Négociations directes : le spectre d’Oslo


30/09/2010
Des soupçons règnent sur le processus des négociations directes entre l’Autorité palestinienne et l’entité sioniste.

Selon le quotidien égyptien “AlMisriyyoune”, (les Egyptiens) un canal secret est en train d’être mis au point pour entrer en action dans les semaines prochaines.
A l’instar de ce qui s’était passé avec les négociations d’Oslo, en 1993, au cours desquelles un processus secret a été installé en parallèle à celui en public, permettant des concessions palestiniennes en catmini.

Prévues dans une capitale européenne, des négociations secrètes devraient remplacer les négociations publiques, qui semblent trébucher depuis la reprise des colonisations en Cisjordanie occupée, dimanche dernier, et le refus du Premier ministre israélien benjamin Netanyahou un moratoire. Et ce malgré les mises en garde du chef de l’Autorité Mahmoud Abbas de se retirer, et en dépit aussi des sollicitations américaines et européennes.
Pourtant et dans une tentative américaine de dissuader Netanyahou,  le président américain Barak Obama a offert à ce dernier via son émissaire américain au Proche Orient Gorges Mitchell en visite dans la région, des garanties et des offres très généreuses. Vainement. Netanyahou les a refusées arguant qu’il contredit les principes de son gouvernement.
Elles comporteraient entre autre, selon le journal israélien Maariv, et en échange d’un moratoire du gel des colonisations pour une durée de 60 jours seulement, un engagement américain de fournir à Israël des équipements militaires perfectionnés, avant la signature d’un accord avec les Palestiniens.

Le deuxième engagement américain séduisant consiste à entraver toute tentative arabe de soulever la question de la création d’un état palestinien au sein du Conseil de sécurité, tandis que le troisième est d’empêcher les Palestiniens de soulever la question des colonisations en dehors des négociations directes, et seulement dans le cadre du règlement final. La lettre comprend également des garanties américaines sécuritaires à long terme,  dont la nature n’a pas été révélée par le journal israélien.

Ce dernier évoque également comme contre partie pour les Palestiniens, afin de les dissuader de ne pas se retirer des négociations un seul engagement américain : une reconnaissance publique des frontières palestiniennes de 1967, assortie d’un échange des territoires, comme cadre des négociations sur le règlement final.

Pour sa part, le journal égyptien s’attend à ce qu’Abbas expose la teneur de ses discussions avec les Américains et les Européens, ainsi que l’idée des négociations secrètes aux dirigeants saoudiens, égyptiens et jordaniens.
Ces derniers craignenet  que celles-ci ne servent que les intérêts israéliens .

el manar

4 octobre – Réunion de la ligue arabe sur l’opportunité de la poursuite des négociations israélo-palestiniennes.


Agenda Diplomatique Octobre 2010.
René Naba | 01.10.2010 | Paris


En prévision de l’enlisement des négociations, René Naba avait accordé une interview au quotidien algérien «Jeune indépendant»:

«En cas d‘échec, malgré les concessions continues des Palestiniens, il importera de dissoudre l’Autorité palestinienne, de démissionner Mahmoud Abbas, et de confier le pouvoir au Hamas, vainqueur a posteriori de la pantalonnade palestinienne, avec une nouvelle stratégie de combat».

13 octobre – Visite du président iranien Mahmoud Ahmadinejad au Liban

Iran / Liban / Israël

Le président Ahmadinejad à Beyrouth: La présence du croquemitaine de l’Occident dans un pays pivot de la confrontation, dans une capitale, fief par excellence du clan pro saoudien des Hariri.

Paris, 10 octobre 2010 – Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad effectuera les 13 et 14 octobre une visite officielle au Liban, sur fond de bruits de botte tant dans le Golfe qu’au Liban, en superposition à l’exaspération du débat tant sur le dossier nucléaire iranien, que sur une possible criminalisation du Hezbollah dans l’enquête internationale sur l’assassinat de Rafic Hariri.

