Des eurodéputés refoulés de Gaza


12 janvier 2009

dimanche 11 janvier 2009, 18:52
Une délégation de neuf parlementaires européens, dont la Belge Véronique De Keyser (PS), a réussi à s’introduire dans la bande de Gaza avant d’être refoulée. L’eurodéputée socialiste parle d’un « véritable massacre, une boucherie ».

Neuf parlementaires européens ont été refoulés ce dimanche de la bande de Gaza vers le territoire égyptien, a indiqué l’eurodéputée belge Véronique De Keyser (PS), qui faisait partie de la délégation.

Ces eurodéputés étaient les premiers parlementaires occidentaux à avoir pu entrer dans la bande de Gaza, cible depuis le 27 décembre d’une offensive israélienne visant à détruire le mouvement islamiste Hamas.

« La délégation vient d’être refoulée sur le territoire égyptien et est abritée dans un bâtiment à une centaine de mètres des hostilités », a indiqué la parlementaire belge

« Les bombardements sont incessants et d’une rare violence, c’est un véritable massacre, une boucherie ! On ne peut rester sans rien dire et sans dénoncer vivement le non-respect de la convention de Genève car au moment où je vous parle, les bombardements sévissent en pleine ville et tuent impunément les civils », a-t-elle ajouté.

Cette délégation avait l’intention d’entrer dans le territoire palestinien à partir du point de passage de Rafah, entre l’Egypte et la bande de Gaza, pour « collecter des informations sur la situation sur place », sous la conduite de la députée Verte française Hélène Flautre, présidente de la sous-commission des droits de l’Homme du Parlement européen. Elle compte neuf membres représentant les principaux groupes politiques du Parlement, à l’exception des conservateurs du Parti populaire européen (PPE).

(belga)

Véronique De Keyser témoigne par téléphone.

Posté par MCPalestine

Le Hamas sort-il renforcé de l’offensive israélienne ?



LEMONDE.FR
| 09.01.09 | 13h13 • Mis à jour le 09.01.09 | 15h53

Dans un chat au Monde.fr, Jean-François Legrain, chercheur au CNRS, spécialiste du Proche-Orient, estime que le Hamas va dorénavant incarner l’identité nationale palestinienne.

Robert1 : Sur quels critères peut-on parler d’affaiblissement du Hamas, militaires, politiques… ? Comment pourra-t-on déterminer qui a « gagné » ?

Jean-François Legrain : La réponse est liée à l’identité du Hamas. Dans le domaine militaire, il y aura évidemment un échec du fait de la disproportion des forces en présence. Mais le militaire n’a jamais été essentiel pour le Hamas. Il n’a pas été élu pour libérer la Palestine. Du point de vue diplomatique, il y a également échec, puisque absence de négociations. Mais le Hamas n’a pas été élu pour négocier avec Israël. L’échec diplomatique a eu des conséquences économiques extrêmement graves pour la bande de Gaza, et cet échec pourra en effet lui être reproché par certains.

Mais la victoire est, elle, incontestable au niveau de la dignité des Palestiniens et de leur résistance à faire triompher leur identité.

Gex : Israël a-t-il d’autres objectifs que d’affaiblir le Hamas ?

Jean-François Legrain : La guerre de Gaza est une guerre à multiples détentes. Le premier objectif, partagé de facto par la communauté internationale et bon nombre d’Etats arabes, est d’interdire toute future victoire démocratique d’un parti islamiste.

Mais l’instrumentalisation par le gouvernement israélien de la lutte contre le « terrorisme islamique » vise à un deuxième niveau qui, lui, n’est pas nécessairement partagé par la communauté internationale et les Etats arabes : détruire l’infrastructure nationale palestinienne et toute institutionnalisation de l’identité nationale.

Remy : La bande de Gaza est étonnamment bien armée. D’où viennent les armes ?

Jean-François Legrain : Le surarmement de la bande de Gaza est en fait un effet de communication initié par le gouvernement israélien, qui affirmait que Hamas possédait des missiles Stinger et des missiles antichars en quantité. Jusqu’à présent, de telles armes n’ont pas été utilisées.

