniste accusant (sur un autre sujet) d’antisémitisme les opposants à Israël

10) Le Ministère des affaires étrangères belge a estimé que « ces voyageurs ont été correctement traités » (Bonjour l’hypocrisie) !

11) « Politis » du 8/4/2011

12) Ha’aretz du 14/7/2011

Communiqué par l’auteur via courriel

Appel à un rassemblement lundi 22 août, de 18 H à 20h00 Sur les marches de la Bourse à Bruxelles.


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Appel à un rassemblement Lundi 22 août, de 18 H à 20h00

Sur les marches de la Bourse à Bruxelles.

Nous sommes certes en plein mois d’août, et nous sommes en période de ramadan, mais nous comptons sur tous ceux et celles qui sont à Bruxelles pour venir dénoncer avec nous ce nouveau carnage de la population gazaouie et exiger de nos dirigeants qu’ils le fassent cesser.

APPORTEZ DES PANCARTES, ET DES DRAPEAUX PALESTINIENS !

VENEZ MANIFESTER VOTRE SOLIDARITÉ AVEC UNE POPULATION A LAQUELLE ISRAËL REFUSE LA PAIX, LA SÉCURITÉ ET LA LIBERTÉ

NOUS NE PARTICIPERONS PAS AU SILENCE COMPLICE DE NOS GOUVERNEMENTS FACE A CES NOUVEAUX CRIMES DE GUERRE !

RASSEMBLEMENT CE LUNDI 22 AOÛT DE 18H00 à 20h00

Sur les marches de la Bourse de 18H00 à 20h00.

https://www.facebook.com/event.php?eid=254998517853959

Gaza Under Attack – in pictures

http://occupiedpalestine.wordpress.com/2011/08/19/gaza-under-attack-aug-19-2011-in-pictures/

Révolution syrienne 2011 – Video officielle – Version HD


Ali Qureshi 19 août 04:21
Croyez-moi, les gars. Quand j’ai vu cette video, j’ai eu les larmes aux yeux et mon coeur a été  vraiment touché. Je suis Pakistanais et je voudrais dire au peuple syrien que toute la nation pakistanaise est avec nos frères syriens qui se battent contre le régime oppresseur de Bashar al Asad. Que Dieu leur donne le courage, la force et la volonté de maintenir ce mouvement en vie jusqu’à ce que une véritable démocratie soit restaurée dans le pays; je voudrais vous dire que nous avons écrit des lettres au Président du Pakistan pour lui demander de rappeler son ambassadeur de Syrie afin de protester contre le gouvernement syrien. Dites-nous ce que nous pouvons faire pour vous.

Palestine : une émission satirique qui dérange


La comédienne Manal Awad (au centre dans une scène de Watan ala Watar) croit que les soulèvements dans le monde arabe incitent l'Autorité palestinienne à agir contre la liberté d'expression. Photo: AFP

Janie Gosselin
La Presse

(Ramallah, Cisjordanie) Ils imitent le président palestinien. Se moquent du conflit avec Israël. Du Hamas. De la société. Mais les artisans d’une émission satirique très populaire dans les territoires palestiniens semblent être allés trop loin aux yeux du gouvernement. Leur émission, inusitée dans le monde arabe, a été retirée des ondes. Dans un décor rudimentaire, une femme pleure la mort de son bébé, victime d’une erreur médicale. Un médecin arrive. Ils négocient âprement une compensation financière, clin d’oeil à une certaine «justice informelle». Témoin de la scène, un visiteur consulte discrètement la femme. Il cherche le «meilleur» médecin pour sa belle-mère.

Cette capsule de la populaire émission palestinienne Watan ala Watar (Une patrie sur la corde raide) a soulevé l’indignation des médecins, malgré son style indubitablement humoristique. Leur syndicat a déposé une plainte au procureur général palestinien. Celui-ci a retiré cette semaine l’émission des ondes de la télévision publique. Elle était présentée quotidiennement pendant le ramadan – neuvième mois du calendrier musulman – et une fois par semaine le reste de l’année.

Watan ala Watar était diffusée depuis 2009 et s’est attiré un grand public et un nombre important de détracteurs. «L’émission a réussi à créer une unité entre le Hamas et le Fatah. Tous les deux sont contre!» lance à la blague le journaliste culturel Yousef Shayeb, en référence aux groupes au pouvoir dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, qui semblent toujours loin de la réconciliation annoncée.

En plus du syndicat des médecins, le dirigeant de la police a aussi déposé une plainte récemment. L’an dernier, c’était le chef de la brigade anticorruption.

Décision «honteuse»

L’auteur de l’émission satirique, qui parodie un journal télévisé d’une dizaine de minutes, a qualifié la décision du procureur général de « honteuse ». « Comme peuple, nous demandons notre liberté de l’occupation (israélienne), pas de nous-mêmes, dit Imad Farajin. Maintenant, nous devons demander au gouvernement palestinien aussi pour avoir la liberté. » Il dit ne jamais s’être limité sur les sujets à traiter, même si certaines questions, comme la religion, restent plus « sensibles ».

Les trois créateurs de l’émission, inspirée de leurs spectacles sur scène, sont conscients de jouer sur la corde raide. Mais la comédienne Manal Awad croit que les dés étaient pipés et qu’ils faisaient l’objet d’une campagne de salissage avant même la reprise des capsules quotidiennes au début du mois. « Dès le premier épisode, il y a eu des attaques, une campagne de boycottage sur Facebook, des articles contre nous », dit-elle. Elle dit ignorer qui en sont les auteurs, mais croit que les soulèvements dans le monde arabe incitent l’Autorité palestinienne à agir contre la liberté d’expression. « L’Autorité palestinienne sait que nous sommes efficaces et ils ne veulent pas que nous devenions la voix qui a un effet sur les gens », avance-t-elle. Jamais auparavant elle n’avait fait l’objet de censure, même si elle avoue que c’est une pratique « assez courante » en Cisjordanie, particulièrement dans les médias.

Corde sensible

Il n’a pas été possible d’obtenir la réaction de l’Autorité palestinienne sur le sujet. Dans une entrevue téléphonique, le directeur adjoint du syndicat des médecins s’est défendu de manquer d’humour, mais affirme que Watan ala Watar a dépassé les bornes. « Les mensonges véhiculés par cet épisode (sur les médecins) nous ont rendus furieux, a dit le Dr Shawqi Sabha. Même si nous savons que les satires décrivent habituellement des situations de façon extrême, cette description était incorrecte, n’était pas drôle et était dommageable à l’image d’une des professions les plus nobles, la profession médicale. » Le sujet a touché une corde sensible dans un contexte particulièrement houleux entre le syndicat des médecins et l’Autorité palestinienne.

Pour l’instant, les artisans de Watan ala Watar continuent à présenter leurs sketches sur scène. «Nous allons nous moquer de cette histoire», précise Manal Awad.

http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/201108/20/01-4427498-palestine-une-emission-satirique-qui-derange.php

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