La réussite de la stratégie iranienne valoriserait sa politique d’autosuffisance technologie et militaire, de la même manière qu’un succès politique ou militaire du Hezbollah chiite libanais ou du Hamas sunnite palestinien réhabiliterait l’esprit de résistance face à la finlandisation des esprits en cours dans le monde arabe.

renenaba.com remet en ligne une série de papiers sur la problématique iranienne dans le jeu régional et l’objectif sous jacent du bras de fer entre l’Iran, d’une part, les Etats-Unis et Israël, d’autre part, sur le nucléaire iranien.

Iran Israël: Les enjeux sous jacents de la confrontation 1/3 : http://www.renenaba.com/?p=1422

Iran Israël: Les enjeux sous jacents 2/3 : http://www.renenaba.com/?p=1600

Iran Israël: Les enjeux sous jacents de la confrontation 3/3 : http://www.renenaba.com/?p=1620

10-24 octobre: Chrétiens d’orient

Un synode sur le Moyen-Orient se tient du 10 au 24 octobre au Vatican, alors que les chrétiens arabes, généralement considérés comme une communauté en survie, opèrent, pour la première fois dans l’histoire, une mutation stratégique majeure privilégiant leur enracinement local et leur environnement régional sur leur traditionnelle allégeance occidentale, notamment au Liban, avec l’alliance, sans précédent, opérée, au grand désespoir des occidentaux, entre le Hezbollah libanais, l’organisation politico-militaire chiite libanaise, et le général Michel Aoun, ancien commandant en chef de l’armée et chef de la principale formation politique chrétienne.

renenaba.com revient sur le destin singulier de chrétiens arabes dans un papier en deux volets:

Chrétiens d’Orient: Le singulier destin des chrétiens arabes part 1/2

Une communauté en survie

Paris, 15 octobre 2010. Singulier est le destin de ces chrétiens originels, de ces chrétiens des origines de la chrétienté, dits «chrétiens d’orient», situés à l’épicentre du conflit entre Islam et Occident, ballottés entre Orient et Occident, tiraillés entre leur appartenance socio culturelle arabe et la communion religieuse qui les lie à l’Occident, entre leur communauté de destin avec leurs compatriotes de confession musulmane et leur communauté de croyance avec les occidentaux dans une zone où ce même Occident a souvent fait fi des impératifs de survie de ses coreligionnaires au bénéfice exclusif de ses intérêts stratégiques, contre les intérêts à long terme de la présence chrétienne en terre arabe.

Chrétiens d’Orient: Le singulier destin des chrétiens arabes part 2/2

L’équipée suicidaire des milices chrétiennes libanaises et la «déconcertante alliance» du Hezbollah et du général Michel Aoun

Paris, 20 octobre 2010. Victimes innocentes souvent, bourreaux parfois plus que de besoins, les camps palestiniens de la quarantaine (est de Beyrouth), en 1976, et de Sabra Chatila (sud de Beyrouth), en 1982, passeront dans l’histoire comme de sanglantes illustrations pathologiques de la déraison humaine, au passif du leadership maronite, particulièrement les milices chrétiennes des Forces Libanaises dont l’alliance avec Israël, l’ennemi officiel du Monde arabe, constituera l’un des points noirs de l’histoire de la chrétienté arabe.

La «déconcertante alliance» du Hezbollah libanais et du général Michel Aoun, pour reprendre l’expression des analystes occidentaux, apparaît dans cette perspective comme la résultante et la réplique de la «déconcertante attitude» des Occidentaux à l’égard des aspirations du monde arabe, particulièrement en ce qui concerne la Palestine.

