De la prison à l’exil


Après dix années passées dans les prisons israéliennes, le temps est venu pour que Talal Shreim puisse enfin jouir des retrouvailles avec sa famille. Nous l’avons rencontré chez lui à Doha, où nous l’avons trouvé le visage rayonnant, assis au milieu du salon de son nouveau domicile dans la capitale qatarie.
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Il y a moins de 24 heures, ce fut également l’occasion pour Talal de pouvoir serrer dans ses bras sa fille Tasneem, âgée de 10 ans. Cette étreinte est la première depuis son incarcération, puisque, pendant des années, il n’a vu grandir sa fille qu’à travers une vitre lors des 45 minutes de visites sporadiques et arbitraires.

Pour rappel, deux mois plus tôt, 477 prisonniers palestiniens avaient été libérés des geôles israéliennes en vertu de l’accord d’échange des prisonniers, conclu entre le Hamas et Israël. Cet accord stipule l’échange d’un total de 1027 palestiniens contre un soldat israélien détenu à Gaza depuis 2006. Dimanche prochain (le 25 décembre), Israël devra libérer les 550 palestiniens restants et ce, dans le but de compléter l’accord.

Pour sa part, Shreim faisait partie des 40 prisonniers déportés des Territoires Occupés lors de la première phase de l’échange. En fait, la déportation était une condition posée par Israël et concerne ceux qu’il considère comme un danger pour sa sécurité. Shreim a été accusé d’appartenir à la branche politique du Hamas, et il fut condamné à 22 ans de prison.

Droits de visite

S’agissant du volet des visites, il faut souligner qu’en empêchant les familles de rendre visite à leurs proches détenus, Israël ne piétine pas seulement les droits humains fondamentaux, mais transgresse aussi les conventions internationales.

Dans ce contexte, le groupe des droits humains B’Tselem a communiqué en 2006 que « la politique arbitraire et démesurée d’Israël enfreint non seulement les droits des familles aux visite, mais qu’elle conduit également à la violation d’autres droits et principes inscrits dans les droits de l’homme et des lroits humanitaires internationaux, ainsi que dans le droit national israélien. »

D’autre part, l’organisation des droits de l’homme Addameer qui est mobilisée sur le sort des prisonniers palestiniens, cite que du fait du transfert des détenus des prisons situées dans les Territoires Occupés vers des prisons à l’intérieur d’Israël « Ce dernier s’adonne à la punition collective à l’encontre des familles Palestiniennes venues visiter leurs enfants dans ses prisons ».

L’organisation ajoute : « Suite à la fermeture interne et externe des Territoires Palestiniens Occupés, les familles palestiniennes doivent obtenir des autorisations afin de visiter leurs proches détenus à l’intérieur d’Israël. Or, ces mêmes autorisations peuvent à n’importe quel moment être annulées si des crises politiques éclatent. Il y a même ceux qui ne peuvent obtenir ces autorisations à cause des menaces sécuritaires ».

En effet, Oum Motasim, l’épouse de Shreim, soutient les déclarations des groupes des droits de l’homme et explique à Al Jazeera : « L’absence de Talal m’a poussée à endosser une lourde responsabilité. Je devais élever les enfants, trouver l’argent pour qu’ils ne manquent de rien, et ainsi de suite. D’autre part, la visite de mon mari m’a été interdite par les autorités israéliennes en évoquant des raisons sécuritaires. A peine si je réussissais à le voir une ou deux fois par an, pas plus. »

Shreim explique que sur le principe les visites étaient autorisées tous les quinze jours. Cependant, la réalité est complètement différente. Il ajoute : « Mes filles étaient autorisés à me rendre visite toutes les deux semaines tant qu’elles avaient moins de 16 ans. Une fois cet âge dépassé, les choses commençaient à se compliquer. De même pour les épouses, pas seulement la mienne, qui souffraient le martyre rien que pour l’obtention des permis de visite. »

Ainsi, un trajet exténuant attend les familles qui rendent visite à leurs proches. Il leur arrive de passer jusqu’à 15 heures pour effectuer l’aller-retour de leurs domiciles en Cisjordanie, avec les checkpoints israéliens, les contrôle de sécurité, les fouilles et les retards.

C’est pourquoi, visiter les membres de la famille est devenu un mode de vie pour les filles. En effet, à un moment donné, il fallait choisir, chaque week-end, qui visiter, puisque le père et les trois frères étaient emprisonnés. « On devait visiter notre père une fois, puis nos frères. Autrement dit, il fallait choisir qui visiter. Des fois, on convenait de nous diviser pour qu’une partie aille voir les frères, et l’autre le père. Et avec tout cela, le trajet que nous devions effectuer était plein d’embûches et d’obstacles à cause des fouilles, des stops continus et des interrogatoires » raconte Duaa, la fille de Shreim âgée de 19 ans.

Interrogé sur les raisons de son arrestation, Mohamed, le fils de Shreim âgé de 25 ans, a répondu avec un haussement d’épaules résigné : « J’ai été accusé d’appartenir au mouvement du Hamas. Ils ont dit cela parce que mon père était membre. Nous avons toujours su qu’on nous arrêterait pour ce motif et pour nos croyances religieuses ».