Il faut se rappeler 1990, quand l’armée irakienne avait été présentée par la coalition comme la troisième armée au monde, ou, plus récemment, les accusations portées contre l’Irak détenteur d’armes de destruction massive. Tout cela n’est fait que pour justifier une intervention et faire passer l’agresseur pour la victime.

Macoco : De telles armes, non, mais des roquettes sont quand même tirées sur Sderot. La nature des armes est-elle vraiment le problème essentiel ?

Jean-François Legrain : La nature des armes n’a jamais été le point essentiel, car la justification de l’intervention à Gaza par les tirs de roquettes et le non-renouvellement de la trêve est un simple argument de communication de la part du gouvernement israélien.

En réalité, durant les cinq premiers mois de la trêve, le Hamas s’est abstenu de tirer des roquettes sur le sud d’Israël. Les statistiques de l’armée israélienne en la matière sont très claires. En lançant une opération armée à l’intérieur même de la bande de Gaza début novembre, Israël savait qu’il relançait les tirs de roquettes et que, par là, il obtiendrait, par ce qui serait présenté comme une radicalisation de ses adversaires, la possibilité de mener sa guerre, voulue, contre le parti islamiste palestinien, et surtout contre le nationalisme palestinien.

Une fois de plus, Israël montre qu’il refuse d’envisager toute solution politique avec ses voisins palestiniens. Et nous retrouvons là la politique qui avait été clairement définie par Dov Weisglass, le principal conseiller d’Ariel Sharon, en 2005 : éviter tout processus politique en plongeant la communauté internationale dans le formol. Il s’agissait à l’époque de définir le retrait unilatéral de la bande de Gaza.

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Rappel : aujourd’hui 11 janvier, grande manif


Manifestation Nationale

Dimanche 11 janvier à 14h

Bruxelles – Gare du Midi

Stop aux massacres à Gaza ! Le silence tue !

Stop à l’embargo contre les Palestiniens

Stop à la violence contre tous les civils

Stop à l’impunité

Suspension des accords UE-Israël

Premières organisations signataires : 11.11.11, Aardewerk, ACW, Animo, Alliance for Freedom and Dignity, Amitiés et Fraternité Belgique–Irak, « Arbeitskomiitee gegen Krieg » der deutschsprachigen Gemeinschaft (DG), Artistes contre le Mur, Association Belgo-Palestinienne (ABP), Association Culturelle Joseph Jacquemotte (ACJJ), ATTAC Bruxelles, ATTAC Vlaanderen, ATTAC Wallonie-Bruxelles, August Vermeylenfonds, AWSA Belgique, Belagir asbl, Broederlijk Delen, BRussells Tribunal, Bureau des Etudiants Administrateurs de l’ULB (BEA), Centre Avec, Centre culturel arabe en pays de Liège, Centre Démocrate Humaniste (cdH), Christenen voor het Socialisme, Coordination Nationale d’Action pour la Paix et la Démocratie (CNAPD), Centre National de Coopération au Développement (CNCD–11.11.11), Coordinatie Boycot Israël (COBI), Composantes de la Communauté Arabe de Belgique (COCAB), CODIP, Collectif Présence Musulmane Belgique, Comac, Comité de Solidarité avec le Peuple Palestinien de Braine-l’Alleud, Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers-Monde (CADTM), Comité Surveillance Otan, Comité Verviers Palestine, Commission Justice et Paix, Communauté Palestinienne de Belgique, Dunes, ECOLO, Fédération bruxelloise des Jeunes socialistes (FBJS), Federatie van Marokkaanse Verenigingen, Fédération Islamique de Belgique (Turque), FGTB-ABVV, Fraternité asbl, Front populaire de Turquie (Halk Cephesi), FOS – Socialistische Solidariteit, Friends of the Earth Vlaanderen & Brussel, Gents Actieplatform Palestina, Génération Palestine, Greenpeace Belgium, Groen!, Groupe Palestine–Santé, Groupe Tchétchénie, Initiatief Cuba Socialista, Intal, Institutions et Associations musulmanes de Belgique, Jeunes FGTB, Jeunesse Musulmane de Mons, Jesjoeroen Jodendom tegen Zionisme, Käthe Kollwitz Vredesloop, KifKif, Kommunistische Partij Vlaanderen (KP), La clef asbl, Leuvens Actieplatform Palestina (LAP), Leuvens Comité Tegen Oorlog (LeCoTO), Ligue Communiste Révolutionnaire-Socialistische Arbeiderspartij (LCR-SAP), Ligue des Musulmans de Belgique, Ligue Islamique Interculturelle de Bruxelles, Links Ecologisch Forum (LEF), Luthiers Sans Frontières, Masereelfonds, Mosquées de Belgique, Mouvement Chrétien pour la Paix (MCP), Mouvement Citoyen Palestine (MCP), Mouvements de Femmes – 29 rue Blanche, Mouvement International de Réconciliation (MIR–IRG), Mouvement ouvrier Chrétien (MOC), Nouvelles Perspectives asbl, Oxfam Magasins du Monde, Oxfam Solidariteit-Solidarité, Oxfam Wereldwinkels, Parti Communiste Wallonie-Bruxelles (PC), Parti des Communistes Italiens (PDCI), Parti du Travail de Belgique – Partij van de Arbeid van België (PTB-PVDA), Parti Socialiste (PS), Parti Socialiste de Lutte – Linkse Socialistische Partij (PSL-LSP), Pax Christi Vlaanderen, Pax Christi Wallonie-Bruxelles, PJPO Ittre, PJPO Brabant Wallon, Présence et Action Culturelles (PAC), Réseau Femmes en noir Belgique, Secours Populaire Wallonie-Bruxelles, Service civil international (SCI), Service d’Information et de Formation sur l’Amérique latine (SEDIF), sociaal progressief alternatief (sp.a), sp.a jongeren, Solidarité mondiale, Solidarité Socialiste, t Uilekot, Une Autre Gauche (UAG), Union Communiste Bruxelloise (UCB), Union de Défense des Personnes sans papiers (UDEP), Union des Progressistes Juifs de Belgiques (UPJB), Union Liégeoise pour le Défense de la Paix, Victoria Deluxe, Vie Féminine, Vlaams Palestina Komitee, Vlaams Overleg Duurzame Ontwikkeling (VODO), Vrede vzw, Vredesactie, Vrouwen in ‘t Zwart, Wereldsolidariteit,