Pour que la lutte commune contre l’intégrisme puisse être mise en route, selon les vœux du Vatican, il importe que la chrétienté d’Orient opère un repositionnement sur son environnement arabe, distendant quelque peu son lien ombilical avec l’Occident, symétriquement à une démarche de l’Islam sunnite, dominant dans le monde arabe et musulman, de s’appliquer parallèlement ses propres préceptes qui firent sa gloire et sa réussite du temps de la conquête arabe, un principe de saine gouvernance dans une société pluraliste, lointaine préfiguration de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, à savoir:

للجميع الدينُ للّه والوطَن Ad Dine Lillah Wal Watan Li Jamih
(La religion relève de Dieu et la Nation appartient à toutes les composantes de sa population

Expulsion de dizaines de familles de Jérusalem, 3 300 hectares de Galilée menacés



28/09/2010 Le quotidien israélien “Haaretz” a rapporté que le haut tribunal israélien a rejeté dimanche un appel déposé par groupe de familles palestiniennes vivant dans le quartier Sheikh Jarrah, à l’est de Jérusalem AlQuds occupée.  Le quotidien poursuit que les juges au tribunal ont rejeté à l’’unanimité l’’appel des Palestiniens sur leur possession d’’une grande terre dans la partie ouest de ce quartier.
Suite à la décision du tribunal, les colons pourront désormais s’’accaparer des dizaines de maisons de palestiniens et entamer des projets de colonisation à Sheikh Jarrah. Arié King, un des principaux artisans de la colonisation à l’’est de Jérusalem AlQuds occupée, a affirmé, dans ce contexte, que « d’’ici à deux jours, trois des familles palestiniennes devront évacuer leurs maisons. Elles seront remplacées par des familles juives ». Il a ajouté que des dizaines de foyers pour les juifs seront également construits dans ce quartier.  Il est à noter que trois des familles palestiniennes ont déjà été contraints d’’évacuer leurs foyers, 25 autres menacées d’expulsion.

GALILEE : 3 300 HECTARES DE TERRES ARABES MENACES

Les agressions israéliennes se sont également [multipliées] dans la région de Galilée (territoires occupés en 1948). Des comités israéliens de « la planification et de la construction » ont élaboré quatre plans visant à  confisquer les terrains arabes de cette région, sous prétexte de les transformer en des marais et des réserves naturelles.  Conformément à ces plans, les propriétaires palestiniens de ces terres seront interdits d’’y avoir accès, d’’y construire des logements ou même de les restituer, plus tard.
Le « centre Arabe de la planification alternative » a révélé que les plans israéliens visent à confisquer 3 300 hectares de 11 villages  arabes. Une responsable de ce centre, Inaya Jreiss, a affirmé au site Al Jazira.net que les réserves qu’’ « Israël » entend ériger sur des terres privées [appartenant] à des Palestiniens, visent à empêcher l’’expansion démographique des Arabes et à interdire tout contact géographique entre eux.

http://www.almanar.com.lb/newssite/NewsDetails.aspx?id=155880&language=fr

Le convoi terrestre humanitaire pour Gaza arrive à la frontière gréco-turque


mercredi 29 septembre 2010, par La Rédaction

Une dizaine de véhicules, avec à bord 40 militants de l’organisation Viva Palestine en route pour Gaza, se dirigeait lundi 27 septembre vers Istanbul après avoir quitté Alexandroupolis (Grèce) près de la frontière avec la Turquie, a-t-on appris de source policière locale. Comprenant des vans, des voitures, des ambulances, ce convoi est passé samedi par Salonique, deuxième ville grecque, dans le nord du pays, a indiqué la même source. Arborant des drapeaux palestiniens, le convoi prévoyait d’arriver lundi à Istanbul et de se rendre ensuite en Égypte, selon la source policière.
Selon le site de l’organisation, le convoi terrestre a quitté Londres le 12 septembre, s’est arrêté à Lyon (France) et à Milan (Italie) avant d’arriver en Grèce, d’où il prévoit de continuer dans l’objectif de finalement parvenir à Gaza.
Viva Palestine est une organisation fondée par l’ancien député britannique George Galloway, opposé à la guerre en Irak, qui a déjà organisé trois autres convois du même type pour Gaza au cours des 18 derniers mois, pour amener des véhicules et de l’aide matérielle à Gaza. Une flottille humanitaire qui tentait de briser le blocus à Gaza, comprenant sept bateaux, avait été prise d’assaut par la marine israélienne le 31 mai. Le bateau turc, Mavi-Marmara, avait été le plus visé par l’assaut israélien, qui avait coûté la vie à neuf passagers turcs.

