Solidarité avec Samer Issawi et tous les autres détenus palestiniens !


Rassemblement pour Samer Issawi et tous les autres détenus palestiniens !

Sur les marches de la Bourse à Bruxelles

 

vendredi 22 février 2013

 

http://alhittin.files.wordpress.com/2013/02/samer-issawi.jpg

Rassemblement pour Samer Issawi et tous les autres détenus palestiniens !

 

Sur les marches de la Bourse à Bruxelles

vendredi 22 février 2013

Aujourd’hui Samer ainsi que d’autres détenus palestiniens, arrivent à un seuil de fragilité quasi irréversible, nous devons absolument réagir avant qu’il ne soit trop tard !

Exigeons ensemble que la Belgique intervienne au niveau politique et diplomatique !

Soyons nombreux à participer au rassemblement à la Bourse, le vendredi 22 février de 16h à 18h.

Apportez vos panneaux qui porteront des slogans et messages !

 

    https://www.facebook.com/events/572504212779404/

Sur les marches de la Bourse à Bruxelles

vendredi 22 février 2013 de 16h à 18h.

Suivie de

Rencontre avec David CRONIN autour du livre  » Europe Israël : Une alliance contre-nature  »

Le Vendredi 22 février 2013 de 19h00 à 22h00

Rue du Chevreuil, 4 à 1000 Bruxelles

Info : 0476/84.19.69 et/ou info.egalite@gmail.com

Prix: 2 euro

Rendez-vous au local d’ ÉGALITÉ à partir de 18h30.

Samer Y’ssaoui à son 197ème jour de grève de la faim


mardi 5 février 2013, par La Rédaction

Le détenu Palestinien Samer Y’ssaoui, à son 197ème jour de grève de la faim, décide de ne plus boire, refuse de se soumettre aux examens médicaux et ne prend plus les médicaments prescrits.
« Sans eau, le coeur risque de lâcher à tout moment » lui a annoncé le médecin chargé de le suivre au centre médical carcéral de la prison israélienne de Ramleh.
(« Wafa », 05 février 2013)

source

Enfants palestiniens dans les prisons israéliennes


Près de 200 enfants palestiniens se trouvent actuellement dans les prisons israéliennes. Ils sont privés de certains droits de l’enfant, tels que le contact avec les parents, l’assistance d’un avocat au cours de l’interrogatoire et le droit de visite. Ceci après une arrestation effectuée souvent en pleine nuit et accompagnée fréquemment de violence verbale et physique, où les enfants sont emmenés menottés et les yeux bandés. Après des interrogatoires de plusieurs heures et ou des détentions dans une cellule d’isolement, un aveu est arraché par l’intimidation et les menaces (lire également http://www.addameer.org/etemplate.php?id=296 <http://www.addameer.org/etemplate.php?id=296> )


Pour protester contre les conditions d’arrestation et de détention, je vous invite à signer et diffuser la pétition de l’asbl Palestina Solidariteit adressée au ministre belge des Affaires étrangères Reynders et à Ahston  la haute représentante de l’Union Européenne pour les Affaires étrangères:
http://www.change.org/petitions/eu-high-representative-external-action-put-pressure-on-israel-to-respect-the-rights-of-children-in-captivity <http://www.change.org/petitions/eu-high-representative-external-action-put-pressure-on-israel-to-respect-the-rights-of-children-in-captivity>

Je vous remercie d’avance.

Rapport : « 4550 Palestiniens, dont 220 enfants, emprisonnés par Israël »


dimanche 19 août 2012 – 09h:30

Saed Bannoura – Imemc et Agences

Abdul-Nasser Farawna, chercheur palestinien et ancien prisonnier politique, rapporte qu’Israël détient actuellement en captivité 4550 Palestiniens, enfermés dans 17 prisons, centres de détention et centres d’interrogatoires, et il ajoute que 220 enfants palestiniens sont toujours emprisonnés par Israël.
(JPG)

(archives Palestinian Detainees Paltimes)

S’entretenant avec Maan News Agency, Farawna déclare que l’armée procède à des invasions et des arrestations sur une base quotidienne, et que les soldats enlèvent généralement une dizaine de Palestiniens chaque jour.

Farawna indique que 220 enfants sont en ce moment emprisonnés par Israël et confrontés à des violations permanentes, en plus de subir de mauvais traitements et de tortures durant leurs interrogatoires, les mêmes que ceux auxquels sont alors confrontés les détenus adultes.

Deux cent cinquante Palestiniens sont actuellement emprisonnés en vertu d’ordres de détention administrative, sans chefs d’accusation ni procès. Six Palestiniennes sont également détenues par Israël, notamment Lina Al-Jarbouni, des territoires de 1948. Al-Jarbouni a été faite prisonnière il y a plus de dix ans.

Israël détient également captifs 17 parlementaires démocratiquement élus et trois anciens ministres.

Selon Farawna, il y a une diminution notable du nombre de détenus en détention administrative illégale, il attribue ce fait aux grèves de la faim répétées par les prisonniers, pour protester contre les violations constantes à leur encontre, et contre la politique de détention administrative.

