Négociations directes : un état palestinien sans Quds, ni Aqsa, ni…, ni…


Leila Mazboudi
… et l’usurpation continue

01/09/2010

L’image de ce que devrait être le présumé état palestinien selon la vision  israélienne se dessine de plus en plus, au fils des conditions israéliennes lancées depuis l’annonce des négociations directes avec l’Autorité palestinienne.
Ce sera tout d’abord un état sans Quds comme capitale, et sans la mosquée d’AlAqsa.
Selon le ministre de la guerre israélien Ehud Barak, seules « les banlieues arabes de la ville sainte reviendraient à l’état palestinien ». Alors que la résolution de partition de la Palestine 242 accordait aux Palestiniens la totalité de l’est de la ville sainte.

Seront donc usurpés aux Palestiniens les 12 quartiers confisqués ces dernières années, et dans lesquels se sont déjà installés quelques 200.000 colons, sans compter Jérusalem de l’ouest, occupée depuis 1948.

Ni la vieille ville, ni les lieux saints, dont la mosquée d’AlAqsa, ne reviendront à l’état palestinien.
Selon Barak « un régime spécial et des mesures spéciales seront appliqués sur la vieille ville, la ville de David et le Mont des oliviers » (l’équivalent sioniste du quartier palestinien de Salwane), sans en préciser la nature. Il faut également s’attendre à leur usurpation.

Le prochain état palestinien sera sur une partie de la Cisjordanie, contrairement aux résolutions onusiennes.  « Seules les colonies sauvages et isolées seront restituées » continue Barak. Ce qui équivaut à dire que les territoires sur lesquels des colonies ont été édifiées pour quelque 400.000 colons seront également usurpés.

Et puis, s’agissant du retour des réfugiés palestiniens aux territoires de 1948, toute le monde sait d’ors et déjà que leur droit dicté pas la résolution onusienne 181 a depuis longtemps été dénigré : «  il faudrait leur trouver une solution, soit ils reviennent à l’état palestinien, soit ils sont intégrés dans d’autres sociétés, avec une aide internationale » affirme Barak. Cette vision rejoint l’insistance israélienne, dont celle du  premier ministre Benjamin Netanyahou sur la nature juive de l’entité sioniste, qui exclut en conséquence ce retour qui peut modifier la donne démographique.

Concernant toujours ce point, force est de constater que l’entité sioniste se désiste d’assumer la responsabilité de payer à ces réfugiés les indemnisations qui leur sont dues, en contrepartie de leur biens abandonnés et usurpés par les colons sionistes.
Depuis un certain temps, il est beaucoup question d’un troc entre ces droits et «  une compensation pour le biens des juifs arabes laissés dans les pays arabes, après leur fuite vers « Israël ». Sachant que la plupart de ces biens avaient été vendus avant le départ de leurs propriétaires juifs.

En plus de toutes ces usurpations, l’état palestinien sera démilitarisé, soumis à des mesures sécuritaires draconiennes, pour éviter selon Barak à «  la Cisjordanie un sort similaire à celui du Liban et de la Bande de Gaza après le retrait israélien ». Juste «  un état vivable politiquement et économiquement » signale Barak, empruntant le terme à de nombreux dirigeants occidentaux.

A noter que cette vision avait été suggérée lors des négociations de Camp David en l’an 2000, à l’ancien chef de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat. Celui-ci l’avait rejetée catégoriquement, arguant qu’elle bafoue les droits légués aux Palestiniens par les résolutions onusiennes.
Dix après, la voilà de nouveau proposée à son successeur Mahmoud Abbas qui n’a ni son intelligence, ni son obstination.

Sans jamais l’afficher ouvertement, les Israéliens ont œuvré de concert avec  certaines puissances occidentales, non sans succès, pour rendre inopérantes ces résolutions. En créant des faits accomplis sur le terrain.  Mais ils ont toujours besoin d’un renoncement officiel signé par les Palestiniens.
C’est à Abbas que cette mission serait conférée. Nombreux sont les Palestiniens qui craignent qu’il ne soit disposé à le faire…

Israël loue la coopération sécuritaire de l’Autorité palestinienne


jeudi 2 septembre 2010, par La Rédaction

L’armée israélienne est satisfaite de la coopération des services de sécurité de l’Autorité palestinienne dans la lutte contre les auteurs des attentats anti-israéliens en Cisjordanie revendiqués par le Hamas, a indiqué jeudi un responsable militaire. « La coopération continue malgré ces attentats et elle a même atteint un niveau parmi les plus élevés depuis les accords d’Oslo en 1993 », a déclaré à la presse un officier de l’administration militaire israélienne en Cisjordanie. « Les services de sécurité de l’Autorité palestinienne ont arrêté des centaines de terroristes du Hamas depuis ces attentats », s’est félicité ce gradé sous couvert de l’anonymat.
Le Hamas a revendiqué deux « opérations héroïques » contre des Israéliens en Cisjordanie. La première mardi a coûté la vie à quatre colons près d’Hébron et la seconde a fait deux blessés mercredi soir à l’est de Ramallah. « L’opération de Ramallah est un message à l’adresse de ceux qui ont promis aux sionistes que l’opération d’Hébron ne se répèterait pas », a souligné un communiqué de la branche militaire du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam.
Le Hamas, qui s’oppose aux pourparlers entre Israël et l’Autorité palestinienne présidée par Mahmoud Abbas, accuse ce dernier et ses forces de sécurité de collusion avec « l’ennemi sioniste pour déraciner la résistance ». Embarrassée par la campagne de violences du Hamas, qu’elle a condamnée comme « contraire aux intérêts nationaux », l’Autorité palestinienne a lancé une vague d’arrestations dans les zones autonomes de Cisjordanie sous son contrôle. Le Hamas a affirmé que 250 de ses militants, sympathisants et membres de leur famille avaient été arrêtés par l’Autorité palestinienne en moins de 24 heures. L’Autorité palestinienne a démenti ces estimations, les déclarant exagérées, sans fournir de bilan précis.

source et merci MP

Le Hamas, l’IRA et nous


jeudi 2 septembre 2010 – 06h:50

Ali Abunimah

GEORGE J. MITCHELL, l’envoyé des USA au Moyen-Orient, a essayé de regonfler les maigres espoirs pour la reprise des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens en rappelant son expérience de médiateur en Irlande du Nord.