(Mercredi, 29 septembre 2010 – Avec les agences de presse)

Photo : L’ancien député britannique Gorge Galloway, troisième à partir de la gauche, qui dirige l’association « Viva Palestine », en recueillement au cimetière Musulman d’Istanbul, en compagnie des représentants de l’organisation turque IHH. Mardi, 28 septembre 2010.

Conférence-débat/lunch organisé par le GRIP


A l’occasion de la sortie du nouveau Livre du GRIP : « Proche-Orient, entre espoirs de paix et réalités de guerre », par Amine Ait-Chalaal, Bichara Khader, Claude Roosens)

Conférence-débat/lunch organisé par le GRIP

À WBI (Wallonie-Bruxelles
-International)
2 place Sainctelette
B-1080 Bruxelles

· Avec le soutien de WBI (Wallonie-Bruxelles International), la Communauté française de Belgique,

· En partenariat avec l’Institut MEDEA

PROCHE-ORIENT : ESPOIRS DE PAIX, REALITES DE GUERRE

Mercredi 13 octobre 2010, de 9h30 à 14h

· 9h30 Accueil

· 10h00 Présentation du livre : Proche-Orient. Entre espoirs de paix et réalités de guerre

· 11h00 Quel dialogue israélo-palestinien ?

· 13h Lunch

Intervenants :

· Amine Ait-Chaalal (directeur du CECRI, UCL)

· Henri Goldman (chroniqueur, codirecteur de la revue Politique)

· Bichara Khader (directeur du CERMAC, UCL)

· Baudouin Loos (journaliste, Le Soir )

· Claude Roosens (professeur de relations internationales, UCL)

Modérateurs :

· Xavier Zeebroek (directeur du GRIP)

· François-Xavier de Donnea (Ministre d’État, président de l’institut MEDEA)

Programme détaillé sur http://www.grip.org

PAF : 5 €, lunch compris

Pour vous inscrire téléphonez au 02 241 84 20

(publications@grip.org) ou sur www.grip.org

Un prof israélien convoqué pour utilisation d’un manuel d’histoire interdit


L’ouvrage n’est plus autorisé en classe parce qu’il donne la version palestinienne de la création de l’Etat d’Israël, création présentée comme la ‘Nakba’, la catastrophe.

Le proviseur d’un lycée israélien a été convoqué par sa hiérarchie pour avoir laissé un enseignant utiliser un manuel scolaire interdit a rapporté le quotidien Haaretz dans son édition de lundi 27 septembre. Ce manuel est interdit dans les établissements scolaires israéliens parce qu’il présente la version palestinienne de la création de l’Etat d’Israël.

La polémique a fait d’autant plus de bruit que le lycée en question est situé près de Sdérot, une ville israélienne limitrophe de la bande de Gaza, à portée de roquettes des groupes armés palestiniens du territoire.

Manuel « rejeté »

Selon un professeur anonyme cité par le quotidien de gauche, au deuxième jour de la rentrée, les enseignants du lycée ont reçu l’instruction de ne plus utiliser ce manuel car « il n’était pas autorisé ».

Ce livre scolaire présente conjointement la naissance troublée d’Israël en mai 1948 du point de vue antagoniste des Israéliens et des Palestiniens, ces derniers la considérant comme une « catastrophe » (« Nakba » en arabe) ayant forcé des centaines de milliers de personnes à l’exil.

Le manuel a été « rejeté » par le ministère israélien de l’Education il y a cinq ans.

Terme « Nakba » exclu des livres scolaires

En juillet 2009, le ministère de l’Education avait décidé d’exclure le terme de « Nakba » des livres scolaires destinés aux Arabes israéliens, estimant qu' »il n’y a aucune raison de présenter la création de l’Etat d’Israël comme une catastrophe dans un programme d’enseignement officiel ».

La communauté arabe israélienne compte plus de 1,2 million de personnes sur une population totale de près de 7 millions. Elle rassemble les descendants de 160.000 Palestiniens restés sur leur terre après la création d’Israël en 1948.