Quant à Duaa, elle revient sur leur vie alors que les hommes de la maison sont loin. Elle raconte : « L’une des conséquences les plus sévères est que nous [les filles] n’avions d’autre choix que de voler de nos propres ailes. Le plus dur de la période de détention de mon père reste sans doute la responsabilité tombée sur le dos de notre mère qui était seule à devoir subvenir à nos besoins et à prendre soin de nous. Et c’est parce que nous étions seules à la maison (même mes frères étaient en prison), nous devions nous débrouiller pour payer nos factures et pour payer l’école. En tant que filles, c’était très pénible à supporter car nous n’avions personne sur qui compter ni un support pour nous protéger ou nous soutenir. C’était l’isolement. »

« Ces chiens m’ont terrifiée »

Oum Talal, la mère de Shreim, une femme menue et frêle livre son témoignage à Al Jazeera et revient sur un incident particulièrement terrorisant auquel elle a dû faire face lors d’une visite à son fils.

En s’approchant de la prison, dit-elle, un agent de la prison a interpellé la vieille dame en lui ordonnant d’entrer dans une salle. Épouvantée, elle obéit, tenant nerveusement son chapelet entre ses doigts.

« Ces chiens m’ont terrifiée » dit-elle au sujet des israéliens, en ajoutant que la peur des visites de prisons lui avait toujours causé des insomnies.

Elle se souvient donc de ce jour où elle a été laissée très longtemps seule dans la salle. Des heures passaient et personne n’est venu lui parler, sans doute étaient-ils tous partis. Elle a commencé à crier et à hurler. Finalement, une gardienne de prison est venue la voir à travers la fenêtre pour la conduire dans une autre pièce. On lui a demandé si elle avait une bombe, en l’obligeant d’enlever tous ses vêtements.

L’officier de prison a ensuite demandé à Oum Talal de se rhabiller pour la laisser partir. Malgré cela, elle ajoute qu’elle a été fouillés de nouveau à l’entrée de la prison. « Je ne suis pas prête d’oublier ce jour où j’ai eu très peur, mais je n’avais pas baissé les bras et j’ai continuer mes visites en prison ».

Informé du calvaire qu’a vécu sa mère, Talal Shreim est devenu fou furieux. Il en a fait part aux autres prisonniers qui, à leur tour, ont exprimé leur colère. En conséquence, il a été accusé d’avoir provoqué des troubles et a été placé en isolement pendant six ans. Il s’agit d’une pièce qui mesure trois mètres sur 1n5 mètre, partagée avec un autre prisonnier. Ce type de confinement consiste également à l’interdiction, durant les exercices quotidiens, la moindre interaction avec les prisonniers sauf ceux en isolement.

Autrement dit, l’isolement tel que son nom l’indique, est mis en place pour que ces prisonniers particuliers soient coupés du reste de la population détenue. De ce fait, toute la journée et chaque jour, Shreim ne côtoyait que son compagnon de cellule. « Dans l’isolement, à peine est-il possible d’être debout, mais aucune chance de pouvoir voir les enfants » ajoute-t-il, « et tout cela parce que je me suis révolté contre la façon avec laquelle ont a traité ma vieille maman. »

Une vie en cavale

Avant son arrestation, Shreim était souvent obligé de se terrer. Entre 1988 et 2001, il ne pouvait pas vivre plus de huit mois libre sans qu’il ne soit arrêté de nouveau. Même libéré, il était contraint de « vivre en cavale ». A ce titre, sa famille reconnaît qu’entre les deux séparations, la moins difficile était sans doute la période qu’il passait en prison.

Sa mère affirme : « Quand il était en fuite, les israéliens venaient chez nous tout le temps. Ils entraient à la maison qu’ils laissaient sens dessus-dessous, cassaient tout et regroupaient tous les habitants de l’immeuble. C’était très effrayant ». C’est pourquoi, elle réitère : « Nous préférions qu’il soit en prison, plutôt qu’en fuite »

Et quand il était en fuite, ce sont ses enfants qui ont dû prendre la relève et prendre en main le rôle et les devoirs de leur père. Ainsi, Mohamed explique que lorsque son père était absent, les frères étaient devenus les hommes de la maison, un rôle bien trop dur à jouer. « Des fois, des choses se produisent à la maison, automatiquement, en tant que son fils, je songe à aller lui dire ce qui est arrivé, mais ça restait une tâche impossible ». Il n’y avait aucun moyen pour rester en contact avec le père.

Et la raison est très simple. Ignorer où le père se cache signifie sa sécurité car si ses proches savent où il se trouve, le risque d’aveux sous la torture augmente.

Cette confidentialité porte souvent ses fruits. Selon Mohamed, quand l’armée israélienne attaque leur maison, elle essayera sans doute de tirer quelques informations de ses occupants. « Et comme nous ignorons tout sur son lieu de cachette, nous ne pourrons leur être utiles. Même quand nous étions plus jeunes et terrorisés et qu’on voyait qu’ils allaient nous tabasser, nous ne pouvions rien dire car nous ignorions sa trace. Il faut dire qu’en étant jeunes, nous risquions de laisser échapper, sans le savoir, n’importe quelle information qui serait utile pour eux. »

Et pour finir, Shreim résume la réalité palestinienne et précise que les rudes épreuves vécues, lui et sa famille, ne sont pas un fait peu commun dans les Territoires Occupés. La vie des Shreim est juste un microcosme d’une souffrance qui a, depuis très longtemps, élu domicile chez la population palestinienne toute entière. »

Le 19 décembre 2011 – Al Jazeera – Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.aljazeera.com/indepth/fe…Traduction : Info-Palestine.net Niha

Un magazine australien dénonce les tortures israéliennes infligés aux enfants palestiniens


John Lyons – The Australian

Article paru sous le titre :
Rudd veut agir concernant les allégations de torture sur des enfants palestiniens
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DCI a recueilli 385 déclarations sous serment de mineurs palestiniens gardés en détention par Israël
et qui affirment avoir subi de graves sévices.