Le chercheur déclare en outre que des dizaines de prisonniers de différents pays arabes, principalement de Jordanie, Syrie et Égypte, sont toujours enfermés par Israël.

Farawna évoque ce prisonnier, Sidqi Al-Maqt, qui est l’un des plus anciens détenus palestiniens ; enlevé par Israël en août 1985, Al-Maqt est en prison depuis 27 ans, et il sera libéré le 25 août.

Concernant la ventilation géographique des détenus, Farawna dit que la grande majorité (82 %) des détenus sont de Cisjordanie, 10,3 % de la bande de Gaza, et 7,5 % de Jérusalem et des territoires de 1948.

Il déclare que 537 prisonniers ont été condamnés au moins à une perpétuité, et qu’ils sont 113 à être emprisonnés depuis avant la création de l’Autorité nationale palestinienne en 1994 ; ces détenus ont été condamnés à au moins 20 ans de prison et plus, 85 d’entre eux sont notamment condamnés à passer leur vie en prison, et 28 à plus de 25 ans, dont le détenu Karim Younis, du village d’Ar’ara dans les territoires de 1948, fait prisonnier en janvier 1983.

Bien qu’Israël ait rétabli les droits de visite pour les détenus de la bande de Gaza pour la première fois en cinq ans, 320 détenus gazaouis se voient toujours refusé leur droit à des visites.

Il est toujours refusé aux parents de milliers de détenus de Cisjordanie de rendre visite en raison de considérations de sécurité alléguées par les Israéliens.

18 août 2012 – IMEMC – traduction : JPP (source)

Mahmoud al-Sarsak a fait plier ses tortionnaires ! Il sera libre le 10 juillet prochain !


mardi 19 juin 2012 –

Ma’an News


Mahmoud al-Sarsak, en grève de la faim dans une prison israélienne depuis 92 jours, a accepté de recommencer à manger, suite à un accord qui verra sa libération le 10 juillet, a déclaré lundi son avocat.

(JPG)

Mahmoud al-Sarsak a réussi à faire plier ses geôliers sionistes. Les dirigeants du football palestiniens ont exhorté l’UEFA à éliminer Israël en tant que pays hôte de la coupe de l’UEFA en 2013, pour cause d’emprisonnement sans procès ni accusation de joueurs de l’équipe nationale palestinienne.

Mohammad Jaberein, a annoncé que al-Sarsak a signé un accord lors de sa visite au prisonnier ce lundi. Les autorités carcérales israéliennes ont demandé à al-Sarsak de manger quelque chose en leur présence pour ratifier l’accord, après quoi Mahmoud a pris un morceau de chocolat donné par son avocat, a encore dit Jaberein.

Une porte-parole israélien de l’administration pénitentiaire n’a pas pu être joint pour un commentaire.

Selon l’accord, Al-Sarsak se rendra dans un hôpital civil pour y être soigné ce mardi, mais le même jour, il retournera à la clinique de la prison de Ramle pour y rester jusqu’à sa libération qui interviendra le 10 Juillet, toujours selon l’avocat.

L’organisation Physicians for Human Rights – Israel estime cependant que la clinique n’est pas équipée pour traiter les grévistes de la faim à long terme ou pour gérer les risques pour la santé quand ils se remettent à manger, et elle a demandé le transfert des grévistes de la faim vers des installations civiles.

Le joueur de football, âgé de 25 ans et originaire de la bande de Gaza, est emprisonné par Israël sans inculpation ni jugement depuis juillet 2009.

Selon l’organisation de défense des prisonniers Addameer, al-Sarsak s’était d’abord vu proposer une libération au 22 août. Une offre faite plus tôt pour le libérer le 1° juillet en échange de la fin de sa grève de la faim a été retirée quand il a exigé que la transaction se fasse par écrit, a indiqué l’organisation.

Mahmoud al-Sarsak est la seule personne emprisonnée en vertu d’une « loi » israélienne sur les combattants illégaux, qui fait que les Palestiniens de Gaza peuvent être kidnappés et détenus pour une durée illimitée, sans inculpation ni jugement.

Al-Sarsak avait rejoint l’équipe de football locale dans son camp de réfugiés de Rafah au sud de Gaza à 14 ans, devenant à ce moment-là le plus jeune footballeur à jouer dans la Ligue A de la Palestine. Le milieu de terrain a attiré l’attention d’un entraîneur allemand alors qu’il jouait pour l’équipe nationale de Palestine en Norvège.

La première étape dans la progression de sa carrière était de jouer pour une équipe en Cisjordanie. Mais les forces israéliennes d’occupation l’ont kidnappé le 22 juillet 2009 au passage d’Erez à la frontière de la bande de Gaza assiégée, seule voie vers la Cisjordanie sous occupation.