Elle dispose du droit de vote et bénéficie d’un niveau de vie bien supérieur à celui des Palestiniens de la Cisjordanie ou de la bande de Gaza, mais reste victime de graves discriminations.

(Nouvelobs.com avec AFP)

Trois Palestiniens tués


Trois Palestiniens, présentés comme membres du groupe du Jihad islamique [mouvement de la résistance palestinienne] ont été assassinés dans une attaque aérienne israélienne sur la partie sud de la bande de Gaza, ont déclaré des médecins.
Israël lancent de régulières attaques aériennes ou terrestres contre le territoire assiégé

Les ambulanciers et des responsables des services médicaux ont récupéré trois corps sur le site d’une explosion qui s’est produite en fin de soirée ce lundi, à l’extérieur du camp de réfugiés d’El Bureij, près de la limite entre Israël et Gaza. Des médecins palestiniens ont déclaré que les hommes, qui venait de sortir d’une voiture près du camp, appartenaient aux Brigades Al-Quds, l’aile militaire du groupe palestinien du Jihad islamique. Les noms de ces trois résistants ont plus tard étaient communiqués comme étant Ala Abu Zneda, Awni Abdul Hadi, et Muhammad Eid.

Israël mène souvent à ce type d’attaque contre l’enclave assiégée et sous gouvernement du Hamas. Ces frappes visent généralement des tunnels utilisés pour le passage de marchandises, ou, selon les affirmations israéliennes, des militants préparant des tirs de roquettes sur Israël. Près de 150 roquettes auraient été tirées cette année.

Cette dernière agression souligne l’importance des pourparlers de paix, soutenus par les USA et lancé ce mois-ci. Mais les diplomates tentent actuellement d’empêcher ce processus de tomber en morceaux suite à la reprise intensive des constructions de colonies juives en Cisjordanie occupée.

28 septembre 2010 – Al Jazeera –
Vous pouvez consulter cet article à :

http://english.aljazeera.net/news/middleeast/2010/09/201092723256191228.html

traduction : Info-Palestine.net

Procès de Sakina à Bordeaux : le racisme était bien là, mais pas du côté de la prévenue…


Si la Cour d’Appel de Bordeaux a bénéficié vendredi de débats parfois très pointus au plan juridique, elle a aussi été le théâtre de méthodes carrément racistes, à l’encontre de la prévenue, Sakina Arnaud, poursuivie pour avoir apposé un autocollant « Boycott Apartheid Israël » sur une bouteille de jus de fruit censément « made in Israel ».
(JPG)

Sakina avait été condamnée à 1.000 € d’amende au début de l’année, pour ce fameux autocollant, au nom de l’article 24 alinéa 8 de la loi sur la presse (dite « loi de 1881 ») réprimant « l’incitation à la haine raciale ». Jugement mis en appel par Sakina.

Le procès de Sakina Arnaud est l’un des tout premiers en France, sinon le premier, dans le cadre de l’alliance entre le gouvernement français et Israël pour tenter d’étouffer le vaste mouvement citoyen qui se développe dans le monde entier sous le sigle BDS (Boycott Désinvestissements Sanctions).

Les agitateurs du lobby israélien en France, comme l’inénarrable Sammy Ghozlan ou l’avocat extrémiste Goldnadel, se vantent ainsi d’avoir déposé à ce jour une centaine de plaintes contre des militants de la solidarité avec le peuple palestinien, la dernière en date étant particulièrement grotesque et odieuse, puisqu’elle vise notre ami Stéphane Hessel, 92 ans, ambassadeur de France et rescapé du camp de concentration nazi de Buchenwald.

Près d’une centaine de militants des droits du peuple palestinien, venus de Bordeaux et d’ailleurs, étaient présents dans la salle du tribunal pour faire savoir à qui de droit que Sakina, membre d’une section locale de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) n’était pas seule, et qu’ils étaient pleinement solidaires de son action.

Et Sakina en eut à certains moments besoin, de ce renfort. Non pas pour s’expliquer sur son comportement et ridiculiser les accusations de haine raciale, ce qu’elle fit facilement à la barre. Mais plutôt pour faire face à des attaques vicieuses émanant des avocats des parties civiles (Goldnadel, Markovic, Dahan).