L’Australie va exprimer ses préoccupations auprès d’Israël concernant son système judiciaire militaire pour mineurs, qui est accusé d’emprisonner et de torturer des enfants aussi jeunes que 12 ans.

Suite à un article paru dans The Weekend Australian Magazine il y a trois semaines, le ministre des Affaires étrangères d’Australie, Mr Kevin Rudd, a donné pour instructions aux diplomates australiens d’aller visiter les tribunaux militaires pour mineurs (en Israël).

Les diplomates ont été invités notamment à faire connaître à Mr Rudd les conditions qu’ils avaient trouvées à la prison militaire d’Ofer, près de Jérusalem.

Selon une déclaration du cabinet de Mr Rudd, celui-ci a également demandé aux fonctionnaires australiens d’organiser des rencontres avec les autorités israéliennes pour leur notifier leurs préoccupations à propos du système en vertu duquel les mineurs palestiniens sont jugés.

Soixante éminents psychologues, universitaires et pédiatres d’Israël ont écrit à leur Premier ministre, Benjamin Netanyahu, lui disant que « la vague d’arrestations et d’enquêtes qui ne tiennent aucun compte de la loi ne sert pas à maintenir l’ordre public et la sécurité ».

The Weekend Australian Magazine donne des exemples de ces allégations :

  • un garçon gardé à l’isolement pendant 65 jours ;
  • d’autres garçons à l’isolement sous une lumière 24 h sur 24 ;
  • un garçon de 7 ans, de Jérusalem, emmené pour interrogatoire où il dit avoir été frappé pendant qu’on l’interrogeait ;
  • trois enfants ont subi des décharges d’électricité à l’aide d’appareils portatifs pour les obliger à faire des aveux ;
  • de la nourriture pour chiens a été mise sur la tête et près des parties génitales d’un garçon qui avait les yeux bandés et on a fait venir un chien pour qu’il la mange, sous les rires de son interrogateur.
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Position en banane

Le magazine signale aussi que, depuis janvier 2007, DCI (Défense de l’enfance/Internationale) a recueilli et traduit en anglais 385 déclarations sous serment de mineurs palestiniens gardés en détention par Israël et qui affirment avoir subi de graves sévices :

  • chocs par l’électricité ;
  • coups ;
  • menaces de viol ;
  • mise à nu ;
  • isolement,
  • menaces d’annuler les permis de travail de leurs familles, et
  • le « supplice de la position », qui consiste à placer un enfant sur une chaise, à lui enchaîner les pieds et lui attacher les mains dans le dos, et à le laisser comme cela quelquefois pendant des heures.

Un garçon de 10 ans témoigne : «  Un soldat a pointé son fusil sur moi. Le canon du fusil était à quelques centimètres de ma figure. J’étais terrifié au point que je me suis mis à trembler. Il s’est moqué de moi et m’a dit :

-  Tu trembles ? Dis-moi où est le pistolet avant que je ne te tue ».

Un garçon de 15 ans témoigne d’avoir été attaché à un tuyau métallique et frappé par un soldat, et qu’un interrogateur a mis un appareil contre son corps et lui a envoyé une décharge d’électricité en disant :

-  Si tu n’avoues pas, je continue à te secouer.

Le garçon affirme que l’interrogateur lui donné un autre choc électrique, au point qu’il ne sentait plus ses bras et ses jambes, qu’il avait mal dans la tête, et qu’il a avoué.

Gerard Horton, avocat australien qui traite de nombreux dossiers dans sa fonction à DCI, dit que l’un des interrogateurs israéliens, à l’œuvre dans la colonie Gush Etzion, est « spécialisé dans les menaces de viol des enfants » pour l’obtention d’aveux.

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« Supplice de la position »

Une femme est engagée dans le programme de l’YMCA (Young Men’s Christian Association – Association chrétienne des jeunes gens) pour la réhabilitation des enfants qui ont été soumis à la détention israélienne, Fadia Saleh, a révélé au magazine The Australian dans le cadre de son enquête : « La semaine dernière, un garçon m’a décrit comment des chiens se trouvaient dans la jeep de l’armée. Dans ces jeeps, vous avez des sièges de chaque côté et un espace vide au milieu ; les enfants placés là, sur le plancher. Parfois, les soldats marchent sur eux.

« A chaque fois que l’enfant bougeait, l’un des chiens le mordait. Quand il est arrivé au centre d’interrogatoires, il avait l’un de ses bras en sang. Le déplacement avait été court, mais lui avait l’impression qu’il avait duré un an ».

The Weekend Australian Magazine rapporte que, si des missions diplomatiques et parlementaires de nombreux pays ont visité les tribunaux pour enfants, les diplomates australiens n’ont paru manifester aucun intérêt évident pour le tribunal.

Pour Maître Horton de DCI, l’Australie est restée « étonnamment silencieuse » face aux violations alléguées des droits humains des enfants palestiniens.