Lire également :

-  Pas de coupe de l’UEFA au pays de l’Apartheid ! – 14 juillet 2012
-  La FIFA intervient en faveur de Mahmoud al-Sarsak – 13 juin 2012
-  Mahmoud al-Sarsak entre la vie et la mort – 13 juin 2012
-  Mahmoud Al-Sarsak peut mourir d’un instant à l’autre – 7 juin 2012
-  Liberté pour Mahmoud Sarsak, victime de la guerre que livre Israël au football palestinien – 5 juin 2012
-  Israël interdit à des médecins indépendants de visiter les grévistes de la faim – 1e juin 2012
-  Il faut sauver la vie de Mahmoud al-Sarsak, en grève de la faim depuis 73 jours – 31 mai 2012
-  Appel du père et des frères de Mahmoud Sarsak pour sauver sa vie ! – 29 mai 2012

18 juin 2012 – Ma’an News – Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.maannews.net/eng/ViewDet…
Traduction : Info-Palestine.net

Ne laissez pas mourir Mahmoud dans les geôles israéliennes


Pour la pétition allez sur :
http://www.avaaz.org/fr/petition/Ne_laissez_pas_mourir_Mahmoud_dans_les_geoles_israeliennes/?fxKoFab&pv=4

Cette pétition doit être validée par la Communauté Avaaz avant publication
Ne laissez pas mourir Mahmoud dans les geôles israéliennes
2,000
786

786 signatures. Atteignons 2,000

Pourquoi c’est important

Mahmoud Sarsak était capitaine de l’équipe nationale palestinienne de football. Capturé par Israeliens, il est depuis 3 ans en prison alors qu’il n’est poursuivi pour AUCUN délit (il est en « rétention administrative »). Le but : briser sa carrière et le moral de son peuple.
Après 80 jours de grève de la faim, il va mourir..La Fédération Française de football, à laquelle les membres d’Europalestine se sont adressés, a donné une fin de non-recevoir et conseillé de nous adresser au Ministre des Affaires étrangères, qui peut faire pression sur ses homologues Israélien, pour qu’ils sauvent ce jeune homme innocent.Signez et diffusez cette pétition à tous vos proches avant qu’il ne soit trop tard! Demandons à Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères d’exiger du gouvernement israélien qu’il mobilise sa diplomatie et sauve ce footballeur de 25 ans.

Appel urgent ! Mahmoud Sarsak est mourant !
LIBEREZ-LE DES MAINTENANT !!

Hèlène

La vidéo de l’interpellation de la FFF par Europalestine: http://www.europalestine.com/spip.php?article7328

Grève de la faim et bras de fer


voir le p.s. en bas de l’article

LOOS,BAUDOUIN dans LeSoir de lundi

Page 10

Lundi 14 mai 2012

Proche-Orient Quelque 1.550 prisonniers palestiniens jeûnent volontairement

Un bras de fer. Inégal puisqu’il oppose des prisonniers à un État. Un drame national en Palestine. L’indifférence, ou presque, en Israël et dans le reste du monde. Quelque 1.550 détenus palestiniens – soit environ un tiers du total – sont en grève de la faim pour réclamer la fin des incarcérations en isolement, la fin des détentions administratives, et l’autorisation des visites de proches pour les prisonniers originaires de Gaza.

Le sort des prisonniers affecte tout le monde chez les Palestiniens. Car tout le monde a ou a eu un ou des prisonniers dans sa famille. Les deux prisonniers qui ont lancé le dernier mouvement de grève de la faim le 29 février en sont à leur 76e jour de jeûne volontaire. Leur santé – leur vie – est clairement en danger. Bilal Diab et Thaer Halahla, membres de l’organisation radicale du Jihad islamique, sont en détention administrative. Un statut hérité de l’occupation britannique de la Palestine (1917-1948). C’est-à-dire qu’ils ont été initialement incarcérés pour six mois sans connaître les charges retenues contre eux et sans savoir pour combien de temps : les six mois sont renouvelables indéfiniment.

Alain Gresh, le directeur adjoint du Monde diplomatique, citait le 8 mai sur son blog une déclaration à propos de la détention administrative datant de 1946. Elle émane d’un juriste, Moshe Dunkelblum, qui allait siéger plus tard à la Cour suprême d’Israël : « Ces ordonnances constituent une menace constante contre les citoyens. Nous, juristes, voyons en elles une violation flagrante des principes fondamentaux de la légalité, de la justice, de la discipline. Elles légalisent le plus parfait arbitraire des autorités militaires et administratives. Elles dépouillent les citoyens de leurs droits et confèrent aux autorités des pouvoirs illimités ».

Après sa création, Israël a pourtant continué à utiliser ces lois d’exception ; des dizaines de milliers de Palestiniens les ont subies. Actuellement, il y a environ trois cents Palestiniens embastillés selon cette méthode dite de la détention administrative.

Des protestations commencent à fleurir ci et là. Même Tony Blair, l’inconsistant envoyé spécial du Quartet (USA, UE, ONU et Russie) au Proche-Orient s’est dit « de plus en plus inquiet de la dégradation de l’état de santé des prisonniers en grève de la faim ». Les chefs de mission diplomatiques de l’Union européenne à Jérusalem ont émis un communiqué disant la même chose, rappelant aussi que l’UE estime que « les prisonniers ont les droits d’être informés des motifs de leur détention et ont droit à un procès sans retards indus ».