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George Mitchell, aujourd’hui envoyé spécial au Moyen-Orient (AP)

À une conférence de presse tenue le 20 août avec la secrétaire d’État Hillary Rodham Clinton pour annoncer les pourparlers qui commencent cette semaine, M. Mitchell a rappelé aux journalistes que pendant les difficiles négociations en Irlande du Nord « nous avons eu environ 700 jours d’échec et un jour de réussite » – à savoir le jour, en 1998, de la signature de l’accord de Belfast instituant un partage du pouvoir entre les unionistes pro britanniques et les nationalistes irlandais.

La comparaison de M. Mitchell est au mieux erronée. Le succès des entretiens irlandais n’a pas été uniquement une question de volonté et de durée ; elle est aussi attribuable à une approche diplomatique très différente de la part des USA.

Le conflit en Irlande du Nord est resté inextricable pendant des décennies. Des unionistes, appuyés par le gouvernement britannique, considéraient tout compromis politique avec les nationalistes irlandais comme un danger, le danger d’une Irlande unifiée dans laquelle la majorité catholique dominerait la minorité unioniste protestante. Le gouvernement britannique refusait aussi de traiter avec le parti nationaliste irlandais Sinn Fein en dépit de son important mandat électoral, à cause de ses liens étroits avec l’armée républicaine irlandaise qui avait commis des actions violentes au Royaume-Uni.

On peut voir un parallèle dans le refus des USA de parler avec le parti palestinien Hamas qui a gagné des élections décisives en Cisjordanie et à Gaza en 2006. Quand on lui a demandé quel rôle aurait le Hamas dans la reprise des entretiens, M. Mitchell a répondu d’un mot : « aucun ». Pas un analyste sérieux ne croira que la paix peut être conclue entre les Palestiniens et les Israéliens sans la participation du Hamas, pas plus que ce n’aurait été le cas en Irlande du Nord sans le Sinn Fein et l’IRA.

Les USA insistent pour que le Hamas remplisse des conditions préalables strictes avant de pouvoir prendre part aux négociations : reconnaître Israël, renoncer à la violence et respecter les accords antérieurement signés entre Israël et l’Organisation de libération de la Palestine dont le Hamas ne fait pas partie. Ce sont là des exigences impossibles. Pourquoi le Hamas – ou n’importe quel Palestinien – devrait-il accepter les exigences politiques israéliennes comme la reconnaissance de l’État d’Israël alors que celui-ci refuse de reconnaître les demandes fondamentales des Palestiniens comme celle du droit au retour des réfugiés ?

Quant à la violence, le Hamas n’a infligé aux civils israéliens qu’une fraction des dommages infligés par Israël aux civils palestiniens. Si la violence disqualifie le Hamas , celle bien plus féroce dont a fait preuve Israël ne devrait-elle pas le disqualifier ?

Ce n’est qu’en mettant fin aux conditions unilatérales que M. Mitchell a pu apporter la paix en Irlande du Nord. En 1994 par exemple, M. Mitchell – qui était alors sénateur démocrate de l’État du Maine – a pressé le président Bill Clinton, malgré les énergiques objections britanniques, d’accorder un visa US à Gerry Adams, dirigeant du Sinn Fein. M. Mitchell a écrit par la suite qu’il estimait que grâce au visa, M. Adams « pourrait persuader l’IRA de déclarer un cessez-le-feu et le Sinn Fein pourrait commencer des négociations politiques complètes ». En tant que médiateur, M. Mitchell a insisté pour qu’un cessez-le-feu s’applique à toutes les parties de façon égale, pas uniquement à l’IRA.

Le conflit irlandais et celui du Moyen-Orient occupent une place importante dans la politique intérieure des USA, et pourtant ceux-ci les ont traités de manière très différente. Les USA ont permis au lobby irlandais – étasunien d’aider à infléchir la politique vers le côté le plus faible : le gouvernement irlandais de Dublin et le Sinn Fein ainsi que les autres partis nationalistes du nord. Parfois, les USA ont exercé de fortes pressions sur le gouvernement britannique pour aplanir le terrain afin que les négociations puissent aboutir à un accord ralliant les suffrages. Par contre, le gouvernement US a laissé le lobby israélien faire pencher la balance du soutien US en faveur de la partie la plus forte des deux : Israël.

Cette disparité n’a pas manqué d’être relevée par ceux qui ont connu de première main les pourparlers irlandais. Dans une lettre adressée en 2009 au journal The Times, plusieurs négociateurs britanniques et irlandais ( notamment John Hume, qui a partagé le prix Nobel de la paix pour l’accord de Belfast) ont critiqué les exigences unilatérales imposées uniquement au Hamas. « Faire participer le Hamas » écrivaient les négociateurs « n’équivaut pas à approuver tacitement le terrorisme ou les attaques contre les civils. En fait c’est une condition préalable à la sécurité et à la négociation d’un accord réalisable ».