Il a déclaré au magazine : « Il est décevant que, parmi toutes les missions diplomatiques dans la région, l’Australie a brillé par son silence sur la question des tribunaux militaires ».

L’ambassadrice d’Australie en Israël, Andrea Faulkner, a évoqué les traitements sur les enfants, il y a plus d’un an.

Bien qu’au courant de la question, ni Mme Faulkner ni aucun autre représentant australien n’ont visité les tribunaux.

The Weekend Australien Magazine a eu un accès, rare pour un journal, au tribunal – il a été autorisé à le visiter à trois occasions différentes au cours de l’année dernière, avec les FDI (Forces de défense israéliennes), dans le cadre de cette enquête.

Cette semaine, un fonctionnaire australien a entamé des réunions sur le sujet en préparation de la visite d’un tribunal pour mineurs par des diplomates australiens.

La plupart des enfants traduits devant les tribunaux militaires sont accusés d’avoir jeté des pierres et condamnés à des peines de prison allant de deux semaines à 10 mois.

D’après les FDI, il y a eu au moins 2766 incidents de jets de pierres contre elles ou sur des voitures qui circulaient, cette année.

La police israélienne a parlé d’un accident en septembre dans lequel un homme et son enfant ont été tués par ce qui pourrait avoir été provoqué par une pierre lancée sur leur voiture.

Les autorités en Israël ne veulent pas discuter des cas individuels d’enfants, mais selon le porte-parole des Affaires étrangères, Yigal Palmor, « beaucoup de choses » doivent être améliorées et Israël travaille avec des organisations des droits de l’homme mais les « réformes et améliorations sont lentes ».

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A l’isolement sous la lumière – privation de sommeil

Le traitement des enfants palestiniens en Cisjordanie sous l’occupation militaire israélienne contraste avec celui des enfants en Israël :

  • en Israël, un enfant ne peut être envoyé en prison avant l’âge de 14 ans, alors que les enfants palestiniens y vont à partir de 12 ans ;
  • en Israël, un enfant ne peut être soumis à interrogatoire sans la présence d’un parent ;
  • en Israël, un enfant ne peut être interrogé la nuit, alors que la plupart des enfants palestiniens sont enlevés dans leurs maisons et mis en détention entre minuit et 5 h du matin ;
  • en Israël, la durée maximum de détention sans accès à un avocat est de 48 h, alors qu’en Cisjordanie, elle est de… 90 jours.

Ces derniers temps, les tribunaux militaires ont été visités par des délégations de diplomates ou parlementaires du Royaume-Uni, des États-Unis, de l’Union européenne, des Pays-Bas, de France, d’Espagne, de Belgique, d’Allemagne, d’Irlande, de Norvège, de Chypre et des Nations-Unies.

Maître Horton affirme que dans la plupart des cas, DCI exige des déclarations sous serment avant de prendre le dossier en charge.

Il a indiqué au magazine quel était le traitement courant pour beaucoup des enfants : « Une fois attaché et les yeux bandés, l’enfant est conduit à un véhicule militaire qui attend, et dans un tiers des cas, il sera jeté sur le plancher métallique pendant son transfert dans un centre d’interrogatoires.

« Parfois, les enfants sont maintenus le visage plaqué sur le plancher par des soldats qui mettent leurs bottes sur sa nuque, et les enfants sont menottés, parfois avec des menottes en plastique qui leur coupent les poignets. Beaucoup d’enfants arrivent aux centres d’interrogatoires contusionnés et meurtris, manquant de sommeils et apeurés. »

Maître Horton affirme que tout l’intérêt (pour Israël) d’un tel traitement est d’amener les enfants à faire des aveux, aussi vite que possible.

Dans un cas, bien que l’enfant eût insisté en disant que l’aveu qu’il avait signé était faux, qu’il l’avait signé seulement sous la pression, malgré cela, cet aveu a été utilisé pour le condamner.

Une porte-parole de Mr Rudd fait savoir que, lors de la dernière comparution d’Israël devant le Groupe de travail sur l’Examen périodique universel, l’Australie avait interrogé Israël sur les sévices rapportés par des détenus.

Elle indique que le gouvernement (australien) est contre la détention des mineurs.

« L’opinion du gouvernement australien depuis longtemps est que tout enfant, indépendamment de son ethnie, de sa religion, de son sexe et de quelque différence que ce soit, doit bénéficier des mêmes protections légales et des droits humains » dit-elle.
Sur les tortures infligées par Israël, voir notamment :

-  L’utilisation de la torture par Israël – Al-Haq – REP – n°44 Été 1992
-  Des médecins israéliens sont complices des tortures infligées aux prisonniers palestiniens – Ma’an News
-  Situation des enfants palestiniens détenus dans le système judiciaire militaire israélien – DCI-Palestine – Comité pour une paix juste au Proche-Orient – Luxembourg
-  Ihsan Dababisa raconte les tortures et les humiliations subies – Ma’an News
-  Les Autorités israéliennes ont torturé 70 détenus palestiniens jusqu’à la mort depuis 1967 – Association Wa’ed – Ma’an News
-  La psychopathologie suite à emprisonnements et tortures – Samah Jabr
-  Les enfants palestiniens sont maltraités et torturés dans les prisons israéliennes – Saed Bannoura – DCI
-  Rapport sur la torture à l’encontre des prisonniers palestiniens en Israël – B’Tselem & HaMoked
-  Témoignages sur les méthodes de tortures sauvages dans les prisons israéliennes – CPI
-  Tortures et mauvais traitements infligés aux prisonniers palestiniens – Michel Bôle-Richard – Le Monde
-  Le triste sort des prisonniers palestiniens – Alternatives International