L’un des initiateurs du mouvement, Thaer Halahla, a écrit à sa fille de deux ans une lettre dont voici un extrait : « Quand tu seras plus grande, tu comprendras l’injustice qui a frappé ton père et les milliers de Palestiniens que les occupants ont jetés dans des camps et dans des cellules, réduisant en miettes leur existence et leur avenir uniquement parce qu’ils voulaient la liberté, la dignité et l’indépendance. Tu sauras que ton père n’acceptait pas l’injustice et la soumission, qu’il n’acceptait pas l’humiliation et le compromis et qu’il s’était engagé dans une grève de la faim pour protester contre les tentatives de l’État juif de faire de nous des esclaves, un peuple humilié, sans la moindre dignité nationale ».

Une médiation égyptienne pourrait donner des résultats. Le temps presse.

p.s.

Proche-Orient Les prisonniers palestiniens en Israël et l’administration pénitentiaire ont signé hier un accord sous médiation égyptienne pour lever la grève de la faim de plus d’un millier de détenus palestiniens, un mouvement inédit dont la prolongation risquait de dégénérer en violences. Au moins un tiers des quelque 4 700 détenus palestiniens en Israël (dont près de 310 en détention administrative) étaient en grève de la faim à la suite d’un mouvement collectif lancé le 17 avril, sept autres ayant cessé de s’alimenter depuis un mois et demi à deux mois et demi. Israël a accédé aux trois principales revendications des grévistes : levée de la détention administrative, de l’isolement carcéral et autorisation des visites pour les prisonniers originaires de Gaza, en échange d’un engagement signé à « s’abstenir de tout acte de terrorisme » ainsi que de toute nouvelle grève de la faim.
« Tous les mouvements palestiniens ont signé un accord dans la prison d’Ashkelon (sud d’Israël) pour arrêter la grève de la faim », a déclaré le président du Club des prisonniers palestiniens, Qaddoura Farès. « Les principales divergences portaient sur la détention administrative, l’isolement carcéral et les visites de Gaza », a-t-il rappelé, précisant qu’un « haut responsable militaire égyptien avait participé » aux négociations. Une source palestinienne proche du dossier avait indiqué dimanche soir qu’un accord avait été conclu au Caire, précisant qu’il devait encore être ratifié par les détenus. La porte-parole de l’administration pénitentiaire israélienne, Sivan Weizman, a confirmé la conclusion d’un accord « à la suite d’ententes formulées ces derniers jours ». Le service de sécurité intérieure, le Shin Beth, a affirmé dans un communiqué que « tous les détenus administratifs seront libérés à l’issue de leur période de détention en cours, à moins que de nouvelles preuves ne soient présentées contre eux ».
« En réponse à la demande du président palestinien Mahmoud Abbas, Israël a négocié l’arrêt de la grève de la faim », a déclaré Mark Regev, porte-parole du Premier ministre israélien, disant « espérer que ce geste servira à établir la confiance entre les parties et conduire à la paix ».
(Source : AFP)

« Dans les prisons israéliennes, je n’ai pas vu la lumière du jour pendant trois mois et demi… »


Entretien avec A., incarcéré pendant deux ans et demi
dans les prisons israéliennes

Mai 2012 : A l’occasion de la grève de la faim de près de 2000 prisonniers palestiniens, j’ai choisi de publier un entretien réalisé en 2008 avec un jeune militant palestinien incarcéré pendant deux ans et demi dans les prisons israéliennes. Il donne une idée des conditions d’arrestation et de détention des prisonniers palestiniens. Cet entretien a été publié dans mon livre A la recherche de la Palestine.

Une arrestation ordinaire

Le texte qui suit est issu d’une longue conversation que j’ai eue le 19 avril 2008 au soir avec A, jeune militant palestinien récemment relâché après deux ans et demi de détention dans les prisons israéliennes. Notre discussion a été riche, elle a duré plusieurs heures et j’ai fait le choix, plutôt que de la résumer, de me focaliser sur un moment particulier de son incarcération, la période d’interrogatoire.

Comme souvent lorsque l’on parle de la prison avec d’anciens détenus, notre conversation a été assez chaotique, mon interlocuteur s’interrompant brusquement à de nombreuses reprises, changeant totalement de sujet pour revenir ensuite au cœur de la discussion, se murant dans le silence pendant de longues minutes, perdu dans de désagréables souvenirs, choisissant ceux qu’il allait me raconter et ceux qu’il garderait pour lui. D’après mon expérience, il est assez rare que d’anciens détenus se confient de la sorte. Souvent ils se contentent de dire qu’ils ont été en prison, le nombre de fois où ils y sont allés, le temps qu’ils y ont passé, mais ils entrent rarement dans les détails, notamment ceux des premiers mois.