Que les entretiens de paix reprennent sans qu’il y ait d’engagement de la part des Israéliens de geler la construction de colonies est une autre victoire significative pour le lobby et le gouvernement israéliens. Israël peut ainsi se faire passer pour un artisan de la paix tout en ne changeant rien à ses opérations.

Quant à M. Mitchell, depuis qu’il a été nommé envoyé au Moyen-Orient, il a eu jusqu’ici près de 600 journées d’échec. Aussi longtemps que les USA maintiennent la même approche désespérante, il peut s’attendre à beaucoup d’autres journées de ce genre.

Ali Abunimah est l’auteur de “One Country : A Bold Proposal to End the Israeli-Palestinian Impasse.”

Par Ali Abunimah :

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Ali Abunimah

- La doctrine Bush en déroute à Gaza
- Ce n’est pas juste une occupation…

29 août 2010 – New York Times – Cet article peut être consulté ici :
http://www.nytimes.com/2010/08/29/o…

Lire aussi

Pourparlers directs : qui va tirer les marrons du feu ? par Abunimah

« Farce » à Washington, ou « Faisons comme si le train avançait »


Les blogs du Diplo
Alain Gresh


Alain Gresh

Mercredi 1er septembre 2010

Qui croit encore au processus de paix ? Le journal des milieux d’affaire britanniques, le Financial Times, intitulait un éditorial du 23 août 2010 « One final act in the Middle East farce » (« Dernier acte pour la farce du Proche-Orient »). Le scepticisme est général, et on est loin des illusions qui avaient accompagné le sommet d’Annapolis, en 2007, qui prévoyait la création d’un Etat palestinien avant la fin 2008. Seuls les protagonistes du sommet qui s’ouvre le 2 septembre à Washington veulent faire semblant d’y croire et ils ont tous de bonnes raisons pour cela :

— Le roi Abdallah II de Jordanie et le président égyptien Hosni Moubarak, parce qu’ils ont besoin de faire croire à leurs opinions sceptiques que l’on avance vers la paix, au moment même où leur pratique autoritaire vise à empêcher tout débat et toute avancée de l’opposition dans les deux scrutins qui se dérouleront en Egypte et en Jordanie en novembre.

— Le président Obama, qui n’a pas tenu les promesses de son discours du Caire du 4 juin 2009 et qui, engagé dans un conflit difficile au Proche-Orient, veut rassurer ses alliés arabes sans déplaire à son allié israélien.

— L’Union européenne, trop lâche pour définir une politique innovante, qui veut simplement faire croire que les centaines de millions d’euros déversés sur l’Autorité palestinienne servent à autre chose qu’à financer l’occupation.

— Le président Mahmoud Abbas, dont la légitimité est de plus en plus contestée, y compris parmi les siens, et qui veut montrer que son choix d’une négociation peut porter ses fruits. D’autant qu’il n’a pas vraiment le choix, puisque tout l’appareil de l’Autorité palestinienne dépend de la manne internationale : des dizaines de milliers de fonctionnaires vivent grâce à cet argent. Et tant pis pour les Palestiniens qui critiquent la reprise des négociations : ils n’ont même pas le droit de s’exprimer, comme le confirme Benjamin Barthe dans le quotidien Le Monde du 27 août (« L’autorité palestinienne censure les opposants aux négociations avec Israël », article qui n’est pas en accès libre sur le site LeMonde.fr). Il n’y a pas que le Hamas pour avoir des pratiques autoritaires, mais celles de « nos » alliés ne nous gênent pas.

— Le premier ministre israélien Nétanyahou, qui a obtenu ce qu’il voulait, des négociations sans conditions préalables, c’est-à-dire avec la poursuite de la colonisation, notamment à Jérusalem-Est (et ailleurs, comme le prouvent toutes les études sur le terrain), avec la démolition des maisons palestiniennes. Ou, dit autrement, avec les mots d’Akiva Eldar dans le quotidien Haaretz du 23 août (« With a victory like this… »), ces négociations s’ouvrent avec des conditions préalables : celles dictées par Israël.

Ceux qui pensent que la paix est pour demain, qu’un Etat palestinien est en construction, devraient lire un autre article de Benjamin Barthe, « A Ramallah, l’impossible réforme de la poste », dans Le Monde daté du 1er septembre : de l’impossibilité de bâtir un Etat sous occupation. Et aussi, jeter un regard sur cette carte, conçue par Julien Bousac et publiée par Le Monde diplomatique, « L’Archipel de la Palestine orientale ». Un archipel peut-il être un territoire continu ?

Pour résumer l’esprit de la réunion de Washington, il faut rappeler une anecdote que l’on racontait en Union soviétique dans les dernières années de la période de Brejnev :

En 1918, un train dans lequel Lénine est installé est bloqué par la neige. Lénine descend du train, fait un discours sur le prolétariat et la révolution mondiale, mobilise tous les voyageurs qui dégagent la voie, et le train repart.

En 1936, un train dans lequel Staline est installé est bloqué par la neige. Staline descend du train, fait fusiller quinze personnes au hasard et tous les voyageurs terrifiés se mobilisent et dégagent la voie. Le train repart.

En 1978, un train dans lequel Brejnev est installé est bloqué par la neige. Brejnev ne bouge pas. Ses conseillers le voient assis, bougeant simplement d’avant en arrière. L’un d’entre eux ose enfin lui demander pourquoi. Et Brejnev répond : « Faisons comme si le train avançait. »

A Washington, les protagonistes feront pareil. Comme si la paix était en marche…

Source

Collecte de dons pour les sans-abris (dont des demandeurs d’asile)


Heure
samedi · 10:00 – 14:00

Lieu Building de la Poste (Coin Bld Anspach – face aux galeries Anspach) Centre Monnaie à 1000 Bruxelles

Créé par :

En savoir plus
Au vu de la situation excessivement précaire des « sans-abris du WTC » (dont des familles avec enfants), des initiatives ont été prises ici et là pour
« soulager » le misérable quotidien de ces personnes. Depuis quelques jours, des livraisons de repas et de couvertures arrivent en masse sur les lieux et la distribution s’y fait de façon « improvisée ». Malgré le bel élan de générosité, cette démarche engendre parfois des tensio…ns entre certains occupants qui se plaignent d’être défavorisés par rapport à d’autres.