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Coordination et contact presse :

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Vrede vzw (NL) 09/233.46.88 vrede@vrede.be

Gaza 2009


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Ces jeunes Israéliens regardent avec curiosité et humour les bombardements de l’armée israélienne . On regarde à la jumelle , on rit , on s’appelle pour décrire le moment , mais ce n’est pas pour décrire les festivités du jour de l’an … C’est pour profiter du moment d’extermination de la population palestinienne !

Photos

Pappé/Chomsky : « Le champ du possible », entretiens


Frank Barat – Contreinfo

Noam Chomsky et Ilan Pappé sont deux intellectuels qui n’ont jamais hésité à nourrir de leurs vues la question israélo-palestinienne. Frank Barat les a interviewés et a croisé leurs réponses sur les derniers développements du conflit. La force de cet entretien, ce n’est pas tant l’analyse politique du conflit mais bien la volonté des deux auteurs de dégager des perspectives susceptibles de faire taire la guerre et d’en dégager un « champ du possible ».

Présentation de l’ouvrage par Frank Barat

Bien des gens se posent des questions sur le conflit israélo-palestinien sans pouvoir trouver de réponses. Ils entendent des choses très différentes et contradictoires et ont du mal à se faire un avis clair sur la situation.

C’est malheureusement aussi l’un des problèmes inhérent à ce conflit. Les contre-vérités, la manipulation des médias et la propagande des gouvernements posent un voile sur la réalité de la situation dans cette partie du monde empêchant ainsi les gens de s’impliquer et d’agir. J’ai donc voulu, en interviewant deux des auteurs les plus respectés et lus sur ce sujet – Noam Chomsky et Ilan Pappe – que chacun puisse se faire sa propre opinion sur des questions aussi variées que complexes.

J’ai envoyé les mêmes questions à Noam Chomsky et Ilan Pappe qui à aucun moment n’ont eu connaissance des réponses de l’autre. Ils en ont seulement pris connaissance au moment où les interviews ont été terminées.

Frank Barat est né en 1977 en France et réside depuis de nombreuses années au Royaume-Uni. Il milite au sein de différentes associations dont Palestine Solidarity Campaign London et Israeli Committee Against House Demolition UK. Également réalisateur d’un documentaire intitulé Nine Days in Palestine, il écrit régulièrement des articles pour Counterpunch.org, Zmag et The Palestine Chronicle.