Les informations relatives aux lieux et aux dates ne seront pas mentionnées dans le texte, pas plus que le nom de mon interlocuteur ou l’organisation à laquelle il appartient. Il s’agit de protéger l’interviewé, qui est de toute évidence loin d’en avoir fini avec les autorités israéliennes. Récemment, plusieurs de ses proches, y compris des membres de sa famille, ont été arrêtés et d’autres convoqués par les services israéliens qui leur ont posé des questions sur les activités de A. depuis qu’il est sorti de prison. Je me contente juste du strict minimum : A. a entre 20 et 30 ans, il vit dans un camp de réfugiés de Cisjordanie, reconnaît avoir appartenu à une organisation armée considérée comme terroriste par l’Etat d’Israël, et affirme ne plus avoir exercé d’activité en son sein depuis sa libération. La conversation a eu lieu à son domicile, dans la nuit du 19 au 20 avril. Nous n’étions que tous les deux.

Comment s’est déroulée ton arrestation ?

Il faisait nuit. J’étais chez moi. J’ai entendu beaucoup de bruit dehors et j’ai compris que les soldats israéliens étaient en train d’encercler le quartier où j’habite. Lorsque j’ai entendu du bruit à la porte, j’ai immédiatement su qu’ils étaient venus pour me chercher. Je me suis rendu tout de suite, sans opposer de résistance, car il était trop tard pour essayer de m’enfuir. Ils étaient plusieurs dizaines. Ils m’ont attaché les mains, bandé les yeux et jeté dans un véhicule. Ils m’ont directement conduit à la prison de …, un lieu réservé aux Palestiniens qui viennent d’être arrêtés et dans lequel se déroulent les interrogatoires, sous la responsabilité du Shabak [acronyme de Shine Beit Klali, « Service Général de la Sûreté » en Hébreu, connu aussi sous le nom de Shin Beit].

Combien de temps es-tu resté là-bas et dans quelles conditions étais-tu détenu ?

J’ai passé trois mois et demi dans cette prison. J’ai été détenu, seul, pendant quatre semaines, dans une cellule minuscule, dans laquelle je ne pouvais même pas m’allonger, ou alors en pliant les jambes. Puis j’ai passé trois semaines, toujours seul, dans une cellule de la même taille, mais avec des murs moins épais, ce qui me permettait d’entendre les détenus des cellules d’à côté et de communiquer avec eux. Enfin je suis resté près de deux mois dans une cellule d’environ 9 m2, dans laquelle nous étions en général 5 ou 6 prisonniers. Dans les cellules il n’y avait rien. Les toilettes, c’était un trou dans le sol avec une arrivée d’eau au-dessus pour nettoyer. C’est tout. Et ce sont des cellules hermétiquement fermées. Il n’y a pas de barreaux, juste une porte avec deux trappes, une pour observer à l’intérieur et l’autre pour faire passer la nourriture.

Durant ces trois mois et demi je ne suis pas sorti une seule fois, même pour une « promenade ». Et comme il n’y avait pas de fenêtre aux cellules, je n’ai pas vu la lumière du soleil pendant toute cette longue période. Je n’ai en fait rien vu d’autre que les cellules, la douche et la salle d’interrogatoire. En effet à chaque fois qu’ils me déplaçaient j’étais menotté et il me bandaient les yeux. En revanche j’ai vu beaucoup de lumière artificielle ! Les lampes sont en effet allumées 24/24h. Parfois j’en avais tellement marre que je mettais du papier toilette imbibé d’eau sur l’ampoule afin de réduire l’intensité de l’éclairage… Mais à chaque fois, très vite, ils me disaient de l’enlever.

Quand je suis arrivé ils m’ont laissé plus d’une semaine sans prendre de douche. Après j’avais le droit à une douche chaque jour, mais en général vers 1 ou 2 heures du matin, quand je dormais. Et pas plus de 5 minutes ! Ils ne m’ont pas donné de vêtements de rechange pendant 3 semaines. Et lorsqu’ils m’en ont apporté, je me suis vite aperçu qu’ils n’étaient pas propres et qu’ils avaient été portés par quelqu’un d’autre : ils sentaient mauvais ! Les serviettes, pour la douche, sentaient très mauvais elles aussi : il y en avait trois ou quatre, par terre, à côté de la douche, qui servaient à tous les détenus de la prison, soit près d’une centaine. Et le savon, lui aussi, sentait horriblement mauvais… Alors je préférais garder les morceaux de savon qu’ils nous distribuaient pour sculpter des petits objets, comme des dominos ou des pièces de jeu d’échecs, et me laver à l’eau.

Que vous distribuaient-ils à part du savon ?

De la nourriture, 3 fois par jour, dégoûtante et en très petite quantité. En général on avait le droit, le matin, à 5 olives et un petit morceau de pain, le midi à de la soupe et l’après-midi une bouillie bizarre au goût atroce. Et puis des œufs. Beaucoup d’œufs. Dégoûtants. Je ne peux plus manger d’œufs aujourd’hui, c’est un trop mauvais souvenir. Les repas étaient distribués vers 6 heures du matin, vers 11 heures puis vers 14 heures. Et après plus rien. Donc en général, on ne mangeait pas le repas du matin et on le mettait de côté pour le soir. Pas de sel, pas de sucre. Nous avons entamé une grève de la faim pour obtenir le droit d’avoir du sucre. Et ce que nous avons obtenu, c’est un petit morceau de mauvais chocolat, un samedi sur deux en général… J’ai passé trois mois et demi dans cette prison : quand je suis entré, je pesais 60 kilos, et quand je suis sorti, 48 kilos. Mieux qu’un régime !