Afin de recenser les besoins urgents, de répartir les dons équitablement et d’éviter le gaspillage de nourriture, un collectif s’est constitué pour centraliser les donations et coordonner la distribution des colis en fonction des familles et de leurs besoins respectifs (cfr. recensement ci-dessous).

Un lieu pouvant contenir les produits non-périssables, vêtements, couvertures, tentes, sac de couchage, produits hygiéniques, sera accessible tous les samedis de 10h à 14h et ce, dès le 4 septembre prochain. Il s’agit du building de La Poste (Coin Bld Anspach – face aux galeries Anspach), Centre Monnaie à 1000 Bruxelles, lequel appartient à l’asbl « Unis Vers La Source Vive ». Cette organisation œuvre depuis plusieurs années en faveur des sans-abris (cfr.www.sourcevive.org).

Durant la semaine, une équipe assurera la réception de produits frais (boissons, fruits, plats, etc.) qui serviront à composer les repas journaliers prévus à 12h et à 18h. A cet effet, vous pouvez contacter Samira au 0485/969.837 pour tout dépôt de vivres.

Par ailleurs, une équipe s’est mobilisée pour assurer le suivi administratif, juridique et médical de ces personnes. A ce sujet, des médecins et des avocats se sont rendus sur place pour apporter une aide de première ligne.

Farida Tahar

Recensement des « Sans-abris du WTC » et de leurs besoins au 31 août 2010

Famille A : 6 personnes
Père : 32 ans
Mère : 27 ans
Enfants : 11 ans (fille), 9 ans, 7 ans (fille), 5 ans
Besoins : nourriture, produits hygiéniques, pharmacie.

Famille B : 2 personnes
Homme : 21 ans
Femme : 17 ans
Besoins : nourriture, produits hygiéniques, vêtements.

Famille C : 4 personnes
Père : 20 ans
Mère : 26 ans (enceinte de 4 mois)
Fille : 9 mois
Besoins : nourriture, vêtements, couvertures, produits hygiéniques

Famille D : 9 personnes
Père : 38 ans
Mère : 34 ans
Enfants : 15 ans (fille), 13 ans, 11 ans, 9 ans, 7 ans, 5 ans (fille), 2 ans.
Besoins : nourriture, vêtements, couvertures, produits hygiéniques.

Famille E : 2 personnes
Femme : 70 ans
Homme : 20 ans
Besoins : nourriture, vêtements, produits hygiéniques.

Famille F : 4 personnes
Mère : 32 ans
Enfants : 13 ans, 3 ans (fille), 2 ans.
Besoins : nourriture, produits hygiéniques, tente, couvertures, vêtements.

Famille G : 5 personnes
Femme : 42 ans
Homme : 39 ans
Enfants : 13 ans (fille), 11 ans, 9 ans
Besoins : nourriture et produits hygiéniques.

Famille H : 2 personnes
Homme : 47 ans
Femme : 44 ans
Besoins : nourriture, produits hygiéniques, vêtements.

Famille I : 4 enfants
Père : 46 ans
Enfants : 15 ans, 13 ans, 6 ans (fille).
Besoins : nourriture, produits hygiéniques, vêtements, tente, couvertures.

Personnes isolées : 15 hommes âgés entre 20 et 35 ans
Besoins : nourriture, vêtements et couvertures.

Les Brigades Ezzedeen Al-Qassam revendiquent l’opération de la résistance en Cisjordanie occupée


mercredi 1er septembre 2010

D’après Ma’an et Al-Qassam

Quatre colons israéliens ont été tués ce mardi soir dans les territoires occupés de Cisjordanie, selon l’armée israélienne.

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Des Palestiniens armés ont ouvert le feu sur une voiture roulant à l’est de la colonie illégale [elles sont toutes illégales par définition – N.d.T] de Kiryat Arba, près d’Hébron à 18h30, d’après les responsables de l’armée. Les victimes étaient de la même famille et il y aurait une femme enceinte, toujours d’après l’armée israélienne.

Les forces israéliennes immédiatement bouclé le village de Bani Naim et toutes les routes menant dans et hors Hébron, nous dit le correspondant de Ma’an. Selon des témoins, des suspects ont été placés en détention.

Un groupe palestinien se faisant appeler les Brigades Al-Haq (« Le Droit » ou « La raison ») a revendiqué la responsabilité de l’attaque. Dans une déclaration à Ma’an, Al-Haq a déclaré que ses militants se sont ensuite enfuis sans problème. L’attaque est une réponse à la décision de l’OLP de reprendre les négociations directes avec Israël, selon le communiqué. L’attaque est intervenue quelques heures après que 10 colons armés aient ouvert le feu sur trois adolescents palestiniens alors qu’ils étaient sur leurs terres dans le village de Deir Istiya, dans le district de Salfit, ajoute le communiqué. Il n’avait pas été fait état de blessures.

Le Hamas a salué l’attaque de Kiryat Arba, mais ne revendique pas de participation.