Extrait

Frank Barat : Le terme apartheid est de plus en plus utilisé par les organisations non-gouvernementales pour décrire les actions israéliennes envers les Palestiniens (à Gaza, les TPO mais aussi en Israël même). La situation en Palestine et Israël est-elle comparable à l’apartheid en Afrique du Sud ?

Ilan Pappé : Il existe des points communs mais également des différences. L’histoire coloniale porte en elle de nombreux chapitres communs et certains aspects de l’apartheid se retrouvent dans la politique qu’Israël mène contre sa propre minorité palestinienne et contre les habitants des territoires occupés. Certains aspects de l’occupation sont malgré tout pires que la réalité de l’apartheid sud-africain et certains autres aspects dans le quotidien des citoyens palestiniens en Israël ne sont absolument pas comparables à ce que fut l’apartheid. Le point de comparaison essentiel est pour moi l’inspiration politique. Le mouvement anti-apartheid, l’ANC, les réseaux solidaires construits au fil des années en Occident, devraient inspirer une campagne pro-palestinienne plus précise et plus efficace. C’est pour cela que l’histoire de la lutte anti-apartheid doit être apprise plutôt que de s’appesantir à comparer le sionisme avec l’apartheid.

Noam Chomsky : Il ne peut y avoir de vraie réponse à cette question. Il existe des similarités et des différences. En Israël même, il y a de réelles discriminations mais on est très loin de l’apartheid de l’Afrique du sud. Dans les Territoires Occupés, l’histoire est tout autre. En 1997, j’ai prononcé un discours d’ouverture à l’Université Ben Gourion dans le cadre de l’anniversaire de la guerre de 1967. J’ai lu un paragraphe lié à l’histoire de l’Afrique du Sud. Aucun commentaire n’a été nécessaire.

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Bruxelles : Manifestation nationale contre les massacres de Gaza


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Comprendre la catastrophe de Gaza


source
jeudi 8 janvier 2009 – 06h:51

Richard Falk – The Huffington Post
Ce que ce contexte nous suggère avec force, c’est qu’Israël n’a pas lancé ses attaques dévastatrices, le 27 décembre, seulement pour arrêter les roquettes, ou en représailles, mais aussi pour toute une série de raisons non reconnues officiellement.

Le peuple de Gaza est gravement persécuté pour des raisons éloignées des questions de roquettes et de sécurité à la frontière…

Pendant 18 mois, l’ensemble du million et demi d’habitants de Gaza a été soumis à un blocus punitif imposé par Israël, et à de multiples et traumatisants défis à la normalité d’une vie quotidienne. Une lueur d’espoir était apparue il y a six mois quand une trêve négociée avec les Egyptiens a permis un réel cessez-le-feu qui a réduit les victimes israéliennes à zéro, malgré des tirs périodiques inoffensifs de roquettes artisanales tombant près du territoire israélien, et suscitant sans aucun doute une inquiétude dans la ville frontalière de Sderot. Pendant ce cessez-le-feu, la direction du Hamas à Gaza a proposé à maintes reprises de prolonger la trêve, proposant même une trêve pour une période de dix ans, et elle s’est déclarée réceptive pour une solution politique basée sur l’acceptation des frontières d’Israël de 1967. Israël a ignoré ses initiatives diplomatiques et n’a pas, de son côté, respecté l’accord de cessez-le-feu qui impliquait des assouplissements au blocus qui réduisait à une quantité infime les produits alimentaires, les médicaments et le carburant qui pouvaient entrer dans Gaza.

Israël a également refusé le visa de sortie à des étudiants détenteurs d’une bourse étrangère, à des journalistes gazaouis comme à des représentants estimés d’ONG. En même temps, Israël rendait de plus en plus difficile l’accès de Gaza aux journalistes, et j’ai moi-même été expulsé il y a quinze jours alors que je venais en Israël pour remplir ma mission d’observateur des Nations unies pour le respect des droits humains en Palestine occupée, c’est-à-dire, en Cisjordanie et Jérusalem-Est, ainsi qu’à Gaza. Il est clair qu’avant la crise en cours Israël a usé de son autorité pour empêcher des observateurs crédibles de rédiger des rapports justes et véridiques sur une situation humanitaire désespérée et déjà révélée, crise qui provoquait de graves dégradations dans les conditions physiques et la santé mentale de la population gazaouie, à noter plus particulièrement la malnutrition chez les enfants et l’absence d’établissements de soins pour ceux qui souffrent de diverses maladies. Les attaques israéliennes visaient déjà une société qui connaissait une situation grave après un blocus maintenu pendant 18 mois.