On avait aussi droit à 4 cigarettes chaque jour, qu’ils distribuaient le matin. Pour moi, qui à l’extérieur fumais entre 30 et 40 cigarettes par jour, ça a été très difficile, surtout au début. Mais quand ils m’ont transféré dans la deuxième cellule, celle depuis laquelle je pouvais communiquer avec mes voisins, j’ai réussi à convaincre des prisonniers non-fumeurs de me donner leurs cigarettes. Ce qu’ils faisaient c’est qu’ils les cachaient dans les serviettes, au moment de la douche. Et quand je passais juste après eux, je pouvais les récupérer… On n’avait pas le droit d’avoir du feu pour allumer les cigarettes et donc on devait le demander aux soldats, qui mettaient parfois plus d’une heure avant d’en donner. Mais au bout d’un moment j’ai eu une idée : je roulais du papier toilette très serré pour fabriquer de longes tiges, je l’humidifiais légèrement pour qu’il se consume moins vite et je l’allumais, au bout, avec ma cigarette. Comme ça je pouvais avoir du feu quand je le souhaitais.

Evidemment on n’avait pas le droit aux visites et donc personne ne pouvait rien transmettre de l’extérieur.

Tu dis qu’au bout de quatre semaines tu as été transféré dans une deuxième cellule depuis laquelle tu pouvais communiquer avec tes co-détenus… Comment communiquiez-vous ?

En criant, le plus souvent. Mais généralement les soldats arrivaient et nous disaient de nous taire. Alors on communiquait en tapant sur les murs. Il y a des codes, que l’on apprend très vite car on n’a que ça à faire… Donc on discutait beaucoup, on se racontait nos vies, mais pas trop, car même dans ces cellules il y a des collaborateurs. On discutait de politique, ou d’autre chose…

Durant la période où j’étais dans ma « deuxième cellule », parfois, pour s’amuser et pour passer le temps, on organisait de petits « événements ». Par exemple on se mettait tous, en même temps, à taper du genou contre la porte des cellules, le plus fort possible. Au bout d’un moment les soldats arrivaient et on arrêtait. Ils criaient « Qui a tapé contre sa porte ? ». Et personne ne répondait.

Parfois on jouait au marché. C’était très drôle [sourires]. Comme les cellules étaient alignées, on faisait comme si on tenait chacun un stand. Il y en a un qui criait « Qui veut mes tomates ? », un autre « Qui veut mes pommes de terre ? », un autre « Qui veut mes falafels ? », on marchandait pour échanger nos produits… Tout ça sans se voir, évidemment. Les soldats arrivaient et hurlaient « Silence ! ». Un jour, alors que les soldats étaient là, un détenu a crié « Qui veut mes kalachnikovs ? » [éclats de rire]…  Les soldats n’ont pas trouvé ça drôle du tout et ils l’ont immédiatement envoyé dans une cellule isolée. Mais on a quand même beaucoup ri ce jour-là…

Si je comprends bien, les seules personnes que tu as vues pendant un mois et demi ce sont les soldats qui gardent les cellules et les membres du Shabak qui mènent les interrogatoires. Tu n’as pas vu un médecin, un avocat ?

Tant qu’on est sous la responsabilité du Shabak et à l’isolement, on n’a pas le droit d’être vu par un avocat. Pendant un mois et demi je n’ai donc pas pu en rencontrer. C’est la loi, en Israël. Mes proches avaient contacté un avocat pour s’occuper de mon cas mais il n’a rien pu faire pendant 3 mois et demi. En effet, bien que la loi impose que l’on passe devant un juge, tous les mois, pour que soit reconduite la période d’interrogatoire, c’est par une cour militaire que l’on est jugé. Trois gradés, assis derrière une table, qui se contentent de dire : « Vous appartenez à une organisation illégale, l’enquête vous concernant n’est pas finie, en conséquence nous renouvelons votre détention pour un mois ». Il y a un avocat, commis d’office, mais lui aussi appartient à l’armée israélienne. Autant dire qu’il ne fait rien pour nous défendre… Cela dure quelques minutes et hop, on retourne en cellule pour un mois.

Un médecin ? Oui, on a le droit de voir un médecin. Mais c’est le médecin de la prison et autant dire que la santé des prisonniers de l’intéresse pas. En raison de la mauvaise qualité de l’eau et à cause de mes vêtements sales, j’ai développé une maladie de la peau. J’avais des plaques blanches un peu partout. Donc j’ai demandé à le voir. Il m’a reçu, m’a examiné et m’a dit en souriant que j’étais en bonne santé et que mon problème venait probablement du fait que ma peau était trop exposée au soleil… Le soleil ! Que je n’avais pas vu depuis des semaines… Il m’a juste donné un comprimé d’Acamol [Paracétamol] et m’a renvoyé en cellule. Quand un détenu allait chez le médecin, il avait le droit à un verre d’eau et, s’il semblait vraiment souffrir, à un comprimé d’Acamol. Et rien d’autre. Certains détenus atteints de maladies graves, comme des infections ou des problèmes au foie ou aux reins, ont parfois attendu des semaines avant d’être envoyés à l’hôpital.