Ces derniers, oublieux du fait qu’ils sont, eux aussi, issus d’une immigration en France récente, ont ainsi fait des tentatives répétées pour insinuer le doute sur l’identité même de Sakina, et la faire passer pour une faussaire. Née Khimoun, fille d’immigrants algériens, Sakina a en effet des papiers d’identité et d’état-civil comportant une série d’incohérences, fruit amer des erreurs d’écritures commises par une administration française historiquement laxiste avec ses citoyens de second rang. Des centaines de milliers, sinon des millions de Français issus de l’immigration sont régulièrement confrontés à des telles situations.

Au bout d’un certain temps, ulcérée d’entendre les Dahan et Markovic, ainsi que la procureure, refuser à Sakina jusqu’à son nom d’épouse (Arnaud), la salle fit entendre une saine colère, des cris de « raciste ! » fusant des travées du public. Touchée au vif, la procureure finit par comprendre, et s’adressera dorénavant à « Mme Sakina Arnaud », comme c’est tout simplement son nom.

M° Antoine Comte, l’un des deux avocats de Sakina avec M° Raymond Blet, discuta tout d’abord la légalité même de l’article de loi utilisé pour la mise en examen (article 24 alinéa 8 de la loi sur la presse) au regard de la Constitution et de son socle qu’est la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789. Une disposition législative récente permet en effet de poser au tribunal une Question Prioritaire de Constitutionnalité (QPC), l’obligeant, s’il accepte le bienfondé de la requête, à transmettre la question à l’échelon supérieur de la magistrature, avant d’aborder l’affaire proprement dite (l’affaire Sakina). La présidente du tribunal a rejeté cette requête de transmission préalable, disant qu’elle y répondrait en même temps que sera rendu le jugement lui-même sur l’autocollant, le 22 octobre prochain. La défense pourra donc être amenée à former elle-même un pourvoi devant la Cour de Cassation.

Pour le reste, on retiendra de cette audience :

- le fait que Me Comte ait souligné que l’atmosphère était d’autant plus « lourde » à cette audience que les juges avaient reçu des consignes du gouvernement, et que leur indépendance était donc mise en cause

- le démontage pièce par pièce du jugement aberrant de première instance, par les deux avocats, Mes Raymond Blet et Antoine Comte : jugement où il était par exemple écrit que l’expression « Boycott Apartheid Israël » avait pour objet, rien que ça, d’instaurer l’apartheid en Israël ! ;

- le témoignage de la députée européenne Nicole Kiil-Nielsen, qui remit bien à sa place le provocateur Goldnadel. Ce dernier s’était avisé de chercher des noises à Nicole à propos du désormais célèbre T-Shirt de couleur verte « Palestine Vivra ! Boycott Israël ». Nicole Kiil-Nielsen lui répondit qu’en matière de T-Shirts, alors oui, elle en avait bien vu, pour sa part, des spécimens incitant à la haine et au meurtre raciste : ceux dont raffole la soldatesque israélienne, en vente dans les boutiques branchées de Tel-Aviv, où l’on voit une femme palestinienne et son bébé transpercés par un tir sous le titre « Une balle, deux Palestiniens éliminés ».

- le témoignage de Maurice Rajsfus, rescapé du génocide dont les parents ont été assassinés à Auschwitz. Ecrivain, historien de la participation de l’Etat français au génocide des Juifs et aussi des crimes coloniaux de la France, Président de l’Observatoire des Libertés Publiques, Rajsfus insista notamment sur la fraude qui consiste, pour les avocats du terrorisme israélien, à exploiter la mémoire du génocide au service de leur sale besogne.