17 décembre 2011 – The Australian – texte accessible aux seuls abonnés – traduction : JPP

Echange de prisonniers : Addameer tire la sonnette d’alarme



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L’association de défense des prisonniers palestiniens Addameer signale la très grande recrudescence d’emprisonnements de Palestiniens par Israël depuis la première vague de libération annoncée par le gouvernement Netanyahou. Près de 470 Palestiniens ont en effet été arrêtés entre le 18 octobre dernier et le 12 décembre, dont 70 enfants et 11 femmes, tandis que 477 prisonniers politiques étaient libérés, rapporte cette ONG.

Ramallah, 15 December 2011 – L’échange de prisonniers conclu pour la libération de Gilad Shalit s’est en réalité traduit par une énorme vague de nouvelles arrestations et d’emprisonnements, alerte ADDAMEER.

En outre les prisonniers libérés sont en danger constant d’être agressés, non seulement par les colons, mais aussi par l’armée israélienne, qui effectue des descentes à leurs domiciles, leur ordonne de rencontrer les services secrets israéliens, et a même arrêté un prisonnier à peine libéré.

Les soldats israéliens se déguisent souvent en civils palestiniens pour essayer de piéger les anciens prisonniers à leur travail ou près de chez eux.

L’armée et les services secrets conduisent ensemble des raids après minuit, saccageant les foyers de ces Palestiniens sous prétexte de vouloir les fouiller.

La majorité des enfants arrêtés pendant la période considérée vient du camp de Shufat à Jérusalem et du camp de réfugiés de Dheisheh à Bethléem.

Au cours des deux dernières semaines, 11 enfants ont été kidnappés par l’armée israélienne dans le camp de Shufat et 20 dans celui de Dheisheh.

Deux des femmes emmenées lors des deux derniers mois, sont toujours en détention.

Une femme récemment relâchée, Irsa Salhab, journaliste, a passé plus de 20 jours au centre d’interrogatoire de Moskobiyyeh.

Six femmes ont été arrêtées pendant une manifestation à l’extérieur de la prison de Hasharon, alors qu’elles réclamaient la libération des prisonnières non incluses dans la première vague de « l’échange ».

Trois d’entre elles ont été emprisonnées.

Les militants politiques ont été tout particulièrement visés au cours des derniers mois. 150 pour leur soi-disant appartenance à des partis politiques, notamment le FPLP..

Des membres du Conseil législatif palestinien ont vu leur « détention administrative » prolongée et l’un d’entre eux a été condamné à 30 ans de prison.

De plus, le 27 octobre dernier, prenant prétexte de la grève de la faim des prisonniers contre les mesures punitives et notamment l’isolement, l’administration pénitentiaire a prolongé d’un an la peine d’isolement de Ahmad Sa’adat. Au début décembre, ce prisonnier en était à son 34ème mois consécutif en cellule isolée.

L’armée s’est également acharnée sur les défenseurs des droits de l’homme, afin de réprimer toute résistance populaire.

Des manifestants pacifiques ont été arrêtés dans quasiment tous les villages qui sont engagés dans des protestations hebdomadaires : 2 à Bil’in, 3 à Nabi Saleh, 17 à Beit Ummar, 3 à Al-Ma’asara, 1 à Kufr Qaddum, et 2 à Al-Walajeh, sans compter les arrestations à Jerusalem Est et dans le sud d’Hébron.

Une violence inouie a été employée pour disperser ces manifestations, causant la mort de Mustafa Tamimi, 28 ans, le 10 Decembrr dernier.

Ce constat très inquiètant amène ADDAMEER à s’interroger sur ce qui va se passer après la deuxième vague d’échange de prisonniers annoncée pour dimanche.

L’association appelle les citoyens du monde entier à se mobiliser pour faire cesser la détention arbitraire des Palestiniens et la violence israélienne.

Addameer Prisoner Support and Human Rights Association

P. O. Box : 17338, Jerusalem

Tel :+972 (0)2 296 0446 / 297 0136

Fax : +972 (0)2 296 0447

Email : info@addameer.ps

Sortir la cause des prisonniers palestiniens de l’oubli


BAUDOUIN LOOS

vendredi 09 décembre 2011, 09:45

Un ministre palestinien présidait cette semaine une délégation à Bruxelles en vue de plaider la cause des 5.000 prisonniers palestiniens détenus dans les geôles israéliennes.

Un boulot malaisé et ingrat. Voilà ce qu’a accepté de faire Issa Qaraqe’, quand il a pris la charge de ministre des Prisonniers au sein de l’Autorité palestinienne. Malaisé et ingrat car il s’agit, entre autres tâches, de tenter de sensibiliser la communauté internationale sur le sort d’environ 5.000 personnes toujours pensionnaires des prisons israéliennes, un sujet qui n’est sans doute pas très mobilisateur en Europe (1).