L’opération a été « une réponse naturelle aux crimes de l’occupation » et « est la preuve de l’échec de la coordination sécuritaire » entre Israël et l’Autorité palestinienne, a déclaré à l’agence Reuters le porte-parole du Hamas, Abou Zouhri. Néanmoins, les forces de sécurité palestiniennes et israéliennes ont ouvert une enquête conjointe, signale le site israélien Ynet. Un responsable de la sécurité palestinienne a déclaré à Ynet que le Hamas pourrait être responsable de l’attaque.

L’opération semble avoir été planifiée de façon à perturber la reprise des négociations entre Israël et l’OLP, fixée au 2 septembre à Washington.

Americans for Peace Now, un groupe basé à Washington et qui s’oppose aux colonies, a condamné l’attaque. « L’attaque d’aujourd’hui est un acte insensé de violence dont le but est susceptible de faire dérailler les pourparlers de paix qui doivent débuter à Washington, » a déclaré sa directrice, Debra DeLee, dans un communiqué. « Il y a sans aucun doute des gens intéressés à forcer les Israéliens et les Palestiniens à repousser les négociations en faveur de la poursuite du conflit. Ils ne faut pas qu’ils y parviennent » », a-t-elle ajouté.

Les Brigades Ezzedeen Al Qassam revendiquent la responsabilité de l’attaque

Des militants des Brigades Ezzedeen Al Qassam en Cisjordanie ont ouvert le feu sur une voiture roulant à l’est de la colonie illégale de Kiryat Arba, près d’Hébron à 18 heures 30.

Dans une déclaration distribuée par les Brigades sur leur site internet a été confirmé que « cette opération fait partie des opérations pour répondre aux agressions des troupes d’occupation contre la bande de Gaza et la Cisjordanie, et est en réponse à l’agression continue contre le peuple palestinien. »

L’opération est intervenue quelques heures après que 10 colons armés aient ouvert le feu sur trois adolescents palestiniens dans le village de Deir Istiya dans le district de Salfit.

Le Hamas, mouvement de la résistance islamique, a salué « l’héroïque » opération.

L’armée sioniste déclare dans un communiqué qu’elle est actuellement « en train de fouiller la zone à la recherche des responsables. »

Communiqué des Brigades Ezzedeen Al-Qassam

1° septembre 2010 – Ma’an News Agency – Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.maannews.net/eng/ViewDet…

Traduction : Info-Palestine.net
http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9334

fipsouk



Créé il y a 7 ans, notre projet de Soutien à l’Indépendance Économique du peuple palestinien avance. Nous franchissons maintenant une nouvelle étape, la séparation de l’activité marchande de celle de promotion de l’identité du peuple palestinien.

Pour réaliser cette évolution, deux sites internet distincts peuvent être consultés:
www.fipsouk.fr pour vos achats de produits exclusivement palestiniens
www.philistin.fr pour mieux connaitre la société, la culture, l’économie, le patrimoine palestinien

L’originalité de notre objectif qui nous distingue de tout autre projet, est de montrer l’existence par le Sumud du peuple palestinien : son patrimoine, sa production, son savoir faire et sa culture.

Afin de réaliser ces deux projets (indépendance économique et existence du patrimoine palestinien) nous avons décidé de ne parler volontairement que de Palestine et de Palestiniens en ignorant les exactions de la machine coloniale occidentale. Nombreuses sont les associations, comités de soutien ou sites internet se chargeant de la dénonciation du viol permanent du droit par l’occupant et du combat politique à mener qui en résulte.

En sept ans nous avons appris grâce à une collaboration étroite avec nos partenaires en Palestine, qu’ils sont les premiers détenteurs de leur droit d’expression. Un des témoins de leur expression est leur production, les produits palestiniens qui voyagent à travers le monde en général et en particulier en France  pour ce qui nous concerne, sont les ambassadeurs et les preuves de l’existence et de leur résistance depuis plus de 60 ans.

Leur indépendance passe par une indépendance économique libérée des aides internationales « qui ne sert qu’à calmer nos douleurs » (citation dans le film Terre de Sumud de Mohsen).

Sans attendre le projet pervers de Paix Économique (voir Tribune publiée dans Politis n°1099, du 22 au 28 avril), nous travaillons avec des artisans, agriculteurs et industriels libres de toute subvention depuis août 2003. Ainsi leur production ne dépend pas de l’aumône internationale, organisée par certaines ONG qui prennent le relai des agents occidentaux (même si nous ne nions pas que leur travail a aussi son importance aux yeux des palestiniens) : pour nos partenaires, il n’est simplement pas question d’annihiler leur savoir faire et leur patrimoine par une dépendance endémique à l’aide internationale ; et nous partageons cette vision qui s’inscrit directement dans notre démarche de travailler exclusivement avec des producteurs indépendants (cf texte de la charte Philistin adoptée an juillet 2003).

Les changements pour vos commandes (associations, comités ou assimilés).

Vous  pouvez dès maintenant préparer vos commandes par internet sur notre site www.fipsouk.fr.

L’histoire du keffieh


21. août, 2010


Le keffieh est la coiffe traditionnelle des paysans et des Bédouins palestiniens. Il permettait de distinguer les citadins des ruraux. Le keffieh appartient à toute la population arabe de la péninsule arabique, d’Irak, de Jordanie, de Syrie, du Liban et bien sûr de Palestine. De la région appelée anciennement : Al-Hijaz, Al-Iraq, Al-Yaman, Accham et Filistin. Ensuite, cela s’est généralisé au point de devenir un élément de costume commun, à tous les bédouins et tous les paysans d’Arabie et du Moyen-Orient.

Fait de tissu, il servait originellement à masquer le visage pour se protéger du soleil et des tempêtes de sable. Il existe différents motifs et différentes couleurs qui varient du jaune au noir en passant par le rouge, le blanc et le vert.