- Un mot enfin sur Gilles-William Goldnadel, partie civile au procès de Sakina pour son association Avocats Sans Frontières, l’une des casquettes qu’il cumule avec celles de Président de l’association France-Israël et de membre de la direction du CRIF. Goldnadel y alla de son traditionnel éructation sur l’antisémitisme des « islamo-gauchistes » dans cette salle, mais quand il aborda le thème de la « violence », Antoine Comte lui rappela qu’en matière de violence, Goldnadel ferait bien d’être plus discret, lui, le défenseur des fascistes du Bétar et de la LDJ, auteurs de multiples agressions, dont celle de la Librairie Résistances à Paris en juillet 2009, où des milliers de livres furent systématiquement détruits. Penaud, Goldnadel retourna s’asseoir.

CAPJPO-EuroPalestine

Compte-rendu de Sud-Ouest

Par florence moreau

« Boycott apartheid Israël » : La cour pour tribune Audience surchauffée, hier, devant la cour d’appel, pour le procès de Saquina Arnaud, jugée pour provocation à la discrimination nationale et raciale.

Saquina Arnaud avait apposé un autocollant, sur une bouteille de jus d’orange, sur lequel on pouvait lire : « Boycott apartheid Israël ». photo laurent theillet Partager

D’emblée, c’est la foire d’empoigne verbale. Le chahut d’une cour de récréation plus que la solennité d’une cour d’appel. C’est à qui parlera le plus fort. Le plus longtemps. Le dernier. L’audience est tendue.

Saquina Arnaud, quadragénaire mérignacaise était jugée hier par la cour d’appel de Bordeaux pour « provocation à la discrimination nationale, raciale, religieuse par parole, image ou écrit ». Une prévention « injuriante » qui heurte cette militante de longue date pour la Ligue des droits de l’homme.

En février dernier, le tribunal correctionnel de Bordeaux l’avait pourtant reconnue coupable et condamnée à 1 000 euros d’amende. Elle avait fait appel. Hier, elle était épaulée par un solide et fidèle comité de soutien.

Appel au boycott

Le 30 mai 2009, Saquina Arnaud avait été interpellée dans l’hypermarché Carrefour de Mérignac après avoir apposé un autocollant sur une bouteille de jus d’orange. Sur le sticker, on pouvait lire « Boycott apartheid Israël » et voir une tâche de sang sur un mur en codes-barres.

La salle est surchauffée, bondée. Mais patiente. La présidente prévient : elle veut en avoir terminé trois heures plus tard. Grognements de toutes les parties, frustrées que leur temps soit ainsi minuté. Mais durant toute l’audience, les avocats donnent de la voix, s’apostrophent, rivalisent de leçons de procédure. Des joutes verbales plus ou moins appréciées. Même la menace de suspension lancée à plusieurs reprises par la présidente reste sans effet.

Les avocats de la défense, Mes Raymond Blet et Antoine Comte soulèvent une question prioritaire de constitutionnalité – et non de « culpabilité » comme le dira Me Comte dans un lapsus.

L’avocate générale, Martine Cazaban, traduit pour le commun des justiciables. « L’article visé par les poursuites ne serait pas conforme à la légalité et porterait atteinte à la liberté d’expression ». En face, la partie civile ne veut pas de renvoi « sous couvert d’inconstitutionnalité ». La salle baille, décroche. La cour passe au fond du dossier. « Pour mieux faire son opinion ». « Mais cela vide de son sens la priorité accordée à la QPC », se lamente Me Comte.

« Je conteste avoir appelé à la discrimination », se défend Saquina Arnaud. « Les produits ne peuvent être assimilés à des personnes ».

Et la salle d’audience se transforme en tribune politique. D’un ton revendicatif, dans le registre militant, elle explique en quoi, pour elle, le jus d’orange en question est en fait produit sur les territoires occupés par Israël. Des témoins viennent de loin pour appuyer son discours. Comme la députée européenne de l’Ouest, Nicole Kiil-Nielson qui fait valoir que « le citoyen qui veut consommer de façon éthique, doit pouvoir y voir clair en matière de traçabilité ». Pris à témoin, le public se manifeste. Applaudit, hue, siffle, montre sa désapprobation. Me Jean-Claude Dahan propose son aide à la présidente pour faire respecter la police de l’audience. La cour a mis sa décision en délibéré. »

le 25-09-2010

Source : http://www.europalestine.com/spip.p…

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