“ Je reçois en tout cas une écoute certaine ici à Bruxelles, confie le ministre au Soir alors qu’il préside une délégation d’une dizaine de personnes dont des représentants d’ONG spécialisées. Les parlementaires européens, des hauts fonctionnaires de la Commission, les services de Mme Catherine Ashton, les deux chambres du Parlement belge et plusieurs associations nous ont reçus et écoutés. Mon message consiste à plaider pour qu’ils fassent pression sur Israël – au besoin en reconsidérant les accords d’association qui incluent une clause sur les droits de l’homme – pour que cet Etat respecte les droits des prisonniers d’une part (ceux de Gaza n’ont droit à aucune visite familiale, par exemple), les libère de l’autre. Israël se considère au-dessus du droit international, cela concerne tout le monde. “

L’affaire Gilad Shalit – ce soldat israélien enlevé par des militants palestiniens en 2006 qui vécut plus de cinq ans dans des caves à Gaza avant, grâce à un marché entre le Hamas et Israël, d’être libéré contre mille prisonniers palestiniens – a marqué à la fois la société israélienne et la palestinienne. “ Nous aurions préféré que sa libération soit l’objet d’un accord politique et non d’un troc, assure Issa Qaraqe’, qui a lui-même fait dix ans de prison ans les années 80. Le très mauvais message que ce marché donne c’est que la seule façon de faire libérer nos prisonniers consiste à kidnapper des soldats israéliens. “

Le problème du ministre palestinien consiste à contrer un argument israélien massue. “ Israël réussit souvent à imposer sa version : les prisonniers palestiniens ne sont que des terroristes, et cela refroidit toute velléité de s’en mêler. Mais, parmi ces prisonniers, vous avez de nombreux jeunes qui ont lancé des pierres vers des colons ou contre des soldats israéliens dans les territoires occupés ou bien encore par exemple vous avez les cas d’Abdallah Abou Rahmeh, avec nous dans cette délégation, qui a passé un an et demi en prison pour avoir mené une lutte parfaitement pacifique (et d’ailleurs finalement victorieuse) contre le mur érigé par Israël à Bil’in, sa commune. “

Le plus souvent, explique notre interlocuteur, les Palestiniens sont jugés par des cours israéliennes militaires pour qui le seul témoignage d’un soldat est suffisant pour condamner. Et puis, “ sur les enfants, on exerce souvent des chantages “, complète Khaled Kuzmar, de la branche palestinienne l’ONG Defence for Children International : “ Par exemple, pour un jet de pierre, le tarif pout monter à dix ans de prison, alors on lui dit qu’on passera l’éponge s’il collabore avec l’armée et dénonce ses amis. Des choses difficiles à prouver devant une cour israélienne militaire où 99% des condamnations concernent des innocents “.

(1) Selon les chiffres du ministre, parmi les cinq mille prisonniers, il y a 11 femmes, 230 mineurs, 240 détenus administratifs (ni inculpés ni jugés), 23 parlementaires dont 20 du Hamas. Le plus ancien détenu, Karim Younès, a passé 30 ans en prison. 124 d’entre eux étaient déjà en prison avant les accords intérimaires d’Oslo (1993).

source

Grève de la faim symbolique de 24h00 à Bruxelles


Start: 21/10/2011 – 18:30

Depuis plusieurs semaines, des centaines de prisonniers palestiniens
enfermés dans les geôles israéliennes sont en grève de la faim. Ils
exigent des conditions de détentions décentes. Le droit de s’informer
le droit de poursuivre des cours, le droit de se réunir entre prisonniers, ….

Ce week-end, 24 personnes mèneront une grève de la faim de 24h00 en solidarité avec les prisonniers palestiniens.

Du vendredi 21 octobre 18h30 au samedi 22 octobre à 18h30, 24 personnes feront grève de la faim . Un soutien symbolique aux prisonniers politiques palestiniens, organisé par intal en collaboration avec Médecine pour le Peuple Molenbeek,

Alors que l’attention se porte sur la libération de Gilat Shalit en échange de la libération de 1027 prisonniers palestiniens sur les 6000 détenus, des centaines de prisonniers palestiniens ont mené une grève de faim de près de trois semaines de la faim. Cette action, mennée depuis le 27 septembre par une centaine de prisonniers palestiniens avait comme objectif de protester contre le durcissement de leurs conditions de détention dans les prisons israéliennes. Elle est suspendue depuis le mardi 18 octobre jusqu’au samedi 22.

Les principales revendications des prisonniers concernent les conditions de détention, en particulier l’utilisation abusive des mesures d’isolement, les privations de visites familiales et les fouilles humiliantes. Samedi, les prisonniers jugeront la réponse des autorités carcérales et décideront alors de leur prochaines actions. Les conditions de detentions restent illégales et inhumaine. La mobilisation pour le respect des droits des prisonniers palestinien doit se poursuivre et la solidarité internationale est plus que jamais nécéssaire pour les 5000 prisonniers qui resten détenus dans les geoles israéliennes.

Notre action de soutien répond à l’appel de Addameer, une association palestinienne ayant lancé un appel international à la solidarité avec les prisonniers palestiniens. Elle exigent de l’Europe l’envoie d’une mission d’enquête dans les prisons israéliennes, le respect des droits des prisonniers pa les autorités carcérales et la libération de tous les prisonniers politiques palestiniens sans restriction.

Une conférence de presse marquera le début de l’action bruxelloise, le vendredi 21 octobre à 18h00 à la maison médicale “le renfort”, à Molenbeek, rue du Comte de Flandre 25.