Comme toujours quand il s’agit d’un conflit sous-jacent, certains faits qui ont une incidence sur la crise actuelle restent flous et contestés, mais l’opinion américaine particulièrement reçoit des informations qui sont filtrées à 99% par des lentilles médiatiques pro-israéliennes. Le Hamas est accusé d’avoir rompu la trêve par son prétendu refus de la renouveler et la soi-disant intensification des tirs de roquettes. Mais la réalité est plus trouble. Il n’y a eu aucune attaque notable de roquettes depuis Gaza durant le cessez-le-feu jusqu’au jour où Israël a lancé une attaque, le 4 novembre dernier, prétendument dirigée contre des militants palestiniens dans Gaza, tuant plusieurs Palestiniens. C’est à ce moment-là que les tirs de roquettes depuis Gaza se sont intensifiés. Et encore, c’est le Hamas, et à de nombreuses occasions, qui a demandé publiquement à prolonger la trêve, des appels jamais entendus, et encore moins pris en compte, par la bureaucratie israélienne. Au-delà de cela, le fait d’imputer tous les tirs de roquettes au Hamas n’est pas davantage convaincant. Différentes milices indépendantes opèrent dans Gaza, certaines comme les Brigades des Martyrs d’al-Aqsa soutenues par le Fatah sont anti-Hamas et pourraient même envoyer des roquettes pour provoquer ou justifier des représailles israéliennes. Il est confirmé que lorsque le Fatah – soutenu par les USA – contrôlait les structures de direction de la bande de Gaza, il avait été incapable de faire cesser les attaques de roquettes malgré un effort concerté pour y parvenir.

Ce que ce contexte nous suggère avec force, c’est qu’Israël n’a pas lancé ses attaques dévastatrices, le 27 décembre, seulement pour arrêter les roquettes, ou en représailles, mais aussi pour toute une série de raisons non reconnues officiellement. Il était évident pendant les quelques semaines qui ont précédé les attaques israéliennes que les dirigeants militaires et politiques préparaient l’opinion à des opérations militaires d’envergure contre le Hamas.

Le moment des attaques semble avoir été provoqué par une série de considérations : par-dessus tout, l’intérêt des rivaux politiques en Israël, le ministre de la Défense Ehud Barak et la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, à montrer leur ténacité avant les élections nationales de février – qui seront peut-être reportées jusqu’à la fin des opérations militaires. De telles démonstrations de force par Israël ont déjà été une caractéristique des campagnes électorales israéliennes par le passé, mais plus spécialement encore cette fois-ci avec un gouvernement qui a été efficacement contesté par le politicien militariste notoire d’Israël, Benjamin Netanyahu, pour sa prétendue incapacité à assurer la sécurité. Renforcer ces motivations électorales, c’est ce que visaient les légères pressions discrètes venant des responsables militaires israéliens pour se saisir de l’occasion de Gaza, afin de faire oublier leur échec dans l’anéantissement du Hezbollah par la guerre dévastatrice du Liban en 2006, échec qui à la fois a terni la réputation d’Israël en tant que puissance militaire et a conduit à une large condamnation internationale d’Israël en raison des bombardements intenses de villages libanais sans défense, de l’usage disproportionné de la force et de celui, étendu, des bombes à sous-munitions sur des secteurs à forte population.