Au cours du soulèvement populaire contre la présence britannique en Palestine, mené par Izz al Din al Qassam, à partir de 1936, le keffieh revêt alors une importance capitale pour les Arabes de Palestine. En effet, les révolutionnaires portaient alors le keffieh, qui leur servait à se protéger le visage et à ne pas être reconnu par les Britanniques. Mais cela les rendait bien évidemment plus repérables dans les villes et les arrestations se multipliaient, les porteurs du keffieh étant considérés comme résistants. C’est alors que toute la population fut appelée à porter le keffieh. Les citadins abandonnèrent la tarbouche (signe de distinction sociale) pour porter le keffieh, qui était, comme nous l’avons vu plus haut, une coiffe paysanne.

Il est aujourd’hui le symbole et l’emblème de la résistance palestinienne. Son port dans les pays européens par de jeunes européens leur permet de montrer leur solidarité politique avec les mouvements pro-palestiniens. Mais, soumis à un « effet de mode », il est souvent adopté par des personnes qui le portent sans même savoir quelles en sont les origines, significations, valeurs, …

http://www.philistin.fr/?p=341 

Le Boycott des dattes israéliennes pendant le Ramadan : une démarche éthique et un devoir religieux


Par Nabil Ennasri* et Mustafa Kastit**

Quelle surprise et même quelle honte ! La situation nous est apparue si scandaleuse qu’elle exige de notre part quelques précisions quant aux principes qui régissent l’éthique islamique. Aujourd’hui en France, de nombreux musulmans rompent leur jeûne avec des dattes provenant d’Israël. Commercialisées par des sociétés criminelles (comme la société israélienne agro-alimentaire Agrexco) et sous le label de marques provenant des colonies juives (Carmel, Jordan River etc), ces dattes ont, aussi bizarre que cela puisse paraître, pignon sur rue dans les étalages des commerces communautaires ainsi que chez de nombreux “épiciers arabes“.

La situation est à son comble en Languedoc-Roussillon – région qui a pourtant vu naître la mobilisation contre l’installation de la société israélienne Agrexco dans le port de Sète*1 – où certains commerçants n’ont pas hésité à disposer à la vente des dattes provenant de la société… Agrexco ! Nombreux sont donc les musulmans qui, en cette période de Ramadan, achètent des dattes en provenance des colonies israéliennes. Reconnaissables à leur forme (elles sont en général plus grosses que les dattes provenant du Maghreb) et à leur goût, la présence de ces dattes auprès des commerces communautaires n’en constituent pas moins un scandale.

Cette situation hallucinante mérite des clarifications quant au fait d’acheter et de consommer des produits en provenance d’un Etat (Israël), dont les massacres récents, la politique coloniale et les méthodes sanglantes ne sont un secret pour personne et ont clairement été mis à l’index par les organisations de défense des droits de l’homme*2.

Aussi, l’objectif de ce texte est clair : il s’agira pour nous de rappeler le caractère illicite, au regard de la loi islamique, de la consommation de produits israéliens et particulièrement ceux provenant des colonies. Car l’heure est grave : alors que le mois du Ramadan bat son plein – mois de partage, de recueillement et de communion spirituelle à travers la Oumma – et qu’il est observé en France par des millions de musulmans, il est quand même consternant et affligeant de voir les dattes israéliennes envahir les marchés et épiceries de nombreux quartiers populaires.

Rappelons d’abord les règles qui guident les principes islamiques. La promotion du droit, de la justice, de la dignité humaine, de même que la défense de l’opprimé, l’assistance aux pauvres et aux déshérités constituent des points cardinaux de l’éthique islamique. La vie du Prophète Mohamed (Saw) est à ce titre exemplaire : symbole de bonté et d’humanité, il était constamment au service des hommes. Une célèbre tradition prophétique nous rapporte que « le meilleur des hommes est le plus utile à ses semblables »*3.

*1 Sur la mobilisation contre l’installation de la société israélienne Agrexco dans le port de Sète, voir le site internet de la Coalition contre Agrexco, http://www.coalitioncontreagrexco.com/. Cette coalition a connu un succès rapide et est désormais composé de près de 90 associations, organisations, syndicats et partis politiques. Cf. aussi le reportage de la chaîne Al Jazeera à l’occasion de la manifestation régionale contre Agrexco le 25 juin 2009 à Montpellier ? disponible sur le blog du Collectif Resistance 30 de Nîmes, http://resistances30.skyrock.com/.
*2 Cf. Le rapport accablant d’Amnesty International sur l’offensive israélienne à Gaza de janvier 2009. Cette même organisation avait déjà accusé Israël d’avoir commis des « crimes de guerre » lors de la guerre du Liban à l’été 2006. Cf. Gaza : 22 jours de mort et de destruction, rapport d’Amnesty International disponible sur le site de l’organisation, www.amnesty.fr et Amnesty International dénonce les « crimes de guerre » commis par l’armée israélienne au Liban, Le Monde, 23 Août 2006.
*3 Hadith considéré comme hassan (fiable) et rapporté par Al-Qudâ’y, Ibn ‘Assâkir et d’autres d’après le compagnon Jâbir.

Cette bienfaisance devait se voir naturellement intensifiée pendant le mois de Ramadan. Ibn ‘Abbâs rapporte : « Le messager de Dieu était l’homme le plus généreux, et il l’était davantage pendant le Ramadan, quand il recevait (l’archange) Gabriel. Gabriel lui rendait visite chaque nuit de Ramadan, et ce jusqu’à la fin de ce mois durant lequel le prophète lui récitait le Coran. Lorsque Gabriel rencontrait le Prophète, celui-ci se montrait plus généreux que le vent amenant la pluie. »*4.