Comment se déroulaient les interrogatoires ? Et que voulaient-ils savoir exactement ?

Ils venaient me chercher à deux dans ma cellule, me menottaient, me bandaient les yeux et m’emmenaient dans la salle d’interrogatoire. Là ils me faisaient asseoir et me menottaient les mains et les pieds à la chaise. Puis ils m’enlevaient le bandeau des yeux et il y avait un homme du Shabak, pas toujours le même, avec un dossier, qui me posait des questions. C’était toujours les mêmes questions qui revenaient :

« Etes-vous membre de … ? »
« Comment avez-vous été recruté ? »
« Qui vous a recruté ? »
« Quel est le nom des gens qui faisaient partie de notre groupe ? »
« Avez-vous recruté des gens dans votre groupe ? »
« Connaissez-vous untel ? Et untel ? »
« Avez-vous participé à telle ou telle opération ? »
« Par qui a-t-elle été préparée ? Où ? Quand ? Comment ? … »

Enfin voilà, ce genre de questions. Parfois il leur arrivait de ne pas m’emmener en salle d’interrogatoire pendant des jours et des jours. Je crois que le plus long ça a été deux semaines. Deux longues semaines pendant lesquelles ils ne m’ont rien demandé. Je pensais qu’ils n’avaient plus de questions à me poser… Et peu de temps après j’ai passé 3 jours consécutifs dans la salle d’interrogatoire, pendant lesquels ils n’ont pas arrêté de me poser les mêmes questions. Pendant trois jours j’ai eu les pieds et les mains menottés à une chaise, je n’avais le droit de me lever que pour aller à la douche (5 minutes) et aux toilettes (2 fois par jour).

Alors ils peuvent toujours dire qu’ils ne m’ont pas frappé pour me faire parler. Mais ce genre de méthodes, moi, j’appelle cela de la torture.

Tu n’as jamais été frappé pendant ces trois mois et demi ?

Si tu entends par « être frappé » recevoir des gifles, des coups de poing ou des coups de pied, non. J’ai eu de la chance car ce n’est pas le cas de tout le monde. Mais en revanche, c’est sûr que pendant les transferts, vers la douche ou vers la salle d’interrogatoire, ils étaient assez brutaux avec moi, en serrant les menottes au maximum, et en me poussant alors que j’avais les yeux bandés.

Et surtout plusieurs fois j’ai été « puni ». Par exemple, ils ne supportaient pas que je fabrique des dominos et des pièces de jeu d’échecs avec le savon. Et comme ils nous fouillaient et qu’ils inspectaient la cellule tous les trois jours, plusieurs fois ils en ont trouvé. Quand j’étais dans la cellule à 6, ils m’ont renvoyé plusieurs fois dans la cellule d’isolement. Pendant une heure, deux heures, parfois plus. Une fois j’ai passé 6 ou 7 heures à genoux, avec les pieds et les poings liés, et c’était vraiment très douloureux. Ils voulaient me dissuader d’essayer de trouver des moyens de passer le temps. Mais je préférais être parfois surpris et puni que de ne rien pouvoir faire dans ma cellule.

Et comment faisais-tu pour passer le temps ?

Le temps, c’est étrange en prison. On n’a évidemment pas de montre, et comme il n’y a pas de fenêtre par laquelle on pourrait voir la lumière du jour, il est difficile de savoir l’heure qu’il est. Le seul moyen qu’on avait pour le savoir, c’est lorsqu’ils apportaient les repas. On savait alors qu’il était à peu près 6 heures, 11 heures ou 14 heures. Quand on n’a rien à faire et qu’on ne sait pas l’heure qu’il est, tout semble tellement long… C’est pour ça que je prenais le risque de fabriquer ces petites choses, pour me distraire.

Prison israélienne

Pendant les deux derniers mois, quand j’étais avec des co-détenus, les choses étaient plus faciles. À plusieurs on s’ennuie moins. On discute, on essaie de trouver des occupations ensemble. Mais à la fin j’en avais tellement marre que j’essayais de dormir le plus possible. Le jour, la nuit, j’essayais de dormir. Mais on avait un problème car la cellule était trop petite pour que l’on dorme tous en même temps : au maximum, en se serrant, seules quatre personnes pouvaient s’allonger et dormir. Donc on se relayait : deux qui discutaient ensemble et quatre qui dormaient. Quand on n’était que cinq, seuls trois dormaient, pour ne pas laisser le cinquième seul.

Mais ces trois mois et demi ont vraiment été très, très longs. Et très durs. Lorsque j’ai fini par voir mon avocat qui m’a dit que j’allais être très bientôt jugé et condamné à deux ans et demi de prison, j’étais heureux de savoir que j’allais quitter cet endroit. Après être passé devant le juge, j’ai été envoyé dans la prison de…, puis dans celle de… J’ai également passé plusieurs mois dans la prison du Négev, dans le désert, où les détenus sont sous la tente et où il fait une chaleur insupportable. Partout les conditions de vie étaient très difficiles. Mais ces trois mois et demi resteront les pires.