Vendredi soir

Nous vous donnons rendez-vous pour la conférence de presse qui marquera le début de l’action, le vendredi 21 octobre à 18h00 à la maison médicale Le Renfort, à Molenbeek, Rue du Comte de Flandre 25. Nous y organiserons une vidéo conférence par skype avec des responsable de l’association Al Dameer!

Samedi toute la journée

Des actions de sensibilisation aux conditions de détentions des palestiniens et à leur combat auront lieu toute la journée du samedi dans divers endroits de la ville, nottament à la sortie du Métro compte de Flandre dès 9h30 jusqu’à 17h00.

Nous voulons donner un visage à ces prionniers et insister pour l’envoi – par l’Union Européenne – d’une mission d’enquête sur la situation des prisonniers politiques palestiniens.

En savoir plus? Lisez cet article (en anglais) ou cet article, un peu plus ancien.

Toutes les aides sont les bienvenues!

Infos et contacts Joaquim Da Fonseca  joaquim.dafonseca@intal.be 02/209.23.50

Grève de la faim de 24h00 en solidarité avec les prisonniers palestiniens


Ce week-end, 24 personnes mèneront une grève de la faim de 24h00 en solidarité avec les prisonniers palestiniens

Un soutien symbolique aux prisonniers politiques palestiniens, organisé par intal en collaboration avec Médecine pour le Peuple Molenbeek.

Les principales revendications des prisonniers concernent les conditions de détention, en particulier l’utilisation abusive des mesures d’isolement, les privations de visites familiales et les fouilles humiliantes. Addameer demande également la libération de tous les prisonniers politiques palestiniens sans restriction.

Quand? Du vendredi 21 octobre 18h30 au samedi 22 octobre à 18h30

Où? A la maison médicale Le Renfort, à Molenbeek, Rue du Comte de Flandre, 25. A côté du métro Compte de flandre

Pour faire quoi?

Vendredi soir, pour les grevistes et ceux qui veulent donner un coup de main rdv début de la grève à 18h30 : bref exposé sur la situation des prisonniers // Exposé, par téléphone, de Sahar, directrice de l’association Addameer// décoration de la façade de la maison médicale// préparation des actions du lendemain.

Samedi, vous ête les bienvenus tout au long de la journée, à la sortie du Métro comte de Flandre dès 9h30 jusqu’à 17h00.
– Informer le public sur la situation de prisonniers palestiniens
– Faire signer des cartes demandant l’envoie d’une mission d’enquête européenne dans les prison israélienne (une demande de Addameer)
– Confectionner des calicots géants
– Demander aux passants de poser avec des photos de prisonniers
– Aller dans le centre de Bruxelles accrocher les photos des prisonniers
Que vos soyez greviste ou non, venez donner un coup de main : vous faire prendre en photos avec une photo de prisonnier, signer le calicot que nous enverrons en Palestine…

Rejoignez-nous pour soutenir ces 5000 prisonniers, exiger leur libération et insister pour l’envoi d’une mission d’enquête de l’UE sur la situation des prisonniers politiques palestinien.

Toutes les aides sont les bienvenues!

Pour les grévistes : RDV avec sac de couchage et matelas à 18h00 à la maison médicale.

Gilad Shalit, les prisonniers palestiniens et le « sang sur les mains »


mardi 18 octobre 2011, par Alain Gresh
Blog du Monde diplomtique

On ne peut que se féliciter, sur le plan humain, de la libération de l’« otage » Gilad Shalit, rendu à sa famille et à ses proches après cinq ans de captivité. On peut toutefois s’étonner de la place accordée à cet événement par nombre de médias, avec des envoyés spéciaux dans son village natal, attendant son retour, interrogeant les habitants, partageant l’émotion générale.

Si la joie des Palestiniens est également montrée – et c’est une bonne chose –, on partage en revanche rarement celle d’une famille précise, celle d’une femme retrouvant son mari (certains prisonniers croupissaient dans les geôles israéliennes depuis plus de trente ans – j’ai bien dit trente ans –, un tiers ont été arrêtés avant les accords d’Oslo de 1993), d’un fils retrouvant son père dont il ne se remémore même pas le visage.

L’une des remarques qui reviennent sans cesse dans les médias est que ces gens que l’on libère ont « du sang sur les mains ». Il est étonnant de voir ainsi repris l’un des thèmes de la propagande israélienne, qui parle, elle, de « sang juif sur les mains ».

Oui, nombre de prisonniers ont participé à des actions contre des militaires et même des civils israéliens. C’était aussi le cas des combattants du Front de libération nationale (FLN) algérien et du Congrès national africain (ANC) sud-africain : tous deux ont menés des actions armées, tous deux ont commis des actes « terroristes » (attaques contre des cafés, des civils, etc.). Nelson Mandela, présenté aujourd’hui comme une sorte d’icône du pacifisme, était considéré comme un terroriste par les Etats-Unis et le Royaume-Uni ; Amnesty International avait refusé de l’adopter comme « prisonnier de conscience » parce qu’il prônait la violence.

La question essentielle qui ne sera pas posée : est-ce que l’attaque contre Gaza de décembre 2008, durant laquelle des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité ont été commis, ne signifie pas que l’armée israélienne a « du sang sur les mains » ? Sans parler de l’invasion du Liban de 1982, qui a fait des milliers de victimes civiles, ou de la guerre contre ce même pays en 2006, qui a causé 1 400 morts.