En plus de ces valeurs d’humanité, l’islam fait de la fraternité et de la communion spirituelle entre les croyants une nécessité vitale. Après l’Hégire de La Mecque vers Médine, le Prophète Mohamed (Saw) fonda la nouvelle société sur trois piliers : la construction de la mosquée (lieu fédérateur par excellence), la fraternité entre les Ansars et les Mohajirines*5 et la Déclaration de Médine (ou Constitution de Médine).

Il est intéressant de noter qu’immédiatement après avoir posé les bases de la mosquée, le Prophète a fait de la solidarité et de la fraternité entre les musulmans une règle d’or, véritable socle sur lequel reposerait la nouvelle société qui venait de s’établir à Médine*6. Cette notion de fraternité est si prégnante chez les musulmans que l’islam considère ses adeptes comme tenant d’une même famille. Le Coran nous enseigne d’ailleurs : « Les croyants ne sont que des frères. Etablissez la concorde entre vos frères, et craignez Dieu, afin qu’on vous fasse miséricorde »*7.

Dans ce cadre, il ne fait aucun doute que la Oumma, au sens de communauté spirituelle mondiale, n’est pas insensible aux malheurs et à l’injustice qui frappent les musulmans de Palestine, d’Irak, de Tchétchénie ou du Soudan – et plus largement du monde. Et ce sentiment d’appartenance à une même communauté de foi se manifeste de la manière la plus éclatante pendant le mois de Ramadan.

Nous profitons donc de ce mois sacré pour lancer un appel aux musulmans de France et d’Europe. Il leur faut tout mettre en oeuvre, par voie pacifique, pour contribuer à mettre un terme à l’une des injustices les plus longues de l’histoire contemporaine. Israël se considérant constamment au dessus du droit et la communauté internationale étant incapable de forcer l’Etat hébreu à appliquer les résolutions internationales, il appartient désormais aux peuples et aux citoyens de la planète d’agir pour la défense et le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Initiée par de nombreuses associations palestiniennes issues de la société civile palestinienne et soutenue par plusieurs prix Nobel de la Paix, l’arme du boycott est aujourd’hui l’un des moyens les plus efficaces pour contraindre Israël à se plier au droit international*8.

En ce sens, les musulmans d’Occident ont une responsabilité historique à mettre en pratique ce boycott et ce, à tous les niveaux et notamment dans le domaine économique. Plus qu’une responsabilité, c’est un devoir et nous allons ici en détailler les motivations.

*4 Hadith rapporté par Bukhâri et Muslim.
*5 Les Ansars étaient les habitants de Médine ayant adopté la nouvelle foi tandis que les Mohajirines représentaient les Mecquois ayant quitté La Mecque en compagnie du Prophète (Saw).
*6 Cf. l’ouvrage en arabe « Fiqh As Sira An Nabawiyya » (Fiqh de la Biographie du Prophète Mohamed), Dr Saïd Ramadan Al Bouti, Dar As Salam, Damas, Syrie. Saïd Ramadan Al Bouti figure parmi les savants musulmans les plus réputés de l’époque contemporaine.
*7 Coran, Sourate 49 : Les appartements (Al-Hujurat), Verset 10.
*8 171 associations palestiniennes ont lancé, en juillet 2005, l’appel BDS (Boycott-Désinvestissement-

Sanction). A l’instar du boycott du régime d’Apartheid d’Afrique du Sud dans les années 1980, l’objectif de cette campagne est de susciter une dynamique de Boycott à l’égard de l’Etat d’Israël pour le contraindre à appliquer le droit international. Cf. http://www.bdsmovement.net/.

Par conséquent et au regard de la situation actuelle, il nous apparait primordial de rappeler que l’éthique du musulman devrait lui interdire de consommer des produits provenant de l’Etat d’Israël. En ce sens, nous appelons les musulmans d’Europe à souscrire aux recommandations émises par l’Union Mondiale des Oulémas au sujet de la solidarité que doivent témoigner les musulmans du monde à l’égard du peuple palestinien. Nous affirmons cela sur la base de l’avis juridique (Fatwa) émis le 31 décembre 2008 par l’Union Mondiale des ‘Oulémas, association qui regroupe des dizaines de personnalités religieuses et de savants provenant de nombreux pays musulmans comme l’Arabie Saoudite, le Qatar, l’Indonésie, le Maroc, la Jordanie etc. et présidée par le Cheikh Youssouf Al Qardawi. D’après cet avis juridique, promulgué en plein carnage à Gaza, « Il incombe à la Oumma toute entière de soutenir et de venir en aide au peuple de Gaza, victime de la barbarie israélienne. Cet édit religieux (hukm shar’i) est valable pour tous les musulmans de la planète sans exception et s’adresse autant aux gouverneurs qu’aux peuples. (…) Car la Oumma est à l’image d’un seul corps, si un membre se plaint, c’est tout le corps qui souffre. En effet, les croyants sont frères et l’agression infligée à l’un d’eux devient une. ».

Dans ce même texte, les savants musulmans mettaient l’accent sur le boycott des produits israéliens comme moyen de lutter contre l’impunité et l’agression israélienne : « Nous appelons à faire revivre la dynamique du boycott économique à l’égard des produits israéliens et même américains. C’est l’un des moyens les plus efficaces et l’une des armes les plus redoutables pour venir à bout de l’agresseur. Car chaque centime dépensé dans ces produits se transformera en balle qui finira par se loger dans le corps de l’un de nos frères »*9.

Cet appel au boycott d’Israël émis en janvier dernier a depuis été rappelé à de nombreuses reprises. Il apparaît donc important pour nous d’affirmer que ce boycott ne relève pas simplement du choix. Au regard de ce qui précède, nous pouvons soutenir que le boycott des produits israéliens relève non seulement d’une démarche éthique, d’un acte citoyen mais également du devoir religieux. Cette attitude devrait, pour les musulmans, s’intensifier pendant le mois de Ramadan, période propice à la compassion et à la solidarité. En effet, jamais la situation du peuple palestinien n’aura été si tragique.