A m’a donné bien d’autres détails et raconté de nombreuses autres histoires concernant la suite de sa détention. Puis il s’est brusquement interrompu et m’a montré une vidéo tournée le jour de son retour à la maison, après deux ans et demi d’emprisonnement. A la fin du film il m’a dit : « Il faut que je dorme, maintenant ». Il était alors plus de quatre heures du matin. Cela faisait donc plus de trois heures que nous discutions. Nous nous sommes installés sur des matelas de fortune et il s’est immédiatement assoupi. Juste après m’avoir précisé qu’il préférait dormir la lumière allumée…

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Israël : risque d’éruption de violence en cas de mort de détenus palestiniens


Un Palestinien frappe un pneu lors d'échaufourrées avec les soldats israéliens à Ramallah le 7 mai 2012

Un Palestinien frappe un pneu lors d’échaufourrées avec les soldats israéliens à Ramallah le 7 mai 2012

Les pressions s’intensifient sur Israël pour préserver la santé de détenus palestiniens en grève de la faim, certains depuis plus de deux mois, dont la mort risquerait de déclencher une éruption de violence.

Après l’Union européenne et le Comité international de la Croix-Rouge, qui ont réclamé un suivi médical constant pour la demi-douzaine de détenus en grève de la faim depuis un mois et demi à 71 jours, la France a demandé mercredi « à titre humanitaire » à Israël d' »être sensible au risque d’une issue tragique et à prendre d’urgence les mesures appropriées ».

Au moins un tiers des quelque 4.700 détenus palestiniens d’Israël (dont près de 310 en détention administrative) sont en grève de la faim, à la suite d’un mouvement collectif lancé le 17 avril, selon l’administration pénitentiaire, des sources officielles palestiniennes et des associations humanitaires.

« Ce qu’on dit publiquement, ça ne veut pas dire que l’on ne l’a pas dit avant, bilatéralement, aux autorités israéliennes. Mais la gravité de la situation a fait qu’on a senti que c’était important de le dire publiquement également parce qu’il y a un risque de mort », a expliqué à l’AFP une porte-parole du CICR, Nadia Dibsy.

« Quand il y a un grand nombre de personnes qui lancent une grève de la faim toutes ensemble, ce n’est pas évident pour le CICR de suivre tout le monde individuellement, comme on arrive à le faire avec les personnes malheureusement qui se trouvent dans un état de santé critique », a-t-elle souligné.

Selon Mme Dibsy, la priorité est « les détenus qui sont en grève de la faim depuis plus de 48 jours jusqu’à plus de 72 jours ».

Cinq d’entre eux « refusent depuis hier (mardi) d’être nourris par voie intraveineuse et d’être suivis par l’administration pénitentiaire », a indiqué à l’AFP un de leurs avocats, Jamil al-Khatib, qui leur a rendu visite à l’hôpital de la prison de Ramleh, près de Tel-Aviv.

A bout de patience, des dizaines de manifestants palestiniens ont bloqué dans l’après-midi l’accès aux bureaux de l’ONU à Ramallah en Cisjordanie, pour presser le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon de sortir de son « silence » sur cette question.

« Nous vous exhortons à prendre une position ferme et forte contre la violation par Israël des droits des prisonniers », ont écrit les organisateurs du rassemblement dans une lettre ouverte à M. Ban.

En soirée, ce dernier a appelé à « éviter une détérioration de leur état de santé » et indiqué qu’il « continue de suivre avec inquiétude cette grève de la faim (…) particulièrement en ce qui concerne ceux qui sont en détention administrative », selon son porte-parole à New York.

L’ambassadeur palestinien à l’ONU Riyad Mansour avait saisi le 4 mai dans une lettre la présidence azerbaïdjanaise du Conseil de sécurité du sort des dix grévistes de la faim de plus longue durée. « Israël est responsable du bien-être de ces prisonniers » et le Conseil de sécurité doit lui rappeler ses « obligations légales en la matière », a-t-il affirmé.

La veille, le coordinateur de l’ONU pour le processus de paix, Robert Serry, s’était déclaré « très inquiet » en raison de « l’état critique d’au moins deux prisonniers palestiniens » grévistes et avait appelé « Israël à se conformer à ses obligations en matière de droit international ».

Les mouvements islamistes palestiniens Hamas et Jihad islamique ont menacé Israël de représailles en cas de décès d’un des grévistes. « Si cela se produit, attendez-vous à tout de notre part », a déclaré un dirigeant du Hamas, Khalil al-Haya, évoquant « les moyens de la mobilisation populaire et du combat ».

Selon les médias israéliens, les services de sécurité se préparent à cette éventualité, à l’approche des manifestations annuelles de la « Nakba » (« catastrophe » en arabe), terme par lequel les Palestiniens désignent la création d’Israël en 1948, le 15 mai.

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