L’un des arguments les plus fallacieux utilisés concernant les prisonniers palestiniens est qu’ils sont passés devant des tribunaux, qu’Israël est un pays démocratique, que sa justice est indépendante, etc. Tous ceux qui connaissent un peu le système judiciaire de ce pays savent que cela est parfaitement faux – sans même parler des prisonniers “administratifs”, que l’on maintient en détention sans procès, mais « légalement ». Ce serait un sujet intéressant pour les médias d’enquêter là-dessus.

Pour revenir sur l’émotion qui semble saisir les médias occidentaux devant la libération de Shalit, espérons qu’ils feront preuve de la même compassion pour le Franco-Palestinien Salah Hamouri, emprisonné depuis bientôt sept ans à la suite d’un procès qui était ainsi résumé par Alain Juppé, ministre français des affaires étrangères : « Je déplore que les autorités israéliennes n’aient pas pris de décision de remise de peine, d’autant que les aveux faits à l’audience n’ont été corroborés par aucun élément de preuve. Je mesure la peine de sa famille, alors qu’il est à présent en âge de s’investir dans des études. Je comprends également que l’intéressé a fait le choix de ne pas solliciter de demande de grâce. C’est une attitude respectable. » Et que de nombreuses chaînes de télévision couvriront en direct sa libération…

http://blog.mondediplo.net/2011-10-18-Gilad-Shalit-les-prisonniers-palestiniens-et-le

Accueil triomphal aux héros libérés des geôles israéliennes (vidéo)


Après des dizaines d’années d’enfermement dans les cachots israéliens, 477 détenus palestiniens, dont 315 condamnés à perpétuité, ont été accueillis en grande pompe dans la bande de Gaza, la Cisjordanie, et les territoires occupés en 1948.La vidéo ICI

Echangés avec le soldat israélien capturé depuis 5 années, leur majorité se rendra dans la Bande de Gaza. Alors qu’une dizaine d’entre eux retourneront dans les territoires de 1948. Quarante d’entre eux seront exilés via l’Egypte, vers la Turquie(10), vers le Qatar (15) et la Syrie (15). 27 femmes figurent parmi ces détenus, alors que neuf autres restent toujours en prison.
Liesse à Gaza et en Cisjordanie

Dans une liesse populaire rarement vue, pas moins de 200 milles Gazaouis, dont le chef du gouvernement Ismail Haniyeh, ont accueilli près de 300 des détenus libérés. Ils sont arrive en fin de la matinée de ce mardi.
Il en est de même en Cisjordanie, où un convoi de plusieurs autobus transportant des Palestiniens libérés s’est dirigé vers la ville de Ramallah, où les premiers détenus élargis ont été accueillis par le président Mahmoud Abbas.

Les détenus ont salué la foule avant de descendre des bus. Ils ont embrassé les personnes venues les accueillir, reçu des jets de pétales de fleurs et une décoration aux couleurs du drapeau palestinien.

Les détenus libérés et leur famille remercient la résistance

« Je ne peux pas exprimer mes sentiments, c’est le plus beau jour de notre vie », déclare Hamdiya al-Sinwar, soeur de Yehia Sinwar, un des chefs militaires du Hamas, qui avait pris place dans un des bus.

« Merci à la résistance et au Hamas », dit-elle, « ma mère rêvait de revoir Yehia, mais hélas elle est morte il y a sept ans ».

Azmi Ferwana, père de Mohammad Ferwana, un des résistants palestiniens tombés en martyre lors de l’enlèvement du soldat israélien, est arrivé le premier au terminal.

« Je suis fier du martyre de mon fils dans l’opération et je considère tous les prisonniers libérés aujourd’hui comme mes fils », confie-t-il.

Pour Oum Ahmad al-Saïdi, dont un fils doit être libéré mardi tandis qu’un autre reste en détention, « la libération de nos fils prisonniers était un rêve lointain et inaccessible qui s’est réalisé par la main de la résistance ».

« Mon fils Awad ne figure pas dans l’accord mais je suis heureuse et confiante dans le fait qu’il reviendra un jour prochain et sortira avec tous les prisonniers », ajoute-t-elle
Interviewés dans le bus du côté égyptien par les médias égyptiens, plusieurs des détenus libérés ont « remercié le Hamas et la résistance ».

Certains brandissaient des Corans devant les caméras, d’autres parvenaient difficilement à ravaler leurs larmes et leur émotion.

Côté israélien: mobilisation policière et colère des colons

Plus de 1.000 policiers de l’occupation israélienne ont été déployés le long des itinéraires empruntés les convois, a rapporté la radio publique israélienne.

Six extrémistes israéliens qui tentaient de bloquer le convoi en s’allongeant sur la route pour dénoncer la libération des soi-disant « terroristes » ont été arrêtés, selon la radio de l’occupation.

Des représentants du consulat d’Egypte en « Israël » étaient présents au départ des convois pour s’assurer de l’identité des détenus qui doivent être relâchés dans le cadre d’un accord sans précédent sous médiation égyptienne entre l’entité sioniste et le Hamas.

Notons qu’un second groupe de 550 détenus doit   être libéré dans deux mois, conformément à l’accord signé mardi dernier sous médiation égyptienne entre l’entité sioniste et le Hamas.

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