Alors qu’Israël est gouverné depuis plus de six mois par un gouvernement d’extrême droite, la population palestinienne n’en finit plus de croupir dans des conditions insoutenables. Le peuple de Gaza souffre toujours d’un blocus criminel et abject qui maintient près d’un million et demi de personnes dans des conditions épouvantables.
Même la mosquée Al Aqsa fait aujourd’hui l’objet d’assauts répétés de colons fanatiques et les fouilles entreprises par les gouvernements israéliens depuis quelques années vont jusqu’à menacer les fondations du Troisième lieu saint de l’Islam*10. Comment donc en cette période de Ramadan, moment intense de recueillement où nos pensés et invocations devraient être destinées à ce peuple martyr, consommer des produits d’un Etat criminel qui – dernier avatar d’une longue série d’agissements sanglants – vient de se rendre coupable d’un abominable trafic d’organes prélevés sur le corps de Palestiniens ?*11
Comment pourrait-on rompre son jeûne avec des dattes issues d’un pays sur lequel plane des accusations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité et commercialisés par des sociétés (Agrexco-Carmel) qui sont le bras armé de la colonisation israélienne en Cisjordanie et à Jérusalem-Est ? Est-ce qu’il est logique et cohérent à ce que des musulmans puissent, pendant le Ramadan, participer financièrement à la colonisation israélienne et contribuer ainsi à faire perdurer le cauchemar palestinien ?

*9 La traduction de cet avis juridique (Fatwa) est disponible à l’adresse suivante : http://www.tariqramadan.com/spip.php?article10523 : « L’Union mondiale des ‘Oulémas appelle au soutien à la résistance », Ennari Nabil, 14 janvier 2009.

*10 Cf. à ce sujet La mosquée Al Aqsa est en danger !, Ennasri Nabil, www.oumma.com, 12 Août 2009. Cf. également l’émission Bila Houdoud d’Al Jazeera, diffusée le 25 Août 2009 et consacrée en partie aux menaces de destruction de la mosquée Al Aqsa.
*11 Un journal suédois accuse l’armée israélienne de trafic d’organes de Palestiniens, Le Monde, 24 Août 2009 et Israël accusé de trafic d’organes, Hicham Hamza, www.oumma.com, 24 Août 2009.

Il faut donc dire et répéter aux citoyens européens de confession musulmane (notamment ceux de France et de Belgique) que la consommation de dattes israéliennes est comme une insulte proférée à l’égard du peuple palestinien. On ne peut concevoir que le mois de Ramadan soit une occasion pour les colonies juives de voir leur production s’écouler auprès des consommateurs musulmans occidentaux surtout lorsqu’on se rappelle que le Prophète Mohamed (Saw) lui-même utilisa cet arme lors de l’embargo décrété contre Qoraysh par l’entremise de la tribu Banu Hanifa*12.

Consommer des dattes israéliennes est donc illicite pour qui entend vivre conformément à l’éthique du musulman. Cet appel que nous lançons aujourd’hui rejoint pleinement celui lancé par la campagne BDS pour qui le boycott est une prise de position pacifique et citoyenne. En effet, les solidarités qui composent le mouvement de soutien à la cause palestinienne sont plurielles et complémentaires et c’est cette dynamique prometteuse qui permettra de mettre en branle une campagne internationale de boycott de l’Etat d’Israël, dont les premiers succès apparaissent déjà*13.

Comme ce fut le cas pour le régime d’Apartheid en Afrique du Sud, il faut désormais contraindre Israël à cesser son occupation et son entreprise de colonisation des territoires palestiniens. Notre démarche rejoint d’ailleurs celle soutenue par d’autres autorités religieuse non-musulmanes. En visite en Palestine, l’archevêque sud-africain Desmond Tutu, ancien prix Nobel de la Paix et figure emblématique de la lutte contre l’Apartheid, a récemment soutenu au quotidien israélien Ha’aretz qu’il était « nécessaire de frapper le régime d’apartheid [israélien] au portefeuille, comme cela a été le cas en Afrique du Sud avec l’embargo sur les armes et le boycott économique. »*14

*12 Episode de la Sîra du Prophète (Saw) rapporté par Al Bûkhari ainsi que par Muslim d’après Abou Hourayra. Les Banu Hanifa (tribu de la région Al-Yamâma au Yémen) coupèrent tout approvisionnement en direction des Qorayshites et ce, en raison de leur hostilité envers la nouvelle religion.

*13 Israël est-il menacé par une campagne de désinvestissement ? Willy Jackson, Le Monde diplomatique, Septembre 2009 et Veolia s’apprête à se désengager du tramway de Jérusalem, Le Monde, 10 juin 2009.
*14 Cf. http://www.haaretz.co.il/hasen/spages/1110762.html

*Ennasri Nabil est Diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence, est actuellement étudiant en théologie musulmane à l’Institut européen des sciences humaines de Château-Chinon. Il a séjourné dans plusieurs pays du Golfe (Qatar, Emirats Arabes Unis). Son mémoire « Le champ politico-religieux du Qatar : une vision estudiantine » obtenu en vue de la validation du Master II (Recherche) « Politique Comparée » à été rédigé sous la direction du professeur François Burgat. Il est également membre du Collectif des Musulmans de France.

**Mustafa Kastit est théologien et licencié de la Faculté du Hadith et des Etudes Islamiques de l’Université islamique de Médine. Il est actuellement enseignant et conférencier.

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