Des commentateurs israéliens, estimés et conservateurs, vont plus loin. Par exemple, pour l’éminent historien, Benny Morris écrivant dans le New York Times il y a quelques jours, la campagne sur Gaza se rapporte à un stade plus profond d’une appréhension qu’il compare à l’humeur sombre de l’opinion qui a précédé la guerre de 1967, quand les Israéliens se sentaient sérieusement menacés par la mobilisation arabe à leurs frontières. Morris souligne que malgré la prospérité israélienne de ces dernières années et une relative sécurité, plusieurs facteurs ont conduit Israël à agir hardiment dans Gaza : la perception d’un refus persistant du monde arabe à accepter l’existence d’Israël comme une réalité établie, les menaces incendiaires proférées par Mahmoud Ahmadinejad en même temps que la volonté supposée de l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire, la mémoire de l’Holocauste qui s’estompe combinée avec une sympathie grandissante en Occident pour la situation palestinienne, et la radicalisation de mouvements politiques à la frontière d’Israël sous la forme du Hezbollah et du Hamas. Effectivement, Morris prétend qu’Israël tente, en anéantissant le Hamas à Gaza, d’envoyer ce message plus large à toute la région, que rien ne l’arrêtera pour faire respecter ses prétentions à la souveraineté et à la sécurité.

Deux conclusions se dégagent : le peuple de Gaza est gravement persécuté pour des raisons éloignées des questions de roquettes et de sécurité à la frontière, il s’agit plutôt apparemment d’améliorer les chances électorales des dirigeants actuels confrontés à une défaite, et de faire savoir à d’autres dans la région qu’Israël usera d’une force écrasante dans le cas où ses intérêts seraient en jeu.

Qu’une telle catastrophe humaine puisse se produire avec un minimum d’intervention extérieure montre aussi la faiblesse du droit international et des Nations unies, comme elle montre les priorités géopolitiques des acteurs importants. Le soutien passif du gouvernement des Etats-Unis à Israël, quoi qu’il fasse, est aussi un élément critique, comme ce fut le cas en 2006 quant Israël a lancé son agression contre le Liban. Ce qui est moins évident, c’est que les principaux voisins arabes, l’Egypte, la Jordanie et l’Arabie saoudite, avec leur hostilité extrême envers le Hamas qu’ils estiment soutenu par l’Iran, leur principal rival, soient prêts également à se tenir à l’écart, alors que Gaza est si violemment agressée, certains diplomates arabes allant même jusqu’à imputer les attaques à la désunion palestinienne et au refus du Hamas d’accepter l’autorité de Mamoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne.

Les habitants de Gaza sont victimes de la géopolitique dans sa forme la plus inhumaine : aboutissant à ce qu’Israël lui-même appelle une « guerre totale » contre une société essentiellement sans défense, qui manque de toute capacité défensive militaire quelle qu’elle soit, et est totalement vulnérable face aux attaques israéliennes de bombardiers F-16 et d’hélicoptères Apache. Ce que cela signifie, c’est que la violation flagrante du droit humanitaire international, tel que stipulé par la Quatrième Convention de Genève, est tout doucement mise de côté pendant que le carnage se poursuit et que les cadavres s’empilent. De plus, cela veut dire que les Nations unies se révèlent une fois de plus impuissantes quand ses principaux membres n’ont pas la volonté politique de protéger un peuple soumis à l’usage illégal de la force à grande échelle.

En fin de compte, cela veut dire que l’opinion peut hurler et défiler à travers le monde, le meurtre va se poursuivre comme si de rien n’était. L’image qui nous est montrée de Gaza, jour après jour, est une image qui exige un engagement renouvelé pour le droit international et l’autorité de la Charte des Nations unies, à commencer ici aux Etats-Unis, et spécialement avec une nouvelle direction qui a promis des changements à ses citoyens, notamment une démarche moins militariste pour sa direction diplomatique.

Voir aussi : Le silence mortel des Arabes :

« Le 9 décembre, Falk a déclaré clairement et avec force : « Un effort urgent doit être fourni aux Nations unies pour mettre en œuvre la norme reconnue de la responsabilité de protéger une population civile qui est punie collectivement par des politiques qui s’assimilent à un crime contre l’humanité. » […]

Falk a également insisté pour que la Cour pénale internationale des Nations unies enquête sur le comportement et les actes d’Israël afin de « déterminer si les dirigeants politiques israéliens et les commandants militaires responsables du siège de Gaza, doivent être inculpés et poursuivis pour violations du droit pénal international. » »

Richard Falk est rapporteur spécial des Nations unies pour les droits de l’homme.
2 janvier 2009 – The Huffington Post – traduction : JPP

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